Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Plaidoyer pour la justice

Par Casamayor, parquetière


Il est difficile de parler d'un métier qu'on exerce à des lecteurs qui n'ont qu'une image de la justice tronquée et une méconnaissance du fonctionnement de nos juridictions.

C'est vrai qu'il y a un profond malaise dans la magistarture, nous en parlons ,nous essayons de comprendre et d'analyser pourquoi.

Non pas avec le garde des Sceaux qui n'en a cure, mais très régulièrement en fait à chaque fait divers qui est repris dans la presse.

J'étais magistrat en 2000, comme notre garde des sceaux avec plus d'ancienneté, la différence entre hier et aujourd'hui c'est qu'hier il y avait l'espoir d'être entendu et de la courtoisie à notre égard.

Aujourd'hui il y a quelque chose de l'ordre du désespoir face aux demandes folles de la société que nous représentons. Je suis au parquet.

Aujourd'hui réulièrement, je me demande si je resterai jusuq'au bout pour exercer un métier qui pourtant est exceptionnel, non pas par la théatralité de l'audience mais par la réalité du quotidien.

Nous exerçons notre métier sur des concepts qui sont très éloignés de ceux qui prédominent dans l'ère médiatique actuelle:Pour illustrer ce que je veux dire je tire quelques lignes d'un livre d'Al Gore que je transpsoe à la justice "A mesure que la prédominance de la télévision s'est accrue, les éléments extrêmements importants de la démocratie sont devenus marginaux. Mais la perte la plus grave est de loin est celle du terrain même où elle s'exerçait. le "forum des idées", était un lieu dans lequel "les vérités"pouvaient être découvertes et perfectionnées grâce à la comparaison la plus complète et la plus libre des opinions contradictoires".

la Sphère publique fondée sur l'écrit, qui avait émergé des lumières, a fini en l'espèce d'une génération par sembler aussi obsolète qu'une voiture à cheval.

Tout cela a fait place à une mise en place d'une politique de la peur."

Politique délibérémment mise en oeuvre depuis 18 mois maintenant.

Les magistrats respectent le contradictoire ,il y a toujours au moins deux points de vue dans un procès, nous savons que nous ne pouvons pas être aimés et nous ne devons pas l'être.

Notre devoir et de faire appliquer la loi dans sa rigueur et son humanité.

Nous respectons les personnes qui ont à faire à la justice, mais pour moi fondmentalement respecter un individu n'est nécéessairment pas faire droit à toutes ses demandes.

Requérir de l'emprisonnement n'est pas chose facile, nous le faison parce qu'il faut le faire parce que c'est pour cette mission sociale que nous sommes payés.

Nous savons ce que représente une peine d'emprisonnement pour un enfant ou un adolescent.

Nous savons aussi ce que ressentent les victimes de viols ou autres crimes .A l'audience et dans nos bureaux, nous les rencontrons quotidiennement.

Nous ne sommes pas dans une bulle à l'extérieur des murs de la Cité nous en sommes au coeur.

J'invite les citoyens à venir aux audiences.

Souvent à la fin des procès d'assises, les spectateurs venaient me parler pour discuter de ce qui s'est passé à l'audience ou du contenu de mes réquisitions. J'acceptais cet échange. Je ne requiers plus aux assises.

Comment faire comprendre que dans ce métier le plus souvent les décisions sont sur le fil ,que nous optons non pas, pour la meilleure mais pour la moins mauvaise décision.

Que quoi qu'on fasse surtout au pénal on fera mal.Mais qu'il n'y a que nous pour ça.

Nous ne pouvons et ne devons pas être dans la dégoulinence démagogique parce que cela ne rend pas service aux individus qui sont sous main de justice et à la société toute entière.



Oui nous doutons, mais il nous faut trancher.

Nous sommes avant tout contairement à ce qui se dit des professionnels de l'humain, nous connaissaons les hommes leurs faiblesses, leurs passions, leurs perversions, nous faisons avec.Nous agissons dans un cadre professionnel.



Les magistrats ne sont pas des fonctionnaires: la magistrature et une Autorité.

Les démocraties sont fondées, toutes sans exception, sur trois entités: le l'égislatif, l'éxécutif et le judiciaire, c'est l'équilibre entre ces trois pouvoirs qui assoie la démocratie. C'est là que doit résider l'indépendance de la magistarture du siège comme du parquet.

Briser l'un des trois, et l'éxécutif et le législatif se confondent en une seule voix.

Bien sûr nous ne sommes pas parfaits mais nous n'avons collectivement aucune arrogance, ni prétention à l'être. Dans les périods de crise, et de doute sur l'engagement professionnel, je pense aux écrits religieux qui fondent notre culture.

Aujourd'hui, je pense à Ponce-Pilate face à la foule qui demandait la tête du Christ. Ponce-pilate était magistrat. Il connaissait les hommes et je me dis "toujours la foule libérera Barrabas", il y deux mille ans comme aujourd'hui les hommes n'ont rien appris de leur histoire.

Mais pour le moment, trève de philososphie, il nous faut continuer pour les justiciables qui attendent que leur situation soit traitée, et qui heureusement pour un certain nombre nous en remercie.

Merci de cet espace de parole. bien cordialement à tous.

Commentaires

1. Le jeudi 23 octobre 2008 à 20:50 par 1bR

Très bon article, personnellement je fréquente le tribunal de Sarreguemines précédemment cité très régulièrement et je vois diverses affaires instruites sous nos yeux lors des audiences en correctionnelle et je suis toujours ébahi par le travail difficile des juges et procureurs (je profite de l'occasion pour les féliciter !). Merci à vous pour cet excellent article. A noter juste, Maitre Eolas une petite faute de frappe je crois et qui influe sur le sens mais peut-être me méprené-je ? "Les magistrats ne sont pas des fonctionnaires: la magistrature et une Autorité." Ne vouliez vous pas dire que la magistrature EST une autorité ? Et quelques fautes de frappes mais qui n'influent pas sur le sens pour le coup ;)
Encore merci à vous pour votre point de vue !

2. Le jeudi 23 octobre 2008 à 20:58 par Polymnie

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Nouvelle et assidue lectrice de ce blog, je prends sur moi d'oser exprimer ce que m'inspire tous ces billets dans leur ensemble et ce plaidoyer en particulier. Humble étudiante dans cette matière qui fait le coeur de vos discussions, et que j'ai connu dans mes années d'adolescence (encore récente) mouvementée, j'ai très jeune développée une véritable passion pour le droit. Je suis fascinée par son histoire, son évolution perpétuelle, le reflet qu'il donne d'une société, les débats passionnants qu'ils suscitent chez ses pratiquants (ou pas). Mais au-delà de cet aspect théorique, les surprises se succèdent quand ces principes sont confrontés à la réalité du quotidien. En effet, de pratiquants (actuels ou futurs) ne recherchant qu'une position sociale en lois mal rédigées, mal appliquées, en passant par des situations qui ne se résolvent que par les opportunités offertes par les carnets d'adresse, tous les idéaux s'assombrissent rapidement. Cependant, si, humains, nous sommes capables du pire, en droit comme ailleurs, il reste des individus qui ont des valeurs et tentent, avec les moyens dont ils disposent, de les respecter, même s'ils sont parfois maladroits ou désabusés. Pour cela, je voulais leur rendre hommage ou, à tout le moins, les remercier en mon nom, et celui des étudiants qui, comme moi, avancent vers ces professions décriées, bafouées, ou méconnues du public, mais indispensables dans notre société. Merci de nous donner tort lorsque nous nous laissons influencés par les médias ou que nous cédons à nos préjugés face à des situations personnelles pour lesquelles nous oublions les enseignements précieux que nous transmettent professionnels et professeurs.
Dans l'attente et l'espoir d'être bientôt à vos côtés, je retourne à mon rôle de lectrice anonyme.
Bonne soirée et bon courage

3. Le samedi 25 octobre 2008 à 05:27 par Alain Pacifique

merci pour votre contribution et merci à tous les autres ( que je n'ai pas encore lu.
vous écrivez :"Il est difficile de parler d'un métier qu'on exerce à des lecteurs qui n'ont qu'une image de la justice tronquée et une méconnaissance du fonctionnement de nos juridictions".
vous avez tout à fait raison. une chose est sure, le fonctionnement de la justice devrait être enseigné à l'école. mais aussi, vous ( les magistrats et travailleurs de la justice ) devriez communiquer plus.
en ce qui me concerne, j'ai longtemps tapé ( au sens figuré , je vous rassure ) sur les juges , les policiers et l'ordre en général. jusqu'au jour où j'ai fait la connaissance d'une de vos collegue et de ses amis magistrats. j'ai beaucoup appris sur la justice, son fonctionnement et les gens qui y travaillent. du coup, mon coté " rock'n roll" en a pris un sacré coup !! ;))

en résumé , communiquez, encore , encore et encore !!

4. Le samedi 25 octobre 2008 à 23:19 par Skippy

« Les démocraties sont fondées, toutes sans exception, sur trois entités: le législatif, l'exécutif et le judiciaire, c'est l'équilibre entre ces trois pouvoirs qui assoit la démocratie. »

La démocratie française n'est-elle pas également fondée sur la séparation des trois pouvoirs ? Comment (c'est une question naïve, pas un piège ni une critique) l'existence d'un(e) ministre de la Justice est-elle conciliable avec cette séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire ?

[Par ailleurs, et même si je sais que c'est toujours désagréable à entendre (ni à dire), une petite relecture ou un passage au correcteur permet souvent de réduire le nombre de fautes de frappe et d'orthographe, facilitant ainsi la lecture… Mais ça doit être le coup de l'émotion.]

5. Le mercredi 29 octobre 2008 à 11:54 par Marby

Je ne suis qu'une contribuable ordinaire et je n'ai qu'une expérience très limitée de la justice et du droit (2 procès, perdus du reste), mais je suis étonnée de la naïveté des professionels qui disent tenter de défendre le droit et la démocratie du mieux qu'ils le peuvent, prendre les décisions non pas les meilleures mais les moins mauvaises, et même douter parfois du bien fondé des lois (en invoquant le verdict de la foule dans le procès de Jésus !), comme s'ils ne s'étaient jamais posé la question du pouvoir propre qui leur est leur est imparti à partir du moment où ils acceptent d'entrer en fonction, que celle-ci soit celle juge, greffier, procureur ou substitut, voire même celle d'avocat ! Sachant ce qu'ils savent en exerçant leur métier respectif, pourquoi diable acceptent-ils de jouer encore le jeu d'un pouvoir qui ne leur convient pas, et n'essaient-ils pas d'instruire directement les politiques pour modifier le contenu de ces lois ou leurs modes d'applications ? pourquoi a-t-il fallu attendre qu'il y ait disfonctionnement pour qu'il y ait débat, et pourquoi leurs débats avec les politiques (s'il y en a ) qui conçoivent et votent les lois ne sont-ils pas publics ? Et surtout : pourquoi acceptent-ils que les lois soient rédigées de manière abscondes et illisibles (quand elles ne sont pas contradictoires) pour le commun des mortels, nécessitant une armada de spécialistes pour les traduire littéralement et dans les faits ? N'est-ce pas justement pour préserver l'exclusivité de leurs compétences et leur parcelle de pouvoirs ? Sont-ils vraiment sincères quand ils invoquent leur croyance dans la démocratie ?

6. Le mercredi 29 octobre 2008 à 12:58 par Marby

Je ne suis qu'une contribuable ordinaire et je n'ai qu'une expérience très limitée de la justice et du droit (2 procès, perdus du reste), mais je suis étonnée de la naïveté des professionels qui disent tenter de défendre le droit et la démocratie du mieux qu'ils le peuvent, prendre les décisions non pas les meilleures mais les moins mauvaises, et même douter parfois du bien fondé des lois (en invoquant le verdict de la foule dans le procès de Jésus !), comme s'ils ne s'étaient jamais posé la question du pouvoir propre qui leur est leur est imparti à partir du moment où ils acceptent d'entrer en fonction, que celle-ci soit celle juge, greffier, procureur ou substitut, voire même celle d'avocat ! Sachant ce qu'ils savent en exerçant leur métier respectif, pourquoi diable acceptent-ils de jouer encore le jeu d'un pouvoir qui ne leur convient pas, et n'essaient-ils pas d'instruire directement les politiques pour modifier le contenu de ces lois ou leurs modes d'applications ? pourquoi a-t-il fallu attendre qu'il y ait disfonctionnement pour qu'il y ait débat, et pourquoi leurs débats avec les politiques (s'il y en a ) qui conçoivent et votent les lois ne sont-ils pas publics ? Et surtout : pourquoi acceptent-ils que les lois soient rédigées de manière abscondes et illisibles (quand elles ne sont pas contradictoires) pour le commun des mortels, nécessitant une armada de spécialistes pour les traduire littéralement et dans les faits ? N'est-ce pas justement pour préserver l'exclusivité de leurs compétences et leur parcelle de pouvoirs ? Sont-ils vraiment sincères quand ils invoquent leur croyance dans la démocratie ?

7. Le lundi 10 novembre 2008 à 17:48 par stellar

@ marby

Je ne suis pas juge mais je vois plusieurs objections à vos demandes.

- Ce n'est pas au juge de demander de nouvelles lois ou la modification de lois existantes. L'exception la plus notable est le rapport annuel de la Cour de cassation qui comporte une partie proposition de modifications. Ce sont des passages (très) techniques.

- Les juges n'ont pas le choix des lois à appliquer, même absconde ou illisibles. Ils se passeraient bien de celles-ci mais doivent tout de même statuer (sinon c'est un déni de justice) et appliquer le droit en vigueur.
Le premier responsable de la mauvaise qualité des lois est le parlement, la volonté de vouloir régler tous les problèmes médiatiques par une nouvelle loi (et non par exemple par des moyens pour appliquer les lois existantes). Les responsables se sont aussi nous électeurs, que l'on appate avec des promesses, souvent matérialisées par de nouvelles lois.

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