Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Il ne manque plus à François Hollande que d'être content

''Bis repetita placent" au PS (je graisse) :

PARIS (AFP) - Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré mardi que Jean-Marie Bockel, qui entre au gouvernement de François Fillon, "s'est mis de fait hors du PS".

"Il s'est mis de fait hors du PS, il n'y a pas de procédure d'exclusion, c'est comme pour Bernard Kouchner", devenu ministre des Affaires étrangères, à déclaré M. Hollande, interrogé sur une éventuelle exclusion du PS.

"Il était à la droite du Parti Socialiste, et il est à la droite tout court. C'est sa liberté personnelle. Il était apôtre du blairisme (...) Il a saisi l'opportunité qui s'offrait à la lui", a ajouté M. Hollande.

"Il m'a appelé au téléphone pour me dire sa décision, comme l'avait fait Kouchner", a ajouté le dirigeant du PS.

Sans commentaire.

PS : Pour ceux qui n'ont pas saisi le titre.

Commentaires

1. Le mardi 19 juin 2007 à 17:45 par Jerome

On dirait qu'il fait tout pour faire couler son parti...
C'est peut-être intentionnel, pour que la mère de ses enfants reprenne un parti foutu en l'air?
Ah ces histoires de couple, où nous jouons les pions...

2. Le mardi 19 juin 2007 à 18:12 par winston

généralement, c'est la configuration typique de la vie qui se barre en c*******. pendant cette période, la voiture tombe en panne, la machine à café explose juste au moment ou on devait partir, on oublie le code de sa CB qui se fait manger par le distibuteur de billets (qui, par la meme occasion, ne rempli pas son office)...

et c'est dans ses moments là qu'on est content d'avoir des amis...

sauf quand ils trahissent, bien sur...

le truc le plus miteux qui peut arriver dans cette période (en dehors de l'eplosion de la machine à café, bien sur, et de perdre son job) c'est que sa femme parte avec l'un des amis sus nommés...

mais là , je ne sais pas ...

3. Le mardi 19 juin 2007 à 18:18 par Passant

Bockel ? Ses supporters sont certes bruyants mais si peu nombreux.

Et ils se reporteront sur le premier jeune politicien libéral à la mode qui pourrait bien survenir du néant à n'importe quel moment.

On ne peut pas se positionner éternellement comme un iconoclaste plein d'avenir n'ayant manifestement rien de mieux à faire que de la politique : tôt ou tard, une fois qu'on a mis le pied dans le restaurant, il faut bien consommer.

4. Le mardi 19 juin 2007 à 18:32 par wame

j'explose de rire en lisant le titre. et je vois le PS confirmant mon idée. hé hé !!

5. Le mardi 19 juin 2007 à 18:39 par Armand

Cher Maître,
Ces exclusions et excommunications me font penser à la chose suivante:
On demandait à un ecclésiastique comment on appelait un catholique qui devenait protestant. C'est un renégat.
Et comment appelle-t-on un protestant qui devient catholique? Ca, c'est un converti!
Salutations respectueuses.

6. Le mardi 19 juin 2007 à 18:50 par javi

Globalement, ça fait pitié je trouve.

Pourquoi le PS est-il incapable de se présenter de façon crédible comme un alternative? Est-ce que la droite (assez répressive quand même) est devenue la seule alternative possible? Sommes-nous partis pour 25 ans de droite conservatrice, après la Grande Bretagne, l'Italie, l'Espagne et les USA chers à M. Sarkozy?

Qu'est-ce qui pousse les ténors de la gauche à poignarder leur propre parti en se battant pour le diriger?

Je finirais par croire qu'une lourde défaite aux législatives eut mieux valu, histoire de forcer le PS à renouveler ses cadres et sa doctrine... Je trouve qu'il serait bon qu'un alternative existât à la droite conservatrice, et je ne parle pas ici de théorie économique.

7. Le mardi 19 juin 2007 à 18:51 par DB

Comme on dit dans les discussions de comptoirs : "Errare humanum est.... perseverare diabolicum"

(C'est comme lorsqu'on dit que l'argent ne fait pas le bonheur, y en aura toujours 27 pour préciser que "ca y contribue".
certes.
c'est comme les commentaires sans intérêt, c'est légion...)

8. Le mardi 19 juin 2007 à 18:52 par Juge du siège

Lorsqu'on défend un camp puis l'autre, est-on un protestant, un catholique, un converti ou un renégat?
Ni l'un ni l'autre, et en l'espèce, la réponse se trouve quelque part dans le lien suivant...ami lecteur, sauras-tu la trouver? ;-)
www.senat.fr/senfic/bocke...

9. Le mardi 19 juin 2007 à 18:53 par OlivierA

François Hollande est beaucoup remonté dans mon estime depuis quelques jours.
Bockel, j'imagine que la plupart des militants socialistes doivent dire : bon débarras. Mais que va-t-il se passer pour son siège de sénateur, j'imagine qu'il ira à son suppléant ? Et on va avoir droit à la situation cocasse au sénat d'un ministre qui est dans le camp opposé à son suppléant.

En politique, les girouettes comme Besson, Bockel sont infiniment méprisables, car ils trahissent le programme pour lequel ils ont été élus, leur mandant, et donc ils trahissent leurs électeurs.
Pour Kouchner et Hirch c'est différent. N'étant pas élus, ils sont libres.

10. Le mardi 19 juin 2007 à 19:23 par Clems

Bof, d'une part c'est assimilable à une démission et d'autre part, c'est aussi parce que les socialistes les connaissent bien. Ils vont tenter de revenir dés que le vent tournera.

Comme quoi autant mettre la bouillotte tout de suite dans l'édredon pour garder bien au chaud la place.

Ouais, bien sur. Qu'un employeur s'amuse un jour à se passer de la procédure de licenciement et vienne dire "Ben non, c'est assimilable à une démission", et je parie que vous serez plus scandalisé. Et pourtant, c'est la même chose. Il existe une procédure, et ça fait deux fois qu'il s'assoie dessus. Vous avez l'indignation qui porte à droite.

Eolas

11. Le mardi 19 juin 2007 à 20:36 par Axel

Dites, Maitre, y'a pas un peu trop de "la" dans votre billet ?

"et il est à la droite tout court" (ou alors et là, il est à droite)
"Il a saisi l'opportunité qui s'offrait à la lui"

Ou c'est F. Hollande qui fait comme son ex et qui essaye d'inventer non pas des mots, mais une nouvelle grammaire ?

Voyez avec l'AFP.

Eolas

12. Le mardi 19 juin 2007 à 20:54 par clement

Hollande cocu? ce comentaire sur sa vie privée est grossier, et pour une fois vous tombez dans la conversation de café.

C'est vous qui êtes grossier, je n'ai jamais écrit ce mot. Je ne fais que citer La Fontaine.

Eolas

13. Le mardi 19 juin 2007 à 20:59 par Salomon Ibn Gabirol

Surtout que c'est lui qui a commencé. Ca fait deux ans qu'ils badinne avec une journaliste de Paris Match (dont je tais evidemment le nom)

Ca lui permet de virer Bockel par oukase ?

Eolas

14. Le mardi 19 juin 2007 à 21:00 par David-David

En fait, dès qu'on se dit que Hollande n'est animé d'aucune ambition personnelle exagérée, on comprend mieux le personnage et son action.

Mais bon, c'est vrai qu'en gardien du tempple, il devient un peu lourd, là.

15. Le mardi 19 juin 2007 à 21:05 par sda

D'ailleurs, si je me rappelle bien les statuts du PS, le seul motif d'exclusion automatique c'est de se présenter aux élections contre le candidat désigné par le parti ...

16. Le mardi 19 juin 2007 à 21:50 par Lucas Clermont

Je vous trouve moyen, cela m'épargne d'argumenter ! Il est vrai que le sujet me laisse un goût saumâtre : j'ai rejoint la section de Mulhouse voici quelques semaines.


Pour info, le seul adjoint au maire socialiste qui se soit désolidarisé de Jean-Marie Bockel, et qui a démissionné de l'exécutif est le représentant de Arnaud Montebourg, Pierre Freyburger ; c'est à dire des socialistes qui souhaitent réformer les institutions pour moraliser la politique et qui commencent par s'appliquer à eux-mêmes ce qu'ils prônent. Montebourg ne cumule pas les mandats, Pierre Freyburger va perdre une indemnité importante, simplement parce qu'il réprouve ces arrangements avec la morale.


Un sale coup ! Mais le simple fait qu'un type, Pierre Freyburger, renonce à des avantages matériels pour manifester sa désapprobation cela me suffit à oublier de nombreuses personnes qui ont toutes d'excellentes raisons d'aller à la soupe.

17. Le mardi 19 juin 2007 à 21:57 par pas perdus

Etonnant cet acharnement contre Hollande: je ne l'aime pas particulièrement mais vraiment tirer sur une ambulance ne me semble pas très glorieux.

Il est depuis dix ans secrétaire général du deuxième parti de France. Ce n'est pas ce que j'appelle une ambulance. Mais vous avez raison : critiquer un chef de parti qui viole les statuts de son propre parti, c'est mal.

Eolas

18. Le mardi 19 juin 2007 à 22:50 par Déçu

D'accord avec #12. Traiter Hollande de "cocu" sans le dire en renvoyant lachement à un lien ... J'aime mieux dans ce cas lire Gala.

Mais si vous allez sur cette voie, pourquoi ne pas dire plus tôt que c'est Ségolène qui est cocue. C'est en tout cas ce qu'elle a laissé entendre.

Tout faux Me EOLAS.

Je ne traite personne de quoi que ce soit, je cite La Fontaine. Vous qui ne signez pas, visiblement, vous rendez hommage à Maître Corbeau...

Eolas

19. Le mardi 19 juin 2007 à 23:10 par Mani

HAN !

20. Le mardi 19 juin 2007 à 23:32 par Hubert Montjoie de Saint-Denis

@ Lucas Clermont

On ne s'emballe pas et on se rappelle opportunément ce qu'avait dit Arnaud Montebourg lorsqu'il se présenta la première fois : "je ne me ferai que deux mandats car c'est la condition du renouvellement des élites politiques dans notre pays" et ce qu'il dit pour sa troisième mandature : "je n'ai pas oublié mes engagements, mais je n'ai pas terminé mon oeuvre pour la Saône-et-Loire (sic!)".

21. Le mercredi 20 juin 2007 à 00:03 par La Fédédents

@ Clément (19) et Déçu (12)
Je suis surprise de vos réactions. Personnellement le petit lien vers La Fontaine m'a bien fait rigoler, et franchement je ne vois pas ce qu'il y a de lâche à faire ce petit trait d'humour qui allège agréablement le propos.

Par ailleurs, je ne crois pas qu'Eolas tire spécialement sur une ambulance en faisant les remarques objet de cette note. Franchement, heureusement pour Monsieur Hollande que le ridicule ne tue pas vraiment.

22. Le mercredi 20 juin 2007 à 00:34 par Arthur Rainbow

Être renvoyé, celà correspond à perdre quoi? Car en réalité je ne sais pas trop ce qu'il était avant.

Etait il un employé/salarié/.. du parti socialiste? Car alors effectivement il perd son travail. Mais pouvait il prétendre mener de front ces deux jobs?
Même si la formulation est mal choisie, en arrétant un travail pour en commencer un autre, ne peut on effectivement pas considéré que le contrat de travail est rompu? Et alors si l'employeur et l'employé sont d'accord, je ne vois pas où est le problème.

En tant qu'adhérant, ce qu'il ne pourra plus être semble t'il, il n'aura plus le droit de voter aux élections interne au parti. (Ni le droit de payer sa cotisation... ), mais peut on faire une comparaison avec le droit du travail?
Sinon, quel autre droit avait il qu'il perd avec cette exclusion?

Quand au problème de cocu ou non, quiquonque a déjà eu un chagrin d'amour ne pourra pas nier que ça influe (au moins temporairement) sur la personnalité. Et dans le cas du premier secrétaire d'un grand parti je pense qu'il est hypocrite de prétendre que ça n'aura aucune influence.

Mais de toute façon, les prochaines élections, les municipales, seront à priori peu affecté. Le parti du maire ne décide pas - pour autant que je sache- de ce qui devra être fait dans les comunnes.
Et d'ici les prochaines éléctions pour lesquels le parti compte réellement, on peut souhaiter que cette histoire se soit bien tasser.

23. Le mercredi 20 juin 2007 à 08:32 par Lucas Clermont

@ La Fédédents

Hollande n'est pas ridicule, il est digne ! Si vous cherchez quelque comportement ridicule, interrogez-vous sur cette tolérance généralisée de l'électorat français face aux accommodements avec la morale de nombreux politiciens. Libre à vous de croire qu'il est moral d'aller et venir entre des organisations adverses. Je note que les deux députés UMP du sud du Haut-Rhin sont également scandalisés par la situation. www.lemonde.fr/web/depech...


Quant au fond de ce billet, je ne m'interroge même pas pour savoir si F. Hollande a, juridiquement, tort ou raison. De toute façon, il y a des procédures dans le Parti socialiste et elles seront respectées, quel que soit ce que déclare le Premier secrétaire. Indépendamment de ce que déclare le Premier secrétaire, précisément parce que le parti est organisé de manière démocratique.

24. Le mercredi 20 juin 2007 à 09:03 par 240-185

"De toute façon, il y a des procédures dans le Parti socialiste et elles seront respectées, quel que soit ce que déclare le Premier secrétaire."

C'est justement ça le problème, il y a des instances qui sont faites pour examiner ce genre de problème : la commission des Conflits.

Je cite le maître de céans dans son précédent billet concernant Bernard Kouchner :

"Parce que la dernière fois [qu'il a] lu les statuts du parti socialiste, seule la Commission des conflits est compétente pour prononcer une exclusion (art. 11.5) et que l'article 11.9 des mêmes statuts du PS précise que "Aucune sanction ne pourra être prise sans que les parties aient été convoquées pour être entendues contradictoirement. L’ordre du jour, indiquant la liste et la nature des dossiers traités, est envoyé au moins deux semaines avant chaque réunion à tous les membres de la Commission (fédérale ou nationale) des conflits...""

Et François Hollande s'asseoit joyeusement sur cette commission des conflits en la court-circuitant par ses annonces d'exclusion de facto. Elle est où, la manière démocratique, là ?

25. Le mercredi 20 juin 2007 à 09:13 par Lucas Clermont

@ 240-185

La "manière démocratique" est dans le fait que les propos de Hollande n'engagent pas la Commission des conflits. Cela dit, Jean-Marie Bockel ne se considère plus lui-même comme membre du Parti socialiste.

26. Le mercredi 20 juin 2007 à 09:30 par le bhoy

Je précise d'emblée que je n'ai pas trop suivi le cas Kouchner, mais à la lecture de la citation reprise dans ce billet, ne peut-on pas interpréter ça comme une rupture à l'amiable, suite à la conversation téléphonique entre le Premier Secrétaire et le nouveau ministre, qui pourrait se conclure par la démission de ce dernier ? Peut-être est-ce là le souhait de Hollande, qui préfère éviter de mettre en branle toute la procédure d'exclusion, qui ne peut qu'être préjudiciable à son parti.

Les statuts du parti ne prévoyaient pas le cas de membres prêts à accepter une offre de participation au gouvernement nommé par un Président qui fut et reste clairement un adversaire. On peut dire qu'il y a là un vide juridique, qui devra peut-être être comblé un jour. Sur le plan politique en revanche, on peut parfaitement concevoir qu'un passage à l'ennemi désigné soit incompatible avec la qualité de membre du PS, et pareil pour l'UMP. Hollande cherche peut-être à préciser sa position sur le fond, pour ensuite tenter une conciliation à l'amiable, qui pourrait se conclure par une démission et une sorte de pacte de non-agression ad hominem. Ce qui me semblerait plus judicieux que de mettre en branle la commission des conflits.

Mais bon, si cette insulte à la loi est le plus abominable des événements qui se passent en France et en Europe en ce moment, au point de provoquer la plupart des dernières notes et commentaires sur ce blog, on vit sur un continent presque parfait. :)

27. Le mercredi 20 juin 2007 à 09:37 par Hors Sujet

Les ministres du gourvernement Fillon 1 vont-ils toucher une retraite ou des avantages en nature liés à la "rupture de leur mandat" pour leurs missions virtuelles de quelques semaines ?

28. Le mercredi 20 juin 2007 à 10:09 par v_atekor

Normalement, si M. Sarkosy est suffisemment persévérant et prévoit des gouvernements suffisamment larges en continuant son ouverture sur la gauche, M. Hollande devrait exclure son parti du PS. Le nombre d'adhérents au parti convergerait vers un, lui même.

29. Le mercredi 20 juin 2007 à 10:24 par Henri

Maître,
Comment faites-vous au Conseil de l'Ordre.
Vos procédures sont elles parfaitement démocratiques?
Etes vous expéditifs? Attentistes?
Le Conseil de l'ordre est-il d'une essence telle qu'aucune de ses décisions puisse paraître injuste ou précipitée ou tardive etc.
Nul d'entre vous n'a-t-il jamais eu à se plaindre du Conseil de l'ordre?

30. Le mercredi 20 juin 2007 à 10:25 par Henri

Maître,
Comment faites-vous au Conseil de l'Ordre.
Vos procédures sont elles parfaitement démocratiques?
Etes vous expéditifs? Attentistes?
Le Conseil de l'ordre est-il d'une essence telle qu'aucune de ses décisions puisse paraître injuste ou précipitée ou tardive etc.
Nul d'entre vous n'a-t-il jamais eu à se plaindre du Conseil de l'ordre?

31. Le mercredi 20 juin 2007 à 10:37 par brigetoun ou brigitte célérier

bon, ceci dit, le départ de Bockel comme grande nouvelle ! ce n'est que dans la logique des choses. Il n'avait aucune chance et fini par le comprendre de sortir d'une extrême minorité qui en faisait un objet de folklore. Ce serait rudement bien si l'extérieur du PS cessait de vouloir le faire évoluer selon ses désirs

32. Le mercredi 20 juin 2007 à 10:37 par Clems

Il n'y a pas de procédure de licenciement à engager dans le cadre d'une démission sauf si elle est équivoque.

Votre analogie avec le monde du travail est donc faussée, le code du travail évoque les conditions pour une démission :

- La jurisprudence après plusieurs atermoiements considère que cela signifie obligatoirement écrite (alors que des sites de juristes prétendent encore qu'une démission peut être orale), non conditionnée et non porteuse de griefs à l'encontre de son employeur.

- Il y a quelques années un salarié qui changeait d'employeur avec une formule orale du type " a partir de demain, je ne travaille plus pour vous mais pour lui" cela passait pour une démission orale non équivoque et vérifiée par le fait.

A contrario, il n'existe pas entre Mr Bockel et Mr Hollande une relation Employé/Employeur, par conséquent cette protection supplémentaire (ou si vous préférez ce "cadre" spécifique) exclusive au monde du travail n'a pas lieu de s'appliquer et il est possible de juger ceci en démission de fait du PS au profit d'un autre bord politique.

En outre, vous noterez l'absence de protestations de ces derniers et si vous voulez poursuivre dans l'analogie avec le monde du travail, je vous dirais que de toute façon un employé qui ne proteste pas face à un licenciement supposé abusif c'est un salarié justement licencié.

De toute façon Hollande est coincé, si il engage une procédure, ils vont déchirer la carte du ps devant tout le monde ou laisser la procédure aller à son terme en dénonçant la méchante censure.



Le fait que Bockel n'ait pas seulement dit qu'il démissionnait du PS n'est-il pas équivoque pour vous ? Et que François Hollande soit coincé, je suis d'accord. Il s'est coincé tout seul. Pour la deuxième fois.

Eolas

33. Le mercredi 20 juin 2007 à 10:41 par v_atekor

brigetoun : "Ce serait rudement bien si l'extérieur du PS cessait de vouloir le faire évoluer selon ses désirs"

Tout à fait d'accord. Mais alors il ne faut pas en plus vouloir gagner des élections, hein ;)

34. Le mercredi 20 juin 2007 à 11:09 par La Fédédents

@23 Lucas Clermont

Je persiste à ne pas être d'accord avec vous. Je pense que l'attitude de monsieur Hollande consistant à bouter l'adhérent hors du PS lorsqu'il a l'outrecuidance d'accepter une fonction ministérielle assez étonnante... non, simplement ridicule, comme je le disais plus haut.

Je n'arrive pas à comprendre que l'on décrie autant l'idée de constituer un gouvernement avec des personnalités d'horizons politiques divers.

Donc, et là je fais une remarque générale, pas spécialement adressée à Lucas Clermont, je m'étonne que l'on puisse faire des discours pour déplorer une faible opposition à l'assemblée, cette faible opposition étant, prétendument, de nature à empêcher le fonctionnement démocratique, mais que par ailleurs, lorsque l'équipe du gouvernement comporte justement des personnalités d'horizons divers, cela devienne un scandale, une atteinte à la morale.

Franchement tout cela me semble très paradoxal, mais peut être fais je ma candide et ferais je mieux de m'occuper de mon jardin.

35. Le mercredi 20 juin 2007 à 11:18 par Irène Delse

"Cocu" ? Amusant comme les clichés associés au mariage traditionnel sont repris même lorsqu'il n'y a pas de mariage traditionnel... ;-)

36. Le mercredi 20 juin 2007 à 11:38 par Octave


Arrêtons de faire du juridisme à outrance alors qu'il s'agit de paroles purement politiciennes et donc sans valeur juridique...

Et quand bien même...

J'ai entendu ce monsieur Bockel et il à l'air tout à fait consentant quand à sa "mise en dehors" du parti
et je ne pense pas qu'il prenne ça comme une punition.
Les procédures ne sont-elle pas là pour résoudre les conflits ? Et quand il n'y en a pas ?
Le contrat d'adhésion ne tombe t-il pas de lui même dès lors que les deux parties sont d'accord sur sa caducité ?
Où est donc le problème Maître Eolas ?

Quand François Hollande dit "Il s'est mis de fait hors du PS", je dois être mal comprenant, mais je ne lis pas "M. Bockel m'a présenté verbalement sa démission, que j'ai acceptée". Qu'est ce qui me dit qu'un type qui s'assoit sur les statuts de son parti, ces mêmes statuts dont il tire son pouvoir de premier secrétaire, ne s'assiéra pas sur les statuts de la République le jour où il exercera le pouvoir ? Vous savez, la Constitution ? Est-ce trop demander que d'exiger de celui qui brigue mes suffrages et envisage d'être premier ministre si ce n'est président, d'être irréprochable quand il exerce des responsabilités ? Et je vous fais cadeau de mon questionnement sur la trahison qu'il y aurait à exercer des fonctions gouvernementales en république.

Eolas

37. Le mercredi 20 juin 2007 à 12:07 par pozdnychev

"Le fait que Bockel n'ait pas seulement dit qu'il démissionnait du PS n'est-il pas équivoque pour vous ?"

Je ne savais pas qu'il fallait crier sur la place publique qu'on démissionnait pour qu'elle ait lieu.

Sinon, même si "sur le papier" on peut trouver des choses à redire de cette décision de M. Hollande, dans les
faits (et avec les nuances qu'apporte la vraie vie, décision à l'amiable, éviter de sortir le marteau pour écraser un moustique, etc.), je ne trouve pas ça particulièrement scandaleux. Surtout quand on ne sait rien de ce que se sont dit les deux protagonistes.

Mais bon, vous avez abordé cette information par la lorgnette du juriste, on ne peut vous en vouloir.

Je ne parle pas de crier sur la place publique, je voudrais juste qu'il DISE qu'il démissionne. Pas l'écrire, juste le dire. Pour moi, le silence ne dit rien. C'est ma côté "lorgnette de juriste", vous ne pouvez pas comprendre. Au fait, vous n'en avez rien dit? Merci donc d'avoir fait de moi votre légataire universel irrévocable.

Eolas

38. Le mercredi 20 juin 2007 à 12:21 par OuvreBoîte

Au vu des commentaires des commères intervenant ci-dessus, je suis pris d'un doute ;
La référence à La Fontaine visait bien le cocufiage politique de Hollande par ses ex-ouailles du PS qui sont parties chez Fillon plutôt que son feuilleton conjugal ?

Ha, enfin quelqu'un qui a compris. Il est vrai que le piège était intentionnel.

Eolas

39. Le mercredi 20 juin 2007 à 12:56 par Clems

"Je garde mes convictions, je reste un homme de gauche", a-t-il assuré...

Le socialiste a rappelé qu'il a essayé "pendant dix ans" de défendre sans succès ses idées au sein du PS. "Je me suis heurté à trop de murs, à trop d'incompréhension et à trop de mépris", a-t-il résumé, tout en formulant l'espoir que "d'autres sauraient, avec peut-être un courage neuf, changer profondément le Parti socialiste".

...

Interrogé sur son exclusion de fait du PS, il a observé que c'était "la règle". Mais "c'est un peu dommage qu'on ne puisse pas, à l'instar d'autres pays européens, avoir des possibilités à certains moments de se retrouver par-delà les clivages".

Je suis d'accord pour dire qu'en droit du travail cela ne serait pas suffisant pour manifester une démission non équivoque, mais nous ne sommes pas en droit du travail où l'on protège la partie faible et ou se prévient des coups de sang et des décisions irréfléchies et à le lire je ne pense pas être devant quelqu'un qui agit à chaud.

Nous sommes devant quelqu'un qui quitte en dehors de tout conflit flagrant un parti politique et sa ligne pour une autre et qui est d'accord sur le fait qu'il n'est plus au PS.

A moins de réussir à faire naître un litige entre les deux parties, il est démissionnaire de fait et je ne vois aucun texte qui fixe dans le marbre la forme des conditions d'une démission politique (en fait même le code du travail ne le fait que peu) .

Plutôt que de sortir les grandes formules à double sens, Hollande aurait mieux fait de parler de démission ce qui aurait obligé les deux autres à prendre position, mais le mot doit être trop connoté à son goût.

40. Le mercredi 20 juin 2007 à 13:00 par v_atekor

Pourquoi il y a un doute sur le fait qu'il soit battu ? Ou au moins son parti ?

41. Le mercredi 20 juin 2007 à 13:56 par Lucas Clermont

@ La Fédédents

D'une part François Hollande ne boute pas Bockel hors du parti, pour la raison simple qu'il n'en a pas le pouvoir, qui appartient à la Commission des conflits une instance élue lors des congrès (en moyenne tous les trois ans) et constituée de membres de tous les courants.


D'autre part ce qui est immoral dans l'attitude de Bockel, c'est que sa légitimité, il la doit au Parti socialiste. Il n'aurait jamais été élu député, puis maire et aujourd'hui sénateur et maire sans l'investiture du Parti socialiste. Il n'existerait pas politiquement. Si vous ajoutez qu'il y a plusieurs centaines de personnes capables d'exercer sa nouvelle charge de ministre, vous pouvez comprendre qu'elle lui revient pour sa principale qualité aux yeux du gouvernement : il trahit, et on peut dire que des Socialistes cautionnent la politique du gouvernement.


Enfin, l'Opposition n'a pas vocation à s'opposer systématiquement. Elle vote même de nombreux textes présentés par la droite. Simplement, il y a également de nombreux points majeurs de désaccords.


Par ailleurs, des sociaux-libéraux, il en reste fort heureusement beaucoup au Parti socialiste, avec Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn (quelques rares avec Fabius), et Bockel n'a jamais été le chef de file de cette sensibilité : sa motion n'a recueilli que 0,6 % des voix. Il ne représente rien sinon lui-même.

42. Le mercredi 20 juin 2007 à 14:07 par La Fédédents

@41 Lucas Clermont

Donc, quand vous parlez d'immoralité, vous vous référez, d'après ce que je comprends, au fait qu'il cracherait dans la soupe, voire après l'avoir mangée. Bien que je ne trouve toujours pas ça immoral, je comprends néanmoins votre point de vue.

Je persiste toutefois à ne pas être choquée par l'entrée de monsieur Bockel (ou de Monsieur Kouchner, d'ailleurs...) au gouvernement.

Enfin, si seule une commission peut exclure monsieur Bockel, à quoi servent les gesticulations de monsieur Hollande à son sujet ? A part faire un barouf médiatique qui, j'ai l'impression, le dessert plutôt.

43. Le mercredi 20 juin 2007 à 14:58 par David-David

'La "manière démocratique" est dans le fait que les propos de Hollande n'engagent pas la Commission des conflits. Cela dit, Jean-Marie Bockel ne se considère plus lui-même comme membre du Parti socialiste.'

ça, c'est de la démocratie de paccotille. la démocratie, elle, suppose que l'on se plie aux règles auxquelles on a souscrit. c'est d'autant plus simple dans le cas d'un parti politique que si hollande n'avait pas été d'accord avec la procédure d'exclusion, il n'aurait eu qu'à ne pas adhérer. venir maintenant virer médiatiquement les 'traîtres' (bravo), tout en étant conscient que ça ne se passera pas ainsi, c'est de l'hypocrisie.

et puis, 'n'engagent pas la commission des conflits' qu'est-ce que ça signifie? que le fait de virer un membre de son parti sur simple déclaration ne concerne en rien l'instance qui est souveraine pour décider ou non de... virer des membres du parti? c'est du double langage...

44. Le mercredi 20 juin 2007 à 14:59 par tam'

Je vois mal ce qu'il y a à dire de plus.

Que le PS exclue de ses membres ceux qui vont assumer des responsabilités dans un gouvernement d'un autre bord politique, on trouvera ça souhaitable ou non suivant un avis assez personnel.

Mais en revanche, je ne comprends pas qu'on défende le fait que ça soit fait en dehors des procédures prévues, et ceci même si son sentiment personnel est que l'issue desdites procédures ne fait aucun doute...

45. Le mercredi 20 juin 2007 à 15:35 par Octave

Quand François Hollande dit "Il s'est mis de fait hors du PS", je dois être mal comprenant, mais je ne lis pas "J'ai décidé d'exclure Mr Bockel du PS sans passer par la procédure d'exclusion qui est prévu dans les statuts du parti" ...

46. Le mercredi 20 juin 2007 à 16:13 par Lucas Clermont

@ David-David, @ tam'

François Hollande n'a viré personne. Il n'en a pas le pouvoir. Ce sont des mots dans un contexte politique pénible !


47. Le mercredi 20 juin 2007 à 19:45 par GUILLANEUF

Me EOLAS prend la mouche .

Vous avez beau dire que vous ne faites que “citer La Fontaine”, ce petit moyen ne trompe personne et il est peu élégant.

Vous vous étiez jusqu’alors montré sous un autre jour. Faire du Droit, ça passe à peu près, mais de la politique ... je crois d’ailleurs que vous êtes déjà cassé les dents ...

Bref cette discussion pseudo juridique sur la démission ou l’exclusion des traîtres et sur les procédures internes du PS ne nous intéressent pas. Que je sache aucun des honorables ministres concernés n’a soulevé la difficulté et n’ a contesté quoique ce soit. On a même entendu BOCKEL à la radio dire qu’effectivement il n’était plus au parti socialiste après 34 années de bons et loyaux service. Ce qu’il ne dit pas c’est que le PS l’a quand même bien servi si on en juge à sa carrière politique qui n’est pas que minable.

Il veut y retourner, qu’il y retourne ! La mangeoire est bonne.

Mais de la à en faire un martyr !

"ce petit moyen ne trompe personne".

Il serait donc le seul.

Eolas

48. Le mercredi 20 juin 2007 à 20:31 par le gros Kuipy

Quelle honte !

On m'évoque La Fontaine et tout ce qui me vient à l'esprit c'est Serge Lama...

49. Le mercredi 20 juin 2007 à 22:35 par tam'

"François Hollande n'a viré personne. Il n'en a pas le pouvoir. Ce sont des mots dans un contexte politique pénible ! "

Il est le Premier Secrétaire du Parti : il parle donc en son nom. S'il n'a pas le pouvoir de virer quelqu'un, qu'il ne dise pas que c'est fait.

J'ai de la peine à concevoir qu'on soit membre d'un parti (en utilisant ses ressources) alors qu'on est membre d'un gouvernement qui défend des idées souvent à l'opposée de celles souhaitées par les militants (étant donné qu'un parti sert essentiellement à défendre une ligne globale), mais sur la méthode, ça me paraît hâtif, brouillon.

50. Le mercredi 20 juin 2007 à 23:06 par Esurnir

@tam': Premier secrétaire lui donne donc le droit de virer quelqu'un du partie sur lettre a cachet ?

51. Le jeudi 21 juin 2007 à 00:30 par Franck

@47, GUILLANEUF

"Bref cette discussion pseudo juridique sur la démission ou l’exclusion des traîtres et sur les procédures internes du PS ne nous intéressent pas."

Si tel est le cas, pourquoi prendre du temps pour lire ce billet, les commentaires qui s'y rapportent et rédiger une réponse qui n'intéresse pas non plus les participants ici présents, ces derniers trouvant le sujet suffisamment plaisant pour y prendre part ?

52. Le jeudi 21 juin 2007 à 00:48 par Mani

Pfff vous avez tout faux, nul ne plaide par procureur.

Ni BK ni Bill ne se sont plaint du procédé ...

"Je le répète, et dis, vaille que vaille,
Le monde n'est que franche moutonnaille"

53. Le jeudi 21 juin 2007 à 08:39 par Solo

"Et je vous fais cadeau de mon questionnement sur la trahison qu'il y aurait à exercer des fonctions gouvernementales en république."

"Je ne te trahis pas François. Je fais don de ma personne à la République."

Plaignons-le !

54. Le jeudi 21 juin 2007 à 10:40 par pas perdus

Vous avez raison, ce n'est pas le plus à plaindre.

Quant à l'exclusion des membres du PS, certes la procédure n'est pas respectée... Mais dans les cas de ministres "socialistes" de Fillon, n'y-a-t-il pas un vide juridique ?

55. Le jeudi 21 juin 2007 à 11:29 par Buse

à Pas Perdus (commentaire n°54) :
Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez, en utilisant la notion de "vide juridique" chez Eolas ;)
Il y a quelques mots, comme ça, qui semblent le changer en Mister Hyde : aide juridictionnelle, peine plancher, vide juridique ...

56. Le jeudi 21 juin 2007 à 11:42 par mrk

Ce qui est toujours amusant chez ceux qui se moquent des c... c'est qu'ils n'ont aucun doute sur leur propre situation.

57. Le jeudi 21 juin 2007 à 15:30 par Pask

@ 38, merci d'avoir calmé un peu le jeu... Je n'imaginais effectivement par Me Eolas faire un lien aussi facile et bas entre situations politique et personnel de F. Hollande...

58. Le jeudi 21 juin 2007 à 21:22 par Valérie

"Le Cocu, battu, et content"

Bah, on n'a jamais vu d'homme politique SDF (sans demoiselle fixe...)

59. Le vendredi 22 juin 2007 à 20:34 par cassina

#47: Ne faites pas ce mauvais procès à JM Bockel ! Il n'a pas choisi la sécurité d'un siège de sénateur -et les indemnités qui vont avec, puisque vous évoquez quelque mangeoire-, mais le risque de quitter son parti, dans lequel il ne se reconnaissait plus guère, pour rejoindre un gouvernement qui a tout à prouver. Cela ne s'appelle t-il pas tout simplement du courage ?

#9 : Être taxé de "girouette" parce que l'on quitte un parti après 34 ans !!! Il ne doit pas y avoir beaucoup de vent par chez vous !

#5 : Un catholique qui devient protestant est un apostat, je crois...

#35: Vous avez oublié le "e" à la fin du mot "cocu", j'ai cru comprendre que c'était Madame qui l'était...en plus d'être une mère et une femme debout, bien entendu !

#41 : D'après vous donc, tous ceux qui ne se reconnaissent dans aucun des grands courants du PS peuvent le quitter sans que cela ait la moindre importance ? Ne le répétez pas trop fort, vous risquez de provoquer des fuites..

60. Le vendredi 22 juin 2007 à 22:15 par Monsieur Prudhomme

c'est curieux en lisant "cocu" j'ai pensé à Jouyet et pas à Royal. Le couple Hollande-Royal jouait les faux époux Turenge depuis pas de temps me semble-t-il ?

61. Le samedi 23 juin 2007 à 19:54 par Charles'

Attaquer les cocus n'est pas plus digne qu'insulter les homosexuels.
Personnellement, j'avais un teckel nain à poil long.
Il a fugué.

62. Le lundi 25 juin 2007 à 02:41 par destroy gunner

"Je ne serai jamais Emile Muller !" a dit un jour Jean-Marie Bockel. Certes, mais il en prend le chemin. Pour mémore, E. Muller fut presque son prédécesseur (1959-81) à la mairie de Mulhouse. SFIO tendance Mollet (autant dire la gauche du parti, comme l'était le courant CERES auquel JM Bockel a appartenu pendant vingt ans), il a progressivement rallié la Droite en créant un groupuscule qui devint membre de l'UDF. Il est piquant que la phrase citée in limine soit en réponse à une question directe, relative à son discours droitier sur certains sujets, de son premier adjoint Eugène Riedweg ("attention, tu risques de finir un jour comme Emile Muller"), qui était resté fidèle, lui, contrairement aux autres "mulleristes", au PS au lendemain de l'union de la Gauche.
Tous ceux qui lui ont parlé de ses succès à Mulhouse (électoraux, gestion municipale innovante et socialement très clairement assumée, embellissement du cadre de vie, développement culturel et touristique, etc.) ont été étonné qu'il leur évoque, en creux, ses échecs "à Paris" : alors qu'il a été l'un des grand élus de la décentralisation, il est toujours demeuré rivé à ses ambitions de jeunesse d'un Rastignac alscacien en politique. Plus de vingt ans d'impatience à piaffer lors de chaque renouvellement gouvernemental, l'oreille pendu au téléphone à attendre qu' "on" l'appelle. Peine perdue.
Il faut dire qu'il avait tout fait, à chaque reprise, pour ne pas en être . D'interview calamiteuse dans le Figaro (épisodes chroniques chaque mois de juillet de la correspondante alsacienne, par ailleurs responsable politique des Dernières nouvelles d'Alsace) sur les responsables nationaux du P.S. en propos élogieux à contre-ordre sur les décisions des gouvernements de Droite, il n'a jamais pu résister à l'envie de se faire remarquer et, encore plus, faire un caprice pour mieux faire payer aux être aimés de ne pas l'être suffisamment. Pardoxalement, ainsi, alors qu'il fut courageuseme,t l'un des rares caciques du PS à soutenir publiquement la candidature interne de L. Jospin à la présidence de la République en janvier 1995 (même des "jospinistes" ensuite patentés comme F. Hollande, S. Royal, M. Valls, etc. ne se prononcèrent pas officiellement en sa faveur, quand certains ne le firent pas au profit de H. Emmanuelli, chef d'alors du PS et que tout le monde voyait vainqueur par KO de la compétition interne), il commit ensuite suffisamment de maladresses à son égard, par voie de presse ou de manière indirecte, pour se voir priver de toute chance d'être renommé ministre après la dissolution et la nomination de Jospin comme Premier Ministre. L'ensemble des responsables et élus du PS d'Alsace, invités lors d'un passage de Jospin à Strasbourg en 1998 à déjeuner, se souvient encore de la façon dont il morigéna Bockel pour lui signifier son désagrément.

La triste réalité est que Mulhouse est redevenue une ville de Droite depuis que les élections ne s'y font plus à la faveur de triangulaires (comme en 1971, 77, 83, 95 et 2001 pour les municipales ; on y a même connu des quadrangulaires aux municipales de 1989). 1981 était une autre période et une circonscription différente pour Bockel, qui choisit en 1988 volontairement de quitter la circonscription ouvrière du nord de Mulhouse pour aller défier le maire sortant dans la circonscription du sud, nettement plus bourgeoise et rurale en partie, dans un pari gagnant pour les municipales qui devaient suivre. Les temps ont changé. Les ouvriers sont à la retraite et devenus conservateurs, pour ne pas dire qu'ils ont été séduits depuis longtemps par l'extrême-droite puis une droite alsacienne sarkozyste avant l'heure et peu scrupuleuse sur les questions d'identité, de sécurité, de démagogie à tout crin et de xénophobie à peine cachée. Les salariés du bas de l'échelle sociale et les précaires d'aujourd'hui sont essentiellement des travailleurs frontaliers (a Suisse et l'Allemagne étant les seules motifs du plus faible taux de chomage en Alsace que la moyenne nationale...) et qui ressentent une situation très particulière car étant eux-mêmes (surtout dans le canton de Bâle) les travailleurs immigrés de nos voisins...
Bockel a donc choisi l'avenir : retrouver les ors de la République qui lui manquaient tant (en plus, qu'est-ce qu'il va pouvoir voyager aux frais de la Princesse, autre petit péché mignon qu'il entretient de façon très cachée depuis fort longtemps, avec un tel secrétariat d'Etat !) et conserver sa mairie, qu'il risquait très vraisemblablement de perdre cette fois-ci.
Ce n'était pas très glorieux d'attendre que les jeux soient définitivement faits pour se rallir ; au moins, son ex-camarade Besson a-t-il trahi alors que l'incertitude existait véritablement. Mais il est vrai qu'il abandonne 7 ans de Sénat "pépère" qui lui restaient à accomplir ; certes, on peut penser qu'il reprendra un tel mandat quant la retraite politique sonnera pour lui, mais sur un liste de droite ... Finalement, Mme Grosskost a raison de se déclarer la dindon de cette sinistre farce (ou le "cocu", pour renprendre l'expression d'un de ses collègues UMP du Haut-Rhin).
L'ambition personnelle, qui a guidé ce choix, n'a t elle pas toujours motivée les décisions de Bockel, le fils de bourgeois thannois et issu d'une famille illustre qui a donné quelques Alsaciens pas très connus pour leur progressisme social ? On pourrait malheureusement le penser aujourd'hui, quand on ne s'interroge plus sur les destins de tel ou tel qui se sont dits à 20 ans : dans quel camp ai-je le plus de chances de réussir rapidement pour assouvir mes appétits de gloire et de pouvoir, sans aucune considération de convictions, ce qui aurait supposé d'en avoir ?

On préférera pour notre part conserver la mémoire des années de combat à Gauche et pour la République dans cette fière cité du Bollwerk que ce reniement bien peu glorieux...

63. Le lundi 25 juin 2007 à 12:16 par cassina

@Destroy Gunner : Quitter un parti politique est-il nécessairement une trahison ? Préférez-vous les obtus caciques avaleurs de couleuvres aux gens de conviction qui se mettent au service de leurs idées ?
Je trouve vos remarques extrêmement mesquines concernant le supposé appétit de JM Bockel pour les ors de la République qui lui auraient tant manqués. Au contraire de vous, je pense que JM Bockel est très courageux d'abandonner un poste de sénateur bien tranquille, où les avantages matériels ne sont pas négligeables, pour affronter la critique très aisée des socialistes donneurs de leçons et accepter un poste somme toute fort modeste, dans lequel il y a plus de coups à recevoir que de lauriers à récolter.
Je crains que votre commentaire ne rejoigne celui des aigris et des jaloux de tous poils et de tous bords qui, depuis toujours, pensent davantage à leur petite carrière et à leurs prébendes qu'à l'intérêt de leur pays. Que Mme Arlette Grosskost se sente la dinde de la farce n'a rien d'étonnant : elle en a toujours eu la prestance, le discours et le comportement.

Par ailleurs, il n'y aurait rien de triste en tout état de cause, à ce que Mulhouse soit redevenue une ville de droite : Pour votre gouverne, cela n'a rien d'insultant et j'espère bien que les prochaines élections municipales confirmeront cette saine évolution.

64. Le lundi 25 juin 2007 à 13:00 par cassina

@Destroy Gunner : "Ambition personnelle...fils de bourgeois... issu d'une famille illustre qui a donné quelques Alsaciens pas très connus pour leur progressisme social ? appétits de gloire et de pouvoir..."
Décidément, votre dialectique renvoie aux temps heureux des procès de Moscou ou à celui des Gardes Rouges ! mais vous avez malencontreusement omis le célèbre et incontournable "vipère lubrique" sans lequel on ne saurait complétement reconnaître un ennemi de classe !

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