Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Pan sur les doigts

Deux décisions disciplinaires, une d'ouverture de poursuites, une de sanction, ont attiré mon attention dans les numéros récents (voire plus que récents) du Bulletin hebdomadaire qui est distribué aux avocats.

Voilà une excellente occasion de rappeler à mes lecteurs que ma profession, si elle encourage la liberté de ses membres, ne manque pas d'en sanctionner les abus.

La première décision est une décision d'ouverture de poursuites, publiée dans le numéro 5 du 5 février 2008 :

Prise de contact et pressions à l’égard d’un tiers à l’occasion d’une émission de télévision hors la présence de son conseil et sans lui avoir indiqué qu’il pouvait être assistée d’un avocat. Manquement aux principes essentiels définis à l’article 1.3 du Règlement Intérieur du Barreau de Paris[1], d’humanité, honneur, délicatesse et modération ainsi qu’aux articles 5[2], 8.1[3], 8.2[4] et 8.3[5] relatifs aux rapports avec la partie adverse (3 avocats poursuivis).

Sans aucun doute, mes lecteurs auront compris de quelle émission il s'agit.

La deuxième concerne semble-t-il une affaire dont je n'ai pas parlé , et figure dans le Bulletin n°9 du 4 mars 2008 (d'où mon "plus que récent") :

La formation de jugement n°3 a eu à connaître de faits concernant un confrère qui, avocat d’une société étrangère propriétaire de droits d’auteur sur un jeu vidéo, a signé une série de lettres mécaniquement adressées à de multiples particuliers soupçonnés d’avoir téléchargé illégalement ce jeu sur internet. Dans sa mise en demeure, l’avocat laissait à ses interlocuteurs un délai de 14 jours pour lui adresser un engagement écrit de ne pas télécharger ni mettre à disposition le jeu concerné et pour en effacer ou supprimer toute copie. Au surplus, l’avocat sollicitait le paiement d’une somme de 400 euros en compensation des pertes de sa cliente, la dite somme devant être versée sur un compte bancaire ouvert à son nom, et joignait un formulaire de paiement.

Le conseil a estimé qu’en recopiant des modèles de mises en demeure étrangers, l’avocat avait volontairement omis d’inviter certains destinataires à consulter un conseil ce qui constitue une violation de l’article P 8.01 du Règlement Intérieur du Barreau de Paris[6]. Choisissant de reproduire une formulation agressive, destinée à provoquer des paiements, l’intéressé a également violé les dispositions de l’article 8.2 du Règlement Intérieur National qui précise que l’avocat s’interdit toute présentation déloyale de la situation et toute menace. En proposant un encaissement des règlements sur un compte autre que la Caisse des Règlements Pécuniaires des Avocats (CARPA), l’avocat a également violé les dispositions de l’article P75.2[7] du Règlement Intérieur du Barreau de Paris. Enfin, en refusant de rendre compte à la formation de jugement des encaissements ainsi réalisés, alors qu’elle l’avait été interrogé à deux reprises sur ce point, il s’est soustrait à ses obligations déontologiques. 

Décision : interdiction temporaire d’exercice de la profession d’avocat pendant une durée de 6 mois assortie de sursis. Privation du droit de faire partie du conseil de l’Ordre, du Conseil National des Barreaux et des autres organismes professionnels pendant une durée de 10 ans.

La contrefaçon de logiciel, c'est mal, me dit sans cesse Guillermito. Mais cela ne permet pas d'user de n'importe quels moyens pour lutter contre elle. Il en va de même pour la noble cause de la lutte contre les voisins bruyants et les plombiers indélicats.

Il n'était pas inutile que l'ordre le rappelât.

Notes

[1] Les principes essentiels de la profession guident le comportement de l’avocat en toutes circonstances.
L’avocat exerce ses fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité, dans le respect des termes de son serment.
Il respecte en outre, dans cet exercice, les principes d’honneur, de loyauté, de désintéressement, de confraternité, de délicatesse, de modération et de courtoisie.
Il fait preuve, à l’égard de ses clients, de compétence, de dévouement, de diligence et de prudence.

[2] L’avocat se conforme aux exigences du procès équitable. Il se comporte loyalement à l’égard de la partie adverse. Il respecte les droits de la défense et le principe du contradictoire.
La communication mutuelle et complète des moyens de fait, des éléments de preuve et des moyens de droit se fait spontanément, en temps utile et par les moyens prévus par les règles de procédure. Un avocat correspond avec un confrère par voie électronique à l'adresse figurant sur les documents professionnels de son correspondant.

[3] Chacun a le droit d’être conseillé et défendu par un avocat.

[4] Si un différend est susceptible de recevoir une solution amiable, avant toute procédure ou lorsqu’une action est déjà pendante devant une juridiction, l’avocat ne peut prendre contact ou recevoir la partie adverse qu’avec l’assentiment de son client. A cette occasion, il rappelle à la partie adverse la faculté de consulter un avocat et l’invite à lui en faire connaître le nom. Il s’interdit à son égard toute présentation déloyale de la situation et toute menace. Il peut néanmoins mentionner l’éventualité d’une procédure.
L’avocat, mandataire de son client, peut adresser toute injonction ou mise en demeure à l’adversaire de ce dernier.
La prise de contact avec la partie adverse ne peut avoir lieu qu’en adressant à cette partie une lettre, qui peut être transmise par voie électronique, en s’assurant préalablement de l’adresse électronique de son destinataire, rappelant la faculté pour le destinataire de consulter un avocat et l’invitant à lui faire connaître le nom de son conseil”.
Ces règles s’appliquent également à l’occasion de toute relation téléphonique, dont l’avocat ne peut prendre l’initiative.

[5] Lorsqu’une procédure est envisagée ou en cours, l’avocat ne peut recevoir la partie adverse qu’après avoir avisé celle-ci de l’intérêt d’être conseillée par un avocat.
Si la partie adverse a fait connaître son intention de faire appel à un avocat, celui-ci devra être invité à participer à tout entretien.
Dans le cadre d’une procédure où aucun avocat ne s’est constitué pour la partie adverse, ou d’un litige à propos duquel aucun avocat ne s’est manifesté, l’avocat peut, en tant que mandataire de son client, adresser à la partie adverse toute injonction ou mise en demeure ou y répondre.
Lorsqu’un avocat est constitué pour la partie adverse, ou lors d’un litige à propos duquel l’avocat adverse s’est manifesté, l’avocat doit correspondre uniquement avec son confrère.
Néanmoins, dans le cas où elles sont prévues par des procédures spécifiques, l’avocat peut adresser des lettres valant acte de procédure à la partie adverse, à la condition d’en rendre destinataire simultanément l’avocat de celle-ci.

[6] L’avocat ne peut prendre contact avec la partie adverse qu’avec l’assentiment de son client. Cette prise de contact ne peut avoir lieu qu’en adressant à cette partie une lettre s’inspirant des modèles constituant l’annexe III du présent règlement.

[7] Les règlements pécuniaires ne peuvent être effectués que par l’intermédiaire de la CARPA.
L’avocat doit déposer sans délai à la CARPA les fonds, effets ou valeurs reçus par lui en vue de procéder à un règlement pécuniaire.
Les opérations effectuées par chaque avocat sont retracées au compte CARPA du bâtonnier, dans un sous compte individuel ouvert au nom de l’avocat ou au nom de la structure d’exercice à laquelle il appartient. Les règles applicables au fonctionnement du sous compte individuel sont établies par le règlement intérieur de la CARPA auquel l’avocat est tenu de se conformer.
(...)
Les honoraires ne peuvent être prélevés du sous compte CARPA qu’avec l’accord préalable et écrit du client.
L’avocat ne peut disposer des fonds revenant à un mineur que sous le contrôle du juge des tutelles et un compte spécial doit être ouvert à cet effet à la CARPA.

Commentaires

1. Le vendredi 29 février 2008 à 18:07 par morte d'ennui réscussitée !

" En proposant un encaissement des règlements sur un compte autre que la Carpa, l’avocat a également violé les dispositions de l’article P75.2[7] du Règlement Intérieur du Barreau de Paris."

Je suppose que la même règle s'applique dans les autres barreaux...

ça n'a pas été repris par le RIN ?

Eolas:
Le RIBP est composé du RIN plus de règles spécifiques à notre barreau. L'article 6.3 du RIBP n'est autre que l'article 6.3 du RIN. Mais le RIBP est plus complet et rigoureux sur la CARPA ; barreau de 18.000 avocats oblige.

2. Le vendredi 29 février 2008 à 18:08 par Neville

En ce qui concerne "la noble cause de la lutte contre les voisins bruyants et les plombiers indélicats", l'Ordre, en l'état, n'a rien rappelé du tout : il n'a pour l'instant qu'OUVERT une procédure de poursuite. Qu'en est-il de la présomption d'innocence ?
(et je précise pour les non juristes et couche-tard téléspectateurs du vendredi soir-samedi matin, que dans l'expression "présomption d'innocence", le mot "innocence" signifie "non-culpabilité" et non "faiblesse d'esprit" ;-) )

Eolas:
Il s'avère que l'exceptionnelle publicité des faits permet à tous de se faire une opinion sur l'exercice effectif de la délicatesse et de la modération sur le plateau de cette émission.

3. Le vendredi 29 février 2008 à 18:08 par EFBien

Sympa, cette petite leçon de déontologie appliquée.
ça servira pour le CAPA...

4. Le vendredi 29 février 2008 à 18:09 par Lucca

J'attendais avec impatience la première décision. Je fais un usage modéré de la petite lucarne. j'étais pourtant excédé, les rares fois qu'il m'a été donné de suivre cette émission, par le ton employé par les confrères. J'ai particulièrement en mémoire un épisode . Après avoir obtenu "un arrangement amiable" un intervenant (j'ai un doute sur le fait de savoir s'il s'agissait d'un confrère) conclut en disant à la personne à qui on a arraché son accord sous la pression médiatique :"bien sûr, le protocole d'accord sera mis en forme demain, en présence de votre avocat".

Sympa comme concept.

Mentir et menacer, c'est détestable, et pas uniquement quand est avocat ou qu'on appartient à une profession réglémentée.

5. Le vendredi 29 février 2008 à 18:14 par Marie

Je me pose depuis longtemps une question à propos de cette émission.

Ceux qui se font descendre en flamme devant des millions de téléspectateurs pendant que la grosse dame pleure au premier plan n'ont, par hypothèse pas accepté que leurvoix et leurs propos passent à l'antenne même si leur voix est souvent changée.

La production doit avoir un budget contentieux pharaonique...ou alors tout est bidon ?

6. Le vendredi 29 février 2008 à 18:36 par loz

Je ne comprends pas si le paragraphe "décision" correspond aux deux affaires, ou seulement à la deuxième.
Et dans le premier cas, quelle a été la décision ?

Merci.

Eolas:
La première décision n'est qu'une décision d'engagement de poursuites. La sanction ne concerne que la deuxième affaire.

7. Le vendredi 29 février 2008 à 18:44 par mauhiz

Je vote tout est bidon. Ce serait trop compliqué à gérer autrement - surtout si le dénouement est que l'invité(e) est en faute...

8. Le vendredi 29 février 2008 à 18:53 par FidèlePreskAvocate

Je profite de ce billet sur la déontologie pour vous poser une question sur laquelle vous aviez ébauché une réponse dans un précédent billet. Je rappelle rapidement les faits si vous le permettez car je pense que ça peut servir à tous les "presque avocats" qui vous lisent.

Grosso modo, j'expliquais que dans le cadre de mon stage j'avais reçu seul un client et que j'allais devoir traiter un dossier où la partie adverse était la boîte pour laquelle je travaille le samedi (mais dans un service différent). En outre, je précise qu'après discussion avec mes camarades "presque avocats", il apparaît que je ne suis pas un cas isolé, certains allant même seul en expertise.

D'où ma question, que risque un maître de stage? Faut-il éviter de le mentionner dans un rapport de stage ?

Merci!!!

9. Le vendredi 29 février 2008 à 18:55 par Cleyo

Ce qui me chiffonne, dans l'affaire concernant l'usage illicite du jeu vidéo, est que je ne vois pas bien comment l'avocat a pu obtenir les coordonnées des joueurs ? Même s'il s'agit d'un jeu en réseau, les joueurs interviennent sous des pseudos (comme en général sur le net) et, que je sache, les FAI refusent catégoriquement de fournir les coordonnées de leurs clients, sauf réquisition judiciaire. L'industrie du disque, notamment, s'en mord les doigts, mais la résistance est tenace.

Donc comment ce "confrère" a t-il eu leurs coordonnées ?

Je me demande s'il a acheté ses licences pour ses ordis...... ce serait tellement drôle....

Eolas:
Il avait obtenu une ordonnance sur requête ordonnant aux FAI de fournir ces données. Si Free avait obtempéré, les autres (Neuf, Alice, Orange, Tele2...) avaient fait un recours en rétractation qui a abouti à l'annulation de l'ordonnance.

10. Le vendredi 29 février 2008 à 19:07 par RG

@Cleyo "je ne vois pas bien comment l'avocat a pu obtenir les coordonnées des joueurs"

www.lejdd.fr/documents/Or...

11. Le vendredi 29 février 2008 à 19:08 par htmath

Insulter, ce ne serait aussi vraiment pas bien de la part d'un avocat.

Eolas:
Vous savez, des fois, traiter son prochain de con n'est pas une insulte mais un diagnostic.

12. Le vendredi 29 février 2008 à 19:24 par RG

@ Eolas: "Il n'était pas inutile que l'ordre le rappelât"

Ni les tribunaux:
www.clubic.com/actualite-...

13. Le vendredi 29 février 2008 à 21:03 par Guillermito

En effet, la contrefaçon, c'est Mal, et insister sur ce point valait bien un imparfait du subjonctif. J'y pensais justement hier soir en telechargeant le DVD de... euh, rien.

14. Le vendredi 29 février 2008 à 21:11 par JR

Il faut dire aussi que la sentence était de mise.
Cette avocate avait clairement violé la loi au profit d'entreprises privées.

Quelle que soit la profession, ce genre de conduite est inadmissible.

15. Le vendredi 29 février 2008 à 22:36 par Gamadil

les principes d’honneur, de loyauté, de DESINTERESSEMENT

Et tout ces billets sur "Pourquoi les avocats sont chers", alors même que l'ordre incite clairement à l'action pro bono ! Comment justifier cela ... où bien ?

Eolas:
Nos salariés, bailleurs et percepteurs n'étant pas soumis à cette obligation de désintéressement, nous sommes contraints et forcés de devoir gagner quelque argent. Soyez certain que cela nous poind.

16. Le vendredi 29 février 2008 à 22:55 par Marie

@Gamadil

Vous l'avez lu le billet ?!

Je ne pense pas que beaucoup de professions libérales acceptent de traiter des dossiers à perte au tarif de l'aide juridictionnelle.

Et pi y faut ben manger mon pauv'monsieur !(vous avez vu le prix du yahourt ? ;)

17. Le vendredi 29 février 2008 à 22:58 par htmath

@ eolas 11
Je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy connaissait suffisamment le badaud. Par contre, je pense que le badeau a sûrement une analyse sur Sarkozy.

18. Le vendredi 29 février 2008 à 23:28 par 1bR

@ Eolas (11)
"Vous savez, des fois, traiter son prochain de con n'est pas une insulte mais un diagnostic."

Amusante reflexion, surtout au regard de l'actualité et d'autant plus venant d'un sarkoziste tel que nous vous savons l'être.
Je suis néanmoins heureux que vous en conveniez.

Cordialement,
1bR

PS: je suis étonné que vous utilisiez l'expression : "des fois", au détriment de la bien plus belle expression "parfois".


19. Le samedi 1 mars 2008 à 00:46 par Natgif

Maître ! Bien entendu, il est improbable de faire un lien entre votre billet sur un autre Maître - Noachovitch - et celui sur l'engagement de poursuites contre un avocat qui paraderait sur TF1, puisque vos deux billets étaient séparés d'une affichette vacharde.
Quoiqu'il en soit , je suis heureuse qu'un avocat - vous - ait enfin mentionné le comportement anti-déontologique (ça se dit ?) de ces avocats dès que les caméras s'allument.
C'est vrai que les règles de la profession d'avocat, ça n'excite pas les foules.
Autant je trouve injustes les attaques sur les honoraires, car on oubli le boulot qu'il faut abattre pour défendre un client, autant je trouve anormal qu'il y ait un tel décalage entre les règles déontologiques telles qu'elles sont affichées et la pratique.
Comment se fait il que ces avocats aient pu sévir depuis des années sur TF1 sans que les Ordres des avocats concernées n'interviennent pour leur dire d'arrêter d'invectiver et de menacer.
Je fais un rapprochement qui n'a rien à voir avec la télé. Au conseil de Prud'hommes de Paris (et j'imagine ailleurs aussi), il y a des avocats qui siègent (ou siégaient encore récemment) en tant que conseillers prud'homaux.

Et bien sûr, une partie de ces avocats conseillers prud'homaux faisaient du droit social, et plaidaient des dossiers devant le Conseil de Prud'hommes de....Paris. Pas devant la même section, il ne manquerait plus que ça, mais tout de même, c'est une pratique longtemps, heu, "tolérée" par l'Ordre des Avocats de Paris. Et malheureusement, Paris n'est pas le seul exemple.
Il ne faut pas généraliser, mais il y a parfois un "écart" entre les règles et la pratique qui ne concourt pas à donner au métier d'avocat la noblesse qu'il mérite de conserver.

20. Le samedi 1 mars 2008 à 01:38 par GreG

"Décision : interdiction temporaire d’exercice de la profession d’avocat pendant une durée de 6 mois assortie de sursis."

Cela veut-il dire qu'ils pourront quand même exercer leur profession durant leur sursis ? Et quant à la notion d'exercice, cela concerne t-il seulement les plaidoiries, les signatures d'actes, les rendez-vous au cabinet (d'avocats j'entends) ? Parce qu'après tout, ils peuvent très bien bosser leurs dossiers chez eux ou conseiller leurs clients par téléphone sans que cela ne se sache.

Eolas:
Un avocat interdit d'exercice ne peut accomplir le moindre acte de la profession, y compris la consultation. Un suppléant est nommé, membre ou ancien membre du Conseil de l'Ordre, qui administre provisoirement le cabinet et reprend les dossiers si un associé ne peut le faire. Qu'un avocat bosse des dossiers depuis chez lui avec la complicité de ses associés, je vois difficilement comment l'en empêcher ; mais s'il se fait prendre, c'est la radiation qui est encourue.

21. Le samedi 1 mars 2008 à 08:28 par didier Schneider

à 19 : "Et bien sûr, une partie de ces avocats conseillers prud'homaux faisaient du droit social, et plaidaient des dossiers devant le Conseil de Prud'hommes de....Paris. Pas devant la même section, il ne manquerait plus que ça, mais tout de même, c'est une pratique longtemps, heu, "tolérée" par l'Ordre des Avocats de Paris. Et malheureusement, Paris n'est pas le seul exemple."

Les conseillers prud'hommaux comme vous les nommez sont appelés par le code du travail des "délégués permanents ou non permanents des organisations syndicales ouvrières ou patronales".

L'article L 516-3 du code du travail vous précise que :
"Les personnes habilitées à assister ou à représenter les parties en matière prud'homale, si elles sont par ailleurs conseillers prud'hommes, ne peuvent pas exercer une mission d'assistance ou un mandat de représentation devant la section ou, lorsque celle-ci est divisée en chambres, devant la chambre à laquelle elles appartiennent .

Ces mêmes personnes ne peuvent assister ou représenter les parties devant la formation de référé du conseil de prud'hommes si elles ont été désignées par l'assemblée générale de ce conseil pour tenir les audiences de référé.

Le président et le vice-président du conseil de prud'hommes ne peuvent pas assister ou représenter les parties devant les formations de ce conseil."

Pan sur les doigts.

22. Le samedi 1 mars 2008 à 08:29 par Sartorius

En tapant sur ces brillants avocats d'utilité publique, Eolas se positionne du côté des escrocs (presque nazis) qui arnaquent les vieilles dames !!! Honte sur ce blog !!! :p

23. Le samedi 1 mars 2008 à 09:37 par Muscardin

Eh bien, pour en revenir à l'affaire Techland, je pense que Me * souffrira plus de la mauvaise pub qui lui est faite que de cette pauvre sanctionnette...

24. Le samedi 1 mars 2008 à 10:56 par Luc

"... l’intéressé a également violé les dispositions de l’article 8.2 du Règlement Intérieur National qui précise que l’avocat s’interdit toute présentation déloyale de la situation et toute menace."

Voilà qui est annonciateur des pires sanctions contre l'estimable Maitre Sylvie Noachovitch ou son conseil, non ? ( www.maitre-eolas.fr/2008/... )

Car le moins que l'on puisse dire est que les mises en demeure qu'elle a adressées à des blogueurs faisaient de la situation une présentation déloyale.

25. Le samedi 1 mars 2008 à 11:08 par Lucas Clermont

Vous ne pouvez retenir les milliers de commentaires publiés sur votre blogue. Je me rappelle pourtant la chute de l'un d'entre eux signé Cassina : "(Monsieur) vous êtes un crétin et je pèse mes mots !" Je l'ai reprise récemment sur un blogue je vous confirme qu'écrire cette remarque lapidaire procure une forme d'apaisement et de contentement.

Cela dit, "con" c'est bien aussi.

26. Le samedi 1 mars 2008 à 11:16 par RG

@11 "Insulter, ce ne serait aussi vraiment pas bien de la part d'un avocat."

Serait-ce au moins possible de la part d'un (ancien ?) avocat ?

www.zataz.com/news/16617/...

27. Le samedi 1 mars 2008 à 13:06 par PEG

Je trouve très rigolo que quand je vais à la toque au Palais, même en jeans, basket et t-shirt, les avocats me prennent quand même pour un confrère, alors que je ne suis qu'un humble stagiaire...

Oui bien sûr les avocats sont responsables, et responsabilisés. C'est le pendant de la liberté.

28. Le samedi 1 mars 2008 à 13:18 par max

Par curiosité, pourriez vous me dire si:

Tout les avocats lisent-ils le Bulletin hebdomadaire?

Eolas:
Je n'en sais rien, je ne suis pas derrière l'épaule de mes 18000 confrères.


Le Bulletin hebdomadaire est il national ou communal?

Eolas:
Il est du barreau de Paris, qui est le seul barreau dont le ressort ne s'étend que sur une ville.


Pourquoi une majuscule à Bulletin et pas à hebdomadaire?

Eolas:
Bulletin est son titre. Hebdomadaire est sa périodicité.


Tout les ordres émettent ils un Bulletin hebdomadaire?

Eolas:
Non. Ceux d'une taille assez importante pour que ce moyen de communication soit nécessaire.


Demain c'est pizza ou pâte?

Eolas:
Lasagnes d'aubergine, caldo de pollo.


Bon weekend!

29. Le samedi 1 mars 2008 à 14:40 par JFK

@8 : Effectivement, c'est la même chose pour la plupart d'entre nous. Je me demandais aussi si tout cela était très déontologique ?

30. Le samedi 1 mars 2008 à 14:54 par Térence

@ Eolas :

Bilan rapide sur la justice pénale après deux mois de barre :

J'ai bien le sentiment de servir à peu de chose ; le sentiment assez désagréable que l'avocat, à l'audience pénale, ne sert strictement à rien !

Assez déçu par l'exercice et le peu de considération que les magistrats ont pour les avocats pendant les audience pénales (le pire étant à mon sens les juridictions d'appel, et je ne parle pas même du le rapporteur qui vous sabre 2/3 des arguments d'une plaidoirie ou la mise en perpective des faits peut être déterminante) je m'oriente vers un strict contentieux civil et commercial.

A votre avis éolas, c'est un peu court deux mois pour faire un bilan ?

Vous n'avez pas, après toutes ces années, vous aussi le sentiment de vous trouver à chaque audience à la gauche de Gnafron.

Moi si ?

Et cela ne fait que deux mois que j'exerce !

31. Le samedi 1 mars 2008 à 16:26 par Dadouche

@ Térence

C'est vrai qu'en deux mois vous avez eu le temps de faire le tour de la question, notamment sur la considération que les magistrats accordent aux avocats.
Je n'ai pas bien compris dans ce que vous indiquez à l'aune de quoi vous la mesurez. Serait-ce fonction de leur capacité à toujours tomber d'accord avec vous ? Je n'ose le croire, sinon vous allez effectivement au devant de quelques désillusions.

Je ne sais pas davantage ce que vous entendez par "servir à quelque chose". S'il s'agit d'obtenir des relaxes ou des amendes avec sursis dans tous les dossiers, ç'est sûr que là encore ça va être compliqué. Mais je ne doute pas que votre vision du rôle de l'avocat soit bien plus nuancée.

L' "utilité" ou, mieux, la valeur ajoutée apportée par l'avocat à l'audience est variable. S'il présente des arguments étayés, qu'il propose des alternatives crédibles quand il plaide sur la peine, qu'il pointe des éléments du dossier quand il plaide la relaxe, il est très utile.
S'il est moins bon (ça arrive), qu'il tempête sur l'inutilité de la prison pour un multirécidiviste du vol avec violences, qu'il vitupère contre le parquet qui pousuit les revendeurs de cannabis alors que la consommation de cette substance bien moins dangereuse que l'alcool est entrée dans les moeurs ou qu'il explique que si la victime d'un viol n'avait vraiment pas été consentante, elle l'aurait mordu au moment propice (je vous jure, je l'ai déjà entendu), là, forcément, il est beaucoup moins utile, voire carrément dangereux. S'il répète, trois fois sous des formes différentes, ce qui a déjà été dit pendant l'instruction à l'audience et qu'il plaide façon fleuve en crue, ça peut aussi déclencher des réactions en chaîne incontrôlables chez les magistrats qui voient avec inquiétude l'heure tourner et la pile des dossiers ne pas baisser.

Le rôle de l'avocat au pénal ne se limite pas à l'audience : les conseils au client sur la façon de se tenir, l'examen de la régularité de la procédure, la production de justificatifs obtenus en préparant l'audience sont largement aussi (voire plus) importants sur le fond.


Cela dit, je ne nie pas que certains collègues donnent l'impression d'écouter distraitement les plaidoiries. C'est cependant loin d'être une généralité, et ça va souvent de pair avec, la pratique aidant, une aptitude quasi surnaturelle à faire deux choses en même temps.

32. Le samedi 1 mars 2008 à 16:32 par Bruno Lamothe

Il est bien de rappeler aux lecteurs que la déontologie est une chose précieuse pour l'ordre, même s'il arrive parfois que celle-ci soit un peu rangée de côté, voire utilisée à des fins de règlements de comptes...

33. Le samedi 1 mars 2008 à 18:18 par Térence

@ Dadouche,

Votre analyse est juste, et, pour aller vite, rangez-moi dans la catégorie pro-magistrats ; pour moi à l'évidence nos rôles sont complémentaires ; enfin, c'est à dessein que je ne parle que de l'audience pénale, la partie procédurale est effectivement déterminante ( cela étant on vous en soulève beaucoup dadouche des nullités de procédure, et qu'en dit la chambre de la confirmation ;-)).

Cher Dadouche, à aucun moment je ne crois à l'avocat "faiseur de miracle", il y a juste que l'exercice de la justice pénale me décoit terriblement, et quand bien même il y a quelques éléments à faire valoir devant les magistrats, ceux-ci sont plus ou moins toujours les mêmes (enfin il me semble).

Il faut être aveugle, pour, par exemple, avoir le sentiment qu'en fin d'audience de comparution immédiate, au 40 ème dossier, sur le coup des 22 h, l'intervention du gars en noir derrière la barre(et le magistrat à cette heure tardive n'est pas plus frais que l'avocat) va éclairer le tribunal sur la nécessité de ne pas délivrer mandat de dépôt à l'audience ou de ne pas faire application des règles de la récidive ! (et la CRPC...c'est un mois Monsieur, suivant...).

La machine pénale fait plier, me semble t-il, toutes les bonnes volontés ; de celle du magistrat à celle de l'avocat, en passant par celle du gréffier !

C'est intellectuellement assez décevant à vrai dire, seul le pénal des affaires me semble avoir, professionnellement, un intérêt réel (et j'ai conscience que dire pareille chose peut choquer certains confrères confirmés).

Enfin, j'insiste tout de même sur le fait, dadouche, que tous les magistrats ne sont pas aussi urbain que vous même (et vous le savez très bien ; et encore je passe sous silence les confidences d'amis assistants de justice sur les vertus de la plaidoirie pénale...)

34. Le dimanche 2 mars 2008 à 10:34 par zadvocate

Que pensez vous de la sanction ?

Je pense que le sursis est surement lié au fait qu'il s'agissait d'un premier incident disciplinaire pour le confrère mais à titre personnel je n'aurais pas prévu de sursis.

On lit en plus qu'elle n'a pas souhaité s'expliquer sur les montants récoltés grâce à ses courriers sans parler du fait qu'elle n'utilise pas la carpa.

En résumé, les manquements à nos règles sont tellement évidents (le courrier, la carpa, l'absence de réponse au Bâtonnier) que je n'aurais pas été si clément.

3 mois d'interdiction sans sursis auraient faits l'affaire.

ps: Le bulletin publie t'il seulement les décisions qui n'ont pas fait l'objet de recours ? Il ne me semble pas car j'ai souvenir d'une décision dont on a appris ensuite qu'elle avait été contestée en appel.

Eolas:
J'ai tendance à penser que pour qu'une interdiction professionnelle ferme soit prononcée pour un primo-manquant, il faut que la faute soit d'une telle gravité qu'il est certain que l'avocat a transgressé les règles de la profession en connaissance de cause. Notre confrère n'ayant jamais été attrait devant les juridictions de l'ordre, le sursis pouvait se comprendre. j'ignore en outre quels arguments il a pu faire valoir pour sa défense. Et pour votre dernière question, le bulletin publie toutes les décisions du mois. Mais l'appel est très rare. La 1e chambre de la cour n'est pas particulièrement indulgente à l'égard des avocats.

35. Le dimanche 2 mars 2008 à 11:52 par Francesco

Les Bulletins dont il s'agit sont disponibles ici:
www.avocatparis.org/Avoca...

36. Le dimanche 2 mars 2008 à 12:28 par NatGif à Didier Schneider n°21

à Didier Schneider n°21 : pan sur les doigts

Si vous tapez sur les doigts aussi bien que vous répondez, c’est-à-dire franchement à côté, vous devez vous faire mal à vos doigts. Vous devriez essayer les caresses. Ou les lunettes.

Merci pour l’article L 516-3 du Code du travail. Je n’ai pas dit que les avocats qui siégeaient en tant que conseillers prud’hommes dans une section plaidaient devant cette section « Et bien sûr, une partie de ces avocats conseillers prud'homaux faisaient du droit social, et plaidaient des dossiers devant le Conseil de Prud'hommes de....Paris. Pas devant la même section, il ne manquerait plus que ça, mais tout de même, c'est une pratique longtemps, heu, "tolérée" par l'Ordre des Avocats de Paris. Et malheureusement, Paris n'est pas le seul exemple. »

Et d’une.

Et de deux, ce que j’ai décrit est un fait que vous ne pouvez pas nier, puisqu’il a existé à Paris (je ne sais pas si c'est fini). Certains avocats en droit social se sont permis de plaider des affaires devant le Conseil de Prud’hommes où ils siégaient comme conseillers. Certes pas devant la même section, mais ça n’y change rien. C'est absolument anormal. ET les avocats ne sont pas seulement soumis aux dispositions du Code du travail mais aussi aux règles déontologiques édictées par leur règlement intérieur.

Et de trois : je passe le relais à la Cour de cassation ainsi qu’à l’article 6.1 de la convention européenne des droits de l’homme : « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue par un tribunal indépendant et impartial ».
En vertu de cet article, un conseiller prud’homme ne peut exercer de mission d’assistance ou de mandat de représentation devant le conseil de prud’hommes dont il est membre.

C’est la Cour de cassation qui l’a dit. Dans un arrêt du 3 juillet 2001. n° 3284 FS-PBI, Bonnaffé c/ Ducrocq.

La position de la Cour est nette et tranchée.

Preuve que le problème des « cumulards » se posait devant les Conseils de Prud’hommes et qu’il continue de se poser.

Mais bon, heureusement que vous n’êtes pas avocat (moi non plus) parce-que répondre à côté à un client…..à un juge…

37. Le dimanche 2 mars 2008 à 12:30 par Fred

@sartorius (22)

"En tapant sur ces brillants avocats d'utilité publique, Eolas se positionne du côté des escrocs (presque nazis) qui arnaquent les vieilles dames !!! Honte sur ce blog !!! :p"

Vraiment? Le fameux point Godwin, il y avait longtemps!

S'il vous plait, renseignez vous sur ce qu'a été le nazisme et cessez de faire du révisionisme en ramenant au niveau d'une bagarre entre poivrots une des plus grosses tragédie de l'histoire humaine.


PS: Eolas, n'hésitez pas à supprimer mon post s'il est hors sujet, c'est juste que je ne parviens pas à garder mon sang froid devant ces gens politiquement correct avec leur bien pensance dégoulinante qui pourrissent et salissent tout.

38. Le dimanche 2 mars 2008 à 13:28 par Fantômette

@ Terence

Je ne crois honnêtement pas qu'en deux mois, vous ayez fait le tour de la question.

J'ai pour ma part l'impression de commencer de trouver mes marques au pénal, et j'ai deux ans de barre.

Je vais me permettre de vous donner des conseils que vous choisirez ou non de suivre, sachant de toute évidence qu'il n'y a nulle vertu particulière à poursuivre une activité pénale si l'on ne s'y sent pas à l'aise.

D'abord, cette vieille règle qui veut que "les vieux chevaux passent avant les jeunes baudets" comme aurait dit ma grand-mère, c'est-à-dire les avocats les plus chevronnés avant leurs jeunes confrères, présente l'immense avantage de nous les faire écouter plaider. Croyez-moi, pour certains, ça vaut le détour, et quant à moi, j'ai toujours plaisir à les laisser passer devant moi pour profiter de la leçon.

Personnellement, je trouve en plus que c'est bon pour le moral, mais là c'est subjectif.

Ensuite, un vieux diehard pénaliste m'a donné un jour un conseil très simple, mais qui recadre bien les choses : Le travail, au pénal, c'est le dossier, et le client.

Le dossier, il faut le connaître sur le bout des doigts, et ce n'est pas une figure de style. Mes dossiers au pénal, je les dépouille, je les stabilote, les re-classe, des fois je les mets sous cote, eh oui, j'écris dessus, quand j'en ai fini avec eux, ils ressemblent plus à rien (et personne ne s'y retrouve sauf moi), mais je ne laisse passer aucune approximation de la part de personne sans la remarquer : président, procureur, confrère adverse.

Le client, pareil. Vous ne trouverez pas votre valeur ajoutée sans son aide. Pour commencer, il faut l'écouter beaucoup, beaucoup. Pas seulement sur les faits. Sur lui.

Vous avez un avantage sur le juge : vous avez la possibilité de mieux connaître votre client que lui. Profitez-en. Ce sera utile pour plaider sur la peine, et il faut plaider sur la peine.

Bon courage.

39. Le dimanche 2 mars 2008 à 14:06 par beatrice

il semble que chaque tete de bétail va recevoir une puce "vericchio"pour le localiser par satellite et que plus tard cela pourrait etre destiné au bétail humain que nous sommes.Chaque citoyen recevrait sous la peau une puce grain de riz.Surement un délire de blog...

40. Le dimanche 2 mars 2008 à 14:31 par didier Schneider

à 36.
Ce qui vous apparait comme anormal parait normal pour le législateur. Toute personne qui est titulaire de la fonction de conseiller prud'homme, que ce soit en tant que conseiller employé ou conseiller employeur peut défendre des employés ou des employeurs devant la juridiction prud'homale. Et ce, quelque soit la profession du conseiller.
Je ne vois rien de choquant qu'un conseiller, quelque soit son collège, aille défendre un dossier en dehors de son ressort. Cela représente environ 10 % des dossiers défendus.


"ET les avocats ne sont pas seulement soumis aux dispositions du Code du travail mais aussi aux règles déontologiques édictées par leur règlement intérieur."

Existe t il dans la déontologie des avocats une interdiction spécifique aux avocats qui sont conseillers prud'homaux ?

Il vous semble anormal qu’une telle proximité existe entre juges et défenseurs. Mais pourtant, l’organisation judiciaire permet qu’un avocat puisse remplacer un juge lorsque aucun conseiller n’est disponible ( ARTICLES 4 ET 49 DU DECRET DU 30 MARS 1808 ).

Exemple : Gascogne doit présider une audience collégiale. Mais un de ses conseillers vient d’être hospitalisé. Il lui manque un conseiller. ( en plus de greffiers et de matériel ). Personne de libre dans son ressort, l’audience ne peut être repoussée. Les autres juridictions ne peuvent lui prêter un magistrat. Maitre Eolas, qui passait par là en touriste, sera alors adoubé ( pardon choisi, mais bon, à cause de la rapière…) et deviendra …..magistrat. ( bon juste le temps de l’audience. Si Gascogne abuse, il pourra en plus lui demander de rédiger le jugement…  )

Donc, voyez, Natgif, qu’un océan ne sépare pas défenseur et juge. Il n’existe aucune contrariété.

Quelques exemples : 88-82.914 , 81-94.934 , 75-93.083 , 65-90.997 .



Le droit à pouvoir choisir son défenseur est aussi un droit. Dans l’affaire que vous citez, c’est un cas d’espèce et non de principe car le défenseur n’était autre que le mari de la partie demanderesse. Aussi, une demande de récusation pour « suspicion légitime » doit reposer sur des faits graves et sérieux. Elle ne saurait se fonder sur de simples allégations sur des appréhensions du demandeur, sur une ambiance défavorable. La suspicion de connivence entre les juges prud’hommes et le défenseur, qui exerce également les fonctions de conseiller, ne saurait donc se fonder sur de simples « impressions » ou sur la seule allégation que l’activité juridictionnelle créerait des liens de nature à amoindrir la rigueur qui doit présider à l’examen des arguments présentés par le défenseur.

Enfin, il suffit de savoir que la composition paritaire de la juridiction prud’homale exclut par elle-même toute dérive, la moitié des conseillers étant employeurs, l’autre moitié étant employés.


41. Le dimanche 2 mars 2008 à 14:32 par Térence

@ fantômette

Merci de vos conseils fantômette.

42. Le dimanche 2 mars 2008 à 15:15 par Véronique

@ Fantômette

" Vous avez un avantage sur le juge : vous avez la possibilité de mieux connaître votre client que lui. "

Ou un désavantage...

" Mon Dieu, faites-en sorte que je ne l'aime pas de trop ".

Max Jacob à propos de Maurice Sachs.

Euh...c'est juste en passant par ici.

43. Le dimanche 2 mars 2008 à 15:37 par Sartorius

@Fred:

Si vous êtiez un peu moins tendu de la Pampers, vous auriez
- décelé l'ironie dans ma réponse matérialisée par l'exagération évidente et l'utilisation d'un smiley.
- fait le rapprochement avec le billet précédent d'Eolas dans lequel il disait: "c'est une des avocates qui officie sur le plateau de l'émission de Julien Courbet ou des gens se font crier dessus au téléphone pendant qu'une vieille dame pleure en gros plan."
- remarqué que mon commentaire a été publié le 1er mars à 8h29, qu'Eolas a du le voir passer puisqu'il contient le mot "nazi" sûrement détecté par son troll detector et qu'il a répondu aux commentaires 28 et 34 publiés après le mien.
- remarqué que je suis un habitué des commentaires de ce blog pour en louer les services.

44. Le dimanche 2 mars 2008 à 16:05 par Kenny

@ Fred (37)

Il semble assez clair l'intervention de sartorius (22) est à prendre au second degré !
Petit indice, le smiley :p qui représente un visage souriant qui tire la langue ! ;-)

45. Le dimanche 2 mars 2008 à 18:50 par FidèlePreskAvocate

Re-question maître eolas: Pourquoi ne pas répondre à ma question (8) ? Je vous avez connu plus réactif! Ou peut-être que cette question est gênante parce que la pratique est courante. Votre silence me laisse perplexe... m'enfin!

Eolas:
Vous employez une excellente méthode pour me donner envie de vous répondre. Je vous laisse à votre perplexité.

46. Le dimanche 2 mars 2008 à 19:05 par FidèlePreskAvocate

Je ne vous connaissez pas si susceptible mais je suis ravie de retrouver votre réactivité.

Ne le prenez pas pour vous mais je ne fais que répéter ce que je disais déjà sur la pratique courante (faire faire des expertises à des élèves avocats seuls, par exemple) et je vous confirme mon souhait d'y voir un peu plus clair. Vous en conviendrez il est difficile de poser cette question à son maître de stage.

C'est bien parce que j'avais cru comprendre de vos différents billets que vous n'étiez pas corporatiste que je m'étais adressée à vous.

Et je confirme aussi être perplexe puisque vous ne répondez pas à ma question qui était pourtant postée depuis vendredi.

Désolée d'avoir froisser votre robe mais votre réponse m'intéressais et je sais que je n'étais pas la seule à attendre de vous lire. Vous plongez certains de mes camarades dans la même perplexité.

Je serais ravie d'avoir une réponse si vous voulez bien.

Merci.

47. Le dimanche 2 mars 2008 à 20:21 par Marie

J'ai entendu quelqu'un objecter aux éventuelles poursuites des avocats qui participaient à l'émission de TV, avant qu'elles ne soient effectivement exercées, que ces avocats n'intervenaient pas en tant qu'avocats mais seulement en tant que personnes éclairées en la matière et compétentes pour débrouiller un problème pouvant être solutionné par une voie de droit.

De fait, peut-on considérer que la grosse dame inconsolable du premier plan avait donné mandat aux avocats?
Le pauvre bougre à l'autre bout du fil était-il juridiquement "une partie adverse" ?

Le fondement de l'article 1.3 du RIBP me semble indiscutable, mais pour ce qui concerne les relations avec la partie adverse, y en a-t-il vraiment une ?

Je suppose que oui puisqu'il y a eu sanction mais je me demande si ce n'est pas un peu discutable sur le plan technique même si j'ai toujours été agacée par le sort du type qui se faisait vilipender à l'improviste, devant une foule de gens, par une horde de juristes agressifs qui eux, avaient eu le temps de préparer leur intervention. Peut-être la théorie du mandat apparent est-elle rentrée en ligne de compte.

Je serais curieuse de connaitre les arguments en défense des avocats concernés.

48. Le dimanche 2 mars 2008 à 21:18 par Jack

« Sans aucun doute, mes lecteurs auront compris de quelle émission il s'agit. »

Et bien pas du tout. Tout le monde ne regarde pas la télé. Et parmi ceux qui la regardent, tout le monde ne regarde pas toutes les émissions de télé qui passent au zapping.

Alors c'est peut-être expliqué dans l'un de vos précédents billets, mais vous n'avez donné aucun hyperlien pour établir un rapprochement.

Eolas:
Pour qui est un peu subtil, je donne tous les éléments pour faire le rapprochement. Et vous aussi, vous les donnez, d'ailleurs.

49. Le dimanche 2 mars 2008 à 21:20 par PB

@ Marie 47 "ces avocats n'intervenaient pas en tant qu'avocats mais seulement en tant que personnes éclairées en la matière".

L'avocat est toujours avocat et ne peut donc pas intervenir avec une autre casquette ! Avocat n'est pas seulement une profession, c'est un "état". C'est la raison pour laquelle un avocat peut faire l'objet de poursuites disciplinaires même pour des faits qui n'ont strictement rien à voir avec l'exercice professionnel au sens strict (par exemple un vol). C'est la raison aussi pour laquelle une avocate avait été mise en cause pour avoir jouer de l'accordéon un dimanche sur un marché (je ne me rappelle plus la décision pour ce cas d'espèce)...

En tout état de cause, dans l'émission que l'on devine, personne ne manque de rappeler la qualité d'avocat des personnes concernées !

50. Le dimanche 2 mars 2008 à 22:13 par Ajman

@PB

Accordéon et "appel à la générosité du public": Cour d'appel de Bordeaux, 3 juin 2003 refuse de la sanctionner arguant du fait qu'en l'absence de signe exterieur de son appartenance à la profession d'avocat le public n'a pu établir de lien avec la profession de sorte qu'elle n'a pas contrevenu aux règles déontologiques... Etonnant alors même que ces principes trouvent à s'appliquer tant dans le champ professionnel qu'extraprofessionnel...
Pour l'émission dont il s'agit ici, il ne fait aucun doute que leur qualité d'avocat est mise en valeur(utilisée) de sorte qu'elle ne peut avoir échappé au public.

51. Le dimanche 2 mars 2008 à 22:16 par Billy

@a Jack, je crois que l'émission est Sans aucun Prout, une émission sur l'effet de serre produit par l'estomac des vaches (mais je peux me tromper)

@FidèlePreskAvocate, il y a une méthode avec Eolas qui marche, quand il ne répond à votre question, vous la mettez de côté et vous la reposez plus tard, dès qu'un billet s'accorde plus ou moins à la question. Je le fais sans arrêt et ca marche du tonnerre de Dieu.

@Guillermito, content de vous revoir. Alors vous avez payé les dommages et intérêts finalement? Bon vous avez été bien aidé par PayPal. Mais au final combien vous a coûté votre antivirus? (en comptant les dommages et intérêts mais aussi les frais d'avocats, transport sur Paris ...)

Et puis une question si vous le permettez : quand les OPJ vous ont téléphoné chez vous, pourquoi ne leur avoir pas dit : Ecoutez cette affaire n'a pas été faite sur le territoire national, vous pouvez venir m'interroger chez moi aux Etats Unis mais je ne peux me déplacer en France, je n'ai pas les moyens financiers qui me le permettent?

A moins que je me trompe c'est aux OPJ de venir vous interroger.

52. Le dimanche 2 mars 2008 à 22:58 par Ajman

CA Bordeaux, 3 juin 2003: extraits:

"L'exercice de la profession d'avocat dans la dignité exclut toute activité publique et privée susceptible de porter atteinte à cette dignité: la profession d'avocat interdit pour celui qui entend l'exercer, de solliciter la générosité du public, en jouant de la musique dans les rues et sur les marchés en dehors de toute organisation officielle.

En effet, solliciter la générosité publique dans les rues et sur les marchés comme le font les musiciens aux modestes ressources et n'ayant pour survivre que leur art, est, dès lors qu'il est accompli dans un but de profit personnel et privé, un acte de subsistance et non une juste rémunération d'un talent déployé, l'obole déposée par le public pouvant aussi bien comme motivation la récompense de la qualité artisanale déployée que la sanction d'un art décadent dont il est souhaité la fin rapide de sa manifestation.

Aussi lorsqu'il s'adonne à une activité artistique et plus particulièrement à une activité musicale dans la rue, l'avocat donne inévitablement aux passants qui le reconnaissent ou ont été renseignés sur sa qualité professionnelle, l'idée que le métier d'avocat est une peu reluisante profession dont l'exercice ne suffit pas à assurer à celui qui la pratique une existence digne et décente.

Faire naître un tel jugement dans l'esprit du public ne fait que porter atteinte à une profession qui, en raison de ses prérogatives légales qui sont reconnues, dont un monopole d'assistance et de représentation en justice pour assurer la défense des justiciables, n'est pas une simple profession mais un ministère. Il ne peut en être autrement que si le public n'est pas en mesure de faire le lien entre l'activité d'avocat et celle de musicien de rue faisant appel à la générosité du public dans un but strictement privé.

En l'espèce, il est constant et il est reconnu par l'intéressée elle-même que Maître X sans porter le costume d'audience a joué à trois reprises de l'accordéon sur la voie publique alors qu'elle sollicitait la générosité des passants en ayant posé à ses pieds, sur le sol, un étui ouvert d'un instruiment de musique contenant quelques pièces de monnaie.

En d'autres termes, au moment où elle exerçait ses talents d'accordéoniste sur la voie publique, Maître X ne portait sur ses habits aucun signe extérieur de nature à rappeler son activité au barreau. Dès lors, seul un public averti était susceptible de faire le lien entre les deux activités de l'auteur du présent recours. En la cause, ce fut deux confrères de son barreau, Maître Y et Maître Z, qui l'avaient reconnue.

Dès lors, pour que la pratique du concert sur la voie publique porte atteinte à la dignité de l'exercice de la profession d'avocat, il faut qu'extérieurement, ostensiblement un signe rappelle la double qualité du concertiste, l'appréciation du cumul des deux activités devant s'effectuer objectivement et non subjectivement.

Dans ces conditions, Maître X n'a pas commis de manquements à la dignité d'exercice de la profession d'avocat, justifiant une sanction disciplinaire et doit être relaxée."

53. Le lundi 3 mars 2008 à 10:12 par FidèlePreskAvocate

@Billy51: Merci pour le tuyau! Mon étonnement vient de ce que dans un précédent billet, j'avais évoqué la question et Maître Eolas avait esquissé une réponse. Je pensais donc que dans un billet sur la déontologie il aurait complété. Je crains qu'il n'apportera pas de réponse désirant "me laisser à ma perplexité"! En tout cas je note qu'une des méthodes consiste également à ne pas trop le titiller...Quoique, il m'a répondu instantanément lorsque j'ai évoqué son silence!

54. Le lundi 3 mars 2008 à 11:07 par Delio

@ FidèlePreskAvocate

Vous est-il arrivé d'envisager qu'Eolas, au delà de son état de blogueur est aussi un homme, doublé d'un avocat (et qu'il lui arrive en conséquence de plaider, étudier ses dossiers en son cabinet, rendre visite à ses clients s'ils sont détenus, etc...), qu'il a également une épouse venue d'outre-Pyrénées (sans que cela fut pour autant une erreur) et une descendance à laquelle il lui plaît de consacrer un temps non négligeable.

Vous conviendrez donc qu'il n'est pas obligatoirement face à son ordinateur, une fenêtre ouverte sur son blog et rafraîchissant la page en permanence, à l'affût de vos commentaires et de vos interrogations.

55. Le lundi 3 mars 2008 à 11:12 par Loulou des Bois

Ca y est, Eolas a enfin trouvé son avocate !

C'est un honneur de penser que je prêterai serment avec elle.

56. Le lundi 3 mars 2008 à 11:38 par Fabien

Et, sans aucun doute, Jean-Marc Morandini aura trouvé ce lundi l'occasion d'en faire ici :
jeanmarcmorandini.tele7.f...
une "EXCLU" dont il parle à 11h sur Europe 1…

Cela ne s'appelle-t-il pas du plagiat, dans la mesure où, à la radio, il ne parle pas DU TOUT du Journal d'un avocat ?

57. Le lundi 3 mars 2008 à 12:20 par FidèlePreskAvocate

@Delio

Maître Eolas est un être humain ???!!! Sans blague...

Si vous étiez un réel lecteur de ce blog, vous sauriez que ce qui en fait notamment la pertinence c'est la réactivité des commentaires échangés. Et pour moi qui en suis une fidèle j'ai constaté que Maître Eolas n'était pas en code rouge. Si vous aviez suivi de manière rigoureuse le fil des commentaires vous l'auriez constaté.

Les éléments que vous apportez sont hors sujet. Même si je vous concède que la tenue de ce blog doit lui prendre du temps.

Quoique vous en disiez il rafraîchit ses pages de manière très régulière et comme je pense qu'il a conscience des réponses que ses lecteurs attendent, même s'il ne dort pas avec une alarme qui se déclenche à chaque nouveau commentaire, il est toujours très réactif et éclaire les lanternes de pas mal de monde, dont les miennes.

Contrairement à vous, je suis consciente qu'en sa qualité de maître de ces lieux, eolas est libre de répondre, de ne pas répondre, de troll détectorer. C'est la définition même du blog très cher.

Bref, cela devient génant de parler de Maître Eolas comme s'il n'était pas là et comme s'il attendait que quelqu'un le soutienne! Encore une fois si vous connaissiez le fonctionnement de ce blog, vous auriez déjà constaté qu'Eolas fait pan pan sur les doigts quand ça lui chante.

Vous cherchez un stage ou du boulot pour avoir besoin de lécher la robe du maître de ces lieux ?!

Eolas:
Whaaa, Fidèle casse trop !

58. Le lundi 3 mars 2008 à 12:50 par FidèlePreskAvocate

Je vous reconnaît bien là!!! ;-)

59. Le lundi 3 mars 2008 à 12:54 par FidèlePreskAvocate

@ Delio:

Rassuré sur la réactivité de Maître Eolas???!!!

Quand je vous dis que je suis une fidèle de ce blog...

60. Le lundi 3 mars 2008 à 13:20 par Dam

Aïe, elle s'enfonce ...

61. Le lundi 3 mars 2008 à 14:02 par Loulou des Bois

à Eolas

Raul aussi

62. Le lundi 3 mars 2008 à 16:12 par FidèlePreskAvocate

@ Dam:

Je réitère : je reconnais bien là le "pan sur le clavier" de Maître Eolas! Je ne m'étais pas enfoncée dans la jungle de Cuba!:-)

Cela fait parti du jeu de ce blog!

Si vous maîtrisez bien les coups de règles d'Eolas, je crains que vous n'ayez pas vu le 15ème degrès de mon commentaire!

63. Le lundi 3 mars 2008 à 16:36 par Javi

Bonjour,

Excusez svp ce commentaire hors sujet: dans un article de libé d'aujourd'hui sur l'affaire note2be (les notations de profs), le propriétaire du site dit que la décision du référé interdit "tous les sites de notation et de commentaires".
Je croyais que c'était simplement le fait de citer les noms des professeurs qui posait problème. Est-ce exact? ça me parait très gros comme assertion.

Pensez-vous pouvoir consacrer un billet fiable à ce sujet prochainement?

64. Le lundi 3 mars 2008 à 16:40 par Javi

hum, je me rends compte que mon message ci-dessus est un peu direct...

Déjà que le HS est un peu limite. Bon, je voulais juste vous assurer que je ne souhaite pas lancer de troll sur le sujet. Mais je vous remercie d'avance si vous envisagez un jour de faire un billet là dessus. J'ai le sentiment depuis que je vous lis qu'ils sont une source d'informations plutôt plus fiable que la moyenne des articles internet... ce dont je vous tiens gré.
Cordialement.
XB

65. Le lundi 3 mars 2008 à 17:32 par PEB

@15: A propos du désintéressement, ce devoir ne veut dire ni "rien à faire, ça ne m'intéresse pas", ni vivre d'amour et d'eau fraîche. Les fonctionnaires sont eux aussi soumis à ce devoir, ça ne les empêchent pas de demander au Gouvernement la juste récompense des efforts fournis.

Il s'agit de n'avoir aucun intérêt particulier dans les affaires que l'on a à plaider. Par analogie avec la Fonction publique, un avocat ne peut défendre une société commerciale où il est actionnaire. Il ne peut conseiller quelqu'un avec qui il doit traiter directement ou par le truchement d'un tiers. Bref, un avocat probe ne doit jamais mettre en jeu autre chose que sa réputation professionnelle, qui est son véritable bien.

Ai-je compris la leçon, Maître, moi qui ne suis ni serai avocat?

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