Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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France, terre d'accueil

Où l'auteur continue sa visite guidée de la France, vue par les yeux d'un étranger, aujourd'hui un demandeur d'asile.

Nous continuons notre visite en suivant les pas d'un étranger ayant réussi à poser le pied sur le territoire français.

Les plus vernis d'abord, mais à court terme : les demandeurs d'asile. Comprendre, ceux qui ont quitté une ZAPI verticalement, et non horizontalement. Leur demande n'a pas été jugée manifestement infondée par le ministre de l'intérieur ou ils ont été mis en liberté par le JLD (l'expression exacte étant "n'ont pas été maintenus en zone d'attente" : notez que la liberté est l'exception).

Ceux ci sont en situation régulière. Pour huit jours. Ils ont une APS, une Autorisation Provisoire de Séjour (ne donnant pas droit à travailler), le temps pour eux de se rendre à la préfecture de leur domicile retirer un dossier de demande d'asile.

Alors, comment ça se passe ?

A priori, c'est simple : il faut se rendre à la préfecture. C'est là que ça se complique. Chaque préfecture a ses propres usages, mais toutes respectent plus ou moins le même schéma. (suggestion musicale : Michael Kamen, "Central Services / the Office", B.O. du film Brazil, de Terry Gilliam). Voici par exemple comment ça se passe à Créteil.

Vous vous présentez aux aurores à la préfecture. En effet, la préfecture accepte un nombre limité de demandeurs par jour. C'est le prix de la course : premier arrivé, premier servi. Arriver à l'heure d'ouverture vous garantit que vous serez refoulé. Les queues commencent à sept heures pour les demandes d'asile, à six heures, parfois cinq pour les autres catégories.

On vous donne ensuite un numéro. Vous attendez. Très longtemps (Vous êtes du coup bien contents d'être arrivé aux aurores). Sur présentation de votre passeport et d'un justificatif de votre domicile, on vous remet un joli formulaire à remplir, une liste de pièces à fournir et une convocation sur papier bleu pour un deuxième rendez vous. Le formulaire est à remplir en français, bien sûr. Vous ne savez pas lire le français ? Dommage. Heureusement, le personnel de la préfecture est là pour vous aider.

Je plaisante. C'est chacun pour soi.

Le jour venu, vous revenez à la préfecture. Vous êtes convoqué à huit heures, alors que la préfecture ouvre à neuf heures. Ne posez pas de question, et remettez Brazil.

Vous allez cette fois dans la file des étrangers qui ont le papier bleu (20 à 30 environ). Vous avez le sentiment d'avoir eu une promotion.

On vous prend le formulaire et on vous donne un numéro. Et vous attendez. Longtemps. Pendant ce temps, le personnel de la préfecture ouvre un dossier à votre nom et à celui des autres convoqués au papier bleu.

Quand les dossiers sont ouverts, les étrangers sont appelés un par un pour une prise d'empreintes digitales numérisée.

Et retour à la salle d'attente. Imaginez l'ambiance, les familles avec enfants venant avec leurs bambins et leurs bébés qui s'ennuient à mourir.

Pendant ce temps, la préfecture vérifie, à l'aide de vos empreintes et des informations personnelles du formulaires que vous n'avez pas déjà fait une demande d'asile, que vous n'êtes pas inscrit au Système d'Information de Schengen aux fins de non admission.

Vous attendez donc qu'on vous rappelle. La journée est passée, enfin votre nom résonne dans le haut-parleur. Tout va bien : votre passeport est authentique, vous êtes inconnu au bataillon des déjà-refusés, vous avez fourni vous deux photos, votre formulaire a été rempli san faute, votre justificatif de domicile est accepté. Vous avez franchi les obstacles, on vous remet donc…

Un dossier de demande d'asile.

Elle est pas bonne, celle là ? Allez, remettez un coup de Brazil.

Vous avez donc le dossier, un récépissé valable un mois vous maintenant en situation régulière (toujours sans le droit de travailler, j'espère que vous avez du poids à perdre parce que rien n'est prévu pour vous nourrir). Ce dossier complété (en Français bien sûr, si vous êtes en famille, c'est un formulaire par personne) doit être déposé sous trois semaines auprès de l'OFPRA, l'Office Français de Production de Refus d'Asile. Pardon, l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides. Si le délai de trois semaines n'est pas respecté, le dossier ne sera pas examiné, c'est fini, l'asile vous est fermé.

Votre dossier déposé, on vous remet un récépissé de dépôt. Devinez quoi ? Vous êtes bon pour un nouveau déplacement à la préfecture pour échanger ce récépissé contre un "récépissé constatant le dépôt d'une demande d’asile". Pour éviter les redondances, on appelle le récépissé de l'OFPRA lettre d'enregistrement. Ce récépissé constatant le dépôt d'une demande d’asile donne droit au séjour pendant trois mois, renouvelables au prix d'une nouvelle visite à la préfecture. Ce récépissé ne donne pas droit à travailler, mais les ASSEDIC vous verseront une allocation mensuelle (de 9,86 euros par jour) : vous allez pouvoir manger.

L'OFPRA finit par statuer sur votre dossier. Vous n'aurez pas forcément été convoqué (voir sur le site de l'OFPRA la description de la procédure). Vous avez un mois pour faire appel devant la CRR, Commission de Recours des Réfugiés (située à Vincennes, dans le Val de Marne). où là il y aura audience avec éventuellement assistance d'un avocat.

La majorité des demandes sont rejetées, et cette part augmente considérablement au fil des ans. Selon un rapport public du Conseil d'Etat, on est passé de 28 872 demandes en 1992, acceptées pour 28% d'entre elles, à 52 204 demandes en 2003, acceptées à 14%. Le nombre de demandes acceptées a chuté de 10 266 en 1992 à 4 244 en 1996, avant de rebondir et de remonter à 9 790 en 2003. Il est en effet très difficile d'apporter la preuve des persécutions dont on fait l'objet : les états dictatoriaux et les guérillas terroristes rechignent, malgré les demandes répétées des avocats, à nous délivrer des attestations d'oppression sur papier à en-tête. Je me souviens ainsi d'un ressortissant du Nigeria, membre de la minorité chrétienne en terre musulmane, qui n'avait comme seule preuve à montrer à la CRR que la photo de la tombe de son père assassiné et de la maison de celui-ci incendiée par ses assassins. Confirmation du rejet de sa demande.

La croissance du nombre de demandes d'asile tient sans doute pour une bonne part à l'augmentation de demandes infondées. Parce que toutes les autres voies légales sont fermées, sauf celles que les engagements internationaux de la France contraignent à laisser entr'ouvertes. La riposte législative a été bien sûr de durcir la procédure, de contraindre l'OFPRA à traiter les dossier en un temps limité, et en permettant à l'OFPRA de ne pas entendre le requérant pour refuser sa demande.

Le prix à payer est que des vrais réfugiés sont emportés par le flot des refus. Le taux d'annulation des rejets de demande par la commission de recours est passé de 4,22% en 1992 à 11,45% en 2003 (2177 contre 3377 annulations, respectivement - même source).

Les rejetés définitifs rejoignent le flot des clandestins, des étrangers en situation irrégulière.

C'est à eux que je m'intéresserai dans mon prochain billet.

La discussion continue ailleurs

1. Le lundi 29 mai 2006, 01:51 par Memory dump

Un clandestin répertorié

On rencontre parfois de drôle de gens dans les hôpitaux psychiatriques. Qui vous font réfléchir sur la société. Parfois des gens très intelligents d'ailleurs. Prenons l'exemple de ce clandestin russe. Il n'a pas de papiers. Il est fou. Il vit en

2. Le lundi 29 mai 2006, 20:35 par Met@llaH blOg d'un futur jeune vert de Limoges ?

En France nous accueillons des étrangers et nous les accueillons bien...

Maitre Eolas une fois de plus nous présente simplement et concrètement à quoi un étranger doit faire face quand il souhaite pénétrer légalement sur notre territoire. Ici nous avons l'exemple d'un demandeur d'asile :...

Commentaires

1. Le dimanche 28 mai 2006 à 01:06 par Bib2

Rien qu'à lire votre billet, j'ai la migraine. Alors l'étranger, j'imagine. Mais comment se fait-il qu'il y en ait qui parviennent à l'obtenir, cette "fichue" nationalité que le monde-entier-nous-envie ?

Si j'ai le temps, je vous décrirai un jour comment j'ai obtenu la mienne : ça a duré 9 mois et une nuit, par voie basse...

2. Le dimanche 28 mai 2006 à 01:57 par Thierry

Coquilles dues à l'heure tardive ? ;-)

(ou retour de discothèque ? ;-)) )

France, terre d'acceuil => France, terre d'accUEil

persécussions => persécutions

3. Le dimanche 28 mai 2006 à 02:35 par yann

Vous dites : "Selon un rapport public du Conseil d'Etat, on est passé de 28 872 demandes en 1992, acceptées pour 28% d'entre elles, à 52 204 demandes en 2003, refusées à 14%."

Vous vouliez sans doute dire "[...], acceptées à 14 %".

(Ou alors je ne comprends rien à la fin du papier.)

4. Le dimanche 28 mai 2006 à 03:12 par pi-xel

Cher Maitre...

Je comprends qu'on puisse s'offusquer de certaines dispositions relatives a l'acceuil d'immigrés...

Mais une chose me parait totalement normal (peut etre suis-je qu'un sombre facho déviant, allez savoir...) : quand vous dites "Vous ne savez pas lire le français ? Dommage.", je m'interroge : COMMENT peut on vouloir immigrer en France sans savoir parler francais, ou au moins disposer des bases : comprendre nom prenom adresse sur un papier cerfa ne me semble pas insurmontable, et me parait la moindre des bases a avoir quand on veut habiter un pays...

De plus, que vous ajoutiez "sans droit de travailler", je veux pas faire le rabat-joie, mais la France connait actuellement 9,2% de la PA au chomage, alors je pense que meme avec un droit de travail, ca n'arrangerait pas leur position...
Heureusement pour eux, des assos existent qui les aident à bouffer/remplir leur déclarations, etc...

Cela dit, le traitement fait aux etranger demandant l'asile, de laur acceuil a leur expulsion ou leur intégration est tout simplement honteux pour un pays comme le notre...

Les Zapi telle que vous les décrivez, les conditions de retour aux pays, ou les procedures pour obtenir un droit de séjour sont indignes d'un pays comme le notre...

Pauvre France...

Vous avez tout à fait raison. Quand je pense au nombre de boat-peoples qui ont fui des régimes communistes sans avoir au préalable appris le français, je m'offusque encore qu'on ne les ait pas refoulé, et tant qu'à faire qu'on ait pas exilé les 10% de français analphabètes qui sont eux aussi incapables de remplis un formulaire CERFA.

Quant à la question du chômage, attendu que la fermeture totale de l'immigration économique il y a trente ans n'a pas empêché l'explosion du chômage, on peut se demander s'il y a vraiment corrélation entre immigration et chômage. Or il y a des contre-exemples d'immigrations massives et non anticipées qui n'ont eu aucun impact sur le chômage : l'arrivées des 900.000 français d'Algérie en 1962, de 125.000 cubains à Miami en 1980, et des immigrants russes en Israel en 1990 (qui dans ce dernier cas avaient la nationalité isarelienne mais ne parlaient pas la langue officielle, et ont provoqué une augmentation de 12% de la population). Parce que les immigrés qui travaillent apportent à l'économie. Ils consomment. Or la consommation génère des emplois. Ou alors si j'ai tort, il est urgent de mettre fin à la deuxième source d'augmentation de la population active, qui est donc aussi à la source du chômage : les naissances (d'autant qu'un enfant coute sans rapporter pendant 20 ans, tandis qu'un immigré est prêt à travailler de suite).

Eolas

5. Le dimanche 28 mai 2006 à 05:19 par Flying™

Ce parcours serait à compléter en amont par un mot sur la responsabilité du transporteur de Schengen ... qui empêche des réfugiés d'avoir le peu de chance qu'il leur reste de voir leur demande acceptée ...

6. Le dimanche 28 mai 2006 à 07:13 par Paris Hilton

-> Monsieur Pi-Xel pose une question rigolote.

COMMENT peut on vouloir immigrer en France sans savoir parler francais, ou au moins disposer des bases ?

C'est une drôle de question. Imaginons, demain, une centrale nucléaire explose (prenons celle de Dampierre en Burly, j'aime bien son nom).
La moitié des français meurent, un quart des Français sont malades et le dernier ne peut survivre qu'en quittant cette terre désolée qu'il aime tant.
Tous les pays francophones décident (et c'est normal) de n'accepter que 1000 personnes par an : on n'avait qu'à pas se f****e de leur accent (quoique l'accent belge, il est quand même marrant).
Alors, imaginons, pi-xel, tu es un des français survivants, tous les pays francophones te refusent ?
Qu'est ce que tu fais ?

Marie Antoinette : s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche.

-> Monsieur Pi-Xel cherche des solutions rigolotes.

mais la France connait actuellement 9,2% de la PA au chomage, alors je pense que meme avec un droit de travail, ca n'arrangerait pas leur position...

Imaginons, tu es arrivé clandestinement au Maroc, tu as faim, ton fils est avec toi, par contre ta femme et tes deux filles tu ne sais pas trop.
L'autre barque a chaviré. Les gens de l'association sont sympas, tu ne comprends pas tout, on te donne quelques tickets pour travailler, mais cela te gène, évidement tu as l'impression de faire l'aumône de piquer le pain des Marocains. C'est sûr, tu aimerais avoir un vrai emploi, tu étais dans l'armée il y a seulement six mois, tu étais même officier. Mais évidement, tu n'as le droit de travailler, au Maroc le taux de chomage est d'environ 20% alors pas question de faire travailler les clandestins.
Qu'est ce que tu fais ?

7. Le dimanche 28 mai 2006 à 09:45 par Le Monolecte

Merci Paris Hilton pour cette mise en perspective (je ne pensais pas écrire un jour cette phrase!!).
Cela me fascine aussi ce manque d'empathie dont mes comptatriotes font preuve quand il s'agit des immigrés. Il suffit pourtant de se mettre 3 minutes à leur place pour s'indigner du traitement qui leur est fait.

Pour info, un article d'un journal sénégalais qui éclaire d'intéressante façon l'immigration vu des pays d'origine... et où on se rend compte qu'au final, nous ne faisons jamais que récolter ce que nous semons : www.lesoleil.sn/article.p...

8. Le dimanche 28 mai 2006 à 10:13 par bart

Pour compléter les commentaires précédents, j'ajouterais que des milliers de français travaillent dans des pays dont ils ne maîtrisent pas la langue et se débrouillent en anglais ou en une autre langue. Pas besoin de connaître la langue d'un pays pour y émigrer...

9. Le dimanche 28 mai 2006 à 11:31 par Erik

Je ne sait pas si je serais jamais en mesure de comprendre un "rapport public du Conseil d'Etat" : j'ai beau chercher, je n'arrive pas a faire correspondre les chiffres et les pourcentages... En tenant compte des "annulation des rejets de demande" ca colle pour 1992 mais je reste avec une différence de 10% pour 2003... :-/
C'est dommage, ca décrédibilise un peu le propos, meme si ca n'enleve rien aux parcours type "Brazil" que subissent les demandeurs d'asile...

par contre en remarque 4., je ne suis pas d'accord avec "un enfant coute sans rapporter pendant 20 ans". Allez dire ca à Disney et autres amuseurs d'enfants... Je suis sur qu'on peut trouver d'autre exemples, exactement de le meme facon qu'on peut trouver des avantages économiques d'accorder le droit au travail des demandeurs d'asile !


Les chiffres que je cite sont tirés du Dictionnaire Permanent Droit des Etrangers, Editions Législatives, V° Demandeur d'asile, annexe 3.

Eolas

10. Le dimanche 28 mai 2006 à 12:19 par Frigobus

Cher maître,

Vous traitez la demande d'asile, qui m'apparaît Kafkaïenne (voire lesdouzetravauxd'astérixienne).

Qu'en est il de la demande classique de permis de séjour, celle qui se passe bien ? Celle où un type décide d'habiter en France, et de se faire naturaliser ?

Je veux bien que vous décriviez les pires des cas, ceux qui interessent l'avocat et qui font tressauter le coeur. Mais ça serait rassurant de voir que tout ce bordel n'est que une petite partie dans les flux entrants.
Dites moi que vous ne décrivez que le coé sombre. Sinon c'est vraiment dépriant.

Je dis ça parce que toutes les polémique qu'on entend ça et là à propos de la régularisation automatique au bout de 10 ans, toussa, toussa...

Comment on se fait naturaliser ? Comment un etranger peut rester 10 clandestin s'il est en mesure de prouver à la préfecture qu'il est intégré, qu'il a une opportunité de travailler et de se loger (car s'il est là 10 ans, il travaille au noir, donc pourrait trouver un poste légal).
Sans cette régularisation automatique (qui je pense etait critiquable dans la forme) est supprimée, quels seront les voies qui vont être empruntées ? Logiquement ces gens rentrent dans la migration économique, non ?

Quelle est la différence entre le pakistanais (au pif) qui vient en France par ce qu'il a une prommesse d'embauche par Bouygues BTP (au pif), et qui arrive normatlement par avion tranquilou, et le clandestin pakistanais qui arrive au bout de 4 ans de travail au noir à obtient une promesse d'embauche à Bouygues BTP ?
Imaginons que ces 2 types sont pareillement indispendables à Bouygues .
Quelle est la différence ? S'il n'y en a pas, alors soit l'immigration économmique est trop difficile, soit les clandestins ont les moyens de régulariser leur situation 'relativement' facilement.
Qu'est ce qui fait qu'un type etait obligé d'attendre 10 ans le sésame sans pouvoir influer positivement sur sa demande ?????

Donc j'espère cher Maître que vous pouvez m'expliquer pourquoi l'annulation de la régularisation automatique soulève l'ire de certains mouvements, alors que dans le même temps il est envisagé de faciliter la migration économique. L'un peut être remplacé par l'autre, normalement. D'ailleurs cet automatisme est plus un palliatif à la carence de l'immigration qu'un système souhaitable.

Le cas des étrangers en situation irrégulière fera l'objet de mon prochain billet, soyez patient, mais pour répondre à votre première interrogation : la réalité est déprimante.

Eolas

11. Le dimanche 28 mai 2006 à 12:20 par Louisa

Merci pou cette suite encore enrichissante.

Pensez vous que dans les petites pref de provinces les personnes se lèvent à cinq heures du matin pour faire la queue? Creteil doit être un exemple extrême, non? (?)

S'agissant du fait que rien n'est prévu pour aider les demandeurs dans la traduction du français, je pense qu'il ne serait pas sorcier que le ministère de l'intérieur crée un site internet dans de nombreuses langues étrangeres qui expliquerait la traduction des expressions des formulaires et donnerait quelques mots sur les démarches à suivre dans la langue choisie. On pourrait donc mettre des bornes internet de ce site dans les pref (ça permettrait aux demandeurs d'asile de comprendre quelques expressions , de se familiariser avec ce qui va leur être demandé, et de faire passer le temps ); au surplus ça éviterait aux employés d'expliquer qu'ils ne sont pas payés pour leur faire la traduction, ils pourraient renvoyer gentillement les personnes vers les bornes pour plus d'explication. (bon c'est une idée comme ça, car de toute façon mettre à disposition des immigrés des personnes spécialement affiliées à l'assistance de la traduction me semble irréaliste)

Créteil est similaire aux préfectures de Bobigny, Paris, Nanterre et Versailles qui font face à une très grande partie du flux. Je pense que la préfecture de la Nièvre doit être moins submergée, mais je ne doute pas qu'elle ait à traiter des dossiers d'étrangers. Quant à votre suggestion, elel est excellente, mais suppose que l'administration fasse preuve d'un minimum de bonne volonté ; or la politique actuelle est de décourager les migrants par la multiplication des obstacles administratifs. Plus insidueux, et plus efficace encore que les grandes réformes électoralistes.

Eolas

12. Le dimanche 28 mai 2006 à 13:07 par Elias

Je me souviens que Rocard a déclaré (avant ma naissance ?) que la France ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde.

C'est vrai.

Cependant, je suis toujours surpris qu'un pays qui ferme les yeux, quelquefois complaisamment, sur les atrocités qui se passent ailleurs s'étonne que de nombreux étrangers cherchent à quitter la misère et l'oppression et à s'installer là où il n'y en a pas (quitte à être des sans papiers pourchassé par la police).

La véritable "politique d'immigration" ne se joue pas ici, en Europe ou en France, mais là bas, en Afrique ou en Asie. Et il ne s'agit pas d'engraisser des souverains injustes ou de leur vendre des armes, en échange de pétrole ou de matières premières.

Je dis cela parce que mon père était un boat people chinois qui a fui le Grand Bond en Avant. Je remercie le ciel tout les jours parce que la France a bien voulu l'accueillir.

Si nous refusons de voir ou de nous intéresser à ce qui se passe à côté de chez nous, tous les murs dressés par la forteresse Europe ne suffiront pas à contenir l'arrivée de personnes désespérées et prêtes à tout.

Bel article, Maître.

Elias

Merci, mais de grâce, rendez à César ce qui est à Rocard : sa phrase complete est : "La France ne peut accueillir toute la misère du monde mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part". Le pauvre Rocard est devenu la caution morale des xénophobes de tout poil qui tronquent sa citation.

Eolas

13. Le dimanche 28 mai 2006 à 13:46 par Sla.

@Pixel: "COMMENT peut on vouloir immigrer en France sans savoir parler francais, ou au moins disposer des bases : comprendre nom prenom adresse sur un papier cerfa ne me semble pas insurmontable, et me parait la moindre des bases a avoir quand on veut habiter un pays..."

Sans vouloir réellement ajouter aux éminentes réponses déjà données, il n'y a pas de mal à ce qu'on parle plus d'une langue en France, si ?

D'ailleurs... Ca éviterait peut-être le nombre impressionnant de problèmes de communication dont maitre Eolas fait mention.

14. Le dimanche 28 mai 2006 à 13:58 par Luc

@ Paris Hilton (#6)

Le fait d'avoir un joli petit cul ne t'autorise pas à dire n'importe quoi. Surtout à propos de "l'accent belge".

La Belgique n'existe pas. Pas vraiment : ce n'est qu'une entité administrative. Comment pourrait-il y avoir un "accent belge" ?

Il y a la Flandre. En Flandre, il y a Anvers, le Limbourg, la Flandre Orientale, la Flandre Occidentale. Autant d'accents différents en néerlandais et des centaines d'idiomes locaux.

Il y a la Wallonie. En Wallonie, il y a Liège, le Hainaut occidental et le reste du Hainaut, Namur, le Luxembourg (pas le Grand-Duché, la province) et le Brabant. Autant d'accents. En français et dans des dizaines de variantes du wallon.

Au milieu il y a Bruxelles, où l'anglais sert souvent de dénominateur commun car il y a de moins en moins de Belges qui apprennent la langue de l'autre moitié du pays.

A propos, l'accent français, c'est celui de Marseille ou de Strasbourg (marrants tous les deux, je trouve) ?

15. Le dimanche 28 mai 2006 à 14:06 par Luc

@ Eolas

Merci pour l'utile rectification de la citation de Rocard : je dois avouer que j'ignorais la phrase complète. Comme quoi la tactique des xénophobe est efficace !

Une question sur laquelle j'aimerais votre avis : les opérations de régularisation massives comme celle en préparation en Italie (500.000 régularisés en bloc, dit-on) ou celles qui ont eu lieu en Espagne sont-elles une bonne politique ? Les adversaires disent que cela "crée un appel d'air" et ne fait qu'accentuer la "pression migratoire" à terme. Votre avis (je sais que ce n'est pas juridique, mais j'aimerais une réponse) ?

Il faut bien constater que l'immigration venant du sud est organisée par des filières plus ou moins mafieuses, qui saignent à blanc les candidats à l'immigration et leur prennent l'argent dont ils auraient besoin, par exemple, pour subvenir à leurs besoins à l'arrivée en France ou ailleurs.

Comment lutter contre ces filières qui exploitent la misère des migrants ?

Ces régularisations massives sont une mauvaise solution, mais elles ont le mérite d'être une solution. Elles mettent en lumière l'absurdité de la politique de l'immigration qui est de refuser de donner des conséquences juridiques à une situation de fait (alors que des pans entiers du droit reposent sur ce principe : le droit pénal, le droit fiscal, le droit de la sdécu...) sous prétexte que l'Etat ne l'a pas voulue. Jusqu'au jour où la situation devient telle que refuser de prendre en compte cet état de fait revient à violer des droits de l'homme et cause u ntrouble à l'ordre public. Comme en France en 1997, où la situation des "ni-ni", ni régularisables ni légalement expulsables contraint à cet aveu d'impuissance de l'Etat, mal ressenti par l'opinion publique. D'où une piteuse régularisation massive, assortie d'un "mais cette fois, c'est la dernière : du passé faisons table rase, et désormais, ce sera fini de l'immigration". Avec le succès que l'on sait.

Quant aux filières, je suis d'accord pour lutter contre elles avec la plus grande sévérité. Ces mecs sont des salauds de la pire espèce, j'ai été confronté avec certains réseaux. Comment faire ? A la base, ne pas leur donner ce moyen de s'enrichir. Toute prohibition crée mécaniquement un marché noir par le crime organisé. Voyez la Prohibition aux Etats Unis. L'alcoolisme n'a pasdiminué, mais désomrais,il faudra compter avec la mafia. Idem avec la prohibition absolue des stupéfiants, qui a créé les grands cartels de la drogue, et n'a certainement pas permis de diminuer la consommation de drogue (oui ,je fais de la provoc', mais franchement : permettre la vente de stupéfiants en pharmacie, encadré par ce professionnel et un médecin, serait-ce vraiment pire que le marché noir actuel ?). Pour en revenir à nos étrangers : ouvrir un porte, fut-elle étroite, d'immigration légale pour que les réseaux ne soient plus la seule solution à part la fraude pour entrer en Farnce, et une possibilité plus grande de régularisation une fois à l'intérieur. Régulariser un étranger c'est le retirer définitivement des griffes des mafias. Si vous voulez détruire une criminalité organisée, frappez la au portefeuille. Inutile de s'en prendre à ses consommateurs finaux. Elle sait où en trouver d'autres.

Eolas

16. Le dimanche 28 mai 2006 à 15:18 par aramede

Pour ceux qui ne savent pas, dans la quasi totalité des (sous) préfectures d'Ile de France , chercher à renouveller ou à obtenir un titre de séjour est un parcours de combattant.
Que vous soyez en règle ou pas, que vous soyez agé ou accompagné de votre bébé,qu'il pleuve ou qu'il fasse soleil, c'est le même rituel:
venir tres tot le matin de bonne heure ( 5h30 pour moi) ou la veille (23 h ou plus tot pour Bobigny qui semble détenir la palme, permanent.nouvelobs.com/p... alors que la préfecture ouvre généralement vers 9h.
Pour ceux qui travaille comme moi, se lever de bonne heure ne suffit souvent pas, si votre employeur n'accepte pas que vous arrivez à 11 h au boulot, il faut poser une 1/2 RTT comme moi en plus.

Le pire dans tout ça, est que les queues pourraient être plus courte avec des mesures de bon sens, mais je ne sais pour quelles raisons, c'est le conraire qui se produit le plus souvent.
Quand j'étais dans une préfecture de province, pour éviter de longues files, la liste des documents à fournir pour certaines cartes et certaines formalités étaient affichées par exemple, il suffisait de la lire et de revenir avec les pièces en question. Là où je me trouve, il n'y a pratiquement plus ce genre d'information, pour la moindre information, il faut faire la queue, une fois pour savoir la liste des documents, une autre fois pour ramener les documents.

La situation à Paris Intra Muros, même si elle n'est pas rose, semble être meilleure qu'en banlieue. Il y a même la possibilité de prendre rdv par Internet (ce qui réduit encore les files) et la prefecture de police dispose d'un site internet bien fournie en renseignements. Vous pouvez à Paris obtenir un dossier de naturalisation dans la semaine , là où à Bobigny ou à Créteil vous aurez un rdv pour retirer le dossier en question pas avant la fin 2007, oui je dis bien 2007.
Et les politique sont au courant, mais en regardant cet extrait du débat récent sur la loi Sarkozy au parlement la situation n'est pas pret de changer

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M. Jean-Christophe Lagarde (UDF député du 93). J’entends bien, monsieur le ministre : obtenir la nationalité française est un acte de volonté. C’est comme cela que la France s’est construite. Mais ce constat ne suffit pas. Aujourd’hui, la naturalisation est un véritable parcours du combattant. En Seine-Saint-Denis, pour retirer un dossier, il y a déjà une file d’attente de quatre à cinq heures et il faut arriver tôt le matin, avant quatre heures. Ensuite, pour déposer ce dossier, la préfecture donne aujourd’hui des rendez-vous pour septembre 2007 ! Quelqu’un qui a envie de devenir français devrait pouvoir l’être dans des délais bien plus raisonnables quand il est installé durablement sur notre territoire. Je ne pense pas que cela serait une lourde charge administrative que de délivrer en préfecture une simple feuille permettant de déclencher la procédure. Après cinq passages à la préfecture, un an et demi d’attente et un dépôt souvent refusé sous prétexte qu’il manque un document qui n’avait pas été demandé au départ, certains se découragent.

Je sais, monsieur le ministre, que cet amendement a un caractère plus réglementaire que législatif, mais le Gouvernement devrait autoriser l’information de ceux qui renouvellent leur titre de séjour. Nous devons considérer les étrangers que nous accueillons non comme de simples travailleurs mais, s’ils le souhaitent, comme de futurs Français.

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. le ministre délégué à l’aménagement du territoire. Tout cela est affaire de conviction. Monsieur Lagarde, la France n’est pas un supermarché. Certes, il y a la queue devant certains bureaux administratifs. Qu’il faille moderniser le service public pour qu’il soit plus efficace, j’en conviens. Si, au bout de plusieurs années de résidence dans notre pays, on a au fond de soi-même cette vraie volonté de devenir français, on n’abandonne pas sous prétexte qu’il faut faire quatre heures de queue. Qu’est-ce que c’est que quatre heures pour devenir français ?

M. Jean-Christophe Lagarde. Quatre heures d’attente pour quatre ans et demi de recours administratif !

M. le ministre délégué à l’aménagement du territoire. C’est vraiment un problème de conviction, monsieur Lagarde. Mes grands-parents italiens, qui se sont installés à Nice au début du siècle dernier, ont attendu trente ans, tant pour eux-mêmes que pour leurs enfants nés italiens à Nice, avant de devenir français. Pendant toutes ces années, ils ont dû démontrer leur volonté de s’intégrer, de parler couramment le français, de travailler, de créer un patrimoine, d’envoyer leurs enfants à l’école et de s’occuper de leur éducation. Le jour où ils ont obtenu la naturalisation, ils savaient qu’ils l’avaient méritée. Ils étaient fiers qu’eux-mêmes et leurs enfants soient devenus français.

Qu’est-ce que quatre heures, comparées à un tel délai ? En ce début du XXIe siècle, où l’on relance les gens pour les inciter à devenir français, il faut tout de même vérifier, si l’on veut qu’il y ait encore des repères dans notre pays, que les intéressés aient au fond d’eux-mêmes une véritable volonté d’appartenir à notre grande et belle nation. C’est une question de conviction, je le répète. (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)
==========================================================================
www.assemblee-nationale.f...

Merci de ce beau morceau d'imbécilité politique. "Qu'est ce que quatre heures pour devenir français" ? En matière de déconnexion de la réalité, un nouveau record est établi. Alors élargissons le raisonnement. Qu'est ce que quatre heures de queue pour avoir un permis ? Qu'est ce que six heures de queue pour avoir le droit de voter ? La France n'est pas un supermarché, le ministre a raison, un formulaire CERFA, ça se mérite. Et une idée me vient à l'esprit : Monsieur le ministre, qu'est ce que cinq ans de queue supplémentaire pour être président de notre grand et beau pays ? Vos grand-parents ont attendu trente ans pour être français ? Je vous verrai bien attendre trente ans pour être président. Pour leur rendre hommage.

Eolas

17. Le dimanche 28 mai 2006 à 15:30 par Valesco

Les Anglais, avec leur afflux de Polonais, ne connaissent pas de hausse du chômage. Les Américains, avec les immigrations massives jusqu'à la moitié du siècle dernier, ne sont pas non plus un pays où tous les emplois sont déjà pris.
Je crois que le chômage résulte plus de la conjoncture, que du simple fait de faire augmenter la masse des personnes en âge de travailler. Puisqu'ils consomment eux-mêmes, ils doivent créer une hausse de la demande, et le système s'agrandit pour inclure une dimension plus grande...

A côté de cela, il y a le problème, ou plutôt la question de la cohésion culturelle. Mais il est tellement vain de vouloir contrôler une culture par le biais de l'Etat. Une culture, ce n'est pas une encyclopédie. Ce sont des hommes qui se parlent. Alea Jacta Est.

18. Le dimanche 28 mai 2006 à 16:34 par Paris Hilton

@ Luc (#15)
Cher Luc, je ne suis pas sûr que je puisse apprécier ton cul comme tu sembles baver sur le mien. Quoique peut-être se croisera-t-on dans un cocktail. L'idéal sera que l'on croise ma cousine qui n'existe pas : Namur Hilton ; je t'assure qu'à l'entendre parler tu jurerais qu'il y a bien un accent belge. En tout cas, si tu lui disais que son pays n'existe pas vraiment, elle ne serait pas contente. Sa mère, Brussels Hilton, non plus, il lui suffit de se souvenir du 31 juillet 1993 ou du 20 octobre 1996, d'évenement qui lient une nation.

19. Le dimanche 28 mai 2006 à 17:57 par tokvil

Quand Kafka rencontre courteline...

il y a un parallel interessant a faire entre le projet de loi americain et le projet de loi francais (aui je crois a ete adopte).

20. Le dimanche 28 mai 2006 à 18:04 par magaly

Bjr
Ds votre post précédent, sont concernés les faits commis avant le 2nd mandat de J. Chirac? Pourquoi cette date? Généralement, on se repère à partir de la date de promulgation de la loi, pourquoi ce point de repère?
Merci de m'aider à me repérer. ;)

Précisément, qu'est-ce que le "Système d'Information de Schengen aux fins de non admission" ?

Merci

Cette date est fixée par la loi. La raiso nen est coutumière : la loi d'amnistie saluant l'avènement d'un nouveau président, la date d'effet est celle de sa prise de fonction. Il s'agit d'une tradition issue du temps de la monarchie ou, au sacre d'un roi, on élargissait des prisonniers de droit commun. La France ne s'est jamais remise de la monarchie, et ses présidents non plus, en fait.

Eolas

21. Le dimanche 28 mai 2006 à 18:25 par "-"

Toujours est-il qu'à qu'à la préfecture de Nantes le bureau est ouvert chaque jour de 13h30 à 16h pour les étrangers. Il y a 16 guichets dans cette préfecture, quinze pour les Français, toujours vides, et toujours ouverts, et un pour les étrangers, aux horaires que j'ai indiqués.
Evidemment, il y a plein d'étrangers qui attendent dès 13h30. A 16h, horaire de fermeture du guichet des étrangers, la personne chargée de "l'accueil" (je ne sais pas si on peut appeler ça accueil) donne un billet aux trois premiers, et dit aux autres qu'ils peuvent revenir le lendemain. Bien sûr dès le début elle savait qu'elle ne pourrait s'occuper de tout le monde, mais ça ne dérange pas la préfecture de les laisser attendre. Au contraire, ça dégoûte les étrangers.
Quant aux rendez-vous pour les cartes de séjour, ils sont donnés pour... dans trois mois !!!
Ma conjointe, de nationalité polonaise, a été confrontée à ça il y a peu. Elle a toujours plein d'ennuis actuellement, pas de protection sociale, rien. Vive la France.

22. Le dimanche 28 mai 2006 à 18:27 par Theorbe

J’ai bien envie de me laisser aller à quelques commentaires.
Je sais que l’immigration est un sujet qui, à la lecture de vos commentaires, renvoie à beaucoup d’affectivité. Ce n’est pas en soi l’immigration qui pose un problème mais la crainte de perdre sa culture.
D’ailleurs, pour beaucoup l’acquisition de la nationalité n’est qu’un moyen pour obtenir un accès à davantage de ressources et non pour épouser les convictions socio-chrétiennes de l’Occident. Il faut arrêter de croire que notre belle Nation fait rêver la Terre entière comme l’Eldorado de Candide on point qu’on risque la mort, la prison, l’exclusion (sur place), la misère (à nouveau) uniquement pour un beau cachet Bleu-Blanc-Rouge de l’administration Française.
Le lien indiqué par LeMonolecte n’en est qu’une illustration : l’Europe attire parce qu’elle jouit d’une aura économique fantasmagorique et les personnes candidates à l’immigration se foutent (pour la plupart, ok…) éperdument d’obtenir telle ou telle nationalité Européenne tant qu’elles peuvent espérer y tenter leur chance. Quoi de plus normal d’ailleurs lorsque chez soi, c’est "pô la joy". C’est d’ailleurs ici que souvent les désillusions sont grandes. L’Europe n’est pas les Etats Unis d’Amérique au début du 20ième siècle et sa croissance ne permet pas aujourd’hui d’absorber la demande.
Certes la France doit rester la Terre d’accueil des personnes menacées, brimées, opprimées localement mais aujourd’hui n’a-t-on pas des les couloirs des préfectures des candidats à l’immigration utilisant cette voie sans en remplir les conditions uniquement pour tenter aussi une traversée administrative avec à l’issue une acceptation illusoire ? Est-ce que ces « détourneurs » du système ne nuisent pas à ceux qui auraient vraiment besoin d’une procédure expresse ?
Quant à ceux qui se couvrent d’opprobre sur la façon dont notre système est conçu au point d’avoir honte d’être Français, ceux-là me lèvent le cœur et effectivement : j’ai honte qu’ils soient Français. Qu’ils sortent un peu de l’Hexagone (pour les plus hardis : de l’Union Européenne) pour voir comment on vit ailleurs, comment on traite les « non ressortissants » ou les étrangers, comment est perçue la différence, comment fonctionne l’administration, la police, la justice, l’accès à la santé (quand il existe)… parce que franchement, certes il y a des points d’amélioration (j’attends vos propositions) mais la France est de très loin le pays des Droits de l’Homme et de la Dignité Humaine bien sûr le système n’est pas parfait et ce que décrit Eolas avec un peu trop de mélodrame n’est pas valorisant mais au lieu de s’insurger passivement et de vomir son mépris sur notre Patrie, j’aurais aimé lire plus de propositions concrètes et intelligentes. Haaa râler, c’est si Français. ;-)

Oui, le droit des étrangers a un côté affectif pour moi. Je n'ai jamais caché sur ce blog que mon épouse est espagnole, puisque c'est grâce à elle que j'ai découvert, naïf étudiant en droit que j'étais, la réalité du droit des étrangers. Depuis, je pratique cette matière et les dossiers que j'ai eu et ai à traiter se comptent par dizaines. Mais je les traite professionnellement, sans affectivité, et c'est à la lumière de cette expérience professionnelle que je traite la question. La question des propositions concrètes est récurrentes, tout comme l'est ma réponse : ce sera la conclusion de cette série de billets : engager la discussion à ce sujet avec quelques pistes (je n'ai pas un nouveau CESEDA à proposer).

Mais pour pouvoir discuter de la question en honnêtes hommes, il importe que tout le monde en ait une vision assez claire. La réalité que je décris est ignorée par beaucoup de mes concitoyens, alors qu'elle est faite en leur nom. Oui, mon ton est dur, je suis sévère à l'égard des préfectures, et bondis de joie presque aussi haut que mes clients quand j'obtiens une annulation d'arrêté de reconduite à la frontière. Peu importe : les faits que je relate sont authentiques (avec cette nuance pour Air Chiotte que je rapporte un récit, je précise bien que je n'ai pas constaté cet état de fait), et mes lecteurs sont assez intelligents pour faire la part des faits et de mes commentaires. J'informe d'abord, nous discuterons ensuite. Mais des propositions, j'en aurai. Elles ne feront pas l'unanimité, mais je suis bien certain qu'elles seront meilleures que la situation qui s'est installée depuis trente ans.

Quant à avoir honte d'être français, je ne me sens pas concerné; n'ayant jamais tenu de tels propos ni ressenti de tels sentiments. Je suis de ceux que la vue d'un drapeau tricolore réconforte, et que la Marseillaise émeut (voire qui danse la gigue quand le XV de France bat l'Angleterre, mais ce comportement est partagé par beaucoup d'autres pays). La honte que j'ai ressentie au récit de mon client, et celle que je ressens à voir le fonctionnement kafkaïen des services des étrangers est due au fait que la France étant une république, cette administration agit un peu en mon nom. Les policiers qui ont enfermé mon client dans les chiottes se servent de moi comme caution morale. Et si je ne faisais rien pour que cela cesse, ils auraient raison et je deviendrais leur complice. Il fut un temps ou s'indigner et agir était autrement plus dangereux. Pourtant des Français l'ont fait (d'autres ont fait le contraire, hélas). Aujourd'hui que l'ordre républicain est rétabli et que je ne cours aucun risque à faire savoir ce qui se passe et appeler à la révolte des consciences, je serais impardonnable de ne pas le faire. C'est ce que je fais, sur ce blog et dans ma vie professionnelle, qui m'empêche d'avoir honte d'être français. Et a contrario, je tiens à dire que je ne ressens nulle fierté à être français, pour une raison simple : je n'ai rien fait pour cela. On ne m'a même jamais demandé mon avis, et je n'ai pas le choix d'une autre nationalité. En tirer fierté serait aussi saugrenu et ridicule que ceux qui tirent fierté des deux derniers chiffres de leur plaque minéralogique. Je laisse ces piètres motifs de fierté à ceux qui n'en ont pas d'autres.

Quant à votre conseil d'aller voir ailleurs, je m'y joins volontiers. Et à commencer par l'Union Européenne. Parce que ça permettra de réaliser à beaucoup que dans bien d'autres pays, ça se passe bien mieux que chez nous. La France, en la matière n'est plus le phare des nations démocratique. C'est au mieux le feu de frein arrière. Et je veux que cela cesse.

Eolas

23. Le dimanche 28 mai 2006 à 18:30 par "-"

Theorbe > J'ai moi-même été immigrant en Allemagne pendant quelques temps pour mes études. Et je peux t'assurer que les étrangers y sont mieux reçus qu'en France par l'administration, malgré tout ce qu'on peut dire. Alors oui, je le dis haut et fort, j'ai honte d'être français.

24. Le dimanche 28 mai 2006 à 19:11 par Merlin

Je n'ai fait qu'effleurer ce monde de l'immigration en France et j'en ai encore des nausées.

Je suis Belge francophone. J'ai assez peu d'accent pour qu'on me prenne aisément pour un Français. A la fin de mes études d'informatique (1997), j'ai participé à un échange pendant quelques mois avec l'université de Strasbourg. J'ai obtenu une bourse européenne et j'ai fait les 400km avec ma voiture à plaque rouge.

On pourrait penser qu'un Belge peut aller vivre en France sans difficulté. C'est faux.

Tout allait bien jusqu'à ce que je décide d'ouvrir un compte dans une banque Française. Là, on m'a demandé un justificatif de domicile et un permis de séjour. Pour le justificatif de domicile, la cité universitaire pouvait me le fournir mais m'a aussi demandé un permis de séjour.

Pour le permis de séjour, je devais me rendre à la préfecture. Comme indiqué ici, pour les services aux étrangers, il faut se lever tôt. J'ai donc pu attendre pendant des heures au milieu des familles de toutes origines qu'un fonctionnaire encore moins aimable qu'une porte de prison me récite à fond la caisse les papiers nécessaires à l'obtention du permis de séjour. Dont l'attestation de domicile, on tourne en rond. Mais également, je devais payer une somme assez importante juste pour soumettre ma demande et obtenir une attestation de demande de permis de séjour.

Bien entendu, le permis de séjour ne serait accordé réellement qu'une fois que j'aurais quitté le territoire.

A l'époque je ne connaissais pas "Brazil" mais ça m'a fait penser à la "maison des fous" dans les 12 travaux d'Astérix. C'est d'ailleurs ce qui m'a permis de m'en sortir. Comme Astérix, j'ai prétendu avoir besoin d'une attestation qui n'existait pas que j'ai servie à un autre service pour obtenir le papier dont j'avais besoin.

On ajoute les difficultés administratives des services universitaires, les banquiers odieux, les gens qui veulent une facture EDF de mon domicile Belge (sic), ...

Quand j'ai vu les difficultés que j'ai pu rencontrer alors que je suis blanc, européen, en ordre de papiers et que je parle parfaitement Français, j'ai compris l'enfer surréaliste que devaient vivre les étrangers.

Merci de ce témoignage. je constate très souvent l'incrédulité de mes concitoyens. "Ca ne peut pas être aussi grave qu'il le raconte", "il exagère un peu", "c'est affectif plus que raisonné", quand on ne me traite pas de gauchiste (moi !). Face à un problème, ne pas vouloir voir est la solution de facilité. C'est déjà arrivé souvent par le passé.

Eolas

25. Le dimanche 28 mai 2006 à 19:23 par bob

Intéressante question de la preuve en matière de persécutions. Les terroristes et autres dictateurs ne délivrent effectivement pas de preuves. Alors pas mal d'étrangers en inventent, se les refilent ensuite (les algériens ont notamment écrit beaucoup de "lettres de menaces du GIA", dont certaines, que j'ai vu de mes yeux vu, portaient cachet de la République algérienne !! - cas extrême, je l'accorde. Les cas de fausses cartes de parti politiques sont en revanche très fréquents).
Bon d'accord ce n'est sans doute pas la majorité. Alors comment l'OFPRA, la CRR, puis le juge administratif doivent se débrouiller pour démêler le vrai du faux (à moins que certains considèrent que c'est trop risqué et qu'il faut parier sur la bonne foi des étrangers, ce qui risque de poser quelques petits problèmes de gestions des flux ... Mais suis-je bête, j'avais oublié que ces contingences matérielles étaient sans importance !).
Donc comment reconnaître un vrai persécuté ?
Par la région dans laquelle il habite ou une appartenance ethnique ? Mais c'est là où les mensonges sont les plus faciles (combien de turques se disent kurdes pour les besoins de la cause). Et puis habiter en Kabylie par exemple ne veut pas dire en soi que toute vie y est impossible et que l'on est personnellement menacé. Sinon tout kabyle ou tout kurde aurait droit ipso facto de venir s'installer en France.
Par l'appartenance à un parti politique ? D'abord elle est très rare, facile à falsifier (tous les kurdes d'après ce que j'ai compris sont militants actifs du PKK), et encore une fois elle ne révèle pas l'existence de menaces personnelles.
Des poursuites judiciaires ? Mais les certificats produits précisent très rarement les raisons de l'actin judiciaire, et peuvent tout aussi bien relever du droit commun (faut-il protéger un voleur de bagnole ?)
Bref c'est vraiment compliqué. Et si très peu d'asile territorial ont été délivrés aux algériens,ce n'est pas seulement parce que l'Etat français est méchant, c'est aussi parce qu'un témoignage d'un voisin ne suffit pas à établir l'existence de persécution.

P.S. je suis le bob historique (vous l'aurez reconnu à mes propos haineux et fascisants. Je n'ai rien à voir avec cet usurpateur qui est intervenu à propos de Guy Drut dans le précédent post).

ca vous apprendra à prendre un pseudo aussi commun. Sur vos propos : oui, il y a des fraudes. Oui, sans doute, de plus en plus. De là à faire peser sur tous les demandeurs d'asile une présomptio nde fraude, il y a un pas que vous ne franchissez pas, même si vous êtes un peu sec sur les cas de vrais réfugiés (à moinsque vous ne les considériez comme des fraudeurs plus talentueux ?). Mais et si, et si, plutpot que de faire la demande d'asile la seule voie d'entrée légale en France, on ouvrait une autre voie légale pour les réfugiés économiques ? Et si, plutot que les contraindre à la fraude ou à la misère, on acceptait la réalité et la nécessité d'un flux contrôlé plutôt que le système D. car l'imagination de ceux qui ont faim d'avenir sera toujours plus fertile que celle des gouvernants rassasiés à la cantine de l'assemblée ou des ministères.

Eolas

26. Le dimanche 28 mai 2006 à 19:53 par Gerard

Un petit souvenir du temps où je connaissais une personne (britannique) qui souhaitait acquérir la nationalité de notre cher et vieux pays; elle racontait qu'après avoir patienté un (bon) moment au milieu d'une queue interminable, dans le contexte du parcours du combattant évoqué ici, un employé avait remarqué qu'une personne de 'type européen' était perdue au milieu des basanés; du coup, on était venu la chercher pour la faire passer en priorité au guichet. Le mot terre d'accueil n'est pas toujours un vain mot. Elle avait l'air de penser que cette faveur qu'on lui avait fait lui faisait douter de la pertinence de sa décision (de se faire naturaliser). Ces étrangers sont des ingras.

27. Le dimanche 28 mai 2006 à 20:47 par Luc

@Paris Hilton (#18)

On n'a AUCUNE chance de se croiser dans un coquetèle, ma poule. Dans aucune ville où s'étend ta chaîne dorée. A Namur il y a(vait) Cécile de France, qui mérite le déplacement plus que n'importe quelle p...sse américaine, j'te jure !

Pour qu'un événement lie une nation il faut qu'elle existe. Il y a plus de 75 ans que Paul Pastur a lancé à la face du Roi de cet improbable pays, qui n'a été créé que pour empêcher la France de tenir Anvers et de menacer l'Angleterre, ce constat tout simple : "il n'y a pas de Belges".

Mais ce n'est pas grave. Tout le monde s'en fout. Et comme écrit Thierry Haumont, "la Wallonie est beaucoup plus grande que la Belgique" dont elle n'est pourtant qu'une moitié. Suuréaliste, n'est-il pas ?

28. Le dimanche 28 mai 2006 à 21:03 par Luc

@ Eolas (sa réponse sous #15)

Merci pour cette réponse.

Je suis en plein accord avec vous, y compris à propos de la politique de la toxicomanie.

Pourtant, je dois avouer que je suis parfois irrité par certains discours des défenseurs des droits des étrangers, car leur rhétorique revient à priver les gouvernement de toute capacité à faire quoi que ce soit.

Exemple : j'entendais l'autre matin sur France-Inter des défendeurs des droits de l'homme, et de l'homme migrant en particulier, s'indigner avec virulence du fait qu'une circulaire de Sarkozy qui a interdit les expulsions de familles ayant des enfants scolarisés pendant l'année scolaire va venir à échéance, puisque évidemment l'année scolaire va se terminer.

Je suis loin, très loin, d'être un admirateur de Sarko. Je trouve même que ce type est un vrai danger pour ce qui reste de la démocratie en France et en Europe (voir notamment, mais pas seulement, sa proposition de condenser entre les mains d'une personne - lui-même évidemment - les pouvoirs du président de la République et du Premier Ministre).

Quant au concept même d'immigration choisie, c'est ignoble. Ne faudrait-il pas au contraire exercer une pression maxi sur les diplômés originaires des pays moins développés qui sortent des universités européennes à mettre la compétence acquise ici au service de leur pays d'origine ?

Mais, pour revenir à Sarko, si j'ai bien suivi, on lui reproche d'avoir pris une circulaire destinée à permettre aux enfants de clandestins qui sont scolarisés de terminer leur année d'études en cours. Certes ce n'est pas une mesure fondamentale, mais enfin c'est plutôt positif, me semble-t-il. Oui mais, une année scolaire cela a une fin, et voilà qu'on hurle au scandale.

Dès lors, soit il faut inventer l'année scolaire de durée indéterminée, soit il faut dire une fois pour toutes qu'un gouvernement d'un etat souverain n'a le droit d'expulser personne de son territoire.

En disant cela je ne justifie ni ne défend la politique des expulsions, pas plus que celle de la "bunkerisation" de l'Europe.

Mais laisse-t-on encore aux pays européens une autre alternative que soit laisser leurs frontières totalement ouvertes, sans aucune limite, soit être classés comme d'horribles salauds ? Entre les deux, y'a rien ?

Vous avez salutairement rappelé la citation complète de Rocard :" il faut que la France en prenne fidèlement part". C'est quoi, "en prendre fidèlement sa part" ? Quel est l'instrument de mesure ?

29. Le dimanche 28 mai 2006 à 21:12 par Ms Décalé

J'ai fait ma thèse dans un labo de recherche où il y a beaucoup d'étrangers en particulier des algériens et des tunisiens. J'y ai découvert les difficultés qu'il y a à avoir une carte de séjour :
Si les files d'attentes commencent à 5h du matin, à cette heure là, il n'y a pas de transport en commun. Pas forcément des amis pour prêter une voiture. Il faut donc se lever à 3h du matin pour traverser une partie du département et aller à la préfecture.
Si vous avez besoin d'un permis de travail, les choses se compliquent encore. En effet, c'est assez bizarre, mais il n'y avait pas un seul de mes collègues qui avaient un permis dont les dates coincidaient avec la carte de séjour. Il fallait donc aller au moins deux fois à la préfecture et une fois à l'OIT.
Mais ce qui les a le plus humilié, c'est la visite médicale obligatoire. Je ne sais plus si c'est pour la carte de séjour ou pour le permis de travail. En tous cas, aucun n'a voulu en dire plus que "on est traité comme des chiens, voire pire".

Difficile après la thèse d'être embauché car vous cumulez les problèmes du au fait que vous avez une thèse et ceux du au fait qu'il faut que l'entreprise accepte de faire les démarches pour vous avoir une carte de séjour travailleur et non plus étudiant. Tout ceci dans un laps de temps qui peut être assez restreint car une fois l'année scolaire terminée, vous n'avez plus de papier en règle.
En revanche si vous arrivez à avoir une carte de dix ans, déjà les entreprises vous ouvrent un peu plus les portes (du moins elles ne les referment pas tout de suite).
Quant à la naturalisation, une amie a attendu un an pour qu'on lui dise qu'il manqué un papier à son dossier. L'information de savoir si elle a passé la première étape arrivera au bout d'un an et demi (après, on a bien sur remis les compteur à zéro).

On apprend beaucoup quand on fait une thèse !!!

30. Le dimanche 28 mai 2006 à 22:32 par Marie

Allons y dans les témoignages, pour ceux qui pensent que franchement ces étrangers qui n'arrètent pas de se plaindre... hein alors qu'y z'ont qu'à rester chez eux si y sont pas contents, la FRRRRANCE çà se mérite...

1- mon expérience de travailleur immigré: je suis partie travailler deux ans aux USA (et pire selon nombre de personnes, au Texas). Certes, je parlais anglais, surtout celui du boulot, mais de toutes façons je ne parlais pas l'anglais administratif (bon j'écris anglais c'est plus court qu'américain), ne maitrisait pas ses accronymes etc.. Mais voila, à l'office des étrangers on ne s'attendait pas à ce que je parle anglais, donc des personnes étaient là pour me guider et m'expliquer ce que je devais faire et dans quel ordre. Lorsque j'ai passé mon permis (le code) je ne comprenais rien aux questions posées (on le passe sur ordi) faute de vocabulaire adéquat donc je me suis plantée. Normal... sauf qu'un inspecteur m'a expliqué que si je me replantais la fois suivante, ils me trouveraient un traducteur, parce qu'il était désolé mais le test n'existait qu'en anglais, espagnol ou chinois.. Et bien je n'imagine pas une seconde qu'une admistration française serait prête à consentir cet effort, c'est vrai quoi la France çà se mérite..

2- çà se mérite tellement bien la France, que j'ai plein de chouettes exemples en stock. Tous les ans, à peu près à cette époque, mon université décerne des "équivalences" et autorise des étudiants étrangers à venir suivre un enseignement d'excellence. Manque de chance, certains consulats (situés dans des pays du maghreb) sont peu motivés pour délivrer rapidement (comprendre entre mai et septembre) un permis de séjour étudiant... Et donc, de pauvres gars et filles débarquent vers fin novembre et se plantent (quelle surprise) aux examens de fin de 1er semestre. Moralité, aussi bon soient-ils ils ne peuvent valider une année universitaire en un an... et encore, çà c'est pour ceux qui parlent le français.. Les autres, ceux qui ont plus de mal avec notre langue (asiatiques en général) mettent entre un an ou deux avant de valider quoi que ce soit..
Et on ne parle pas d'étrangers mettant en danger l'économie du pays en venant ôter le travail des mains de Bidochon, non non, on parle de ceux qui pourraient permettre à notre pays d'avoir un rayonnement international (ce n'est pas un gros mot..)

3- çà ce mérite tellement bien la France, qu'il vaut mieux être bien blanc que typé.. J'ai accompagné une de nos étudiantes à la sous-préfecture de l'essonne pour l'obtention de sa carte de séjour. Encore une qui ne parlait pas un mot de français (logique elle venait en France POUR apprendre le français!), mais elle était Etasunienne, bien blanche, bien blonde.. A notre grande honte à toutes deux, ceci a été le plus efficace des coupe-file. Croiser le regard des hommes et des femmes qui eux avaient fait la queue des heures (nous on ne savait pas, on est arrivées comme des fleurs à l'ouverture..) et étaient partis pour poireauter encore, pff..., alors que nous à peine entrées dans la salle d'attente avons été "extraites" et dirigées vers la préposée, croiser leur regard donc, fut une épreuve, la honte est dure à supporter. Ce que ma petite étasunienne me raconta ensuite de la visite médicale...n'est pas à verser à l'honneur de notre pays.. et en plus, cette magique carte de séjour, elle l'a enfin obtenu, une semaine avant de repartir aux USA soutenir son master (dépot de dossier: septembre; obtention de la carte: juin). Bon dans le genre, le labo se souvient d'un Brésilien reparti avant de l'avoir obtenue, mais c'est normal hein, la France çà se mérite!

31. Le dimanche 28 mai 2006 à 22:52 par GCF

Bon, fidéle à mes principes, je me pose sur le problème, je coupe la musique de Brazil et les histoires de queues, et une fois le tri effectué, il me reste:


1:allez retirer un formulaire à la prefecture. Comme vous ne comprenez pas le français, l'Etat, dans sa grande sagesse, vous le laisse remplir à la maison: cool.

2:Ramenez le formulaire qui permet d'ouvrir votre dossier le jour même, avec vos fraîches empreintes, pas de risques d'erreurs: cool.Vous pouvez continuer d'amasser les preuves necessaires à votre dossier de demande d'asile pendant encore 3 semaines à temps plein.

3:Vous ramenez votre dossier, vous allez faire constater que vous avez tout fait bien à la préfecture, en échange, elle vous ouvre des droits.

C' est ça?.

Ben, heu, faut embaucher des fonctionnaires ? c' est ça la réponses ?

Bob: le Bob drutien n' a trompé personne, et certainement pas ton vieux compagnon à réaction.

Luc: je cite "...je dois avouer que j'ignorais la phrase complète: comme quoi la tactique des xénophobe est efficace !..." ...huhuhu!!! nan, mais faut arrêter là.....

GCF ou l'art de ne jamais comprendre ce qui est dit. Reprenons en termes simples accessibles à votre encéphale.

1 : Se lever à cinqheures du matin pour faire la queue devant un bureau qui n'ouvrira qu'à neuf heures pour avoir une chance d'être reçu. Cool ?

2 : Retirer un formulaire qui vous permettra de revenir chercher le formulaire. Le dossier à l'OFPRA n'est ouvert que lors du dépôt du dossier à l'OFPRA. le dossier ouvert à la préfecture permet de faire un premier filtrage et de préparer la reconduite à la frontière en cas de rejet de la demande. Cool ? L'étranger ne parle pas français, on lui permet (quelle chance, on ne le séquestre pas !) de le remplir à la maison. Où il trouvera un interprète à sa disposition ?

3 : Vous retournez à la préfecture donner le formulaire qui vous donne droit au formulaire. Le seul droit que ça vous donne est de rester encore en France le temps d'aller remplir et déposer le formulaire (16 pages). Cool ?

La solution est d'embaucher plus de fonctionnaires ? Je ne suis pas sur qu'il faille être deux pour dire "bienvenue". La solution n'est donc pas là.

Cher GCF, si on demandait un dixième de cette Schibboleth à un Français pour quelque démarche que ce soit, les préfectures seraient déjà à feu et à sang et vous seriez un jerrycan à la main. Soyez de mauvaise foi autant que vous le voulez, c'est un droit constitutionnel, mais prenez garde si votre compréhension commence à être affectée. Ca peut devenir chronique.

J'espère que je n'arrive pas trop tard.

Eolas

32. Le dimanche 28 mai 2006 à 23:35 par GCX

ben oui, mais t'expliques mal aussi, et avec tout cette musique de "Brazil" et tous ces bébés, on n' entend plus le débat.

..et tu remarqueras que j' ai même pas relevé ton projet de stérilisation de la population française pour libérer les flux migratoires, alors que j'aurais pu battre le record du monde de mauvaise foi...

33. Le dimanche 28 mai 2006 à 23:43 par brigetoun

merci maître pour vos commentaires dont le ton calmement ironique font tellement de bien à nos rages mal exprimées. J'apprécie cette fois tout spécialement le commentaire sur le délai que l'on peut être amené à accepter pour être président. Et les témoignages sur la gêne que peut éprouver le demander de type "européen" devant les facilités relatives qui s'offrent à lui

34. Le lundi 29 mai 2006 à 00:28 par Raboliot

"Quant à la question du chômage, attendu que la fermeture totale de l'immigration économique il y a trente ans n'a pas empêché l'explosion du chômage, on peut se demander s'il y a vraiment corrélation entre immigration et chômage. "

Et vous croyez vraiment que cela fait trente ans qu'il n'y a plus d'immigration économique ?

35. Le lundi 29 mai 2006 à 02:04 par pi-xel

Meuh, j'arrive super super a la bourre pour re-re-commenter les commentaires a mon commentaire n°4 (vous suivez, la, c'est bon ?)

Bon, on a du mal se comprendre...

Pour le francais > je etre désolé, mais on fait quoi alors, a part se plaindre que les gens ne peuvent remplir les formulaires parce qu'ils sont en Francais ? On les traduit en 132 langues ? Excusez moi de ne pas m'offusquer du fait que notre bonne vieille adminstration ne distribue que des formulaires en Francais... Et je persiste a dire que les bases de bases sont indispensable et pas impossible a surmonter... Perso, je suis en estonie depuis 6 mois, je ne parlerai jamais estonien, je pense (d'au autre coté, je ne reste pas...), mais en 2 semaines, j'ai vite appris a dire bonjour, aurevoir, merci, je m'appelle pi-xel, j'ai tel age, 1, 2, 3, 4, 5, 6 etc...
Je demande pas que ceux qui galere avec leur formulaire recitent du baudelaire avec l'intonation, j'estime juste normal etrespectueux pour le pays d'acceuil de connaitre les bases (et visiblement, et sans etre mechant, ils ont le temps, vu le temps qu'on les entassent dans les ZAPI...)
Après je vous laisse ne pas être d'accord avec ca...

Concernant ma remarque sur le chomage, je m'interrogais sur le fait que meme avec des autorisations de travail, il etait loin d'etre evident qu'ils trouvent un boulot rapidement et puissent subvenir à leurs besoins quand on voit la situation francaise du marché du travail, et si c'était vraiment leur premier et principal probleme, rien de plus...

Et je vois pas, Cher Maître, ou vous avez lu/vu que je faisais une "corrélation entre immigration et chômage". Tout comme pour votre cours d'économie (pas si faux d'ailleurs, rare pour un juriste !), ne ne vois pas en quoi mon commentaire est en contracdiction avec ce que vous dites... Vraiment pas... [au passage, malheureusement, en éco, on trouve un contre exemple a tout exemple :)]

@Bart (n°8) : "Pas besoin de connaître la langue d'un pays pour y émigrer..." >> A mon sens, c'est la moindre des choses, et le début de l'intégration passe par la langue... La dessus, je suis désolé, mais émigrer quelque part impose moralement de parler la langue de ce quelquepart, même mal !
Au passage, tout les pays du monde ou presque impose aux candidats à la nationalité la maitrise d'une langue officielle... Je vois pas pourquoi nous ne ferions pas la même chose...

@Sla (13) : "Sans vouloir réellement ajouter aux éminentes réponses déjà données, il n'y a pas de mal à ce qu'on parle plus d'une langue en France, si ?"
Heu non... La non plus, j'ai rien dis de semblable... Je parle moi meme anglais allemand un chouilla d'italien et un chouilla estonien... Je vois pas ou est le souci... J'avoue ne pas comprendre le sens de ton commentaire...

Voili voila, ca, c'est fait, j'espere avoir un peu explicité mon commentaire précédent...

ce qui semble vous échapper est que le formulaire en question ne se résume pas à Nom, prénom, date et lieu de naissance et cochez les bonnes cases, ou à "bonjour, aurevoir, merci, je m'appelle machin, j'ai tel age, 1, 2, 3, 4, 5, 6". Le dossier fait 16 pages, la notice en fait 4, et la demande doit être motivée de manière détaillée. Ca ne demande pas "les bases" qui s'acquièrent en quelques jours. Pensez un peu à ceux qui n'ont pas notre alphabet : kosovars, chinois, cambodgiens, tamouls... Le traduire en 132 langues ? Et pourquoi pas ? Ca grèverait le budget de l'Etat, de faire travailler 132 traducteurs, en commençant par les langues les plus sollicitées (peu d'inuits demandent l'asile). Quand on imagine le cout d'un vol d'Air Chiotte, la dépense serait indolore. Et vous ne me ferez jamais croire que malgré votre niveau d'instruction, que j'imagine supérieur, vous auriez été capable de remplir une demande d'asile en Estonien en moins de 21 jours, même avec un cours intensif en zone d'attente. Vous auriez tout au plus pu dire "bonjour, aurevoir, merci, je m'appelle pi-xel, j'ai tel age, 1, 2, 3, 4, 5, 6" aux policiers avant qu'on ne vous scotche la bouche pour le décollage de l'avion vous expulsant.

Eolas

36. Le lundi 29 mai 2006 à 02:47 par pi-xel

Jamais dis le contraire Maitre...

Je sens que vous m'en voulez, et ca dénature mon propos :(

Que le formulaire fasse 16 pages et soit plus que basique a remplir, j'en doute pas... Mais honnetement, je vois pas ce qu'on peut y faire, a moins de le traduire, effectivement... Ce qui effectivement, ne greverai pas plus que ca le budget de l'état, au point ou il en est... Embaucher des traducteurs qui seraient affecté à la préfecture serait aussi une idée...Ca ferait un peu de fonctionnaire en plus, mais peut-etre que ceux la serviraient a quelque chose...
toujours est-il que pour le moment, a part les (rares) assoc qui existent, il n'existe pas grand chose...

Cela ne m'empeche pas de penser/affirmer que la connaissance de la langue est indispensable lorsque on cherche a emigrer dans un pays... Qu'on ne la connaisse pas en arrivant, je le concois, qu'on en la connaisse pas au bout de 20 ans m'echappe !

Bon, la dessus, je vais m'arreter parce que ca va rester stérile, comme débat...

Cordialement...
(PS : vous devriez etre couché à une telle heure, Maitre !)

Mais d'où sortent ces 20 ans ? La demande d'asile doit, à peine de forclusion, être déposée dans les 20 jours de l'entrée sur le territoire. Ca reste un peu court pour apprendre le français.

Eolas

37. Le lundi 29 mai 2006 à 04:31 par Jean-Marc Bondon

Le problème vient d'une part, du mot "accueil" qui dans le cas présent n'est peut-être pas adapté et d'autre part, de ce pays si riche capable de payer des fonctionnaires simplement pour distribuer des formulaires. Je relève également dans les commentaires l'amalgame entre chômage et immigration et je retrouve également ce côté "bien français", à propos de la langue: étant donné le peu d'effort réalisé pour accueillir les touristes ne parlant pas notre langue nos exigences à l'égard de ceux qui fuient leur pays et souhaitent s'installer ne m'étonnent guère.

Concernant le fond du problème, j'imagine que de très nombreux textes de loi avec pleins d'exceptions déterminent les conditions de résidence des étrangers en France et définissent principalement deux catégories ; ceux qui sont en situation régulière et ceux qui ne le sont pas. Le nombre de personnes en situation irrégulière sur notre territoire est un ainsi un indicateur de l'efficacité de l'ensemble du système.

Finalement la loterie américaine pour l'obtention de la carte verte ou le système canadien avec un examen et des points à obtenir pour obtenir le droit d'immigrer me semble préferrable à notre système reposant sur un arbitraire détestable.

La mise en place d'un système simple, efficace et compréhensible par chacun me paraît quelque chose d'impensable dans notre pays tant nous avons un goût prononcé pour l'inextricable.

38. Le lundi 29 mai 2006 à 05:06 par Porfi

Bon sang, c'est tout de même simple à comprendre qu'une certaine catégorie de demandeurs d'asile ne se place pas dans le cadre d'un projet mûrement réfléchi avec apprentissage de l'imparfait du subjonctif mais plutôt dans un contexte de type radeau de la méduse.
Et je peux vous assurer que lors du recensement de la population, c'est à dire quand l'étranger, fût-il même clandestin, est susceptible de rapporter à la collectivité territoriale le montant de dotation globale que chaque tête de pioche supplémentaire engendre, eh bien ladite collectivité a tôt fait de vous proposer des formulaires en serbo-croate ou en turc.
Déjà, la culture administrative de l'élagage de la file d'attente par tout moyen s'applique aussi aux administrés ordinaires (essayez voir du côté de l'URSSAF par exemple, vous ne serez pas déçus), pourquoi se hisse-t'elle ici au rang d'un art majeur?
Pourquoi au moment ou les managers administratifs de tous poils se gargarisent d'améliorer la relation avec l'usager une telle situation est-elle possible? Pourquoi s'ingénie-t'on ainsi?
D'abord, bien entendu parce que, qu'il s'agisse d'immigrant ou de demandeur d'asile, l'arrière-prensée est que l'action administrative n'est pas tenue au même zèle envers des personnes de seconde zone, ce qui pose tout de même un léger problème car, en principe l'administration est là pour faire son boulot, pas pour porter des jugements de valeur. Cela peut sembler un détail eu égard au fait qu'il faudrait endiguer par tous les moyens cet afflux mais cela révèle tout de même une certaine culture administrative. Et cela finit par devenir assez cocasse de voir que ceux qui peut-être réclament de l'administration plus de zèle et de compétence se réjouissent hypocritement de la voir déployer en cette matière autant de mauvaise foi et d'inéfficacité.
Mais bien entendu le problème principal est que le péril est si grand de voir notre nation se dissoudre et notre économie sombrer (cocher la case correspondante), que tous les moyens sont bons.
Eh bien c'est une erreur.
Certes, il faut traiter la question des flux migratoires mais la pérennité de ce qui reste de notre état providence et la cohésion culturelle nécessaire à la perpétuation des valeurs démocratiques (je résume), ne justifient pas d'adopter des comportements aussi ubuesques (ou goscinno-uderziens, selon votre génération).
Quant au critère infaillible permettant de distinguer le véritable persécuté fraichement descendu de sa croix du fourbe produit du tiers-monde lorgnant sur nos avantages acquis, là encore son absence n'explique et ne justifie pas un tel déploiement d'incohérences, de mesquineries et d'humiliation.
On objectera encore comme d'habitude que "tout cela c'est bien joli mais, en pratique comment vous faites?".
Je répondrai qu'en premier lieu, au niveau d'analyse auquel je me situe, je me contenterai de donner des directives choisies à mes subordonnés vu que je ne peux pas m'occuper de tout.
En outre, et sérieusement, j'ai moi aussi quelque idée sur la question de fond et sur ce qui fait véritablement problème et n'a encore été effleuré que par accident au cours de ces discussions.
Mais je dois dire que je me garderai bien de perturber en quoi que ce soit la progression de l'exposé en cours, tant la démarche d'éolas m'apparaît opportune et salutaire, en anticipant sur la partie du débat à venir.

Pour l'instant, je soulignerai un aspect me permettant d'éclairer certaines réactions que je qualifierai de défensives face aux propos qu'il tient:
en quoi serait-il illégitime de rappeler que l'interrogation morale n'est pas un luxe petit-bourgeois mais la condition essentielle de la sociabilté?
Sous prétexte que tel ou tel problème, supposé ou réél, vécu ou fantasmé, se poserait, aux dires de certains, avec de plus en plus de gravité, faudrait-il passer par-dessus bord nos valeurs?
Pourquoi ceux qui osent se demander si le pseudo-remède n'est pas pire que le mal ne seraient-ils que des traîtres ou des benêts?
C'est cela qui dérange.
Il ne faut pas se poser de question. C'est un peu comme à la guerre.
Il faut accepter les pertes pour un profit final.
Il n'y a pas d'autre moyen. Il vaut mieux détourner le regard.
Ma foi, si la situation est si désespérée qu'elle nous dispense de toute interrogation morale, autant se convertir tout de suite, mes frères: peut-être serons-nous épargnés par l'envahisseur...

39. Le lundi 29 mai 2006 à 09:28 par P. Personne

Moi là ou j'habite, il n'y a pas d'étranger. Pourquoi ? c'est le plein emploi ! non ce n'est pas tout à fait vrai, on doit etre a 12 ou 13% de chômeurs. sauf que chez moi, la population active c'est 80% des adultes. Pas 40% comme dans les départements ou la campagne est quasi absente. Ici on bosse a 16 ans en plus de l'école pour so'ccuper de la ferme, on bosser a 30 ans sur l tracteur en plus de l'usine, on bosse a 70 ans en plus de la miagre retraite.. par habitude. Car oui, j'habite à la campagne, et dans ma campagne il n'y pas d'étranger car la main d'oeuvre ne manque pas et quand il faut faire la paille, preparer les bêtes pour la transhumance, tondre les moutons (les vrais, ce n'est pas une figure de style), pas la peine de passer une annonce pour trouver des saisonniers.
Les immigrés s'ils habitent en ville c'est que c'est plus simple administrativement ? surement. Mais je suis certain que c'est aussi parce que c'est plus simple pour se loger ET pour travailler. Le nombre de boulot qu'on peut faire "au black" à paris quand on a un peu de courage. et alors des qu'on a des papiers en regle, c'est l'eldorado.
Que Me Eolas nous dépeigne une réalité, je ne le conteste pas. J'attend quelques infos, chiffres, ou autre car j'aimerai remettre tout cela dans le contexte global de l'immigration ene france.
Que l'on remette l'immgiration face au chômage, là je dis non.
Et je suis triste, car dimanche dernier alors que je picolais un alcool froduleusement importé hors taxe du pays voisin à quelques milliers de mètres d'altitudes dans un petite refuge avec des potes, j'ai entendu ça :
- Moi des arabes ou des noirs j'en vois pas ici, mais quand je vois ça à la télé je me dis qu'on a raison d'avoir peur et de voter comme ça.
Je vais donc resilier mon abonnement satellite et ce sera ma premiere action citoyenne.

PS: demain je ne vous raconterai pas cette autre campagne, celle ou on faisait de l'import de portugais pour ramasser le raisin parce que des français voulaient pas bosser en plein cagnar. Maintenant on importe des arabes. autres temps, autres moeurs.

40. Le lundi 29 mai 2006 à 10:36 par aramede

Pendant que certains crient au scandale et soutiennent la suppression de la régularisation de quelques centaines de sans papiers présents depuis plus de 10 ans en France, pendant qu'on supprime la possibilité d'avoir de plein droit après 10 ans de séjour EN REGLE une carte de résident, voici ce qui se passe aux USA qui est certainement le pays qui connait le plus grand nombre d'immigrés , de sans papiers:
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Le texte du Sénat prévoit un renforcement de la frontière avec le Mexique, avec notamment la construction d'une clôture de sécurité sur plus de 600 kilomètres et il renforce les sanctions contre les employeurs de clandestins (20.000 dollars et trois ans de prison). Mais dans le même temps, il assure la régularisation des clandestins déjà présents sur le territoire, dont le nombre est en général estimé à 11 ou 12 millions. Si cette loi entre finalement en vigueur, ceux présents aux États-Unis depuis plus de cinq ans pourront, s'ils paient une amende, rester et acquérir la nationalité après 6 ans supplémentaires. Ceux qui ont entre trois et cinq ans d'ancienneté sur le territoire devront sortir et pourront alors demander un permis de travail temporaire nouvellement créé. Les clandestins présents depuis moins de deux ans seront expulsés.
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41. Le lundi 29 mai 2006 à 12:18 par bbr

Francais, rentré en France aprés un séjour de 15 ans en Allemagne, je ne peux que confirmer la haute dose d´humour nécessaire (n'étant pas mélomane) pour supporter et les différentes démarches administratives et les fonctionnaires.

Rassuré par le caractère général de cet état des choses (je pensais qu'on m'en voulait), je m'étonne fortement des sondages et autres indicateurs voulant nous faire croire que:

- les francais (un grand nombre) sont trés attachés à la fonction publique
- les francais (un grand nombre) rêvent de devenir fonctionnaire

En effet, subir le temps d'une inscription l'horreur de la machine administrative, par nature capable du pire, est souvent une expérience marquante. Mais faire partie d´un système qui vous étouffe, victime de vos propre pairs, sans échapatoire, voila à mes yeux un sort peu enviable.

42. Le lundi 29 mai 2006 à 12:31 par Rémy

@ Luc et Paris...

Vous êtes vraiment bizarre les Wallons et les Flamands.
Les wallons, c'est un peu comme des picards, mais avec encore moins de classe, et qui pensent que les flamands ne les veulent pas et qu'ils feraient bien de se rattacher à la France.

Les Flamands, c'est des gars ultra cool et branché, un poil plus riches que les wallons, mais avec des politiques qui dégénèrent dès qu'on parle des étrangers.

Les Bruxellois, c'est les meilleurs. Ils s'en massent le coquillard de savoir si telle communauté va récupérer tel institution culturelle ou pas. Du moment qu'il continue à y avoir de la culture.

En tout cas la Belgique n'existe peut-être pas mais il fait bon y vivre. Des lieux de culture underground ultra dynamique, une vie peu chère, des gens chaleureux, une interculturalité bien intégrée, un climat social tranquille.

La police, bien qu'assez présente fait moins peur qu'en France, peut-être parce que beaucoup de patrouilles sont mixtes et que, du moins à Bruxelles, les policiers doivent être billingue.
Enfin moi je me plais chez vous autres...

43. Le lundi 29 mai 2006 à 14:14 par GroM

Je confirme que la sous-préfecture d'Antony (92) et la préfecture de Versailles (78) ont des pratiques tout à fait similaire - et tout aussi scandaleuses.

44. Le lundi 29 mai 2006 à 14:25 par lecailloudanslachaussure

Je voudrais apporter un petit témoignage de ma situation personnelle.
En 1998, j'ai émigré en Italie. Pour obtenir mon titre de séjour, je me rends à la mairie de mon domicile afin de savoir où m'adresser. On m'explique que je dois aller à la préfecture (120 km de mon domicile) muni de certains documents. Par sécurité je me suis fait accompagner de quelqu'un qui connait la ville et qui parle la langue mieux que moi (pauvre petit baragouineur). En arrivant, nul besoin de demander où se trouve le bureau des étrangers, il suffit de suivre des yeux la file des gens "de couleur" qui doivent être 200. Au moment où, abattu, je prends ma place dans la file, passe un fonctionnaire surpris de me voir là (sans doute m'aura-t-il trouvé un peu "clair") et qui me demande pourquoi j'y suis. Je lui explique et lui de me répondre que ce n'est pas la peine, pas pour quelqu'un comme moi, c'est différent (je suis de l'UE) et qu'il me suffit d'aller avec les mêmes documents au commissariat de mon quartier qui se chargera lui-même de faire le demande à la préfecture et me fournira mon permis lorsqu'il sera arrivé. Au commissariat en question, j'ai mis un quart d'heure pour déposer mon dossier et un quart d'heure, un mois plus tard, pour le retirer. Je l'ai échappé belle. Mais c'est avec indignation que je repense à tous ceux qui n'ont pas eu ma chance.
Ensuite, maître, j'ai une petite question qui me taraude l'esprit en lisant votre article. L'étranger qui veut déposer une demande d'asile est censé avoir un domicile. Mais comment peut donc procéder celui qui débarque d'un avion, d'un bateau ou d'un train, qui pose pour la première son pied sur le sol français, qui n'y connaît peut-être bien personne, doit-il considérer la ZAPI comme son lieu de résidence ? A-t-il la possibilité d'être hébergé dans un foyer ? Comment peut-il procéder s'il dort "sous les ponts" ?

45. Le lundi 29 mai 2006 à 14:27 par Bob

D'accord évdemment pour améliorer l'accueil des demandeurs d'asile aux guichets. Mais cela ne veut absolument pas dire que les demandeurs d'asile ne sont pas mis à même de présenter leurs cas.
1. D'abord parce que de nombreuses assoc's interviennent (notamment les assoc's agrées dans la domiciliaton. Le but de l'agrément est précisément de vérifier que l'assoc's à les moyens d'aide suffisants).

2. Ensuite on ne peut pas dire qu'on ne laisse pas le temps aux demandeurs pour rassembler des documents, prendre des contacts dans leur communauté ... Sauf le cas particulier des demandes manifestement dilatoires (rares et incontestables), l'étranger a du temps pour préciser sa demande.
Puis surtout il va passer (et être entendu, avec un avocat s'il le souhaite) devant l'OFPRA, la CRR, et le cas échéant le juge administratif (qui pour le moment n'est pas tenu par l'appréciation de l'OFPRA et CR, et qui se penchera sur son cas souvent 2 fois, pour la titre et pour la reconduite). Il peut à tout moment présenter des pièces nouvelles.
En cas de premier rejet, il peut demander à l'OFPRA et à la CRR un réexamen de sa demande (dans ce cas chaque organisme l'aura vu 2 fois !).
Bref jamais dans sa vie des juges et des administrations ne l'auront autant écouté.
Le problème principal n'est pas celui de l'interprète ou de la langue du formulaire. C'est celui des preuves des persécutions (cf. mon post précédent).

3- Les demandeurs d'asile ne sont pas laissés à eux même : ils peuvent être logé et nourris dans les CADA (bon c'est sûr qu'il manque de places), ou bien ils peuvent bénéficier d'une allocation.

Concernant l'immigration économique, elle a continué après 1974 dans les faits, via tous les autres titres de séjour avec autorisation de travail. C'est à dire que l'immigration familiale est utilisé très souvent pour masquer une immigration économique. Or précisément Sarkozy veut recréer une immigration du travail, c'est à dire des étrangers venant en France spécifiquement pour travailler (ce qui ne veut pas dire loin de là qu'ils repartiront un jour). La nouvelle loi clarifiera au moins un peu la situation. Que Sarkozy veuille "choisir" les travailleurs n'est pas vraiment une nouveauté (aujourd'hui déjà, une autorisation de travail peut être refusée si la personne veut travailler dans un secteur avec un fort taux de chômage).

46. Le lundi 29 mai 2006 à 14:36 par bob

Petit complément à mon commentaire : l'immigration économique n'est pas aujourd'hui impossible (carte de séjour temporaire salarié ou commerçant). Il faut pour entrer en France fournir un contrat de travail visé par l'administration. Mais il faut reconnaître que ce n'est pas facile. De ce point de vue la loi Sarkozy ne fera pas de mal, puisqu'elle ne pourra que développer ce type d'immigration aujourd'hui atone.

47. Le lundi 29 mai 2006 à 14:51 par bob

Maître, vous avez dit (# 36) que l'étranger avait 20 jours pour déposer sa demande d'asile depuis son entrée en France. J'ai vu nombre de demandes d'asiles déposées bien après ce délai (surtout que les demandeurs d'asile rentrent très souvent irrégulièrement, et que leur date d'entrée en France ne peut être porouvée). Certaines demandes se font même au moment de l'arrestation par la police, alors que l'étranger réside depuis plusieurs mois en France. Pouvez vous me dire quelles dispositions prévoit ce délai ? Le 8° de l'article L 751-2 prévoit un délai, mais il concerne le temps entre l'autorisation provisoire de séjour et le dépôt de la demande à l'office, ce qui n'est pas la même chose.

48. Le lundi 29 mai 2006 à 15:33 par avo-kadima

Je suis sidéré de lire certains posts qui relèvent très clairement de la "chronique du racisme ordinaire"...
Contrairement au maître des lieux, j'ai été étranger avant d'être avocat...et j'ai moi-même attendu des heures...et puis je suis devenu français et...j'ai été étudier en Californie...
Pour un excès de vitesse, je suis passé devant l'équivalent du tribunal correctionnel local.Imaginez un juge sur une estrade surélevée avec devant lui une greffière bilingue anglais-espagnol-(vous avez BIEN LU !!!) et une queue composée essentiellement de journaliers mexicains dont beaucoup sans papiers. La greffière s'enquiert de leurs conditions de vie (logement, travail,...) et "propose" de moduler la peine en fonction des revenus ou, tel un crédit, la répartit sur 12 mois...Le juge "entérine" ses propositions...Il sait que ces gens sont des irréguliers mais il n'est pas là pour leur faire la chasse, juste leur "coller" une amende pour des petites entorses au code de la Route...A la vue de mon costard et de ma mallette et lorsque j'eus décliné ma qualité d'étudiant dans une grande université et mon rendez-vous pour un job (cause du costard), j'ai été relaxé en 3 minutes chrono !!!
Morale(s) de l'histoire :
1) le juge correctionnel US sait que ses "clients" sont des clandestins mais il est magistrat pas auxiliaire du F.B.I. (bon, j'avoue, c'était bien avant le 11 septembre !!!)...En France, il pourrait (et je l'ai vu faire) les faire arrêter à l'audience par les gendarmes et surtout, se saisir de leur situation, et les condamner à ce titre à de la prison assortie d'une ITF (interdiction du territoire français)
2) à lire les posts de certains, j'ai souvenir de d'amis émigrés africains qui n'auraient jamais fait de faute ni sur "accueil" ni sur "persécutions" ("persécussions"...???p'têt la musique de Brazil...???!!!). Alors, est-ce qu'on va instaurer un test de français avant d'accepter une régularisation...???!!! Mais alors, ne seront régularisés que les ex-étudients ivoiriens, sénégalais, camerounais,...C'est pas juste l'inverse de ce que veut mon confrère ministre (failli écrire "sinistre"!!!)... ???!!!
3) mon confrère Eolas dira peut-être dans son futur développement sur les étrangers sans papiers que l'ineptie des fonctionnaires au guichet s'accompagnait jusqu'à peu d'un pouvoir discrétionnaire inimaginable puisqu'ils avaient la possibilité de prendre des documents originaux et ne pas les rendre à leur propriétaire, de biffer une mention autorisant l'étranger à travailler, et même de "convoquer" des irréguliers en cours de constitution de dossier juste pour les faire interpeller...Le "refus guichet" a prospéré pendant de longues années avant que le Conseil d'Etat ne le juge illégal...!!!
@ Bob
Eh oui, pour peu qu'on veuille bosser, il y a du boulot...et il y a même des métiers dans lesquels certains clients "importent" des étrangers après avoir essuyé des "constats de recherches négatifs" de l'ANPE....Qui dira aux gens de l'ANPE que ces spécialités où on ne trouve personne en France, ça serait bien qu'elles soient enseignées dans certains lycées professionnels de FFFFFFFrrrance (j'ai dû oublier quelques "r" mais j'avoue, je parle très mal le pétainiste !!!)...
Et tant qu'à finir de vous coller le bourdon, allez donc vous ballader en Espagne : en 1948, dans certaines régions, on y crevait de faim...aujourd'hui on y accueille Latinos, Marocains (qui trouvent tous du boulot!), Roumains (vous remarquerez que je mets des majuscules !!!) et, en plus, on les régularise...Le croupion de l'Europe, on vous dit !!! Et vous pouvez convoquer les mânes de Montaigne (soit dit en passant d'origine juive portugaise), de Montesquieu ou de Voltaire, vous n'arriverez pas à me faire croire que ceux qui nous gouvernent en sont les fils légitimes (ou naturels, c'est comme vous préférez !!!)

49. Le mardi 30 mai 2006 à 15:32 par Cobab

l'AFP aujourd'hui :

fr.news.yahoo.com/3005200...

à noter les risques : il est ibnterdit de camper sur la parvis de la pref.

50. Le mercredi 31 mai 2006 à 16:01 par Jean-Marie

Continuons dans l'horreur avec l'histoire de ce maçon tunisien fort bien intégré : www.lannion-perros.mavill...

L'article me paraît contenir des approximations ou des éléments peu clairs, bien que je ne remette pas en doute l'authenticité des faits qu'il rapporte. Par exemple, le fait que son avocat ignore jusqu'à la 20e heure pourquoi son client est en garde à vue : cela fait 5 ans que l'avocat a accès à son client dès la première heure, et les OPJ m'ont toujours indiqué au téléphone la qualification des faits justifiant la garde à vue, même si naturellement jamais ils ne me donneraient de détails sur l'enquête. De même, père d'en enfant visiblement français, puisque sa compagne semble elle même française, il est protégé contre l'ITF par l'article 131-30-1 du code pénal. Même si cette protection a été intégrée au code pénal postérieurement à sa condamnation, la loi pénale plus douce est d'application rétroactive : cette peine ne peut plus être exécutée. Il faut que ce monsieur saisisse la chambre des appels correctionnels ayant statué en dernier d'un incident contentieux sur la peine visant à faire constater que l'ITF n'est plus applicable. Mais je pense que son avocat sait cela et l'a déjà fait.

Eolas

51. Le jeudi 1 juin 2006 à 15:05 par Nadine

Pour une fois, un commentaire: les Français aussi doivent se battre avec des administrations inefficaces et mal embouchées. Brazil, je l'ai touché du doigt quand je me suis retrouvée au chômage (à bac+8, ça arrive assez souvent, figurez-vous). Faire la queue dès 7H du matin, quand les portes de l'Assedic du quartier ouvrent à 9H. Puis prendre un numéro, et attendre plusieurs heures. Pour me faire remettre une jolie invitation à revenir deux jours plus tard, car il est déjà midi et que la file devant moi ne me permettra pas de passer au guichet avant la fermeture. Pas de souci, il sera noté dans mon dossier que je me suis présentée le premier jour ouvré du mois, je ne perdrai rien de mes indemnités.

Je reviens deux jours plus tard, à l'heure indiquée. J'attends une bonne heure. On me reçoit, de mauvaise humeur. Je passe sur les erreurs dans le dossier, mon invitation passe quant à elle à la poubelle... et mes deux journées d'indemnisation avec. Ce que je constaterai trop tard pour pouvoir m'en plaindre. Pas très professionnel, tout ça.

Pour moi, il s'agissait de perdre un peu de temps et un peu d'argent. Pour des personnes en situation difficile, c'est souvent plus grave. Pour un demandeur d'asile, ça peut être une question de vie ou de mort. Alors oui, j'y crois totalement à la galère des demandeurs d'asile ou de carte de séjour. Et je n'aimerais vraiment pas être à leur place.

En passant, je suis bien contente de pouvoir travailler pour quelques temps au Japon sans avoir besoin d'être capable de remplir un formulaire en Japonais. Pourquoi un demandeur d'asile devrait-il maîtriser le Français à son arrivée?! Je suis parfois sidérée par l'absurdité de certains des commentaires postés chez vous, Maître. Quelle patience.

Et merci pour vos billets. Toujours instructifs.

52. Le lundi 5 juin 2006 à 11:44 par T

Juste une petite précision, si personne ne l'a faite : la commission des recours des réfugiés (CRR) se trouve au 35 rue Cuvier à Montreuil, en Seine-Saint-Denis (93), et non à Vincennes, dans le Val-de-Marne.

www.commission-refugies.f...


... Mais sinon l'article est très intéressant !

53. Le samedi 10 juin 2006 à 12:25 par Mr Roopun Sakil

maitre ,je me retrouve en situation irregulier alors que suis né en france,y a été scolarisé ,parlant bien le francais ,étant bien intégré ,je voudrais savoir si le gouvernement pourrais m'expulser.je suis civilement marié avec une femme en situation reguliere.

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