Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Journal des greffiers en colère, c'est parti !

Comme promis, ce journal est mis à la disposition des greffiers qui crient leur colère sur les marches des palais de justice depuis plusieurs semaines. Une journée d’action est prévue pour le 29, je leur laisse donc les clés jusque ce jour là inclus. Vous pouvez donc encore m’envoyer des contributions, vous êtes encore recevables.

Vous allez voir qu’ils ne crient pas seulement leur colère mais aussi leur amour pour leur métier et leur volonté de voir un jour rendu une justice humaine qui peut consacrer à chaque dossier le minimum de temps et de moyen qu’il nécessite. Ce n’est même pas une revendication, c’est une exigence minimale.

Merci à tous les greffiers qui ont répondu à mon appel. Je m’efface sur la pointe des pieds. Vous êtes ici chez vous.

Eolas

Commentaires

1. Le mercredi 23 avril 2014 à 04:29 par primus_inter_pares

Vous dormez parfois, Maître?

2. Le mercredi 23 avril 2014 à 06:51 par دانلود فیلم با لینک مستقیم

http://openstage.in/download/tag/د… des greffiers en colre, c’est parti ! - Journal des greffiers en colreدانلود فیلم با لینک مستقیم

3. Le mercredi 23 avril 2014 à 17:32 par ludi

Les greffiers ? De simples délinquants aux yeux de certains magistrats… rire ou pleurer ? entre les deux, mon coeur balance…
http://www.leparisien.fr/faits-dive…

Article de 2007, certes, mais les faits sont là.

4. Le jeudi 24 avril 2014 à 07:31 par moi greffier

Ma conscience professionnelle m’interdit de valider la date de ce billet (30 avril)…..

5. Le jeudi 24 avril 2014 à 10:32 par ANONYMOUS

Billet du futur, judicature.

6. Le jeudi 24 avril 2014 à 13:19 par دانلود فیلم با لینک مستقیم

Journal des greffiers en colre, c’est parti ! - Journal des greffiers en colre

7. Le jeudi 24 avril 2014 à 14:12 par atilla

le greffier: aux yeux de nombreux membres des barreaux, un secrétaire, un gratte papier sans gout et sans intelligence…. le Greffier: aux yeux des magistrats , un faire valoir, celui qui veille au bon déroulement de la procédure, celui que l’on sollicite pour puiser dans ses connaissances des questionnements juridiques, des réponses aux difficultés rencontrées lors d’une audience, un point de droit que l’on ne lui reconnaitra pas car il reste et restera celui de l’ombre, perçu comme un lobotomisé du barreau ou un paraplégique de la magistrature…. la colère gronde, on rentre les épaules, on baisse les yeux mais l’individu est là prenant toute l’ampleur de son métier, et oui le greffier crie sa colère, il est juriste, diplômé ( bac+4 à bac+5) et reste greffé à un salaire miséreux; l’équité qui nous gouverne ds les salles de justice doit aussi trôner sur nos grilles indiciaires et nos statuts restés le handicap du corps de la justice; greffiers de tous horizons mardi soyons unis;

8. Le jeudi 24 avril 2014 à 17:06 par B.

Je suis un pur Meskeskidi. Les témoignages de greffières et greffiers (faisant office de, chef, etc.) sont intéressants mais il manque à mon avis quelques éclaircissements sur les raisons de leur colère, ainsi que la réalité du métier.

La colère est-elle due à l’absence des moyens qui est de plus en plus criante ? À la réforme à venir ? Sans doute un peu des deux, mais on ne comprend pas bien (en tout cas je ne comprends pas bien…). D’ailleurs, que va changer la réforme ? Apparemment, il est question de mutualisation, mais plus précisément ? Quelles attributions vont évoluer ? Sont-ce simplement des craintes (que j’imagine sans aucune peine être fondées !) quant à une diminution supplémentaire des moyens ? Le manque de moyen est-il humain ou matériel, ou les deux ? Lequel manque est le plus criant ?

D’autre part, sur la réalité du métier, il semble que nombreux sont les “faisant office de greffier”. Il est répété à plusieurs reprises que les greffiers sont des juristes diplômés (souvent Bac+4 ou Bac+5), avec donc des connaissances pointues en droit. Mais on lit également que telle ou telle personne est arrivée en tant qu’adjoint adminitratif (avec Bac+2, ou même simplement le BEPC) puis a fait office de greffier. Les adjoints administratifs ont-ils une formation, préalable ou complémentaire, en droit ? Et pour les gens qui gravissent les échelons, ont-ils droit à de la formation continue (ne rêvons pas trop dans la fonction publique, mais sait-on jamais) ? En bref, j’ai l’impression d’une très grande hétérogénéité chez les greffiers dans leurs parcours et formations, cette impression est-elle justifiée ? Enfin, il y a certes des maîtres en droit parmi les greffiers, mais aussi des titulaires de DEUG : est-ce que leurs fonctions nécessitent plus que le DEUG ou non ?

P.S.: Je sais en écrivant ces lignes qu’elles paraîtront sans doute agressives et j’en suis confus. En réalité, je n’arrive pas malgré mes essais à ce que cette accumulation de questions apparaisse plus cordiale. Je suis également dans la fonction publique, et pour ce que j’en vois mon impression est que les fonctionnaires sont souvent “sous-employés” pour les tâches qu’on leur demande (par exemple sur un emploi de catégorie C lorsque la tâche à effectuer relèverait au moins de la catégorie B voire la A), mais “sur-diplômés” pour les postes qu’ils occupent (par exemple Bac+3 et catégorie C), si bien qu’ils se retrouvent à faire des tâches relevant de leur niveau de qualification, mais en étant payés en deçà. Certaines de mes questions reviennent un peu à se demander si c’est le cas (d’une partie) des greffiers.

9. Le jeudi 24 avril 2014 à 17:54 par Egidio

Pour répondre @ B de Mekeskidi : je dirais seulement que les fonctionnaires de l’extérieur qui sont encouragés et ont été mutés ou détachés dans un greffe n’y comprennent rien et qu’on a d’énormes difficultés à les intégrer, les former d’abord. C’est déjà difficile quand ils viennent de la Protection Judiciaire et de la Jeunesse ou de l’Administration Pénitentiaire mais alors quand ils viennent de l’Education Nationale ou d’une Préfecture ou de l’Administration Territoriale, c’est ubuesque. C’est donc bien qu’il y a une spécificité du milieu judiciaire qui ne s’improvise pas, qui suppose une connaissance éminente du droit procédural judiciaire qu’aucune formation purement administrative ne peut suppléer.

10. Le vendredi 25 avril 2014 à 09:57 par attila

savoir si notre métier nécessite plus que le DEUG? le problème n’est pas là, l’acquisition de l’expérience de faisant fonction diplomés ou non qu’importe , le métier est le même les fonctions le travail; on est méprisé greffier ou faisant fonction B ou C nous sommes sous payés, on nous demande de plus en plus avec des moyens de moins en moins et maintenant la justice du 21 eme siècle voudrait nous exploiter plus encore, nous deviendrions des sous-fifres , des pseudo juges, une sorte de garde avancée qui balayerait les procédures pour faire place net aux magistrats? on veut nous faire miroiter qu’on souhaite nous faire plus confiance mais il s’agit de défiance!!! qui pourrait se laisser berner par une justice qui va notamment reposer encore une fois sur le greffe b ou c, on va mutualiser sur le greffe , nous allons soulager le travail des magistrats, pour 2400 € en fin de carrière???

11. Le vendredi 25 avril 2014 à 14:06 par Krieghund

Je dois dire que sans les greffiers et greffières que j’ai pu fréquenter, mon métier aurait été bien plus compliqué. Mais la justice va très mal dans ce pays, et ceux qui pensent que ce n’est pas un problème de moyen devrait se rendre dans un greffe, ou dans un SPIP, et essayer de faire ce que nous faisons au quotidien.

Donc bon courage aux greffiers, greffières, à mon avis on est pas loin de péter un câble aussi dans les SPIP.

( bon, et si il y a des stagiaires, on peut se retrouver à la Rhumerie un de ces quatre, j’habite en face ;) )

12. Le vendredi 25 avril 2014 à 19:43 par Jean P.

Cet article est daté du mercredi 30 avril…

13. Le vendredi 25 avril 2014 à 20:00 par Minerva

Magistrat, je soutiens le mouvement des greffiers, parce qu’on leur demande de faire toujours plus avec toujours moins, parce qu’on leur demande que très peu leurs avis sur des questions qui bouleverseront leur quotidien (TPI et greffier juridictionnel).

Gel des salaires depuis plusieurs années, baisse d’effectifs et postes vacants durablement alors que le travail reste voire augmente, refonte d’une carte judiciaire et création d’un nouveau “super-greffier” entrainant des responsabilités nouvelles, mais sans garanties statutaires ou indemnisations supplémentaires.

N’importe quel professionnel du privé comme du public réagirait dans cette situation, et obtiendrait mon soutien.

Je remercie Me Eolas de laisser les clés du blog à ce maillon indispensable de la chaine de la Justice, très méconnu des mékeskidis. Les lecteurs avertis du blog pourront ainsi mieux comprendre le quotidien de la justice, et greffiers et fonctionnaires pourront trouver un écho médiatique certain.

Je suis tout de même déçue de lire ça et là (et heureusement pas partout) quelques tirades visant à opposer les différents acteurs de la justice entre eux.

Je sais que je risque d’être incomprise mais face à la virulence de certains commentaires, je ne peux rester muette et je vais tenter de rétablir un peu l’équilibre…

Reprenant l’image de la chaîne, la Justice est composée de différents maillons, imbriqués et indispensables les uns et les autres pour fonctionner : fonctionnaires, greffiers, greffiers en chef, magistrats, avocats, huissiers, associations d’aide aux victimes, de contrôle judiciaire, de médiation familiale, SPIP, PJJ…. (je ne peux lister tout le monde, mais vous avez compris l’idée), et sans un seul de ces maillons, pas de Justice.

J’insiste : il n’y a pas de maillon plus important qu’un autre.

Je lis que le greffe est déconsidéré dans cette chaîne de la Justice, c’est faux. C’est un maillon essentiel, comme tous les autres. Mais je lis aussi qu’un greffier peut fonctionner sans magistrat alors qu’un magistrat ne peut fonctionner sans greffier, c’est faux aussi (le greffier AUTHENTIFICATEUR authentifiera quelle décision sinon ?).

Alors oui il y a des gens malpolis, avocats, magistrats, greffiers, justiciables…qui sont désagréables et qui peuvent donner l’impression de déconsidérer quelqu’un, mais heureusement ils ne sont pas la majorité. Le jeune magistrat de province que je suis refuse de généraliser face à des réflexions désagréables de certains grands avocats parisiens ou de collègues de cour d’appel ou même de greffiers en poste depuis 20 ans qui ne voient pas l’utilité de changer une phrase dans une trame. J’apprécierais en contre partie que tous les jeunes magistrats ne soient pas considérés par certains comme irrespectueux et incompétents.

Je lis aussi ici ou là, mais pas partout heureusement, que nombre de greffiers sont plus compétents, plus impliqués que leurs magistrats qui n’hésitent pas à se décharger sur eux sans pitié et sans respect. Sans doute y en a-t-il parmi mes collègues qui sont comme cela, malheureusement, et je le déplore, comme il y a des greffiers et fonctionnaires moins impliqués que d’autres dans leur travail, des avocats qui plaident mal ou des éducateurs qui n’éduquent rien du tout. Chaque corps a ses exemples honteux. Mais il y a aussi beaucoup de collègues qui sont obligés de faire du travail de greffe, travail dit de “B” ou de “C”, au quotidien pour permettre à leur service de fonctionner correctement (ex. : formalisation de l’ensemble d’un jugement ou d’une ordonnance dans le logiciel, suivi des décisions dans le logiciel, tenue des notes d’audiences aux audiences civiles en assistance éducative, copies, envoi des fax et autres courriers…) dès lors que la pénurie de greffiers impacte aussi forcément les magistrats, et qui ne laisseront jamais leur greffier, s’ils ont la chance d’en avoir un, couler sous le travail sans l’aider. Je connais heureusement beaucoup plus de magistrats dans la 2nde catégorie que dans la première. A titre personnel je ne considère pas mon greffier comme mon secrétaire mais comme mon collaborateur, je ne peux pas faire grand chose sans lui et lui sans moi, et la grande majorité de mes collègues pensent ainsi. Merci, une fois encore, de ne pas généraliser sur les magistrats incompétents et irrespectueux.

J’ai même lu chez “chaton en chef PAS en colère” que : ” … (les greffiers) sont aujourd’hui autant voire plus diplômés que les magistrats, ils ont récupéré tant de compétences si divers que leur travail est presque aussi sinon plus complexe que celui des magistrats (bien que toujours différent par nature). Pourtant, leur salaire atteint péniblement le tiers des magistrats”. Ce commentaire ne peut me laisser indifférente : à part chercher à augmenter une rancœur infondée entre greffiers et magistrats, quel est l’intérêt ?

Certes beaucoup de greffiers sont sur-diplômés, mais est-ce un reproche à faire aux magistrats ? Certes nos tâches sont différentes, mais peut-on dire comme cela que la tâche du greffe est plus complexe que celle du magistrat ? Et non je ne gagne pas 3x plus que ma greffière : en début de carrière, 1.000 € nous séparent, je laisse chacun se faire son opinion sur le caractère justifié ou non de cette différence au vu des concours passés et fonctions exercées. Au risque de fâcher encore (mais c’est un juste retour à la fâcherie que j’ai subi en lisant ce commentaire) : greffier, recruté bac+2 (dans les faits souvent +4 ou +5) : 1600 € en début de carrière, un enseignant, bac+5 obligatoire, même salaire de début de carrière, un infirmier, bac +3, 1300 €. Et pour les greffiers considérant qu’ils font un travail équivalant ou supérieur à celui de leur magistrat payé 3x plus : je les invite à passer le 2e concours de recrutement à l’ENM, ou de demander une intégration sur dossier. L’ENM recrute aussi en ce moment… Attention, je ne dis pas que les greffiers gagnent trop, loin de là, mais recentrons le débat : ce qui est injuste ce n’est pas qu’un concours ouvert à bac +2 soit payé 1600 € en début de carrière, ce qui est injuste c’est que cela ne soit pas revalorisé avec l’augmentation du coût de la vie, et que les tâches augmentent à cause des conditions de travail sans que l’indemnisation augmente également.

Fin des propos polémiques, mais on m’a cherchée, on va dire.

Alors oui la Justice ne va pas bien, elle tente de faire toujours plus avec beaucoup moins, et tous les maillons cités plus haut sont concernés par cette baisse de moyens malgré une augmentation constante de l’activité. Oui c’est insupportable pour chacun d’avoir ce sentiment affreux de mal faire son travail parce qu’on nous en demande trop…on essaie d’aller plus vite mais les délais rallongent tout de même car les piles augmentent, et on craint l’erreur à vouloir traiter plus en moins de temps…

Ce bilan nous le faisons tous, et on peut tenter de chercher ses causes (inflation législative ajoutée à la jurisprudence de la CEDH, du conseil constitutionnel et de la cour de cassation qui font varier à vitesse grand V les règles applicables vers toujours plus de formalisme…absence d’anticipation des besoins en personnel dans les juridictions…).

On peut aussi tenter de chercher des solutions (recruter des personnels des catégories C, B, A, recentrer chacun sur ses attributions principales, déjudiciariser certains domaines, simplifier certaines procédures, mutualiser les moyens sur certains points….).

Mais tout cela en gardant en tête l’intérêt de la Justice et du justiciable, et en cessant d’opposer les différents maillons de la chaîne de la Justice les uns aux autres. Chaque maillon a sa tâche essentielle dans l’œuvre globale de la Justice et tous les maillons doivent se battre pour que chacun puisse exercer SA tâche correctement.

Merci.

Je m’attacherai donc à ne pas généraliser certains propos que j’ai lus et que je viens de combattre, et je continuerai à soutenir le mouvement des greffes.

14. Le vendredi 25 avril 2014 à 23:38 par ANONYMOUS

Je théorise : me billet est daté du 30 de manière à être affiché au-dessus de témoignages qui peuvent encore arriver, la grève étant le 29.

15. Le samedi 26 avril 2014 à 01:45 par GaelC

Bonsoir,

J’ai lu tous les billets, et la plupart des commentaires, et le constat est implacable.
Le service de la Justice est devenu, pour les greffiers mais pas seulement, une source intarissable de désarroi et de frustrations, en dépit de ce qu’on doit appeler leur abnégation.
Alors d’abord, ça vaut ce que ça vaut, mais merci à tous et à toutes du travail que vous faites au quotidien.

Ceci étant posé, je m’interroge sur la cause et les remèdes… Si le mal est si profond (et il semble l’être depuis longtemps à lire certains commentaires (“des décennies”)) est-ce que précisément il ne nécessite pas un traitement de choc ? (je précise que je n’ai pas d’avis sur la réforme en cours dont je ne connais rien, ce dont j’ai honte, mais que j’assume). Est-ce que justement, comme le dit ironiquement un billet, on ne pourrait pas essayer “faire autrement” ?
Si c’est le prix à payer pour sauver l’institution, est-ce que ça ne vaut pas le coup d’essayer ?
Est-ce que ce qui compte vraiment ce n’est pas l’objectif (pour résumer : une vie harmonieuse en société, fondée sur les valeurs de la République, avec le concours d’une Justice indépendante et efficace) davantage que le maintien d’un status quo (plus ou moins bancal) dont finalement on voit bien qu’il engendre, et vous en témoignez, plus de souffrance que de satisfaction ?

Bref, beaucoup de question et pas de réponses… mais au moins, un peu d’empathie.
Bon courage, et.. encore merci.

16. Le samedi 26 avril 2014 à 02:00 par Kamalen

Mon commentaire est certainement hors sujet mais…

Est-ce un message du futur ? Il est indiqué ici qu’il a été posté le mercredi 30 avril mais on est bien le samedi 26…

17. Le samedi 26 avril 2014 à 13:36 par Lestat

Bonjour,

Tout d’abord, sachez que vous avez tout mon soutien le plus profond, en tant que citoyenne.

Je pense que le problème est un problème général qui touche toute la fonction publique d’Etat, territoriale et hospitalière. Et qu’on a depuis des décennies (entre la droite dure et la gauche molle), aucune volonté politique de nos dirigeants.

En effet, le constat est implacable : les services publics en général ont un cancer qui est en train de métastaser.
L’Etat n’est plus, ou n’a jamais été. Celui qui doit s’occuper de son peuple et de ses citoyens est mort. L’Etat s’est transformé et agit comme une entreprise privée. Il est en concurrence avec le secteur privé.
Pour lui, les services publics doivent être ou devenir rentables. Donc soit on privatise à souhait, soit on réduit le budget comme une peau de chagrin, ou les deux d’ailleurs.

C’est malheureux, l’Etat n’en a rien à faire de ses fonctionnaires, il les méprise et leur souligne qu’ils doivent être des producteurs de richesse pour rendre compte aux financiers des réformes à faire ou non.
Les médecins doivent être des producteurs de santé, les profs des gardes d’enfants, les fonctionnaires de justice des producteurs de justice.

Je trouve qu’il n’est pas normal, compte tenu des tâches qui sont celles de servir l’intérêt général dans un système ultracapitaliste (cause quasi-perdue), qu’un magistrat gagne si peu, qu’un greffier gagne si peu, qu’un chercheur au CNRS gagne si peu, qu’un prof gagne si peu, qu’une infirmière gagne si peu, etc. Et qu’il y a un gel et pas de réévaluation des traitements, pour un soi-disant effort national de baisse de la dette alors que les plus riches ont augmenté leur richesse de 25% cette année et que les paradis fiscaux coûtent à la France entre 60 et 80 milliards d’euros. Le PDG de renault qui reçoit des subventions (qui devraient aller au service public) à foison de l’Etat gagne à lui seul 12 millions par an… L’effort est fonction de la caste donc ?

Les riches deviennent de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres. Les riches deviennent de moins en moins nombreux, et les pauvres de plus en plus nombreux. C’est ça le capitalisme. Et c’est une petite poignée de riches qui gouvernent les 3/4 de la planète, c’est ça qui est spectaculaire.

Fonctionnaires, je pense qu’on se moque de vous et que votre sort ne sera pas entendu, car pour eux vous ne représenter plus rien, vous n’êtes plus des individus qui servent l’intérêt général mais des producteurs de richesse qui doivent obéir.
La justice, la santé, les transports, l’éducation… les fondamentaux pour l’épanouissement des citoyens est en train de succomber. Je souhaite une solidarité commune et qui fasse bloc entre tous les fonctionnaires contre cet état de chose, mais la vie ne fonctionne pas ainsi.

Il faudrait changer tout le système économique, aller chercher la richesse là où elle se trouve vraiment, avoir des humanistes à la tête de l’Etat avec une volonté politique, mais hélas nous avons ces énarques qui se cooptent entre eux par promotion et qui sont juste avides de pouvoir, avec peut être ce souhait intime de poser leur petite empreinte dans l’histoire pour faire face à leur condition humaine miteuse et défier les lois métaphysiques…

Je pense que c’est tout le système politique qui est à revoir. Mais avec l’accord transatlantique qui est en train d’être signé au vu et au su de tous, c’est terminé pour non pas des décennies mais des siècles et des siècles. Ca va au-delà de la France, au-delà des grèves, des manif’, des revendications…
Je dois donner l’impression de partir loin dans mes propos, mais tout est lié. Le libre échange tel qu’il est fait, transforme la société vers un mal, impacte tous les services publics sur le long terme.
La France se transforme en un énorme cafard comme Grégoire Samsa dans la métamorphose de Kafka.

Pour revenir sur la justice, vous dites que tous les maillons sont importants. Ils le sont tous.

Toutes les professions du droit brassent des gens très qualifiés, professionnels, hautement compétents dans leur domaine, tous ont suivi le même parcours universitaire… Tous ont des responsabilités énormes. Tous bossent en moyenne plus de 35heures par semaine.
Tous devraient se respecter et collaborer ensemble vers le même but…

Mais tous ne sont pas traités de la même façon. Il existe les intouchables :

Prenons l’exemple de l’Huissier de Justice, il a un monopole dans l’exécution et la signification. Les décisions de justice deviennent effectives si l’exécution est garantie. Pas d’exécution, pas de décision…
Il est donc un acteur indispensable du procès. C’est très bien qu’il soit là, qu’on ait besoin de lui et que son rôle soit bien défini.

Les justiciables doivent donc passer par cet officier ministériel.

Est-ce normal que cet acteur ne soit pas fonctionnarisé ? Il touche 8000 euros net par mois (en moyenne) en fonction du nombre d’actes réalisés.

C’est comme si le magistrat facturait les justiciables au nombre de décisions rendues, qu’un greffier au nombre d’actes adressés ou d’authentifications réalisées.
Puis que la justice appartienne aux plus riches…

Alors qu’un magistrat ne touche que 2100 euros en début de carrière, qu’un greffier ne gagne que 1500 en début de carrière, que les autres fonctionnaires indispensables au bon fonctionnement de la justice ne gagnent que 1300 euros en début de carrière…etc.

Il y a un gros problème non ?
Quid des notaires, commissaires priseurs, liquidateurs/mandataires judiciaires, avocat dans la représentation obligatoire ou leur monopole ?

Mon propos n’est pas de dévaloriser,
que les libéraux gagnent ce qu’ils gagnent c’est bien,
qu’ils soient des acteurs indispensables pour le service public de la justice et qu’ils ne soient pas fonctionnaires, c’est une idéologie que je ne partage pas du tout (entre autres parce que la justice n’est plus la même pour tous, même avec l’aide juridictionnelle qui est une grande rigolade pour la classe moyenne).
que les autres professions autant qualifiées et autant indispensables au service public gagnent moins c’est vraiment pas correct et irrespectueux.
que ces libéraux traitent (parfois mais c’est le parfois de trop) avec irrévérence les greffiers, magistrats et autres fonctionnaires parce qu’ils sont fonctionnaires est odieux.

Bon courage à vous tous et merci de mener ce combat pour nous, citoyens.

Bien cordialement,

18. Le samedi 26 avril 2014 à 15:08 par jojo

merci pour votre article et votre soutien….cela fait plaisir de voir son métier reconnu et de ne pas être traité pour une fois de “fonctionnaire” car je pense que la plupart d’entre nous ont choisi ce métier par amour et non pas pour être “fonctionnaire”….Greffier depuis un peu plus de 10 ans après avoir été emploi jeune au sein d’un tribunal, je trouve que les conditions de travail se détériorent de plus en plus….cumulant 3 services différents dans un petit TGI, je me rends compte du dévouement de mes collègues pour assurer le bon fonctionnement de notre juridiction dont le budget se réduit comme peau de chagrin…..j’en profite également pour dire merci aux adjoints administratifs qui triment à coté de nous et sans qui nous ne pourrions pas avancer car ce sont souvent eux qui nous forment lorsqu’on arrive dans un nouveau service !!!!

19. Le samedi 26 avril 2014 à 18:15 par Patte de velours

INDIGNE(E)S !

Bonjour Me Eolas,
Avant tout, un grand merci pour votre soutien qui rend un si bel hommage aux fonctionnaires, je n’ai pas envie de dire greffiers car sans nos collègues de toutes catégories (C, adjoint technique, SA, etc … ), nous ne serions rien. A l’instar de la justice qui n’est rien sans l’oeuvre de chacun d’entre nous, toutes professions du droit confondues.
Et parlons-en de cette justice !
Une justice aveugle face aux conditions de travail exécrables de ces agents, à qui elle en demande toujours plus avec toujours moins de moyens humains et matériels
Une justice transparente qui sait pourtant si bien rendre flou l’ensemble de nos droits
Une justice impartiale qui sait pourtant créer des différences là où elles ne devraient pas exister…
Bref, une justice injuste tout simplement.

Je suis une jeune greffière mais je suis déjà, hélas Me Eolas, désabusée de voir que l’idée de la Justice telle qu’elle m’a été enseignée n’est en réalité que purement putative.
Que sont devenus les grands principes qui fondent notre Justice, qui nous ont sans cesse été rabâchés pendant nos études et auxquels nous av(i)ons tant envie d’y croire ?
Où sont ces idéaux pour lesquels nous avons envie de travailler ?
Evanouis… dans ces méandres législatifs où «  légiférer plus, pour vous noyer plus » est l’adage qui prime de nos jours, nappé de statistiques hebdomadaires, mensuelles, trimestrielles, annuelles toutes plus indigestes les unes que les autres ; le tout accompagné d’une farandole de priorités qui dépassent notre entendement puisque les fonctions administratives d’un greffier sont prioritaires à ses fonctions juridictionnelles !!! Cherchez à comprendre …
Ou pas
Puisqu’en définitive, tout ceci a pour conséquence d’annihiler notre humanité étant donné que nous ne sommes plus réduits qu’à des chiffres ou des bâtons alors que nous sommes des êtres humains avant tout !
Ainsi, nous voilà pris dans un conflit de performance où nous devons conjuguer au quotidien Miracle et Impossible, autrement dit à la fois calculer des statistiques toujours plus urgentes les unes que les autres (quand on ne vous les demande pas la veille pour le lendemain ni qu’on vous redemande des stats que votre chef a tout simplement perdues) et en même temps accomplir son travail juridictionnel, c’est-à-dire ce pourquoi nous nous levons le matin et qui résume notre essence d’agent de la fonction publique : l’envie d’apporter sa pierre à l’édifice judiciaire et faire en sorte de satisfaire le justiciable, soit de s’occuper de son dossier, tout simplement !
Et votre greffier en chef de vous rappeler à l’ordre puisque vous ne communiquez pas vos « stats » à temps … limite à vous dire si ce n’est pas de votre fait la diminution du budget juridictionnel, puisque, faut-il encore le rappeler, nos si précieuses stats ont normalement pour objectif de déterminer le budget de chaque juridiction et par voie de conséquence, nos moyens humains et matériels ?
Et depuis quand le budget du Ministère de la Justice a-t-il connu une croissance exponentielle, et ce alors même que les statistiques sont calculées depuis que l’Homme sait manipuler les chiffres ? Il me semble bien au contraire qu’il ne réduise à peau de chagrin.
Le Ministère nous fait miroiter que les nouveaux moyens qu’il met à disposition de l’ensemble de ces agents vont améliorer nos conditions de travail : en quoi Cassiopée, InfoGreffe et autres applications abominables que j’oublie les ont-ils améliorées  ?
Cassiopée, dont le nom a un jour signifié quelque chose (chaine applicative supportant le système d’information orienté procédure pénale et enfants) mais dont bon nombre d’exceptions techniques me l’ont fait oublié, est, dirons-nous brièvement, peu fiable et surtout : perfectible.
InfoGreffe, quant à lui, est l’aboutissement de la merveilleuse idée de chronométrer ( au sens littéral du terme) le travail de fonctionnaires afin de paramétrer nos fonctions et permettre ainsi aux huiles de dire que telle tâche doit être effectuée en tant de temps…
D’où cette volonté manifeste de nous demander de travailler toujours plus, toujours mieux, plus fort, plus vite MAIS avec toujours moins de moyens.
Et l’on s’étonne que nous nous épuisions …

Mais où est l’adaptation de la justice au justiciable dans tout cela ? N’est-il pas dans l’intérêt du justiciable d’obtenir une justice rapide, qualitative et fiable ?
Alors que la réalité est tout autre :
Que dire ainsi des dossiers d’instruction qui « prennent la poussière » dans des Cabinets tous plus sinistrés les uns que les autres, où la moyenne nationale est de 80 dossiers par magistrat alors qu’en réalité elle flirte avec les 120 pour certaines juridictions, repoussant par voie de conséquence le célèbre « délai raisonnable » à des durées frôlant l’indécence ?
Que dire également des jugements correctionnels qui s’entassent dans des placards déjà depuis trop longtemps submergés, et dont les « heureux » destinataires ne recevront leur précieuse décision que bien des mois après ? Avec bien entendu les conséquences qui s’en suivent : qui dit jugement non dactylographié dit peine non exécutée (clin d’œil aux collègues de l’exécution des peines) et donc casier judiciaire non actualisé et victime non indemnisée …
Que dire des services d’application des peines, si injustement montrés du doigt, alors qu’ils sont encore aujourd’hui en sous-effectif chronique ?
Que dire des tribunaux pour enfants qui n’ont plus de tribunaux que le nom tellement les collègues qui y travaillent sont merveilleux de courage et d’abnégation ?
Sans oublier la partie civile de « notre Titanic judiciaire » : nous ne pouvons évidemment pas oublier nos collègues des affaires familiales, et autres chambres qui ont également à connaître de contentieux de masse, de retards qui s’accumulent et qui gèrent eux aussi du public difficile.
Quant aux autres services de nos juridictions que je n’ai pas cité, je ne vous oublie pas : vous êtes également en première ligne avec nous, mêmes souffrances, même galère et malgré tout, la même envie de bien faire votre travail.
Quant aux autres professionnels du droit, vous êtes pour certains des témoins silencieux de ce mal-être généralisé qui gangrène nos juridictions et que nous voudrions unanimement voir amputé. Pour celles et ceux qui nous soutiennent, de manière explicite ou tacite : MERCI !
Que pouvons-nous faire face au désarroi du justiciable, quotidiennement constaté, de voir son dossier traîner en longueur et reculer à des temps immémoriaux ?
Sans oublier que le désarroi du justiciable est « criant » au sens littéral parfois, de vérité toujours …. Qu’il confond de temps à autre la notion de « service public » et « au service du public » … Ni que les avocats, huissiers et autres professionnels du droit ont, eux aussi à faire face à des justiciables pas toujours d’humeur sympathique, ou de rappeler que sont en première lignes au sein des juridictions nos collègues, catégories B et C, en incluant votre humble narratrice, toujours fidèles au poste, remplis d’abnégation, de dévouement et d’un trop-plein de conscience professionnelle ; qualités, si ce n’est vertus, sans lesquelles le bateau sombrerait ?
Vous rappelez-vous que le jury vous ait un jour demandé vos qualités lors de votre entretien ? J’ignore pour vous, mais pour ma part, je ne me rappelle pas avoir répondu « abnégation ». Et pourtant je constate cela quotidiennement : et pour preuve, qui n’a jamais dépassé son quota horaire pour terminer un travail purement «  de greffe » (c’est-à-dire hors audience) alors que la journée avait déjà été suffisamment harassante comme cela, et ce alors même que nos heures supplémentaires ainsi réalisées ne sont pas indemnisées ?
Et l’on s’entend dire dans notre entourage plus ou moins proche que nous sommes chanceux, que nous avons la sécurité de l’emploi.
En ces temps difficiles, je ne puis effectivement m’estimer qu’heureuse d’avoir un emploi pour lequel j’ai durement travaillé, à la sueur de mon front d’étudiante. Et il serait en effet indécent de ma part de me plaindre quand je pense aux personnes qui doivent cumuler les emplois ou qui n’en ont pas du tout.
En revanche, je ne peux rester indifférente face aux personnes qui pensent qu’être fonctionnaire est le corollaire d’être planqué.
En d’autres temps peut-être, mais depuis, nos conditions de travail se sont dégradées au fur et à mesure que la procédure civile, pénale, et prud’homale s’alourdissaient.
Je puis désormais vous le dire, Mesdames et Messieurs, cette sécurité de l’emploi se paie cher.
Le greffier, ou plutôt le fonctionnaire de justice (catégories B et C), est un rouage essentiel pour que la Justice soit rendue.
Nous sommes effectivement les bras droits des magistrats, dont certains (mais malheureusement pas la totalité) nous soutiennent et que je remercie vivement.
Nous sommes ces hommes et ces femmes de l’ombre, dont les professions sont méconnues et surtout NON reconnues.
Un magistrat que je n’ai jamais eu la chance de rencontrer mais dont l’hommage est sincère, a écrit un jour « Un magistrat sans greffier, c’est Aktarus sans Goldorak, Harry sans Ron et Hermione. Bref, ce n’est rien » pour le reprendre partiellement.
Alors aujourd’hui, il suffit !

Une reconnaissance de nos professions est nécessaire : nous ne somme pas qu’une paire de bras.
Notre reconnaissance statutaire devient salutaire.
Bon nombre d’entre nous sont bardés de diplômes (si si) et sont pour autant mis aux bans de la sphère judiciaire dès que l’occasion se présente.
Or, la Justice ne se résume pas qu’à des magistrats d’un côté et des avocats de l’autre (sans vouloir vous vexer), au milieu, nous sommes des milliers à exister et souffrir de ce manque de reconnaissance.
Sans parler de certains qui sont désagréables envers nous, nous ignorant purement et simplement au lieu de nous saluer, voire nous parlant de manière détestable ou refusant catégoriquement d’accomplir certaines tâches, estimant que cela les avilit. Et j’en passe…
Nous ne voulons pas être des « laissés-pour-compte ».
Il serait également de bon ton que cette reconnaissance statutaire s’accompagne d’un réajustement pécuniaire. Restons cohérents et rationnels : nous ne pouvons décemment pas demander à un agent (toutes professions et catégories confondues) de travailler plus si le traitement ne suit pas.
Et à ceux qui nous opposent les économies drastiques à opérer d’urgence ainsi que le gel du point d’indice, je leur réponds : c’est trop facile. La fonction publique est malmenée depuis trop longtemps. Le Ministère de la Justice exploite ses propres agents.
Sans pour autant nous punir de la sorte, des économies peuvent être trouvées de bien d’autres manières mais je n’aurai pas la prétention de les citer.

La France, pays des Droits de l’Homme s’il en est, est bien mauvaise élève lorsqu’il s’agit de consacrer un pourcentage de son PIB à la Justice.
Il est grand temps de rappeler à notre Ministère à qui nous vouons corps et âmes malgré nous, que nous traitons avant tout de l’Humain, et que nous avons pour cela besoin de moyens humains, puis matériels. Le printemps des greffes est un feu qui couve depuis bien trop longtemps et il ne saurait être qu’un vulgaire feu de paille.

Ma prose peut vous paraître bien sinistre mais malgré tout, je garde espoir qu’un jour nous connaissions une amélioration significative de nos conditions de travail et que nous obtenions cette reconnaissance tant attendue.
L’être humain est certes un éternel insatisfait, mais il reste également avant tout un éternel rêveur.
Et je veux faire partie de cette seconde catégorie.

20. Le samedi 26 avril 2014 à 23:23 par Holmes

“Retour vers le futur”

Porte-Greffe,


***Il reste heureusement beaucoup d’eucalyptus et de pastilles valda. ***

21. Le dimanche 27 avril 2014 à 00:04 par chaton en chef toujours PAS en colère

@ Minerva : Vous vous interrogez sur le sens de mes propos, je m’en vais donc vous éclairer.

Pour mémoire, le paragraphe cité est : ” … (les greffiers) sont aujourd’hui autant voire plus diplômés que les magistrats, ils ont récupéré tant de compétences si divers que leur travail est presque aussi sinon plus complexe que celui des magistrats (bien que toujours différent par nature). Pourtant, leur salaire atteint péniblement le tiers des magistrats” )

Ces propos venaient après : “Parallèlement à (la baisse des dotations des juridictions) monte un mouvement de grogne des greffiers”

Pour ma part, je vous rejoins quand vous dites que les greffier ne sont pas à plaindre comparé à d’autres corps de la fonction publique. Mais venant d’un magistrat cette remarque ne manque pas d’air je trouve. Et prenez la peine de parler avec “vos” greffiers sur ce qu’ils pensent du transfère de certaines taches des magistrats vers eux, ce qui est l’un des objet de la réforme.

Du point de vue de leur immense majorité il s’agit de leur demander toujours plus de travail, et de faire peser sur eux des responsabilités qui incombent aux magistrats, sans les payer plus. (d’ailleurs je ne comprend pas la logique quand ils disent plus de travail … leur rythme horaire ne changera pas. Juste la nature des tâches confiées) .

Quand je lis votre commentaire, que leur répondez vous ? Le concours de l’ENM est ouvert ? Sous entendez vous que les greffiers n’ont qu’a se bouger pour rejoindre la corporation des magistrats ? Je suis sûr que ceux qui vous lisent apprécions.

Moi je pense que chacun devrait être rémunéré selon : l’importance de sa contribution au service que nous rendons en terme de volume et de qualité et en fonction de la rareté de sa compétence.

Et je crois que la rareté et la complexité de la compétence des magistrats est aujourd’hui sur évaluée (les BAC+5 et doctorants en droit ne sont plus si rare qu’avant) tandis que celle des greffiers est sous évaluée (le bon greffier est aujourd’hui probablement aussi dur à trouver que le bon magistrat).

De plus, c’est un constat que les finances publiques ne permettent plus d’augmenter la rémunération des uns sans prendre les sous ailleurs. Soit dans la poche du contribuable, soit dans un autre poste de dépense.

Partant, le raisonnement est simple :
1° le gouvernement veut transférer des fonctions des magistrats aux greffiers
2° les greffiers veulent en préalable à cela être mieux rémunérés
3° le gouvernement n’a pas d’argent à leur donner, sauf à piocher ailleurs

Solution possible : Prendre des € à ceux qui auront moins de responsabilité pour en donner à ceux qui en auront plus.

L’expression de votre soutien fait plaisir aux greffe. Mais si cette expression ne se traduit par rien de concret, c’est du vent.

Au passage, je précise que pour ma part je suis favorable à ces transferts. Ils auront pour double intérêt 1° de rendre le travail de greffe plus diversifié et intéressant (à condition de ne pas se coltiner uniquement ce qui déplaît) ce qui est absolument nécessaire vu le profil des nouveaux greffier sortant des fac, 2° de permettre d’assurer un service public identique pour un moindre coût pour la société.

Je souhaite aussi corriger une erreur / mensonge par omission de votre part.

S’il est vrai qu’un magistrat commence à environ 2600, et un greffier à environ 1600, soit 1000€ de différence, les écarts ne sont plus du tout les mêmes par la suite. 80% de la magistrature est au 1er grade. On peut donc affirmer sans trop se tromper qu’un magistrat en milieu de carrière gagne en moyenne prêt de 5000€ (sans compter les primes) alors que les greffier tournent plutot entre 2000 et 2500€ en milieu / fin de carrière.

PS: Il n’y a pas grand chose qui m’énerve plus que de lire “mon” magistrats ou “mon” greffier. On en est encore au temps de la féodalité ou l’un était l’Homme de l’autre ? Magistrats et greffiers sont des corps qui doivent collaborer pour faire fonctionner les palais de justice, tout comme les différents services d’une entreprise travaillent ensembles. Il serait bon d’arrêter d’utiliser ces pronoms possessifs qui contribue au complexe d’infériorité / supériorité dans la relation greffier / magistrat.

22. Le dimanche 27 avril 2014 à 02:49 par ANONYMOUS

Vous avez quoi comme moyens de pression en fait?
Est-ce qu’il serait possible par exemple qu’une bonne proportion des greffiers arrêtent de faire des heures sups non payées pendant disons une semaine? Quel genre de conséquences sur le fonctionnement du système en découlerait? Est-ce que vous risqueriez des sanctions? (vu qu’elles sont non payées j’imagine que ça ne ferait pas trop de mal à vos portefeuilles)

23. Le dimanche 27 avril 2014 à 11:25 par Nichevo

Cher Maitre , cela me fait plaisir de vous lire à nouveau et de constater que vous militez cette fois “pour une justice plus humaine” alors que vous étiez parfois moins sentimental concernant certains attendus favorables à vos clients mais moins envers leurs victimes…

Cela fait bien longtemps que je ne suis pas revenu sur votre blog pour vous titiller un peu.

Je connais bien les contraintes des greffiers que vous évoquez car j’ai exercé moi aussi dans une administration étranglée par ces mêmes “contraintes budgétaires” sur lesquelles vous avez toutefois jeté un voile pudique, mais je sais bien que vous restez très pudique en ce qui concerne ces mêmes difficultés vécues cette fois par mes collègues policiers..

Car moi aussi, j’ai connu les pannes de fax, le manque de papier, les locaux inadaptés et aussi le mépris de certains avocats qui n’en avaient franchement rien à foutre de nos difficultés sauf si cela permettait à leur client de retourner dehors.

Un fax qui ne marche pas, c’est ballot mais ni l’OPJ ni le juge n’ont encore la faculté de démonter le bouzin et de le réparer. Le matériel est scellé par une vignette.

En cas de panne il faut aviser une société spécialisée et si cette société n’a pas été payée depuis Mathusalem et ben….rien.

Le gardé à vue repart dehors, le mis en examen est laissé libre, le condamnée ne l’est plus vraiment et la victime n’a que ses yeux pour pleurer de rage face à un système, il faut le dire, complétement défaillant ..

Une éclaircie cependant dans tout ce marasme, car la venue de vos éminents collègues dans nos locaux à parfois permis de mieux se connaitre.
Tout comme certains irréductibles a sein de l’éducation nationale ont changé d’attitude envers nous face à l’attitude de certains sauvageons qui, contrairement à leurs parents, n’avaient pas lu Dolto, et bien nous avons nous aussi sympathisé avec vos confrères…

Nous en avons souvent discuté, parfois plaisanté et je vous remercie encore de m’avoir simplement écouté.

Maintenant vous avez une bonne connaissance de nos conditions de travail dans ces “hôtels de police” qui , contrairement aux gendarmeries restent ouverts 24/24.

Vous percevez la démotivation actuelle au sein de nos troupes et une désaffection pour cette qualité d’OPJ, autrefois très prisée mais aujourd’hui délaissée par de nombreux Brigadiers et Gardiens.

Tout comme les greffiers cités dans votre billet, ils connaissent en fait les mêmes difficultés :
Problèmes de logistique, (papier, fax, véhicules, locaux vétustes, inadaptés, code de procédure pénale à géométrie annuelle très variable ), et pas de budgets pour améliorer tout cela, juste de nouvelles contraintes économiques et au bout la perspective de voir son pouvoir d’achat amputé de 2 % par an…

Pas follichon…

L’opinion publique reste totalement hermétique, bercée par des séries télé abêtissantes et les débats sur la prochaine réduction du nombre de ces mêmes fonctionnaires …

On retape un peu les effectifs par ci par là avec des contractuels qui n’ont de policiers que le nom, on crée des décors, on saupoudre d’un peu de com et puis plus rien…

Pendant ce temps le monde change et même chez nous, ce que j’appelle “le déclassement” se fait également sentir au même titre qu’une méchante envie de tout envoyer balader.

Alors on raille parfois la formation de ces nouveaux OPJ qui touchent pour cet investissement permanent une prime royale de 50 euros par mois. Ils sont à présent Gardiens, Brigadiers, majors alors qu’avant ils étaient inspecteurs, commissaires, officiers.
Tous ont laissé tomber le judiciaire, préférant à présent donner des instructions à des personnels alors qu’ils perdent un peu plus chaque jour leurs compétence en la matière…
De toutes les façons on s’en fout car ils sont en voie d’extinction.
Trop chers…

Je vous confirme que la tendance est donc au sauve qui peut dans ce domaine…
Plus personne ne veut être OPJ. Les services prestigieux ne parviennent plus à recruter….
La machine se grippe.

Il y a 5 ans , je vous annonçais que je renonçais (avec une certaine amertume je l’avoue), à cette qualité d’OPJ face à une iniquité de plus en plus gênante entre l’auteur , l’OPJ pris en sandwich, et la victime.

Cette dernière occupe maintenant la troisième place sur le podium et je pense même qu’un jour elle en sera dégagée à grand coups de pied au cul pour de soit disant “indemnisations d’assurance”, au mépris de ses préjudices physiques et moraux réels, au mépris du droit…

J’exerce toujours le même métier, j’en ai même profité pour peaufiner ma formation mais pas dans le domaine judiciaire. C’est fini.

Je n’ai pas pour autant abandonné les victimes…et je reviens de temps en temps sur votre blog pour voir comment évolue ce petit monde judiciaire qui va bien mal…

Je reste à l’écoute mais d’un point de vue strictement administratif cette fois…

Portez vous bien cher Maître.
On veille sur vous…
Amicalement

24. Le dimanche 27 avril 2014 à 12:13 par le vent

déçue par certains post ici même; qui peut dire ne jamais avoir subi la pression, limite le harcèlement parce qu’il faut rendre les jugements, parce qu’un avocat est allé discrètement se plaindre de ne pas avoir la décision manuscrite; qui n’a pas eu à subir les colères des magistrats, parfois humiliantes? qui n’a pas eu à recevoir une mail indiquant qu’il faut PURGER le retard et régler les AFM parce qu’encore les avocats se plaignent sans pour autant comprendre qu’il y a du retard , que nous manquons de temps, que nous ne sommes pas des machines, que nous nous épuisons au quotidien dans des services de plus en plus alourdis par les réformes de plus en plus fréquentes; qui n’a pas eu envie de pleurer face à la masse de travail , face au peu de cas parfois que les chefs de juridictions ou les GEC en font? et qui peut dire que le temps du 21 eme siècle sera une nouvelle ère pour les fonctionnaires de la justice quand on voit les conditions déplorables dans lesquelles nous tentons de faire notre travail? chacun veut défendre sa position son grade ou son corps mais c’est l’ensemble du système qui pêche parfois par orgueil….
Le vocable le plus gênant MES greffiers, Ma fonctionnaire? et je n’imagine même pas ce que certains ou certaines ont du endurer des emportements caractériels de certains magistrats pour lesquels les fonctionnaires n’ont malheureusement rien à faire, si ce n’est à subir dans le silence;
alors déjà que chacun se respecte, que les discussions se fassent et que le projet qui passera passe dans le respect des doléances de chacun, une oeuvre de justice voici notre volonté , une oeuvre à plusieurs

25. Le dimanche 27 avril 2014 à 19:22 par Egidio

Et puis, il y a tant à dire…

A vouloir nous comparer toujours et toujours au secteur privé, et bien, il nous revient d’en utiliser les mêmes ressorts après tout, demandons des comités d’entreprise, des chèques restaurants, la participation aux bénéfices…les 35 heures, l’indemnisation chômage et nous renoncerons à la sécurité de l’emploi. Savez-vous que l’on cotise déjà à l’assurance chômage par le biais de la Contribution Solidarité ? Oui, oui, sans blague, on cotise à l’assurance chômage du secteur privé !

Et puis si les magistrats ont moins de responsabilités à l’avenir puisqu’il est question de nous en transférer, il serait de bonne justice qu’il participe à l’effort en renonçant à l’avancement au choix et les avantages qui vont avec.

Pourquoi en tant que fonctionnaires, devrions-nous toujours et toujours passer des concours pour changer de grade alors qu’un magistrat, une fois le concours passé, sa carrière est garantie ?

Ce n’est d’ailleurs pas spécifique de leur corps mais de tous les corps de fonctionnaires dits prestigieux.

Il paraît qu’il faut être solidaire, je suis solidaire des gens dans la précarité, pas des gens qui sont donneurs de leçons quand on ose prendre la parole.

26. Le dimanche 27 avril 2014 à 20:16 par exequatur

Merci, merci pour ce plaidoyer en faveur des personnels de greffe. Je ne pourrais pas mieux décrire la situation telle que vous le faites. C’est un lent naufrage oui.
Je pars à la retraite dans peu de temps avec une décote d’un an car je n’en peux plus et pourtant j’aime vraiment ce que je fais .Je me suis sentie “couler” peu à peu : “on rattrapera le retard pendant les vacances “disions nous il y a un certain temps ! Fini tout ça on ne peut rattraper rien du tout. Je ne maitrise plus mes services c’est l’urgence qui organise notre quotidien. Quelle frustration !
J’ai toujours défendu les magistrats avec lesquels nous travaillons main dans la main pour la plupart. Dans un tribunal à une chambre ce n’est pas facile pour eux non plus avec la multitude de casquettes qu’ils ont. Merci à MINERVA.
J’aime beaucoup le monde de la justice et je tiens à défendre cette justice rendue au quotidien. Je regrette déjà mon métier dans lequel je me suis éclatée je dois l’avouer. Greffier est un super métier.
Merci encore à vous.

27. Le lundi 28 avril 2014 à 11:16 par ANONYMOUS

L’article de Maxime a un problème. Il s’affiche bien sur la page principale mais quand je clique sur le titre il n’y a qu’une erreur 404 non trouvé (lien http://www.maitre-eolas.fr/post/201… )

28. Le lundi 28 avril 2014 à 12:22 par genau

Ancien magistrat, ces billets me plaisent beaucoup.
J’ai connu des greffiers de toutes sortes, dont un, manifestement barjo, qui avait supprimé les abonnements aux revues juridiques, au motif que c’était trop cher. Difficile de lui faire admettre le contraire. C’est le seul exemple. Sans doute, y avait-il des dames revêches, des taiseux, des insuffisants, et même une foldingue qui faisait des effets de chevelure à l’audience pénale, alors même que je posais solennellement une question au prévenu, qui risquait très gros, question, que j’ai dû répéter deux fois, en regardant ostensiblement de son côté, sans succès, elle s’en foutait, mais c’est le lot de toute profession d’avoir des canards boîteux.
En revanche, collaboration attentive, en général, et compétence. Collaboration, prise en commun de décisions d’organisation d’audiences en retard pour purger un domaine délaissé, concertation sur les comptes de tutelle, mise en pespective des stocks (nous rendions les décisions à 8 jours, 15 au maximum), repas en commun; pour une installation j’avais invité tout le tribunal au restaurant, même le concierge, ça met de l’ambiance. Oui, ça fait un peu prétentieux, mais je m’en tape, c’était très réussi.
Ceux qui se plaignent des injonctions magistrales de purger un secteur, alors qu’on ne leur en donne pas les moyens peuvent suggérer des solutions, mais dans les derniers temps de mon exercice, sur une semblable occurrence, j’avais essayé d’organiser, à ma charge, des audiences supplémentaires, sachant que je m’appuyais toute la rédaction sur support numérique. La greffière en chef m’avait répliqué avec compassion: “Monsieur, vous êtes d’un autre temps.”, voilà, il fallait partir et ce sont les greffiers qui ont organisé mon pot de départ, sans les magistrats.

Dès mon arrivée dans la fonction, j’avais décidé que je taperais mes jugements sur ordinateur, mis en cassette, le greffier n’avait plus qu’à poser les entêtes, parties, qualités et mentions légales. Le président de l’époque faisait ses factums au stylo à encre, affirmant que le tapuscrit était un travail de greffier.
N’idéalisons pas, je n’étais pas un très bon magistrat, style trop dense, elliptique, vocabulaire un peu complexe, je n ‘étais pas excellent.
Les avanies dont se plaignent certains commentateurs sont communes aux magistrats. L’ambiance chez ces gens-là est équivoque; entre la morgue et la bénignité, mais on y trouve des personnalités fulgurantes. Le vrai, c’est que trop souvent le greffier est transparent.
Je me souviens m’être un jour disputé avec la greffière, à l’audience des saisies immobilières, sur une question de procédure, pendant une pause. Les avocats ont levé la tête, attirés par une onde d’irritation. C’était une erreur de ma part, bien sûr, mais on a retourné la situation en disant “Ne vous inquiétez pas, c’est une scène de ménage entre un juge et son greffier.” et, de fait, ce n’était que cela, mais c’était aussi la marque de notre complicité (le vilain mot).
J’ai gardé pour nombre des greffiers une réelle amitié, dont certaines sont encore très actives et bien réalisées au quotidien.
Exequatur dit des choses sensibles et justes, beaucoup de magistrats travaillent admirablement avec leurs greffiers, c’est l’institution qui est malade. Et ça ne date pas d’hier. J’ai longtemps et souvent lu les décisions du juge Magnaud ce “grand oublié de la République”, l’inventeur de l’état de nécessité et d’autres phénomènes plus discutables. Parle t’on une seule fois du greffier qui l’assistait ? Ce serait intéressant de savoir s’il y a quelque chose à ce sujet qui rende compte d’un état d’esprit, d’une adhésion ou une réticence.
On se rend bien compte de l’immense bonne volonté du personnel qui se heurte à une organisation défaillante dont on ne saisit pas très bien l’étiologie. Evidemment, la justice est une épine dans le pied des gouvernants et surtout des politiques qui la voudraient à leur service, tout en sachant que l’Histoire démontre la catastrophe que cela engendre. Bien sûr, la hiérarchie est au contact compromettant des politiques et a trop souvent frayé avec eux. Certes, il y a des ministres de la Justice déconcertants, mais rien de tout cela n’explique l’étrange maladie de ce corps d’Etat. L’accumulation d’exemples ne rend pas compte du principe d’exercice.
A l’adresse de chaton en chef sur l’emploi du pronom possessif. Je gage qu’on pourrait lancer aussi une fatwa contre cet emploi du possessif, comme on entre dans le genre indifférencié, administratif et rien que cela. Après tout, la police du langage est déjà dans les moeurs, quatre crétins ont bien demandé l’interdiction de l’expression “français de souche”, mais il faudra alors sanctionner Voltaire, c’est déjà fait, et créer une police de la langue qui utilisera un manuel des mots interdits, radarisés et immédiatement sanctionnés par le Centre de Nantes. J’amdets que l’extrapolation est un peu outrancière, mais si on n’y prend pas garde, toute opinion ou tout vocabulaire ne sera bientôt accepté que s’il correspond à l’idéologie dominante. J’ai connu les pays communistes, notamment la DDR et ça se passait comme ça, le double langage permanent, même sur le temps qu’il fait. Si c’est ce que vous souhaitez, très bien, mais vous y aurez perdu le rapport réel d’appartenance temporaire qui lie le juge et son greffier (puis-je employer ce masculin neutre?) comme le greffier à son juge, c’est un rapport équipolent, pour l’accomplissement d’une tâche publique. Mais je suis d’un autre temps, celui du regard personnel, de l’attention et de la considération, j’ai manqué le train du catalogue.

A MINERVA, bouillante et objective à la fois. Certes, il faut soutenir le mouvement, mais aussi se rendre compte qu’il est face à un pouvoir, aujourd’hui comme hier, qui perd progressivement pied dans un monde qu’il ne peut plus contrôler, qu’il se contente de gérer à moindre risque, avec les ratés que cela suppose.
D’une part, des gens qui bombent le torse, confrontés à des puissances inimaginables, de l’autre, des incidents de parcours, gérables parce que c’est le peuple qui les suscite, dont la motivation profonde reste le bien-être, au sens large et que, pour cet idéal, on ne prend pas les armes. Dans l’ordre des priorités, le choix est fait. L’idéologie est en place, la société est ligotée, les acteurs sont secondaires. Il faudrait sortir de ces liens, à quel prix ? En achetant l’almanach Vermot, peut-être.

29. Le lundi 28 avril 2014 à 16:52 par Samdesbois

Un petit mot pour remercier les multiples témoins qui sont passés à la barre en répondant à l’appel de Maître Eolas.
Et un autre remerciement au maître des lieux pour l’accueil qu’il a effectué envers ses invités.

30. Le mardi 29 avril 2014 à 06:16 par Confrère des Champs

Ce matin, j’irai porter aux greffiers la motion de soutien votée par le modeste Conseil de l’Ordre de mon petit barreau. Lorsque j’ai porté cette question à l’ordre du jour du Conseil de la semaine dernière, j’ai pensé à telle greffière qui, parfois, s’arrête au milieu de l’escalier pour reprendre son souffle les bras chargés de dossiers ; à celle qui supporte stoïquement les récriminations de mon confrère Me LEGRINCHEUX qui la tient manifestement pour responsable des délais d’audiencement devant le JAF ; à celle qui, aux assises il y a longtemps, me faisait discrètement remarquer que l’ordonnance de prise de corps disparaissait avec la disqualification par la Cour du crime poursuivi en simple délit et que je serais peut-être bien inspiré d’aller repêcher mon client dès lors détenu arbitrairement à la maison d’arrêt, du moins jusqu’à l’expiration du délai de pourvoi (c’était il y a très longtemps) ; à toutes celles qui sortent avec moi du bureau du JLD vers 22h30 ou plus tard ; à toutes celles qui m’ont dit tout le bien qu’elles pensaient de mon élection de Bâtonnier, même si elles savent très bien que je me plaindrai es-qualités de bien des disfonctionnements ; enfin à toutes celles que je rencontre rarement et dont le travail acharné permet à l’institution de ne pas sombrer corps et biens. Enfin, pas tout de suite.

31. Le mardi 29 avril 2014 à 09:47 par Sherley

Je voulais simplement intervenir pour attirer votre attention sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un mouvement des greffiers mais des fonctionnaires de justice toutes catégories confondues. C’est à dire Greffiers en Chef (A), Greffiers (B), Adjoints Administratifs et techniques (C) et Secrétaires administratifs (SA) mais je pense que vous devez savoir que dans les Juridictions il n’y a pas que des Greffiers. Je veux bien comprendre que le public et les médias généralisent, tout comme quand il y a des mouvements dans l’éducation nationale où il est question que des profs, mais pas vous qui êtes au sein de la justice. Dans de nombreux Tribunaux le mot d’ordre est l’unité et tous sans robe pour bien marquer que c’est un mouvement commun, qui a pris naissance de la base sur la messagerie interne sur laquelle toutes les catégories ont échangé et compris qu’ils étaient tous dans la même galère et en colère . C’est très important de respecter ce point afin d’éviter que la chancellerie tire profit pour appliquer le diviser pour mieux régner. Pourquoi ce mouvement est commun ? Il est avant tout un raz le bol général des fonctionnaires de justice qui travaillent dans des conditions dégradées et qui tiennent à une justice de proximité accessible à tous et ne veulent surtout pas l’instauration des Tribunaux de Première Instance prévus dans la réforme de Mme Taubira “La Justice du 21ème siècle” . En bref ils ne veulent pas d’une Justice du 21ème siècle avec des moyens du 18 ème !.
Adjointe administrative et représentante CGT qui va manifester avec son mégaphone et ses collègues de toutes catégories (sans robe mais déterminés)
Bien à vous

32. Le mardi 29 avril 2014 à 14:03 par دانلود فیلم جدید,دانلود فیلم,دانلود رایگان فیلم با لینک مستقیم,دانلود فیلم رایگان,دانلود رایگان سریال,دانلود فیلم با لینک مستقیم,دانلود فیلم جدید رایگان,دانلود سریال و فیلم ,دانلود فیلم ایرانی با لینک مستقیم

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33. Le mardi 29 avril 2014 à 14:37 par SkyC

Maitre,

J’admire votre soutien aux greffiers, en tant qu’étudiante en droit c’est un corps que j’admire beaucoup. Je comprends leur colère, ils sont souvent surchargés de travail, ils manquent de moyens, ils font de longues études pour un salaire qui n’est pas à la hauteur de l’importance de leur travail.
Je souhaite signaler que malgré leur grande importance, il n’y a personne en fac de droit qui y entre en rêvant de devenir greffier, alors que c’est un beau métier. Il gagnerait vraiment à être valoriser car trop de gens le font par défaut, même si on apprend à l’aimer: ce n’est pas un métier qui fait envie.
Et cette réforme ne va surement pas améliorer leur conditions de travail…

34. Le mardi 29 avril 2014 à 15:33 par Justiciable solidaire

Bonjour Maître,

On parle de votre démarche sur le site de l’Huma (tout en bas de l’article)

http://www.humanite.fr/nous-sommes-…

Tout mon soutien, à nouveau, pour ce mouvement

35. Le mardi 29 avril 2014 à 17:54 par francis

entre 1600 et 2600 euros bruts mensuels en 2003, en indiciaire pur,
est-ce un salaire manifestement sous évalué ?
quant à la solution, elle me semble passer vers une réorganisation de la justice pour que celle-ci soit efficace, compréhensible, simple, lisible, rapide, moins procédurale, plus accessible au justiciable, c’est là que doivent se montrer les qualités d’imagination, de conviction, de décision des professionnels, faute de quoi des administratifs, des ministres se saisiront du dossier pour le faire avancer, au nom des justiciables, sans l’avis, l’aval des professionnels du droit !
ce que, entant que citoyen j’apprécierais, c’est une juridiction territoriale unique qui organise
tribunaux d’instance, de prudhommes,ruraux, commerciaux,
et même assises et tribunaux administratifs,
avec des services compétents pour orienter les justiciables (et leurs avocats),
et ne pas perdre temps et énergie, argent de chacun dans ces labyrinthes !
j’aimerais aussi que les avocats, les huissiers jouent un vrai rôle de conseil, pas de filtre…
enfin il y aurait tant à dire, il y a tant à faire…

36. Le mardi 29 avril 2014 à 20:32 par Cyril Delacour

Si le juge peut tout la loi ne vaut rien.

J’ai été condamné à 1 mois de prison avec sursis pour outrage au greffier de mon affaire familiale qui a refusé de m’informer sur la manière d’obtenir mon dossier qu’il a affirmé « clôturé ».

Or selon l’art. 433-5 les peines de prison pour outrage concernent les dépositaires de l’autorité publique.

Est-ce qu’un greffier (JAF) est dépositaire de l’autorité publique, ou simplement au service public ?

Je n’ai pas pu le faire révoquer, je n’ai toujours pas accès à mon dossier, et ma fille me manque si cruellement…

Donc, pour en revenir aux “greffiers en colère”, veuillez s’il vous plaît bien être au service du public et remplir vos fonctions d’informations, alors vous aurez le soutien des justiciables qui ne sont pas si méprisables tout de même.

37. Le mardi 29 avril 2014 à 21:20 par sans

Messieurs, Mesdames, pour planter le décor: venant du droit public, une réattribution des compétences a conduit un de mes litiges devant le JLD et moi avec. Pour vous dire, sans les greffiers, ça aurait été le naufrage assuré (avocat perdu entre les wc et la salle de visioconférence pour n’en mentionner le plus bête).
Plus sérieusement: même si je suis certaine que nombreux ff font très bien, je suis aussi sûre que le poids d’une greffière (en l’espèce une dame) d’expérience intime du contentieux de sa chambre avec sa robe et son aisance, son élégance, sa prestance naturelle, fût-ce taisant en audience, sur un magistrat peut-être un peu disons original dans sa perception du droit sera tout autre que celle d’une adjoint administratif que j’apprécie par ailleurs mais qui s’est fait tout petit dans sa veste à carreaux. Autrement dit, la dignité de la Justice (qui va au-delà de la démocratie) est aussi tributaire du respect institutionnel du greffier.
J’ai vu des jugements se faire dans un échange de regard entre greffière et “son” juge. Non, ça ne me choque pas. Ce n’est pas se défausser sur la greffière, c’est respecter son expérience et humainement bon. Autrement dit, le TPI et la mutualisation des moyens ne me paraît pas une bonne idée.
La CEDH a imposé qu’un tribunal ne soit pas seulement impartial mais qu’il apparaisse également comme tel. On ne peut attendre le respect de la justice si celle-ci n’apparaît pas comme respectable. La mauvaise paie et la mauvaise organisation ne sont ni l’apanage du greffe, ni du judiciaire, ni même du public (vous a-t-on narré l’histoire du plombier embauché par une grande entreprise privée sur un poste d’électricien?). Mais ce manque de considération…de la France… (entre une équipe de football championne du monde et un appareil judiciaire inspirant la considération on choisirait quoi?)

38. Le mercredi 30 avril 2014 à 09:43 par aixois

@35 francis
Je suis toujours très surpris par les commentaires des intervenants, soit disant bien informé, sur le sujet des rémunérations des fonctionnaires en général et en l’espèce des greffiers.
Où avez vous été chercher qu’un greffier gagnait entre 1600 et 2600 euros brut en indiciaire en 2003 ? Je serais assez curieux de connaitre vos sources.
Pour votre information à ce jour, soit le 30 avril 2014 un greffier stagiaire débutant est classé à l’indice majoré 314 la valeur du point d’indice mensuel étant de 4,63 euros brut cela donne un salaire indiciaire brut de 1463 euros et des poussieres

Un greffier au dernier échelon de son grade de B1 grade terminal est à l’indice majoré 534 soit un salaire indiciaire brut mensuel de 2472 euros.

Alors avant de dire n’importe quoi il est plutôt aisé de se renseigner.
Remarquez j’ai lu l’autre jour un intervenant qui prétendait qu’un greffier gagnait 30000 euro par mois !

De plus le niveau des salaires n’est qu’accessoire ! la question est de savoir si le fait de se voir attribuer des missions dévolues initialement à une catégorie supérieures d’agents nécéssitent ou pas une revalorisation salariale et statutaire.
A titre d’exemple si un apprenti se voit confier la mission d’etre chef d’équipe et d’encadrer une quinzaine de personnes doit il continuer à étre rémunéré au salaire d’un apprenti ?

39. Le mercredi 30 avril 2014 à 13:05 par vero

MERCI Maître Eolas pour cette tribune ouverte,
je ne suis qu’une lectrice (assidue tout de même) de votre blog et je suis bienheureuse de pouvoir lire ces témoignages qui m’ont éclairé sur ce métier.
Bon courage à tous.

40. Le mercredi 30 avril 2014 à 14:09 par francis

à aixois, 38
Vous avez raison sur les rémunérations indiciaires brutes,
je les avais légèrement augmentées pour tenir compte de l’indemnité de résidence,
d’éventuelles primes ou supplément familial de traitement,
et voulais juste donner l’ordre de grandeur, qui me semble le bon, et évite tout excès dans les deux sens.
Pour la question des tâches reportées d’une fonction sur une autre,
je comprends votre raisonnement, mais le poste doit être évalué dans sa globalité,
avec toutes ses évolutions, en fonction aussi des autres catégories,
et pour cela, je vous laisse juge !

41. Le mercredi 30 avril 2014 à 15:39 par Egidio

@ aixois du commentaire 38
Bravo de remettre les pendules à l’heure…clair et net sans bavure.

Pour ma part, en retraite, je vais toucher 1495.14 euro bruts. Je suis greffier 1er grade actuellement à 2382.34 euro toutes primes confondues.

42. Le mercredi 30 avril 2014 à 17:14 par Frédo

c’est hors sujet OK, mais une illustration du théorème d’Eolas: “une loi va dans le sens de la protection de nos libertés, exclusivement lorsqu’elle concerne aussi les parlementaires

http://www.slate.fr/france/86551/de…

43. Le mercredi 30 avril 2014 à 17:50 par Ti

Je vous remercie du fond du cœur, Maître, pour avoir permis cette prise de parole collective et inédite.
Trop de mes collègues magistrats font la sourde oreille actuellement alors que la colère des greffiers est réelle, raisonnée et sensée.

Un budget indigne (40 000 € pour un Ti de province, autant qu’en 2007, alors qu’avec la carte judiciaire on a absorbé le tribunal voisin et que notre ressort a quasi doublé, passant de 90 000 à 150 000 personnes).
Du travail toujours plus, des ronds toujours moins.

Un salaire qui n’est pas en phase avec leurs compétences et leurs technicités

Des absences et des vacances de postes à remplacer en urgence et au pied levé

Des objectifs imposés, inatteignables et des calculs de performances risibles

Le poids de la hiérarchie, toujours plus pesant et le sentiment de n’être qu’un pion, que l’on déplace au gré des “cartes judiciaires” ou “TPI”, sans aucune considération pour le travail accompli.

Une juste colère, qu’il faut entendre.
De réelles revendications à satisfaire.

Pas contre les magistrats.
Mais TOUS ENSEMBLE, comme nos manifs sur les parvis des palais, tous unis.

44. Le mercredi 30 avril 2014 à 18:24 par Egidio

@ Ti

Tous ensemble, c’est bien entendu et d’un seule voix. Merci Ti de nous le rappeler.

45. Le jeudi 1 mai 2014 à 09:04 par Cyrano

En tant que mékeskidi sénior, je suis consterné, à la lecture de l’ensemble de ces témoignages, de voir globalement ressortir des conséquences du sous-financement de la justice d’une telle ampleur.

Et à coté de ça, on a pourtant vu récemment le départ d’un premier ministre avec sa suite, et tout ce beau monde s’est octroyé sans sourciller un paquet de primes injustifiées pour un total d’environ 12,5 millions d’euros. J’essaye de me représenter ce qu’une telle somme aurait pu apporter comme oxygène dans les greffes. Sur l’ensemble du territoire, ça n’aurait sans doute été qu’une goutte d’eau, mais tout de même, ça aurait été mille fois plus honnête qu’une gratification accordée à des gens qui ont été priés de partir pour incompétence. Et si on considère qu’en bout de ligne, c’est le justiciable qui en fait les frais, j’en arrive à se demander dans quelle mesure l’État qui, entre autres devoirs souverains, a le devoir d’assurer la Justice pour protéger le justiciable remplit réellement son rôle ?

46. Le jeudi 1 mai 2014 à 11:58 par Chavalfaire

Un immense merci à Maître Eolas qui, en permettant aux greffes de s’exprimer, a surtout rendu officiel l’officieux, à savoir le malaise quotidien de ces inconnus.

Je suis greffier. Je n’ai jamais utilisé le terme “greffière”. J’aime pas. Ca rime avec secrétaire. Attention, je n’ai rien contre les secrétaires, mais je n’en suis pas une. J’ai passé le concours de greffier il y a bien longtemps (au siècle dernier) et je suis devenue “greffier des cours et tribunaux” et non “greffière”.
Bref, je suis un “greffier dinosaure”. Et comme de nombreux collègues à cette époque, je sortais de la fac de droit.

Je suis actuellement greffier placé. Késako?…
C’est un greffier… intérimaire qui est envoyé dans les juridictions par les Chefs de Cour pour pallier aux congés mat’, maladie, vacance de poste, effectif insuffisant au vue de l’activité de la juridiction (sic). Bref, il est accueilli comme superman (superwoman le plus souvent). Mais il n’est en réalité qu’un pansement que les Chefs de Cour distillent pour ralentir l’arrivée du burn out chez les fonctionnaires.
Hé oui ! En vérité, la Justice française tient avec des bouts de ficelle (y’a pas que les fax qui manquent de cartouches…)

S’agissant des commentaires (extrèmement bien rédigés), ils reflètent parfaitement le quotidien en juridiction, quelque soit la Cour.

J’ai beaucoup bougé durant toutes ces années, et, au fil des années, j’ai vu les fournitures de bureau se raréfier, les budgets diminuer, les bâtiments se fissurer, l’agressivité du justiciable exploser, les arrêts pour état dépressif augmenter.
En tant que placé, j’ai souvent été déléguée, sur des postes de greffiers, postes plus que parfaitement tenus par des adjoints.
J’ai vu des collègues emporter du travail à leur domicile parce qu’ils ne s’en sortaient plus et n’en dormaient plus.
Et je ne disais rien. Comme nous tous.

Et puis, il y a eu ce jour en mars, où vers 18 heures, en ouvrant ma boite, j’ai vu tous ces mails. Ce soir là, je ne suis pas rentrée tout de suite chez moi. J’ai lu chaque mail.
Merci à Agen, à Monsieur M. (dont j’espère qu’il n’a pas eu de problème)!
Je me suis rendue à Paris le 29 et j’ai regardé tous ces jeunes, greffiers et adjoints, qui aiment leur métier et qui y croient.
Alors aux jeunes collègues : merci de m’avoir rendu la niaque de mes débuts !
Même si notre métier n’est pas facile, même si vous n’êtes pas psychologiquement préparés à tout ce que vous allez entendre ou voir durant les interrogatoires d’instruction, les auditions des juges des enfants, les audiences TC ou assises, celles des juges aux affaires familiales, ce métier est incroyable. Pas un instant , je n’ai regretté être devenue greffier, et encore moins maintenant. Nous allons y arriver ensemble !

47. Le jeudi 1 mai 2014 à 19:36 par Stephane

j’en arrive à se demander dans quelle mesure l’État qui, entre autres devoirs souverains, a le devoir d’assurer la Justice pour protéger le justiciable remplit réellement son rôle ?

Ne cherchez pas l’etat n’est rien d’autre qu’une mafia qui a reussit.

48. Le vendredi 2 mai 2014 à 08:33 par Egidio

Soyons une force de proposition à notre niveau,

Unissons-nous, écrivons chacune et chacun à notre député de circonscription, demandons audience, plaidons notre cause car personne ne le fera à notre place.

Interpellons Monsieur URVEAS, Président de la Commission des Lois à l’Assemblée Nationale, par une lettre, par une pétition, une motion, que sais-je encore !

Nous sommes une force de proposition, nous connaissons le terrain, alors, si nous ne le faisons pas nous, personne ne le fera.

J’ai d’ailleurs relevé une excellente idée dans le fil de tous ces commentaires toujours précieux : il est nécessaire de demander un état des lieux avant de prendre nos fonctions, nous serons plus forts individuellement et moins isolés.

Et surtout il faut le faire acter, il y aura une trace dans le dossier administratif, nous serons couverts vis à vis de la hiérarchie et cela obligera le chef de greffe à agir à son niveau et à faire remonter l’information vers les chefs de cour et la chancellerie.

Il y a bien un corps de greffiers placés pour gérer la pénurie : ce corps doit être renforçé en urgence. C’est une revendication essentielle dans le dispositif.

49. Le dimanche 4 mai 2014 à 22:35 par JMU

Hors sujet, mais ne pourriez-vous pas faire un rappel pour les élections européennes, maître ?

J’ai cru comprendre à la lecture de diverses sources toilesques que le Parlement élirait désormais le président de la commission, mais je n’ai pas trouvé de source fiable pour le “désormais”.

50. Le lundi 5 mai 2014 à 22:39 par JEAN PEUPLU

@minerva (13)

Comme les greffiers n’aiment pas que les magistrats disent “Mon greffier”. Nous sommes greffier d’une juridiction et n’appartenons à personne. Si l’on commençait par là… Reconnaître que nous ne sommes pas le secrétaire d’un magistrat mais le greffier d’une juridiction.

51. Le mardi 6 mai 2014 à 12:37 par francis

ils demandent des effectifs, nous l’avons bien compris,
que proposent d’autre les “greffiers en colère”, aujourd’hui ?

52. Le mardi 6 mai 2014 à 19:07 par Minerva

@JEAN PEUPLU (51)

Si je dis “mon” greffier ce n’est pas une marque de possession, je sais bien que mon greffier ne m’appartient pas, ni même “mon” OPJ, ni même “mon” président, ni même “mon” frère d’ailleurs.

Ce n’est qu’un raccourci pour éviter de dire ou noter “le greffier avec lequel je collabore au quotidien” ou “le greffier du cabinet”. Alors effectivement je cède sans doute par facilité à l’usage d’un pronom dit possessif, mais vu que je ne me formalise pas quand “mon” greffier parle de moi en disant “mon” juge, je supposais, peut-être à tort, qu’il ne se formaliserait pas pour cet emploi. Question de parallélisme des formes. Je n’ai pas vu non plus de magistrats s’offusquer sous les billets où le “mon” était attribué au juge.

Dans l’absolu je ne pense pas que le respect entre magistrats et greffiers dépende de l’utilisation ou non de ce pronom.

53. Le mardi 6 mai 2014 à 19:15 par famalice

Le 7 mai, jour où l’on forçat Socrate à boire la ciguë sera le jour où la Chancellerie forcera le greffier à avaler des couleuvres.

Nous avons tous clamé sur cette page généreusement offerte par Maître EOLAS combien nous aimions notre métier et combien il était dur d’être reconnus. Nous avons manifesté tous les midis pour ne pas trop gêner, nous avons perdu une journée de salaire pour exister un peu plus.

En vain, sous prétexte d’économies, nous nous sommes fait piétinés.

Le public, le gouvernement, tous nous considèrent comme des dépenses publiques alors que nous faisons fonctionner la machine judiciaire.

Il est vrai que je suis juriste pas économiste, mais comment comprendre ces excuses, ces prétextes d’économies lorsque tant de dépenses folles sont faites. Comment accepter de ne pas être rémunérée à ma juste valeur lorsque des dizaines de postes de magistrats de hauts grades sont créés en surplus afin qu’ils puissent terminer leur carrière au meilleur salaire ? Non, je ne suis pas anti magistrats j’aimerais seulement que le Ministère de la Justice soit juste.

Alors après le 7 mai, je retournerais travailler mais sans motivation, j’essaierai de toutes mes forces de la laisser chez moi.

Tant pis pour les magistrats, tant pis pour les avocats, tant pis pour les justiciables. La Justice y perdra mais ce ne sera plus mon problème.

Et je continuerais à manifester mon désaccord avec mes collègues.

Je ne suis plus énervée, juste fatiguée.

54. Le mercredi 7 mai 2014 à 02:28 par Siskotte

@Minerva et JEAN PEUPLU

Que ma juge (vous noterez combien je suis possessive sur le coup) parle de moi comme “sa greffière” je ne m’en offusque pas. Ce serait moins le cas si elle me présentait comme “sa secrétaire” (comme ce fut le cas avec le 1er juge avec lequel j’ai travaillé ….je vous rassure à la fin même si on était plus dans l’entente cordiale que dans la franche camaraderie, je n’étais plus sa secrétaire mais son greffier)
Peut être est ce le fait que je travaille en cabinet puisque dans mon ancien service je n’étais pas aussi possessive avec les magistrats avec lesquels je travaillais.
Que ma juge me présente comme sa greffière (vi elle a du mal à me présenter comme son greffier ^^) aux enquêteurs qu’on connaît pas trop, aux auditeurs etc , c’est parce que c’est plus simple et que les gens vont percuter plus vite (mais pour les gens avec lesquels on a beaucoup beaucoup plus l’habitude de travailler, elle ne dira pas “ma greffière” elle dira “Siskotte”)
Disons que je comprends que ce pronom possessif soit utilisé lorsque on travaille en cabinet (je ne présente pas mon conjoint comme étant la personne avec qui je vis en union libre, avec qui je suis copacsée, avec qui je me suis mariée*) ou lorsque on travaille exclusivement et fréquemment avec le même magistrat/greffier

  • rayez la mention inutile

@famalice
Tant pis pour les magistrats, tant pis pour les avocats, tant pis pour les justiciables. La Justice y perdra mais ce ne sera plus mon problème.

Vu comme c’est parti, je pense que nombre d’entre nous vont avoir la même réaction

55. Le mercredi 7 mai 2014 à 03:48 par Egidio

@ famalice

Non, le Ministère de la Justice n’est pas un ministère dépensier.

Preuve en est que le recouvrement du DFP (Droit Fixe de Procédure) par les DGPP (Direction Générale des Finances Publiques) équivaut peu ou prou au montant du budget total de la Justice qui est de 7.82 milliards d’euros pour 2014.

Chaque RCP (relevé de condamnation pénale) a donc son importance.

N’ayons donc aucun état d’âme, nous devons être rémunérés à notre juste valeur.

56. Le mercredi 7 mai 2014 à 10:51 par francis

à egidio
je viens de passer une demi heure à chercher le chiffre du montant des recettes
des DFP, pour le rapprocher des 7,82 Mds, je ne le trouve pas . L’avez vous ?

par ailleurs, lorsqu’on compare le budget de la justice avec celui d’autres pays,
il ne faut pas oublier d’inclure la justice administrative,
son rattachement au ministère de l’intérieur étant une spécificité de notre pays,
dont nous avons, je pense, peu de raisons d’être fiers.

57. Le mercredi 7 mai 2014 à 15:53 par Egidio

Désolé. Je me suis trompé dans le calcul. En réalité, je n.ai pas les comptes officiels du Trésor Public : j’essayais de démontrer que le DFP est une recette non négligeable. Mes excuses.

58. Le jeudi 8 mai 2014 à 11:09 par Egidio

Quoiqu’il en soit, le PLF 2014 évalue les recettes non fiscales à 13.8 milliards d’euros. Le montant des amendes est englobé dans ce chiffre. Pourquoi ce produit ne serait-il pas affecté précisément à la Justice ?

59. Le vendredi 9 mai 2014 à 10:46 par francis

à egidio
je suis d’accord avec vous sur ce point : le montant des amendes devrait être rapproché des frais de justice et de police. Une bonne administration financière voudrait même que le montant des amendes et des condamnations pour frais de justice représente approximativement le coût de la justice et une partie de celui de la police,
ceux de la pénitentiaire étant éventuellement à rechercher aussi en partie auprès des condamnés emprisonnés.

60. Le vendredi 9 mai 2014 à 10:54 par Egidio

Et scandalise de voir comment des sites internet profitent de la misère des Greffes pour se faire du ” blé” en proposant des procédures clé en main aux consommateurs justiciables !! Et je sais de quoi je parle.

61. Le dimanche 11 mai 2014 à 09:06 par JEAN PEUPLU

@ siskotte et Minerva

Je n’en fais pas une question de principe non plus…
Simplement ça me dérange et il n’y a pas que moi.
Et puis vu le peu de considération dont les gens font preuve à notre égard, je le ressens très mal.
J’ai déjà entendu les avocats dire : “je porte ma requête à votre greffier”. Quand ils viennent me voir il ne me disent pas j’ai vu avec votre magistrat, mais j’ai vu avec M… x. Je maintiens que c’est mal interprété ; que cela nous met dans l’esprit du public, des avocats et autres dans un lien de subordination et d’appartenance que nous sommes bon nombre à ne pas supporter. Je m’estime indépendante (théoriquement) des magistrats. Alors soit c’est plus pratique dans le langage courant, mais ce n’est pas sans répercussion sur la manière dont nous sommes ressentis… ce pourquoi nous nous battons aussi actuellement , une profession revalorisée et reconnue…
C’est mon humble avis.

62. Le lundi 12 mai 2014 à 00:02 par Siskotte

@JEAN PEUPLU
Effectivement. Votre raisonnement se tient. Je vais essayer de porter plus d’attention à comment les avocats m’appellent et comment ils appellent ma juge.

63. Le lundi 12 mai 2014 à 20:15 par Chavalfaire

@ JEAN PEUPLU et Siskotte
“votre greffier”… parce que les avocats ne connaissent pas nos noms !
Je suis greffier placé et, très souvent, ils ne voient même pas que je remplace une collègue, ils me parlent de dossiers comme si j’étais la collègue absente. Et ça arrive à tous les placés. En fait, je ne suis pas certaine qu’ils jettent un p’tit oeil sur nous….

64. Le mercredi 21 mai 2014 à 20:05 par Patdechat

Greffière n’ayant exercé et exerçant encore mon métier, et ce depuis 1980, uniquement dans les Conseils de Prud’hommes par CHOIX, je connais bien le monde du travail dans toute sa diversité. J’ai aussi une “certaine” connaissance du code du travail.

Pour tous ceux qui considèrent que les fonctionnaires sont des privilégiés, je vais vous expliquer comment les heures supplémentaires des greffiers sont payées (lorsqu’elles le sont) : l’administration a “simplifié” le calcul en se basant sur le salaire médian des greffiers avec pour conséquence, pour ceux et celles qui sont en fin de déroulement de carrière, des heures supplémentaires qui finalement sont moins payées que les heures normales, cherchez l’erreur !!! Et les majorations prévues dans le code du travail ? Ben, on est fonctionnaires … des “petits dispositions” de ce type, il y en a d’autres et elles font de nous des privilégiés !

Pour en revenir à nos moutons, à savoir la reconnaissance légitime de nos compétences en adéquation avec nos statuts, il y a bien longtemps que les greffiers auraient dû se mobiliser ! Et aujourd’hui nous continuerons à exercer nos fonctions en n’ayant obtenu que des cacahuètes alors que d’autres corps de fonctionnaires recrutés au même niveau d’étude que nous ont obtenu bien plus et bien plus tôt. Allez savoir pourquoi…

Ha oui, il n’y a plus d’argent dans les caisses à cause des déficits. C’est notre faute à tous, nous avons vécu au dessus de nos moyens. Et bien, moi je plaide non coupable. A titre d’exemple, la fraude à la sécurité sociale est due à 80 % au défaut de paiement des cotisations patronales que les employeurs ne paient pas notamment parce qu’ils ont recours au travail dissimulé. C’est pas moi qui le dit, il suffit de lire le rapport d’information sur la lutte contre la fraude sociale présenté à l’Assemblée Nationale par Monsieur TIAN (29 juin 2011).

A mes collègues greffiers, je dis : battons nous, et, n’en déplaise à beaucoup la lutte ne passera que par les syndicats. Choisissez celui que vous voulez, créer en d’autres, imposez vos revendications, demandez un congrès extraordinaire, fixez les moyens d’action…ça s’appelle la démocratie et le rapport de force.

En attendant, si je m’en tiens au simple respect de mes statuts, moi, greffière dans un conseil de prud’hommes, j’arrête de “participer” à la rédaction des jugements et autres décisions des conseillers prud’hommes et, avec tout le respect que je leur porte, toute la reconnaissance de leurs compétences et de leurs engagements, et bien chers collègues de la chambre sociale de la Cour d’Appel, vous allez avoir du boulot. OUI, TOUS les greffiers des conseils de prud’hommes apportent une “aide” à la rédaction par conscience professionnelle parce que, si nous n’avons pas la connaissance de l’entreprise (privé) que possèdent les conseillers, ils y a des justiciables (salariés) qui attendent que justice leur soit rendue par cette juridiction d’exception à laquelle ils font confiance, il y a tant d’injustice, tant de drames…

RELEVONS LA TETE TOUS ENSEMBLE…

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