Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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A lire absolument

La tribune de Jacques Chirac dans le Monde sur son explication des délits liés au financement des partis politiques. Extraordinaire. Pensez que ce type a été le garant du respect de la constitution et de l'indépendance de l'autorité judiciaire.

Un pot pourri des meilleurs moments.

Conformément à l'idée que je me fais des exigences qui s'imposent à un responsable politique, j'ai, dès la fin du second mandat que m'ont confié les Français, fait savoir au magistrat chargé du dossier relatif au financement du Rassemblement pour la République que j'étais à sa disposition pour répondre aux questions qu'il voudrait me poser. Rendez-vous est pris à cet effet. Je ne vois rien là que de très normal et de conforme à la conception qui a toujours été la mienne des principes républicains.

La mienne, c'est que le juge convoque et qu'on lui obéit, pas qu'on lui fait savoir qu'on se tient à sa disposition.

[Les années 70], C'était le temps où le droit était beaucoup moins présent qu'aujourd'hui.

Celle là est à encadrer. Le temps où on pouvait piquer dans la caisse et partir avec mes fonds secrets sans se faire em... par des juges, le bon temps ma bonne dame.

Des organisations aussi différentes que les partis politiques, les associations, les syndicats ou les cabinets ministériels fonctionnaient largement sur la base d'usages apparus au fil du temps.

Comme dans faux et usage de faux ?

S'agissant des formations politiques, au-delà des contributions des adhérents, par essence limitées, il était fait appel à la générosité des uns et des autres. Des particuliers, militants ou non, des entreprises, voire des budgets publics, contribuaient ainsi au financement des formations politiques, à la prise en charge de leurs coûts ou au financement proprement dit des campagnes par le biais de financements directs, de prise en charge de frais, de mise à disposition de personnel ou de rémunération de permanents.

La générosité civique des entreprises doit être louée, car il est notoire qu'aucune d'entre elles n'a jamais bénéficié de contrepartie. Quant aux budgets publics qui contribuaient au financement des partis, il faut lire détournement de fonds, vous aurez rectifié de vous même.

Cet état de fait, connu de beaucoup, était au fond accepté parce que les partis, qui jusqu'en 1988 n'avaient pas de statut, concouraient conformément à l'article 4 de la Constitution à l'expression du suffrage et assumaient à ce titre une mission d'intérêt général sans laquelle la démocratie n'aurait pu fonctionner.

"Beaucoup" signifie ici tout le monde sauf les citoyens, trop compliqué pour eux, ça les intéresse pas. Et j'adore l'invocation de l'article 4 de la Constitution pour couvrir des activités illégales. Comme quoi le droit était quand même un peu présent.

Allez lire tout l'article, c'est un grand moment de bonheur.

Commentaires

1. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:26 par francois

j'imagine que la loi de 1995 (la dernière qu'il cite) n'a pas d'effet rétroactif et qu'il est donc convoqué pour s'expliquer sur des faits qui ont donc eu lieu après 1995 et qui tomberaient donc sous le coup de la loi sur le financement des partis. Je me trompe?

2. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:28 par Passant

Gardez votre souffle, Mètre[*]

Vous pourrez certainement faire de belles envolées tout au long des longues, lentes, et douloureuses révélations de ces si instructives affaires. Vos lecteurs comptent sur vous.

[*] Permettez qu'avec cette flagornerie que j'orne de quelqu'ironie pour vous la rendre supportable, je vous nomme Mètre-Etalon du commentaire du point de vue de la logique du droit de l'actualité.

3. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:31 par Passant

Sinon, je trouve un peu dommage qu'on ne mette pas un tel discours et le déroulement des faits en parallèle avec l'histoire ô combien épique et tumultueuse du Code des Marchés Publics.

4. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:33 par siarres

Merci infiniment maitre, il fait plus de 40 degrés ici, mais votre billet est si raffraichissant .
Prennez garde a vous tout de même , ces gens là n'ont pas d'humour , leur intérét est leur morale , leur sentiments s'arrétent à leur propre personne

5. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:36 par bozo

Rien à redire, le sieur Chirac a conservé ses bonnes vieilles habitudes, mais il faut lui reconnaître un certain talent pour embobiner les foules.

J'apprécie tout particulièrement ce passage : "En France, où nous sommes aujourd'hui à la pointe de la rigueur et de la modernité". C'est sûr, la classe politique française a définitivement coupé les ponts avec le monde du privé. Vous dites? Yacht? Bolloré? Non, non, je ne vois pas ...

6. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:43 par winston

hahahahahaahahahHAHAHAHAHAHA

est ce que çà compte comme des aveux, son papier ?

il est tres tres fort, jacques...

il en arrive meme à nous expliquer que le détournement de fond et la corruption étaient constitutionnels .

chapeau l'artiste !
d'est du put*** de grand art.

va falloir ouvrir un prix "le meilleur d'entre nous ! " récompensant la meilleure construction juridique de tous les temps. là on tient un vrai magicien ...

7. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:44 par Celui

Ce que j'adore personnellement c'est sa défense (en enlevant toutes les fioritures) :
1/ Avant il y avait des lois inadaptées et nous avons usé de faux, truqué des marchés publics, etc. ce qui était parfaitement illégal, et nous le savions.
2/ Maintenant il y a des lois qui nous empêche d'aller chercher l'argent des entreprises, pour prévenir une tentation légitime : celle de mettre de l'argent dans les caisses des partis publics.
3/ Si nous avions fait des bêtises avant 1995, ce n'est pas notre faute, c'était parce qu'il n'y avait pas de loi "préventive" (et que l'état nous fournissait pas d'argent)

8. Le jeudi 19 juillet 2007 à 14:54 par ethno7

bonjour
un peu de droit fiction tout en se souvenant qu'ici et maintenant subsiste la présomption d'innocence.
supposons que le citoyen JC subisse peu ou prou finalement les memes deboires judiciaires que son ex 1er ministre , que pourrait il advenir de son statut de membre de droit et à vie du conseil constitutionnel si une tres tres tres improbable condamnation definitive intervenait ?
un ancien PR peut il d'ailleurs "demissionner" du CC

9. Le jeudi 19 juillet 2007 à 15:04 par winston

question pratique : est ce que la présomption d'innocence joue encore quand la personne en question avoue dans le monde qu'il a tapé dans la caisse ?

10. Le jeudi 19 juillet 2007 à 15:04 par Welf


à la décharge du ci-devant locataire de l'Elysée, le droit était effectivement "moins présent" dans les années 70: ce n'est pas sur ce blog qu'on va contester l'hyper inflation de traités, lois, décrets...

Enfin je note une pirouette remarquable: on note

"C'est elle aussi qui me conduit à m'exprimer ici, afin d'éclairer, pour les Français également, la question du financement de la vie politique, devenue avec le temps de plus en plus incompréhensible, notamment pour les plus jeunes de nos concitoyens."

et puis ensuite

"En France, où nous sommes aujourd'hui à la pointe de la rigueur et de la modernité"

conclusion: la pointe de la rigueur et de la modernité en matière de financement de la vie politique, c'est de réussir à créer un système opaque, incompréhensible, et loin des jeunes...

Bon: pour finir, un peu d'auto-promo sur le thème "La Fin de Satan" www.zocradio.info/spip.ph...

11. Le jeudi 19 juillet 2007 à 15:08 par Rom1

@francois
Faire appel à la "générosité [...] des budgets publics" devait être illicite avant les lois de financement des partis. J'imagine que certains de ces "usages apparus au fil du temps" étaient illégaux même avant 1995.

Encore plus que la générosité (désintéressée) des entreprises, j'aime beaucoup la générosité des budgets publics. J'imagine par exemple le budget de la mairie de Paris, personnifié sous la forme d'une malette à pattes qui se promène nonchalament, se rendant à une permanence du RPR, s'ouvrant lui-même et déposant avec un grand sourire quelques liasses de billets...

Il est vrai que "la question du financement de la vie politique, devenue avec le temps de plus en plus incompréhensible, notamment pour les plus jeunes de nos concitoyens" dépasse sans doute de loin mes maigres capacités intellectuelles. Il paraît que quand on voit l'état de certains lycées d'Île de France construits il y a quelques années, on comprend mieux.
À 23 ans, je suis probablement trop stupide pour comprendre, ou alors pas assez cynique.

M. Chirac fait quand même preuve, dans cette tribune, d'une honnêteté inhabituelle chez des politiques de son calibre, comme M. Pasqua par exemple : avant de nous prendre pour des imbéciles (lire des c***), il nous prévient.

12. Le jeudi 19 juillet 2007 à 15:27 par Mouche du coche

Jacques me fait la même impression qu'en leur temps les coureurs dopés repentis du cyclisme. Et que Bernard quand, pour sa défense au sujet du trucage de Valenciennes-OM et après avoir longtemps nié, il avait consenti que tout le monde faisait comme lui...

Les parallèles entre politique et sport sont nombreux, comme entre argent et pouvoir d'ailleurs.

Il me souvient aussi qu'un chef des ventes de mon ancienne entreprise avait déclaré en séminaire, s'adressant à la piétaille de salariés : "Vous n'allez pas le croire : la direction s'est réunie et a décidé de vous dire la vérité"... Sous-entendu "pour une fois" !

Manque pas d'air, tout de même.

13. Le jeudi 19 juillet 2007 à 16:13 par GPH

Pour résumer l'actualité, est ce que le président ou le premier ministre ont le droit de griller plusieurs feu rouge en vélo libre service et en se faisait rembourser leur frais de transport sans risquer une peine de prison minimale ? :)

Merci Jacques.

14. Le jeudi 19 juillet 2007 à 16:34 par INTIME CONVICTION

L'audition a été sereine...
www.intimeconviction.com/...

15. Le jeudi 19 juillet 2007 à 16:35 par PEG

@Eolas: On est d'accord, cet article est une confession?

16. Le jeudi 19 juillet 2007 à 16:47 par dwarfpower

Cher maître, vous lancez que "le juge convoque et qu'on lui obéit"

Juste deux remarques sur lesquels j'aimerai avoir votre éclairage:
+ d'une part, comme il l'a fait dans le cas de cette même affaire lorsqu'il était président, et comme il l'a fait récemment dans le cadre de l'affaire clearstream, il peut refuser de se rendre à la convocation du juge en la contestant. Votre éclairage sur ce genre de procédure après votre présentation de la procédure public serait d'ailleurs fort instructive.
+ d'autre part, lorsque le juge fait annoncé par voie de presse qu'il va convoquer, il ne parait pas choquant de lui faire répondre par même voie qu'on se tient à sa disposition, comme notre ex Président l'a fait en juin après annonce par Le Parisien de la future convocation. A ce second propos pourriez vous un jour nous présenter les systèmes veillant au respect de la procédure par les différents intervenants ?

17. Le jeudi 19 juillet 2007 à 16:48 par Salomon Ibn Gabirol

Je pense qu'il est temps de créer, aux cotés du prix Busiris, un prix Chirac.

18. Le jeudi 19 juillet 2007 à 16:56 par Groquick

Le bruit et l'odeur des promesses qui n'engagent que ceux qui y croient ...

@ 8: je me suis posé la même question: je ne pense pas qu'on puisse le contraindre juridiquement à ne plus siéger au Conseil constitutionnel dans la mesure où il en est membre de droit à vie en application des dispositions de l'article 56 de la Constitution.
Peut-être qu'il y aurait lieu de souffler la question dans le creux de l'oreille de nos 13 sages chargés de réformer nos institutions...

19. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:01 par Paralegal

En effet cette "tribune" qui nous est offerte par Le Monde - le Figaro a du souci à se faire - dans la catégorie "Point de vue" est savoureuse, et c'est dans son intégralité qu'il faudrait l'encadrer.

Je chipote, mais je ne comprends pas bien le deuxième paragraphe. M. Chirac nous annonce dans le titre qu'il veut dire quelque chose aux Français, puis qu'il veut "éclairer, pour les Français également, la question du financement de la vie politique, devenue avec le temps de plus en plus répréhensible" (ou bien "incompréhensible" ? Je sais plus). A qui renvoie ce "également" ? Fait-il référence aux étrangers vivant en France qui paient des impôts qui financent les budgets publics ou à ceux, Français quand même, qui ne veulent pas comprendre ? Une chose est sûre, il souhaite s'adresser en particulier aux plus jeunes des Français, ces petits concitoyens décidément insensibles à l'effort (sic) accompli par les responsables politiques pour mettre fin en l'espace de quelques petites années à des usages entre amis, que voulez-vous c'est dur de perdre ses habitudes.

En fin de compte, toutes ces pratiques étaient faites dans l'intérêt général des Français -également, et toujours avec probité (n. f. : observation rigoureuse des principes de la justice et de la morale). C'est beau, j'en ai des frissons. Ce matin M. Chirac en rappelant précisément aux magistrats - des petits jeunots sans doute - ce contexte particulier, leur aura sans doute donné matière à philosopher sur les rapports entre droit, justice et morale.

De toutes façons, même si c'était pas bien, y avait pas de loi contre ça(?), na ! Le Monde nous le rappelle d'ailleurs gentiment dans la rubrique "Les Clés" juste sous l'article en page d'accueil www.lemonde.fr/web/articl... :
" Inexistantes jusqu'en 1988, les règles de financement des partis politiques ont été édifiées au fil des ans, sous la pression des affaires. Le législateur ne s'est résolu à interdire les dons des entreprises privées aux partis qu'après 1995."

Le positivisme a encore de beaux jours devant lui !

20. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:07 par Proteos

La justification des pratiques de l'époque par l'article 4 de la Constitution, c'est très très fort!!!
Faut pas manquer d'aplomb pour l'énoncer.

21. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:13 par groquick

@17: Ne l'appelez plus Chirac mais Davinain...
Je vous invite à lire, si vous ne le connaissez pas encore, l'excellent post du maître de ces lieux, intitulé "les rois du baratin"...
Vous remplacez alors le nom du quidam par Chirac...
Et à la fin, la dialogue pourrait se terminer comme suit:

Chirac: "Mon article dans le Monde est bon Hein ?
Le Peuple français: "...."

22. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:21 par groquick

Dialogue du 21 librement inspiré du post de Maître Eolas: in vino justicias

23. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:34 par potagepekinois

"cet état de fait"... C'est marrant ce n'est jamais la faute de personne. C'est l'système!

24. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:35 par Richtergould

Le prix Busiris n'est-il pas amplement mérité ?
Il me semble que la déclaration remplit tous les critères posés. A part, peut être, l'opportunisme politique.

25. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:36 par Méchante blague, bah...

""cet état de fait"... C'est marrant ce n'est jamais la faute de personne. C'est l'système!"

Au fond, Chirac était un économiste libéral qui s'ignorait

26. Le jeudi 19 juillet 2007 à 17:58 par CLS

@25
Parce que les économistes rejettent habituellement la faute sur le système?

27. Le jeudi 19 juillet 2007 à 18:17 par Vanneck

Bonjour maitre je vais faire un Hors Sujet! Sur le téléchargement! Moi je ne télécharge pas trop peur! Mais un ami m'a dit que c'était légal de s'envoyer des fichier mp3 ou vidéo par messenger?
Est-ce vrai?

Encore désolé pour le Hors sujet!

Steven.

Je vous pardonne le hirs sujet car je sais que vous me pardonnerez de ne pas vous répondre, du coup.

PS : c'est la verve de Chirac qui vous inspire ? « Je ne télécharge pas, j'ai trop peu mais j'ai un ami qui...». Trop crédible.

Eolas

28. Le jeudi 19 juillet 2007 à 18:27 par Laïkos

@bozo

Dans quels pays ? Mondes ? Planètes avez vous vu que les hommes politiques n'avaient aucun liens avec le privé ?

Pour faire de la politique, il faut de l'argent alors il faut tout faire pour en trouver légalement ou non.
Le financement public des partis politiques est récent et est le garant du verrouillage du système par les partis existants.

Après que ça soit une bonne ou une mauvaise chose, je ne sais pas...

Car dans des pays où il n'y a pas le moindre financement public comme les Etats-Unis, on ne verra jamais deux partis verrouiller le système.

Eolas

29. Le jeudi 19 juillet 2007 à 19:56 par coco

C'est tout de même accablant de penser que dans notre pays on en est encore là. Je sais bien que la corruption et les méchants existent dans tous les pays, mais là, quand on pense que Bill a failli perdre son job pour une banale histoire de parjure, et qu'on voit à l'inverse notre Chichi, jamais inquiété par la justice, se préparer une belle retraite en toute impunité, ça a un côté, comment dire... ça me tape sur le système.

Pour être plus précise, ce qui me tape sur le système, c'est la bienveillance réservée à ces comportements.

L'autre jour sur Canal (enfin, il y a plusieurs mois), Didier Wampas vient chanter "Chirac en prison". Commentaire de l'un des invités (en substance) : "c'est inconvenant de chanter cela, ça porte atteinte à la fonction présidentielle", etc.

La bienséance s'oppose donc à la libre expression du RAS-LE-BOL généré par cette impunité. Et là, moi, je craque, et je ne vois pas bien pourquoi ce qui se dit absolument partout en France, du haut en bas de l'échelle sociale, qui n'est susceptible de porter préjudice à personne sauf au principal intéressé (et pour cause), pourquoi cela ne peut pas être dit sur un grand média (Canal plus compris, en dehors des guignols, mais eux, ce sont des "guignols" justement, alors leur outrance n'ennuie personne au fond).

MARRE.

30. Le jeudi 19 juillet 2007 à 19:56 par binoute

un président qui commettrait un meutre pendant son mandat mais lequel ne serait découvert que bien plus tard serait-il couvert comme M.CHIRAC prétend l'être actuellement??

Ca dépend si le meurtre a été commis dans l'exercice de ses fonctions ou pas.

Eolas

31. Le jeudi 19 juillet 2007 à 20:03 par Nikos

C'est à se demander pourquoi Chirac a fait publier cette lettre...
C'est le genre d'aveux confus énoncés avec les joues rouges que l'on fait lorsqu'on avoue un peu honteux qu'on a volé un bonbon.

Quoiqu'il en soit, cher maître, merci de nous tenir toujours à la pointe de l'actualité et de nous permettre de rire un peu.
Il m'étonne toutes fois que dans votre florilège vous n'ayez cité cette phrase qui mérite de rester dans les anales :
"Les juges, enfin, ont secoué le système en mettant au jour des pratiques occultes auxquelles nul ne s'était vraiment intéressé avant eux."
Alors là non... si maintenant les juges se mêlent des affaires de magouilles qui ne les regardent pas où va-t-on !

32. Le jeudi 19 juillet 2007 à 20:04 par minable eolas

c'est dégueulasse vos commentaires !

qu'auriez-vous fait à sa place ? vous auriez laisser les autres faire de la politique à votre place et vous auriez abandonné la démocratie. Vous êtes minables !

ou alors vous devriez applaudir lepen qui est resté propre contre tous. Vraiment minables !

Monsieur Chirac, vous me lisez donc ?

Eolas

33. Le jeudi 19 juillet 2007 à 20:15 par coco

@ Minable Eolas : Lepen resté propre contre tous. ha, ha, ha. Vous blaguez non?

sinon il y en a un qui a été un exemple de probité, ce n'était pas Lepen, il s'appelait Jospin. Après évidemment, il avait sûrement des idées beaucoup moins bonnes que celles de Chirac :-))

34. Le jeudi 19 juillet 2007 à 20:53 par Augustissime

Et si vous étiez né à la même époque que M. Chirac, avec la noble envie de faire de la politique pour aider les gens et votre pays, qu'auriez-vous fait ? Vous auriez dessiné des affiches électorales sur des feuilles de bananier récupérées dans une décharge, avec des pigments issus de cafards écrasés ?

Certes on peut blâmer les hommes politiques de l'époque de ne pas avoir réformé plus vite, mais pas d'avoir profité des tolérances de leur époque : tenez, il y a peu de temps quelqu'un expliquait doctement que griller un feu rouge à vélo, même bourré, ne pose pas de souci, puisque c'est un délit sur lequel les policiers et procureurs sont d'une suffisante mansuétude.

On peut blâmer les hommes politiques, donc, mais il faudrait aussi blâmer les journalistes et autres commentateurs qui ont laissé faire, comme il faut blâmer aujourd'hui la coupable tolérance dont on fait preuve dans notre pays pour le favoritisme notoire qui entoure l'attribution des logements HLM ou des places de crêche.

C'est toujours plus facile de réécrire l'histoire que de la vivre.

35. Le jeudi 19 juillet 2007 à 20:57 par Vanneck

Pour ne pas faire de hors sujet, je vous donne mon adresse e-mai: b.steven7@voila.fr

Et pour Chirac, il est beaucoup mieux que sarko.

36. Le jeudi 19 juillet 2007 à 21:21 par coco

@ Augustissime :

Voilà, c'est exactement ça, vous résumez assez bien le truc.
Ici on trouve normal de piquer dans la caisse tant qu'on a aucune chance de se faire prendre. "vas-y, personne te vois".

Et c'est cette mentalité qui est insupportable (surtout quand on défend par ailleurs l'impunité zéro des djeunz-de-banlieue).

37. Le jeudi 19 juillet 2007 à 21:49 par Célia

Qu'il est bon de vous lire cher Maitre! Si mes collègues futurs ont autant d'esprit que vous, cela sera un vrai bonheur (j'en doute fort néanmoins, enfin, l'espoir fait vivre...). Quand à ce cher Jacques, les mots me manquent!

38. Le jeudi 19 juillet 2007 à 22:51 par Georges S.

Merci d'avoir attiré notre attention sur cette tribune.

Et je note le sempiternel "il n'y a pas eu enrichissement personnel"... trop simple. Revenons-en d'ailleurs à l'argumentation de Jacques: "Le bouleversement a été rendu plus irrésistible encore du fait de l'explosion des dépenses de communication et de publicité liée au développement des médias."

Alors peut-être qu'à cette époque, ceux de ses petits copains qui ont simplement continué à jouer le jeu honnêtement n'ont pas eu l'opportunité d'être élu Président de la République? Ce qui est évidemment une forme d'enrichissement personnel!

Le thème du "je me suis sacrifié au nom de la démocratie" est vraiment effarant!

39. Le jeudi 19 juillet 2007 à 23:42 par dwarfpower

Quand un politique dit qu'il n'etait au courant de rien que c'est les autres on se fout de sa gueule
quand un politique dit que c'est pour la politique qu'il ne s'est pas enrichi on se fout de sa gueule
quand un politique se fait construire un mur onse fout de sa gueule
quand il dit que c'etait avant mais que c'est fini idem
quand il conteste la competence du juge on crie au scandale

Mais que veut on a la fin ? sur la base des faits tels qu'ils sont il y a quatre position, nier l'existance des faits, essayer de les faire porter a quelqu'un d'autre, plomber la procedure ou celui qui la mene ou assumer et expliquer ses motivation. Maitre eolas en tant qu'aviocat, lorsque vous defendez quelqu'un ne choisices vous pas entre ces options ? Chirac semble pour l'instant lors de ce texte avoir choisi la derniere option. C'est la seule qui peut etre sincere, meme si il est loin d'etre sur qu'elle le sera, mais au moins accordez lui cela.

40. Le vendredi 20 juillet 2007 à 00:41 par LDiCesare

Il y a des perles:
"des pratiques occultes auxquelles nul ne s'était vraiment intéressé avant [les juges]" c'est joli, on se demande pourquoi ils s'intéressent à des trucs pareils, tiens.
"les usages anciens." Poète avec ça.

Une petite remarque sur des commentaires et sur l'article qui dit que, "avec probité et dans le souci de l'intérêt général", on peut faire des choses que les juges trouvent interessant. La mentalité correspondante est assez bien décrite ici: members.shaw.ca/jeanaltem... (en anglais). En résumé, le respect de l'autorité et des lois s'accompagne parfois d'une tendance à accepter que le récipiendaire de l'autorité s'affranchisse des lois, et les conséquences d'un tel comportement font peur. Notre ancien président me semble par son article s'adresser à tous ceux qui veulent le croire innocent, ou à défaut, justifié dans son action. Il ne s'adresse pas à la raison de ses lecteurs, mais cherche juste à leur donner des références leur permettant de se justifier au café du commerce. Si c'est un article de la constitution qui justifie tous ces financements, alors où est le mal, se dira celui qui n'a jamais lu cet article.

41. Le vendredi 20 juillet 2007 à 02:30 par julien

bonsoir,

alors, pour prendre le contre pied de la majorite des commentaires tout en ayant la meme mauvaise foi:

et Mitterrand, qui a entretenu sa maitresse et sa Mazarine avec nos impots ? un appart dans le 7e avec vue sur la Seine pendant 14 ans, combien ca coute ? (C)JPP

voila, ca, c'est fait.


ensuite je serai curieux de savoir combien de bien-pensants qui critiquent si vertement ont lu le Prince
(je sais, faire reference a Machiavel ca ne va pas arranger mon cas, mais au point ou j'en suis) pensez-y pour Paris-plage, comme ca d'ici que le milieu (de la politique) devienne vertueux au moins vous ne serez plus surpris

jeter l'anatheme sur un politique, en oubliant tous les autres qui ont profite/agit de la meme maniere a la meme epoque c'est stupide et ne fait que demontrer sa mauvaise foi partisane rien de plus

comme je l'ai lu la sanction doit etre automatique et pour tous sinon ca ne sert pas a grand chose (et vaudrait mieux agrandir le quartier VIP dans ce cas)

sans compter que le Premier a avoir voulu mettre un des symboles de la Republique (le President) en taule c'etait le pen, un grand democrate, alors reprendre ses idees comme ca... on se demande jusqu'ou ca peut aller.. la competition s'annonce rude, dans ce domaine Sarko a du mouron a se faire.

sous cet eclairage, je comprend mieux le niveau de la derniere presidentielle, on a jamais que les candidats qu'on merite.

bref, autres temps, autres moeurs.
julien.

PS: et comprendre n'implique pas necessairement cautionner

42. Le vendredi 20 juillet 2007 à 09:55 par Confrère


Est-ce la nostalgie de la Révolution qui vous pousse ainsi à vouloir la tête du Roi déchu ?

43. Le vendredi 20 juillet 2007 à 11:53 par Paralegal

@julien#41 : Il me semble, sauf erreur ou mauvaise foi de ma part, qu'aucun des quarante premiers commentaires "tape" sur un parti en particulier, ou nie le fait que ces pratiques de financement aient pu concerner les grands partis voire des plus petits à un moment ou à un autre.

Mais lorsqu'on est un ex-Président de la République redevenu un citoyen Français - également (ah, je ne m'en lasse pas !) comme les autres, auditionné comme témoin assisté dans une telle affaire, et qu'on décide de l'ouvrir en une d'un quotidien largement diffusé pour évoquer avec grandiloquence et sans vergogne la probité et l'intérêt général, il faut raisonnablement s'attendre à des commentaires.

44. Le vendredi 20 juillet 2007 à 11:56 par Le Chevalier Bayard

Au delà de la nature "abracadabrantesque", pour reprendre poétiquement l'expression rimbaldienne à la situation de Jacques Chirac - ex-président et premier aussi de la Vème République à être "convoqué" par ses juges en tant que témoin assisté - c'est la pédagogie d'opinion orchestrée, concomitamment et par voie de presse, comme première ligne de défense par des avocats virtuoses et nouveaux maîtres de la mise en scène communicationnelle qui donne la mesure de cette affaire.

En effet, l'argument du contexte historique marqué par des moeurs politico-financières déviants et généralisés dans l'ensemble de la classe politique, permet de désamorcer dans l'opinion publique, d'une certaine manière, la responsabilité de l'ancien chef de l'Etat alors même que la première loi sur le financement des partis politiques date de 1988 et trois autres votées pour le ex-RPR.

Cela étant, la véritable question que l'on doit se poser est celle de savoir si la prétendue indépendance des juges se normalise entre sphère politique et sphère judiciaire ?

En effet, même si l'on peut constater une évolution de la montée en puissance de certains juges, la justice continue d'être instrumentalisée.

Jacques Chirac est constitutionellement un justiciable plus que les autres.

Pour autant, peut-on croire un seul instant qu'il est devenu un justiciable comme les autres ?

Pour s'en convaincre il suffit de constater le "sur-mesure" du traitement accordé : convocation des juges ou invitation de Jacques Chirac ?

La "dada théorie baudrillarde" ou "la théorie des jeux" dans le champ politique et judiciaire servent les mêmes intérêts !

Rappelons, en substance, que le procureur de la République du TGI de Nanterre - M. Phillipe Courroye - qui sera chargé du dossier a été nommé par le gouvernement de Jacques Chirac !

45. Le vendredi 20 juillet 2007 à 13:50 par politic_delux

Comme indiqué aussi chez Versac, je m'étonne que l'on puisse préférer le foutage de gueule (Hue et le muguet, Le Pen et les héritages, le PS et les bureaux d'études) à un brin de sincérité.
Comme quoi, les français préféreront toujours se voiler la face et, fidèles à Tartuffe, faire semblant de découvrir des turpitudes que tout le monde connait et a accepté pendant des décennies...

46. Le vendredi 20 juillet 2007 à 15:45 par francis

politicdelux dit...

"les français préféreront toujours se voiler la face et, fidèles à Tartuffe, faire semblant de découvrir des turpitudes que tout le monde connait et a accepté pendant des décennies..."

militant politique depuis 25 ans, je n'ai jamais connu ni toléré de turpitudes, de financement occulte...
pour gagner une élection, , les apparitions dans les médias sont gratuites, quelques meetings avec des bénévoles peu coûteux... c'est un peu facile de dire "j'avais besoin d'argent, alors j'ai détourné celui que je voyais passer"... des milliers d'employés ont fait de la tôle pour ce motif précis...
la morale que j'ai apprise et transmise à mes enfants...est plutôt:
si je n'ai pas les moyens, je ne fais pas.... if you don' t pay, don't play...
d'autant que le R... donnait le mauvaos exemple en matière d'inflation de dépenses: affiches, colleurs rémunérés...je ne suis pas certain que notre démocratie y aie gagné...

47. Le vendredi 20 juillet 2007 à 17:57 par Stellar

J'avoue que cette tribune m'a un peu estomaqué. Quel aplomb! Est-ce qu'il croit ce qui est écrit ou nous prend pour des c..?

D'un autre côté, pourquoi se gêner quand on voit les scores électoraux de P. Balkany : ses électeurs semblent ne prêter qu'une importance toute relative à la moralité publique (peut-être ont-ils tous lu "le prince"?).

Je ne vois pas d'acharnement dans les réactions d'indignation face à l'arrogance montrée par J. Chirac, et je n'accepte pas plus les infractions commises par d'autres hommes politiques ou partis. J'avais ainsi été outré par l'attitude d'H Emmanuelli à l'époque de l'affaire Urba (lui aussi avait invoqué entre autres choses l'absence d'enrichissement personnel).

48. Le vendredi 20 juillet 2007 à 18:47 par Ep Grobert

La réaction des politiques face à la justice est souvent surprenante.
J'interrogeais récemment un élu, maire, à propos d'une affaire où les juges de l'ordre administratif avaient annulé un permis de construire établi en violation du code de l'urbanisme. Le dossier avait suivi tout le parcours judiciaire, jusqu'au conseil d'Etat. Cette annulation avait ruiné de facto le projet de construction d'un gros équipement sportif déclenchant un grand bruit (régional, voire un peu plus).

Ce maire nous a froidement expliqué (je cite) "qu'il trouvait exhorbitant qu'un juge puisse annuler une décision prise par le pouvoir politique".

Les bras m'en tombent.

49. Le dimanche 22 juillet 2007 à 22:46 par francois desouche

Quand Chirac dit qu'il y avait moins de droit sur le financement des partis politiques jusqu'à la 1ère loi de 1988 et celle de 1995, croit-il que nous avons oublié qu'il était 1er ministre en 1974 et 1986 et que celui qui faisait la loi à l'époque, c'était lui ?

50. Le mercredi 25 juillet 2007 à 00:16 par Fachocentriste

C'est rigolo, ce type est sans doute notre premier chef d'Etat depuis bien longtemps à ne pas avoir de sang sur les mains, et c'est celui qui gardera l'image du plus malhonnête. Je suis loin d'être un fan du gars, mais je trouve quand même ça un peu injuste.

Chirac n'aura été inconstant et malhonnête que sur l'accessoire, et a su rester constant et honnête sur ce qu'il y avait d'essentiel dans ses convictions. Lesdites convictions étaient pour les unes généreuses et de gauche - peine de mort, guerre en Irak - les autres débiles et de gauche aussi - excuses à répétition pour tous les malheurs de la terre, anti-libéralisme, étatisme, etc.

Finalement ce que je lui reproche le plus est d'avoir été, globalement quand même, un crétin superficiel. Mais certainement pas ses petits tours de passe-passe comptables.

51. Le vendredi 27 juillet 2007 à 00:58 par Vulgus pecum

@50 ..."je ne lui reproche... certainement pas ses petits tours de passe-passe comptables".

...dans un pays qui compte plusieurs millions de chômeurs, un nombre grandissant de RMistes, de sans-abris, de ménages qui survivent à la limite du seuil de pauvreté,...

Mais c'est vrai qu'il a fait beaucoup pour "l'essentiel" !

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