Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Affaire Garfieldd, suite et fin

Via Embruns, j'apprends la sanction finalement prononcée à l'encontre de Garfieldd :

Exclusion temporaire d'une année, dont six mois avec sursis.

En pratique : il est suspendu jusqu'à la fin de l'année scolaire, et retrouvera un poste en septembre. Cette exclusion implique suspension de son traitement.

Laurent retranscrit la réaction de l'intéressé, qui à mon sens s'adresse à tous ceux qui ont réagi sous ma lettre à Gilles. Je la recopie donc ici : vous avez du courrier.

J’ai été informé aujourd’hui de la décision du Ministre me concernant.
Le Ministre est revenu sur la révocation, ainsi qu’il l’avait annoncé dans son communiqué de presse du 20 janvier dernier.
Je suis sanctionné, certes, mais mon maintien dans l’Education Nationale est assuré. Je ne peux ni ne souhaite m’exprimer plus avant.
Quelle que soit la forme que vos soutiens aient pris, quel qu’en ait été l’impact et l’influence sur la décision finale, je veux vous remercier.
Tous et toutes.
Sincèrement.
Chaleureusement.
Parce que sans ce soutien, sans ces marques de sympathie, d’amitié, de confiance, j’aurai eu du mal à tenir.
Je vais continuer à m’en nourrir.
Rien n’est vain quand il s’agit d’aider un mec qui était en train de sombrer, et vous avez été formidables.
Merci.

Je prends acte de la décision de Garfieldd de ne pas contester cette sanction, la respecte et l'approuve.

Beaucoup de commentateurs ont manifesté leur incompréhension de voir un proviseur sanctionné pour ce qui semble être une assez banale activité de blogueur, et se sont déclarés surpris de ce qui leur apparaissait comme une atteinte à la liberté d'expression, sujet à la mode ces jours ci. Et je ne doute pas que certains, animés des meilleures intentions du monde, souhaiteront une attitude jusqu'au-boutiste et l'absence de sanction.

Voilà pourquoi je ne me joindrai pas à eux et leur suggère de remiser les armes.

D'abord, le but qui nous animait tous, ce me semble, était de secourir Garfieldd confronté à une décision manifestement disproportionnée, et qui était pour lui dramatique : la révocation. Et là où notre indignation se faisait colère, c'est que les raisons d'une telle sévérité étaient hélas trop faciles à deviner. Nous voulions l'aider : c'est fait, et en trois semaines. Garfieldd revient de très loin, le soulagement qu'il exprime doit dépasser ses mots, pourtant forts et émouvants. Notre soutien lui a épargné des années de procédure dans la précarité et l'isolement. C'est formidable. Et je tiens à remercier Gilles de Robien, puisque je sais qu'il a lu ma lettre. Ce n'est pas facile pour un ministre de reconnaître une erreur et de la réparer : il l'a fait rapidement et avec élégance. Je lui rends hommage pour cela. Dans la victoire de Garfieldd, il est dans le camp des vainqueurs.

Ensuite, sur le principe même de la sanction : il est parfaitement admissible que pour un proviseur, publier des textes parlant crûment (sans être vulgaire ou pornographique) de sa sexualité, et une photographie de lui dans sa tenue de naissance, soit sanctionnable. Un proviseur est un haut cadre de l'éducation nationale. Il est le chef de son établissement, le représentant de l'autorité de l'Etat. Je ne m'estime pas avoir la compétence nécessaire pour imposer ma conception de la discipline des agents publics, ou de fixer les peines à la place du ministre. Tout ce que je sais, c'est qu'une révocation était tellement disproportionnée qu'elle en était dégueulasse, pour reprendre le terme que j'avais employé et que je ne retire pas, et me mettait en colère car je devinais trop bien les motifs affleurants qui avaient conduit la commission mixte paritaire nationale à proposer la sanction maximale, ce qui supposait que des représentants des fonctionnaires se soient ralliés à cette mesure. La liberté d'expression des fonctionnaires est limitée, comme toute personne qui exerce une parcelle de l'autorité publique. Même moi, en tant qu'avocat, qui jouis d'une liberté de parole protégée par la loi, j'encours des sanctions professionnelles si je tenais sur ce blog des propos contraires à la dignité de mes fonctions. J'en ai conscience, et je l'ai accepté le jour où, dans la première chambre de la cour d'appel de Paris, j'ai dit de ma voix émue que je jurais d'exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. Si j'étais dépourvu de ces vertus, je travaillerais sur une chaîne de télé privée.

Enfin, quel que soit votre enthousiasme, ne soyez pas plus royaliste que le roi. Garfieldd accepte cette sanction, il reconnaît avoir eu un comportement fautif en tant que fonctionnaire de haut niveau. N'en faites pas votre cheval de bataille, ce serait aller contre sa volonté, ce qui serait paradoxal si vous voulez l'aider.

Beaucoup d'entre vous ont fait montre d'une belle capacité d'indignation, ce qui me réjouit. D'autres combats vous attendent. Ce soir, célébrez votre victoire l'esprit en paix.

Garfieldd, je suis sincèrement heureux pour vous.

La discussion continue ailleurs

1. Le vendredi 3 février 2006, 22:38 par Un swissroll

Garfieldd: victoire aigre douce

C'est fini: le ministre de l'éducation, Gilles de Robien, a communiqué à Garfieldd une nouvelle sanction, assez lourde même si celui-ci l'accepte, comme il l'a écrit à Laurent pour en informer la blogosphère. Pas de happy end, pas de...

2. Le vendredi 3 février 2006, 23:20 par pointblog.com

Sanction adoucie pour le proviseur blogueur

Le rectorat de Montpellier cité par l'AFP a publié vendredi un communiqué annoncant que la révocation de Garfieldd, le proviseur blogueur (qui avait enflammé la blogosphère) était transformée en une suspension. Dans 6 mois, à compter de ce 3 février...

3. Le samedi 4 février 2006, 01:26 par Le blog Machin

Révocation, homophobie, mobilisation … suspension

Je connais suffisamment bien Gilles de Robien pour savoir qu'il n'a rien reconnu de sa faute ou de celle de son ministère. Nous sommes simplement à deux ans des élections présidentielles, et tout politique qui se respecte sait

4. Le samedi 4 février 2006, 10:29 par Ashram de Swâmi Petaramesh

Garfieldd : De la révocation à la "simple" suspension

Dans son billet Affaire Garfieldd, suite et fin, maître Eolas voit ici une victoire. Si je partage certains de ses sentiments, je suis loin de les partager tous. Cette victoire laisse un goût amer et un parfum persistant d'injustice.

5. Le samedi 4 février 2006, 11:00 par padawan.info/fr

Affaire Garfieldd, suite et fin

Eolas fait le point sur la révision de la sanction injustement infligée à Garfieldd par le ministre de l'Education Nationale. Je m'en remets au sage conseil du Maître ainsi qu'à la volonté de Garfieldd lui-même, et remise les armes....

6. Le samedi 4 février 2006, 11:23 par LordPhoenix's Blog

Garfieldd suite et fin

J’ai pu lire ce matin sur Embruns la décision finale concerant la sanction à l’encontre de garfieldd le proviseur blogueur. Au final il s’en sort avec une exclusion temporaire d’un an avec 6 mois de sursis eu égard à ses é...

7. Le samedi 4 février 2006, 11:44 par Welcome to Skoobeeland

Garfieldd: j'aurais mieux fait de jouer au loto.

Si vous allez voir là, vous constaterez que la sanction qui vient d'être infligée à Garfieldd, je vous l'avais révélée en exclusivité pour les lecteurs de Bilto. Tiens je recopie pour bien montrer ce que c'est que la préscience...

8. Le samedi 4 février 2006, 15:35 par Sophie Ménart :: Chargée de communication

Garfieldd :: la sanction

J'ai appris la nouvelle aujourd'hui ... Maître Eolas fait le point sur son blog et considère la décision de Gilles de Robien comme une victoire pour Garfieldd. Certes ! Mais tout celà me laisse un arrière goût amer de chasse aux sorcières et ...

9. Le dimanche 5 février 2006, 14:20 par Le blog du monde qui avance

Bravo et merci, Gilles !

Encore une histoire qui finit bien, pas parfaitement, mais bien ! :)

10. Le dimanche 5 février 2006, 21:37 par I love Juju

Arrière-goût amer

Le verdict est tombé. La presse en parle, la blogosphère en parle aussi. La révocation de Garfieldd a été revue en suspension de 6 mois, ce qui ne le condamne pas à une précarité professionnelle irrémédiable. L’action mise en place sur les blogs...

11. Le mardi 7 février 2006, 19:24 par Diner's room

Blogs et journalisme

C'est l'intervention de Christophe Barbier sur le blog d'Eolas qui inspire le billet du jour. On avait pu lire ici-même Eric Dupin réagir à l'appréciation portée sur son travail. Et les blogs de journalistes essaiment sur la toile, avec enthousiasme,

12. Le mercredi 8 février 2006, 01:55 par Falaises de marbre

Internet et État

J'apprends, par Maître Eolas, la sanction finalement prise contre Garfieldd : exclusion temporaire d'un an, dont six mois avec sursis. C'est, réjouissons-en nous, mieux que la révocation. Garfieldd l'accepte, Maître Eolas (sans qui rien n'eût...

13. Le jeudi 9 février 2006, 12:19 par Jack's place

Garfieldd FIN

Garfieldd FIN.... Ou on voit qu'un Ministre peut revenir sur ses decisions....

Commentaires

1. Le vendredi 3 février 2006 à 22:54 par pikipoki

Ce billet est une nouvelle merveille. Demi-victoire ressentent certains. Mais ce n'est déjà pas rien.

2. Le vendredi 3 février 2006 à 23:40 par Gascogne

C'est rare de rencontrer des sages. Je m'en doutais depuis que je trolle votre blog. Ce soir, j'en suis sûr.

3. Le samedi 4 février 2006 à 00:44 par Pascal

Très bien parlé, maître. Rien à enlever, ni rien à ajouter, comme toujours. Si une chose : merci à vous pour cette lettre ouverte qui a fait tant de bien.

4. Le samedi 4 février 2006 à 01:10 par BrunoNation

oui il n'y aucune comparaison entre 1 an sans traitement et retrouver son emploi et ses droits à vie et être condamné à attendre des années de procédure avec - comme dans toute procédure - une fin incertaine. Il aurait été rongé, tué à petit feu par le procès.

Donc c'est une victoire.

5. Le samedi 4 février 2006 à 01:34 par Justine Miso.

Plutôt écoeurée sincèrement... Je renouvelle mon soutien à Garffieldd mais ne serait pas plus royaliste que le roi et je suis soulagée d'une reconnaissance même partielle de la situation.

J'M. et aimerait qu'on soit libre d'aimer son métier comme ses amis.

6. Le samedi 4 février 2006 à 01:34 par Pitichat

Ayant découvert l'affaire il y a un peu plus d'un mois, c'est avec soulagement que j'apprends cette nouvelle. Et puisque c'est la volonté de Garfieldd lui même, laissons cette affaire où elle en est. nous aurons tous tiré les leçons de ses déconvenues.

Garfielld, si tu lis ce billet, nous restons avec toi et te souhaitons une excellente réhabilitation dans ton prochain établissement.

Amicalement

7. Le samedi 4 février 2006 à 04:52 par Matoo

Encore une fois Eolas parle d'or... :)

8. Le samedi 4 février 2006 à 06:43 par yves

> Tout ce que je sais, c'est qu'une révocation était tellement disproportionnée qu'elle en était dégueulasse, [...], et me mettait en colère car je devinais trop bien les motifs affleurants qui avaient conduit la commission mixte paritaire nationale à proposer la sanction maximale, ce qui supposait que des représentants des fonctionnaires se soient ralliés à cette mesure.

Vous avez tout à fait raison Maitre.

D'après ce que j'ai lu au début de cette affaire, vous pouvez enlever le pluriel aux "représentants des fonctionnaires", la sanction a[vait] été prise par 7 voix sur 12, et il y a 6 représentants de l'administration et 6 du corps considéré dans cette commission.

Toutefois la sévérité de la sanction revue laisse à penser que les modtifs affleurants continuent d'affleurer, ce qui laisse ce sale arrière gout qui empêche de se réjouir tout à fait.

Et cette question qui reste en suspend: les proviseurs sont des fonctionnaires chargés d'autorité, mais les enseignants le sont tout autant (profs d'école compris). Il en résulte que chaque enseignant qui parle de lui et de son boulot sur un blog risque la même sanction. Je me trompe? Des textes érotiques et des photos suggetives, dixit embruns? Des blogs d'enseignants, il y en a beaucoup! Combien risquent une telle sanction, juste parce qu'ils parlent de leur vie?

9. Le samedi 4 février 2006 à 07:06 par leeloo

Maître,

Je lis vos billets avec beaucoup de bonheur depuis un temps certain. Votre parole est d'or... Ce billet me pousse à laisser un commentaire pour la première fois...

Il faut effectivement respecter la décision de Garfieldd, même si sa sanction laisse un goût amer...

Je voudrais juste lui souhaiter d'avoir de substancielles économies... pour pouvoir vivre un an sans traitement...

10. Le samedi 4 février 2006 à 10:02 par Garfieldd

Merci Maitre.
Pour tout. Et encore pour ce billet qui est tout en nuances, mais qui sonne et raisonne juste.

11. Le samedi 4 février 2006 à 14:12 par skoobeedoo

Dites voir, Maître, arretez-moi si je me trompe.
Jusqu'à hier, le blog de Garfieldd était pornographique.
Ses lecteurs réguliers (j'en étais) étaient donc des amateurs de pornographie.
Le blog n'est plus pornographique.
Les lecteurs du blog ne sont plus des amateurs de pornographie.
La sanction de Garfieldd a été modifiée.
La dénonciation sous jacente des lecteurs en pornocrates demeure.
N'y a-t-il pas là matière à s'émouvoir, et même à demander aux insulteurs des excuses et des compensations pour le préjudice causé?
Je vous laisse juge.




Enfin non pas juge.

12. Le samedi 4 février 2006 à 14:14 par rosario

Je ne partage pas entièrement votre satisfaction; les motifs qui ont conduit à la sanction effectivement disproportionnée demeurent sous jacents et posent réellement le problème de l'étendue et des limites du devoir de réserve d'un foctionnaire.
Certes la sanction est sérieusement amoindrie par rapport à la premeière mais un an ( ou 6 mois si le sursis l'en exempte) de suspension de traitement reste une sanction très lourde d'autant que le fonctionnaire sanctionné n'a pas , sauf erreur, le droit de trouver temporairement un autre travail; pour une faute équivalente, quel salarié du secteur privé s'en trouverait empêché ?
Je considère que la mansuétude du ministre ne mérite pas un tel coup de chapeau et que les préoccupations électorales évoquées par Le Blog Machin , de même que le souci de ne pas s'incruster dans le ridicule après votre remarquable interpellation et les réactions des blogueurs ont pesé d'abondance .
Mais je vous rejoins dans votre appel au respect de la volonté de Garfieldd: n'en faisons pas plus que lui, il revient de loin et il a raison de ne pas tenter le diable .
Merci à vous, encore pour vos formidables interventions .

13. Le samedi 4 février 2006 à 14:53 par Justine Miso.

Hum, je viens de me relire... Maître, vous pouvez corriger les fautes d'orthographe parsemées dans mon précédent message?

J'M.

14. Le samedi 4 février 2006 à 16:37 par somni

Une exclusion temporaire d'un an, six mois effectifs, cela me semble tout de même lourd.

Mais il est vrai que la "faute" s'apprécie avec plus de rigueur s'agissant des fonctionnaires occupant des postes élevés dans la hiérarchie, et peut être plus encore pour ceux qui travaillent dans l'éducation nationale.

Le personnel éducatif en général est prévenu qu'il vaut mieux laisser que sa vie personnelle reste "privée"

15. Le samedi 4 février 2006 à 17:10 par Patrick

Nous sommes passés d'une décision injuste à une décision sévère. Je rejoins maître Eolas, c'est une victoire.

16. Le samedi 4 février 2006 à 17:31 par JaK

C'est une 'victoire' qui laisse en effet un goût amer...
Qu'une teinte d'électorialisme couvre ce revirement du ministre est évident (mais dans quelle mesure?)... cependant la réaction du ministre mérite tout de même d'être saluée, reconnaitre son erreur est quelque chose de rare surtout chez quelqu'un qui occupe un poste à très haute autorité.


--c'est une affaire dont il faut bien se souvenir lorsque la tentation vient d'affirmer que les fonctionnaires sont intouchables.... (c'est à la mode actuellement de dire ceci des juges par exemple)--

17. Le samedi 4 février 2006 à 17:59 par ericniort

un goût amer, oui je trouve, mais faisons confiance à notre cher Maître et surtout respectons LA volonté (libre ?) de Garfieldd, néanmoins, une année sans traitement c'est quand même raide je trouve (je sais ce que c'est j'étais commerçant, j'ai fais faillite et je me retrouve aujourd'hui au rmi). Je n'aime pas ces "jugements" en demi teinte, nous sommes soit accusé soit innocent, je pense qu'on a, "comme coupé la poire en deux", je reste quand même sur ma faim ! en tout cas merci Mr le Proviseur pour ce que vous êtes, et je pense que vos parents peuvent être fiers de vous...

18. Le samedi 4 février 2006 à 20:28 par François

L'écart entre les deux sanctions est parlant…

19. Le samedi 4 février 2006 à 23:11 par joseph

qu'en est il du devoir de réserve des fonctionnaires et particulièrement du personnel de direction? Qu'est ce qui est permis et qu'est ce qui ne l'est pas?

La sanction reste lourde, même si elle le fond est justifié, ce serait bien de savoir ce qui est toléré dans un blog de fonctionnaire et ce qui ne l'est pas.

20. Le dimanche 5 février 2006 à 05:03 par Della

je suis heureuse et émue de cette décision,
mais plus encore d'y lire le succès de votre superbe plaidoirie et de pouvoir dire que son vecteur, votre blog, pudique et précis, a permis avec douceur et pertinence de déterminer cette décision.


merci et bravo.

21. Le dimanche 5 février 2006 à 09:50 par krysalia

je me réjouis de cette décision pour une chose, garfieldd est maintenu dans l'éducation nationale.
Mais je me pose aussi des questions : Quid de la suite ?
une fois les sanctions officielles passées, je me demande quelles sanctions occultes l'attendent. ce prochain poste, il sera où ? et les possibilités de mutation ensuite ? j'ai l'impression qu'elles risquent d'être réduites comme par magie... et je ne vois pas bien ce que lui ou nous pourrons faire contre ça :( .

( comment ça marche, pour les "points", un dans un tel cas de sanction ? le savez vous maître Eolas ? )

la condamnation qui reste est déja forte ( un an dont six mois avec sursis ça n'est pas rien ) mais je souhaite donc surtout à garfieldd que la punition s'arrête à ce délai :( . les six mois à venir sans poste pourront au moins servir à apaiser les esprits, et peut être à contribuer à une meilleure ambiance dans l'établissement qui l'accueillera ... :/ .

22. Le dimanche 5 février 2006 à 13:08 par Christophe Barbier

Je ne vois pas en quoi on peut se féliciter de ce revirement. Le proviseur avait porté atteinte aux bonnes moeurs, il n'est que trop juste qu'il en paie les conséquences.

Il faut, je crois, se garder de tout réflexe laxiste en la matière; la peine se doit d'être exemplaire.


Cordialement

Christophe Barbier

► Outre le fait que l'atteinte aux bonne moeurs est inexistente, je frémis à chaque fois que j'entends l'épithète exemplaire accollé au mot peine. Révoquer un proviseur après 12 ans de services irréprochables, lui fermer les portes de la fonction publique à vie, c'est le condamner au chomage, au RMI à la précarité et sans doute à la misère jusqu'à la fin de ses jours. Pour l'exemple ? Derrière Garfieldd, il y a un homme. Derrière votre exemple, il y a une injustice assumée pour que les autres tremblent à l'idée de déplaire au ministre. Et si un jour, c'était vous l'exemple ? Applaudiriez vous cette saine sévérité avec le même enthousiasme ?

Eolas

23. Le dimanche 5 février 2006 à 14:34 par Christophe Barbier

Elle ne saurait être "inexistente" puisque le mot n'existe pas...

Dura lex, sed lex: je comprends bien toute la douleur d'un homme sévèrement puni, mais la loi est la loi, sévère dans sa justice. La loi doit faire l'exemple à travers chaque cas, cela va de soi.

Si, un jour, il m'arrive de porter atteinte aux bonnes moeurs, il sera juste que j'en subisse les conséquences juridiques.

L'"enthousiasme" que vous trouvez à ma remarque me semble bien déplacé: je ne fais qu'une observation scientifque dépourvue de passion.

Cordialement

Christophe Barbier

► Peste, peste. Un journaliste (si j'en crois votre site) qui dit qu'une sanction exemplaire est méritée car le ministre l'a dit. Et qui de plus précise que c'est scientifique. Pourquoi diable est ce que je frissonne, d'un coup ?

Eolas

24. Le dimanche 5 février 2006 à 16:07 par maaathieu

Mouais, dans cette histoire, on parle peu des conséquences que la large diffusion des ecrits de garfieldd a sur le gestionnaire du lycée. Vous savez, marcel, "le gentil intendant".

J'ai pris connaissance du blog de garfieldd après que l'affaire eclate au grand jour, et donc je n'ai pu que consulter les archives, redirigé par vous maitre.

J'avoue que le "cassage" (pour parler jeune..) de l'intendant sur la place publique m'a choqué. Je ne suis pas intendant, et je ne m'appelle pas marcel, mais je ne me fais pas que des amis au boulot. Et je me suis mis quelques instant à la place de ce méchant gestionnaire..

Je ne pense pas avoir que des qualités. Si le recit de mes "exploits" professionnels, sous le seul angle de ma mauvaise humeur légendaire par exemple, recueillait une large audience, certains seraient bien contents. Et tout compte fait, je pense que c'est assez facile de faire ça avec n'importe qui.

En bref, je pense que la faute au devoir de reserve, elle est là. C'est cette faute là qui déclenche la sanction. Et le fait que garfieldd ait déclaré son homosexualité est ce qui la disproportionne.

Je suis convaincu qu'il y aurait eu sanction, sans l'homosexualité de garfieldd. Certainement pas la révocation, mais sanction tout de même.

Un professeur qui se verrait bien proviseur un jour.

► Si j'en crois les dépêches, les propos tenus à l'encontre de Marcel ne sont pas du tout visés par la sanction. Le fait qu'a posteriori et en cherchant bien on peut trouver des raisons justifiant une sanction n'enlève rien à l'utilité de s'interroger sur les raisons qui ont motivé cette sanction en premier lieu.

Eolas

25. Le dimanche 5 février 2006 à 19:04 par skoobeedoo

Il taille sur l'orthographe.
Il prend le contre-pied des autres posteurs.
Il utilise des arguments spécieux et péremptoires (la loi doit faire l'exemple, la peine doit être exemplaire).
C'est quoi déjà la définition d'un troll?

Et en plus il cherche visiblement à faire de la retape pour son blog en venant pécher ici (top moumoute la photo avec tête penchée sur 3 doigts et l'écharpe rouge).

Non, on avait dit pas les affaires.

Eolas

26. Le dimanche 5 février 2006 à 20:24 par Anatole (prénom fictif)

En estimant à la louche le salaire et les droits à la retraite d'un proviseur, la sanction (perte de disons encore à la louche six mois de traitement) se résume si on veut bien oublier les aspects "symboliques" à une pénalité de 25000 euros. C'est lourd. (Et encore il faudrait y ajouter les honoraires des avocats de l'intéressé, c'est certainement aussi très lourd :-))

Tout en étant pour l'essentiel en accord avec le post de maître Eolas, et notamment avec l'idée qu'il n'y a pas lieu d'être plus Garfielddiste que Garfieldd, et que la priorité est à se réjouir, je continue à trouver la sanction lourdement disproportionnée, même si elle l'est moins que celle initialement proposée. Je me serais attendu à une placardisation jusqu'à la fin de l'année scolaire, suivie d'une "mutation d'office" vers une ville plus accueillante que M****.

Je ne cache donc pas être un peu déçu.

27. Le dimanche 5 février 2006 à 20:58 par jules

J'aime bien l'appel à la "''peine''" en droit administratif.

Un tel souci de l'exactitude est assurément exemplaire.

On ne peut être sourcilleux à la fois sur l'orthographe d'autrui et sur la rigueur de son propre vocabulaire. Il faut faire des choix.

Eolas

28. Le dimanche 5 février 2006 à 21:50 par Sans pseudo

« Pourquoi diable est ce que je frissonne, d’un coup ? Eolas »
Peut-être prenez-vous les journalistes en grippe ?

Quand on apprend que ce monsieur est « un ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm » on se dit que décidément l’Éducation nationale pourrait consacrer son énergie à autre chose que former des Paul Wermus.

29. Le dimanche 5 février 2006 à 21:50 par Christophe Barbier

"Il taille sur l'orthographe.

Il prend le contre-pied des autres posteurs.

Il utilise des arguments spécieux et péremptoires (la loi doit faire l'exemple, la peine doit être exemplaire)."


L'orthographe est la base de la langue française que j'ose espérer vôtre.

Je confesse penser autrement que les autres posteurs; pardonnez-moi voulez-vous, je ne savais pas que ce fût interdit.

Rien de spécieux dans les expressions que vous citez, tout au plus pouvez-vous être en désaccord avec elles.

"Et en plus il cherche visiblement à faire de la retape pour son blog en venant pécher ici (top moumoute la photo avec tête penchée sur 3 doigts et l'écharpe rouge)."

Je regrette, mais les liens vers les sites web sont proposés par l'interface du blog de Maître Eolas. En toute logique je m'en sers donc, et ne vois rien de répréhensible à cela. Vos remarques sur mon habillement sont, en revanche, hors-sujet.

Voilà donc de mon droit de réponse.

Tenez, skoobeedoo, vous devriez regarder l'émission "C dans l'air" histoire d'affiner votre sens critique.

Cordialement

Christophe Barbier

Je ne vous reprocherai jamais de ne pas avoir le même avis que les autres "posteurs" (ce mot existerait donc ?) Là où je tique, c'est quand vous semblez considérer comme acquis que Garfieldd aurait atteint aux bonnes moeurs. Toute la controverse prend sa source dans le fait que cette atteinte est fortement discutable. Certes, en tant que blogueur, je n'attends pas de vous le comportement que vous auriez professionnellement, c'est à dire vérifier vos sources, confronter plusieurs points de vue et publier vos preuves. Mais au moins faites l'effort de caractériser en quoi Garfieldd aurait atteint aux bonnes moeurs (j'apprendrai ainsi ce que sont les bonnes moeurs et saurai si les miennes sont mauvaises).

Eolas

30. Le dimanche 5 février 2006 à 22:29 par merbel

Je suis très contente de l'issue même si, bien que, quoique...Le seul avis qui compte, c'est celui du principal intéressé. Il estime que cette décision peut le reconstruire. Je n'ai rien à ajouter, ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas prête à mener d'autres combats pour m'élever contre une société hypocrite en matière de moeurs...

Enfin, pour m'être battue aussi avec d'autres blogueurs pour obliger le gouvernement finlandais à ôter de sa bannière de l'école de guerre aérienne en octobre dernier une croix nazie (croix qui aurait symbolisé selon les autorités foinlandaises la lutte des Finlandais pour leur indépendance), avoir alerté les medias, avoir fair la une du Monde, avoir écrit des lettres pétitions à l'ambassadeur de Finlande, au Président de la République française, au Premier Ministre et au Ministre de la Défense, et avoir réussi, je me dis que la blogosphère est un espace combatif, attentif et j'oserais presque dire militant...

Garfielld, bon courage.

31. Le lundi 6 février 2006 à 02:17 par Frédéric Rolin

Cher Maître,

Me permettrez vous de trouver la tonalité de votre billet quelque peu étrange, et étrange sans doute parce qu'elle est embarassée.

Vous avez été, de toute évidence, le meilleur défenseur de Garrfield, du moins parmi le cercle des "bloggeurs", et un de ceux qui ont permis que la révocation projetée ne passe par comme une lettre à la poste et qu'elle soit réexaminée.

Mais, défenseur, dans ce contexte, vous l'avez été non pas professionnellement mais, personnellement: c'est votre capacité d'indignation personnelle qui vous a conduit à la rédaction de ce beau billet sous forme de lettre ouverte qui a eu ce retentissement.

Et aujourd'hui, alors que la sanction initiale a été révisée, j'ai le sentiment qu'il émerge une tension entre vos sentiments professionnels et vos sentiments personnels.

Si vous aviez eu à défendre ce proviseur, professionnellement, face à une sanction aussi lourde (car six mois de suspension des fonctions c'est juste en dessous de la révocation en termede gravité) auriez vous aussi aisément admis qu'il fallait l'accepter ? Et auriez vous conseillé à un client de s'en tenir là, alors même qu'il avait incontestablement créé un rapport de forces en sa faveur ?

Je ne le crois pas (sans préjuger naturellement de la décision dudit client dûment éclairé par l'exercice de ce devoir de conseil). Et la tension vient donc de ceci : en tant que défensuer professionnel, je crois que vous auriez été prêt à aller plus loin, en tant que défenseur "personnel" votre capacité d'indignation et demobilisation s'arrête une fois l'"erreur manifeste d'appréciation" au moisn partiellement réparée.

Je ne vous en fais pas grief. Mais il me semble que nous tenons là un sujet de méditation, sur la distinction de nos niveaux d'indignation, selon que nous agissons en qualité de citoyens ou de manière professionnelle.

32. Le lundi 6 février 2006 à 05:45 par olaf

Bonjour Maître,
Une simple curiosité, un détail. Pourquoi le "tu " au ministre et le "vous" au proviseur ?

Je ne m'adresse pas au proviseur mais au lecteur.

Eolas

33. Le lundi 6 février 2006 à 08:16 par JFL

Cette histoire me rappelle celle ci:
Il y a quelques années le Conseil de l'ordre des avocats de Bergerac avait suspendu (la décision fut suspendue par la suite) une avocate qui jouait de l'accordéon sur les marchés au motif de manquement au "devoir de dignité". Et pourtant elle jouait habillée !

JF

34. Le lundi 6 février 2006 à 09:21 par Jerome

Christophe Barbier> Vous avez parfaitement le droit de ne pas être d'accord, mais argumentez!
Ou sont les atteintes au bonnes moeurs? Un homo? ouh la la... Désolé, pour moi ce n'est pas une atteinte aux bonnes moeurs d'etre homo et de le dire, d'afficher une photot de soi.
J'oubliais : on ne pend plus les homos de nos jours. Dur la réalité...
J'oubliais 2 : et les films pornographiques, pourquoi sont-ils autorisés? c'est quand meme bien plus grave niveau bonnes moeurs...

Au final, aucune peine n'est méritée sauf celle de son obligation de réserve, qu'il a effectivement oublié, mais la condanation ne prend pas en compte ce point la... Donc il manque une raison a cette condanation, en tant que "journaliste" c'est le minimum de travail à faire que de chercher une raison, et dire qu'on a la droit d'etre homo, plutot que de jouer en pseudo-journaliste voulant en fait rétablir le tribunal populaire sous n'importe quel prétexte...

35. Le lundi 6 février 2006 à 09:37 par Nemo

J'ai peur.

Lorsque je lis avec effroi qu'un journaliste de renommée, responsable dans un titre de presse à diffusion nationale, condamne publiquement ce "présumé pornographe" sans autre forme de démonstration.

Cet appel à la vindicte populaire est odieux et ces procédés sont extrêmement dangereux.

Le culte du doute semble définitivement renié par les tenants de "l'information", oubliant leur responsabilité…

Me voilà assailli par une horrible pensée, seraient-ils au contraire conscient de leur influence sur l’opinion publique ? Je préfère croire que non.

Cela ne changera pas pour autant cet irrespect pour la Justice.

Si à un tel niveau, les personnes publiques se permettent déjà de bafouer de manière ostentatoire l’impérieuse nécessité du doute, comment demander à la population de ne pas se faire justice elle-même, de ne pas se livrer au lynchage public d’un justiciable à la simple annonce de sa mise en cause dans un procès ?

Parmi nous, simples « blogueurs », certains essayent de réfléchir, d’analyser les faits et d’en tirer des conclusions de surface. Nous essayons de démontrer, forts des quelques pièces en notre possession…tout en gardant à l’esprit que notre raisonnement est imparfait, n’ayant glané que des informations partielles à l’appui de nos réflexions.

Votre condamnation péremptoire sans autre argumentation nous conforte bien malheureusement dans le fait que le journalisme semble avoir cédé définitivement au « sensationnel » au détriment du « raisonnement ».

Allons, crions à la vindicte populaire ! Mettons cet odieux personnage au pilori !
Il est de toutes évidences coupable d’atteinte aux bonnes mœurs !

Que nous soyons astreints à user de la blogosphère pour véhiculer cet appel au nécessaire recul est bien l’indicateur que les médias traditionnels se sont coupés de la population : j’ai beau cherché mais je ne trouve que peu de traces dans nos chers journaux télévisés et presse papier de cette affaire avant qu’elle n’ait pris de l’ampleur sur Internet.

Quand bien même, serait-ce souhaitable sachant que nous aurions droit aux agaçants « le proviseur présumé pornographe », livrant tous les détails sur l’identité de la personne…
Vous noterez que nous essayons de respecter cela sur la blogosphère bien que nous sachions tous l’identité de Garfieldd.

Quel mépris pour l’Homme !

Rappelez-vous M. le Journaliste, qu’en cette chère France, les citoyens sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire.

Si vous condamnez publiquement, vous serez prié de nous amener la preuve de cette culpabilité.

En l'occurrence, je vous souhaiterais bonne chance car vous iriez flirter avec cette notion fort malléable de "bonnes moeurs".

36. Le lundi 6 février 2006 à 09:39 par William Hamon

Une victoire en demi-teinte pour Garfieldd. Je reste persuadé que son homosexualité est la seule cause de l'extrême gravité de la première sanction et qu'elle continue de justifier la lourdeur de la seconde. Un proviseur (hétérosexuel) ayant publié le même blog n'aurait écopé que d'un blâme, peut-être même aurait-il été félicité pour ses propos sur l'éducation (ce qu'en lecteur de feu son blog je fais); ou plus probablement serait-il simplement passé inaperçu (point d'affaire sans "dénonciation").

Sinon je suis un peu étonné de voir un journaliste (je ne lis pas son journal et ses interventions télévisuelles m'ont toujours agacé, maintenant je sais pourquoi) troller aussi éhontément.
Note pour Cricri: le troll c'est une réthorique - au sens creuse - exclusivement provocante, pour l'exemple relire ma parenthèse précédente.
Même si je comprends qu'il ait besoin de faire la promo de son blog marathon 2007 (pas mal de commentaires HS (effet TV), aucune vie; quand aux analyses je ne les partage pas, mais ça !) où il espère sans doute que se joueront les coulisses de l'élection. Nous savons tous que coulisses il y aura, mais sûrement pas chez Cricri !

Le droit à la critique est ouvert sur ce blog, y compris contre ma personne, mais merci d'éviter les attaques ad hominem. Christophe Barbier a une opinion différente de la majorité sur l'affaire Garfieldd, il l'exprime à visage découvert, c'est à porter à son crédit. Attaquez son point de vue autant que vous le voulez, je le fais moi même. Mais les sarcasmes sur son blog, ou les procès d'intention sur les raisons de son commentaires sont totalement déplacés.

Ce commentaire ne s'adresse pas qu'à vous, cher William, mais aussi à plusieurs commentateurs ci-dessus.

Eolas

37. Le lundi 6 février 2006 à 10:55 par Nemo

Maître Eolas,

Ne considérez-vous pas comme "circonstance aggravante", le fait d'être publiquement identifié comme journaliste lorsque comme vous l'indiquiez ci-dessus on considère "comme acquis que Garfieldd aurait atteint aux bonnes moeurs."?

Si l'on peut respecter cette opinion, ne doit-on pas s'offusquer qu'un représentant de cette profession, qui plus est, personnage d'influence, se contente de condamner sans démontrer, confortant les trop nombreux "meutriers présumés"...
Doit-on laisser la presse se substituer au juge?

Si hors de tout concept de déontologie journalistique, on peut admettre qu'à titre personnel, on puisse être intimement convaincu de la culpabilité de Garfieldd, n'a-t-on pas le droit d'attendre d'un journaliste, comme d'un juge, une réflexion intellectuelle plus poussée et un respect de la présomption d'innocence sans heurts?

Pourquoi donc leur attribuer une déontologie particulière? A quoi sert-elle désormais?
Où est donc passée la nécessaire responsabilisation qui caractérisait la profession depuis sa genèse?

Voyez le traitement de l'affaire d'Outreau, beaucoup se livrent sans restriction au lynchage du juge Burgaud et de la magistrature. Pour reprendre un lieu commun, il faudrait déjà commencer par balayer devant sa porte.

Alors, je crois qu'en amoureux de la Justice que vous êtes, il est important de rappeler comme vous l'avez déjà fait, qu'avant de se faire une opinion sur un dossier, il convient d'analyser les faits, les arguments opposés et de décortiquer le tout.
Et s'il vient à l'esprit de quiconque de condamner publiquement un personnage, il incombe de démontrer sa culpabilité à son auditoire.
Il en va du respect de la dignité de l'Homme.

Et en tant que journaliste identifié en tant que tel, comme on en attendrait d'un magistrat, ce respect ne saurait souffrir de dérogations...pis encore, il incombe d'être scrupuleusement suivi.

38. Le lundi 6 février 2006 à 11:55 par nouvouzil

Cette décision reste très dure.

Elle tend à prouver que ce que l'actuel gouvernement a le plus de mal à réprimer, c'est son goût immodéré pour la répression.

Dont acte.

39. Le lundi 6 février 2006 à 16:02 par BrunoNation

Du bon usage de la Logique :

---> "Elle ne saurait être "inexistente" puisque le mot n'existe pas..." --> si le terme "inexistent" n'existe pas, comme peut on prédiquer quoique ce soit sur ce terme. L'auteur admet par hypothèse qu'il existe et est dès lors parfaitement incohérent (ce sont les paradoxes habituels de la citation et de la décontextualisation).

---> "L'orthographe est la base de la langue française que j'ose espérer vôtre". Cette affirmation péremptoire est proprement ahurissante. Comment un système de notation plus ou moins figé peut constituer la base d'une langue ? D'ailleurs ici aussi la phrase est contradictoire puisque si l'on répond dans une langue à un individu, c'est que l'on suppose qu'il connaît ladite langue par hypothèse.

---> De même on sait depuis Aristote, depuis les Evangiles (le péché contre l'esprit qui ne sera jamais pardonné ni ici bas ni dans l'autre monde) et Saint Thomas (ST) qu'utiliser une personne comme moyen, par exemple en cherchant une justice exemplaire, est parfaitement amoral. Par conséquent, si l'on peut se placer sur le terrain de l'opportunité et de l'efficacité possible de l'exemplarité (je suis personnellement partisan de la peine de mort), justifier moralement une peine par l'exemplarité est parfaitement contradicatoire.

Et ainsi, on n'en finirait pas de relever les contradictions du message ...

Sans rapport avec ce qui précède, une étude de Harvard montre que les personnes les plus inefficaces et dangereuses - pour les entreprises dans le contexte de l'étude - sont les personnes très diplômées (ou qui peuvent revendiquer un diplôme prestigieux) mais qui auraient des aptitudes intellectuelles faibles (elle existent aux Etats Unis !). Dans ce cas, il vaut mieux selon l'étude un héritier bête parce qu'il n'a pas de prétentions intellectuelles ou du moins ses prétentions n'ont elles pas été reconnues par la société.

Ces personnes bêtes mais consacrées :-) ne sont pas coupables d'ailleurs pour trois raisons : elles ne sont pas responsables du processus de sélection qui les a (mal) choisies ; elles sont - comme le disait Coluche - comme tout le monde limitées dans leur jugement par leur propre capacité d'intellection et ne peuvent en conséquence pas se rendre compte directement de leur état (cad à la première personne) et enfin comme tout être humain, elles bénéficient d'une dignité qui doit être reconnue et qui commande le respect malgré tout.

La France est bien chanceuse de se différencier si favorablement des Etats Unis dans tous les cas.

40. Le lundi 6 février 2006 à 16:26 par @nonyme

Euh juste un commentaire sur les remarques de BrunoNation:

-"si le terme "inexistent" n'existe pas, comme peut on prédiquer quoique ce soit sur ce terme. L'auteur admet par hypothèse qu'il existe et est dès lors parfaitement incohérent (ce sont les paradoxes habituels de la citation et de la décontextualisation)."

>> Ridicule! Moi personnellement, je ne crois pas en Dieu, pour autant je ne récuse pas le concept de Dieu, je comprends même que d'autres puissent y croire. Le fait d'être certain de la nullité d'une chose n'implique pas que l'on refuse aux autres d'y conférer telle ou telle valeur.

-""L'orthographe est la base de la langue française que j'ose espérer vôtre". Cette affirmation péremptoire est proprement ahurissante. Comment un système de notation plus ou moins figé peut constituer la base d'une langue ? D'ailleurs ici aussi la phrase est contradictoire puisque si l'on répond dans une langue à un individu, c'est que l'on suppose qu'il connaît ladite langue par hypothèse."

>> Je ne vois pas, pour commencer, ce qu'il y a de scandaleux à faire une affirmation, péremptoire par définition, puisqu'elle dit ce qui est. Vous pouvez bien sûr être en désaccord avec, mais la qualifier de péremptoire c'est stupide, je peux en dire autant de la phrase "Cette affirmation péremptoire est proprement ahurissante.". Deuxièmement il n'y a pas de contradiction à dire que l'orthographe est la base de la langue; c'est un peu comme les lego, pour construire il faut bien des pièces... Enfin il n'a jamais été écrit, à ce que je lis, que l'orthographe est nécessaire à l'entendement, à la communication. Non c'était plus une remarque de normalien gavé de Roland Barthes :) (pour ceux qui ont fait une prépa L ils comprendront je pense...)


Enfin tout ça est un peu mesquin; le débat porte bien sur Garffield et la décision judiciaire qui s'est ensuivie, revenons-en au sujet et laissons donc Christophe Barbier ce qu'il veut, si contestable soit sa théorie.


Je me posais la question: quelle autorité est chargée (si elle existe) de surveiller Internet? Le CSA? Ou la police? Ou tout cela ne repose-t-il pas simplement sur les plaintes des gens? Je serais curieux de le savoir.

41. Le lundi 6 février 2006 à 16:47 par BrunoNation

J'apprécie le parallélisme de la structure du message de anonyme (volntaire ?) même si le contenu n'est pas logique. Mais à quoi bon corriger finalement puisqu'en effet ce n'est pas le sujet et que les chances d'un bonne réception me paraissent faibles .

42. Le lundi 6 février 2006 à 17:44 par Pangloss

Cher maître,

lecteur de votre blog depuis plus de six mois, je me fends d'un commentaire pour la première fois. J'ai été interpelé par cette affaire et je dois avouer que c'est avec un certain soulagement que j'accueille la sanction révisée. Mes félicitations pour votre lettre ouverte à M. De Robien, aussi. Vous avez été d'un grand secours, une fois de plus. Continuez !

43. Le lundi 6 février 2006 à 17:49 par IreneDelse

"Je me posais la question: quelle autorité est chargée (si elle existe) de surveiller Internet? Le CSA? Ou la police? Ou tout cela ne repose-t-il pas simplement sur les plaintes des gens? Je serais curieux de le savoir."

En France, la surveillance des forums, blogs et autres fait partie des attributions des RG, à ce qu'il paraît. Voir les affaires de jeunes condamnés pour "appels à la violence" sur Skyblog en novembre dernier.

44. Le lundi 6 février 2006 à 17:52 par Guignolito

Ya pas que les proviseurs qui se font condamner : ya aussi les magistrats du parquet. Cet article-là vaut le détour : www.lemonde.fr/web/articl... (@Eolas : vous parliez pas de faire un article sur la responsabilité des avocats et des magistrats, dans un autre billet ?)

Je sais pas si c'est moi, mais j'ai la désagréable impression qu'en France, il vaut mieux fermer sa gueule et garder un profil bas, surtout quand le gars en face est plus fort que vous : qu'il soit de la "majorité silencieuse" homophobe de l'EN, éditeur informatique daubesque, maire de Puteaux, ou ministre de l'intérieur...

La France est le pays où il ne faut surtout pas émettre de critiques qui aillent à contre-courant. Même si vous avez raison. SURTOUT si vous avez raison : les autres ne supporteront pas de perdre la face !

Sur ce, je sens que je vais vite me taire.

45. Le mardi 7 février 2006 à 08:40 par Diane

j'avoue que je ne comprends toujours pas pourquoi Garfield a été sanctionné.
Pour ce qui concenrne la faculté de critiquer au pays des droits de l'homme, j'aurais tendance à penser que Guignolito a raison.

46. Le mardi 7 février 2006 à 15:29 par flo

Il y a au final moins de quoi s'attrister, mais pas pour autant davantage de quoi se réjouir...

47. Le mercredi 8 février 2006 à 09:14 par Djibril

Par curiosité, une question candide : comment pouvez-vous avoir l'assurance que les commentaires de Christophe Barbier -directeur adjoint de l'Express - sont authentiques ? Je trouve matière à douter, sinon à frissonner.

48. Le mercredi 8 février 2006 à 09:53 par François - Droit administratif

Inquiétante cette intervention "scientifique" de Christophe Barbier.

49. Le mercredi 8 février 2006 à 10:29 par BrunoNation

Aucune assurance je suppose.

Le ratio prétentions sur compréhension est incroyablement haut et se retrouve souvent d'après mon expérience récente parmi les "profils" équivalents en particulier issus des classes qu'évoque @nonyme. Mais les différences inter-individuelles étant plus grandes que les différences entre groupes, on ne peut pas inférer grand chose sur l'objet qui nous occupe autrement qu'en considérant ses propos.

50. Le mercredi 8 février 2006 à 15:51 par BrunoNation

Je doute que ce soit Christophe Barbier...

Comme je doute être moi-même BrunoNation (expérience:))

51. Le mercredi 8 février 2006 à 15:55 par Juriste en herbes

Je viens de taper le message ci-dessus: le ciel ne m'est pas tombé sur la tête...

>> Qu'est-ce qui permet de dire, par exemple, que ce n'est pas un même personnage qui fait tous les messages de cette page??

52. Le mercredi 8 février 2006 à 16:27 par BrunoNation

"le maître des lieux est celui qui les organise". Si Maître Eolas stocke les adresses IP , je pense qu'il pourrait raisonnablement dire si les personnes sont distinctes ou non. C'est lui "le même personnage" derrière tous les messages de fait (et de droit peut-être aussi).

Besides, what does the identity matter have to do with anything i.e. the non-consistant set of propositions stated by protero - CB, dear apprentice ?

53. Le mercredi 8 février 2006 à 20:54 par Juriste en herbes

Oui mais attends, les adresses Ip ça change tout le temps... Enfin je crois; donc à mon avis y a pas de contrôle possible dans l'absolu.

Qu'en dit Maître Eolas?

54. Le jeudi 9 février 2006 à 12:22 par Etienne

Bravo à tous pour ce résultat. Une absence de sanction aurait été franchement inappropriée, puisqu'un certain devoir de réserve avait été dépassé d'après moi : on pouvait vraiment trop facilement retracer les faits d'un conseil de discipline, d'un conflit interne à l'établissement (celui avec l'intendant notamment... ;-).

Ne pas sanctionner du tout Garfieldd aurait aussi été contraire à la realpolitik : de toutes manières, ce proviseur ne **pouvait pas** rester au même poste et y exercer dans des conditions acceptables (même si je remarque que ce sont les enseignants de l'autre lycée de la ville qui ont eu la fine élégance de le dénoncer). Il fallait donc le déplacer, donc sanction il y aurait eu.

Ensuite, je note bien que Garfieldd perd tout de même six mois de salaire. C'est salé, très salé ! J'imagine que c'est pour ne pas fâcher le syndicat majoritaire des chefs d'établissement qui avait pris tant de plaisir à lui taper dessus (décidément, à chaque fois que j'entends parler de ce syndicat, j'en suis un peu plus effaré).

Mais en fin de compte, c'est moins mauvais qu'une dégradation avec retour à la case enseignement, parce qu'à lire Garfieldd, j'ai acquis la conviction que, malgré ses dépassements au devoir de réserve, il doit être un fameux chef d'établissement. On travaillera peut-être un jour ensemble... mais moi je ne serai certainement pas un "gentil intendant" !

Bref, voilà l'exposé des enjeux pour les plus royalistes que le roi qui seraient encore énervés. Le ministre s'en est assez bien sorti, et je rejoins ici Maître Eolas, qui est accoutumé à observer des décisions qui ménagent chacun.

Avec l'espoir que Garfieldd, en prenant de grandes précautions, continue son oeuvre pédagogique en présentant le travail de chef d'établissement au mode qui en ignore tout ! Et s'il veut faire un autre blog sur la vie perso, qu'il ne se gêne pas.

Bonnes vacances Garfieldd

55. Le samedi 11 février 2006 à 11:22 par BD

Sur les sanctions disciplinaires des fonctionnaires...

Dans l'Education nationale, elles sont rares. Mais lorsqu'il y en a une, ce n'est pas léger, léger...

Rappelons qu'un ingénieur de l'Education nationale avait été suspendu six mois pour atteinte à la laïcité, parce qu'il avait fait état sur un site religieux (d'une secte en fait) de son adresse électronique professionnelle...

Il n'y a pas que le sexe qui soit tabou !

Dans sa décision, la Cour administrative avait considérer que "la mesure dont M. O. a été l’objet a été motivée non par ses opinions philosophiques et religieuses mais exclusivement par l’usage fait par l’intéressé de l’adresse électronique de l’ENSAM sur Internet pour les besoins de l’Association pour l’unification du christianisme mondial". Cela constituait donc un "manquement au principe de laïcité et à l’obligation de neutralité auxquels les fonctionnaires sont soumis". Le conseil d’Etat avait confirmé.

56. Le samedi 18 février 2006 à 10:05 par quintablanca

Maître,
je suis depuis qq semaines un lecteur assidu de votre blog et j'ai suivi avec intérêt l'affaire Garfieldd.
Permettez-moi de vous dire ma surprise au sujet de ce billet qui remonte désormais au début du mois.
Sur ce point je rejoins volontiers Fréderic Rollin.
Que vous vous en remettiez à la décision du principal intéressé me semble juste, d'ailleurs pourrait-il en être autrement. Qu'on puisse admettre le principe d'une sanction ne me semble pas contestable non plus.
En revanche, lorsque vous affirmez que Gilles de Robien "sort vainqueur de cette affaire", là je ne vous rejoins pas. Lorsque la décision de révoquer Garfieldd fut prise, elle fut prise en connaissance de cause. Je doute fort qu'un ministre puisse prendre une décision sur le coup de la colère ou de l'émotion. Donc, on peut estimer raisonnablement que M. le Ministre doive aussi en assumer les conséquences, à savoir éventuellement revenir sur une décision disproportionnée.
Personnellement, je trouve que cette révision de la sanction est loin d'être une victoire, même si Garfieldd a décidé d'en rester là. Une suspension de salaire de six mois reste une décision très lourde de conséquences.

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