Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Les gazelles du palais

On les entend arriver longtemps avant de les voir. Il faut dire que le palais est indiscret, et fait résonner le moindre bruit d'un bout à l'autre de ses couloirs, et des talons sur du marbre, ça porte très bien.

Elles sont jeunes, souvent jolies, maquillées à l'excès alors que leur âge les dispense encore de cet artifice, et habillées, disons… à la dernière mode, celle que seule leur jeunesse leur permet de porter sans être vulgaire.

Elles arrivent toujours à bout de souffle, un plan du palais chiffonné à la main, un téléphone mobile dans l'autre, qui fait passer celui des avocats présents pour des antiquités obsolètes. Elles cherchent généralement une des deux 23e chambre, celle des comparutions immédiates, scindée en deux sections pour faire face à l'afflux des dossiers. Enfin, plus précisément, elles cherchent leur homme, qui fait partie de la longue liste des prévenus.

Un regard perdu, deux battements de cils, et un gendarme, qui pour la circonstance justifie pleinement son qualificatif de “mobile”, surgit de nulle part pour apparaître à ses cotés, lui demandant dans un accent chantant si elle a besoin d'aide. Ah, cette courtoisie qui trahit toujours le provincial à Paris…

Un grand sourire qui fait rougir le gendarme, et elle donne le nom du bienheureux qui a su conquérir son cœur. Là, de deux choses l'une. Soit Roméo n'a pas encore affronté Escalus, et elle s'assiéra patiemment sur un banc jusqu'à l'apparition de son héros, qu'elle couvrira de baisers envoyés de la main. Soit il a été jugé et selon le résultat, elle voudra savoir où aller demander un permis de visite (moment de triomphe du barreau sur la maréchaussée : seul un avocat peut apporter la réponse, et nous prenons la main), ou savoir par où son Mandrin va sortir pour pouvoir lui sauter au cou (c'est par cette porte, au numéro 3 du quai de l'Horloge).

La société ne sait pas ce qu'elle doit à ces jeunes filles, souvent le seul élément de stabilité affective dans la vie des jeunes délinquants qui encombrent les comparutions immédiates. Faut-il qu'elles les aiment, leurs apaches, pour courir ainsi sans cesse, dans l'espoir de les apercevoir, pour les attendre dans le froid ou sous la pluie quai de l'Horloge, ou aller les visiter dans leur maison d'arrêt pour leur dire de tenir bon. Elles seront toujours là, à apaiser leur perpétuelle colère de quelques mots tendres, et un jour, elles leur feront un enfant. Généralement, à compter de ce jour-là, on ne verra plus jamais leur tendre ami dans les prétoires. Elles font plus contre la récidive que toutes les lois les plus répressives, car elles sont les gardiennes d'une prison d'où nul n'aurait envie de s'évader.

En attendant, n'ayant plus rien à faire ici, les voici qui s'envolent, leur plan un peu plus chiffonné dans une main, le téléphone toujours dans l'autre, et avec une insolence nonchalante se rient de la loi de la gravité, en descendant trop vite des marches trop glissantes sur leurs talons trop haut. Elles ne laissent de leur passage qu'un effluve de parfum de marque, un bruit de galop qui s'évanouit peu à peu dans les couloirs froids, et un sourire sur le visage des gendarmes et avocats de permanence.

Commentaires

1. Le lundi 23 février 2009 à 09:32 par Julien

Le Parfum selon Eolas. Bonne journée

2. Le lundi 23 février 2009 à 09:33 par Mussipont

Et Eolas inventa la poésie judiciaire... :)

3. Le lundi 23 février 2009 à 09:37 par Mélo

Première fois que j'écris ici ... tout ça pour dire que j'écrase une larme devant cette romantique description !

4. Le lundi 23 février 2009 à 09:41 par Guile

Eolas, seriez vous tombé sous le charme d'une de ces demoiselles? Cela me rassure, vous êtes un homme... Faible devant le charme des femmes!!!

5. Le lundi 23 février 2009 à 09:44 par jijin

en somme, l'extraordinaire taux de natalité ne serait qu'une réponse d'un pragmatisme quotidien face à la montée de la délinquance ?

ça va plaire :-)

6. Le lundi 23 février 2009 à 09:51 par Thomas

Très joli texte !

7. Le lundi 23 février 2009 à 10:00 par Laurent

C'est tendre et plutôt flatteur, cette petite larme au coin d'oeil de vieux loup de Palais. Ou alors serait-ce un brin de moquerie au coin des lèvres, hé hé ?! Ou alors, est-ce l'inquiétude née le l'annonce de votre nièce/fille/belle-fille/... de son envie de croisade judiciaire...

Ca fait penser aux livres de Tyne O'Connell (Sexe, mensonge et quiproquos & Tendance "pot de colle").

8. Le lundi 23 février 2009 à 10:07 par villiv

ah oui, d'accord, ces Gazelles là...

je comprends que vous ayiez eu besoin d'en parler ;-)

9. Le lundi 23 février 2009 à 10:09 par jrem

Un beau scénario! On s'y croirait.

10. Le lundi 23 février 2009 à 10:12 par Anaca

joli...

11. Le lundi 23 février 2009 à 10:14 par Azur

Et moi qui avais trop rapidement lu "la gazette du palais" ! Joli texte.

12. Le lundi 23 février 2009 à 10:15 par malpa

@ villiv

Eolas m'a tuer

13. Le lundi 23 février 2009 à 10:18 par ralez paquerettes

Commentaire bête et méchant: Si "le mariage c'est affronter ensemble des problèmes qu'on aurait jamais eu tout seul", est ce que la gazelle est le seul élément de stabilité affective dans la vie de jeunes délinquants prêts à délinquer pour perpétuer la stabilité de ladite gazelle ?

14. Le lundi 23 février 2009 à 10:20 par villiv

au fait Malpa,

on a pas fixé de date limite de participation à notre jeu-pronostique-prévision...

mais on dirait que c'était hier

du coup, on est 2 sur le coup ; certes, mais on gagne quoi ?

argh, je savais qu'il manquait quelque-chose ;

en même temps, pourquoi gagner quoique ce soit ??

la beauté du geste, ça suffit moi je dis ;-)

15. Le lundi 23 février 2009 à 10:24 par emnl

gentil texte, malheureusement gâché par cette féminisation abusive de l'effluve qui, jusquà preuve du contraire, reste bien masculin

16. Le lundi 23 février 2009 à 10:25 par Fleuryval

Chapeau bas.

17. Le lundi 23 février 2009 à 10:25 par aliocha

Vous êtes excellent dans le registre du cours magistral, mais je dois avouer que j'ai un faible pour vos billets humains. C'est peut être cela au fond qu'il faut le plus aimer dans votre profession, cet étonnant mélange de coeur et de science, cet humanisme canalisé par le rituel judiciaire qui parfois déborde, s'émancipe de la solennelle rigidité du droit et nous laisse étonné, heureux, la larme à l'oeil, avec un drôle de sursaut de confiance en l'homme au fond du coeur.

18. Le lundi 23 février 2009 à 10:32 par Alex

Oups... le bruit des talons claquant sur le sol du Palais, le maquillage soigné à l'extrême, le téléphone de marque et la recherche un peu inquiète de la bonne salle d'audience... jusqu'au 4ème paragraphe, j'ai sincèrement cru que votre billet parlait de vos toutes jeunes consoeurs... :-)

19. Le lundi 23 février 2009 à 10:33 par Mathaf Hacker

"Ah, cette courtoisie qui trahit toujours le provincial à Paris…"

Et oui, en effet...

20. Le lundi 23 février 2009 à 10:38 par *Celeborn

Très très joli texte. Si si, vraiment. Le prof de français que je suis apprécie (mais le prof de français que je suis signale quand même que le mot "effluve" est un substantif masculin).

Merci encore.

21. Le lundi 23 février 2009 à 10:55 par malpa

@ villiv

Alors si vous le dites, moi je ne vous le fais pas dire et tout est dit.

22. Le lundi 23 février 2009 à 11:13 par villiv

aliocha #17 v/s eolas : égalité

normal, pour un même combat...

c'est beau, tout simplement beau ;-)

23. Le lundi 23 février 2009 à 11:20 par pascale

Jolie description. Mais je pense au film A côté de stephane Mercurio. Elles ont un courage de lionnes ces gazelles et personne n'en tient compte.

24. Le lundi 23 février 2009 à 11:20 par styves

Très sympathique billet que voilà, d'une bonne semaine en retard tout de même ! Car sous le maquillage lyrique, la réalité de ces compagnes de "racailles" (terme contemporain désignant les apaches du siècle dernier) est loin, très loin du charme qu'il leur est prêté.

Eolas:
Je ne puis être d'accord. Une femme est toujours belle quand elle est amoureuse.

25. Le lundi 23 février 2009 à 11:24 par Wyrm

Une vision très poétique pour replacer l'humain au coeur de la justice. Pour montrer que la justice concerne très souvent des hommes dans une société et non des monstres qu'il faut enfermer.
C'est le genre de choses qu'on ne rappelle jamais assez.

26. Le lundi 23 février 2009 à 11:29 par Tigrou_bis

Merci Eolas, pour ces billets qui nous rappellent que vous êtes davantage qu'un prof de droit... Merci de souligner que l'entourage peut parfois faire bien plus que tous les assistants sociaux pour sortir quelqu'un de l'ornière où il a malencontreusement chuté.

27. Le lundi 23 février 2009 à 11:32 par Hub

Attendez-vous à ce que votre femme vous interdise désormais l'accès au Palais...

28. Le lundi 23 février 2009 à 11:35 par all

Eolas, vous savez écrire

29. Le lundi 23 février 2009 à 11:43 par malpa

Elles font plus contre la récidive que toutes les lois les plus répressives

Quand un député de province, des trémolos dans la moustache, vantait "la famille, pillier de la paix civile et première de nos institutions", c'est de ça qu'il parlait aussi.

30. Le lundi 23 février 2009 à 11:44 par Françoise

Et en plus de tout le reste, vous êtes poète...

31. Le lundi 23 février 2009 à 11:46 par mourkos

rien à voir ou presque, il parait que c'est le droit à l'avortement qui est un des facteurs les plus marquant de baisse de la délinquance. source : Freakonomics — A Rogue Economist Explores The Hidden Side of Everything, Steven Levitt et Stephen Dubner via Wikipedia. Sinon bel article qui nous rappelle à quel point le palais comme le métro (sic) sont les estrades de la société et de l'humain.

32. Le lundi 23 février 2009 à 11:50 par Blogueur Influent

charmant

33. Le lundi 23 février 2009 à 12:01 par Mandet

@ Alex #18

Même chose pour moi, jusqu'au 3ème paragraphe.

Ce sont elles aussi les gazelles du palais ...

Eolas:
Elles ne sont pas outrageusement maquillées, et quant à être vêtues à la mode, elles portent une robe du XVIIe siècle…

34. Le lundi 23 février 2009 à 12:15 par marifline

L'amour sauvera le monde (où était ce la beauté ? )

35. Le lundi 23 février 2009 à 12:16 par Lucca

Elles seront toujours là, à apaiser leur perpétuelle colère de quelques mots tendres, et un jour, elles leur feront un enfant. Généralement, à compter de ce jour-là, on ne verra plus jamais leur tendre ami dans les prétoires. Elles font plus contre la récidive que toutes les lois les plus répressives, car elles sont les gardiennes d'une prison d'où nul n'aurait envie de s'évader.

Rien n'est plus vrai, même si souvent, il faut attendre que l'enfant en question ait 5-7 ans (qui est donc ce petit être pensant que je ne connais pas et qui me reproche mon absence ?) ou que le second vienne au monde pour que les choses aillent définitivement mieux.

36. Le lundi 23 février 2009 à 12:19 par aliocha

@marifline : c'était la beauté, en tout cas pour Dostoïevski ;)

37. Le lundi 23 février 2009 à 12:20 par pseudo do

Par où son mandrin va sortir........

Du second degré pour amateurs de blacks et d'équerre,

Chapeau bas

38. Le lundi 23 février 2009 à 12:20 par mauhiz

C'est dans nos gènes... les femmes ont un rôle stabilisateur dans toutes les sociétés. Et donc aussi la nôtre.

39. Le lundi 23 février 2009 à 12:37 par bardabu

Les parfums de marque, le maquillage, le téléphone et les vêtements dernier cri, assurément un métier rentable et honnête derrière tout ça, car je me refuse à croire un instant que l'amour débordant qu'elles portent à leur délinquant choupinou ne soit motivé que par l'apport financier qui en découle.

Eolas:
Heureusement que vous n'êtes pas homme à succomber aux préjugés et idées reçues. Car tout le monde sait qu'une femme qui a des vêtements ou accessoires coûteux ne peut être qu'une poule de luxe, et que les gibiers des comparutions immédiates sont tous imposables à l'ISF.

40. Le lundi 23 février 2009 à 12:53 par Robess

Snifff, ça donnerait presque envie de devenir délinquant pour trouver une gazelle ^^

41. Le lundi 23 février 2009 à 13:02 par Carlo

C'est bien connu, les femmes – certaines d'entre elles en tout cas – sont attirées par les voyous. En général, à 40 balais et avec trois gosses, elles tentent de trouver un gentil pigeon qui acceptera de s'occuper des mouflets tandis que le voyou "sooooo sexy" s'est tiré depuis longtemps...

42. Le lundi 23 février 2009 à 13:07 par Véronique

Si je peux me permettre.

Les portables, les talons qui claquent, les parfums du billet sont quand même un poil en dessous de ça.

Eolas:
Sur ce blog, on parle de la vraie vie. Et dans la vraie vie, Casque d'or, c'était ça :
Amélie Élie dite Casque d'Or

43. Le lundi 23 février 2009 à 13:18 par Quid

"Elles sont jeunes, souvent jolies, maquillées à l'excès alors que leur âge les dispense encore de cet artifice, et habillées, disons… à la dernière mode, celle que seule leur jeunesse leur permet de porter sans être vulgaire."

Mmmh, manifestement les amoureuses transies de beaux délinquants telles qu'excellemment décrites par le maître des lieux doivent être exclusivement réservées au Tribunaux Parisiens car celles qui arpentent les couloirs de mon bon Palais Toulousain sont plutôt "maquillées comme des voitures volées, et dont l'âge ne permet pas de camoufler leur vulgarité tant physique que vestimentaire ; certaines de leur supériorité, elles méprisent tant la justice que ses représentants qui les privent de leurs amoureux sans raisons".

Vivement que je puisse venir contempler, emprunt de béatitude, cette faune dont la valse féerique a charmé et enchanté notre bon Eolas. Vous me montrerez où se trouvent les machines à café par la même occasion..

Eolas:
Peut-être n'arpentez-vous pas les bons couloirs ?

44. Le lundi 23 février 2009 à 13:30 par Hobbes

"seul un avocat peut apporter la réponse, et nous prenons la main"

Cette affirmation laminaire me semble un peu érronée, laissez nous aussi profiter de cette détresse, nous greffiers pouvons aussi leurs indiquer la marche à suivre.

Vils individus que nous sommes nous "professionnels" de justice...

Eolas:
C'est pour ça que les gendarmes et nous nous empressons de les aider pour éviter qu'elles n'entrent vous poser la question. C'est le prix de la course !

45. Le lundi 23 février 2009 à 13:35 par MB

Je souhaite abonder et surenchérir sur votre billet et le commentaire de Mathaf Hacker. Ces gendarmes qui viennent de partout et qui se relaient pour garder le Palais sont toujours les plus aimables de France, et ce même lorsque, comme moi, l'on n'est plus si jeune, pas très joli et fort peu maquillé. Ah ! si les relations avec les forces de l'ordre pouvaient être toujours si courtoises...

Eolas:
Je ne rendrai jamais assez hommage à nos gendarmes, mais puisque vous me fournissez une opportunité, j'en profite pour le faire une fois de plus. Vive la mobile !

46. Le lundi 23 février 2009 à 13:38 par sereatco

Bonjour, Belle image... "La Parisienne" virevolte aussi au Palais...Mais en Province (pauvre de nous), la conjointe ressemble rarement à ce charmant tableau. Pour autant, quelles qu'elles soient, (presque) toutes méritent notre admiration pour le courage, la ténacité et la loyauté avec lesquels elles soutiennent leurs hommes alors même que ceux-ci n'hésitent pas à en profiter largement. A bientôt.

47. Le lundi 23 février 2009 à 13:41 par Fou de bassan

Très beau texte. Merci Maître.

48. Le lundi 23 février 2009 à 13:42 par tainchebraye

Merci pour ces compliments.

Tainchebraye, officier de gendarmerie, qui s'est offert le luxe d'une visite privée et solitaire de la Sainte Chapelle un 24 décembre à minuit, il y a quelques années, lors d'une de ses gardes du Palais de Justice...

49. Le lundi 23 février 2009 à 13:44 par aramu

Très frais comme texte, merci et bravo

Il n'y a pas que le droit pour les juristes, il y aussi la vie.

50. Le lundi 23 février 2009 à 13:55 par petit comique

Très beau texte maître !

Comme quoi droit et lyrisme font parfois bon ménage !

Merci. Pas seulement pour ce texte, mais simplement pour le site et tous vos autres billets, toujours instructifs, souven drôles, parfois poignants et toujours si humains.

51. Le lundi 23 février 2009 à 14:03 par claude

Misié Eolas semb bien konete doudou volépoul'y

Eolas:
Si avoka pa té sav sa yo ka fè lajounnen, yo pa té ké kaché lannuit.

52. Le lundi 23 février 2009 à 14:11 par Tom

"Ah, cette courtoisie qui trahit toujours le provincial à Paris…"

Ah, si ça pouvait être réciproque...

53. Le lundi 23 février 2009 à 14:13 par Remy

Je n'ai jamais rien lu d'aussi touchant, d'aussi humain et d'aussi juste. Depuis ma cellule wifi je pourrais presque entendre les pas de ces charmantes enfants résonner dans les grands couloirs vides des palais de justice que seul un bon et brave gendarme à l'accent qui sent la lavande saurPOUARF!!!!!!

54. Le lundi 23 février 2009 à 14:24 par Tromatojuice

Au Tom #53 : si seulement...

Un billet qui m'a agréablement surpris. Avec cette phrase qui m'a fait tiquer : "Ah, cette courtoisie qui trahit toujours le provincial à Paris…". Provincial je suis dans l'obligation de demeurer quelques temps à Paris, et laissez moi vous dire que cela me donne tout, sauf l'envie d'être courtois.

Eolas:
Vous voilà prêt à vous fondre dans la foule.

55. Le lundi 23 février 2009 à 14:24 par fly

@n°45

Il n'y a pratiquement qu'au Palais que l'on peut "discuter" avec des forces de l'ordre. Sur la voie publique il est vrai que ceux-ci sont plus occupés à leur mission que taper le bout de gras, certes.

Mais au Palais, il y a une carapace qui s'efface, au contraire de l'Homme qui s'efface derrière le costume (la robe en particulier), là, l'Homme reprend sa place malgré l'attirail.

56. Le lundi 23 février 2009 à 14:42 par malpa

@ tomatojuice

Tant que ça vous donne que l'envie, vous êtes un provincial. Le jour où vous laissez votre courtoisie dans le caniveau, vous êtes un parisien. C'est plus rapide que les procédures de changement de nationalité, pas vrai ?

57. Le lundi 23 février 2009 à 14:52 par Methodo

Beau texte, très émouvant. La générosité des femmes, le gendarme ému... nous sommes bien là en France.

58. Le lundi 23 février 2009 à 14:53 par Tromatojuice

C'est ça qu'on appelle être le parisianisme ? Plus rapide qu'un changement de nationalité pour sûr. Mais est-ce bien raisonnable, pour la ville que les étrangers qualifie comme la ville de l'amour, ça fait mal au séant.

59. Le lundi 23 février 2009 à 14:55 par Alex K

Et que dire quand ces gazelles du Palais sont également vos clientes...

Eolas:
Généralement, c'est leur Roméo qui l'est.

60. Le lundi 23 février 2009 à 15:20 par ff

Incroyable revirement, Eolas, jusqu'à maintenant vous étiez plutôt du genre à nous faire croire que l'immigration était une chance pour la France et aussi, qu'il n'y avait pas de lien entre immigration et délinquance. Mais avec l'emploi du terme gazelle on voit bien où vous voulez en venir. Ah, et votre air de ne pas y toucher, c'est admirable. Merci beaucoup pour ce billet.

61. Le lundi 23 février 2009 à 15:36 par 32janvier

Magnifique description zoologique. Avec moins de condescendance et moins de bons sentiments, vous auriez même pu être éthologue.

Eolas:
Mais pas parisien.

62. Le lundi 23 février 2009 à 16:00 par Marsan

que d'humanité dans ce petit texte qui me rappelle tant de scenes vécues dans de nombreux Palais de provinces. Mais derrière la beauté de ce texte beaucoup de misères humaines cachés derrière le fard et les effluves de ses demoiselles

63. Le lundi 23 février 2009 à 16:01 par Claude Pelletier

Comme ce bon vieux Georges Brassens,
rendons-lui cette justice,
"Les Passantes" émeuvent ici, maître Éolas
avec tant de justesse …

64. Le lundi 23 février 2009 à 16:05 par Anne F.

@ff (61) : je crois que l'emploi du terme gazelle doit tout à sa proximité avec gazette… cf La gazette du Palais Il s'agit d'un private joke pour juristes…

65. Le lundi 23 février 2009 à 16:20 par JBR

Si vous vous êtes promenés au bois hier, vous avez dû remarquer ce frémissement joyeux qui annonce le printemps. Ainsi, vous le remarquez aussi au Palais?

66. Le lundi 23 février 2009 à 16:37 par Billevesée

On comprend une fois de plus pourquoi vous désiriez être journaliste, c'est-à-dire écrivain (enfin, je fais allusion à certains d'entre eux, Aliocha par exemple)

67. Le lundi 23 février 2009 à 16:37 par G

@ Alex #18, et Mandet # 33:

C'est vrai que le premier paragraphe (et si l'on veut être galant, le début du deuxième) me fait immédiatement penser à ces jeunes consoeurs qui marchent d'un pas décidé dans la Galerie Marchande, de l'air le plus sérieux du monde, parfois une paire de lunettes posées sur leur longue chevelure ramenée en queue de cheval, ou laissée dénouée pour les plus délurées...

Le bras droit replié sous le poids d'une besace lourde (mais chic), le pas claquant d'un talon haut (mais smart) et la main gauche occupée par l'inévitable téléphone portable, elles filent vers leur salle d'audience. Les mauvaises langues misogynes, ou tout simplement les gentlemen intéressés, diront qu'on les recontre en nombre aux alentours de la 3ème (audiences de contrefaçon) et de la 17ème (délits de presse).

Il n'est pas rare en ces lieux de trouver une salle exclusivement féminine, de la présidente à la jeune stagiaire timide en passant par les ravissantes consoeurs précédemment évoquées...

Approchons nous discrètement du tableau qui affiche le rôle (de ce pas coulé et digne que confère la robe) et rejoignons la petite troupe. Les plus aimables nous accorderont un sourire, certaines un simple regard, la plupart s'abîmeront dans la contemplation d'un document quelconque de leur dossier.

Assis sur un petit banc de bois, notre robe mollement entassée, nous regardons avec perplexité la leur, qui est pourtant la même, tomber avec grâce sur une haute botte ou dévoiler un collant discrètement résillé.

L'audience défile, l'attente favorise la rêverie. Les unes après les autres, elles se lèvent, s'avancent, évoluent, on ne les entend pas ou peu du fond de la salle mais chaque mouvement est l'occasion de l'un de ces mille gestes qui nous ravissent, une boucle de cheveux ramenée derrière l'oreille, une manche remontée, une moue contrariée ou un rire cristallin.

Ma rêverie s'achève trop vite... Mais je ne la poursuis pas davantage tant il vrai qu'elle n'émeuvra probablement que ceux qui ont déjà assisté au même spectacle. Merci, Eolas, de m'avoir permis d'y repenser l'espace d'un instant.

68. Le lundi 23 février 2009 à 18:31 par hmmm

Tout ça pour parler de racailles. Je suis déçu.

69. Le lundi 23 février 2009 à 19:26 par heyes

Jolie manière d'écrire certes mais cela ne reflète qu'une part de la vérité sur ces "charmantes" demoiselles, que leur bon coté dirons-nous.

L'autre visage de ces dames est parfois loin, très loin d'être attirant. Il faut toujours faire attention à ce que l'on voit et comment on le voit.

Eolas:
Ces demoiselles ne m'offrant que leur visage le plus avenant, je serais très goujat de le refuser. Pour le reste, ne leur en demandant pas plus et la réciproque étant aussi exacte, je me contente de sourire à leur passage.

70. Le lundi 23 février 2009 à 19:27 par CaO2

Décidément j'ai vraiment bien fait de tomber par hasard sur le blog de maitre eolas, il me surprend une fois de plus.

En passant j'ai beau relire et relire encore je ne comprend rien au commentaire N°51 et a la réponse ^^

71. Le lundi 23 février 2009 à 19:29 par Justed

Pour prolonger ce très beau billet, ne manquez pas de voir le non moins très beau documentaire de Stéphane Mercurio sur les femmes et compagnes de détenues : "A côté"

"En voici la présentation sur le site :http://www.a-cote.eu/ Des femmes qui attendent, qui se font belles, qui se remontent le moral, qui craquent parfois espèrent toujours.

Dans la petite maison de l’association Ti-Tomm, accolée au mur de la prison des hommes à Rennes, on attend l’heure du parloir. Les familles arrivent à l’avance, toujours. Quelques secondes de retard, et la porte de la prison restera fermée. On vient une, deux, trois fois par semaine, chaque semaine, pendant des mois voire des années. Ce sont majoritairement des femmes; ces pénélopes des temps modernes vivent au rythme de leur homme à l’ombre. Le temps est suspendu, la vie comme arrêtée. L’arbitraire de la prison, les transferts, les interdits sont leur quotidien.

En faisant le choix de rester résolument « à côté » de la prison - du côté des familles - le film propose paradoxalement une approche éminemment frontale de ce qu’est la réalité carcérale.

La prison en creux. La vie sans l’autre. Mais sûrement pas à côté de la vie."

72. Le lundi 23 février 2009 à 20:23 par Vox Populi

Euuuuuuuuuuuuh... Ouais... C'est très... Imagé... Je doute que tous les prévenus aient des top models comme petites amies...

Les nanas dans ce genre que j'ai vu au tribunal ressemblaient plus à de grosses baleines wesh Ouaich fringuées comme des putes chez pinky avec le morceau de big mac coincé entre les dents jeunes en train d'écraser leur mégot de clope...

Et en plus elles sont pas foutues d'être ponctuelles et de s'orienter correctement vu qu'elles arrivent essoufflées et en retard...

Et elles ne sont pas non plus capables de prendre soins de leurs affaires vu que le plan est déchiré... Et elles ne savent pas gérer leur fric correctement vu que tout part dans le portable au lieu que ce soit dans des choses plus utiles...

Mais bon, la réalité des choses, c'est toujours moins poétique...

troll inside ™

73. Le lundi 23 février 2009 à 20:24 par Vox Populi

Jaunes les dents, pas jeunes, zut, j'ai fourché...

74. Le lundi 23 février 2009 à 20:50 par Yves POEY

Où l'on s'aperçoit qu'après la gazette de Renaudot, la gazelle de Me Eolas deviendra tout aussi célèbre et peut-être même tout aussi célébrée.

On verra par là qu'il est désormais aisé de répondre à la célèbre interrogation de L. Mercier Descloux : "Où sont passées les gazelles ?"

Merci Maître !

75. Le lundi 23 février 2009 à 21:00 par Giudice

J'espère que l'objectif de ce billet (fort joli d'ailleurs) n'est pas d'encourager les vocations d'avocat chez vos lecteurs Eolas. Sauf si c'était ce qui vous a motivé vous-même: dans ce cas la preuve est enfin faite, les femmes sont les carottes les plus efficaces. Vous aurez compris que je n'ai pas encore rejoint le groupe ACAF.

Au passage, je crois que Anne F. (64) ne s'approche pas davantage de la vérité que le commentaire 61 qu'elle adresse - mais sa réponse a le mérite de s'opposer aux conclusions douteuses de "ff".

Cher "ff", cessez donc d'analyser tout ce qui vous passe sous la main par le prisme de vos opinions suspectes. Je suis sur qu'au fond de vous, vous savez que le monde est un peu trop complexe pour mettre ses problèmes sur le dos d'une seule communauté ethnique. Ou bien est-ce là votre manière d'échapper à vos propres responsabilités?

76. Le lundi 23 février 2009 à 21:34 par malpa

@ chaux vive 70

Je vous l'improvise :

Maître Éolas aurait-il eu eu vent des pécadilles de mon chéri ?

et la réponse :

Je ne vous garantirai pas son emploi du temps de la journée, mais je sais très bien où il passe ses nuits.

Euh... c'est non garanti, hein. Corrigez-moi si j'ai fait erreur.

77. Le lundi 23 février 2009 à 21:45 par Res publica

Ces créatures n'intéressent que ceux qui en parlent....c'est-à-dire ceux qui ne font que passer dans les Palais de Justice, comme les avocats par exemple, qui las d'attendre leur tour de plaidoirie aux portes des salles d'audience, trompent leur ennui en les regardant. Elles sont totalement ignorées par les véritables occupants des Palais, ceux qui y travaillent du matin jusque tard dans la nuit, qui s'affairent pour que les jugements soient dactylographiés, sans faute d'orthographe si possible, ou qui courent aprés les piéces des dossiers pour que ces derniers soient correctements mis en état etc,etc....et qui subissent dans l'indifférence les désagréments du service public.

78. Le lundi 23 février 2009 à 21:47 par Crapaud froid

Texte fort joliment écrit et très émouvant puisqu'il nous montre que les "délinquants" sont, "dans le privé", des gens comme tout le monde. Cela dit, je viens d'apprendre par Libé que la 4ième demande de mise en liberté de Julien Coupat a été refusée. Les concitoyens de l'intéressé sont-ils en droit d'exiger du parquet qu'il fournisse les élément sérieux sur lesquels il prétend justifier le maintien en détention, ou est-ce que ces éléments doivent rester secrets pour "protéger" l'instruction ?

79. Le lundi 23 février 2009 à 23:03 par eudes

@emnl et @Celeborn : effluves peut parfois être un nom féminin au pluriel.

Exemples pris ici :

  • Ce bon air de Paris qui semble contenir des effluves amoureuses. (Flaubert, L’Éducation sentimentale)
  • Les effluves du sombre et du profond, mêlées à vos effusions. (Victor Hugo, Les Contemplations)

80. Le lundi 23 février 2009 à 23:12 par Mwana Sao

Le choix d'un sujet aussi "léger" et la volonté de partager un instant fugace ressenti par notre Confrère m'a d'abord surpris car après tout vous nous avez habitué à quelques digressions le dimanche, pas en semaine, et il est rare que vous nous fassiez part des frissons si personnels qui parcourent votre Robe lorsqu'au Palais, votre esprit divague vers une préoccupation si peu juridique. Et puis, en piochant dans mes souvenirs, je me suis rappelé que la présence d'une gazelle peut décider du sort d'un dossier avant même la plaidoirie. Pour le gibier qui me concerne, patronne intérimaire d'une SAS qui comparaissait devant le CP pour trancher la question de la validité du cumul de son contrat de travail avec sa qualité de dirigeante, le jugement était déjà rendu dans le regard des conseillers lesquels avaient tous oubliés d'appliquer le droit quand ma cliente s'est portée à la barre. Les deux conseillers masculins avaient l'oeil torve et la langue pendante du Loup de Tax Avery; les deux conseillers féminins lançaient des regards noirs à cette somptueuse quadragénaire, venue de l'Est de l'Europe, aussi à l'aise en mathématiques fondamentales que sur les marches du festival de Cannes, lové dans un jean dont la sobriété jurait avec la parfaite féminité de sa ligne.

Que croyez-vous qu'il arriva? Le jugement fût mis en départage (c'est-à dire 2 voix pour et 2 voix contre mes demandes) et renvoyé devant un juge départiteur, Magistrat, venu du Tribunal d'Instance. J'ai prié pour que ce juge départiteur ne soit pas une femme, ou alors une très jolie femme. Ma prière ne fût pas entendue et l'agressivité du juge exprimé à l'audience, s'est retrouvé dans le dispositif le plus "radio-trottoir" de ma carrière. La Cour d'Appel tranchera dans trois mois...

Certes, les "Gazelles" et les "Bogoss" nous rappelent à l'humanité de nos métiers du droit mais les interférences qui en résultent sont souvent très éloignées de la froide rigueur de notre technique. Il est alors heureux qu'elles s'envolent loin et ne nous laissent même pas les moindres effluves... :-)

81. Le lundi 23 février 2009 à 23:34 par François-Noël

Ne pas bouder son plaisir à la découverte de ce texte !

82. Le lundi 23 février 2009 à 23:41 par didier specq

Vous oubliez, c'est le revers de la médaille, le développement sur les jeunes avocates, seules concurrentes sérieuses des gazelles du Palais.

Admettons: les gazelles, en fixant Romeo dans sa maisonnette, aident la société puisqu'elles luttent contre la délinquance. Admettons. En tous cas, les jeunes avocates -douées, brillantes, jolies, gratuites car payées par l'aide légale, défendant avec fougue et candeur les prévenus les plus douteux- incitent les primo-délinquants à devenir récidivistes. Imaginez! Au sortir d'une garde à vue éprouvante doublée d'une journée dans des geôles repoussantes nichées dans les sous-sols du Palais, le présumé délinquant se retrouve brusquement face à une sorte d'apparition, une jeune femme attentive, au maquillage parfait et à la silhouette adroitement suggérée dans une robe noire... Un choc!

Eternellement, il va chercher à reproduire cette première rencontre avec le monde judiciaire! Il deviendra un récidiviste car, comme le dit mon procureur préféré, un client satisfait revient toujours!

83. Le lundi 23 février 2009 à 23:50 par Héli

Le titre "les gazelles du palais" et les bruits des talons qui résonnent sur le marbre, me rappellent la "Ferme africaine" de Karen Blixen. Cette écrivain danoise raconte en effet comment Lulu, une antilope aux grands yeux violets, aux sabots miniscules, et aussi grâcieuse que coquette, affolait toute la maisonnée par sa grande beauté. Elle "se déplaçait sur les parquets avec une série de petits bruits semblables à ceux d'un doigt qui tapode d'énervement". Certes, les talons de ces jouvencelles font plus penser à un galop d'antilope, mais, j'avoue que les ressemblances sont grandes, autant que le plaisir de lire ce billet. Maitre Eloas serait-il un fan de la conteuse danoise, qui n'avait pas sa pareille pour peindre avec les mots ?

84. Le lundi 23 février 2009 à 23:55 par crybabycry

Je crois bien, depuis que je vous lis, que je suis en train de prendre - grand - plaisir avec un domaine qui me rebutait jusqu'à présent : le droit.

Surtout quand il se fait si romanesque.

Merci Maître. Je suis ravie de pouvoir lire chez moi, tel un bon bouquin, vos billets avant de m'endormir. Egalement d'avoir la possibilité d'y apporter mon impression, ici mon plaisir. Je dois même avouer que j'utilise ici le vouvoiement, qui m'est pourtant relativement étranger, surtout pour ce qui est de la "correspondance" sur internet ! - je me découvre révérencieuse!

J'étais habituée à mon cours du soir, avec les sessions de rattrapage du droit "pour les nuls", ou encore à vos réactions sur le vif sur l'actualité, et en même temps si argumentées...

Voilà que vous vous mettez à la prose ! Quelle réussite ! C'est vraiment charmant.

Continuez, pour notre plaisir ! (j'insiste)

85. Le mardi 24 février 2009 à 01:46 par Alphos

On vous savait déjà amateur de football et de rugby, tout à tour "gauchisant" et "prosarkozyste" (selon ceux qui n'ont pas su vous lire), fin analyste et prêt aux coups de gueule, il est bon de rappeler que vous n'en êtes pas moins un homme...

Un "avocat humain", l'oxymoron (1) que cela semble présenter aux yeux de ceux qui ne sont pas tombés sur les bons avocats (2) n'en est je pense pas un !

Le plus sincère des mercis vous va de droit (pardonnez le jeu de mot), non pour ce billet, qui, pour être des plus frivoles, n'en est pas moins des plus anecdotiques, mais bien pour l'ensemble de votre oeuvre !

(1) différent de l'oxymore en ce qu'il appelle deux sens sémantiques opposés certes, mais qui plus est en adjacence - il est donc une oxymore, mais un cas particulier d'oxymore, et je sais combien vous prisez les cas particuliers comme les exceptions.

(2) la majorité, j'aime à le croire sans pouvoir en attester, n'en ayant, heureusement pour moi puisque cela signifie que je n'ai pas eu à participer à une action en justice - encore que faire partie d'un jury d'assises fait partie de mes fantasmes de citoyen, non pour la condamnation mais pour la procédure et l'analyse ; oui, j'ai bu avec délectation, et lu plusieurs fois, votre vademecum

86. Le mardi 24 février 2009 à 02:19 par ramon

Dans un billet qui n'est pourtant pas suspect de misogynie, loin de là, pourquoi faut-il que traine cette expression désolante : "et un jour, elles leur feront un enfant" ?

J'ai longtemps cru que les enfants se faisaient à deux, chacun selon sa contribution. Mais que la femme n'était pas un vase.

Mystère, sans doute, de la parthénogénèse chez les gazelles ?

Ou bien , bourse d'échange du bricolage : " Fais-moi un enfant, et moi, je te ferai des étagères" ?

Une précision, Maître, serait la bienvenue.

Eolas:
Aux dernières nouvelles, la prestation du mâle dure quelques secondes (je ne compte pas l'acte en lui même depuis les premières caresses, qui n'a aucun effet procréatoire pour me concentrer sur la partie rigoureusement fertile). Ensuite, la femelle prend le relai pour 38 semaines à plein temps. Le mâle, quel que soit sa bonne volonté, ne peut pas soulager ne serait-ce une seconde la femelle de ce fardeau. J'ajoute que si le mâle venait à décéder au cours de la grossesse, l'enfant n'en naîtrait pas moins. Si la femelle venait à décéder, l'enfant périrait également. Dès lors, le rôle du père dans la fabrication se résumant à 0,0000004% du total, je pense pouvoir dire sans injurier la nature que c'est la femme qui fait l'enfant. En espérant que ces précisions vous auront éclairé.
Bien à vous.

87. Le mardi 24 février 2009 à 02:36 par ranolo

Une description sincère de la vie de couloir d'un tribunal, un témoignage qui découle d'une observation personnelle, des sensations d'un être humain au-delà de sa fonction / j'aime lire les mots de celles et ceux qui osent exprimer l'ambiance d'un lieu compliqué telle que subjectivement vécue..

88. Le mardi 24 février 2009 à 06:48 par Le Chevalier Bayard

Ce billet de "Parfum de femme" raisonne comme aphorisme wildien : "Les femmes ne sont pas censées nous juger, mais pardonner quand le besoin s'en fait sentir. Leur mission, c'est le pardon, pas le châtiment". Tiré de - Un mari idéal -.

89. Le mardi 24 février 2009 à 07:54 par Garance05

Wow... Quelle plume, sinon celle d'un écrivain. Les gazelles du palais viennent de traverser mon bureau. Merci pour ça, et pour tout le reste, au jour le jour. ça faisait un moment que je voulais vous le dire, et tant pis si je ne suis pas originale... Merci.

90. Le mardi 24 février 2009 à 07:55 par didier specq

@ramon

"dans un billet qui n'est pourtant pas suspect de misogynie, loin de là, pourquoi faut-il que traîne cette expression désolante,: et un jour elles le feront un enfant"

Parce que c'est souvent vrai, non?

91. Le mardi 24 février 2009 à 08:13 par p.a.j.i.

Pour rebondir sur le commentaire de ramon, ce billet me laisse perplexe.

D'un côté, c'est une prose agréable et une idée intéressante. La description me semble idéalisée car offerte sur le ton de la généralité, à partir de quelques impressions de palais qui ne correspondent certes pas à toutes les réalités ( souvenir de ce condamné en comparution immédiate, qui avant de quitter la salle, lançait à voix haute à sa jeune compagne que maintenant, le choix était tout fait et qu'elle ne pouvait plus garder l'enfant...). Mais elle a le très grand mérite de révéler ce qu'il y a derrière les talons trop hauts, le maquillage trop voyant, toute cette apparence apprêtée, parfois jugée "vulgaire", à laquelle on peut être tenté de s'arrêter pour conclure à la nécessaire superficialité du caractère : des femmes étonnantes, des drames affrontés avec courage, une humanité admirable.

De l'autre, ces lignes me laissent l'impression diffuse d'un jugement teinté d'une légère dose de condescendance et de sexisme (je dis bien seulement "teinté"). Il ne s'agit pas de réclamer que l'on pense symétriquement aux compagnons de prévenues ; on ne peut oublier la réalité statistique qui veut que l'écrasante majorité des prévenus, notamment en comparution immédiate, soient des hommes jeunes. Non, c'est plutôt cette vision de la femme qui "fait l'enfant", de son amour comme "douce prison" pour l'homme... Et plus précisément, cette idée qui me semble le corollaire nécessaire de la description : ce n'est pas dans tous les milieux sociaux que la femme conserverait cette image de stabilité communicative, il y a donc bien un "monde" particulier des prévenus de la comparution immédiate, qui se trouve stigmatisé.

Maintenant, cette critique peut, me semble-t-il, être encore dépassée par le parti pris du billet : le point de vue rêveur d'un homme, qui se présente comme tel et décrit les sentiments ressentis face à une réalité constatée.

Eolas:
Wouhaou. J'ai écrit tout ça, moi ?

92. Le mardi 24 février 2009 à 08:46 par Ronchon

Elles font plus contre la récidive que toutes les lois les plus répressives Peut être que si elles veulent renouveler leur stock de parfum ou changer de montre, elles auraient tendance au contraire à encourager la récidive de leur apache qui ne doit pas être président du FMI.
Vous me faites penser à ce ministre qui s'adressait dans une banlieue à un jeune à casquette et jean trop grand et lui disait "mais pourquoi ne pensez vous pas à fonder une famille?". En tout cas vous avez raison le rêve, la poésie et l'amour des belles femmes c'est le moteur de la vie.

Eolas:
Vous savez, aujourd'hui, les femmes travaillent, et peuvent même toucher elles-même leur salaire et le dépenser. Même si elles sont en alternance à 30% du SMIC, pour peu qu'elles habitent encore chez leurs parents, ce qui à cet âge est assez fréquent, elles peuvent consacrer 50 euros tous les deux mois à l'achat d'une bouteille de parfum, 30 euros pour leur forfait qui leur a permis d'avoir le dernier mobile de la Tyrell Corporation pour 1 euro contre un engagement de deux ans ; quant à l'habillement, aucun prédateur dans l'histoire de la vie sur terre n'a développé un instinct aussi aiguisé que celui de ces jeunes femmes pour les soldes et les magasins de vêtements dégriffés. Le fait d'ailleurs que leur homme disparaisse des prétoires après la naissance de leur enfant tend à laisser penser que ce n'est pas l'activité délinquante de ces messieurs qui les attire. Je constate malheureusement que les préjugés ont la vie dure, que ce soit contre les femmes ou contre les classes populaires.

93. Le mardi 24 février 2009 à 09:02 par DMonodBroca

Ainsi, dans le domaine de la violence illégitime, les gazelles seraient d'un côté et les apaches de l'autre, chacun dans son rôle, celles-ci apportant la paix à ceux-là. Bravo ! Dommage que, dans le domaine de la violence légitime, nous mettions un point d'honneur à tout mélanger et considérions comme un progrès que les femmes puissent être soldats. N'était-ce pas mieux quand une moitié de l'humanité pouvait, ne participant pas à la guerre, dire à l'autre : "arrête tes bêtises" ? On sait bien que les fous sont parfois moins fous que les philosophes. Et si la "racaille" était au fond plus pacifique que ceux qui prétendent la combattre.

94. Le mardi 24 février 2009 à 09:04 par p.a.j.i.

@Eolas, 91

ahem.

J'avoue m'être peut-être un peu emportée. J'ai dû mêler à ce que j'ai vraiment lu de votre billet trop d'impressions personnelles.

J'accepte donc de bon coeur votre ironie. :)

95. Le mardi 24 février 2009 à 09:19 par jouet d'alieniste

C'est magnifique.

L'écriture est agréable et quoique le style soit différent, je ne peux pas m'empêcher de penser à Simenon peignant en quelques touches un personnage impliqué dans une enquête. Jamais totalement innocent, toujours un peu victime, très souvent simplement humain.

C'est un peu de plaisir qui m'a surprise ce matin. Merci infiniment.

96. Le mardi 24 février 2009 à 09:23 par Nicolas

Vous qui avait l'air de connaitre Policier et Gendarme, est-ce que la rumeur qui voudrait qu'un gendarme reste courtois quand un policier serait cowboy et fort peu respectueux de ses concitoyens, est vrai?

97. Le mardi 24 février 2009 à 10:00 par salah

La donna mobile qual piuma al vento,

‎ muta d'accento e di pensiero.
Sempre un amabile leggiadro viso,

in pianto o in riso, menzognero.
‎.La donna mobil qual piuma al vento,

muta d'acc...ento e di pensier, e di pensier,
‎ e... e di pensier.‎

98. Le mardi 24 février 2009 à 10:09 par polikarpov

Magnifique, poétique et magnifique !

99. Le mardi 24 février 2009 à 10:26 par duralex

"un téléphone mobile dans l'autre, qui fait passer celui des avocats présents pour des antiquités obsolètes."
Je ne sais pas qui de nous deux est le plus de mauvaise foi, Maître, mais ma pratique -certes plus fraîche (sans vous offenser), des couloirs du palais a rarement été pour moi l'occasion de m'émouvoir de la vétusté des téléphones portables de votre corps de métier... A vrai dire, il m'arrive souvent de voir un avocat, sis sur un banc, en train de faire joujou avec son iPhone dernier cri.
Très beau texte sinon.

100. Le mardi 24 février 2009 à 10:43 par Totou

"Elles ne laissent de leur passage qu'un effluve de parfum de marque" payé par les euros de leur roméo, issu de la vente de cannabis.

Eolas:
Vous postulez pour un poste de juré à Saint Omer, vous.

101. Le mardi 24 février 2009 à 10:48 par loz

@Eolas, #86 Dès lors, le rôle du père dans la fabrication se résumant à 0,0000004% du total,

Le pire c'est qu'il a vraiment fait le calcul, Eolas est un geek.

Comment je le sais ? euh j'ai fait le calcul bien sûr...

102. Le mardi 24 février 2009 à 10:50 par Lucas Clermont

Toutes ces heures que vous passez à rédiger votre blogue, ça ne doit pas vous prendre beaucoup de temps ! Écrivez ! je veux dire des choses sérieuses : des romans. Et entre le style dépouillé d'Agota Kristof et celui, dense et passionnant, de Umberto Eco, vous arriverez à trouver votre place.

103. Le mardi 24 février 2009 à 11:27 par malpa

@ Lucas Clermont 102

Ah non alors ! relisez Agota Kristof et Umberto Eco et laissez Éolas tranquille. D'ailleurs, vous ne seriez pas un peu procureur sur les bord, hmm ? Vous voulez simplement le détourner pour ne plus l'avoir dans les pattes, avouez... Choses sérieuses... choses sérieuses... Vous en avez une belle gueule de chose sérieuse, vous...

104. Le mardi 24 février 2009 à 11:37 par ramon

@ Me Eolas, sous 86

Bien d'accord avec vous que pour faire un enfant, il faut 20 secondes et 20 ans. La seule chose qui me gênait dans l'expression que vous utilisiez, c'est "elles LEUR feront un enfant". Comme si elles exécutaient une commande ...

" Une sole meunière pour la 4. Et un bébé joufflu pour la 6 . Ca marche !"

105. Le mardi 24 février 2009 à 11:38 par Dame à l'éventail

M.Eolas a écrit : "quant à l'habillement, aucun prédateur dans l'histoire de la vie sur terre n'a développé un instinct aussi aiguisé que celui de ces jeunes femmes pour les soldes et les magasins de vêtements dégriffés." (...) "Je constate malheureusement que les préjugés ont la vie dure, que ce soit contre les femmes ou contre les classes populaires."

Des préjugés ? Où ça ?

L'effluve d'essentialisme est palpable tout le long de ce fort agréable à lire billet, mais celui-ci n'est condamnable que lorsqu'il conduit à une discrimination basée sur d'autres mots en -isme.

106. Le mardi 24 février 2009 à 12:12 par malpa

@ villiv

C'est rapé. Je savais bien que ces gazelles auraient le souffle un peu court... J'ai bien essayé de troller, d'insulter les gens... 8000 short.

Good luck.

107. Le mardi 24 février 2009 à 12:13 par Ancilevien

Hors-sujet, à lire:

un billet de Dominique Barella à propos d'un projet de loi étendant le secret défense démesurément.

En cas de fuite nucléaire, d’explosion, d’accident chimique, de vente d’armes illicite, de détournements financiers, d’utilisation d’images ou de réseaux par des moyens anormaux, voire de mort suspecte, le ou les victimes ne pourront plus obtenir de la justice qu’une enquête incomplète et partiale. Il suffira qu’au niveau gouvernemental on exhibe le secret de la défense devenu tellement extensif. C'est un festival de défiance à l'égard du juge : même le PV de saisie ne peut être joint à la procédure ! Comme si les juges et les procureurs étaient par essence des traîtres à la nation dont le seul but serait de transmettre nos très chers secrets aux puissances ennemies.

108. Le mardi 24 février 2009 à 14:06 par Fantômette

@ ceux qui, tout en admirant à juste titre la qualité de ce billet, se demandent s'il n'est pas légèrement romancé, et presque trop beau pour être vrai, je peux pour ma part également témoigner de la réalité de ce qui est décrit. Je n'ai certes pas l'oeil d'Eolas pour les gazelles, dont pour ma part, je ne guette avec ravissement, ni les sourires, ni les claquements légers de leurs talons, mais bien plutôt la chemise cartonnée qu'elle tiennent contre leur coeur, et qui contient les pièces que je leur ai supplié de me trouver et qui attesteront de la situation personnelle de leur fougueux hors-la-loi.

Dès l'Ecole d'avocats, ce conseil nous fut donné, que pour ma part, je continue de suivre studieusement, notamment dans l'hypothèse d'un casier judiciaire bien plus rempli qu'il n'est souhaitable lorsque l'on comparait devant un tribunal : rédiger rapidement une petite chronologie qui devra reprendre les dates marquantes de son parcours à la fois judiciaire et personnel - et notamment les dates de commission des faits, avant les dates d'audiences. L'intervenant nous avait dit, "vous verrez que souvent, après la naissance d'un enfant, le parcours s'assagit".

Je l'ai constaté très régulièrement.

Il peut évidemment arriver qu'une infraction, commise avant, ressorte après que ce parcours semble à peu près arrivé à son terme. C'est notamment dans ce genre de contexte que je maudis particulièrement la loi sur les peines planchers - quoique heureusement ces considérations soient de nature à être prises en compte par les juridictions que je fréquente au regard de la nécessité d'éviter d'infliger une peine particulièrement longue, et inutile si des raisons permettent d'espérer que l'accalmie repérée dans le parcours de Roméo n'est pas que passagère.

109. Le mardi 24 février 2009 à 14:07 par gil blas

gazelles ou gagneuses ?

110. Le mardi 24 février 2009 à 14:15 par gil blas

(suite) Evidemment, je voulais parler des gazelles de la XVIème chambre.

111. Le mardi 24 février 2009 à 14:29 par zadvocate

Quand j'ai commencé à lire votre article, je vous avoue n'avoir pas pensé aux compagnes des loulous, mais à certaines prostituées qui sont jugées pour racolage devant lajenesaisplusquellechambre qui siège tout en bas dans le noir du plateau correctionnel.

A plusieurs reprises, j'ai assisté à des scènes très proches de celles que vous décrivez.

La jeune femme d'europe de l'est, jolie, bien habillée (sisi je vous assure, rien de vulgaire, je me souviens d'une qui était tout bonnement superbe) qui débarque devant le gendarme à l'entrée de la salle sa convocation à la main. Elle ne parle que peu le français, le gendarme se fait un plaisir de lui répondre mais voila, il ne parle pas l'anglais ou mal. Alors l'avocat intervient en bon samaritain qu'il est :)

Mais le plus drôle c'est lorsque la demoiselle est appelée à la barre. La salle ne la lâche pas les yeux (je vous laisse imaginer la réaction de certains loulous) pour finalement apprendre que c'est une prostituée qui doit répondre de racolage du côté de la porte maillot.

:)

112. Le mardi 24 février 2009 à 15:01 par aliocha

@eolas 91 : l'auteur écrit ce qu'il peut, le lecteur lit ce qu'il veut ;) @fantômette 107 : il me restait cet ultime doute qu'Eolas en effet romantise, merci de me l'avoir ôté.

113. Le mardi 24 février 2009 à 15:11 par j

Si Maître Eolas veut bien me pardonner mon trop longue absence ET le hors sujet, j'ai une bonne pour le faire sourire :

Je viens d'avoir Orange au téléphone pendant une bonne demi-heure, tentant de me vendre un abonnement, bref, à la fin de notre échange, lorsque je leur propose de me proposer un offre tel qu'ils fournissent outre-manche, mais non pas dans leur pays natal, l'on me répond que :

"C'est les lois europpéennes contre la concurrence qui nous empêchent de baisser les prix".

D'abord, les lois contre la compétition ça doit bien-être dans la version française des-dits textes, non?

114. Le mardi 24 février 2009 à 15:16 par Vicnent

Ca s'entend tant que ça, une paire de Nike, même à talon ? Il font des baskets à talon, Nike, maintenant ?

Ah oui.

115. Le mardi 24 février 2009 à 15:34 par Tom

''@Tromatojuice #58 "Mais est-ce bien raisonnable, pour la ville que les étrangers qualifie comme la ville de l'amour"''

Vous parlez de Venise, n'est-ce pas ? Je vous comprends. Une ville sans voitures ne peut que rendre les gens aimables et heureux. Même en période de carnaval.

Moi je suis un provincial heureux de "monter" à Paris de temps en temps et non moins heureux d'en repartir. Voir dans le métro tant de zombies prisonniers de leur iPod et de leur journal gratis, refusant obstinément de rien percevoir du monde alentour, ça me laisse dubitatif quant à la quantité de vie qu'il leur reste dans les veines. Dans ces moments, je suis content de me sentir provincial.

Mais bon, on glisse dans le hors-sujet.

116. Le mardi 24 février 2009 à 15:46 par ghiragos

Cher Maitre,

A vous lire je médite, j'écarte mes préjugés , mes clichés si pratiques pour tout radicalement solutionner au comptoir des bistrot du type << une bonne guerre, il n'y a que ça de vrai!>> . Je m'enrichi.

Merci. J.T. MARSEILLE.

117. Le mardi 24 février 2009 à 16:03 par Lindir

Voir dans le métro tant de zombies prisonniers de leur iPod et de leur journal gratis, refusant obstinément de rien percevoir du monde alentour, ça me laisse dubitatif quant à la quantité de vie qu'il leur reste dans les veines.

C'est une question de survie, ce que provincial installé à paris depuis quelques années, j'ai mis du temps à comprendre.
Je continue cependant à être courtois. Et ma femme, parisienne, de commenter ironiquement "Arrête de dire bonjour aux gens, t'es plus en province !"

118. Le mardi 24 février 2009 à 16:34 par Serge

Une bonne nouvelle de province : Siné est relaxé !

Eolas:
Souhaitons qu'il en aille de même pour Askolovitch !

119. Le mardi 24 février 2009 à 16:35 par Le léopard du Palais

Souvenons-nous de la première gazelle : Jeanne Chauvin.

120. Le mardi 24 février 2009 à 17:24 par hoshiko

@ Vicnent en 114

Hum, les "gazelle" c'est des Adidas, pas des Nike... ;)

121. Le mardi 24 février 2009 à 17:26 par bardabu

"Le fait d'ailleurs que leur homme disparaisse des prétoires après la naissance de leur enfant tend à laisser penser que ce n'est pas l'activité délinquante de ces messieurs qui les attire. Je constate malheureusement que les préjugés ont la vie dure, que ce soit contre les femmes ou contre les classes populaires."

Whoua ! Vous voulez dire qu'à la naissance d'un enfant, on trouve un CDI, la banque vous prête de l'argent, une place en HLM s'est libérée et que l'enfant grandira dans le bonheur et l'amour. Trop cool ça. C'est dans quel pays?

122. Le mardi 24 février 2009 à 17:42 par Babar

Eolas: Je ne rendrai jamais assez hommage à nos gendarmes, mais puisque vous me fournissez une opportunité, j'en profite pour le faire une fois de plus. Vive la mobile !

C'est vrai qu'un tribunal de grande instance, une cour d'appel et une cour de cassation qui ont pour leur protection plus de militaires specialises dans la lutte anti-emeute que toute la Corse..cela est tout de meme assez etrange voire franchement douteux en 2009.

Sachant que ces militaires, adeptes de la fouille au corps a nue dans les caves du depot, peuvent tirer a vue sur qui bon leur semble apres une sommation orale...

Ce sont des praticiens de la voie de fait et de l'expulsion sans ordre du public du tribunal et meme de l interdiction de l entree de quelque chambre ou votre proces prend a peine plus de temps que la coupure pub.

Il est quant meme assez surprenant qu'un pays en accession vers la democratie comme la France ne puisse pas se doter d'agent de securite du ministere de la justice specialise dans la protection des tribunaux et le transfert des detenus et doivent recourir a l'armee et a ses forces de repression anti emeutes pour ouvrir des portes dans un tribunal.

Toutes les personnes qui ont recu des coups de matraques lors de l'exercice de leur droit a manifester pacifiquement, vous diront "non merci la mobile, je ne reprendrais pas de la matraque, j ai plus faim".

Derniere chose, apparemment la publicite des audiences n a pas ete comprises dans les rangs des militaires qui bloquent l entree du tribunal et de la cour a partir de 18h ou 19h alors que des audiences se terminent bien plus tard... Mais bon si il fallait faire un incident d audience des que l on a un proces non equitable..on en finirait plus..

123. Le mardi 24 février 2009 à 17:43 par DJIanis5552

Beau billet que celui-là; merci maître ;)

124. Le mardi 24 février 2009 à 17:47 par Shadow007

@121 Bardabu : Déjà, s'il est un minimum concerné par l'enfant en question (et il semblerait que ce soit le cas la plupart du temps si l'on en croit le Maitre et Fantomette), le temps passé à s'en occupper sera déjà retranché du temps disponible pour "buler/déconner"...

Si en plus celà décide l'apache en question à finalement accepter le boulot sérieux qu'il a refusé un an auparavant... c'est à nouveau une source de stabilité.

Je crois (mais n'ai jamais eu la chance d'en faire l'expérience prolongée) que l'ennui et le manque de motivation sont une source de très fréquents problèmes.

Et il semblerait qu'avoir une famille à charge résolve pour certains ces problèmes.

125. Le mardi 24 février 2009 à 18:08 par p.a.j.i.

@bardabu

Je crains que vous n'omettiez une étape dans l'empressement que vous mettez à ironiser. Ce n'est pas parce que l'on traverse certaines difficultés d'emploi, de logement ou de finances que l'on se retrouve automatiquement en comparution immédiate, même si les dites difficultés peuvent constituer un terrain propice à la répétition des infractions. Et inversement, personne ne prétend que, dès lors qu'on ne paraît plus dans les prétoires, on nage nécessairement dans un bonheur sucré et chatoyant. Il s'agit simplement de constater qu'avec un enfant à charge, on est sans doute plus enclin à éviter de rajouter au reste des difficultés judiciaires, on peut acquérir une motivation pour mieux s'adapter à certaines contraintes sociales, voire trouver un sens qu'on ne percevait pas à une vie stable et "rangée", etc.

Sur ce, le phénomène ne me semble pas général et absolu. Cela dépend peut-être des régions mais j'ai l'impression de voir souvent à la barre des hommes parents de jeunes enfants, dont certains parquetiers aiment à dire qu'il fallait "qu'ils pensent à leur famille avant et pas seulement au moment de l'examen de leur personnalité par le tribunal".

126. Le mardi 24 février 2009 à 18:35 par Petruk

@Eolas 118. J'avoue que que vous avez été trop elliptique pour moi. Pourquoi faudrait il souhaiter la relaxe d''Askolovitch? Qualifier son interlocuteur d'antisémite, dès que possible, pour le discréditer est une pratique détestable à mon sens.

Si Monsieur Askolovitch est relaxé, cette manière de procéder continuera à prospérer. On peut même dire qu'elle verra son efficacité reconnue compte tenu du fait que la relaxe de Siné sera probablement moins médiatisée que les accusations d'Askolovitch.

127. Le mardi 24 février 2009 à 18:53 par Ferdydurke

Je me demande si la situation inverse existe. Me Eolas le sait probablement mais peut-être est-ce à Fantômette qu'il faut le demander puisque les gazelles ne semblent pas attirer (attiser?) ses regards ;-)

En espérant que la contribution masculine à la baisse de la récidive soit plus importante que la contribution de l'homme à la naissance d'un enfant. Si l'égalité entre les sexes pouvait prendre tout son sens quand c'est la gazelle qui comparait, ce ne serait que justice. Sans trop y croire, toutefois... (Oui, je sais : c'est un préjugé contre ceux du même genre que le mien...)

128. Le mardi 24 février 2009 à 20:04 par R. Gary

Belle prose poétique cher confrère, Et tout de suite les bonnes âmes qui s'offusque d'un prétendu sexisme... Pour ma part je n'y vois que la rêverie vagabonde d'un avocat arpentant la salle des pas perdus... De mon temps les gazelles du palais étaient mes amies de fac que je pouvais admirer dans une vaste bibliothèque universitaire de droit, entre les numéros de la Gazette du Palais et ceux de la Gazette des communes... Et en amphi bien sûr

129. Le mardi 24 février 2009 à 22:02 par ytrad

une montée de sève , bientôt le printemps ?

130. Le mercredi 25 février 2009 à 10:20 par Dominique

On pourrait leur donner Béatrice Dalle comme représentante.

131. Le mercredi 25 février 2009 à 13:30 par malpa

@ Dominique 130

Récusée : à la dernière mode, celle que seule leur jeunesse leur permet de porter sans être vulgaire

132. Le mercredi 25 février 2009 à 15:03 par populum vox

à Eolas,

zut alors.

Pourquoi évoquez-vous de ce ton condescendant et inhabituel chez vous, les jurés de Saint-Omer, en 100 ??

Pensez-vous que les jurés du Pas-de-Calais, siégeant dans la septième cour d'assises de France en nombre d'affaires, soient moins intelligents, attentionnés ou formés que les jurés parisiens?

Evoquez-vous les deux décisions complémentaires, voire contradictoires, de l'affaire Outreau?

Le second verdict n'a pas, en droit, discrédité le premier que je sache.

Et les jurés provinciaux n'ont peut être pas té aussi sensibles à la pression médiatico-politique que leurs homologues parisiens.

Bien à vous

133. Le mercredi 25 février 2009 à 16:42 par Marsan

@ 132 et @ Eolas c'est pas mal envoyé et je pense qu'Eolas n'est pas loin d'être d'accord avec vous après reflexion

134. Le jeudi 26 février 2009 à 10:45 par capitaine fracasse

en sortant d'une de visite en prison, j'ai pu lire inscrit au feutre sur le plexiglas de l'arrêt de bus: "quand tu liras ce mot, tu seras bientôt dans mes bras..."

135. Le jeudi 26 février 2009 à 12:31 par ninous

Merci Eolas pour ce doux et agréable billet. Non que je doutais de votre humanité, mais la sonorité poétique de ces vers m'a particulièrement émue. Ce qui me laisse perpléxe: certaines réactions que je synthétise en trois catégories.

- D'une part, certaines personnes qui estiment que vos écrits son misogynes. Les réactions des "féministes primaires" m'éxaspérent au plus haut point. Elles se trompent de combat et plûtot que traquer le moindre terme qui pourrait lancer une polémique stérile, prennez- donc vos fiches de paies. Vous y trouverez d'avantage de grain à moudre, car c'est un vrai combat que le principe " à travail égal, salaire égal". Et si vous restez sur votre faim, attaquez-vous donc à l'organigramme de votre entreprise et laissez Eolas en paix.

- D'autre part, ceux qui voient dans ces gazelles : DES ARABES ( n'ayons pas peur des mots). L'idée sous-jacente étant que ce sont des compagnes des renégats eux mêmes ARABES. Premièr élement: les délinquants ne sont pas tous arabes et les arabes ne sont pas tous délinquants. Cela va de soi, mais en lisant certains commentaires, il m'a semblé opportun de le préciser.

- Enfin, les arabes fréquentent régulièrement les tribunaux .C'est une réalité. Certains y vont pour plaider et d'autres pour y juger. Et, il m'arrive aussi de m'aventurer au palais de justice car la Cour de Cassation y organise régulièrement des colloques.

136. Le jeudi 26 février 2009 à 15:26 par lecteur de Shakespeare

Dans la pièce de Shakespeare, Roméo n'affronte nulle part le prince Escalus.

Eolas:
Escalus condamne Roméo au bannissement pour le meurtre de Tybalt.

137. Le vendredi 27 février 2009 à 09:39 par lecteur de Shakespeare

Eolas, vous avez raison. Mais je voulais chipoter la lettre de votre affirmation. Escalus condamne Roméo par contumace, ce dernier s'étant enfui immédiatement après avoir tué Tybalt.

Roméo n'a donc pas "affronté" le prince, ce qui nous prive d'un agôn juridique sans doute fort intéressant, mais en lieu et place Roméo a sa nuit de noces avec Juliette pour se consoler. Vos gazelles ne sont pas si bien loties ! :-)

138. Le vendredi 27 février 2009 à 11:31 par hahahhaha

une montée de séve ? bientôt le printemps ??

139. Le vendredi 27 février 2009 à 14:53 par jeff

c'est ttrés beau . sans provoc , cela peut aussi s'appliquer a des personnes de meme genre (hh ou ff )

140. Le mardi 3 mars 2009 à 17:45 par MarcelD

J'ai trouvé une suite à votre billet, ici : http://calystee.blogspot.com/2009/03/le-telephone-du-dimanche.html

141. Le lundi 9 mars 2009 à 14:00 par laurent

La faiblesse de l’esprit critique laisse le champ libre à la crédulité et la crédulité prend parfois une forme quasiment pathologique chez les avocats. Qu’est-ce que la crédulité ? Une attitude dans laquelle l’esprit avale des idées reçues sans examen. . C’est vrai que le citoyen « moyen » est souvent naturellement crédule. Il est facile à tromper et l'avocat en abuse souvent. Cependant, le citoyen en réalité est plutôt naïf. Un esprit naïf est sans idée préconçue, vierge de présupposé. La naïveté permet un rapport innocent, neuf au monde. La crédulité est très différente. Elle est une forme irrationnelle de pensée qui est portée à croire plus ou moins n’importe quoi, c’est-à-dire que le crédule admet sans justification. Mais certainement pas pour rien. L'avocat a cessé d’être naïf depuis longtemps . Le naïf est étonné devant le monde sans éprouver le besoin de se rassurer ; or l avocat, bien au contraire, devient crédule car il y a en lui un besoin affectif de croire pour se rassurer et il est prêt à accepter tout ce qui assure son confort intellectuel, ce qui veut dire satisfaire ses désirs, donc très souvent à se payer des illusions. Il faut regarder les choses en face. Si on veut seulement positiver, le besoin de croire prend tout son empire, ce qui ouvre la porte à la crédulité

Eolas:
merci de ces perles joliment enfilées, somnifère très efficace et qui permettent de briller au café du commerce. Et en plus, ça repose l'intelligence, qui n'est à aucun moment sollicitée.

142. Le lundi 9 mars 2009 à 18:44 par laurent

Bien que l’intelligence soit à l’œuvre dans toutes les activités de travail, y compris au barreau, ou elle se montre souvent subversive et créatrice, elle est très inégalement répartie parmi les hommes, ceci explique cela. Attention quand même à sa sous-utilisation qui peut se révèler morbifique PS : Maître, le plus souvent vous inspirez le respect et recevez des compliments et je crois volontiers que vous les acceptez ... J'ai une vision différente des gazelles que vous décrivez si joliment. Loin de n'être que des princesses en votre palais elle nourrissent aussi les pires scénarii de la violence dite "conjugale" sous tous ses aspects ... et vous le savez !

143. Le vendredi 3 avril 2009 à 03:58 par baby

ca j'aime bcp!

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