Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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vendredi 25 mai 2007

vendredi 25 mai 2007

Franchement, pourquoi lire la presse ?

Votre serviteur, le 13 octobre 2006 :

Bertrand Cantat devrait être libre d'ici moins d'un an : sa période de sûreté s'achevant le 28 juillet 2007, il devrait pouvoir bénéficier rapidement d'une libération conditionnelle.

Libération, le 25 mai 2007 :

Bertrand Cantat, condamné à huit ans de prison pour avoir provoqué la mort de sa compagne, Marie Trintignant en juillet 2003, compte demander sa libération conditionnelle l’été prochain.

«Il suit le régime de tous les autres détenus, sans aucun privilège. À partir de la fin juillet, il sera à mi-peine et demandera une libération conditionnelle», explique son avocat.

Sa libération semble possible dans la mesure où le chanteur de Noir Désir a indemnisé deux des quatre enfants de Marie Trintignant, ainsi que l’assureur de la maison de production du téléfilm tourné par la comédienne au moment de sa mort.

Pour les numéros du Loto, prévoir un supplément d'honoraires.

Post scriptum : Pour les esprits chagrins et les malcomprenants, ce billet n'est pas une invitation à déverser en commentaire tout le mal que vous pensez de ce chanteur, ou au contraire la joie que la nouvelle vous inspire, ni de vous scandaliser sur une décision de justice qui n'a pas encore été prise, même si elle me paraît être très probable. Il ne vise qu'à vous inviter à vous extasier en termes dithyrambiques de ma prescience.

Ouch

Lors des audiences d'assises, où la procédure est orale, c'est à dire où toutes les preuves doivent être présentées au cours de l'audience pour y être débattues oralement, la vérité jaillit parfois de manière brutale. Ca peut être un témoin à la barre qui craque. Ca peut être la propre voix de l'accusé, tirée d'une écoute. Et des fois, ça fait très mal.

Naïma: “je t’ai apporté des vêtements pour que tu fasses semblant devant madame la juge d’être en deuil. Tu as compris. Tu dis: “je l’aimais”. Tu vas sortir [de prison] à l’aise. Mais il faut que tu dises où il est, le corps. Il faut que tu dises, il faut que tu dises.

Jamila: Mais ils vont me dire, comment je sais?

Naïma: tu dis, c’est lui [Mohammed, le frère], qui m’a dit. Ne va pas faire du détail, tu leur fais un film. Il faut qu’ils trouvent le corps, qu’ils l’enterrent. Tu dois dire où il est.

Jamila: ils vont dire, je suis complice. On sait jamais. Il paraît que si Mohammed, il dit que c’est une bagarre d’ivrognes, il n’aura pas beaucoup. Qu’il aura moins.

Voyez aussi les dernières répliques.

Je précise que l'effet de surprise ne joue qu'à l'égard des jurés et des journalistes : les avocats ont accès à l'intégralité du dossier, notamment aux écoutes qui font toutes l'objet d'une transcription mot à mot. Mais on n'entend l'enregistrement qu'à l'audience, et parfois, ça prend une toute autre dimension.

J'en profite pour saluer le blog de Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au Monde, de très bonne facture. Elle y adopte un ton vraiment différent de ses chroniques judiciaires, sans doute du fait qu'elle y est sa propre rédactrice en chef et n'a pas de limite d'espace. C'est un blog intermittent, qui est en activité quand elle suit un procès, mais qui mérite bien de figurer dans votre agrégateur si vous vous intéressez à la chose judiciaire.

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