Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Quand je n'étais pas magistrat…

Par Drôle de Drame, magistrat


Oui, car figurez vous que je ne suis pas née magistrat. J'ai même fait un autre métier avant. Pas de magistrat dans ma famille, même pas mon conjoint.

J'écris cela car, à lire divers commentaires sur internet, je constate que nous sommes perçus comme "une caste", "corporatistes", "tous les mêmes", "endogames", et pourquoi pas des "petits pois", tant qu'on y est ? Alors, avant, je n'étais pas magistrat, et, jeune, pleine de fougue, utopiste, je croyais dur comme fer que les magistrats étaient une classe bourgeoise, des gens soumis au pouvoir (de droite, bien entendu), conservateurs, attachés à leurs privilèges, peu humains... Mon père, lui, pensait qu'ils étaient tous gauchistes, payés à rien faire, et surtout à faire ce qu'ils voulaient, au mépris des lois votées. La preuve, ils l'avaient débouté de sa demande contre un locataire et condamné aux dépens ! C'est donc bien qu'ils étaient contre les propriétaires et pour les locataires.

Et puis j'ai grandit, j'ai fait du droit, j'ai compris que la justice, ça ne devait pas être aussi simple. J'ai fait aussi de l'économie et j'ai vu que le budget de la justice était particulièrement ridicule.

Mais je n'étais pas encore magistrat. Je continuais quand même à penser que, probablement, certains ne faisaient pas bien leur métier, avaient envie de condamner les jardiniers marocains parce que c'était bien d'avoir un coupable sous la main et moins fatiguant que de vouloir en chercher un autre. Mon oncle, condamné pour une conduite en état d'alcoolémie, me dit pourtant que les magistrats sont racistes, la preuve il condamnent plus les bons français alcooliques qui conduisent alors qu'ils ont juste un peu bu et ont la malchance de se faire prendre, que les petits voleurs des cités. Et puis, je suis devenue magistrat. Parce que je voulais faire un métier plus varié. J''étais professeur, j'avais bataillé contre un certain Claude Alègre, je me sentais dévalorisée, et j'en avais assez d'annoner la théorie keynésienne ou le droit de la preuve. J'ai gardé de mon ancien métier une indéfectible admiration pour les professeurs car je considère que ce métier est encore plus difficile que le mien. Je suis beaucoup moins fatiguée après une audience, même longue, qu'après 4 heures de cours.

Donc, je suis devenue magistrat. Je n'ai pas beaucoup aimé la scolarité à l'ENM, que j'ai trouvée certes intéressante, mais un peu trop théorique. Je crois que j'aime mieux le terrain. Alors, je me suis régalée lors du stage en juridiction, et j'ai su que j'avais fait le bon choix. J'ai eu des maîtres de stage qui aimaient leur métier, le trouvaient passionnant, trouvaient qu'ils travaillaient beaucoup, sans moyens suffisants, et m'ont donné hâte de prêter serment d'être "un digne et loyal magistrat".

Premier poste, quel vertige, quelle angoisse aussi. J'ai mis quelques mois à trouver mes marques, ne plus m'affoler quand je recevais un coup de fil "Mme le Juge, qu'est ce qu'on fait ?". On a pas toujours les réponses dans les Codes ! Ce métier nécessite un solide sens pratique.

Il faut aussi savoir s'adapter : réforme de l'application des peines, réforme du divorce. Tiens, qui a dit qu'on ne voulait jamais de réformes dans la magistrature ? Si, on veut bien, quand elles sont réfléchies sur la durée, préparées, cohérentes, accompagnées de moyens suffisants. Bon, pour l'application des peines, il y a eu des efforts, mais ça aurait pu être bien mieux.

Les collègues ? Oui, il y a des cons, des hautains, des méprisants, des paresseux, des nuls, des francs mac, des malhonnêtes, des réacs, des idéologues... On en parle, on le déplore car ils nous font du tort, on regrette que les chefs de juridiction ne prennent pas toujours leur responsabilités. Mais ils sont vraiment peu nombreux. J'ai surtout rencontré des gens humains, à l'écoute, altruistes, intelligents, cultivés, drôles, voire tout ça à la fois. Des bon juristes aussi ! Cela va de soit, mais je pense que parfois, certains commentaires perdent de vue que pour être magistrat, il faut avant tout faire du droit, appliquer la loi au cas soumis.

Ce que j'aime le plus dans ce métier, c'est me dire que chaque jour, j'en ai appris un peu plus, soit sur le droit, soit sur la nature humaine. C'est certainement cela le plus passionnant. J'ai aussi développé une capacité d'écoute et de compréhension de plus en plus grande, je me suis enrichie. Je suis certainement moins naïve aussi, plus méfiante.

Ce que j'ai appris aussi, c'est qu'il y a loin entre la réalité d'un dossier et ce qui en est dit, ce que l'on en croit dans l'opinion publique. Je travaille actuellement sur une affaire assez médiatisée localement, et je suis sidérée de l'écart entre la réalité du dossier, ce que j'en lis dans les journaux, et ce que m'en disent les gens. J'ai appris qu'un juge, ça rend un non lieu, ça relaxe ou ça acquitte parce qu'il n'y a pas suffisamment d'éléments dans le dossier, et que ça renvoie ou ça condamne .... parce qu'il y en a !

Ce qui est dur, c'est toutes ces questions, ces doutes, cette impression parfois d'être sur des sables mouvants. Je viens de recevoir une victime de viol, lequel est totalement nié par l'auteur. Et je me dis qu'ils sont bien malins ceux qui, derrière leur clavier, savent ce que devait faire mon collègue Burgaud.

Alors, quand est ce que tout ça s'est gâté ?

Il y a eu "le juge doit payer", l'empilement de modifications incohérentes, les réactions très émotionnelles à certains faits divers, la mise en cause de ces irresponsables, tantôt trop laxistes, tantôt trop prompts à embastiller.

Nous aussi, nous sommes dans la société, nous pouvons imaginer ce que ressent une victime. Je n'ai jamais oublié ce jeune homme qui avait une mise à l'épreuve pour agression sexuelle, que j'ai suivi strictement car je le sentais dangereux, que j'ai reçu pour lui rappeler ses obligations et qui quelques jours après a violé. Peut être qu'elle m'en veut cette victime, de ne pas avoir révoqué la mise à l'épreuve au premier incident (il n'était pas allé chez le psychiatre et chez le conseiller d'insertion). Pourtant, j'ai beau y réfléchir, je ne vois pas comment j'aurais pu traiter le dossier autrement.

Ce que je n'aime pas, c'est cette charge de travail parfois démente (je me suis surprise à dire à une collègue que je n'étais pas si mécontente de la mutation prochaine de mon conjoint car j'aurais plus de temps pour mes dossiers) et qui crée une insatisfaction permanente.

Ce que je déteste depuis quelques années, c'est ce tourbillon de "réformes" qui ne sont que valses hésitations, brouillonnes, incompréhensibles, allant dans tout les sens, au moindre fait divers. Et surtout la défiance envers le juge, dont les peines plancher sont l'exemple. Je n'ai jamais hésité à être sévère, stricte, "mère tape dur" quand il le fallait, mais je pense que je suis à même d'appréhender chaque situation, sans qu'on me dise ce que je dois faire.

Mme Dati ? Je crois qu'elle n'est que le symptome le plus voyant de cet emballement politique, toujours plus irréfléchi, toujours plus spectaculaire. Les caisses sont vides, on ne peut pas faire, alors faisons croire qu'on fait. Et tant pis pour les dégâts collatéraux, la justice bafouée, et la démocratie en danger. Et tant pis pour les détenus. Le plus grand hôpital psychiatrique de France, ce sont les établissement pénitentiaires désormais.

La personnalité de Mme Dati ? Je me fiche de ses origines, de ses robes, de sa vie privée. Personne en juridiction ne lui en veut pour ce qu'elle est. Les réformes de Mme Dati ? ... les réformes .... mais au fait, quelles réformes ? Oui, elles sont où, les réformes en profondeur, issues d'une large et réelle concertation, visant à apporter un changement profond ? Je n'en ai pas encore vu. Qu'on ne me parle pas de la carte judiciaire, qui aurait pu être l'occasion d'un réflexion sur le métier, le recours au judiciaire, le territoire ... et s'est transformée en un vague brouillon, consistant uniquement à supprimer quelques tribunaux, sans vraiment de cohérence.

Je veux bien toutes les réformes, toutes les lois nouvelles, les appliquer, mais que cela ait un sens !

J'ai été trop longue.

J'aurais voulu aussi parler des gens extraordinairement dévoués et intelligents avec qui je travaille ou j'ai travaillé : travailleurs sociaux, surveillants pénitentiaires, greffiers, policiers, gendarmes, avocats ... je dois en oublier.

Je m'amuse encore de ce que me disait mon conjoint sur les magistrats avant de me connaître, de connaître mes collègues, de comprendre notre métier. Alors, je pense souvent à la phrase d'un de mes professeurs : "Avant, j'avais trois théories sur les enfants, maintenant j'ai trois enfants". Je pourrais dire qu'avant, j'avais des idées reçues sur les magistrats, maintenant, je le suis. Et je voudrais continuer à l'être.

Merci maître Eolas, et désolée du retard.


Post scriptum : Quand j'ai eu fini d'écrire mon message, tout à l'heure, j'ai quitté le palais, plongé dans l'obscurité comme souvent quand je pars, en veillant à ne pas tomber, déséquilibrée par mon gros sac qui contient le dossier que je vais étudier ce week-end. Et je suis passée devant le palais, devant les marches sur lesquelles j'étais avec mes collègues cet après midi. Je me suis rendu compte que j'avais oublié quelquechose : de dire à quel point j'étais fière cet après midi !

Ensuite, j'ai pris le bus, un type défoncé est monté, une bière à la main, je ne sais pas ce qu'il avait pris d'autre. Il s'est assis à côté de moi et il m'a dit "je suis révolté, on est tous des révoltés, hein Madame ?"

Oui.

Commentaires

1. Le vendredi 24 octobre 2008 à 01:21 par Kerri

"Les collègues ? Oui, il y a des cons, des hautains, des méprisants, des paresseux, des nuls, des francs mac, des malhonnêtes, des réacs, des idéologues... On en parle, on le déplore car ils nous font du tort"

euh, honnêtement, que vous mettiez les "francs mac" au milieu de cette liste de compliment, et avant "on le déplore car ils nous font du tort" me surprend. Les magistrats sont libres d'appartenir aux organisations de leur choix non? ou bien un magistrat franc maçon est forcément à déplorer car il fait du tort à la magistrature?

2. Le vendredi 24 octobre 2008 à 04:49 par Alouest

J'ai fait la curieuse, j'ai tout lu à la suite : la curiosité est un vilain défaut (?), et j'y ai passé plus de trois heures de fil en fil - comme souvent sur ce blog, que je fréquente en lecture intermittente mais régulière, incognito depuis des années. Et c'est bien la première fois que j'ose commenter, pardon pour ce (trop ?) long commentaire.

Ce qui me frappe dans tous ces billets, vos billets : l'humanité, l'amour de vos métiers - dans toutes leurs dimensions, leurs variétés et leurs utilités, le désir et la volonté de les exercer encore. De pouvoir les exercer véritablement encore, peut-être plus justement (sans jeu de mot... ).
Ce que je comprends beaucoup mieux, c'est l'indignation et la colère. Bravo. Merci.

Drôle de drame a écrit : "J'ai gardé de mon ancien métier une indéfectible admiration pour les professeurs car je considère que ce métier est encore plus difficile que le mien." Je réponds donc ici, plutôt qu'ailleurs. Moi qui enseigne encore Keynes et les institutions (et oui !! enfin, j'essaie et là, je ne suis plus bien certaine d'y parvenir encore*) depuis plus de 20 ans, même si je sors bel et bien parfois à plat de quatre ou cinq heures de "cours", je ne suis pas si sûre d'être d'accord avec vous sur ce point. Peut-être vrai, mais pas partout, et pas tout le temps.

Un très bref tour de chiffres aussi : disons une centaine d'élèves et étudiants et quelques heures (au mieux une grosse cinquantaine pour le droit par an par classe). Au bout de vingt ans, une belle brochette de "mékeskidi" aussi... avec qui je détaille souvent quelques extraits de pages du maître de ces lieux, avec si possible aussi un passage au tribunal dans une audience publique : bien plus proche de la réalité, bien plus formateur que tous les manuels du monde.
* Et pour combien de temps encore ? Comment suivre, assimiler et faire comprendre l'avalanche législative et réglementaire qui est votre quotidien (!) et qui pour nous, n'est qu'une entrée ponctuelle démultipliée sur de (plus en plus) nombreux points de nos enseignements ? Vais-je aussi me retrouver un jour devant le juge en dehors de soucis de points de (mauvaise) conduite, de (possible) surendettement ...ou pour absence de quota de réussite aux examens ?

Il devient difficile d'avancer la séparation des pouvoirs comme principe réellement fondateur de la République, difficile de revenir systématiquement deux mois après sur les peines enseignées quelques semaines plus tôt, difficile de présenter le droit social comme particulièrement protecteur du salarié, difficile de revoir telle procédure une seconde fois avant la fin de chaque année où on traite (!) ce cours, etc.
Et de notre côté d'une autre sorte de bureau, si les 38 euros par personne sont effrayants (lus chez le Juge de l'ouest de la Vilaine...), la République ne va guère bientôt nous traiter autrement. A ce train-là, ce ne seront aussi bientôt que les chiffres qui nous gouverneront aussi - c'est en route aussi, LOLF oblige. Donc ...

En espérant sincèrement que mes enfants ne soient ni profs, ni juges, mais en leur souhaitant aussi toute(s) liberté(s) de pouvoir le devenir encore, si tel est leur choix, merci donc à tous les Maître Eolas, Gascogne, Dadouche, Alex, Perello, poètes et gardiens, greffiers ou chanteurs, magistrats ou conseillers, petites mains et autres Petits Pois, célèbres ou moins connus, tous et toutes, pour la mise en ligne de cette Oeuvre de salut public (sans le Comité - quoique... certains semblent l'avoir rencontré...). A vous lire encore !

3. Le vendredi 24 octobre 2008 à 08:45 par AC

J'ai cliqué sur "commentaires" pour la même raison que Kerri.
J'avoue avoir fait "gloups" en lisant que les francs macs font partie "des cons, des hautains, des méprisants, des paresseux, des nuls, des malhonnêtes, des réacs, des idéologues"...
Vos préjugés, chère madame, allaient (vont?) bien au-delà de la profession de magistrat...
Je peux vous rassurer sur un point, chez les francs-macs aussi il y a "des cons, des hautains, des méprisants, des paresseux, des nuls, des malhonnêtes, des réacs, des idéologues" et ceux-là, comme dans votre corps professionnel, font du tort aux autres, hommes et femmes de toutes origines, de tous milieux sociaux, de toutes religions, des gens formidables, des gens ordinaires.

Tiens finalement, comme partout ailleurs. Un certain reflet de la société, non ?

Et la liberté dans tout ça ? A vous lire un magistrat franc maçon serait un mauvais magistrat ? préjugé, préjugé... Les magistrats aussi ont le droit de faire des choix privés.

4. Le vendredi 24 octobre 2008 à 09:52 par Anatole Turnaround

L'appartenance d'un magistrat à une société secrète pratiquant l'entraide entre membres n'est-elle pas un légitime motif d'interrogation sur l'impartialité de ce magistrat ?

5. Le vendredi 24 octobre 2008 à 09:58 par Eolas

L'appartenance d'un magistrat à la franc maçonnerie pose un problème de principe. Elle n'est pas nécessairement incompatible, mais exige du magistrat un strict cloisonnement entre son activité professionnelle et cette appartenance, cloisonnement qui n'est pas dans la culture de la franc maçonnerie. Avec comme conséquences des affaires comme celle du juge Renard à Nice qui font un tort considérable au corps dans son entier: si la femme de César ne doit pas être soupçonnée, ses juges doivent l'être encore moins. Or cette appartenance étant privée et secrète par nature, qui peut vérifier que ce cloisonnement est respecté ? Le problème est réel, au delà d'une maladresse de style.

6. Le vendredi 24 octobre 2008 à 10:51 par Kerri

j'avoue ne pas comprendre ou votre position, ou la problématique posée par les magistrats franc maçon.

Que certains magistrats francs maçons aient privilégié des intérêts particuliers, d'eux-même ou de leurs "frères" à l’intérêt général dans des affaires qu'ils avaient à connaitre est une chose

pour autant, doit-on jeter l'opprobre sur tous les francs maçons?
Il me semble que tout magistrat peut un jour avoir à connaitre d'une affaire concernant un lointain cousin, un ami, un membre de son Église, de l'association des amateurs de petits pois dont il est également membre, de son rotary/lions club,...

On ne peut pas interdire aux magistrats toute possibilité de fréquenter des justiciable. Simplement on attend d'eux qu'ils n'oublient pas leur serment, et qu'ils fassent leur travail avec professionalisme.
Quand bien même une majorité de magistrats francs mac ne le ferait pas, je penserais toujours que les franc mac sont des individus indépendants, et qu'on ne doit pas demander à tous de choisir entre leur appartenance à cette organisation, et leur profession.

En revanche, quand un magistrat fait primer des intérêts privés sur la Justice, qu'il n'accomplit pas son devoir, il doit-être sanctionné, peu important à mon avis qu'il l'ai fait parce qu'il était franc mac, ou quoi que ce soit d'autre.

7. Le vendredi 24 octobre 2008 à 11:38 par R. Gary

Je suis de l'avis d'Anatole et d'Eolas. Dans l'état actuel des loges, l'appartenance à la FM pose un réel problème de déontologie, compte tenu des confusions et des doutes qui planent sur l'impartialité du frère-juge.

Je ne serais d'accord avec Kerri que le jour, où l'appartenance à la FM ne sera plus un secret, et où le secret sera banni des loges, et où celles-ci seront ouvertes à tous vent comme les synagogues, les temples, les Eglises, ou les mosquées. Tant qu'il faudra montrer patte blanche, tant qu'il faudra être initié pour entrer librement dans ces "temples" maçonniques, permettez-moi de dire, que cela ressemble à s'y méprendre avec une forme sectaire. On ne peut pas être un vrai Républicain façon 1789 (et pas 1793, merci pour la Terreur !), c'est à dire prompt à défendre la liberté et l'égalité, et oeuvrer dans le secret des loges pour soi-disant le bien de tous, mais surtout de son bien à soi et du bien de ses frères (parce que faisant partie d'un cercle d'initiés... qui peut souvent vite se trouver aux confins de quelque chose qu'on appelle le délit d'initié...)

En disant cela, je ne veux pas tomber dans le délire de persécution. Il doit y en avoir, des juges FM, sans doute pas beaucoup, mais suffisemment et c'est dommage pour parfois porter le discrédit sur toute une profession pourtant si belle.

8. Le vendredi 24 octobre 2008 à 12:55 par Plantouille

L'appartenance à la Franc Maçonnerie n'est, selon moi, pas un problème réel. Tout autant qu'un magistrat hautain n'est pas un problème réel.

Mais pour garder l'exemple de ce magistrat hautain : tant qu'il fait parfaitement son travail et qu'il fait en sorte de ne pas se laisser emporter par une attitude qui peut devenir intolérable, cela ne laissera peut-être qu'un arrière goût désagréable chez les justiciable et ses collaborateurs. Par contre, si ce caractère prédomine son travail, même en étant bien fait, il risque d'avoir un problème de compréhension, des mauvaises interprétations par rapport à un certain ton utilisé, ...

Un magistrat appartenant à la Franc Maçonnerie peut très bien faire son travail, mais le problème est de savoir si ce magistrat fait vraiment la part entre son travail et son appartenance à un groupe respectant certains principes de base comme une solidarité corporatiste (tiens, on va parler de méta-corporatisme au sein de la corporation des magistrats ?).

Et des problèmes existent, ne serait-ce qu'en terme d'image. Encore une fois, la France n'est pas la seule dans le domaine : en Belgique, nous avons récemment eu un cas similaire, impliquant des magistrats FM et un inculpé FM.

www.lesoir.be/actualite/b...

Mais il est dommage de limité les réactions à ce billet à ce terme de franc maçon.

9. Le vendredi 24 octobre 2008 à 13:39 par Olivier

Je ne commente que très rarement les pages de ce blog mais quand je lis les articles publiés par tous ces magistrats (certains avec les larmes aux yeux), je n'ai envie de leur dire qu'une seule chose :
je suis avec vous !

Sachez que tous les français ne sont pas méfiants face à la Justice et à ses représensants. Que tous les français ne vous considèrent pas comme des pions au service du pouvoir en place.

10. Le vendredi 24 octobre 2008 à 18:39 par des Osages

Bien émouvant votre billet madame...
Merci.

Une question: dans la formation des magistrats, y-a-t-il part faite à la "connaissance de soi" ?

Eolas:
Il est difficile de trouver un prof compétent pour chaque élève.

11. Le vendredi 24 octobre 2008 à 20:09 par PrometheeFeu

Est-ce qu'un juge peu refuser une affaire si il pense que son impartialité pourrait êtres mise en doute du aux spécificités de l'affaire? Si oui, cela pourrait régler le problème des franc maçons et autres liens personnels.

12. Le vendredi 24 octobre 2008 à 23:21 par Laurentm

Je ne suis qu'un novice mais il me semble bien qu'un magistrat a le droit (et l'obligation?) de refuser une affaire qui touche de près ou de loin une personne avec laquelle il a un lien.

13. Le samedi 25 octobre 2008 à 00:07 par Pascontrariant

Moi je suis tout a fait d'accord avec vous : il vaut mieux avoir des collègues humains, à l'écoute, altruistes, intelligents, cultivés et drôles, que cons, hautains, méprisants, paresseux, nuls, francs mac, malhonnêtes, réacs et idéologues !

14. Le samedi 25 octobre 2008 à 09:43 par Certé

Plusieurs commentaires :

- je suis surpris que vous ayez pu annôner les théories de Keynes. On n'en a glissé deux mots au lycée mais après, à Science Po, personne ne s'en rappelait. Quant à Marx, le premier jour, le prof d'économie a dit "on n'en parlera pas, on sait que ça marche". Ceci montre le niveau intellectuel moyen et l'ouverture d'esprit dans l'enseignement économique dans le supérieur et explique peut-être comment notre économie a fini par se saborder elle-même.

Eolas:
Ayant étudié l'économie au lycée à une époque où la théorie marxiste de l'économie occupait tout un semestre, à une époque où le bloc de l'est prenait déjà l'eau de toutes parts et n'avait même plus les moyens de le cacher, je suis ravi que cette "théorie" ait disparu. On économise un temps précieux. Ou alors, enseignons en biologie la théorie créationniste et en astrophysique le géocentrisme, comme signe d'ouverture d'esprit.


- la franc-maçonnerie est évidemment dans son mode de fonctionnement un problème : chez moi, quelque part qui n'est pas Paris et que le terme de Province est sensé décrire, le juge, le maire, le député, le commissaire de police, les patrons des grandes entreprises du coin, bref, tous ceux qui ont un semblant de pouvoir en sont. Mais chut !Faut pas le dire. Comment voulez-vous ensuite que le petit peuple ne soit pas séduit par la théorie du complot ? Quand il apprend que le maire (de gauche) et le député (de droite) sont en fait comme cul et chemise et se pintent ensemble de temps en temps, il a bien du mal à suivre. AUtrement dit, l'idée de franc-maçonnerie n'est pas mauvaise, mais les modalités de son organisation ne sont pas adaptées au 21e siècle qui sera, en bien comme en mal, le siècle de la transparence.

- pour répondre à Plantouille : essayer donc de retrouver le numéro spécial du Canard Enchaîné d'il y a quelques années sur la justice. Vous y lirez ce que peut donner un magistrat hautain et pédant.

15. Le dimanche 26 octobre 2008 à 19:47 par nath

merci de votre message, je me reconnais complètement, moi auissi magistrate, n'ayant ni famille ni conjoint dans la magistrature, moi aussi aimant mon métier pour ce qu'il m'apporte tant sur le plan humain que juridique, moi aussi étant lasse de cette accumulation de réformes non réfléchies et prises dans la précipitation, sur la base d'un fait divers, moi aussi lasse de ce climat de défiance à l'égard des magistrats, alors que nous cherchons simplement à rendre la justice le mieux possible et dans les meilleures conditions... Je suis jeune dans la profession et en peu de temps, je constate une dégradation de nos conditions de travail et je m'interroge... jusqu'où ira-t-on comme ça?...

16. Le lundi 27 octobre 2008 à 08:05 par z_julien

je vous cite "Les collègues ? Oui, il y a des cons, des hautains, des méprisants, des paresseux, des nuls, des francs mac, des malhonnêtes, des réacs, des idéologues... On en parle, on le déplore car ils nous font du tort ..."

Je suis choqué que ce rapprochement entre les francs mac et les cons, les hautains, les paresseux, les malhonnêtes ... et je ne vois pas en quoi le fait qu'il y ait des magistrats francs macons fasse du tort à la magistrature ... quel obscurantisme ! en lisant ce passage j'ai senti que l'on replongait dans la climat des années 40 !

Ne vous en déplaise, je connais des magistrats qui sont, par ailleurs (parce que cela regarde leur vie privée), francs maçons, et qui sont aussi "des gens humains, à l'écoute, altruistes, intelligents, cultivés, drôles, voire tout ça à la fois. Des bon juristes aussi !" et qui "applique la loi au cas soumis."

C'est dommage ! et je sens que l'on peut être si proche et si loin pourtant !

17. Le vendredi 31 octobre 2008 à 16:53 par Stéphane

Votre texte est bien écrit informatif, votre passion pour votre métier vous honore. Vous évoquez les cons qui appartiennent à votre profession. Sachez qu'ils le sont aussi à l'égard des justiciables. J'en ai fait la triste expérience lors d'un divorce. Le juge que j'ai rencontré était relégué aux affaires matrimoniales car il était notoirement connu au palais pour être instable, ennervé, tranchant. On l'avait mis là pour qu'il fasse le moins de casse possible.
Comme des tas de gens, j'en ai fait les frais. Aucune humanité, pas d'écoute...
Je ne tombe pas dans la caricature facile de dire que tous les juges sont des...
Par contre, sachez que vous avez le devoir de faire en interne le ménage. Un boucher incompétent, un coiffeur maladroit on en change.
Un juge qui massacre une vie car sa propre existence est en friche cause des dégats irrémédiables. Aussi, lorsque vous revendiquez de l'humanité, allez jusqu'au bout d'une vraie logique, les cons sont cons avec tout le monde. Dans votre métier cela peut avoir de terribles conséquences.
Bon courage à vous

18. Le mardi 18 novembre 2008 à 01:17 par parano

Et les cons qui gravitent autour des juges... Perso, quand je vois le dossier d'assistance éducative de mes enfants, j'aimerai pas être juge... parce que les cons écrivent des con***ies

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