Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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La séquence du spectateur

Je suis enseveli sous les mails qui me signalent un documentaire ce soir sur France 3 alors oui, je le relaie ! Ce soir, à 20H55, France 3 diffuse un documentaire de Dominique Lenglart intitulé "Avocats d'Urgence", qui parle du concours de la Conférence du stage et du quotidien des secrétaires une fois élus. Je ne pourrai hélas le voir (tout enregistrement sous format informatique bienvenu).

Vous pouvez voir une bande annonce sur le site de France 3, et le document a l'air intéressant, notamment car ils ont obtenu l'autorisation d'aller filmer à l'Hotel Dieu, aux urgences médico judiciaires, dites le Cusco, du nom de la salle où se trouve ce service.

Un bref commentaire sur la bande annonce : le premier monsieur qui apparaît est procureur de la République (substitut, en fait). Il reçoit les personnes déférées et décide au cours d'un bref entretien que l'on voit ici soit de les citer immédiatement devant le tribunal correctionnel en comparution immédiate, soit d'ouvrir une instruction judiciaire, ou de le renvoyer sur une voie plus classique et plus lente . Devant lui, le déféré devient prévenu et il a enfin droit à ce qu'un avocat consulte son dossier. Cela fait généralement 48 heures qu'il a été arrêté. Les droits de la défense ont encore des progrès à faire.

Ensuite, la charmante jeune femme au vocabulaire choisi et précis, est Clotilde Lepetit, conquième secrétaire de la promotion 2006, avocate commise d'office qui prépare soit une comparution immédiate (mais elle ne se trouve pas dans les bureaux habituels) soit une mise en examen (même remarque que précédemment, on devrait faire venir la télé plus souvent).

Les pieds en robe marchent dans la cour du mai du palais. Ils se dirigent des grilles du boulevard du palais vers les marches qui mènent à la galerie Marchande ; au fond, on aperçoit le greffe de la Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infraction. Un peu plus loin, c'est la Buvette du palais...

La dame à la 22e seconde, celle qui n'aime visiblement pas les stupéfiants, est un autre procureur, à l'audience de la 23e, celle qui juge les comparutions immédiates. Elle est en train de requérir.

En voix off, une avocate essaye de négocier avec les gendarmes une cigarette pour son client, en état de manque et qui se prépare à passer devant le tribunal. Refus catégorique du gendarme (qui respecte le règlement, je ne lui en tiens aucune rigueur) : c'est interdit, loi Evin. C'est pour son bien, en fait. Ca change tout.

Le traveling dans la cour du mai continue : voici les escaliers. A droite, la voûte mène à la buvette.

38e seconde : retour au procureur, qui rappelle ici que la diplomatie, c'est par l'ENA, pas par l'ENM.

40e : une autre avocate commise d'office. Ne vous méprenez pas sur ses propos. Elle n'espère pas que son client va pleurer pour attendrir les juges (ça ne marche pas à la 23e...) mais un client roide et stoïque donne une image d'absence de remords, et quand c'est de retour au dépôt qu'il fond en larmes, on enrage un peu de cette fierté mal placée qui dessert le prévenu.

48e : le prévenu n'étant plus au secret comme lors de la garde à vue, c'est à l'avocat commis d'office qu'il appartient souvent de prévenir les proches, la famille, surtout pour qu'ils viennent sans délai avec des pièces utiles. Souvent, quand le prévenu est étranger, on se prend cette petite claque : "Non, à Paris, j'ai personne". Et là, on pense en son for intérieur à la chance que l'on a d'avoir quelqu'un quelque part qui nous attend. Je parierais mon épitoge que c'est exactement ce que se dit le confrère à ce moment.

55e : Mon confrère Ambroise Liard, huitième secrétaire de la promotion 2006, plaide. Son client est libre, et est assis devant lui. Il doit s'agir d'une personne ayant refusé d'être jugé en comparution immédiate et qui a obtenu de ne pas être maintenue en détention pendant le délai qu'elle a sollicité. C'est donc probablement une audience de renvoi, où les secrétaires de la conférence ont le monopole des commissions d'office, monopole qui n'est pas absolu toutefois en fonction des disponibilité des la dirty dozen.

1'08" : Mon confrère Jean-Yves Leborgne, excellent avocat pénaliste, qui dit que le discours est une arme, et notre seule arme. En l'espèce, lui est tireur d'élite. Il faut l'entendre plaider un jour dans sa vie.

1'11" : Le Pont Au Change, avec à gauche le tribunal de Commerce, Quai de Corse et à droite, le palais, avec la tour de l'Horloge qui fait l'angle.

1'17" : Mon confrère Ambroise Liard qui enfile sa robe. Notez l'épitoge herminée, signe distinctif des secrétaires de la conférence.

1'30" : Salle haute de la bibliothèque de l'ordre, les impétrants au concours de la conf' se préparent à le passer. Un très grand moment d'angoisse.

S'ensuivent quelques discours de candidats.

Si vous voulez réviser ce qu'est la Conférence, c'est ici.


[Spoiler Alert] : Aurélie Cerceau est neuvième secrétaire de la conférence 2007.

Commentaires

1. Le lundi 8 octobre 2007 à 18:22 par hungarian fear

Dites, Eolas, petite question : quelles sont les plus belles étincelles de plaidoirie d'avocat que vous ayez eu l'occasion de contempler (mis à part les vôtres, dont je ne doute pas qu'elles équivalent à une usine sidérurgique entière) ? Me Leclerc, Le Borgne, Pelletier ?..


2. Le lundi 8 octobre 2007 à 18:59 par Salomon Ibn Gabirol

Spoiler: Florent Loyseau de Grandmaison, qu'on voit vers la fin de la bande-annonce, repeter son texte seul face a l'une des fenetres du couloir de la Bib' du Palais, est sixieme secretaire de la Conf' 2007. J'ai toujours du mal a croire que je le connais PERSONNELLEMENT (on etait en stage ensemble il y a longtemps....).

Les secretaires, apres les X-Men, sont mes superheros preferés.

3. Le lundi 8 octobre 2007 à 19:01 par oxil

pas de liens pour réviser ce qu'est la conférence =/
j'essaierai de voir ce docu, ca peut etre pas mal

4. Le lundi 8 octobre 2007 à 19:08 par villiv

je vais tenter un commentaire qui pourrait être entendu lors d'une Berryer (organisée par les secrétaires de la Conférence, elle aussi, car ils organisent plein de trucs comme chacun le sait...)

et ce commentaire serait :

"
Bien sûr, Monsieur l'impétrant... Eolas c'est ça...?

vous profitez d'être "écouté" pour vous permettre des fautes d'orthographe à l'oral ...

c'est petit ?!!

hé, oui, malgré mon age avancé, je l'ai bien entendu... cette faute...

N'avez vous pas dit "Clotilde Lepetit, conquième secrétaire de la promotion 2006"... ??

si si.. et j'y répondrais de la sorte : bah bien-sûr, Môssieur Eolas, et pourquoi pas "F Fillon, Premier sinistre de la France"...

Non, Eolas, je vous le dis, les fautes d'orthographe à l'oral, ça ne passe pas mieux qu'à l'écrit ... le preuve
".


Sincèrement désolé de ce brin d'humour, mais j'en ai besoin avant mes vacances (et je suis aussi désolé d'attaquer les ptites fautes rigolotes car je sais que j'en commets, et heureusement d'ailleurs car sinon ça voudrait dire que je ne suis pas français et/ou pas humain..., et je sais aussi que certains commentaires destinés à relever uniquement -et "méchamment"- certaines fautes complexes "m'insupporte" au plus haut point... donc comprenez bien, SVP, que tel n'est pas mon propos... surtout pour une telle chtite faute qui m'a permis de reprendre une bonne vieille expression d'un humoriste que j'apprécie toujours)

5. Le lundi 8 octobre 2007 à 19:11 par Marie

Si vous voulez réviser ce qu'est la Conférence, c'est ici.

Oui mais où est ici??

6. Le lundi 8 octobre 2007 à 19:21 par Greg

"Ici", c'est là : laconference.net/

7. Le lundi 8 octobre 2007 à 19:27 par Salomon Ibn Gabirol (HS - Rugby)

Toutes mes confuses de mettre ca ici, mais ca vaut le coup.

www.dailymotion.com/relev...

8. Le lundi 8 octobre 2007 à 20:05 par Etudiant en Droit

Merci maître sinon j'aurai zappé ça, d'autant plus que ça à l'air intéressant et cela change des autres reportages sur les magistrats ou commissariats.
La rhétorique ça me rappel Cicéron en IHVH: "Arma togae cedant" je crois...
Oui, j'ai déjà vu maître Leborgne plaider et c'est impressionant!
Et vous avez vous déjà participé ou comptez-vous le faire?
(Je vais essayer de l'enregistrer numériquement, dis bien essayer.)

9. Le lundi 8 octobre 2007 à 20:15 par Le Petit Nico

Hop . Mon enregisteur club-internet est programmé de ce pas , me reste plus qu'a trouver un moyen de vous faire parvenir ca . Je pense que Free devrait etre le mieux , non ?

Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand)

10. Le lundi 8 octobre 2007 à 21:42 par Polydamas

Ça fait plaisir de voir toutes les têtes de la Conférence Berryer, les anciens et les nouveaux.

@ Eolas:
Pas le temps de regarder ça ce soir, Maitre, je compte sur vous.

J'oubliais, comme beaucoup, Aurélie Cerceau cherche absolument à briser votre anonymat...

@ Hungarian Fear:
Vous devriez trouver quelques réparties sur le blog des chroniques judiciaires, et notamment, ici:
prdchroniques.blog.lemond...

11. Le lundi 8 octobre 2007 à 21:50 par Anacharsis Cloots

A nous tous ont va faire péter l'audience !

En tout cas je ne regrette pas que mon lurkage assidu de ce blog m'ait violemment incitée à regarder ce passionnant documentaire.

Pour ça, pour tout, merci Maître Eolas.

12. Le lundi 8 octobre 2007 à 21:59 par Jussara

Completely off-topic: quelle n'a été m'a surprise de découvrir que vous Maître, êtes très connu au nord de la Manche, vers la Mer du Nord. N'ayant pas lu la génèse de ce blog ni si l'explication s'y trouve quelque part, je (re-)crée une histoire.
Me voici donc "grièvement atteinte par la blogosphère-blogospace", encore plus que d'habitude (aux yeux de mon compagnon), vu que j'ai trouvé quelques références "bloguesques" et "toilesques" en faisant du tourisme le temps d'un week-end - j'aurais pu ne rien lui dire et tout garder pour moi, mais l'envie de partager mes délires web-technicos-quelque-chose ont parlé plus fort.
C'était l'Information, cher Eolas.
Et les plaques d'immatriculation in real life - i r l.
Nous sommes cernés, toujours connectés partout même sans ordinateur.
Cheers!

13. Le lundi 8 octobre 2007 à 22:51 par rutrapio

j'ai trouvé cette émission magnifique, ce passage de la conférence aux permanence et inversement.

je ne savais pas comment tout cela se passait, maintenant je rêve d'y plonger.

14. Le lundi 8 octobre 2007 à 22:55 par Greg

Du peu que j'ai vu, il me semble que si l'importance des comparutions immédiates est bien retranscrite, le côté "code rouge" l'est déjà nettement moins.

15. Le lundi 8 octobre 2007 à 22:56 par féfé

Ils auraient pu parler de la berryer, tout de même !

16. Le lundi 8 octobre 2007 à 23:23 par Elhana

Selon Badingter : Plaider, c'est plaire, émouvoir et convaincre. Eh bien en écoutant un très court extrait de la plaidoirie sur le droit à l'oubli d'une avocate en hommage à Simone Veil, j'ai eu un pincement au coeur. et à la fin, en écoutant la fameuse Aurélie plaider sur le masque à tomber ou non, j'ai failli pleurer. pourtant ces deux extraits n'ont duré que très peu de temps. Mais je suis bon public...
C'était beau et j'espère un jour égaler ces grands artistes...

en revanche, j'ai plutôt retenu un rire devant la déconvenue de la pauvre dame affectée à la défense d'un homme qui a changé de version au cours du procès, juste après sa plaidoirie... J'avais l'impression qu'on allait entendre Sire Eolas en voix off nous rappeler son amour des pipeauteurs!

17. Le lundi 8 octobre 2007 à 23:32 par Simon C.

13 :« j'ai trouvé cette émission magnifique, ce passage de la conférence aux permanence et inversement.»

Oui, c'est dû au montage, c'est fait pour retenir l'attention.

Il y a eu deux plans de coupe sur le public, malheureusement très rapides, où j'ai cru voir le maître des lieux.

( D'autres croient bien voir le gros minet... ).

Plus sérieusement, nombre des moments filmés par le documentaire m'auraient semblés obscurs sans la lecture de ce blog.

18. Le lundi 8 octobre 2007 à 23:39 par Emmanuelle Colombani

Superbe émission que j'aurais assurément ratée si je ne m'étais point fourvoyée dans vos pages en fin de journée car je ne regarde jamais la télé -en dehors du rugby- c'est un principe ... comme quoi, les principes, quelquefois, il faut s'asseoir dessus !
Merci une nouvelle fois

19. Le lundi 8 octobre 2007 à 23:42 par Agnes

@ Le petit Nico,

Si vous reussissez a envoyer le documentaire a Me Eolas, pourriez vous egalement me l'envoyer si cela ne vous derange pas, j'aimerais le voir mais je n'habite pas en France... Merci! (a.m.bizard@lse.ac.uk)

20. Le mardi 9 octobre 2007 à 00:23 par Jean

Super @ Le petit Nico

J'ai bien tenté de le faire mais ça plantait.... raaarghhh lovely heu non l'ordi...

Enfin si vous l'envoyez par free dl... peut-être pourriez vous poster le lien ici??? Merci!

21. Le mardi 9 octobre 2007 à 00:48 par Dom Lenglart

Cher maître,
merci d'avoir annoncé mon documentaire dans vos colonnes, c' est un grand honneur.
Quand vous aurez vu l'ensemble du programme d'une duré de 110 minutes nous pourrons parler sur le fond du dossier.
Je tiens a vous préciser que dans le "vrai" film tous les personnages sont situés avec précision dans le contexte ou ils interviennent.
Les petites "erreurs" que vous soulevez sont le fait du montage de la bande annonce. En télé on dit : "Teaser".
1'30 pour juger un film de 110' cela me rappelle étrangement les comparutions immédiates, peut être une déformation professionnelle.
Si comme vous le dites:" Il faut faire venir la télé plus souvent"...Alors je vous retourne le compliment et je vous attend au montage, car il y aura un deuxième documentaire sur la conférence.

Avec tout mon respect.

22. Le mardi 9 octobre 2007 à 08:58 par tilly - telespectratrice lambda

Vu le docu sur FR3 hier soir, lu l'analyse de la bande annonce ici ce matin !
Impressionnée par les deux. Bravo, merci. Je ne connaissais jusqu'ici que le bac à sable de la Conférence : La Berryer, pour y avoir assisté une unique fois (j'ai hâte d'y retourner). Evidemment la c'est autre chose. Parmi d’autres, je n'oublierais pas la scène à Cusco de la détresse immense de cette jeune mule (?) sud-américaine. On ressent physiquement sa perdition. Bonne nouvelle que l'annonce d'un deuxième "épisode".

23. Le mardi 9 octobre 2007 à 09:06 par Ouache

Ce blog deviens un vrai repère de contrefacteurs en puissance! ;)

24. Le mardi 9 octobre 2007 à 09:20 par Eracius

J'ai regardé 1h, c'était assez intéressant, malgré les quelques moments mélodramatiques dont on se serait passé.
J'ai vraiment adoré ce concour d'éloquence où les deux dernières jeunes filles ont été assez époustouflantes à mon goût.
Sinon l'ambiance général d'une comparution était assez bien rendu (du moins c'est le genre d'ambiance que je m'attend à y ressentir) avec ses moments de grandes tentions mais aussi parfois de relachement sur une petite phrase inatendue du prévenu.
Bref, pas mal du tout.

Un peu de curiosité mal placé, cher Maître, avez vous passé ce fameux concours ? plaidez vous dans ce tribunal ?
Et surtout, si oui, vous a-t-on vu passer au détour d'un couloir? (je vois déjà les fans éplucher les images :p)

25. Le mardi 9 octobre 2007 à 09:23 par Eracius

Quand je parle de moment mélodramatique, c'est à propos de quelques "effets" de réalisation pour faire monter la tension.
Bien sur, la séquence de l'Hôtel Dieu m'a ému au plus haut point ...

26. Le mardi 9 octobre 2007 à 10:21 par Au réalisateur

Bravo pour votre travail, bien filmé et très intéressant.

Quelques broutilles à corriger, cependant, car elles heurtent l'oreille du juriste maniaque.
Bien sûr, vous ne pouvez pas le deviner, et les téléspectateurs profanes n'auront certainement rien relevé. Ainsi, M. la voix-off a allègrement mélangé les termes de prévenu et d'accusé, jusqu'à affirmer que « le prévenu est accusé de...».

Nous attendons avec impatience le prochain opus.



Une autre remarque, qui n'a rien à voir cette fois avec la réalisation du film, quelle désolation de voir le représentant du ministère public avachi dans son fauteuil, tandis que son auditrice de justice se balance sur sa chaise...

27. Le mardi 9 octobre 2007 à 10:29 par Eowyn

J'ai aussi trouvé ce documentaire très instructif. La séquence de l'Hôtel Dieu est très forte; j'ignorais que les juges allaient au malade quand les malades n'allaient pas au juge. Cela me semble justice. Cependant, j'ai été assez étonnée de l'agressivité des procureurs ou plutôt de leurs substituts dans ce reportage. Il est vrai qu'ils sont souvent dans leur rôle - rappeler que non, menacer quelqu'un de mort ce n'est pas rien (et quelque soit le montant de la dette d'ailleurs). Ma question est: est-ce là le ton de tous les procureurs, ce qu'on leur demande d'être, ou bien ceux ci étaient-ils une exception?

28. Le mardi 9 octobre 2007 à 10:39 par GroM

Les +: la réalité du palais de justice, de l'hôpital, les prévenus qui mentent, qui changent de version, qui soutiennent des versions abracadabrantesques en dépit de l'évidence. Si on en croit le maître de ces lieux, c'est le lot common.

Les -: le côté mélo, avec musique appuyée; l'instance sur le côté oratoire de la profession, et l'oubli des heures passés à bosser sur le droit. Le passage que j'ai particulièrement aimé est celui où la jeune avocate brune fait requalifier une tentative d'extorsion en complicité: le commentaire dit que sa plaidoirie ne sert à rien car son client a reconnu les faits après qu'elle a plaidé que l'infraction n'était pas constituée. Mais le tribunal en a effectivement tenu compte. Donc elle n'a pas servi à rien, loin de là.

Sinon, je dois avouer avoir trouvé certains candidats au concours particulièrement mauvais (Oups, pas de noms ...) et l'insistance sur le concours lui-même un prisme déformant ...

Bon, après avoir bien craché dans la soupe, je dois reconnaître que c'était passionnant :-)

29. Le mardi 9 octobre 2007 à 10:59 par BREIZHOU

Deux observations:

Pour être un bon avocat commis d'office il semble impératif de manier avec aisance le langage de la "téci" et - par exemple - dire à son client non point "mon cher, votre affaire me paraît mal engagée" mais bien plus simplement "on est mal barr'";

Par contre lorsque l'on défend des prévenus africains il vaut mieux éviter de dire (qui plus est à deux reprises) que "la coloration du procès n'est pas bonne"!

A part ces petites remarques (plutôt amusées) j'ai été impressionnée de voir toutes ces jeunes femmes exercer ce métier pas facile avec tant de talent et de courage.



30. Le mardi 9 octobre 2007 à 11:04 par nouvouzil

Excellent également pour montrer que les juges ne sont pas des 'petits pois'.

A noter le juge qui pose la problématique de la récidive et de la réinsertion à propos d'un récidiviste qui a enfin trouvé un chemin vers l'emploi: 'on n'est pas là pour casser'.

31. Le mardi 9 octobre 2007 à 12:14 par BREIZHOU

Maître EOLAS je vous remercie de votre réponse...même si vous n'avez pas saisi mon trait d'ironie. Je suis parfaitement d'accord avec vous: bien que pas encore quadragénaire j'ai trouvé que ma jeune consoeur abusait un peu du langage "d'jeuns". De manière générale j'ai été surprise de cette apparente empathie qui semble exister (mais peut-être est-ce le fait de la présence de la caméra) entre les avocats et leurs clients. Pourtant il me semble qu'un peu de distance et de recul ne nuisent pas à la qualité d'une défense bien au contraire...

32. Le mardi 9 octobre 2007 à 12:19 par villiv

Une fois n'est pas coutume, dans ce festival de louanges, je m'inscrirais en faux...

En effet, il me semble que la vraie vie de certains avocats (les plus jeunes et donc les plus nombreux je crois?), n'est pas trop celle qui a été décrite...

Il est tout simplement est assez difficile de trouver assez de temps libre pour participer à la Conférence, "Conférence" dont le fonctionnement est assez opaque à mon sens...

Idem : il est à mon sens extrêmement intéressant de voir que certains (anciens) confrères "volontaires" peuvent participer aux permanences pénales... Toutefois, s'ils le peuvent, c'est tant mieux pour eux MAIS ce n'est pas le cas de tous... hé oui, y'en a qui adoreraient mais qui ne PEUVENT pas, avec leurs horaires notamment (il y a assez peu de participants à la Conférence finalement...).

Moi, par exemple, j'avais pas le temps... Ma première Berryer, j'y suis allé après avoir quitté la profession (bah oui, rdv avant 20H c'est chô comme on disait ??!!)...

Et puis, autre exemple : j'avais pas envie d'avoir des clients perso, mais c'était tant mieux car, même si j'avais voulu, j'aurais pas eu, en pratique, cette possibilité (ni le temps, ni salle de réunion d'ailleurs...).

Quand je vous dis que la plupart sont des salariés de fait, ce n'est pas une blague (là, en effet, j'ai laissé mon sens de l'humour et mon ironie dont j'ai pu faire preuve ici même).

Voila... et si vous en voulez encore, assistez, comme je l'ai déjà indiqué, aux colonnes de Déonto lors desquelles le membre du Conseil de l'Ordre ou un AMCO vous indiquera qu'ils connaissent la situation assez délicate du jeune Barreau mais qu'il n'y a rien de figé et qu'ils n'attendent que des volontaires pour que ça change (en gros...??!! et c'est pour les plus optimistes)...

Désolé, mais j'avais à nouveau envie d'évoquer ces vérités-là, qui n'ont pas du tout transparu (tiens, ça se dit bien comme ça, ça ??) dans le reportage ...

Et merci... donc, de cette possibilité...

33. Le mardi 9 octobre 2007 à 12:46 par henrihirt

Très intéressant, en effet et bien monté (le documentaire !Pardon pour cette précision pour certains futiles mais utile à ma relecture).
Cela vient quelque peu redorer le blason de ces "petits princes du Barreau" qui, ces derniers temps, s'étaient plutôt fait connaître par leurs frasques dispendieuses et ostensibles, causant l'ire de bon nombre de Confrères.
Serait-ce une "opérations séduction" du Bâtonnier ?

34. Le mardi 9 octobre 2007 à 12:57 par Alex K

Pour ma part je tiens à adresser mes sincères félicitations au réalisateur de ce documentaire qui sonne particulièrement juste et comporte en définitive très peu d'erreurs.

Il est excellent de rendre le monde judiciaire moins opaque, et des émissions de cette qualité y contribuent de manière heureuse.

J'ai constaté avec surprise qu'un grand nombre de gens est passionné par le monde judiciaire et ses rouages.

Le blog est toujours aussi passionnant et j'y reviens avec plaisir pour la qualité tant de l'auteur que des contributeurs.



Combien de fois des amis ne m'ont -ils pas demandé pour la nième fois de leur expliquer la différence entre un procureur, un juge du siège, un magistrat, un juge d'instruction...

35. Le mardi 9 octobre 2007 à 13:44 par Le Petit Nico

J'ai bien enregistré la vidéo avec l'enregistreur numérique de club-internet , je cherche rapidemment une solution pour la transferer vers mon ordi puis vers free ...

Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand)

Ps : Si quelqu'un savait comment me faire gagner du temps pour se faire ...
Kiforever@hotmail.com

36. Le mardi 9 octobre 2007 à 14:51 par Lou

Lettre à ma fille,
Ma chère petite, il y a trois ans, à ta naissance, j'ai rangé une robe de couleur noire, bien décidée que j'étais à mettre fin à des années d'esclavagisme moderne dont j'étais victime dans les locaux de mon "employeur".
Je ne l'ai pas soigneusement rangée, non, je l'ai fourrée, rageuse, dans un quelconque recoin d'un placard dont j'ai jeté la clé.
Et, laissant libre cours à mon instinct de maternité et mon envie farouche de faire dans l'"utile", je suis devenue professeur des écoles, instit, quoi !
Mais devant l'émission d'hier, j'ai pleuré, j'ai paniqué, j'ai regretté aussi.
J'ai regretté l'avocate en devenir que j'étais, la petite provinciale entrée au Barreau de Paris avec mention Très Bien, félicitée par ses pairs pour ses qualités prometteuses.
Cette jeune avocate, Clotilde, m'a renvoyé ma propre image.
Elle aussi a douté, elle aussi est passé par cette digne profession de prof.
Mais, elle, est revenue vers son premier amour, et avec quel brio !
Alors, oui je suis disponible pour toi, ma fille, et pour ton frère qui arrive...Mais comme je suis femme autant que mère alors permets-moi d'avouer qu'il y a des jours où je ressortirais bien la robe du placard.

37. Le mardi 9 octobre 2007 à 15:11 par pseudo

et moi je rage de ne pas avoir pu voir le documentaire ou en tous les cas l'enregistrer. grrrrrrrrrrrrrrrrrr
bon sang de bon sang de bon sang

38. Le mardi 9 octobre 2007 à 15:13 par pseudo

et j'enraaaaaaaaaage encore :-(

39. Le mardi 9 octobre 2007 à 15:51 par Landi

Personnellement je trouve scandaleux ce système donnant priorité aux secrétaires pour avoir les commisions d'office : on est bien loin de la notion d'égalité entre avocats. Tout le monde n'a pas forcément envie de participer à ce type d'exercices.
Je ne sais pas si c'est un avantage propre à la conférence du stage à Paris mais dans le barreau ou je suis je n'ai pas entendu parler de telles méthodes.

Résultat, comme le montre ce reportage, l'intérêt principal des candidats dans la participation à la conférence du stage n'est pas un respect de traditions ou une participation à un évènement "folklorique", mais uniquement la recherche d'un avantage.
Et cet avantage, il est avant tout financier, je comprends bien que cela soit un excellent moyen de former au pénal, mais quand on est jeune avocat c'est aussi un bon moyen de mettre du beurre dans les épinards comme on dit, et le reportage montrait bien que certains avaient plutot les dents longues.

Bref, si certains trouvent du plaisir à y participer pourquoi pas, en revanche octroyer un avantage par rapport à ceux qui n'y participent pas me choque.

Un élève-avocat.

40. Le mardi 9 octobre 2007 à 15:54 par Le Petit Nico

Il repasse dans la nuit de mardi a mercredi à 2h20 du mat sur France 3 .
Si je n'arrive toujours pas a transferer la video que j'ai deja enregistrée avec la club box , je le reeregistrerais directement en streaming .

Je ne sais pas si le site est accessible à tous mais le neuf (que je déteste , donc je ne tente pas de faire leur promo !) propose un acces aux chaines de la TNT donc aussi de France 3 ici :
tvsurpc.neuf.fr

Bon , je continue à harceler google de requetes pour trouver un moyen de transferer ce fichu reportage .

Le Petit Nico

41. Le mardi 9 octobre 2007 à 16:07 par hub

@Landi39

Je ne suis pas avocat et ne prêche donc pas pour une quelconque chapelle en cette matière, mais tout le système des emplois publics en France est fondé sur les concours, et l'avocat commis d'office me semble être un emploi public (service public, rémunéré par l'Etat).

La pertinence de ce système en général mérite sans doute un débat, mais pour une fois que les épreuves du concours ont un rapport direct avec les emplois auxquels il donne accès, vous devriez plutôt vous réjouir...

42. Le mardi 9 octobre 2007 à 16:41 par Opéra


@henrihirt n° 33

oui, il semble même que cetains passages aient été coupés au montage.....

belle auto-promo, qui tente de faire oublier les trous dans la caisse de la Conf' des années précédentes, les voyages somptuaires, les soirées au stringfellow avec la CB de l'Ordre, etc...opération de com' sur france 3 avant tout, donc.

Mais bon, pour la forme du reportage, je trouve dommage de présenter les commissions d'office uniquement sous l'angle de la Conf', dont l'objet et la finalité n'est absolument pas les commissions d'office à la 23ème chambre !

D'ailleurs en 3 années de comparutions immédiates, je n'en ai jamais vu, contrairement aux procédures criminelles où ils ont le monopole.



43. Le mardi 9 octobre 2007 à 16:45 par AA

@hub

Sauf que le rapport direct est loin d'être évident, personnellement la corrélation entre d'une part la préparation pendant plusieurs jours d'une plaidoirie théatrale sur des sujets faisant appel à des notions proches de la philosophie du droit et, d'autre part, la capacité à gérer dans l'urgence un dossier pénal en étant capable de repérer immédiatement les failles de la procédure et en improvisant souvent sur la personnalité du client que l'on a à peine eu le temps de rencontrer me paraît hasardeuse.

44. Le mardi 9 octobre 2007 à 16:47 par Landi

Pour Hub

Le concours (ou examen de manière officielle), nous l'avons passé pour accéder au Centre de Formation. A partir de là, nous sommes tous égaux entre avocats, on nous le rabache suffisamment au centre de Formation, et la robe est là pour le rappeller.
De plus, en matière de commission d'office, je ne vois pas le rapport entre disserter sur "faut-il raser les murs" et le fait de bien défendre quelqu'un au pénal. Qui plus est, si la qualité d'orateur est importante dans cette profession, la qualité de juriste l'est également.

Faites une plaidoirie devant un tribunal sur le même ton que celle faite lors de la conférence du stage et vous serez au mieux ridicule, au pire pathétique.
Mais là n'est pas le but de cet exercice, ce n'est pas un concours qui est censé amener des récompenses, mais une tradition sur l'éloquence. Et on voit bien via ce reportage que les candidats actuels le font en priorité pour les récompenses qu'ils en tireront.

45. Le mardi 9 octobre 2007 à 16:49 par Thib

@39 Landi
Dans mon ancien Barreau, le concours de la conférence était obligatoire pour tous les avocats stagiaires (même ceux qui faisaient du conseil en droit fiscal), sans possibilité d'y échapper (je le sais, j'ai essayé...), sauf à ne pas remplir une obligation du stage (et donc ne pas obtenir son certificat de fin de stage).
Du coup, au premier tour, beaucoup n'étaient pas vraiment motivés, et espéraient bien se faire éliminer... (je pense qu'ainsi la qualité des prestations ne devait pas être assurée).
Par contre, il n'ouvrait la porte à aucun "privilège" particulier, comme à Paris.

46. Le mardi 9 octobre 2007 à 16:50 par Therion

J'ai manqué ce qui avait l'air d'un reportage interessant sur les avocats et la redifusion a lieu un peu tard pour que je la regarde...

J'espère que je ne manquerais pas le deuxième volet.

47. Le mardi 9 octobre 2007 à 17:19 par nounours

Je crains que ce documentaire ne donne toutefois une fausse image du travail de l'avocat. Les derniers mots du bâtonnier, qui concluent également le reportage, laissent entendre que tout le talent de l'avocat tient dans son éloquence, que c'est même là sa seule arme (c'est également, je crois, le sentiment général qui se dégage de l'émission).

Et certains seront dès lors confortés dans l'idée que les meilleurs conseils sont les plus bavards ou bien qu'il suffit d'un stage au cours Florent pour plaider efficacement sa cause.

C'est oublier malheureusement qu'il faut à l'avocat connaitre la loi, les usages et la jurisprudence de la juridiction devant laquelle il officie, qu'il gagne souvent un dossier par son analyse des pièces et qu'en définitive, il est d'avantage un homme de sciences (juridiques) qu'un homme de l'art (oratoire).

48. Le mardi 9 octobre 2007 à 17:44 par Simon C.

à Lou (36) :«je suis devenue professeur des écoles, instit, quoi !
Mais devant l'émission d'hier, j'ai pleuré, j'ai paniqué, j'ai regretté aussi.
J'ai regretté l'avocate en devenir que j'étais, la petite provinciale entrée au Barreau de Paris avec mention Très Bien, félicitée par ses pairs pour ses qualités prometteuses.
Cette jeune avocate, Clotilde, m'a renvoyé ma propre image. »

Mais non, mais non, rappelez-vous ce moment d'une plaidoirie : « ouvrir une école c'est fermer une prison ».

49. Le mardi 9 octobre 2007 à 17:49 par michel

Pour celles et ceux que ça interesse voici le lien :

programmes.france3.fr/avo...

50. Le mardi 9 octobre 2007 à 18:16 par Bébèrt

Je mets en lien les enregistrements audio que j'ai faits lors des Berryers auquelles j'ai assisté.
Je vous conseille la contre-critique de Maître Leborgne en 2004 pour vous faire une idée sur le personnage. blog.berryer.free.fr/berr...

Sinon, pour les fans de Rugby, vous avez cette Berryer où Bernard Laporte était invité : blog.berryer.free.fr/inde...

51. Le mardi 9 octobre 2007 à 18:24 par sinequanon

d'accord avec groM

le fait de comparer les avocats à des esthètes du langage capable de plaider n'importe quoi pourvu que la réthorique y soit opère à mon sens un déplacement de la profession vers le coté éloquence au détriment du droit.....ce n'est pas tres clair je sais mais je ça me choque de subordonner cette profession à un "jeu de mot".

52. Le mardi 9 octobre 2007 à 18:58 par ESPERANCE

J'aime les représentants du Parquet qui requièrent en employant le "je" pour parler du prévenu ou de l'accusé ... J'aime...

53. Le mardi 9 octobre 2007 à 19:01 par Dissident

Frachement consternant de voir des prévenus conserver la même sempiternelle attitude: je suis innocent, ce n'était pas moi, je n'étais pas là, je ne connais personne, je n'ai rien vu. Surtout lorsque les preuves sont aussi accablantes. Aucun regret, aucun aveu, uniquement un vague espoir irrationel d'échapper une énième fois à la prison - espoir qui, extraordinairement, est justifié puisque récompensé dans la majorité des cas par la remise en liberté (sursis, JAP, etc). Mais sachez bien que c'est votre dernière chance... ou l'avant-dernière. Allez donc vous inscrire à une formation, et surtout, ré-in-sé-rez-vous.

Un moment particulièrement comique lorsque des prévenus avouent bêtement devant le tribunal être des proxénètes et que le juge se contente de leur faire une légère remontrance. C'est parce qu'il aurait fallu refaire le dossier ?

Tout ce petit monde (juges, procureurs, avocats) prend son rôle très au sérieux, fier de sa procédure et de ses livres de loi, alors que nous spectateurs, nous rendons parfaitement compte de la farce tragi-comique à laquelle nous assistons.

Heureusement, les avocats ont leur "Conférence" pour se détendre de tout cela, un petit plaisir plein d'éloquence, narcissique et mélodramatique à souhait, avec son arrière-goût d'élitisme corporatiste et sa subtile promesse d'espèces sonnantes et trébuchantes.


54. Le mardi 9 octobre 2007 à 19:46 par Mélina LOUPIA

Cool, plus besoin d'acheter le programme télé, quelle profession pleine d'avantages...
Des bizettes

55. Le mardi 9 octobre 2007 à 19:47 par Alex K

@Dissident

"uniquement un vague espoir irrationel d'échapper une énième fois à la prison - espoir qui, extraordinairement, est justifié puisque récompensé dans la majorité des cas par la remise en liberté (sursis, JAP, etc)"

Alors là je peux te dire qu'en audience de comparutions immédiates les peines de prison ferme se distribuent comme des petits pains.

Cela dit si les audiences de comparution immédiate ont sans doute quelque chose de la "farce tragicomique", il n'empêche que me félicite que tout ce petit monde (juges, procureurs et avocats) ne s'assoient pas sur leurs livres de procédure pénale parce que cela reste malgré tout la garantie imparfaite d'un Etat légaliste et de droit.

Quant à la Conférence, il ya sans doute du vrai dans le côté élitiste et nombriliste que tu évoques, mais il y a tant de choses nobles aussi, alors pourquoi uniquement se focaliser sur les défauts et les travers d'une institution sans même en reconnaître les qualités?

@ tous ceux qui ne comprennent pas que les secrétaires de la Conférence puissent être à même d'assurer une bonne défense pénale, je rappelle que nombre d'illustres avocats pénalistes ont été secrétaires de la conférence.

56. Le mardi 9 octobre 2007 à 19:54 par Escualdifargo

Totalement hors sujet : Euh cher maître vous n'écoutez plus rien sur votre vélo en ce moment ou est-ce que les droits d'auteur vous ruinent ?

57. Le mardi 9 octobre 2007 à 20:08 par Ariane

Ca donne trop envie.... "Je m'voyais déjà...."... Presque Presque...

58. Le mardi 9 octobre 2007 à 20:26 par Clems

Le gosse qui avoue a la dernière minute après la demande de relaxe j'ai adoré. Finalement il a bien écouté son avocate avant l'audience mais il n'a rien compris pendant l'audience. Peut être faudrait il expliquer les mots notamment "relaxe" et conseiller de se taire après la plaidoirie.

Le povre Ambroise aussi, sa plaidoirie était trop ambitieuse alors qu'il s'en sortait bien après le réquisitoire, elle avait un arrière gout de couleuvre que l'on tente de faire passer à un magistrat qui n'a rien de débonnaire et qui dés le début l'a déstabilisé (il fallait demander le renvoi pour complément d'information mais le tribunal considérè qu'en l'état il a assez d'éléments !!, cela fait mal)

J'ai trouvé également le procureur exagérément agressif, la mauvaise coloration du dossier, c'est surtout l'univers glauque dans lequel ces jeunes vivent, pas l'extorsion miteuse à 5 €, j'ai du mal à leur en vouloir, de s'adapter à leur environnement dégueulasse.



59. Le mardi 9 octobre 2007 à 20:31 par Jean

Un pour tous et tous pour le petit Nicolas... Je n'ai pas la Club internet box... mais il faut l'aider pour qu'il le mette en ligne... Tiens nous au courant... vite!!!!!

60. Le mardi 9 octobre 2007 à 20:44 par Jean

@16: j'aime beaucoup Badinter... mais rendons à César ce qui lui appartient: c'est Cicéron qui théorise les 3 composantes de l'éloquence... Badichou n'a rien à voir la dedans.

Par ailleurs, un point sur le doc: lors d'une commission d'office la jeune femme (qui remportera ensuite à la 1re tentative la conf) se voit envoyer un "qu'es-ce que je dois faire... je dois appeler un avocat?" par le prévenu... on a vu dans les yeux de l'avocate que ça lui a fait mal. Un grand classique de la com. d'office... Elle aurait du mettre sa robe!

61. Le mardi 9 octobre 2007 à 20:50 par Jean

D'ailleurs avis au secrétaire: A QUAND LE FLUX RSS DES SEANCES DE LA CONF AVEC LES SUJETS ET LES HORAIRES???


j'ose même pas évoquer le sujet de la vidéo en ligne... tant de fois soulevé!

62. Le mardi 9 octobre 2007 à 20:55 par Csa

Beau reportage certes, mais les profanes pourraient presque penser que la profession d'avocat d'urgence ne s'exerce qu'à Paname, en la seule matière pénale.
Peut être est ce un peu dommage, voire un peu réducteur...

63. Le mardi 9 octobre 2007 à 21:00 par villiv

@lou #36

votre commentaire m'a beaucoup plu (sans rire, je le classerais bien dans ma séquence "émotion", car je l'ai vraiment apprécié)

Dans le même sens (de ce parler-vrai), cela me permet d'indiquer que lorsque vous dites " bien décidée que j'étais à mettre fin à des années d'esclavagisme moderne dont j'étais victime dans les locaux de mon "employeur", je trouve que l'on se rapproche de mon commentaire #32.

A vous de juger...

Malheureusement, je crains qu'il n'y ait pas énormément de témoignages comme les notres ici car la plupart des "esclaves" modernes, comme vous dites, travaillent ... 28Hsur24 et ne participent malheureusement pas aux blogs (même les meilleurs blog pour parler du présent "journal"...)

C'est dommage, mais c'est comme ça pour la plupart des membres du Barreau... c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles je l'ai quitté... A quand la révolution, donc... ???

(y'en a bien qui ont obtenu un Code du Travail à l'époque, alors pourquoi pas un véritable statut des collaborateurs "faux libéraux" ??)

Merci encore, en tout cas, LOU, pour votre commentaire touchant...

64. Le mardi 9 octobre 2007 à 21:00 par David

Doc très intéressant, qui nous a donné un bon sujet de conversation aujourd'hui, entre élèves-avocats (de province).

Le meilleur moment fut sans doute celui où Maître Leborgne désamorce une certaine grandiloquence (la sienne) par son rire (spontané, en regardant ses confrères), du genre je ne suis pas dupe de ma propre éloquence... C'était très sympa.

65. Le mardi 9 octobre 2007 à 23:33 par Romanis

Je n'ai malheureusement vu le reportage que par bribes et d'un oeil distrait tant je connais la promo 2006. C'était pourtant un reportage que j'attendais de longue date. Heureusement que je vais pouvoir me rattraper avec le second épisode où on voit un phénomène en action, DJ, qui se reconnaîtra si elle lit ce blog ;-)
Quelqu'un sait-il quand il sera diffusé ?

66. Le mercredi 10 octobre 2007 à 00:57 par Paralegal

Le reportage est rediffusé cette nuit à 2h20 ... c'est-à-dire dans une demi-heure ! Pour les insomniaques et/ou passionné(e)s.

67. Le mercredi 10 octobre 2007 à 01:00 par Paralegal

...hum ... Je voulais dire dans une heure et demi. Fichtre ! Pour les véritables insomniaques et/ou passionné(e)s donc.

68. Le mercredi 10 octobre 2007 à 02:35 par zadvocate

Eolas, n'étant pas inscrit à Paris les permanences et commissions d'office sont ouvertes à tous chez nous.

Personne ne s'est jamais attaqué au "monopole" des audiences de renvoi de CI ?

69. Le mercredi 10 octobre 2007 à 08:07 par Jean

Bon j'ai essayé de programmer un enregistrement sur ma box... Ca a planté!
J'attends avec impatience vos résultats!

70. Le mercredi 10 octobre 2007 à 08:32 par Romanis

@Paralegal :

En fait, je parlais de la diffusion du second épisode et non de la rediffusion du premier. Merci quand même :-)

71. Le mercredi 10 octobre 2007 à 09:03 par Future intermittente du Barreau

@ Landi et autres...
À l'origine la Conf' était le monopole des pénalistes, les cab y envoyaient leurs meilleurs poulains s'y frotter. Il est vrai que l'aspect oratoire a un peu décliné dans le travail de l'avocat, néanmoins c'est aussi le rôle des Secrétaires que de maintenir cette tradition rhétorique à travers les discours. C'est apprendre à convaincre un public, les meilleurs orateurs étant capables d'emporter l'audience dans leur histoire. Alors évidemment la Conf' est un tremplin formidable pour les jeunes avocats désireux de faire du pénal, mais c'est aussi un moyen de renouer avec une écriture et un art du discours qui se perdent. La bibliothèque du Palais reste un des seuls bastions de la résistance oratoire des avocats!
Alors oui il y a peut-être eu et il y a peut-être certains Secrétaires qui aiment s'écouter parler, et à qui le côté "people du Palais" plaît, mais parlez à certains anciens Secrétaires et vous vous rendrez compte que la majorité sont surtout là pour se faire plaisir, et convaincre que le mot discours peut toujours s'écrire avec un grand D.

72. Le mercredi 10 octobre 2007 à 10:36 par zadvocate

+1 pour notre intermittente :)

Ce genre d'exercice, qu'on appelle concours d'éloquence chez nous, permet quand même de preserver une tradition de l'oralité surtout dans notre monde ou il faut toujours aller plus vite et ou en matière civile la plaidoirie se perd alors qu'elle est tout à fait justifiée pour certaines matières.

J'y suis favorable et il faut reconnaître que certains sont bigrement doué pour cela.

Et lorsqu'on les retrouve en audience à les entendre plaider, c'est toujours plus agréable (ce qui ne signifie pas qu'ils soient automatiquement plus compétents) que d'entendre des "euh", "bah" "M'sieur le Président".

Je ne sais pas si certains ont déjà entendu plaider Jean Yves Liénard mais c'est un plaisir (même si régulièrement il ne plaide pas le dossier surtout quand il est mauvais) et en parlant de lui je pense qu'on peut trouver encore mieux. Il donnait des cours au CRFPA de Versailles et même dans ce cadre il était captivant.



73. Le mercredi 10 octobre 2007 à 11:19 par villiv

@EOLAS, suite à votre réponse sous mon commentaire #32...

Vous dites, très justement, "Ne généralisons pas à partir de nos expériences personnelles".

Nous avons effectivement déjà eu ce type de discussion, et je suis parfaitement d'accord avec vous...

Le soucis, c'est que pour ma part, je n'ai connu que des jeunes avocats dans la même situation que la mienne (aucun n'a jamais participé au concours de la Conférence, certains ne le connaissaient même pas, un peu comme moi avant d'arriver à l'EFB, où j'ai d'ailleurs plus ou moins perdu 6 mois alors que certains évitaient -judicieusement- d'aller en cours afin de faire perdurer leur stage, stage que j'ai littéralement galéré à trouver pour ma part, comme beaucoup donc..)

Bon, j'arrête là, nous avons tous nos expériences et l'essentiel est de savoir plus ou moins ce que l'on veut (je refuse de me laisser exploiter si je ne trouve aucun intérêt à cela)...

En résumé... c'était le passé et je suis heureux d'avoir échappé à tout cela désormais...

74. Le mercredi 10 octobre 2007 à 11:20 par Philoucho1

Quelqu'un aurait-il le lien vers la version longue de ce documentaire ???? J'enrage de ne pas l'avoir vu !

75. Le mercredi 10 octobre 2007 à 12:08 par Clotilde

Juste un mot pour dire à la mère de Lou combien je suis touchée par sa lettre.

Je viens d'avoir une petite fille et suis en train de vivre ces moments de doutes si bien exprimés par vous.

Lou et son frère, ont, j'en suis certaine, une maman épatante.

76. Le mercredi 10 octobre 2007 à 12:19 par Paralegal

J'ai pu voir ce reportage en rediffusion cette nuit. Je ne suis donc pas très fraîche mais ça en valait la peine, c'est le genre de programme qui vous rappelle si besoin était, ce qui vous pousse vers le métier d'avocat ou ce qui vous y maintient.

Pour ma part, je n'ai pas trouvé les interventions des candidats à la Conférence du Stage très convaincantes sur la forme - impossible d'apprécier le fond étant donné que ce sont des extraits, de surcroît très brefs : le style était en général emprunté et empesé, et certainement trop théâtrale. Mais je suppose que des années de pratique permettent d'aboutir à un style personnel éventuellement captivant et qui permette de se passer des effets de manche.

J'ai été étonnée également de voir que les sujets pouvaient être préparés plusieurs jours à l'avance. Je trouverais cela beaucoup plus équitable et héroïque si les candidats prenaient connaissance des sujets seulement une ou deux heures avant leur intervention, et munis uniquement d'une feuille, d'un stylo, et de leur cerveau pour la préparation : ils interviendraient ainsi en grande partie de façon improvisée, sans lire quasiment mot à mot un texte écrit, en ayant recours uniquement à leur imagination, à leur culture, à leur don de la rhétorique et à leur verve naturelle. (Et je ne m'explique toujours pas comment le sujet "Les libertins ont-ils le droit de prier ?" n'a pas été choisi par l'un au moins des candidats !)

Bon évidemment, c'est facile de parler quand on n'y est pas, ou pas encore …

Sinon, il me semble, mais ça devait être vers les 3 heures 30 du matin donc je peux me tromper, que la voix-off, lorsque la caméra pénètre dans la galerie des juges d'instruction, dit avec emphase quelque chose comme : "On entre maintenant dans le domaine du crime." Or, si je ne m'abuse, l'instruction peut également concerner les délits, voire très rarement les contraventions.

Enfin, j'ai été émue aussi par ce reportage, mais surtout vers le générique de fin, lorsque les jeunes avocats prêtent serment. Ca me met toujours la larme à l'œil.

Vivement le second épisode !

77. Le mercredi 10 octobre 2007 à 12:31 par Clotilde

Euh... je viens de comprendre que Lou, c'est la maman...

78. Le mercredi 10 octobre 2007 à 12:46 par Le Réalisateur

Merci de vos critiques, et remarques pertinentes.
je ne sais pas quand sera diffusé le deuxième documentaire.
Je ne manquerai pas de l'indiquer sur le blog dés qu'il sera programmé.

79. Le mercredi 10 octobre 2007 à 13:41 par mc

Le commentaire de Lou m'a touchée, moi aussi, mais différemment. Pleurer au souvenir d'une robe noire fourrée en chiffon dans un placard...

Lou a-t-elle fait le bon choix? Est-il trop tard pour en changer?

80. Le mercredi 10 octobre 2007 à 14:06 par Étudiant en droit

Bonjour,
J'ai noté dans le reportage une chose qui m'a vraiment intrigué...
En effet, à un moment un avocat plaide pour son client la relaxe fondée sur l'inexistance des éléments matériel de l'infraction, en l'espèce il s'agissait d'extorsion de fonds si je me souviens bien...
Il smble que cette argumentation ait été suivie par le Tribunal car il ne condamne pas sur ce chef.
Cependant, lors du jugement, le Président "requalifie les faits en complicité d'extorsion de fonds" et entre en voie de condamnation sur la base de cette infraction.
Il est vrai que je ne connais pas grand chose à la procédure pénale mais cette condamnation me semble assez peu conciliable avec le respect du contradictoire tel que prévu par l'article 6§1 Conv. EDH.
En effet, comment le Tribunal peut-il entrer en voie de condamnation sur la base d'une infraction qui n'a pas fait l'objet d'un débat contradictoire ?

81. Le mercredi 10 octobre 2007 à 14:07 par villiv

@mc #79, suite à la lecture des commentaires #77 et #75 et suite à mon commentaire #63 :

Nous sommes donc tous assez touchés par la Lettre de Lou...

Mais, si je puis me permettre, "mc", je ne comprends pas vos questionnements (ou du moins la première de vos 2 questions).

En effet, si le choix de Lou a été celui qu'elle a fait (et si c'était bien SON choix, et donc un véritable CHOIX), il était NATURELLEMENT LE BON CHOIX.

A mon sens, cette première question ne se pose donc pas et ne saurait se poser en ces termes... (voir également mon commentaire 73 pour de plus amples explications de ce type d'arguments... j'indique par exemple ce que je pense et précise notamment que "l'essentiel est de savoir plus ou moins ce que l'on veut (je refuse de me laisser exploiter si je ne trouve aucun intérêt à cela)...).

En revanche, la seconde pourquoi pas... mais seul le choix de Lou compte...

Merci encore, en tout cas, Lou (notamment pour ce que votre Lettre nous a permis ici même...)

Bon, sinon, sur le reportage en lui-même, on en est où déjà ?

82. Le mercredi 10 octobre 2007 à 16:03 par Chaix d'Est-Ange en culottes courtes

@ Paralegal, n° 76

La plaidoirie avec préparation n'est déjà pas un exercice facile. La plaidoirie sans préparation (ou avec seulement une à deux heures de préparation, comme vous le suggérez), ça devient réellement balaise.

Et contrairement à ce que vous croyez (et à ce que peut laisser croire le documentaire, faute de pouvoir s'épancher plus longuement sur le fonctionnement du concours de la Conférence) les patricipants au concours doivent également se soumettre à cet exercice.

Ils doivent en effet plaider à trois reprises pour avoir l'honneur de devenir secrétaire:

Le premier tour a lieu de janvier à juillet. Les sujets sont dévoilés 15 jours à l'avance, et les séances ont lieu tous les lundi. 36 candidats sont sélectionnés lors de ce premier tour.

Au deuxième tour, qui se déroule fin septembre, ces 36 candidats doivent plaider sur un sujet qui leur est dévoilé 5 heures seulement avant leur passage.

Enfin, les 24 candidats "rescapés" plaident une ultime fois sur un sujet (dévoilé 5 jours à l'avance) et une position imposés.

Le concours de la conférence n'est pas une sinécure... et ceux qui deviennent secrétaires ont de réelles qualités oratoires. Il n'y a qu'à aller à l'une des séances de la Conférence (ouvertes au public) pour s'en rendre compte.

Un bon avocat n'est pas nécessairement un ancien secrétaire de la conférence, et un ancien secrétaire n'est pas nécessairement un bon avocat. Mais c'est formateur, c'est certain.

Vous pouvez trouver toutes les informations concernant le concours de la conférence du stage sur le site de la conférence: www.laconference.net/inde...

83. Le mercredi 10 octobre 2007 à 17:02 par Bernard

En fait le blog de Maître Eolas est un feuilleton au long cours: Si mes calculs sont bons, les Secrétaires de la Conférence du documentaire ont présenté le concours au moment du billet suivant:
www.maitre-eolas.fr/2005/...

84. Le mercredi 10 octobre 2007 à 17:06 par Le réalisateur

Les deux documentaires seront diffusés dans quelques mois sur la chaine Planète, puis repris en 10X26 minutes par Planète Justice dont le lancement aura lieu fin du mois d'octobre.

Enfin j'apprends ce jour qu'une édition DVD sera disponible prochainement.




85. Le mercredi 10 octobre 2007 à 17:18 par Nom ou pseudo

@Maître Eolas.
Je fais partie de ceux qui ne sont pas très convaincus par la Conférence du Stage. Non que je me considère au-dessus des candidats et Secrétaires, je serai bien incapable d'être l'un et surtout l'autre. Je suis seulement un peu... circonspect devant le ton employé, l'emphase souvent ridicule, l'absence de vie et de conviction dans les discours, le manque de modernité...

La plupart de ceux que j'ai entendu m'ont tout sauf séduit, intéressé, amusé. C'est une des raisons pour lesquelles je n'envisage pas d'y participer. Comment réussir un exercice de style où les meilleurs n'ont pas réussi à vous convaincre, voire ont été vraiment ridicules ?

(je n'insinue aucune polémique ici sur les Secrétaires eux-mêmes)

Mais je dois dire qu'en lisant votre blog, il est toujours agréable de vous entendre en parler. Vous savez tirer l'essentiel de ce concours et le montrer sous un jour fort agréable. Vos arguments me permettent de nuancer ma position et d'inciter les autres à y participer.

Au fait, la Conférence du Stage s'appelera-t-elle juste "la Conférence" avec la disparition du Stage ?

86. Le mercredi 10 octobre 2007 à 17:28 par Paralegal

@ Maître Eolas et @ Chaix d'Est-Ange en culottes courtes :

Merci pour vos éclaircissements bienvenus et que j'eusse pu trouver en effet sur le site de la Conférence du Stage. (Bizarre, je me mets à employer le subjonctif de l'imparfait ?! Le manque de sommeil sans doute.)

Mon appréciation de la difficulté de la sélection à ce concours a sans doute été légère, je ne m'en suis pas cachée.

Il n'en reste pas moins que le deuxième tour me paraît le plus équitable parce que les candidats sont alors placés sur un pied d'égalité, avec le même temps de préparation et sans aucune aide extérieure (livres, amis ou parents, mentors, philosophes, blogs, etc.). Ne restent alors, comme je l'ai dit, que l'imagination, la rhétorique, la verve, somme toute, l'expérience et les qualités personnelles et professionnelles accumulées pour sortir du lot.

Je conçois que l'exercice est périlleux et que les candidats autant que les heureux élus sont courageux et valeureux. Je m'en rendrai d'autant mieux compte en me rendant à l'une des prochaines joutes verbales, comme vous le suggérez très justement.

J'en reviendrai assurément humble et admirative, convaincue qu'il faut être bien culotté pour oser s'attaquer à un tel défi, et bien tentée de le faire un jour prochain en espérant au moins atteindre le deuxième tour !

87. Le mercredi 10 octobre 2007 à 17:42 par Dissident

Eolas: "Vous oubliez aussi les Monsieur Prud'homme, qui depuis leur salon, devant la télé, ont tout compris à la vie et viennent ensuite nous l'expliquer. Côté éclat de rire, ça vaut bien deux ou trois conférences."

Vous pouvez vous moquer, c'est vrai que je n'y connais rien, à part ce que j'ai pu lire sur votre blog. Ce n'est que ma réaction de citoyen béotien à un univers que je n'ai jamais eu à fréquenter.

Ce documentaire, s'il reflète ce qui se passe réellement dans les cours de justice, est accablant. Quel gâchis de ressources et de temps. Le plus rageant dans tout cela est de voir des prévenus afficher une telle mauvaise foi et un tel manque de repentir face à leurs victimes, sans qu'il y ait au final de conséquence ni pour le délit (ou crime), ni pour l'attitude affichée.

Non, en fait, ce qui est pire, c'est que lorsqu'un gouvernement essaie de mettre en place une loi sur la multi-récidive pour corriger les abus les plus flagrants de ce système ubuesque, de voir procureurs et juges se liguer pour vider la loi de son sens, quand ils ne refusent pas tout simplement de l'appliquer.

88. Le mercredi 10 octobre 2007 à 18:22 par Alex K

Je me posais 2 questions par rapport à la Conférence :

1/ On entend souvent dire qu'en plus du talent oratoire, la cooptation fonctionne beaucoup dans la sélection des nouvelles promotions. Est-ce une calomnie ou une pratique avéréree?

2/ Pourquoi les secrétaires ont-ils un quaso monopole pour les RENVOIS de comparutions immédiates? (pour les commissions en matière criminelle je comprends, mais pourquoi les renvois?)

Merci

Alex

89. Le mercredi 10 octobre 2007 à 18:31 par didier Schneider

www.lemonde.fr/web/articl...

30 ans d'instruction, ce dossier a battu le record du dossier Papon.

Et le climat qui règne là bas fait naître des interrogations.

90. Le mercredi 10 octobre 2007 à 18:32 par Alex

@87: il est sans doute un peu vain de répondre à tels énormités, mais bon, reprenons le bâton de pélerin...

1/La loi sur les peines plancher autorise le juge à ne pas prononcer la peine. Donc, quand la peine minimum est écartée, le juge applique la loi, bien que cela vous déplaise (ce qui est votre droit).

2/Le bilan des peines minimales:
- au bout d'un mois: 61 personnes risquant cette peine, 42 effectivement infligées
-au bout de 2 mois: 118 peines planchers encourues, 78 prononcées.

Ce qui veut dire que quand la peine plancher est encourue, elle est prononcée deux fois sur trois, et que dans un tiers des cas le juge estime que l'application de cette loi serait inadaptée aux faits ou à la personnalité du condamné.
Personne ne peut donc prétendre que les magistrats s'affranchiraient du souhait exprimé par les représentants du peuple que la récidive soit plus sévèrement sanctionnée.

Le sujet de cette file était, je crois, un reportage de France 3.

91. Le mercredi 10 octobre 2007 à 18:37 par Dissident

Eolas: "Bon, quand vous serez décidé, faites moi signe."

Au vu de la qualité habituelle de votre prose, je ne m'attendais pas à ne recevoir comme réponse que des railleries. Tant pis.

92. Le mercredi 10 octobre 2007 à 18:57 par Dissident

@Alex: Je ne connaissais pas ces chiffres. Je ne me réjouis pas que des gens soient envoyés en prison, mais je suis au moins soulagé de voir cette loi votée par le Parlement être appliquée. Je faisais référence aux propos de Philippe Nativel, vice-procureur de Nancy, qu'Eolas a déjà commentés, et que j'avais trouvés inadmissibles.

Reste l'impression générale négative sur le fonctionnement de la justice qui se dégage de ce documentaire. Vivant en banlieue Parisienne, je ne peux que constater quotidiennement les conséquences du faible impact que la menace de la prison peut avoir sur le comportement de ces jeunes désocialisés.

93. Le mercredi 10 octobre 2007 à 18:59 par Paralegal

@ Maître Eolas sur la leçon de conjugaison du jour au # 86 :

Je me suis fais eue.

Décidément, la veillée nocturne sur France 3 a sur moi l'effet d'une drogue euphorique : en une journée je suis assez téméraire pour trouver le concours de la Conférence du Stage encore trop aisé en ses première et troisième mi-temps, et pour oser un conditionnel passé 2ème forme dont j'ignorais l'existence et le qualifier vulgairement de subjonctif de l'imparfait, de surcroît sur le terrain de Maître Eolas qui est quelque part le Bescherelle incarné.

Une bonne de nuit de sommeil me rappellera à la prudence et à la tempérance !

94. Le mercredi 10 octobre 2007 à 19:15 par Eowyn

@ 87.
Vouloir mettre tout le monde en prison pour enlever le sentiment d'impunité, pourquoi pas, quoi que le lien entre la prison et ce sentiment ne soit pas si clairement acquis que ça. Mais faire construire des prisons pour faire appliquer effectivement les peines que vous demandez, c'est mieux. Quand on est juge on a aussi un stock à gérer qu'il s'agisse de la détention provisoire comme du prononcé de la peine: actuellement il y a certaines petites peines de prison qu'il ne sert à rien de prononcer, puisqu'elles ne sont pas appliquées, faute de place en prison.
Il me semble que là est le début du sentiment d'impunité: quand vous êtes condamné à de la prison et que finalement vous n'en faites pas.
Alors dites vous que quand le législateur fait des effets d'annonce pour juger encore plus de monde, et mettre encore plus de monde en prison, ce ne sont que des effets d'annonce, parce que sans moyen, il n'y a pas de réalisation effective qui vaille.
Le problème c'est que donner des moyens à la justice rapporte moins de voix que faire passer des lois difficilement applicables.

95. Le mercredi 10 octobre 2007 à 20:25 par Alex

@92: heureux de voir que mon post ne vous laisse pas indifférent. Et d'accord avec vous pour constater que la prison ne semble plus effrayer certains, mais un avocat pourra sans doute vous parler de ces petits caïds qui encaissent une peine ferme sans faillir et s'effondrent dès la salle d'audience quittée.
Pour le reste, soyons clairs: effectivement, quand une personne est condamnée à une peine ferme de faible quantum (par exemple, 3 ou 4 mois), il y a de fortes chances pour qu'elle ne l'effectue jamais: la suroccupation des prisons conduit le Parquet à faire exécuter d'abord les peines les plus lourdes, et les grâces collectives (qui relèvent du pouvoir politique) détricotaient jusqu'ici la peine choisie par le juge. Seule la comparution imédiate débouche sur une application de la peine dans la foulée du procès.
Enfin, je crois que les peines planchers peuvent avoir un effet positif, mais dans certains domaines précis et avec des limites importantes. Par exemple, un de mes amis (substitut du procureur chargé des stupéfiants) m'a dit avoir constaté que les réseaux commençaient à prendre en compte cette loi, et donc à se réorganiser pour mieux protéger les têtes déjà condamnées...du coup, ils recrutent des plus jeunes au casier vierge et les forment au trafic.
Enfin, les moyens de la Justice ne sont pas illimités: chaque tribunal dispose d'un nombre précis de "places" en correctionnelle, et pourra donc juger par exemple 200 personnes par mois en juge unique, 50 en collégiale, et encore une cinquantaine en comparutions immédiates. Outre l'audience, il faut en effet disposer de juges, de greffiers, organiser l'audience, taper les jugements, les signifier éventuellement... Alors les procureurs doivent faire des choix, et ne poursuivre que les faits les plus graves. Pourtant, tout le monde vous dira que la nature a horreur du vide, et que quand on donne des moyens de juger à un tribunal, le nombre de procès et de jugements augmente immédiatement: il suffit de voir les petits tribunaux ruraux qui répondent fermement par de la prison, alors que pour la même infraction, le procureur d'un gros tribunal engorgé devra choisir une voir moins répressive (alternatives aux poursuites par exemple).

96. Le mercredi 10 octobre 2007 à 20:35 par superpado

Cher maitre, vous et une grande partie de vos commentateurs seront certainement heureux d'apprendre qu'une chaine du cable et satellite va faire de vous nos nouveaux héros que nous regarderons en nous assoupissant aprés le diner.
arretsurimages.net/post/2...

97. Le mercredi 10 octobre 2007 à 21:29 par Cyril

Bonsoir Maitre,

Emission interessante, mais je trouve que l'on devrait relativiser les effets d'etre nommé secretaire mais bon, c'est un exercice tres interessant !

Cepenant, j'ai ressenti une douleur certaine pour :

- la jeune avocate qui requerait 18mois de sursis et au final, son client a pris 30mois de prison dont 18 de sursis :s

- la jeune avocate qui contestait la matérialité des faits juste avant que son client passe de tres beaux aveux ... aie aie... D'ailleurs, je lui tire mes félicitations pour avoir été promue secretaire dès son premier essai !

98. Le mercredi 10 octobre 2007 à 21:44 par Jean

@ Le petit Nicolas: où en es-tu l'ami?

99. Le mercredi 10 octobre 2007 à 23:27 par lincoln

La lecture de certains commentaires appelent plusieurs observations de ma part:

- d'une part, sur le rôle, le ton adopté par certains magistrats du parquet: je crois qu'il faudrait réellement faire une vraie pédagogie sur le rôle du ministère public, sur ce qu'il est pour y voir plus clair. Je pense que le positionnement du parquet est sans nul doute le positionnement le plus difficile et étrangement actuellement, il est souvent très décrié. On le juge agressif: je trouve ça fort étrange lorsque l'on sait que le ministère public est justement là pour donner des repères, un cadre clair à des gens qui ont perdu tout repère. Je prends l'histoire de l'extorsion: certes, ces jeunes évoluent dans un milieu difficile, pour autant, est-ce bien acceptable de violenter quelqu'un pour lui soutirer cinq euros ? Je rappelle souvent à mes déférés que dehors, ce n'est pas la loi de la jungle, oeil pour oeil, dent pour dent. On ne peut pas, sous prétexte que l'on s'estime ou se croit victime de tel ou tel, se faire justice, on ne peut pas non plus se revendiquer victime - de son milieu, de son quartier, de son histoire familiale - et se faire justice. Sans le respect des règles, notamment de droit, il n'y aurait plus de place pour la justice institutionnelle et chacun se croyant dans son bon droit appliquerait sa règle c'est à dire celle du plus fort. En général, l'opposition systématique défense/ministère public repose sur la distinction philosophique libre arbitre/déterminisme. Nous (ministère public) rappelons toujours que chacun a toujours le choix - ce qui fait d'ailleurs qu'il est humain, civilisé -, le choix de ne pas franchir la ligne jaune, et qu'il n'y a donc pas de déterminisme. C'est parfois au prix d'efforts, de sacrifice, que ce choix doit être fait, mais il existe. Le déterminisme, c'est l'abolition de la responsabilité: or, ne plus être responsable de ses actes, c'est "vivre à la manière d'un caillou". Il y a un contexte évidemment qui permet de comprendre mais qui ne permettra jamais de justifier l'infraction - sauf cas très particulier: cf. les faits justificatifs -. Ce clivage est permanent et récurrent et il polarise souvent les débats. Avoir un réquisitoire équilibré comme il est proposé, c'est aussi très souvent ouvrir la brêche à des plaidoiries assassines où le ministère public ( de plus en plus souvent mis en cause personnellement, avec, pour cette fois, une réelle agressivité de l'avocat et un président qui en général estime que fiinalement c'est le jeu si le parquet s'en prend plein la tête) est taxé de lâche, qu'il ne va pas jusqu'au bout de sa logique et donc finalement il est faible. Il est vrai de façon générale que plus un discours est fin, nuancé, plus il est exposé à la critique - ce que l'on constate très régulièrement sur ce forum -. Ayez un discours non monolithique, tentant de démontrer la complexité d'une situation - et il n'y a guère plus complexe que l'humain - et vous vous heurterez à des plaidoiries souvent très violentes. Le réquisitoire du ministère public est, me semble-t-il, beaucoup plus complexe comme art oratoire que la plupart des autres discours du procès. On rappelle qu'il prend ses réquisitions, selon le CPP actuel, "pour le bien de la justice", ce qui n'est pas rien. Or, sollicitez la relaxe, et les victimes vous détesteront - d'autant que l'indivisibilité jouant, et la parole libre à l'audience ayant manifestement tendance à s'effacer des mémoires, vous êtes considéré à l'origine des poursuites -, demandez une peine qui n'est pas une peine plancher dans une situation de récidive, vous êtes un iconoclaste irrespectueux du désir divin du peuple francais représenté par son chef de l'Etat et son parlement, demandez du ferme, vous êtes un répressif assoiffé d'incarcération, ne comprenant pas que "la prison, ça ne sert à rien, ça ne résoudra pas la situation "(quelle rengaine entendue mille fois dans la bouche des avocats...OK, mais que proposez-vous d'utile maître dans ces situations récurrentes où SME sur SME se sont succédés, que le sursis simple est impossible et que l'amende n'est manifestement pas adaptée, sans parler du TIG...). En bref, le parquet est le récipiendaire permanent de toutes les frustrations, y compris à l'interne.

Le ministère public est décidémment une fonction bien plus complexe qu'elle n'y paraît, très très loin de la caricature qu'on en fait du méchant - généralement un peu débile, du moins franchement pas fin -tendant son doigt vengeur vers le malheureux prévenu pris dans les rêts d'une histoire familial chaotique. La fermeté s'impose dans le discours, d'une part par souci de rappel à la loi, d'autre part, parce que l'infraction, même sans victime, est toujours un heurt contre la société. Ce n'est guère par goût d' "engueuler" les gens (on s'en passerait bien) mais institutionnellement, le parquet a une fonction de "memento legis". La fermeté n'empêche pas l'humanité (thème à la mode), ni la lucidité, mais avant le pardon, il faut le temps de la sanction, de préférence intelligente.

Il faudrait aussi parler du risque acceptable pour le parquet qui est souvent un vrai casse-tête: jusqu'où peut-on aller pour le parquet dans l'admission du risque acceptable (ex sur la détention provisoire, les aménagements de peine milieu fermé) ? Il faudrait aussi parler du positionnement institutionnel: pourquoi demander la détention et pas le contrôle judiciaire dans ce cas précis en sachant que chaque acteur du procès va devoir jouer son rôle à plein et que les repères seront plus clairs pour la personne ?

A l'heure actuelle, le statut du ministère public est loin d'être enviable et de plus en plus complexe: ex de schyzophrénie massive: augmenter les aménagements de peine nous dit-on mais attention, au moindre incident pendant un aménagement, on viendra demander des comptes pour savoir pourquoi le parquet n'a pas fait appel du jugement de cet odieux pédophile qui a récidivé (alors que tout dans le dossier permettait de penser à une salvatrice réinsertion et une dangerosité encadrée) ? diminuer les poursuites pénales, privilégier les alternatives aux poursuites sauf que les alternatives aux poursuites ont en fait mordu sur d'anciens classements, ce qui fait que désormais on est sommé de répondre à tout - et souvent n'importe quoi - et qu'au final, nul n'est satisfait car tout simplement la justice pénale n'a pas VOCATION, pas les MOYENS a tout régler - très très loin de là - et n'est souvent pas la bonne solution. Un ex: les non représentations d'enfants: il est génial de poursuivre quelqu'un qui refuse de laisser ses enfants (le tout après avoir fait des rappels à la loi, des médiations pénales etc...), mais le pbe est-il résolu une fois le SME prononcé puisque personne ne le révoquera car "cela ne servira à rien". Il y aurait tant de choses à dire et je sais que je m'éloigne très passablement du sujet premier mais je ne peux m'empêcher de bondir à certaines réactions (ce doit être le défaut de la jeunesse car j'oubliais quand on est jeune magistrat, on est incompétent, sans expérience et souvent très arrogant et méprisant pour rappeler la loi à des gens plus âgés...qui eux connaissent la vie ? Mais c à partir de quand que l'on a de l'expérience ? 40, 50, 60 ?). Pourtant, tous mes collègues savent que le parquet, bien au contraire, c'est l'école de l'humilité dans la magistrature mais c'est un autre sujet...

100. Le mercredi 10 octobre 2007 à 23:42 par Eowyn

@ Lincoln.
Merci pour ces précisions et ce témoignage. Je me disais jusque là que le rôle le plus difficile à l'audience était celui d'avocat de la défense: difficulté de trouver une construction juridique viable favorable à son client, surtout quand celui ci ne coopère pas, problèmes de conscience... j'opposais ça au travail du juge, qui lui était d'apprécier rigoureusement les faits et de trouver une peine adéquate, sans avoir à se casser à tête pour trouver une manière de sauver un client que tout accable. Mais à vous lire le travail du procureur semble aussi difficile, car la nuance est rarement comprise par l'opinion publique. Cependant je me pose une question: dans le livre d'Eric de Montgolfier, que je lisais, l'auteur raconte avoir un jour requis la relaxe, les éléments de l'infraction ne lui semblant pas constitués. Son supérieur hiérarchique en avait été furieux: un procureur, ça ne demande pas la relaxe. Alors ma question était: face à un dossier où visiblement l'infraction n'est pas constituée, ou la personne n'en est pas coupable, pouvez vous demander la relaxe, ou cela est-il trop difficile? Dans ces cas là, comment procédez vous?

101. Le mercredi 10 octobre 2007 à 23:59 par otb

Bonsoir Maître,

Ce documentaire me donne l’occasion de vous soumettre une question qui me trotte en tête depuis un bon bout de temps : qu’est ce qui fait qu’untel est considéré comme un « ténor du barreau » ? Est-ce sa connaissance du Droit ? Son éloquence et sa capacité à exposer ses arguments clairement et avec assurance ? Quelles sont les qualités que l’on prête à un grand avocat et ont-elles une influence sur l’issue d’un procès ?

102. Le jeudi 11 octobre 2007 à 01:19 par le réalistaeur

Maître Eolas,

le deuxième documentaire sera bien diffusé sur France 3 a une date et une heure que j'ignore.
Mais je vous ferais signe.
Pour moi, simple "vulgarisateur" dont le métier consiste a être un passeur de savoir, c'est un vrai plaisir de lire tous ces commentaires et critiques.
Cela donne envie de continuer au delà des attentes de la "ménagères de moins de 40" que nous vantent tous les directeurs de programmes.

103. Le jeudi 11 octobre 2007 à 01:42 par Gaystraight

En rentrant à 22h, mardi soir, heure normale de sortie du cabinet ;-), j'ai pris en cours le reportage. Non, je ne vais pas le regarder, il y a un arrière goût d'heures supplémentaires ! Pourtant, je ne saisis pas ma télécommande, qui reste sagement sur la table basse, à côté des pâtes (au beurre), un peu de parmesan tout de même, qu'affamé, je suis en train d'avaler.
Des avocats ... ! On va forcément parler de moi, et j'en ressens une certaine fierté. Voilà le prestige et l'aura de mon métier.
Du pénal. Ce n'est pas ma dominante. Pourtant, l'univers soigneusement filmé m'est particulièrement familier : le Palais ses chambres correctionnelles... Ce sont mes voisines : je fréquente les chambres civiles, les chambres de la construction, et la 8e, celle de la copropriété, perdue au milieu des chambres pénales (comme si le voisinage imposée par la copropriété, concentré des allait tourner au drame... intéressant).
Non, on ne parle pas de moi à la télé : les dossiers qui s'accumulent, le courrier à traiter, le dire à envoyer, les qui se déroule à Pétaouchnok (très belle ville d'ailleurs, j'adore y aller; excellente sandwicherie à côté de la gare avant de prendre le train pour rentrer au cab').
As-tu pensé aussi à la TVA ? c'est pour le 15. Au fait, que reste t-il dans ton compte ? Trois mois à verser, ça va créer un grand vide. Que me veut donc l'URSSAF avec cette charmante missive reçue ce soir ? Une invitation au bal, sans aucun doute... Ces passionnantes questions occupent mon esprit.
Y aura t-il seulement des pâtes au beurre et au parmesan à la fin du mois ?
Pourtant, je ne décolle pas de mon canapé. Je n'en ai plus la force. Je laisse mes yeux collés à l'écran. La Conférence, oui, la 23e, oui, mon confrère Le Borgne oui c'est une réalité... Mais ce n'est pas ma vie. Et celle de mes amis et Confrères qui partagent le même quotidien que moi.
Les charges, fiscales, sociales, des dossiers, le poids de ma serviette, la solitude de ma vie, pas d'augmentation de ma rétrocession, l'impossibilité de fait d'avoir des dossiers personnels vidant de son sens l'esprit de la collaboration libérale...
Non, On n'a pas parlé de mon métier à la télé mardi.Pour beaucoup de Français, si.

104. Le jeudi 11 octobre 2007 à 01:56 par Alexandre-M BRAUN

"Alex K" demandait (commentaire 88):

2/ Pourquoi les secrétaires ont-ils un quaso monopole pour les RENVOIS de comparutions immédiates? (pour les commissions en matière criminelle je comprends, mais pourquoi les renvois?)

--
Eolas répondait:

Sur le 2 : Je dois vous avouer que je n'ai aucune bonne raison à vous donner

--

Précisons d'abord qu'il n'y a pas de "quasi-monopole" de la Conférence sur les renvois de comparution immédiate mais une participation forte et régulière. Pour chaque audience de la 23ème Chambre 2ème section, sont systématiquement de permanence deux avocats au titre des renvois: un Secrétaire et un non Secrétaire qui fonctionnent en binôme. (Pour être complet, un troisième avocat est de permanence pour les Comparutions par Procès Verbaux).

La justification de cette présence renforcée est simple. Les permanences de renvoi représentent, en proportion, le plus grand nombre de permanences pour lesquelles les avocats travaillent SANS indemnisation. En pratique, les avocats de permanence vont étudier les dossier quelques jours avant l'audience, et préparent la défense. Le nombre de dossier se réduit parfois comme peau de chagrin à l'audience, par ce que beaucoup de Clients ne se présentent pas ou choisissent un avocat "personnel" au dernier moment. S'il ne reste qu'un ou deux dossiers, ces derniers vont en priorité au binôme, qui peut ainsi être indemnisé. En revanche, le permanent qui ne plaide pas de dossier ne perçoit pas d'indemnisation.

La participation de la Conférence aux audiences de la 23-2 ne relève donc pas d'un privilège mais d'un devoir de la fonction, dont elle s'acquitte consciencieusement.

Ceci étant, cette raison extrèmement pragmatique pour le Barreau de Paris ne représente pas l'essentiel. Le fond, c'est qu'à travers les audiences de 23-2, les Secrétaires de la Conférence participent à la défense d'urgence. Elle reste le quotidien des Secrétaires de la Conférence qui ne se cantonnent pas au prétendu prestige des dossiers criminels mais mettent la main dans le cambouis.

Accessoirement, elle permet à tous ceux qui douteraient du travail ou du dévouement des Secrétaires de vérifier par eux mêmes: la 23-2, c'est tous les jours à 13h30, escalier H deuxième étage.


105. Le jeudi 11 octobre 2007 à 09:39 par Opéra



Curieux.

Je ne suis pas moi-même secrétaire ou ancien sec', mais j'assure également les renvois de comparutions immédiates devant la 23-2.

une idée ?

106. Le jeudi 11 octobre 2007 à 09:45 par villiv

@lincoln #99 ainsi qu'à Eolas...

Merci beaucoup de vos commentaire et réponse au commentaire.

Mais j'aurais une question : est-il déjà arrivé que le prévenu ne sache pas exactement à qui il parle lorsqu'il est en entretien avec "le parquet" (substitut du procureur ou autre) ?


PS : Je me pose la question car, même pour moi qui ait fait des études et qui suis passé par l'avocature, j'ai pas forcément saisi "dès le début", pourrait-on dire, qui était qui et quel était le rôle et le but de ce "premier rdv" (je n'ai pas saisi le nom de cette audition, APC c'est ça? en tout cas, c'est celle qui a lieu avant l'entretien avec l'avocat... et qui permet au parquet d'auditionner le prévenu... dans les "conditions" décrites au sein du reportage... ).

Or, comme j'imagine qu'on indique au prévenu qu'il va avoir plusieurs entretiens dont un avec son avocat, il se pourrait qu'il n'ait retenu que ce second terme et qu'il pense avoir affaire à son avocat dès le début (l'avocat serait alors sans sa robe, mais pourquoi pas... puisque, plus loin dans le reportage, on assiste à un Rdv entre un "prévenu" -je crois, en tout cas quelqu'un qui est poursuivi au pénal- et un avocat "sans robe"... ET je me rappelle que cela conduit le "prevenu" -ou "accusé"...- à dire qu'il... attendra de parler à son avocat ?! Ce à quoi l'avocat -avocate en l'occurence- répond... "mais, euh, je suis avocat moi ?!" ou un truc dans le genre... d'où ma question...)

Merci d'avance de vos lumières sur cette interrogation qui a son importance, en tout cas à mon sens...

107. Le jeudi 11 octobre 2007 à 10:06 par villiv

@Eolas, suite au commentaire de Gaystraight (#103):

Dans la lignée de mes commentaires 32 et 73, je me permets de vous préciser que, ça y est, j'ai AU MOINS un autre "ancien-confrère" qui est de mon avis :

"Non, On n'a pas parlé de mon métier à la télé mardi" indique Gaystraight...

Hé oui....

C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles c'est, aujourd'hui, mon "ancien métier" : je ne savais pas que le métier d'avocat était complètement différent de ce que croit la plupart des gens via des émissions ou reportage ou film largement diffusés... (j'ai toujours fait partie "des gens" en général, hi hi hi).

En tout cas, l'ensemble du commentaire rédigé par Gaystraight correspond à ce que j'ai vécu... et ce que je suis heureux d'avoir quitté aujourd'hui... même si je sais que le paradis n'est pas forcément sur terre et qu'il y a toujours des déconvenues dans presque tous les domaines (ouh, là, ça vole haut ce matin de vacances...)

Et ça, c'est une vérité, je pense... même si, comme le dit aussi Gaystraight :

"Pour beaucoup de Français, si " (sous entendu, "si", on a parlé "du métier" d'avocat... ??!! un peu comme on croit connaître le métier de lieutenant de police en regardant les feuilletons de la "une", ou le métier de chirurgien en regardant urgences, et donc la 2.... )

Quand je vous dis que le métier (les métiers?) d'avocat est très très très peu connu du grand public.... voire des étudiants en Droit... hé bien je pense qu'on en a encore une petite preuve (même si certains sont très heureux, ça j'veux bien le croire car c'est extrèmement intéressant dans l'ensemble...).

Voila voila.... ça, c'est fait.

Bon, que dire de plus... hé bien, Vive les vacances (ça c'est pour moi)... et surtout,

VIVE LA FRANCE !!!!!!!!!!!!!! (rapport au match de samedi)

108. Le jeudi 11 octobre 2007 à 10:52 par christi1

bonjour,

Je vous soumets une question de neophyte, n'ayant pas pu (encore pris le temps d') étudier vos explications techniques de droit(saisissantes de clarté et pour lesquelles je vous remercie): j'ai été choquée par la décision du juge, qui paraissait vraiment arbitraire, punissant de x ans de prison le dealer qui avait menacé les deux jeunes filles, défendu par sabrina et pour qui le procureur avait requis 18 mois dont une certaine partie de sursis.Les faits étaient très graves, mais l'impression qui reste est celle de la toute puissance du juge!

109. Le jeudi 11 octobre 2007 à 10:55 par christi1

....ou était-ce aurélie?Oui, plutôt.

110. Le jeudi 11 octobre 2007 à 11:13 par christi1

Pourtant dans le reportage une secrétaire regrette (je crois que c'est toujours Aurélie et à propos de ce cas, peut-être)que ce soit terminé après l'audience et qu'elle ne puisse plus voir son client pour lui expliquer ce qui s'est passé. Dans ces conditions(commission d'office) comment faire appel?

111. Le jeudi 11 octobre 2007 à 12:40 par Escualdifargo

2 ème hors sujet : je ne vous en voudrais pas Maître de ne pas me répondre.... même si j'aimerais bien quand même (faux-cul
que je suis !).

Affaire Agnelet : comment se fait-il que le ministère public soit représenté en appel par le même magistrat qu'en première instance ? Certes la réponse semble s'imposer : c'est celui qui connaît le mieux le dossier au Parquet... Mais quand même. Sauf à ce que je dise une énorme bêtise, il ne me semble pas que cette situation se retrouve d'habitude, à savoir que le représentant du ministère public devant la chambre des appels correctionnels soit le même que celui qui a plaidé (pardon pour vos prérogatives Maître : qui a requis) devant le Tribunal Correctionnel pour la même affaire.

D'où une question annexe : cette situation est elle très rare/rare/fréquente/ou très fréquente ? Merci de bien vouloir rayer les mentions inutiles.

112. Le jeudi 11 octobre 2007 à 14:54 par parquetier

j'lai pas vu, j'lai pas vu malheureusement,
Mais bon, sur les derniers commentaires au sujet du substitut du Procureur, lors du défèrement:
1°) l'intéressé sait-il à qui il a affaire ? normalement oui, car les policiers qui le défèrent ne manquent pas de le lui dire "maintenant tu vas voir le procureur" (oui, c'est souvent "tu", et pas forcément pour de mauvaises raisons), mais il est préférable de se présenter, beaucoup d'entre nous le font et c'est ce que j'enseigne à mes auditeurs en stage.
2°) sait-il qu'il a le droit de se taire ?
oui. On doit lui dire: "voilà ce que je vous reproche, ce sur quoi vous allez être jugé", on détaille, et ensuite on lui dit que s'il a quelque chose à dire on l'écoute.
Pour que les choses soient bien claires et que le type ne croie pas qu'il est déjà en train d'être jugé, personnellement j'insiste bien là dessus: "vous allez être jugé tout à l'heure par le tribunal, mais si vous avez quelque chose à dire dès maintenant je le note". Histoire qu'il ne me refasse pas toute la garde à vue, d'ailleurs je n'aurais pas le temps ni les moyens de l'écouter pendant une heure. Contrairement à ce que vous pensez peut-être, les gens ont envie de réagir quant on leur dit ce qui leur est reproché,et on aurait plutot envie de leur demander d'être un peu plus concis dans leurs observations. Et quand, rarement, ils vous répondent "j'ai rien à dire", croyez-moi on s'en contente parfaitement.
3°) sur la forme,
c'est vrai que beaucoup de jeunes collègues ont un air "forcé" quand ils montent sur leurs grands chevaux. Ce n'est pas facile. Certains parents à qui on dit "sois plus sévère" sont comme ça aussi. L'autorité c'est inné, mais ça s'acquiert aussi avec l'âge, et puis chacun son tempérament. Personnellement je préfère un ton mesuré, voire froid, (s'il est nécessaire de faire le méchant-ce n'est pas toujours nécessaire), d'autres sont plus dans le volume sonore et l'agitation. Les auditeurs en stage demandent souvent des conseils à ce sujet. J'aurais tendance à dire "sois toi-même, ne force pas ta nature, tu trouveras ton style", mais par contre je trouve désastreux qu'un magistrat du parquet soit incapable de dire avec force certaines vérités aux gens quand ça s'impose.
4°) faut-il faire "la morale" aux gens ? Au moment du défèrement, ce n'est pas très utile, sauf s'il y a un truc précis auquel on pense qu'ils devraient réfléchir avant l'audience, histoire de faire progresser un peu les choses, par exemple "et pour la victime, vous n'avez jamais envisagé de vous excuser?". C'est plutôt à l'audience que c'est parfois utile voire nécessaire. Personnellement je préfère d'ailleurs que ce soit le procureur qui fasse la morale plutôt que le Président, qui écorne parfois dans la foulée l'exigence d'impartialité. Il faut bien que le prévenu voie un peu les faits qu'il a commis, à un moment ou à un autre de l'affaire, avec d'autres yeux que les siens et que ceux de son avocat qui va plaider ensuite, qu'il entende comment c'est perçu par "la société qui l'accuse", d'autant qu'il va être puni, quand même. Autant qu'il comprenne pourquoi, si c'est possible. C'est le rôle pédagogique de l'audience, et il est important que le procureur y tienne pleinement sa place. Monter sur ses grands chevaux à cette occasion peut être nécessaire.

Et puis en conclusion, je dirais qu'on est pas des robots. S'il faut se garder de donner aux faits une résonnance trop personnelle, il n'est pas forcément mauvais de laisser voir son indignation devant un comportement parfaitement odieux. Mais l'exercice est très difficile et une telle peronnalisation peut être contre-productive: c'est là que le type n'écoute plus. Laisser voir l'indignation "type" du corps social est à mon avis suffisant...
A vrai dire je ne l'ai fait qu'une seule fois en 10 ans, dans un dossier d'accidents mortels du travail, où le type se foutait tellement de l'intégrité physique des gens, et le dossier révélait tellement le cynisme économique sous jacent, que ça donnait vraiment la nausée.

113. Le jeudi 11 octobre 2007 à 15:04 par parquetier

@Escualdifargo, 111
très très rare, plus fréquent aux Assises où le parquet général est en première instance et en appel mais quand même très rare, possible aussi en correctionnelle, avec une délégation. Réservé aux dossiers hyper compliqués.
Mais très utile: dans le dossier, les avocats eux y sont depuis le début, depuis l'instruction bien souvent.

114. Le jeudi 11 octobre 2007 à 15:11 par Lucas Clermont

Je me demande si vous ne devriez pas mettre plus en évidence votre échange avec le procureur qui signe Lincoln. Ou en faire un billet, sous une forme ou une autre. Dans cet ordre d'idée, il me semble que vous aviez souhaité faire un billet : "soyez le procureur".


Hors sujet, j'ose espérer que par égard envers les Anglais, vous n'aurez pas l'outrecuidance de nous imposer un plan-plan : "devine qui vient dîner ce soir". Peut-être : "devine qui l'on bouffe ce soir" ? La culture c'est bien, mais tant qu'à étaler quelque chose, autant que ce soit de l'Anglais.

115. Le jeudi 11 octobre 2007 à 19:22 par Alex K

@104 "Alexandre-M Braun"

si je t'ai bien suivi, la présence renforcée des secrétaires aux renvois de comparutions immédiates vise à diminuer le risque pour des non secrétaires de préparer les dossiers et venirs à l'audience pour finalement ne pas plaider et donc ne pas être indemnisés.

Parce que sur le fait que les secrétaires mettent les mains dans le cambouis des affaires correctionnelles et s'aquittent avec abnégation de leur mission d'assistance pénale d'urgence, je n'en avais jamais douté.

En revanche, je me demandais pourquoi les secrétaires étaient présents sur les renvois de CI et pas sur les CI elles mêmes.

Ta réponse était parfaitement claire.
Merci

116. Le jeudi 11 octobre 2007 à 20:20 par Gaystraight

@ 107, en réponse à Villiv et à Eolas

"Vous et Gaystraight voyez là l'essentiel du métier. Que dire sinon que vous avez bien fait d'abandonner, et que Gaystraight devrait se poser la question".

Je pense qu'à un moment ou à un autre, tous les avocats ont eu la "tentation de l'entreprise".

Villiv, je vous que tu as vécu des choses que je vis encore.

Il existe 1000 facettes du métier d'avocat : celui qui fait du droit de la construction, de la copropriété, qui passe son temps en expertise judiciaire est certes moins télégénique que le pénaliste.

Je n'ai jamais dit que le reportage ne reflétait pas la réalité du métier : Il reflète une facette de la réalité du métier et, dans certains aspects, j'ai pu me reconnaître : le petit pénal de mes débuts, la Conférence du stage, etc.

Mon Cher Confrère, tu m'invites à changer de métier, ou du moins à y réfléchir.

Le métier d'avocat, je l'ai choisi. En conscience de la réalité dans laquelle il se pratiquait. Après mon service national, j'ai eu la chance de travailler un an comme juriste dans un cabinet tout en préparant le CRFPA. Je me suis plongé dans l'examen en connaissance de cause !

J'ai bien sûr eu par la suite la tentation de l'entreprise, des 35h, des RTT...

Aujourd'hui, j'envisage plutôt de monter mon cabinet à moyen terme, dans les cinq ans à venir.

Eolas, ne penses-tu pas qu'il faudrait plutôt changer le métier que de m'inviter à changer de métier ?




117. Le vendredi 12 octobre 2007 à 23:06 par Hebi

Toute jeune étudiante en droit, après avoir commencé des études de sciences (la logique et moi ...), je suis depuis quelques temps votre blogue et je cherche à voir tout ce qui peut se rapporter à mon (peut-être) futur métier.

Je ne peux guère juger de la fidélité du reportage, mais j'ai personnellement pris un grand plaisir à le visionner, tout en confirmant mes doutes sur la profession. Je me demande si j'aurai les épaules assez larges et les nerfs assez solides pour supporter tout ça.

Néanmoins, ma mère m'a soumis une question à laquelle j'ai eu grand-peine à répondre alors que l'on voyait les Secrétaires de La Conférence se réjouir d'être commis d'office.

"C'est pas un truc que les avocat fuient ça normalement ?"

Je lui ai répondu sans grande conviction que ça devait apporter de l'expérience, mais je ne savais pas vraiment quoi ajouter. J'avoue avoir été également surprise pendant un instant.

En espérant pouvoir suivre votre blogue encore longtemps et pouvoir un jour réagir sur vos notes en réelle connaissance de cause.

118. Le dimanche 14 octobre 2007 à 06:30 par Armand

Un truc qui m'a toujours choqué est que contrairement à la piétaille des avocats non stipendiés, les avocats de la conférence qui assistent devant la 23ème des prévenus dans le cadre de la commission d'office n'ont pas d'entretien avec leurs clients dans les "bocaux", mais seulement à l'audience. Je suppose, sans en avoir aucune preuve, que s'il y a une difficulté imposant un entretien ou une intervention préalable ils en sont prévenus par le parquet ou les policiers présents dans la salle des bocaux.
La défense en l'espèce, c'est la connaissance du dossier+ la connaissance du juge. A la limite on pourrait se demander si la recherche de la vérité n'est pas incongrue dans cette procédure. A moins que quelque chose m'ait échappé dans la manière de travailler des secrétaires de la conférence.

119. Le dimanche 14 octobre 2007 à 06:44 par Armand

@Le réalisateur : est-il exact que le film a été retouché selon instructions de l'Ordre des avocats avant diffusion ? Si oui, les télespectateurs en ont-ils été informés dans le générique ?

120. Le dimanche 14 octobre 2007 à 07:07 par Armand

@Eolas : je ne suis pas d'accord avec vous quand vous écrivez que la conférence ne fait pas de contentieux des étrangers. Même avec la suppression partielle de la double peine le contentieux des étrangers est omniprésent devant la 23ème. Le parquet quand il requiert ne peut s'empêcher parfois des réflexions de type "Dupont-Lajoie" sur des prévenus en situation irrégulière (des situations complexes ne peuvent être sérieusement appréhendées en ayant étudié le dossier 5 minutes et dans des réquisitions très courtes), qui peuvent être efficacement contrecarrées par une défense maitrisant le contentieux des étrangers dans sa théorie et surtout dans sa pratique.

Cette fausse dichotomie droit pénal/droit des étrangers dans l'exercice quotidien de la profession peut entrainer des situations indignes : j'ai ainsi pu voir un pénaliste chevronné, à une audience de 35bis, demander à la représentante de la préfecture ce qu'il devait plaider car il n'avait aucune connaissance en droit des étrangers. Son client ayant eu probablement des soucis au pénal des histoires d'honoraires ont dû conduire ce confrère à se lancer dans l'assistance à une procédure dans laquelle il ne pouvait que couler son client.

Plus généralement je comprends que vous essayez de donner une bonne image de la profession, mais attention à la déception pour les jeunes qui vous lisent et qui croieraient que ça se passe comme vous l'indiquez, qu'on serait tous égaux devant la conférence du stage, que tous les confrères qui réussissent le font par leurs qualités professionnelles, que l'Ordre c'est "bien", etc.

Pour la conférence je ne donnerais que trois conseils : cultivez votre networking, soyez dociles vis-à-vis des notables de la profession, si vous êtes mauvais à l'oral inscrivez-vous à la formation proposée par l'Ordre et animée Monsieur Bensimon. Si vous êtes très bon à l'oral concentrez vous sur le networking et la docilité. C'est un concours "par relations".

121. Le dimanche 14 octobre 2007 à 17:57 par Jean

@ Le Petit Nicolas:

Où en es-tu sur tes difficultés techniques???

122. Le dimanche 14 octobre 2007 à 23:21 par Apokrif

"Il n'y a pas à appuyer son collègue qui a décidé du déferrement et de la comparution sur un dossier branlant "

Qu'en est-il des tribunaux correctionnels auxquels on reproche de "couvrir la préventive" en prononçant une peine injustifiée, de même durée que la détention provisoire, pour ne pas désavouer les magistrats instructeurs ?

"Mais j'aurais une question : est-il déjà arrivé que le prévenu ne sache pas exactement à qui il parle lorsqu'il est en entretien avec "le parquet" (substitut du procureur ou autre) ?"

A ce sujet, puisqu'il est question de la salle Cusco, est-ce que les surveillants de cette dernière ont changé de tenue ?

www.cpt.coe.int/documents... :

« La sécurité périmétrique ainsi que la sécurité interne étaient du ressort de la police. A cet égard, la délégation a observé que les fonctionnaires de police portaient des blouses blanches très semblables, sinon identiques à celles portées par le personnel infirmier. Interrogé sur ce point, l'officier responsable répondit que "cela facilite le contact". Ceci peut bien être le cas. Cependant, le CPT considère qu'il est tout aussi important pour les patients à la Salle Cusco d'être capable de distinguer clairement les fonctions précises (soins ou sécurité) des différentes personnes auxquelles ils doivent avoir affaire. »

123. Le lundi 15 octobre 2007 à 23:35 par Fleur

Bonjour!

Ce Site est vraiment essentiel!
Mais peut on m'expliquer pourquoi cet acharnement à modifier le décret de 1971 conçernant l'accession à la profession d'avocat? C'est très décourageant, d'autant que l'Examen est vraiment complexe.
Merci.

Une -je l'espère- Future Eleve Avocate...

124. Le mardi 16 octobre 2007 à 10:48 par le réalisateur

Réponse à Arnaud:
NON le film n'a pas été retouché selon instructions de l'Ordre des avocats avant diffusion. Contrairement a ce qu'on peut lire sur un site concurrent, qui étrangement ne diffuse pas mes réponses.
Ce film a été produit par une production INDÉPENDANTE de tous pouvoirs.
Sur les conditions de tournage: Une majorité des secrétaires, ou des candidats au concours n'ont pas souhaités être filmés, j'ai respecté leur choix et je n'ai filmé que des volontaires. On ne filme pas des individus pendant un an sans un accord fort entre le "filmeur" et le filmé.

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