Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Pourquoi mon anonymat ?

J’ai eu le plaisir d’être invité ce samedi par l’équipe du Big Bang Blog, soit Daniel Schneidermann, David Abiker et Judith Bernard, que ceux d’entre vous qui comme moi regardent régulièrement Arrêt sur Image connaissent bien.

Il s’agissait d’une conversation à bâtons rompus sur le thème général du pouvoir des blogues, en écho à la chronique de Daniel Schneidermann dans Libération. Je n’étais pas le seul invité : je partageais les fauteuils du salon du chalet avec l’auguste Professeur Frédéric Rolin, et l’ennemi public numéro 1 à l’Ouest de la Seine, Christophe Grébert.

Je ne déflorerai pas le contenu de ce plaisant entretien qui devrait être en ligne prochainement, mais souhaite revenir sur un des points qui a été abordé au cours de cette discussion, celui de mon anonymat. Daniel Schneidermann m’a semblé être très intrigué là dessus, et il est vrai que j’étais le seul des six personnes présentes à celer ma véritable identité, ce qui, ajouté aux pouvoirs que l’on me prête bien indûment, semble faire de moi une sorte de super-héros.

J’ai été assez pris de court par les questions insistantes de Daniel Schneidermann, qui m’a même gentiment provoqué en me demandant tout de gob : “Mais en fait, qu’est ce qui me prouve que vous êtes bien avocat ?”

Je vais donc revenir sur ce point à tête reposée et développer les raisons de ce choix.

Ce choix remonte à avant même la création de mon blogue, fin 2003, début 2004. Comme beaucoup de blogueurs, j’ai commencé à commenter chez les autres. C’était l’époque de la discussion de la LCEN qui devait faire tomber sur internet une chape de plomb et la fermeture de tous les blogues, un peu comme aujourd’hui la loi DADVSI va jeter en prison tous les internautes. Il est d’usage d’utiliser un pseudonyme quand on commente afin d’identifier l’auteur du commentaire. Or Eolas est un pseudonyme que j’utilise depuis longtemps, qui présente des avantages nombreux : il fait 5 lettres, est très fréquemment disponible, et représente assez bien ma démarche que j’ai toujours voulu pédagogique. En effet, Eolas est un mot gaëlique irlandais, qui veut dire information, connaissance, au sens d’issue de l’expérience. A l’aéroport de Dublin, vous verrez ainsi “Eolas” écrit partout : cela indique tout simplement les renseignements.

Quand, sur la recommandation amicale d’une blogueuse chez qui je laissais d’interminables commentaires, j’ai ouvert mon propre blogue, j’ai naturellement pris le nom d’Eolas pour le nommer, choisissant comme titre “Journal d’un avocat”, et comme sous titre “Instantannés de la justice et du droit”. Au début, je racontais surtout des anecdotes d’audience, amusantes ou émouvantes. Puisque je n’étais que conteur, il était dans la logique de ma démarche de ne pas me montrer : Je n’étais qu’un spectateur anonyme, que je reste donc anonyme. Ce qui comptait, c’était que je fusse avocat, et que j’avais la compétence pour expliquer ce que je racontais. Ce n’est que plus tard que j’ai commencé à faire des commentaires juridiques tirées de l’actualité et non d’une audience.

Le deuxième avantage m’était aussitôt apparu et a été déterminant pour entériner ce choix : les blogues étaient une nouveauté, et l’Ordre ne s’était pas encore penché sur la question. L’anonymat me mettait à l’abri de la question : était-ce un site d’avocat ou non ? Grâce à mon anonymat, la réponse était clairement non, je ne tombais pas dans la réglementation restrictive de la publicité des avocats, tout en restant soumis, du fait que je faisais état de ma qualité d’avocat, à la déontologie de ma profession. Afin d’être cohérent, je posais dès le début un principe toujours en vigueur : je ne consulte pas ni n’accepte de dossier via ce blogue. Mon anonymat m’a d’ailleurs mis à l’abri des lecteurs qui me trouvant fort sympathique, décideraient de m’appeler au téléphone histoire de me parler une heure de leur dossier pour que je leur dise ce que j’en pense, pro bono[1] s’entend.

Je crois pouvoir affirmer que c’est ce qui m’a donné une certaine crédibilité dans la blogosphère, outre les qualités de pédagogue qu’on veut bien me prêter : je ne pêche pas de clients, je ne me mets pas en scène, et mon blogue ne supporte pas de publicité (hormis un lien vers Dotclear et un autre vers Kozlika, mais ce sont des crédits plus que de la pub, Dotclear étant le logiciel que j’utilise et Kozlika ayant créé le thème que j’utilise). Le fait que je blogue est totalement gratuit. Je n’ai rien à y gagner, pas même la gloire puisque personne ne sait qui je suis.

Enfin, presque personne.

Cette réflexion a été faite à une époque où j’espérais tant bien que mal attirer une petite centaine de lecteurs quotidiens. Aujourd’hui que je suis à cent fois plus et que mon blogue est lu par mes confères et des magistrats, je me trouve parfois pris au piège de ces principes. Des magistrats viennent commenter et parfois engager des controverses avec d’autres lecteurs, avec une liberté de ton qui leur est interdite dans l’exercice de leur fonction (liberté due pour eux aussi à l’anonymat qu’ils choisissent). Toutefois, certains se sont présentés à moi sous leur vrai nom. J’estimerais discourtois qu’ils ôtassent leur masque sans que je retirasse le mien, surtout que cette situation crée le risque qu’un jour je me retrouve face à eux professionnellement, eux ignorant que je suis Eolas, et la situation ambiguë ainsi créée me dérangerait profondément. Je préfère prendre les devants et répondre à leur confiance par la confiance. Il y a donc une poignée de magistrats qui connaissent mon vrai nom. Et je n’ai jusqu’à présent jamais eu à plaider face à eux. Plusieurs confrères savent également qui je suis, qu’ils m’aient contacté via mon blogue ou que je les connaisse d’avant : l’existence de mon blogue n’est pas un mystère pour mes proches.

De même, il m’arrive de me rendre, à visage découvert, à des réunions de blogueurs. Mon identité n’est pas un secret honteux, c’est une démarche qui m’a semblé naturelle. Je précise pour ceux qui auraient des doutes que dans le barreau pléthorique où j’exerce, mon nom ne dira rien à la plupart de mes confrères ni à la plupart des magistrats, seuls les juges d’instruction étant assez durablement au contact des avocats de leurs dossiers pour arriver à coller un nom sur un visage.

Voilà donc ce point sur mon anonymat, qui ne cache rien d’autre que mon nom : pas de secret honteux, pas de scandale en germe, juste la volonté de séparer ce blogue, qui est un acte totalement gratuit, un cadeau que je fais à qui veut bien me lire, de mon activité professionnelle, qui est tout sauf gratuite, mes clients me le font régulièrement remarquer.

Notes

[1]  : Litt. “Pour le Bien”. C’est une expression latine qui permet d’éviter de dire “gratuit” qui est un mot obscène chez les avocats.

Commentaires

1. Le mardi 27 juin 2006 à 15:49 par NeverBeen

Je m'étais toujours expliqué votre anonymat par le fait que, tout comme les médecins et infirmiers libéraux (Cela englobe très probablement d'autres professions, mais je ne suis pas un spécialiste), les avocats ne pouvaient exercer ainsi une activité pouvant leur apporter une quelconque publicité. D'où certains groupes de musique jouant masqués car composés de médecins (Les noms m'échappent).
Au reste, la question "Pourquoi votre anonymat ?" est d'une profonde débilité, à mon sens. Comparable à "pourquoi préferez-vous le rouge ?" dans son absurde et l'absence totale de chance de faire avancer une discussion qu'elle génère.
Ravi de savoir d'où vient votre pseudo, je pensais que c'était en référence au dieu du vent Eole.

2. Le mardi 27 juin 2006 à 15:55 par Neville

Bonjour Confrère !

Merci pour ces explications, auxquelles je m'attendais plus ou moins évidemment.

Bien qu'il soit désormais trop tard pour en changer, ne craignez-vous pas que votre pseudonyme prête à confusion avec la dénomination de la société Eolas, qui eut ( ou a encore) des démélés judiciaires avec Microsoft.

La page suivante concerne votre homonyme, pas vous : en dépit de ce qu'annonce Daniel Schneidermann, votre pouvoir ne va pas -encore?- jusqu'à triompher de Microsoft.
www.zdnet.fr/actualites/i...

3. Le mardi 27 juin 2006 à 15:56 par Kaoru

Quoi maître Eolas n'a pas de super pouvoirs ??? :(

Chuis déçu...

4. Le mardi 27 juin 2006 à 15:58 par arno

C'est aussi une force des blogs : l'anonymat ne nuit en rien à la qualité du propos.
Par contre, je ne comprend pas l'étonnement face au "besoin de savoir" de Mr D. C'est une preuve de plus que les spécificités du média lui échappent toujours.

5. Le mardi 27 juin 2006 à 16:02 par mathieu

Ce qui est remarquable, c'est que le secret est bien gardé ! Vous ne craignez pas parfois la fuite ou la trahison ? (je vois le mal partout je sais)

Non, car cette information n'a dans le fond aucune importance et n'intéresse personne.

Eolas

6. Le mardi 27 juin 2006 à 16:11 par GroM

Pour répondre à Schneidermann, je plains le quidam qui tentera de se faire passer pour avocat dans la blogosphère sans en avoir la qualité. La seule question intéressante est: combien de temps tiendrait-il ?

C'est ce que j'ai répondu : la blogosphère s'autorégule beaucoup et les usurpateurs sont vite repérés et cloués au pilori. J'ai assez de lecteurs avocats et magistrats pour qu'une éventuelle supercherie de ma part soit éventée.

Eolas

7. Le mardi 27 juin 2006 à 16:27 par xave

Comment ?!? Eolas est un pseudonyme ?

8. Le mardi 27 juin 2006 à 16:37 par Alexis Mons

Je crois que la fascination ne porte pas vraiment sur votre anonymat, mais sur les convictions affirmées qui la sous-tendent et votre désintérêt. Dans l'époque où nous vivons, cela me semble éclairer bien des choses.

9. Le mardi 27 juin 2006 à 16:40 par Authueil

De toute manière, un anonymat internet ne résiste pas longtemps à quelqu'un qui veut vraiment savoir. Il cherche qui est propriétaire du nom de domaine, qui est derrière l'adresse IP. Il suffit de se poster à Paris Carnet et dans le parc de Vincennes certains dimanches midi pour prendre quelques photos et le tour est joué.

Mais au moins, vous êtes votre propre employeur. Les risques de ce coté là sont limités et comme vous le dites, le milieu des avocats au barreau de paris étant vaste. Et puis après tout, tant qu'on ne viole pas la loi...

10. Le mardi 27 juin 2006 à 16:49 par Wulf

Eolas est également le nom de je ne sais plus quel roi inventé par Tolkien, raison première de votre pseudo il me semble.

Eh oui, il n'y a pas que des magistrats qui connaissent votre véritable nom, il y a aussi des rôlistes qui ont collaboré avec vous dans un supplément de jeux de rôles.

Comme quoi les lecteurs ne soupçonnent pas toutes les facettes que peut avoir un personnage fusse-t-il anonyme et virtuel.

Non, je vous assure, il n'y a pas d'Eolas dans le très riche panthéon de Tolkien. Eolas fait penser à Legolas, mais le seul personnage Tolkiennien avec qui je partage presque mon nom est Eöl, l'Elfe Noir, maître forgeron et ami des nains. Issu de la maison de Doriath, il forgea Anglachel, l'épée de Turin Turambar, et Anguiriel. Il sera condamné à mort en l'an 345 du premier age pour le meurtre d'Aredhel, et jeté du haut des falaises de Caragdûr. Mais j'ignorais jusqu'à l'existance de Sindar quand j'ai choisi ce pseudonyme.

Eolas

11. Le mardi 27 juin 2006 à 16:51 par Charivari

Merci !

12. Le mardi 27 juin 2006 à 16:59 par Gastiflex

Anonymat mon oeil ! Tout le monde sait que vous êtes en réalité Me Collard ;-)

13. Le mardi 27 juin 2006 à 17:21 par GCX

dis-moi pas que tu t'est tapé le Silmarillion ?

14. Le mardi 27 juin 2006 à 17:24 par Flolivio

Argh! Me Eolas connaît aussi toute l'histoire des Terres du Milieu!
C'était quel jeu de rôle? Donjons et Gardes-A-Vue? Légendes Juridiques?

15. Le mardi 27 juin 2006 à 17:33 par Luka

ah merci Neville, je m'étais toujours demandé d'où je pouvais bien connaître le nom Eolas !

16. Le mardi 27 juin 2006 à 17:38 par La Vieille

Eolas n'est plus un pseudo, c'est une référence, une voix à part entière.
Pour ceux qui le cotoient, ils ont la chance de mieux le comprendre avec la liberté de ton qu'il s'est donné.
Pour nous autres, on imagine - moi follement - Maitre Eolas voler à vélo, la robe soigneusement pliée dans la sacoche - au petit matin - au secours de son client.
c'est une image un peu à la Tati superbement décalée mais pleine de poesie.

Donc le mot Eolas est d'origine irlandaise .... pays tellement foisonnant et riche en contrastes. Cà me plait bien.

PS : et en plus il connait parfaitement Tolkien

je deviens groupie - à mon âge...

17. Le mardi 27 juin 2006 à 18:13 par BBBruno

Intéressant tout ça ! L'importance pour vous de déconnecter votre blog de votre métier... pour pouvoir mieux en parler !

En fait c'est très naturel, c'est aussi grâce à votre anonymat que nous, fidèles lecteurs, vous apprécions ! Car vous nous parlez comme à un ami en rentrant du boulot et en disant vos idées librement. Et pas comme vous parleriez à un collègue, où les métiers sont des rôles et où on ne dit pas ce qu'on veut.

Par contre, j'ai bien l'impression que les journalistes refusent le fait que tout le monde puisse commenter l'actualité à leurs côtés. :-)

Ce serait faire un bien mauvais procès à Daniel Schneidermann. C'est un des journalistes les plus enthousiastes vis à vis des blogues qui a parfaitement compris leur fonctionnement : son big bang blog est un modèle du genre. Et même s'il ma titillé sur cetet question, ce qui est une déformation professionnelle chez lui, je ne me suis pas du tout senti en territoire hostile, bien au contraire. Ils avaient l'air aussi heureux de me rencotnrer que je l'étais moi même vis à vis d'eux trois.

Eolas

18. Le mardi 27 juin 2006 à 18:28 par bart

Je pense qu'il y a 2 écoles, ceux qui choisissent de parler à visage découvert, en s'auto-censurant forcément un petit peu mais en développant leur notoriété et ceux qui choisissent l'anonymat et qui peuvent en dire plus, quitte à rester dans l'ombre.
Je partage complétement votre point de vue et votre analyse quant à votre choix. Faut dire que c'est aussi le mien :)

Là où ça devient compliqué c'est effectivement quand vous devenez une référence dans la blogosphère (ce qui n'est pas mon cas, mais qui devient le vôtre) ou quand vous rencontrez d'autres blogueurs. Mais une fois encore, comme vous le dites, la solution est simple : se présenter à ceux que l'on rencontre ou que l'on cotoie, et rester anonyme pour les autres. Qui le sont eux aussi pour vous d'ailleurs, anonymes.

Et je pense que c'est ça que Daniel Schneiderman n'a pas compris : la notoriété n'est utile que si l'on veut profiter des retombées de son blog pour sa carrière. L'anonymat, lui, garantit l'indépendance et la liberté de ton.

19. Le mardi 27 juin 2006 à 19:33 par Irène Delse

Oooh, avocat, blogueur, et rôliste tolkienophile par-dessus le marché ? Chapeau, maître ! This is a time of wonders, indeed! ;-)

20. Le mardi 27 juin 2006 à 19:34 par Héron

Maître Eolas,

Votre démarche est de salubrité publique et je suis toujours content de vous lire.

Je souhaite longue vie à votre prix Busiris, bien que je souhaite que les politiques s'améliorent, car il me semble qu'il mériterait une couverture nationale et quelque chose me dit que ça ne va pas tarder.

Merci et bravo.

21. Le mardi 27 juin 2006 à 19:44 par Irène Delse

Blague à part... L'anonymat (ou pseudonymat) sur un blogue comme protection contre la confusion des genres, c'est en effet bien utile.

22. Le mardi 27 juin 2006 à 19:56 par koz

J'ai de bonnes raisons de souligner que notre bon Ordre ne s'oppose plus / pas à la constitution d'un blog par un avocat. C'est notamment la leçon que j'ai retenu de deux journées de déontologie. Il nous est interdit de pratiquer la sollicitation, ce que ne fait pas un site (même un blog). On a d'ailleurs le droit de disposer d'une plaquette et de produire des écrits "académiques"... Par ailleurs, le cher Ancien Membre du Conseil de l'Ordre nous a également présenté une pleine page de pub parue dans Le Fig', vantant les mérites d'un grand cabinet (en évitant hyperboles et formules laudatives, mais tout juste)... Dans ces conditions, j'en ai déduit qu'il n'y avait pas d'interdiction de créer un blog.... Ce que m'a confirmé un membre actuel du Conseil de l'Ordre que je suis allé consulter à cet égard (sous réserve d'éviter les hyperboles et formules laudatives susmentionnées).

Cela étant, j'ai toujours un peu le sentiment que nos règles déontologiques sont surtout issues des règles applicables dans une relation avec les particuliers et qu'elles sont un peu moins pertinentes vis-à-vis d'entreprises, peu sensibles à la "position de force" de l'avocat, et relativement peu influençables par la publicité...

Je tenais tout de même un peu à ce que ce soit dit, tu sais pourquoi...

23. Le mardi 27 juin 2006 à 21:51 par Souplounite

Je m'interroge : à quoi ressemble une question posée tout de gob ? A un oeuf ?

:D

24. Le mardi 27 juin 2006 à 23:59 par Nathanael

Ce que ne comprend peut-être pas M. (et pas Mr.) Schneidermann, c'est qu'on s'attache à un pseudo après l'avoir trimbalé x années (je ne précise pas la valeur de x par égard pour tes vieux os). Il devient un autre soi, qui nous représente dans l'univers virtuel aujourd'hui d'Internet, hier du minitel.
Sans être un dédoublement de personnalité, c'est une protection légère et bien pratique, légère car ceux qui nous sont (deviennent) proches savent qui l'on est, mais protection quand même car si l'on ne veut pas en dire plus on en reste là.

Et l'expérience nous (te) montre que finalement on a raison de croire au genre humain puisque ceux (nombreux) qui connaissent notre (ta) véritable identité respectent cet anonymat alors qu'il serait si facile de se payer une minute de gloire à démasquer la vedette (mais la vedette est si attachante qu'on préfère garder ces attaches alors que la gloire, bon...).

D'un autre côté le monde journalistique est en émoi car l'effervescence des blogs entame leur pré carré. Aussi sont-ils scrutés par ceux-ci plus que la raison ne devrait l'ordonner et ce genre de positionnement, inhabituel dans le milieu journalistique, est questionné.

Mais, à mon humble avis, rien qui ne justifie une nouvelle justification sur ce pseudo-anonymat. Ce qui compte à tes nombreux lecteurs n'est pas tant qui tu es, mais simplement ce que tu peux dire, et ça je ne suis pas sûr que tous les ego-journalistes le comprennent.

Longue vie à toi.

Très amicalement.

25. Le mercredi 28 juin 2006 à 00:38 par Le Monolecte

Maître Eolas, ça sonne un peu comme Fantomas et c'est effectivement plus marrant que Grégoire Dupont... ;-)

26. Le mercredi 28 juin 2006 à 12:58 par zerbinette

Je ne suis pas parisienne....♪♪♪ et je ne connais pas spécialement le milieu des avocats de la capitale. De par ma profession j'ai cotoyé le "juridique" et même pour un profane, si vous n'étiez pas avocat, c'était drôlement bien imité....
Je comprends que l'on cherche à vous extorquer des consultations, même si elles ne sont pas "pro bono" car lorsqu'on a eu affaire à certains de vos confrères, on apprécie votre compétence...
Je consulte régulièrement votre blog parce qu'il est remarquablement bien écrit, avec beaucoup d'humour et oh combien de pertinence, ce qui ne semble pas la qualité la mieux partagée. Si je suis quelquefois un peu perdue, je vous lis toujours avec plaisir et pour moi vous êtes Eolas, point. Comme dit un blogueur de ma connaissance, c'est votre "nom d'artiste" et votre véritable identité m'importe peu, c'est le nom sous lequel votre compétence est reconnue dans le milieu des blogueurs, et en plus c'est un nom qui sonne bien. Je croyais aussi qu'il y avait une référence à Eole, le dieu du Vent qui souffle le savoir... J'espère que vous continuerez longtemps !

27. Le mercredi 28 juin 2006 à 14:52 par coco

A mon sens le principal intérêt de l'anonymat est qu'il oriente la discussion sur vos PROPOS et non sur votre PERSONNE.

Les rares commentateurs, dérangés par votre discours, et n'ayant trouvé pour seuls arguments que l'attaque ad hominem, en savent quelque chose : votre anonymat les a bien souvent empêchés de se complaire dans cette voie malsaine.

28. Le mercredi 28 juin 2006 à 14:56 par Nicob

> Par contre, je ne comprend pas l'étonnement face au "besoin de savoir" de Mr D.
> C'est une preuve de plus que les spécificités du média lui échappent toujours.

Et ce n'est pas une première. Si on remonte jusqu'en 2000, on peut trouver ça :
groups.google.com/group/f...


Nicob

29. Le mercredi 28 juin 2006 à 21:14 par The Jedi

L'anonymat ne me gêne pas, au contraire, c'est presque plus charmant ;-) un peu comme si on voyageait dans une compagnie, fictive bien entendue, Air Chiotte.

Bref, Zorro était adulé de ses compatriotes même s'il avait un masque cachant son identité. Clark Kent n'était finalement qu'un hypocrite fini en pensant que ses ridicules lunettes et un coup de gomina feraient la différence entre lui et Superman. Non mais vraiment ...

30. Le jeudi 29 juin 2006 à 14:47 par Thomas

Commentaire supprimé : règlement de compte hors sujet à l'égard de Daniel Schneidermann.

31. Le jeudi 29 juin 2006 à 15:09 par lmpo

Je comprends parfaitement vos explications, et je respecte d'autant plus votre position, mais détrompez-vous : votre identité m'intéresse !

La curiosité est un vilain défaut, mais lorsqu'on partage les idées et les idéaux d'un confrère, on souhaiterait savoir son véritable nom.

Ceci étant dit, je réfrène mes pulsions ("mais qui êtes vous Eolas ?" "est-ce vous qu'on a vu à la télévision ?", etc.), pour les mêmes raisons qui font que je n'ai pas envie de lire Voici...

32. Le jeudi 29 juin 2006 à 15:31 par Thomas

Vous avez raison, je rectifie : commentaire supprimé comme diffamatoire.

33. Le jeudi 29 juin 2006 à 16:16 par Cobab

Nathanël n° 24) : « ce genre de positionnement [le choix du pseudonyme], inhabituel dans le milieu journalistique, est questionné. »

L'ultra-confidentiel _Tigre_ (www.le-tigre.net/sommaire... a pris le parti du pseudonyme pour tous ses collaborateurs. Il s'en explique ici : www.le-tigre.net/Le-pseud...

plusieurs arguments rejoignent les vôtres.

34. Le jeudi 29 juin 2006 à 16:30 par yves

J'ai l'impression que beaucoup de journalistes se sentent menacés par internet. DS est dans ce cas et, s'il s'intéresse aujourd'hui aux blogs et à leur prétendu pouvoir, il a déjà déliré au sujet de wikipedia avant de reconnaitre ensuite qu'il ne s'était pas renseigné.

Cet inquiétude au sujet d'internet n'est donc pas nouvelle chez lui. Et ce n'est pas le seul. Jérome Colombain, dont les articles sur le DRM sont très connus, montre la meme inquiétude.
jerome.colombain.com/arti...

(Ses aventures avec le DRM continuent, en plein dadvsi:
jerome.colombain.com/arti...
)

35. Le jeudi 29 juin 2006 à 23:35 par yves

Qu'est-ce qui fait que Garfieldd n'était pas protégé par son pseudo vis à vis de la sanction?

Vous-meme avez choisi l'anonymat pour vous mettre à l'abri. Mais cela n'a pas suffit à mettre garfieldd à l'abri. Quelle différence?

Mon anonymat ne me protège de rien hormis des facheux au téléphone. Il en allait de même pour Garfieldd.

Eolas

36. Le mercredi 5 juillet 2006 à 10:37 par Anne

Un bon site sur l'anonymat :

www.internet-anonyme.com/

37. Le vendredi 28 juillet 2006 à 15:51 par titalex

L'anonymat sur internet est un bien précieux. "Le droit à être laissé tranquille" [expression tiré d'un travail universitaire (www.droit-ntic.com/trav/t... a pour corollaire le droit de pouvoir s'exprimer anonymement (dans les limites de la loi s'entend). Or cette question de l'anonymat, qui est largement reconnu dans les textes (loi Informatique et Liberté, www.cnil.fr/index.php?id=... n'en est pas moins fictive sur internet.
Internet représente un média qui permet à toute personne de s'exprimer sans avoir à se justifier préalablement. En cela il concurrence les médias traditionnels. Dès le début d'internet, la question était de savoir qui allait gagner : parlerait-on plus d'internet à la télé ou plus de la télé sur internet. Il semble que la première hypothèse se vérifie. Les journalistes n'ayant pas anticipé ce mouvement se trouve démuni de leur prérogative ancestrale "rapporter les nouvelles", tout comme l'ouvrier est démuni devant la machine qui va le remplacer. Il leur faut désormais trouver une nouvelle façon de faire leur métier. Je leur suggèrerais de se concentrer sur l'objectivité des nouvelles et informations qui sont présentées au 20h et dans certaines émissions.
Bien à vous,

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