Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Harry Potter

Lui aussi, il porte une robe, et avec un gros bouquin, il peut faire des miracles.

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mardi 6 novembre 2007

Alors, ces reliques de la mort ? (billet AVEC spoilers)

Maitre Eolas est en robe de sorcier, bleu nuit parsemée d'étoiles, avec un bonnet de sorcier, du même bleu avec un croissant de lune. Il gronde une élève toute penaude qui a du mal à retenir une larme. Maitre Eolas lui dit : "Rachida, en transfiguration, encore zéro ! Tu devais TRANSFORMER la carte judiciaire, et tu as juste fait disparaître des tribunaux. Déjà que tu n'as pas réussi à transformer ton pipeau en MBA, ça sent le redoublement..."

Attention, ne cliquez pas sur « Lire la suite » si vous n'avez pas fini les Reliques de la Mort ou si vous vous fichez de Harry Potter.

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jeudi 25 octobre 2007

Y'a pas un truc aujourd'hui ?

En tout cas, je sais pas, mais il y avait une ambiance un peu différente, au tribunal, ce matin...

Dans un tribunal, un procureur, avec une éiptoge aux couleurs de Serpentard, une baguette magique à la main, lance un sort intitulé : "CONDAMNUS !" ; Maitre Eolas, déchaîné, avec une épitoge aux couleurs de Griffondor, lance un contre-sort intitulé : "RELAXIO ! ". Les deux sortilèges se percutent dans un maelström étrange. Au milieu de cela, le tribunal reste stoïque, et le président, portant un chapeau pointu de sorcier, appelle les parties au calme en lançant le sort de "Délibéro"...

mercredi 8 août 2007

Quand Libé joue au Daily Prophet...

Les lecteurs de Harry Potter en anglais comprendront ce titre, The Daily Prophet étant le titre original de la Gazette du Sorcier, principal organe de presse du monde des sorciers, à la déontologie journalistique plutôt évanescente.

Et c'est à ce jeu que joue Libération dans un article, essentiellement une reprise d'une dépêche AFP, mais rendue plus sexy, avec un effet immédiat sur des lecteurs plus habitués à être caressés dans le sens du poil qu'invités à réfléchir (et on se demande pourquoi ce journal ne se vend pas...).

La dépêche de l'AFP dit en résumé ceci : un lycéen de 16 ans a traduit en quelques jours le dernier Harry Potter et a diffusé cette traduction sur internet. La traduction serait d'une qualité surprenante. L'éditeur français Gallimard a dénoncé les faits, la police ou la gendarmerie l'a identifié et interpellé et a mis hors ligne le site hébergeant ce texte. Après une courte garde à vue, l'adolescent a été remis en liberté pendant que l'enquête continue pour identifier d'éventuels complices.

Libé reprend cette dépêche, en mettant en exergue une des phrases de la dépêche : « l'adolescent risque de très lourdes sanctions financières », et en ajoutant à la dépêche que l'écrivain anglais J.K. Rowling et Gallimard auraient porté plainte. Résultat immédiat en commentaires propos de comptoir sous l'article : scandale, elle n'a pas assez de fric pour vouloir ainsi racketter un mineur, avec toute la déclinaison habituelle.

Sauf que. Sauf que Gallimard, interrogé par Europe 1 (écouter les précisions de Noémie Schulz, une journaliste, elle) a indiqué qu'il ne comptait par porter plainte. Et que je suis prêt à parier que J.K. Rowling n'est même pas au courant de cette affaire.

Traduire un livre sans l'autorisation de l'auteur est une contrefaçon. Le faire pour son seul usage rentre dans l'exception de copie privée, mais ce n'est plus le cas quand la traduction est divulguée. La contrefaçon est un délit (passible de 5 ans de prison et 500.000 euros pour les majeurs, la moitié pour les mineurs sauf bientôt en cas de récidive).

Gallimard est ayant droit pour la France de J.K. Rowling ; c'est à dire qu'il lui a acheté les droit de reproduction et de représentation de son oeuvre. Le contrat a très probablement été négocié avec l'agent de J.K. Rowling, Christophe Little, Jo étant probablement incapable de citer le nom de son éditeur en France. Gallimard représente donc J.K. Rowling en France pour l'exercice de ses droits d'auteur sur les traductions en Français. Quand Gallimard dénonce des faits[1] de contrefaçon, c'est en tant qu'éditeur et représentant pour la France de J.K. Rowling. Cela ne signifie pas que J.K. Rowling a elle même dénoncé les faits depuis sa maison d'Edimbourg. L'enjeu financier pour Gallimard est important : c'est un gros succès assuré. Il est donc normal qu'en attendant la sortie de la version française en octobre (délai rendu nécessaire par la traduction et la confection des exemplaires du livre), Gallimard veille à ce que des contrefaçons ne circulent pas.

Cette traduction, faite en un temps incroyablement court et de qualité "quasi professionnelle" (je tire sincèrement mon chapeau à ce jeune homme sur ce point, d'ailleurs), est susceptible de causer un préjudice à Gallimard et à l'auteur qu'il représente (qui est rémunéré proportionnellement aux ventes), au même titre que la version pirate d'un CD circulant avant sa sortie porte préjudice à l'éditeur. Quand il a eu connaissance de son existence, il a aussitôt dénoncé les faits à la police, qui a assez rapidement identifié le responsable, qui n'a pas dû prendre beaucoup de précautions pour se cacher.

Les policiers ont alors agi en flagrance : ils l'ont interpellé, placé en garde à vue et interrogé, puis remis en liberté. Bref, pour le moment, aucune poursuite n'est engagée contre lui. Gallimard a mis fin à un trouble à ses droits, et je ne vois pas l'intérêt pour lui de poursuivre plus avant ce jeune homme, sauf à vouloir griller son image d'éditeur pour la jeunesse, outre le fait qu'il aura bien du mal à chiffrer son préjudice.

Le parquet des mineurs, quant à lui, voudra sûrement marquer le coup, et saisira probablement le juge des enfants. Je suis prêt à parier que cela se finira en admonestation (qui est une peine) après que le juge lui aura expliqué qu'être passionné et bilingue ne permet pas de causer un préjudice économique à un éditeur. L'enquête de police continue pour s'assurer que derrière ce naïf enthousiaste, il n'y a pas d'avides majeurs qui en ont profité pour mettre en vente des copies de cette traduction. Enfin, si par extraordinaires des sanctions financières étaient prononcées, ce serait des dommages-intérêts au profit de Gallimard, aucun juge des enfants ne condamnerait un lycéen sans revenus à une amende. Ce qui implique que Gallimard change de position par rapport à ses déclarations. Soit, c'est possible. Mais c'est une hypothèse, pas une info.

Dans ce cas, ce serait les parents de ce jeune homme qui, civilement responsables, auraient à sen acquitter, et non le lycéen lui-même. Donc ce lycéen ne risque aucune sanction financière lourde ou légère, même si on peut admettre que, puisque c'est théoriquement possible, le journaliste peut mentionner cela dans sa dépêche, au même titre que jouer au Loto génère un risque de très lourds gains financiers.

Un éditeur qui protège ses intérêts. Un auteur qui n'est pas au courant. Un mineur entendu par la police et remis en liberté. Un risque quasi nul de sanctions financières. Bref pas grand' chose.

Mais d'un coup de baguette magique à Libé, grâce à l'ajout d'un nom et d'une plainte imaginaire, cela devient « Un lycéen arrêté pour une traduction » (il faudra lire l'article pour savoir qu'il a été remis en liberté et avoir fait du droit pour comprendre qu'il n'est pas poursuivi). Le sous-titre enfonce le clou : « Fan du jeune sorcier, ce garçon de 16 ans risque de lourdes sanctions financières. » Notez la corrélation entre fan du jeune sorcier et risque de lourdes sanctions financières, inexistante dans les faits. Ce n'est pas parce qu'il est fan du jeune sorcier qu'il risque de lourdes sanctions financières ! On sent comme un regret, ici...

Les commentaires des lecteurs sont donc immanquablement des aboiements dociles sur l'épouvantail capitaliste. Mission accomplie.

Quand on tient une belle histoire, ce serait en effet dommage de se laisser arrêter par des détails comme les faits.

Notes

[1] ce qui est différent de porter plainte : il n'indique pas son intention de poursuivre le contrefacteur, mais demande qu'il soit mis fin à cette atteinte à ses droits

lundi 23 juillet 2007

Harry Potter et les reliques de la mort (Billet SANS spoiler)

Ma tasse est vide, hormis quelques débris de feuille de thé. Rameau, Marais et Couperin ont rangé leurs instruments et sont sortis sur la pointe des pieds. Mon fauteuil est encore chaud de ma présence, le coussin reprenant peu à peu sa forme initiale. Dans ma main, le 7e tome est refermé, sur la dernière page. J'ai fini et je sais.

De ce que je sais je ne dirai rien. Nous en reparlerons cet automne (car contrairement à ce qu'on pourrait penser en regardant par la fenêtre, nous ne sommes pas en automne) et j'ai hâte de pouvoir le faire tant les commentaires sous mes précédents billets de cette catégories étaient intéressants.

Qu'attendre de la lecture de ce 7e tome ?

Une immense mélancolie en refermant le livre. Cette fois, c'est fini et bien fini, pas de 8e tome à attendre en trépignant d'impatience. JK Rowling a annoncé qu'elle publierait ses nombreuses notes et histoires des personnages dans ce que les anglais appellent un Companion, un livre qui condense des informations supplémentaires sur une oeuvre sans la continuer. Ceux qui ont lu ses deux petits livrets publiés pour une cause humanitaire se pourlécheront les babines tant l'humour et l'imagination de l'auteur se retrouvent même dans les moindres détails.

Comme d'habitude, le rythme va crescendo, sauf que cette fois, la progression se fait par saccades. Des scènes d'action intenses entrecoupées de périodes de calme, voire d'égarement face au mystère. Harry et ses amis sont livrés à eux même, dans un monde devenu nettement plus hostile (l'ambiance de l'Ordre du Phénix en comparaison fait club med). Dumbledore n'est plus là, et son absence se sent.

Le final est épique, à la hauteur de la conclusion de cette saga, dans un mélange de spectaculaire, de coups de théâtre et de révélations fracassantes. Et mortel, comme ne peut que l'être la confrontation avec Vous Savez Qui. Et l'auteur a toujours ce don de semer des indices le long du livre, de présenter des mystères inexplicables jusqu'à ce qu'à la fin le voile soit levé d'un coup et nous soyons éblouis de l'ingéniosité de la construction. Plus encore cette fois ci, car c'est bel et bien sur 7 volumes que ce dénouement a été bâti. Relire les six tomes avant d'attaquer le septième n'est pas un luxe.

Le titre français "Harry Potter et les reliques de la mort" est une traduction parfaite pour Deathly Hallows, eu égard à l'histoire.

Une petite frustration toutefois. L'auteur, à la fin, nous donne dans un bref épilogue un aperçu de ce que deviennent certains de ceux qui ont survécu, mais pas tous, loin de là. C'est terriblement frustrant, on a la sensation de les planter là un peu brutalement. Jo, quand on écrit une histoire avec autant de personnages, il faut assumer. Bon, ce sera pour le companion, sans doute.

Il est encore un peu tôt pour dire si c'est le meilleur ou non, je viens de le reposer. Et le fait d'être le dernier tome, la conclusion, là où tout est révélé ne permet pas une vision sereine. JK Rowling dit que c'est son préféré. Je la comprends. Mais le Prisonnier d'Azkaban reste pour moi une référence. En tout cas, sans nul doute, un livre à la hauteur de ce que j'attendais.

Dernière chose. Le manuscrit a été remanié par rapport à l'original. Elle avait annoncé il y a longtemps que le dernier mot du dernier chapitre était "scar", cicatrice.

Ce n'est plus le cas.

samedi 21 juillet 2007

Comme promis

Chapitre I : L'Ascension du Seigneur des Ténèbres.

Première phrase :

Les deux hommes apparurent de nulle part, à quelques mètres l'un de l'autre sur l'étroit chemin.

Le livre s'ouvre sur deux citations, que je vous livre ci-après :

Le première est tirée des Koéphores, d'Eschyle, le père de la tragédie grecque :

Ô misères de cette race !
Ô plaie sanglante d'Atè !
Ô deuils terribles et lamentables !
Ô douleurs sans terme !

Ô maux incurables de ces demeures,
Non causés par d'autres, mais par ceux qui les habitent,
Et qui prolongent eux même la sanglante discorde !
C'est l'hymne entonné par les voix d'outre-tombe !

Ô dieux heureux de l'Enfer, entendez les prières de ces enfants,
Et donnez leur la victoire.

(Traduction de Leconte de Lisle, adaptée par votre serviteur)

La seconde est de William Penn, 1644-1718, philosophe anglais converti au quakerisme, pacifiste et fondateur de la Pennsylvanie qui porte son nom (sa statue orne le sommet de l'hôtel de ville de Philadelphie). Elle est extraite de "More fruits of solitude", "D'autres fruits de la solitude", et elle a de quoi faire naître bien des craintes au lecteur.

La mort n'est que la traversée du monde, comme les amis traversent les mers ; ils continuent à vivre les uns dans les autres. Car ils doivent rester présents, aimer et vivre dans ce qui est omniprésent. Dans ce verre divin leur conversation est libre et pure. Tel est le réconfort des amis, car quand bien même ils viendraient à mourir, leur amitié et société sont, dans le meilleur sens, toujours présentes, car immortelles.

(Traduction de votre serviteur)

Mon fauteuil m'attend, près de la fenêtre. Sur un guéridon à côté, une tasse de thé d'Assam. Jean-Philippe Rameau a saisi sa viole et attend un geste de ma part pour enchanter mes oreilles.

L'aventure commence. A bientôt.

jeudi 29 mars 2007

Les couvertures anglaises du dernier Harry Potter révélées.

Voici la couverture de l'édition pour adultes, celle que j'ai commandée (elle permet de moins se payer la honte quand on le lit discrètement dans une salle d'audience.

Ce médaillon est bien évidemment l'un des Horcruxes, le serpent identifiant son propriétaire initial.

La couverture de l'édition américaine (désolé, ça bave sur les colonnes, mais je ne peux la réduire plus sans en faire un timbre poste.

LE face à face. Quelqu'un identifie cette sorte d'arène ?

Enfin, la couverture anglaise :

Notez l'épée dans la main de Ron. L'épée de Gryffindor ?

21 juillet... Que c'est loin. Heureusement qu'il y a les présidentielles et les législatives pour passer le temps.

vendredi 9 février 2007

La date de sortie du 7e tome de Harry Potter officiellement annoncée

Ce sera le 21 juillet prochain, à 00h01 heure de Londres, soit 01h01 à Paris.

Je vous annonce d'ores et déjà que mon blogue sera en inactivité totale tout le week-end le temps que je dévore ce livre à l'abri des spoilers d'internet. Et tant pis pour mes clients en garde à vue. Ce sera l'avocat de permanence pour eux.

vendredi 22 décembre 2006

Scoop sur le dernier Harry Potter

Spoiler alert : Le site officiel de JK Rowling vous permet de découvrir via un petit jeu (sur la version anglaise seulement) le titre officiel du dernier tome de Harry Potter (cliquez sur la gomme, et essayez d'ouvrir la porte...).

Si vous voulez le connaître, cliquez sur lire la suite pour que la réponse s'affiche.

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