Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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For intérieur

Par Dadouche



23 Octobre 1998 :
Ca fait déjà deux jours, je ne réalise toujours pas. J'ai les écrits du concours. Oh p.... je le crois pas. J'ai encore rien révisé pour les oraux....

23 octobre 2008 :
Ca fait déjà dix ans, je commence à réaliser...


9 Février 1999 :
Cette prestation de serment quand même. La robe, la formule "je jure de garder religieusement le secret professionnel et de me conduire en tout comme un digne et loyal auditeur de justice". Les deux cents auditeurs qui disent "je le jure" l'un après l'autre. Tout d'un coup elle pèse lourd cette robe.
Papa et Maman ne sont pas là, mais j'ai bien vu le jour des résultats du concours qu'ils n'étaient pas peu fiers.

17 Décembre 1999 :
Bordeaux me manquera, les copains de DE aussi. Je me demande comment va être mon lieu de stage. Bon, j'ai bien mes 25 kilos de fascicules, le déménagement est fini, en route pour de nouvelles aventures.

3 Février 2000 :
J'y arriverai jamais. La permanence du parquet, ça va trop vite pour moi. Je ne comprends pas comment fait Maître de stage n°1 pour répondre à 15 appels à la suite, suivre 8 gardes à vue en même temps, prendre des décisions sensées et garder son calme. Et dire qu'il doit requérir à la collégiale demain et qu'il n'a pas encore vu les dossiers. Qu'est ce que je vais bien pouvoir requérir dans celui qu'il m'a confié ?

6 Avril 2000 :
Je commence à regretter la vie trépidante du parquet. Je ne peux plus voir une indemnisation du préjudice corporel en peinture. Qu'est-ce que ça va être quand je vais me lancer dans le crédit à la consommation et les baux ruraux. J'espère que la juge d'instance, elle, ne va pas s'imaginer que je suis censée déjà tout savoir sur tout. Sinon c'est mal barré.

8 Décembre 2000 :
Ca y est, c'est décidé, si je peux je prends un poste d'instruction. C'était génial ce stage ! Ah, le dossier de stups qu'on a fait ! La confrontation d'aujourd'hui j'ai adoré la mener. La tête de mis en examen n°2 quand je lui ai demandé avec ma tête de blonde pourquoi les copains à qui il "prêtait" tout le temps son portable appelaient sans cesse sa femme

12 décembre 2000:
En fait, l'instruction, je vais peut être réfléchir. J'ai eu du mal à ne pas m'asseoir à côté de la petite Mélissa pour la prendre dans mes bras aux moments les plus durs de la confrontation. Et son père qui m'explique que c'est elle qui est venue se frotter contre lui...Qu'on me donne un sécateur !

20 janvier 2001 :
Décidément, ce stage avocat, il aura au moins servi à me faire comprendre que le barreau c'était pas pour moi. Deux heures à me creuser la tête sur ces foutues conclusions en appel. Mais je le trouve très bien moi ce jugement.

20 mars 2001 :
Bon ben là y'a plus le choix. Tu l'as signé ma grande ton poste de juge d'instruction. Ingurgite tout ce que tu peux avant de retourner en stage, tu n'auras pas trop de quatre mois pour te plonger dedans à fond.

31 août 2001 :
"Je jure de me bien et fidèlement remplir mes fonctions, de garder religieusement le secret des délibérations et de me conduire en tout comme un digne et loyal magistrat"

3 septembre 2001 :
"L'audience du tribunal correctionnel est ouverte, vous pouvez vous asseoir".
Et il est où le maître de stage ?"

10 septembre 2001 :
Ca y est, la première vraie affaire à la permanence. Un dossier de stup, avec plein de produits saisis. Ca va me changer de la lecture des 80 dossiers que j'ai trouvés en arrivant. Quand je pense à ceux qui ont hérité de cabinets de 120 dossiers...
C'est quoi ce gendarme qui essaye de me la jouer "j'vais vous expliquer la vie moi ma p'tite dame" ? Il ne faut pas que je me laisse faire, sinon c'est foutu. Alors, voyons voir cette procédure... Ils ont quand même fait un sacré flag... Avec les quantités saisies, il faut absolument qu'on remonte le réseau, et vite. Je crois que je vais faire mes premières saisines du JLD.
Oui, c'est bien ce que je pensais, tous des habitués des tribunaux, dont deux en récidive pour les stup. Si on en lâche un, on peut oublier les fournisseurs, même avec les relevés d'appels téléphoniques.
Bon, les gendarmes m'ont juré qu'ils pourraient faire le plus gros dans les semaines qui viennent. Si ça "donne" bien, on peut espérer serrer les autres assez vite et relâcher les premiers après les confrontations. Bon, c'est décidé, je saisis le JLD.

15 novembre 2001 :
Bon sang, 39 dossiers de CEA dans la matinée. Tu parles d'une matinée, il est presque 14 heures.
C'est quoi ça ? Comment ça les gendarmes n'ont pas pu avancer les investigations sur le dossier de stup de septembre ? Et mes détenus alors, je leur chante la Traviata pour leur faire passer le temps ? Remarque, après deux meurtres coup sur coup, ils sont bien occupés les gendarmes. J'ai pas fini de me tracasser pour ce dossier.

8 mars 2002 :
Mais il est à vomir ce type ! Bon, allez garde ton calme, respire un bon coup et repose ta question :"selon vous, Jordan et Ludovic étaient donc demandeurs pour vous prodiguer des fellations puis pour se sodomiser l'un l'autre pendant que vous preniez des photos ? Et à 10 ans, vous pensez qu'ils ont pris l'idée où ?".
Tiens, il faut que je pense à dire à ma greffière de mettre fellation, sodomie, cunilingus, phalange, lècher, consentant et pénétration en mot rapide. Ca nous fera gagner du temps pour les retranscriptions.

2 mai 2002 :
C'est terminé les promesses des gendarmes ! "On vous jure madame le juge, on va faire les arrestations dans 15 jours". Ca fait des mois qu'ils me le servent ce refrain. Bon d'accord, SFR et Orange ont mis trois fois plus de temps que prévu à nous répondre. Et toute la BR a été occupée sur un enlèvement d'enfant. Mais maintenant qu'ils les ont chopés, je n'aurai jamais le temps de faire les confrontations avant la fin du mandat de dépôt des autres. Il va bien m'accueillir le JLD tiens.

15 juin 2002 :
Il faut que je vérifie si je peux ordonner une expertise psychiatrique de la partie civile dans un dossier comme ça. Quand il a commencé à m'expliquer que la famille de son ex-femme lui avait mis des implants dans le cerveau pour l'empêcher de lui faire un enfant, j'ai senti que ma greffière allait craquer.
Pouquoi c'est toujours moi qui me récupère ce genre de plainte avec constitution de partie civile ?

23 novembre 2002 :
Je le crois pas ! Une commission rogatoire internationale, on pourrait croire qu'on a tout prévu. Quand je pense que mes deux gendarmes ont du m'appeler du fin fond du Maroc pour s'assurer que les frais de justice prendraient en charge la location de la Panda pour aller voir des enquêteurs locaux... J'en ai marre, il y a encore un expert qui m'a fait remarquer qu'il n'avait pas été payé depuis 6 mois. On va faire comment si ça continue comme ça ?

15 janvier 2003 :
Vite, une douche et une lessive. Je crois que j'ai marché sur une dizaine de vers dans la salle d'autopsie. Bon, est ce que j'ai bien pensé à toutes les expertises pour l'identification ? L'ADN, les dents, la broche dans le bras. Le légiste nous a dit en off qu'à première vue le corps devait être enterré là depuis 4 à 6 mois. Il faut que je pense à dire aux policiers de jeter un oeil à toutes les disparitions depuis un an, en attendant qu'on affine.

12 février 2003 :
Je le crois pas ! Ca y est ! J'ai enfin fini toutes les confrontations dans mon gros dossier de stup. Comme d'habitude, j'aurais pu la rédiger à l'avance tellement c'est prévisible. "Oh non, l'estimation des policiers est très exagérée. Ils ont calculé 5 kilos, en garde à vue j'en avais reconnu 2 mais en fait je n'ai pas du "dépanner" mis en examen n°2 de plus de deux plaquettes"; Et à l'audience l'avocat va expliquer qu'il n'a fait que se payer ainsi sa consommation personnelle.
Enfin bon, au moins j'ai pu libérer quasiment tout le monde et notifier la fin de l'information. Il faut que je pense à dire au Parquet qu'il vaut mieux prévoir une audience sur une journée. Pour mis en examen n° 3 et 4, je ne sais pas si j'aurai de quoi renvoyer, mais les 14 autres c'est sûr.

15 juin 2003 :
Mais comment je vais leur dire ça ? Je ne peux quand même pas leur donner tous les détails. J'espère qu'au moins l'avocat a pensé cette fois à enlever l'album photo de l'autopsie avant de laisser ses clients consulter le dossier. Bon, est ce que je leur parle des difficultés d'identification ? Non, il faut que j'arrive à leur expliquer mais sans qu'ils puissent trop visualiser. Mais si je n'en dis pas assez, est-ce qu'ils ne vont pas s'imaginer pire ? Déjà 4 h 30 ! Il faut quand même que je dorme avant cette audition de partie civile.

12 juillet 2003 :
Ca m'apprendra à demander comment s'est passé l'audience. Quand je pense à ce que ce... cet... ce type a raconté sur moi à l'audience. Alors qu'il n'a pas assisté lui même à un seul interrogatoire ! Quand je pense que les copains du Nord se le farcissent en permanence. Grrrrr !!!

15 décembre 2003 :
Je ne sais plus quoi penser. Quand il répond à mes questions, il est très convaincant. Et ça se tient ses explications. Mais elle n'a quand même pas inventé tout ça. A 6 ans, comment elle aurait pu décrire une fellation comme ça ? Et le collègue du Parquet qui me rebat les oreilles avec son "expertise de crédibilité" et qui n'a pas digéré que je n'aie pas saisi le JLD. Je ne sais pas comment a fait le collègue qui a instruit cette énorme affaire de pédophilie dans le Nord. Je ne me rappelle même plus le nom du bled. C'est quoi déjà ? Ournau ? Artreau ?

26 mars 2004 :
Alors, je renvoie aux Assises ou pas ? Je n'arrive pas à me faire une conviction dans cette affaire... Bon allez, relis le code, ce n'est pas à toi d'avoir une intime conviction. Toi, ton boulot, c'est d'évaluer s'il y a "des charges suffisantes". Bon, objectivement, elle n'a jamais varié dans ses déclarations, ses copines ont témoigné qu'elle leur en avait parlé à l'époque, c'est à cette période qu'elle a pris 12 kilos et dévissé en classe. Mais lui, c'est le type parfait : stable, tout le monde le décrit avec le coeur sur la main, ses autres filles ont juré leurs grands dieux qu'il ne leur avait jamais rien fait, elle lui avait fait un "diplôme de meilleur papa du monde". Mais pourquoi elle aurait inventé tout ça ? Pas de conflit familial, pas de raison de se venger de quoi que ce soit. Bon, je vais relire le dossier encore une fois

15 juillet 2004 :
Je rêve ! En pleine soirée, ce type qui vient me voir : "Il paraît que tu es juge d'instruction ? Tu sais que tu fous les jetons à tout le monde ici ?". C'est ça, range ton pétard crétin.
Maman me trouve trop stressée depuis que je fais ce métier

18 novembre 2004 :
Pendant le contrôle judiciaire. Il a commencé à violer sa dernière fille pendant le contrôle judiciaire. Et j'avais rendu un non lieu à mon arrivée parce que les deux aînées s'étaient rétractées. Je sens que mon sommeil va encore en prendre un coup.

7 décembre 2004 :
Elle a menti. Elle vient de reconnaître qu'elle a voulu se venger de la rupture et qu'elle s'est elle même infligé les blessures qu'on a constatées. Et ça fait trois mois qu'il est détenu.
Et si elle n'avait pas craqué ? Le rapport sexuel était établi, il y avait des traces de violences graves, des antécédents bien réels de violence conjugale, les voisins l'entendaient hurler sur elle depuis des jours, il était sous mise à l'épreuve, pas d'endroit où loger.
Est-ce que j'aurais pu le placer sous contrôle judiciaire plutôt que de saisir le JLD ? Je ne sais plus.

30 juin 2005 :
Ca me glace encore le sang; "Le juge doit payer". Non mais comment on peut balancer ça comme ça. Non, c'est trop gros, les gens ne vont pas avaler ça.
Et bien si, Papa me demande si, quand même, c'est pas anormal qu'on relâche des types pareils

14 novembre 2005 :
J'en ai marre. J'ai ma dose d'auditions de mineurs victimes. J'en ai assez des dossiers de 5 tomes qui s'enlisent parce que je n'ai pas le temps de m'y plonger suffisamment de temps d'affilée. J'en ai marre d'être de permanence un week-end sur deux. A la prochaine confrontation stup que je fais, je hurle.
J'ai envie d'intervenir plus tôt, quand on peut encore changer les choses, j'ai l'impression que je ne sers qu'à ramasser les cadavres après l'incendie. Ca y est, c'est décidé, je demande un poste de juge des enfants.

1er décembre 2005 :
Je crois qu'on n'a pas fini de l'entendre ce nom. Outreau.
Mais quand même, il y bien quelqu'un qui va le dire, dans quelles conditions on travaille, comment on prend des décisions. Quelqu'un va l'expliquer qu'on a pas de détecteur de mensonge ni de boule de cristal. Quelqu'un va rappeler qu'en première instance les jurés avaient été aussi convaincus, avant que la principale accusée se rétracte en appel.

8 février 2006 :
J'ai regardé l'audition de Fabrice Burgaud. J'ai mal au bide. Ca aurait pu tomber sur moi en sortie d'école. Ou moi dans 15 ans.
Mais on a pas le droit de le dire que ça peut arriver. Qu'on a pas le temps de prendre du recul sur les dossiers. Que la responsabilité des magistrats du fait des décisions juridictionnelles est une fausse bonne idée, qui donnera un défouloir et un exutoire, mais qui mettra en danger le peu de sérénité qui nous reste pour prendre nos décisions.

1er septembre 2006 :
Ca y est, j'ai eu ma mutation. Dans deux jours, mes premières audiences d'assistance éducative. J'ai passé mes deux dernières semaines de vacances à finir de me mettre au point juridiquement. Mais qu'est-ce qui m'a pris de demander cette fonction ? En fait, je sais bien ce qui m'a pris : j'ai envie d'être au contact des gens, de leur parler, d'essayer de les convaincre

18 décembre 2006 :
Mais qu'est-ce qu'on va en faire ?14 ans, déjà sous sursis avec mise à l'épreuve, et il vient de refaire une série de vols à la roulotte. Aucun CEF n'en veut, les éducateurs sont au bord de la crise de nerfs après 25 coups de fil pour trouver une place quelque part. Je sens que dans un quart d'heure je serai mûre pour commencer à me dire "a la maison d 'arrêt il y a des places". Si déjà il commençait par y avoir des éducateurs au CAE

8 avril 2007 :
J'en peux plus de cette campagne présidentielle. Et que je te promets plus de sécurité, plus de sévérité, plus de tout ce que tu veux. Et que c'est la faute des juges qui sont rien que des corporatistes irresponsables. Avant je me serais dit "c'est trop gros, ça passera pas". Mais maintenant...

15 mars 2008 :
Je le place ? Je le place pas ? Et s'il se passe quelque chose ? C'est pas ce petit bout de 8 mois qui va pouvoir se nourrir tout seul la prochaine fois que sa mère sera trop saoule pour le faire. Mais là elle sort de cure, la séparation risque de la faire replonger; Et c'est dur de construire un lien comme ça
J't'en foutrais moi des petits pois

10 octobre 2008 :
Voilà, on y est. Une décision sans aucune marge d'appréciation, en stricte application de la Loi, et c'est encore la faute des magistrats.
Ca fait huit ans que je suis syndiquée, que je me désespère de l'individualisme et de l'apathie du corps, mais là il se passe quelque chose.

23 octobre 2008 :
Je ne pensais pas il y a dix ans que je passerais autant de temps à me justifier de mon métier qu'à l'exercer. Et pourtant, qu'est-ce que je l'aime ce boulot. Qu'est-ce que j'aime croiser tous ces gens. Qu'est ce que j'ai la trouille aussi de l'impact de mes décisions sur leurs vies. Je les comprends quand ils sortent d'une audience en tempêtant.
Je ne fais pas ça pour être populaire. Sinon j'aurais fait Soeur Emmanuelle.
Mais des fois, j'aimerais juste avoir l'impression qu'on reconnaît que je sers à quelque chose, que je ne rends pas mes jugements à la légère, que ça m'arrive de me planter, que ça fait dix ans que je ne dors pas très bien.
Que si la machine tourne encore, avec ses imperfections, c'est aussi grâce à moi, grâce aux heures supplémentaires que ma greffière ne récupérera jamais, grâce aux éducateurs qui se décarcassent, grâce à mes collègues qui font baisser leurs piles. Que c'est malgré la difficulté à se débarrasser de quelques collègues dangereux, malgré les coups de blues, malgré les célibats géographiques, malgré les audiences qui terminent à 23 heures, malgré les pressions statistiques, malgré Outilgref qui a décrété qu'on a trop de personnel de greffe alors qu'on surnage à peine.

En dix ans, j'ai perdu beaucoup d'illusions. Pas encore l'envie, mais ça ne va peut être pas tarder. Si ça continue, je fais péter mon compte épargne-temps et je pars faire une cure de sommeil.

Commentaires

1. Le jeudi 23 octobre 2008 à 07:26 par Fantômette

"For intérieur"

Et fort intérieur, chère dadouche.

2. Le jeudi 23 octobre 2008 à 08:43 par La grenouille

Dur début de journée... J'ai expédié les gamins à l'école, le mec au boulot et à 7h30 pétantes, je commence ma journée avec un peu d'avance (rare !) : sur mon agenda, mon premier RDV est noté depuis quelques jours déjà, de 8h à 9h, il porte un nom curieux que ma hiérarchie aura du mal à identifier si elle vérifie mon emploi du temps : Eolas. A côté de ce 23 octobre, j'ai aussi noté "anniversaire de mariage" et grève des magistrats.
J'ai une heure pour parcourir les billets promis, alors vite, j'ai commencé une lecture en diagonale. Des mots m'arrêtent, certains me gifflent. J'ai les yeux humides depuis un petit moment déjà. Tiens un billet de Dadouche. Stop. "Le dégoût" m'avait déjà saisi, sonnant comme un appel solennel à la résistance.
D'habitude, je lisais surtout Eolas, mais là j'ai été conquise par un autre. J'ai réalisé que si Eolas s'indignait avec autant d'humour, Dadouche était sûrement une femme pour s'indigner avec autant de justesse...

Voilà, pas le temps de dire plus car j'ai une audience à 9h (peut-être qu'ils seraont en grève ?) mais à défaut d'avoir eu le courage de faire un article pour aujourd'hui, je tenais à faire un petit clin d'oeil à Dadouche. Ses ordonnances doivent être bien argumentées !
Une éduc, même pas de PJJ, seulement ASE.

3. Le jeudi 23 octobre 2008 à 10:36 par Policier

"Je ne fais pas ça pour être populaire. Sinon j'aurais fait Sœur Emmanuelle. "

Je ne crois pas que sa vie fut dirigé à cette fin... contrairement à d'autres (que mille robes Dior ornent sa garde-robe).

Merci Dadouche pour cette sobre note.

4. Le jeudi 23 octobre 2008 à 10:54 par Eolas

C'est légal, d'être aussi douée pour écrire des billets ?

5. Le jeudi 23 octobre 2008 à 18:35 par Caroline

@ Eolas: je ne sais pas si c'est légal, mais cette tranche de vie est sublime, et j'ai envie de dire, tristement sublime.

6. Le jeudi 23 octobre 2008 à 19:04 par Sans pseudo

Handke schön, Dadouche.

7. Le jeudi 23 octobre 2008 à 22:07 par Lucas Clermont

Alors Handke je ne sais pas, mais cela pourrait être dans le style de Martin Winckler et son roman la Maladie de Sachs, qui est le journal romancé d'un médecin de campagne, ce qu'était Winckler. Un succès d'édition voici une dizaine d'années.

Après avoir recensé les juristes personnages de romans policier, ne conviendrait-il pas de s'intéresser aux magistrats désillusionnés auteurs de romans ?


Dadouche :
Deux ou trois noms qui me viennent à l'esprit ne me donnent pas franchement envie de leur faire de la pub.

8. Le jeudi 23 octobre 2008 à 22:09 par Lucas Clermont

Alors Handke je ne sais pas, mais cela pourrait être dans le style de Martin Winckler et son roman la Maladie de Sachs, qui est le journal d'un médecin de campagne, ce qu'était Winckler. Un succès d'édition voici une dizaine d'années.

Après avoir recensé les juristes personnages de romans policier, ne conviendrait-il pas de s'intéresser aux magistrats désillusionnés auteurs de romans ?

9. Le jeudi 23 octobre 2008 à 23:09 par Cyberkek

Comment voulez-vous, après cela, que je ne vous admire pas? ;o)

10. Le vendredi 24 octobre 2008 à 16:54 par Sans pseudo

Lucas Clermont, non c’est juste une astuce qui tombe à plat. Je n'avais pas saisi la mise en page particulière qui donne le titre du billet précédent et celui du suivant, et permet ainsi la navigation.
Et j'ai cru que L’angoisse du gardien des libertés… était le titre de Dadouche

11. Le vendredi 24 octobre 2008 à 23:40 par Triskael

J'aime beaucoup ce billet. Alors voyons voir :

8 décembre.
Au moins, pour le jour de mon anniversaire, vous ne vous êtes pas ennuyée. ;)

8 mars 2002.
Vous parlez de "mot rapide". Qu'est-ce ?

Dadouche :
Ce sont les raccourcis que l'on peut créer dans un traitement de texte pour des mots ou phrases qu'on utilise souvent


12 juillet 2003.
Je ne comprends pas très bien ce paragraphe... Est-ce une private joke ? Est-ce voulut ?

Dadouche :
Certains avocats (et il semblerait que ce soit un style assez répandu dans les barreaux du nord de la France) se sont fait une spécialité de bâtir leur défense sur la décrédibilisation du juge d'instruction qui a traité le dossier, en disant les pires horreurs à l'audience, parfois en contradiction flagrante avec le dossier.
J'ai particulièrement apprécié celui qui, parce que j'avais remis en liberté très vite son client parce que je m'étais démenée pour faire en un temps record les confrontations nécessaires, a expliqué que je l'avais fait parce que, même moi, alors que j'avais instruit exclusivement à charge, j'avais vu qu'il n'y avait rien dans le dossier. Evidemment, je ne l'avais jamais rencontré puisque que ses collaborateurs s'étaient relayés pour assister aux actes.



A avoir lu le billet en entier, à avoir lu les billets précédents, j'en arrive à cette conclusion : le métier qui se rapproche le plus du votre, c'est celui de pompier : toujours sur la brèche à réparer des dégâts parfois irréversibles, à essayer de faire de la prévention quand ils le peuvent...

12. Le samedi 25 octobre 2008 à 15:42 par Triskael

@Dadouche : merci pour les explications.

13. Le lundi 27 octobre 2008 à 22:26 par Juge des enfants

4 ans de parquet et dans ma quatrième année de juge des enfants

Même ecoeurement et épuisement, si bien décrit par beaucoup de collègues sur ce blog...et dans toutes les fonctions..

blog que je découvre ce soir, grâce aux journalistes

Merci à tout ceux qui le font vivre !!
Nous en avons beaucoup sur le coeur manifestement!! et un lieu d'expression est bienvenu!!

Je suis heureuse d'imaginer des justiciables venir ici découvrir l'envers du décor..
la réalité de nos fonctions au quotidien

Je me sens justiciable et citoyenne avant d'être magistrat et cette fenêtre sur le fonctionnement de la justice m'apparaît indispensable pour être entendu et compris !

Elle éveillera je l'espère d'autres initiatives..

Ceci étant, sans vouloir être pessimistes, je crains que nos bonnes volontés unies ne suffisent pas à faire contrepoid à un mouvement qui paraît inéluctable dans cette période de vaches maigres ...

Pour ma part, je pense tirer un de ces quatres matins ma révérence

i'envisage de me reconvertir en Art Thérapeute

Parce que j'aime les gens et j'en ai marre d'être dans un systéme qui les dénigre...

Non non c'est pas une blague..!

14. Le lundi 27 octobre 2008 à 22:58 par Kemmei

Chapeau bas.

15. Le mercredi 29 octobre 2008 à 11:54 par Gabriel Naroyas

Une larme est montée en lisant votre billet...

Je viens d'avoir les écrits au CRFPA. Et je comprends mieux ce qui m'attend.

16. Le vendredi 31 octobre 2008 à 11:11 par hatonjan

Merci,
Voilà le mot qui me vient à l'esprit, merci de faire partager un peu de votre quotidien. Vous nous parlez de vos difficulté, mais n'oubliez pas vos réussites. Restez fier de qui vous êtes, sans devenir hautain. En tout cas, bon courage, je n'ai pas l'âge de vous croiser de suite, mais ne sombrez pas, "on" a besoin de vous ! Et puis les petits pois ont plein de vertues nutritives!
Mes félicitations pour ce billet.

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