Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Des képis dans le préau

Je vous parlerai un peu plus longuement des opérations anti-drogue dans des collèges du Gers qui font couler beaucoup de pixels sur les blogs. Je n'ai pas le temps de faire un billet complet, et je ne trouve guère d'éléments factuels, les récits des témoins étant contestés par les gendarmes.

Mais beaucoup de personnes se disent choquées, à tout le moins dérangées, que la police —en l'espèce la gendarmerie— puisse faire ainsi irruption dans un collège.

Mais il y a mieux.

Le 24 novembre 2008, à 15h45, Monsieur Kurtishji, accompagné de deux policiers en civil, est venu chercher trois de ses quatre enfants (un scolarisé en primaire, deux en maternelle), en pleine classe, pour «un rendez-vous en préfecture», ont compris les enseignants.

«A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon», rapporte une militante du Réseau éducation sans frontières de l'Isère. Prévenus, les permanents de la Cimade, seule association autorisée à entrer dans les centres de rétention, ont cherché les Kurtishji, sans succès. Dès le mardi matin, la famille avait été expulsée vers l'Allemagne, porte par laquelle elle était entrée en Europe.

Nous sommes donc en présence d'un demandeur d'asile, d'origine albanaise semble-t-il, qui est entré dans l'espace Schengen par l'Allemagne. Les Albanais fuient généralement des vendettas, des dettes de sang où pour venger un mort, on assassine quelqu'un de la famille ennemie, qui à son tour devra le venger, et ainsi de suite.

Les accords de Schengen prévoient dans ces cas là que la demande d'asile doit être examinée par le pays d'entrée dans l'espace Schengen pour éviter une fraude à l'asile (un demandeur présentant une demande tour à tour dans les 24 pays de l'Espace Shengen, la demande d'asile donnant droit au séjour en vertu de la Convention de Genève ; à ma connaissance, même avant Schengen, une telle hypothèse ne s'est jamais présentée mais on n'est jamais trop parano prudent).

Cette famille a donc été conduite en Allemagne où leur demande sera examinée.Photo AFP/JOEL ROBINE

Alors bien sûr, c'est un départ vers l'Allemagne, pas vers l'Albanie. La famille Kurtishji ne risque rien à son arrivée.

N'empêche. Était-ce à ce point urgent, le risque que cette famille reste malgré tout irrégulièrement en France était-il à ce point intolérable, pour faire débarquer des policiers au milieu de classes de maternelle ? L'élément de surprise s'imposait-il au point d'infliger ce spectacle à des marmots âgés entre 4 et 6 ans, de voir leur copain de classe partir entre deux policiers, comme un criminel, pour ne plus jamais revenir à l'école, sans même pouvoir lui dire au revoir ? C'est ça, qu'on apprend à nos enfants dès la maternelle ?

Avons-nous perdu la raison ?


PS : Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire.


Photo AFP/JOEL ROBINE : Dans un couloir de la zone d'attente de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 27 octobre 2003.

La discussion continue ailleurs

1. Le dimanche 7 décembre 2008, 23:45 par le journal de Fanette

Carla Bruni : un an déjà (ou quasi, on va dire)

(Vous noterez l’horrible look du Président) Ah la la, souvenez vous : Carla ; ça fait déjà un an. Elle était allé mignonnement visiter ce haut lieu de la culture française, Eurodisney, et là, devant le chateau de la belle au bois dorman...

Commentaires

1. Le jeudi 4 décembre 2008 à 16:58 par Sébastien

C'est effectivement, à tout le moins, surprenant.

Je suppose que cette expédition fait suite à une décision administrative. Comment alors l'intéressé était-il en mesure de l'attaquer ?

Dans ce cas de figure, n'y avait-il pas possibilité pour la direction de l'école (qui avait du être prévenue) d'organiser quelque chose de moins traumatisant (en allant faire chercher les enfants dans les classes par un surveillant...) ?

2. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:03 par Med

À ce sujet, je suggère à tout le monde de consulter le billet de l'excellent Jean Quatremer concernant justement le droit d'asile en Europe et les problèmes du manque d'harmonisation : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/12/leurope-doit-re.html .

3. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:06 par Tess

Je suis surpise que vous illustriez ce billet par une photo, dont la légence est "Dans un couloir du centre de rétention de la zone d'attente de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le 27 octobre 2003." Le centre de rétention de la zone d'attente, ça n'existe pas, c'est soit l'un, soit l'autre. En l'occurence, la photo montre un couloir de la zone d'attente (Zapi 3), alors que le billet mentionne la rétention.

Eolas:
C'est la légende du Monde. Merci de montrer que vous avez tout de suite perçu le point essentiel de ce billet.

4. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:07 par TIL

Les fonctionnaires de police se plaignaient de la réaction rapide des associations, qui à peine un parent interpellé, evacuaient et cachaient les enfants pour faire obstacle à l'expulsion, et de la famille, et même du parent en question. Apparemment ils ont trouvé la parade...

5. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:08 par Kagou

Je ne sais pas qu'en penser. Je m'imagine très mal expliquer à mes enfants pourquoi des policiers sont venus chercher leurs camarades en classe. Mon fils qui est sensible pourrait être déstabiliser par ça. Mais pour autant la police doit elle se cacher pour faire ça ? Ces gens méritent très certainement un autre traitement de la part de notre pays. N'a-t-on que la police pour traiter ces histoires ? Ne peut on imaginer un autre système où la police n'interviendrait qu'en tout dernier ressort ? Je suis triste pour cette famille, triste pour notre accueil et pour les enfants de ces classes qui n'auront pu dire au revoir à leur copains.

6. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:14 par Véronique

" PS : Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire. "

Dans le vif de la lecture de votre billet.

Les écoles sont-elles, en raison de l'allusion historique à laquelle renvoie obligatoirement la photographie qui illustre votre billet, des lieux à déclarer inviolables à toute intervention policière de la nature de celle qui a entraîné l'expulsion de la famille Kurtishji ?

7. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:17 par authueil

Si les policiers étaient en civil, que même les enseignants ne se sont pas alarmés, pourquoi faire un titre à la libé "des képis sous le préau"

Cher maitre, dès que l'on aborde ce sujet, vous semblez perdre tout sens de la mesure. C'est dommage parce qu'effectivement, sur cette histoire, il y a beaucoup à redire sur la manière dont l'Etat se comporte.

Eolas:
Mon dieu, j'ai parlé de képis. Quelle outrance, quelle démesure. Mais je réalise qu'il y a pire : je me suis laissé emporter, car je parle de préau alors que l'article ne parle que de salle de classe. En outre, cela fait longtemps que les policiers ont abandonné le képi au profit de la casquette rigide. Mon blog a perdu toute crédibilité. Et que personne ne vienne me dire que mon titre était en fait composé de deux synecdoques. Démesure, on vous dit !

8. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:20 par noisette

@ Véronique (même si ce n'est pas à moi que vous posez la question): oui.

Tout le monde en sortira grandit, c'est le moins qu'on attend d'une école.

9. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:26 par DMonodBroca

"Avons-nous perdu la raison ?" demandez-vous. Poser la question c'est y répondre : nous avons perdu la raison. Et les policiers qui vont chercher des enfants dans leurs salles de classe ne sont que les instruments d'une collectivité nationale qui a perdu la raison. Nous ne savons plus qui nous sommes, nous ne savons plus ce que nous voulons, nous ne savons pls ce que nous faisons.

Et l'Europe en l'affaire est comme un doux oreiller : ces familles que nous expulsons, nous ne les expulsons pas vraiment, puisque nous ne les expulsons que vers un pays européen voisin ; et ce pays européen voisin, s'il les expulse vers leur pays d'origine, il aura lui aussi la conscience tranquille puisqu'il ne fera qu'achever ce que nous aurons commencé...

Comment retrouver la raison ?

10. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:29 par pim

La loi est dure mais c'est la loi ... mouais mais assez difficile à accepter dans certains cas.

Par rapport à l'affaire du Gers (sorry je suis déjà au sujet suivant), le témoignage d'un enseignant sur le répondeur d'une émission de france inter fait froid dans le dos, du genre Sibérie Stalinienne.

Eolas:
Merci d'avoir respecté ma demande d'éviter les analogies historiques déplacées. Mais il est vrai que quand on lit l'Archipel du Goulag, on réalise que Staline ne s'était jamais permis de faire des contrôles anti-shit dans les collèges sibériens. On doit donc vivre dans un régime encore pire, CQFD.

11. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:36 par indi

l'année touche à sa fin le quotta ne doit pas être atteint.

12. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:41 par Alain Cognitault

La reponse a votre question est sans conteste: OUI.

Enfin nos dirigeants ont perdu la raison, les personnes qui commentent et critiquent ces actions deplorables et souvent illegitimes n'ont pas perdu la raison, elles. Mais leurs voix sont-elles entendues? J'en doute.

Quant a votre PS: Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire.

Il n'est possible de donner de lecon qu'a un individu capable de comprehension. Nos gouvernants ont-ils a ce jour demontre leur capacite de comprehension?

Dans quelle mesure les allusions auxquelles vous semblez faire reference pourraient-elles etre deplacees dans le cas present? la destination finale est probablement differente (je l'espere), mais les moyens sont les memes. Dans les deux ce sont des enfants qui sont deplaces par les allusions.

Si l'Etat n'est plus capable de proteger des enfants, l'Etat failli a sa mission premiere.

Cet exemple demontre une fois de plus qu'a la faillite economique nos gouvernants ajoutent la faillite morale.

A quand le redressement judiciaire de la societe qui n'est pas anonyme?

NB. Veuillez pardonner le manque d'accentuation ou de cedille. Mon clavier n'en comporte point.

13. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:42 par bigoud

Le simple fait que le Maître de ces lieux en appelle au sens de la dignité de ses lecteurs pour ne pas avoir à décerner un point Godwin en dit effectivement suffisamment long pour ne pas nécessiter d'en rajouter dans la référence historique.

14. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:45 par Jérémy Courel

Je passe souvent (de plus en plus souvent) et je ne fais que lire, profitant de vos analyses pour étayer ou corriger les miennes, mais pour une fois j'ai envie de commenter sur ce sujet qui me touche également beaucoup pour vous dire simplement merci. Beaucoup.

15. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:45 par 1bR

Quoiqu'on en dise, vous avez quand même l'art de dramatiser ce qui fait partie fort probablement de la panoplie de bon avocat.

Si on regarde les faits sous un autre aspect, il s'agit d'une personne résidant donc illégalement sur le territoire français que l'on va raccompagner outre Rhin afin qu'il puisse régulariser sa situation. Malheureusement, on ne peut lui payer le luxe : chambre d'hotel, billet de train etc. et de toutes les façons, il est en situation illégale donc il passe par une maison d'arrêt pour qu'on s'assure qu'il accomplisse ses devoirs civils.

Ensuite vous semblez vous contredire puisque vous dites que les policiers sont venus en civil chercher les enfants à l'école pour "un rendez vous à la prefecture" et vous clamez le traumatisme pour ces pauvres enfants dans la classe. Mais regardons d'un peu plus près, on apprend aux enfants que si l'on enfreint la loi, on s'expose à des sanctions appliquée par la force publique. Les enfants ont-ils été traumatisés de voir cela se passer sous leurs yeux ? D'une ils ne sont pas obligés de savoir l'exacte vérité, ignorer fait partie de l'enfance et s'ils veulent savoir, il suffit de leur expliquer de manière pédagogue. Et de deux, les policiers ne sont pas le mal incarné, ils sont là pour nous défendre et nous protéger, ainsi si des policiers viennent vous chercher ils ont sûrement des raisons (quoique l'affaire Filippis semble démontrer le contraire...).

Donc c'est triste que ca se soit passé dans une école, mais en meme temps cette personne aurait pu prendre les devants et formuler sa demande d'asile en Allemagne alors qu'il y était et tout cela aurait pu être évité, comme vous le rappelez, des associations oeuvrent pour aider ces gens, nemo auditur ! Il aurait du faire le nécessaire.

16. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:45 par aliocha

@eolas 3 & 7 : il n'est pas impossible que vous ayez définitivement sombré dans le journalisme, c'est bien ce que je craignais ;)

17. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:54 par Sartorius

@aliocha:

Eolas n'a pas titré: "Des bébés albanais raflés par la poliSSe". Vous voyez qu'on est encore loin du journalisme ^^

18. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:55 par Aristote

Oui certes.

Mais si vous êtes pour la liberté totale d'immigration en France, position dont je ne contesterai ni la légitimité ni la noblesse, dites-le.

Si vous n'êtes pas disposés à accorder cette totale liberté, que proposez-vous pour la contrôler ?

C'est trop facile d'être toujours contre au nom des grands principes, si on n'est pas disposé à assumer toutes les conséquences.

Je trouve intéressant le commentaire qui dit que les associations instrumentaliseraient les enfants pour s'opposer à toute expulsion. À court terme, elles gagnent. À long terme, peut-être fragilisent-elles les protections accordées à l'enfance.

Bien à vous.

19. Le jeudi 4 décembre 2008 à 17:58 par Simon

Relativisons : vous parlez par synecdoques, et, sur votre lancée, vous confondez la partie et le tout. Tous les albanais demandeurs d'asile ne sont pas pourchassés par leurs compatriotes pour s'entre-tuer, et si vous avez des informations relatives à cette famille sur ce point, je vous prie de nous faire part de vos sources, et éventuellement de ne pas trop spéculer.

Cela étant dit, cette intervention en pleine classe semble suivre un chemin directeur commun avec l'incarcération des mineurs de 12 ans et la fouille au corps de gamine au collège : les enfants ne sont plus des enfants, ce sont des individus aussi dangereux que les autres, qu'il faut traiter sans ménagement.

Deux questions au passage : - Font-ils partie du quota ? - Comment expulse-t-on quelqu'un vers un pays de l'espace Schengen, comment l'empêche-t-on de revenir, et surtout pourquoi, si un individu à le droit d'être en Allemagne, pourquoi cette personne n'a pas le droit d'être en France ?

Merci d'avance de prendre un instant pour éclairer ma lanterne.

20. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:02 par Aldoo

Est-ce que c'est une impression, ou bien on ne parle aujourd'hui plus de la police et de la gendarmerie que pour leurs interventions démesurément musclées ? Ce que je lis en ce moment me fait peur. Les forces de l'ordre (et l'état de droit en France) ont-elles à ce point changé ces derniers temps, ou bien serait-ce juste le paysage médiatique et culturel qui serait devenu plus favorable à l'exposition de ces faits ?

21. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:03 par Véronique

@ noisette

Eolas nous aide-t-il à grandir dans notre réflexion en illustrant le billet avec une photographie associée, confondue avec le propos du billet, et dont la charge émotionnelle renvoie obligatoirement le lecteur - ne lui laisse pas le choix - à un irréparable, que collectivement nous avons accepté de reconnaître et d'assumer - déclaration de J. Chirac du Vel d'Hiv - ?

@ bigoud

" Le simple fait que le Maître de ces lieux en appelle au sens de la dignité de ses lecteurs pour ne pas avoir à décerner un point Godwin en dit effectivement suffisamment long pour ne pas nécessiter d'en rajouter dans la référence historique. " écrivez-vous.

Je suis désolée. Mais Eolas en appelle au sens de l’émotivité du lecteur par l’analogie historique évidente qu’il établit par le recours à cette photographie.

Pour la référence historique, il ne serait pas inutile que pour que le raisonnement puisse prendre aussi sa place dans la lecture de son billet, que des historiens, même ceux du dimanche, rappellent les contextes de la référence historique en question.

22. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:05 par Citoyen mitoyen

@ Eolas # 7 : Ah non désolé, pour la Police la casquette rigide a remplacé le képi en 1985, mais depuis 2006 c'est une casquette souple qui s'est imposée.

C'est le département Uniformes de Balenciaga qui a créé la nouvelle tenue :

  • Casquette souple brodée « police » ;
  • Même chemise bleue glacier à col ouvert ;
  • Disparition de la cravate ;
  • Un blouson d'uniforme plus seyant et un blouson chaud, imperméable et respirant, avec ouverture latérale pour le passage de l'arme, avec de nombreuses poches ;
  • Un pantalon « sport » resserré aux chevilles ;
  • Chaussure de type « commando » avec semelle crantée et antidérapante, et montantes pour un meilleur maintien du pied.

Pour les gendarmes c'est à peu près pareil sauf qu'ils portent un polo à la place de la chemise.

Mais bon on s'en fout, on a bien compris le titre...

23. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:07 par LEF

Notre administration fait dans la frappe chirurgicale à la manière Bush, c'est à dire avec des dommages collatéraux disproportionnés par rapport à l'objectif. On fait et on réfléchit après. On casse et on présente ses excuses après. Oui, nous perdons la raison. Nous perdons la raison parce que nous avons perdu l'intelligence du coeur. Et ça, aucune loi ne peut y remédier. Je comprends que Maître Eolas soit désemparé.

24. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:12 par Serge

la question est: jusquà quand va-t-on supporter de glisser dans cette logique permanente de répression!! je lisais sur un blog ce matin l'information suivante: "Ville de Nice Budget 2009: logements sociaux: 10 millions d'euros; Télésurveilllance: 7,5 millions d'euros et voilà encore 10 millions d'euros qui n'iront pas à la sécurité, protestons pour que chaque citoyen soit équipé 24/24 h d'une caméra vidéo et nous fairons ainsi de bonnes dépenses publiques !!Et espérons qu'à Paris Delanoe fera encore mieux!

25. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:20 par Vicnent

Sur la forme, va pt'êt falloir demander à Typhon de monitorer sec. J'ai l'impression que le 503 est de retour un peu trop souvent. C'est paradoxal, mais oui, la rançon de la Gloire peut couter de l'argent. Invisible via Rss évidemment. Mais pour les autres ?

26. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:28 par indi

La prévention par la peur si si ça existe

S'agissant de l'affaire du contrôle anti-drogue dans un collège du Gers, le procureur de la République d'Auch, a indiqué mercredi ne pas avoir été saisie "d'éventuelles irrégularités".

"Les élèves ont peur de ces contrôles ; ça crée de la bonne insécurité, satisfaisante à terme en matière de prévention".

Euh, ce n'est pas la peur du contrôle, mais c'est le contrôle lui même qui fait peur.

Mais bon comme le dit le patron la version des faits est contestée par les gendarmes, alors attendons.

27. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:42 par villiv

euh, Eolas, comme bon nombre d'avocats, vous avez écris :

"mais il y a mieux"

ne vouliez-vous pas , plus exactement, "dire"

"mais il y a ... pire"

Argh, les habitudes (écritures, et autres conclusions)

Tant que nous ne faisons pas litière de certains arguments, l'honneur est sauf

sous toutes réserves et ce sera justice ;-)

28. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:47 par Stéphane Boudin

L'expression "faire litière" m'a toujours fait beaucoup rire. C'est comme "tromper la religion du juge".

"Sous toutes réserves et ce sera justice" est très fortement tombée en désuétude depuis bien longtemps.

C'était un commentaire fort intéressant. Sur ce, je retourne sur mon blog ;-)

29. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:49 par hydro

@serge : je me garderai bien de mettre en cause le maire de Paris de façon hâtive car il me semble que l'implantation de système de videosurveillance sur la voie publique à Paris soit un projet de la préfecture de Police et non de la Mairie, ce qui est effectivement inédit en France et tient à la spécificité de la capitale, dans la mesure où la décision d'implantation de caméras sur la voie publique en France relève des communes et autres collectivités territoriales, la police étant en situation, au mieux d'accompagnement, au pire de demande quant aux possibilités d'accès aux images.

30. Le jeudi 4 décembre 2008 à 18:54 par maxime

Cher maitre, Connaissant un peu le sujet, je sais qu'il n'est pas rare que des demandeurs d'asile, ayant essuyé un refus en Allemagne, viennent tenter leur chance en France. La prefecture, prenant les empreintes digitales à l'arrivée des dits demandeurs, repère assez vite la combine, et renvoie les demandeurs en Allemagne. La fraude à l'asile n'est pas de tenter sa chance dans tous les pays de l'espace Shengen, c'est de tenter dans deux d'entre eux. Ceci dit, je suis d'accord avec l'essentiel de votre propos.

31. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:03 par Lagos

Vous parlez de déraison et à juste titre. Comme vous, je suis scandalisé par toutes ces histoires individuelles d'expulsion et cette politique de fermeture des frontières.

Cependant, à lire la presse et ces récits d'odyssées d'immigrants clandestins qui risquent leur vie pour venir en Europe, on se dit que cette déraison est malheureusement souvent partagée.

32. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:07 par vinnie

@Maxime 30 :

Pour en avoir discuté avec quelque ayant travaillé quelques temps à la CNDA, je peux vous dire que l'octroi du statut de demandeur d'asile en France confine à l'arbitraire. Dès lors, en imaginant que la situation doit être à peu près identique dans chacun des pays européens, quel mal y a-t-il à ce que les demandeurs d'asile présentent une demande dans plusieurs pays ?

D'ailleurs, il n'est pas interdit de faire une demande d'asile aux Etats-Unis, puis en France... Quelle logique à interdire de présenter une demande en Allemagne ET en France ET en Lituanie ? S'il s'agit d'harmoniser la demande d'asile au plan européen, alors instituons une procédure similaire dans chacun des 27 Etats membres, avec un système d'appel devant une Cour européenne du Droit d'Asile... alors, là, oui, la procédure DUBLIN se justifiera ! en attendant...

Au fait, pour vous faire part d'une expérience personnelle, je connais quelqu'un à qui l'asile a été refusé en Belgique, c'est-à-dire que l'on a pas alors considéré que sa situation personnelle méritait une protection. Ayant réussi à présenter une nouvelle demande en France, il s'est soudainement avéré que son cas méritait l'octroi du statut de demandeur d'asile. Face à une situation de quasi-arbitraire, comprenez-vous pourquoi les demandeurs tentent leur chance dans différents pays ?

33. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:12 par raven-hs

Fini les menaces du père fouettard ou de papa qui va se facher.

Maintenant c'est " Mange ta soupe ou la police va venir te chercher ".

Bon courage à la maîtresse pour expliquer aux enfants pourquoi leur copain ne reviendra plus. Il a fait une bêtise ? s'interrogeront les enfants; non, répondra t elle, il est juste né au mauvais endroit...

34. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:12 par facteur

à 15 qui écrit : "Mais regardons d'un peu plus près, on apprend aux enfants que si l'on enfreint la loi, on s'expose à des sanctions appliquée par la force publique." Mais on apprend aussi aux enfants que les lois sont là pour protéger chacun de l'arbitraire. En quoi, pour contraignantes qu'elles soient, elles sécurisent, globalement. Alors, quand une loi n'a pas d'autre argument pour se fonder, que le fait du Prince, et qu'elle génère des comportements arbitraires, et une sorte de loterie humaine... qu'est-ce qu'on dit aux enfants ? Que la vie est une jungle, que le tout c'est d'avoir du bol, ou pas, que celui qui court vite s'en sortira mieux que son copain qui boîte ? Interro : qu'est-ce qu'un Etat de droit ? Question de rattrapage : donnez les définitions de "légal" et de "légitime". Question subsidiaire : à partir de quel âge un enfant peut-il comprendre que la loi le protège aussi de ses propres parents, lesquels n'ont pas tous les droits sur lui ?

35. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:14 par 1bR

@ Citoyen mitoyen Avouons que si l'uniforme de la police a certainement beaucoup gagné en confort, il a néanmoins beaucoup perdu en élégance... :(

36. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:18 par Barbecane

Sur que ce serait plus marrant de voir des mômes de maternelle remplissant leur quota en mettant des policiers dans un charter, renvoyés dans leur pays d'origine, (où Robocopp a été élu à vie), pour incitation à la haine du droit du sol. Oups, désolé. Je n'oublie à aucun instant que la force publique a pour mission d'assurer la sécurité des citoyens, si tant est qu'elle même ne soit pas frappée d'amnésie et ne se retourne contre ceux qu'elle devait protéger. Quant à vos "conséquences" Aristote #18, j'y préfère sans pudeur la liberté. La notion de flux migratoire étant rarement liée à celle de tourisme de masse, votre postulat me dérange. Aucun culte de la frontière n'a jamais empêché les migrations, de même que la géographie n'est pas la pour dessiner les contours de la France. @ DMonodBroca #9 Pour autant, si vous ne savez plus qui vous êtes ni ce que vous faites, posez la question à celui qui, au nom du peuple souverain, a été désigné à 53%, pour savoir quoi faire à votre place.

37. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:25 par Thib

Encore une fois l'action gouvernementale ne vas pas à l'encontre de ses citoyens mais d'étrangers sans légitimité d'être sur le territoire. Trop choquant...

38. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:28 par L Harting

"Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire."

Je n'ai de leçon à donner à personne.

Je voudrais juste rappeler que les gendarmes qui - en d'autres temps - venaient chercher les enfants dans les écoles n'avaient AUCUNE idée de leur véritable destination. Je souhaiterais vivement que chacun se pose aujourd'hui la question de la véritable destination des expulsés : en tout état de cause, nous savons que, parmi ces expulsés, il y aura des morts.

Ayons au moins le courage de l'assumer.

39. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:30 par ancien

Né (peu) avant la deuxième guerre mondiale et fils d'immigré je ne considère pas que ce que j'ai vécu ou connu de très près soit déjà de l'histoire.

Je ne sais si "nous" avons perdu la raison mais c'est l'humanité très certainement que "nous" avons perdue. Il se trouve dans ce pays (et qu'il y ait pire ailleurs ne saurait être ni une excuse ni me consoler) des gens "de toutes sortes" comme disait Appolinaire. Certain(e)s assistantes sociales ou fonctionnaires dénoncent des personnes en séjour dit irrégulier, d'autres font entraver par des menottes et déshabiller des présumés innocents passibles d'une simple amende, d'autres font comparaitre en Cour d' Appel un accusé enchainé, d'autres encore enferment des êtres humains avant ou après condamnation dans des conditions abjectes et ce serait bientôt dès douze ans, d'autres privent de sommeil ou incarcèrent comme moyen de pression, d'autres gaspillent avec ostentation à tous les niveaux de l'état (combien coutent les éclairages de Noël, installation et consommation ?) les deniers dont manquent les soupes populaires et les asiles de nuit etc... J'ai honte. C'est tout simple.

40. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:30 par Lucas Clermont

Si les policiers étaient en civil, que même les enseignants ne se sont pas alarmés, pourquoi faire un titre à la libé "des képis sous le préau"

Et bien justement ce qui me frappe c'est qu'ils viennent en civil et que tout se passe en douceur. Certes il n'y a pas l'aspect démonstratif — et sans doute surinterprété — d'une interpellation avec des policiers en uniforme, mais en contrepartie on peut entrevoir une forme de duplicité. C'est une hypothèse naturellement mais il doit bien exister cet état d'esprit qui consiste à manipuler, à embobiner la personne qu'on interpelle pour qu'elle coopère plutôt que de résister ; ce à toutes les étapes de la vie administrative d'une personne en situation irrégulière. Ça demande une certaine tournure d'esprit de la part des agents, et c'est un dévoiement de ce que l'on attend des agents de l'État : de la bienveillance. Ce peut ne pas être le cas ici et justement votre billet me paraît mesuré parce qu'il laisse la porte ouverte à une vision aux conséquences moins dramatique que celle d'une expulsion directe vers l'Albanie.

Dès lors je suis surpris de la réaction d'Authueil qui tient lui aussi un blogue mesuré. Peut-être que cette politique déplaisante de gestion des personnes en situation irrégulière pèse pour une partie des militants de l'UMP.

41. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:38 par facteur

Et j'ajoute (hips !) que lorsque la loi en question ne respecte pas certaines conventions (dont celle des droits de l'enfant, comme c'est marrant), et que la cour européenne des droits de l'homme s'en soucie ... hips ! ... Mille pardons, mais ça me saoûle, à force.

42. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:46 par noisette

@ Véronique:

je crois simplement que l'auteur d'un billet sur un blog personnel se sert souvent d'une illustration pour indiquer quelque chose de plus, une allusion, un trait d'humour, un symbole, ... et qu'en l'occurrence, c'est une indication personnelle de l'auteur et Maître des lieux sur ce que lui inspirent ces tristes nouvelles. Et à mettre en relation étroite au postscriptum, qui m'engage à ne pas m'étendre plus sur le sujet.

Sinon, juste une question personnelle, si bien entendu je puis me permettre: avez-vous fait serment de servir uniquement à l'amélioration de ce qui vous déplait sur ce blog ou avez-vous un peu de temps parfois pour relever aussi ce qui vous y plait ? ^^'

43. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:53 par Herbie

Il est toujours bon de rappeler ce genre de faits, pour bien marquer que ce genre de comportement de l'administration n'est pas normal. C'est humainement une horreur, et pour l'administration une décadence marquée que sous couvert de respecter la loi, votée bien opportunément, on ne respecte plus la dignité humaine que lorsque ça présente un intérêt pratique de le faire, et non pas parce que c'est un principe.

J'espère juste que d'ici 2012 ce genre d'opération ne sera pas rentrée dans les moeurs.

44. Le jeudi 4 décembre 2008 à 19:57 par Bruno (NPS)

Le choix effectuée par la Police (ou la Gendarmerie) d'aller chercher des enfants dans l'enceinte "protégée" de l'école est une facilité policière traumatisante pour leurs camarades de classe...qui sont pourtant censés être protégé par cette même Police.

(Interlude <...> Car Mme Chabot, JE vous le demande : doit-on laisser des policiers traumatiser des enfants sans réagir ? C'est pourquoi JE propose une nouvelle loi...et blablabla...<...>)

Cette loi est choquante mais c'est la MANIÈRE avec lequel l'acte est définit (et/ou accomplit si on écoute les collégiens du Gers) qui pose le problème du comportement policier et son corolaire du respect des lois de la République.

Je résumerai la tendance actuelle à une question ?

La Police est là pour nous protéger mais qui nous protègera de la Police ?

45. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:07 par Than

Maitre, j'ai le "malheur" d'habiter en face de l'école primaire ou les evenements ce sont produits, et c'est assez globalement une consternation generale, els gen,s sont choqués mais face a la police beaucoup se demandent ce qu'un élan de civisme deplacé aurait pu leur couter ... Ah et si ça en interresse certain, il n'y a a pas de préau mais une petite cour charmante ... Quand a la drogue j'ai toujours cru que "l'éducatif primait sur le repressif" mais je suis un vieux réac, les temps changent je dois m'y adapter ...

46. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:10 par Tess Segur

L'école n'est pas inviolable, nous le voyons aujourd'hui. Maintenant, les enfants de sans-papiers vont se cacher au lieu d'aller à l'école. La loi doit être respectée ? Quelle loi ? Celle d'un gouvernement qui ne vise que la démagogie en se fichant complètement des individus ? L'enfance est maltraitée, quelle soit ou non sans papier : l'abandon progressive des réseaux d'aide, le projet de transformer les maternelles en jardin d'enfants, la suppression de milliers de postes sont des mesures qui atteindront de plein fouet les enfants les plus démunis, les familles les plus pauvres. Je vois dans tout cela une attaque massive contre les plus faibles, dans l'indifférence (presque) générale.

47. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:12 par J M

Hé bien non. On est pas chez les bisounours. Et quand on me frappe sur la joue gauche, j'ai un mal de chien a tendre la droite sans avoir auparavant donné un coup de pied, de poing de sac a main que sais-je. Et là, franchement, la dérive qu'implique ces comportements ne m'inspire pas vraiment de retenue. Même que j'ai bien l'intention de voir si il n'y a pas moyen de porter plainte pour violation d'enceinte scolaire. Aprés tout. Et pis même que je trouve que c'est pas bien.

Alors point Godwin oder nein, moi je dis que ça sent le brun a plein nez.

Et voilà.

JM

48. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:26 par Fantômette

@ Bruno (NPS)

C'est le droit qui doit nous protéger de la police.

On ne le répètera jamais assez : le droit, et plus particulièrement la procédure, est précisément cette partie du droit qui nous protège des abus de pouvoir que la police, comme le pouvoir judiciaire, pourrait commettre.

Vices de forme, vices de procédure, nullités de procédure.

C'est de cela dont il est question : de faire peser la contrainte du droit sur l'autorité. De faire peser la contrainte du droit sur l'Etat.

Et oui, cela implique de laisser des vices de forme "sauver" des coupables. Parce qu'elle est la même pour ceux qui se révèleront coupables, et ceux qui se révèleront innocents.

Et oui, cela implique d'exiger du législateur, non seulement qu'il fixe des règles claires en matière de procédure, mais aussi, et surtout, qu'il en sanctionne la violation par des nullités.

49. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:35 par violon24

Ce titre sent la contrepeterie.

50. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:37 par papy

De mémoire:"le bien public,requiert qu'on trahisse,qu'on mente et qu'on massacre.Résignons cette commission à gens plus obéissants et plus souples". Montaigne faisait dans l'humour. Pour moi çà ne passe pas.

51. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:41 par Marceau

La raison, l'humanité, la compassion ne sont pas des valeurs cotées au CAC40.
Normal qu'on ne s'en préoccupe plus.

52. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:45 par koudou

J'avoue que de plus en plus je me demande également si nous n'avons pas perdu la raison. De plus en plus j'ai honte de cette république qui prétend donner des leçons au monde entier alors que nous sommes parmi les champions européens en matière de violation des droits de l'Homme, de violences faites aux femmes.

C'est très amer de lire les info et de se sentir gêné de ce que notre propre pays se permet, d'avoir honte.

53. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:45 par trollquirigole

On est pas viré quand on sait pas ses leçons?

54. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:54 par Adèle

Sur ces bonnes paroles, je m'en vais relire le Rhinocéros...

55. Le jeudi 4 décembre 2008 à 20:59 par villiv

@sartorius #17

Bah non, on avait constaté un miracle avec le retour de Aliocha... J'ai peur que ce commentaire fasse peur ;-) vive l'ironie tout de même!

@aliocha

En quelques mots, et en paraphrasant quelqu'un : n'ayez pas peur! ;-)

Sur le billet :

je confirme que c'est pas mieux (et donc peut être pire) que l'histoire qui s'est déroulée dans un lycée du Gers!

Ah, c'est dur ces habitudes d'écritures... Encore que personne n'ignore le sens de ce type d'expression... Enfin j'crois?! n'est-ce-pas ???

56. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:08 par neomanctus

" PS : Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire. "

Une telle note est la preuve qu'un parallèle historique s'impose à tous les esprits, qu'il convient certes de pondérer. Bref, tout est dit.

57. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:13 par Philonous

@Aliocha: tiens, on vous voit repointer le bout de votre nez sur ce blog. ;)

Juste une question: qui peut faire quelque chose dans ces cas-là? Y a-t-il quelque chose de juridiquement fondé à opposer aux policiers? A ce stade, ce qui devient désolant, c'est que non seulement les bras m'en tombent, mais en plus je ne vois plus trop ce qu'on peut faire (en attendant les prochaines élections...).

58. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:19 par DMonodBroca

Vue de bien des points du monde l'Europe est un vértitable pays de cocagne, tant en terme de biens matériels que de biens moraux tels que liberté, justice... Il y a donc beaucoup de candidats à l'entrée, beaucoup trop, et nous ne savons plus comment faire face à cet afflux.

Sans renoncer aux biens moraux, ne devrions-nous pas renoncer aux biens matériels, ou au moins à l'excès de biens matériels ?

Dans un monde ravagée par la misère, la fraternité ne devrait-elle pas nous commander de faire voeu de pauvreté et d'entraide ?

Dans les circonstances historiques que nous vivons et qui montrent, à celui qui veut bien voir les choses telles qu'elles sont, que la foi en l'argent mène à l'abîme, n'est-il pas temps d'avoir d'autres objectifs que la richesse, la réussite, la croissance, la consommation ?

C'est une politique de rigueur, d'austérité, d'ascèse... qu'il nous faut aujourd'hui, pas une politique de relance à coups d'inutiles milliers de milliards.

Alors nos relations avec les pays d'émigration pourront se faire sur un pied de meilleure égalité et les flux migratoires n'auront plus la même raison d'être.

Alors nous pourrons avoir une politique d'asile plus généreuse et nous n'enverrons plus la force publique dans les écoles y chercher les enfants à expulser.

Est-ce là le rêve d'un illuminé ? Non, c'est l'expression, maladroite, sommaire, d'un idéal. Malheureusement d'un idéal dont nous nous éloignons à grands pas...

59. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:22 par Donyce

Comme l'aurait dit Juvenal : Quis custodiet ipsos custodes ? (qui gardera les gardes).

N'est-t-il pas possible (si ce n'est déjà fait) d'interdire purement et simplement l'enlèvement d'un enfant de la salle de classe par les policiers lorsqu'il s'agit de reconduite à la frontière ?

Les fondements de manqueraient pas :

- Dignité de l'enfant. - Préserver ce même enfant d'une situation traumatisante. - La situation n'exige pas un tel empressement. etc.

60. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:24 par Axonn

Pour les allusions historiques, je dirais qu'il y a eu un cas dans l'histoire de France où la situation était suffisamment grave pour que l'entrée de policiers dans la classe de maternelle était acceptable. La prise d'otage de Neuilly. Mais oui, demandez à notre président, il s'en souvient !

Prochain défi pour le gouvernement : justifier qu'un enfant de sans-papiers est aussi dangereux pour les élèves de maternelle que Human Bomb. à mon avis, c'est parfaitement faisable de nos jours, où un sabotage retardant quelques trains de trois heures est qualifié de terrorisme.

61. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:30 par L'Ours

Il faut raison garder. Primo, personne n'a été renvoyé en Albanie (où la vie n'y est d'ailleurs pas un enfer), secundo les forces de l'ordre ont pris soin, en venant en civil, d'éviter de traumatiser les enfants tout en accomplissant leur devoir, tertio si la loi disait que ce monsieur et sa famille n'avaient pas le droit de rester en France, il n'y a pas lieu de se scandaliser. La loi a été appliquée, dans le respect de la dignité humaine. On ne peut pas accepter que tout quidam qui décide de venir en France y vienne et s'y installe : il doit y être accepté, et montrer son désir d'intégration. Dans le cas qui nous préoccupe, non seulement il n'y a pas été accepté, mais en plus il a bafoué nos lois dès son arrivée en s'installant illégalement en France.

Dura lex sed lex.

62. Le jeudi 4 décembre 2008 à 21:37 par Poilauxpattes

On entends de plus en plus d'affaires où la police débarque dans un établissement scolaire.

Je me demande bien ce que cela laissera dans la mémoire des enfants qui ont été l'objet de ces interventions, ceux qui en ont été témoins directs ou indirects, ou tout simplement ceux qui ont compris que la police pouvait débarquer dans un établissement scolaire pour des raisons qu'ils ne doivent pas vraiment comprendre…

63. Le jeudi 4 décembre 2008 à 22:17 par Fanfan

Arrivera un moment où le seuil de tolérance de l'intolérable sera franchi. On s'en approche... à moins que l'on ne l'ait déjà dépassé. Période très troublante. Sans repères, sans tabous, ni gardes-fous : jusqu'où ?

64. Le jeudi 4 décembre 2008 à 22:32 par Nissa

PS : Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire.

Un genre de "J'en ai marre d'être aimé par des cons?" personnel? (zut, c'est historique ça comme allusion?) Bien sur, je rigole.

Sur le sujet, képi ou casquette souple Balenciaga, l'important c'est que je ne veux pas que mes petits frères (j'allais dire enfants, mais j'attends un peu) ai une raison de plus pour nourrir cette haine anti-police qui devient même anti-justice. Et puis ce n'est pas moi qui l'ai inventé, plus l'Etat use de la "violence" (lire ici "contrainte policière") plus il semble faible, personne n'est gagnant. Surtout pas les enfants.

HS : nous montons un projet fortement inspiré de votre blog, étudiants en droit à la Sorbonne, "disciples de maître éolas"? OMG après vous avoir accusé soupçonné de faire du journalisme, on va vous juger pour prosélytisme (: Bien à vous,

65. Le jeudi 4 décembre 2008 à 22:35 par MSI

Il y a un point que je ne comprends pas dans cette affaire et peu-être pourrez vosu m'éclairer ? En effet je croyais que lorsque quelqu'un était placé en centre de rétention il devait passer devant le JLD dans les 24h00 ou 48h00 (je ne me souviens plus des délais exacts) et je n'en ais pas entendu parler dans cette affaire. Quant est-il ? Les parents y étaient-ils passés avant, les enfants n'ayant pas besoins d'y passer ? Ou bien est-ce parce qu'ils ont été transférés en Allemagne ? MErci de m'éclairer sur ce point.

66. Le jeudi 4 décembre 2008 à 22:37 par Nissa

OMG (bis je sais) @ l'ours, si tu pense que la vie en Albanie n'est pas un enfer je crois que tu confonds avec un autre pays en A., non? Autriche & Mozartkugeln? Australie & spot de surf? Non non non nous on te parle bien d'Albanie et le kanun ... après tu fais peut-être partie des supporters de "ON NOUS MENT INTOX SUR VENDETTA", j'ai une vrai intox pour toi : Angelina jolie n'Est pas réellement déprimée, en fait c'est un coup monté par son mec (: bonne soirée

67. Le jeudi 4 décembre 2008 à 22:40 par YR

Eolas augmente son audience jusque chez les lecteurs du Figaro. Bienvenue à eux.

1)"la loi a été appliquée dans le respect de la dignité humaine" ergo "circulez, y'a rien à voir".

Fascinant ! Il est donc digne de venir arrêter des enfants pour la simple raison que leurs parents ne sont pas nés au bon endroit ? Sans même parler de les arrêter au sein d'une école, sans même évoquer de les arrêter en pleine classe, devant leurs camarades.

Fallait-il donc les arrêter loin des yeux des autres élèves ? Non, bien sûr. L'hypocrisie a ses limites. Il fallait simplement ne pas les arrêter, car ils n'ont commis aucun délit, aucun crime. Sauf celui de ne pas être en règle avec le droit relatif à ceux qui ne sont pas d'ici. Droit édicté par ceux qui eux sont d'ici. Et qui ne veulent pas que les autres y viennent. En tous cas pas ceux dont ils ne veulent pas. Pas ceux qu'ils n'ont pas choisi. Où est passé la dignité dont vous vous enorgueillissez ?

2) "si vous êtes pour la liberté totale d'immigration en France, position dont je ne contesterai ni la légitimité ni la noblesse, dites-le" : car il est bien connu que celui qui n'est pas avec moi est forcément contre moi, et qu'en accusant son adversaire d'être forcément favorable au contraire exact de ce qu'il dénonce, il se perdra en réfutations vaines. Réthorique, quand tu nous tiens !

Il est en effet possible, mais c'est une notion subtile, de ne pas être pour "la liberté totale d'immigration en France" tout en n'étant pas non plus favorable à l'interdiction de toute immigration. Mais cela peut passer pour du coupage de cheveux en quatre chez certains lecteur d'un journal d'aviateur...

D'ailleurs, on peut aussi demander à ce que l'entrée et les séjour sur le territoire français soit réglementés sans être pour autant favorable à l'instauration de quotas de retours fixés selon une logique de rendement politicien déconnectée de toute réflexion sur le besoin et l'efficacité d'une telle chasse en matière de lutte contre l'immigration illégale... La lecture d'un journal au nom de barbier peut toutefois faire paraître pusillanimes de telles arguties.

68. Le jeudi 4 décembre 2008 à 22:53 par humaniste

Je découvre le blog. Ce billet est le premier que je lis. Et je pense que le gouvernement essaie de changer les points de vues ou de conforter les pensées de personnes soucieuses de voir les étrangers partir au plus vite de leur nation. Cette affaire est scandaleuse, on ne parle pas d'êtres humains, d'enfants, de femmes, d'hommes, mais de futurs expulsés, de sans papiers, de personnes présentes illégalement sur le sol français. Ca m'émeut, on peut me dire par A + B que c'est la procédure, que c'est ainsi, que ces personnes n'ont pas le droit d'être présentes et donc il ne faut surtout pas faire preuve d'humanisme. Et bien, je ne changerai pas mon avis, à l'instar des mots, des attitudes, des procédés durs, j'emploie des mots durs pour dire ma révolte face à cela. N'oublions pas que tous les textes de lois se reposent sur la Déclaration universelle du droit de l'Homme et du Citoyen... Mais peu à peu, pour aussi garder un électorat acquis lors de la dernière élection présidentielle, on assiste à ce genre de chose. Tout simplement, je suis scandalisée et je pense pour encore un bon bout de temps...

69. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:04 par Personne

@Fantômette

Quoi ? Demander à la police de respecter les lois et les procédures, mais vous ne vous rendez pas compte que c'est votre intégrisme idéologique qui cause tant de veuves de policiers obligées de vivre avec des pensions misérables et qui fait pleurer nos nobles forces de police.

Surtout qu'ici il s'agit que d'un geste purement humain de nos force de l'ordre pour ne pas briser le lien familial, qui se sont dévoués pour accompagner un parent chercher ses enfants.

Tiens, je suis bien persuadé que si M. de Filippis avait fait preuve d'un minimum de courtoisie, nos agents n'auraient pas hésité à faire un détour pour déposer ses enfants à l'école.

Vous ne voyez pas le coté humain.

70. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:05 par Péhène

J'espère pour tous ceux qui aiment à cracher sur les forces de l'ordre que les témoignages des élèves et du corps enseignant du Gers ne sont pas du même acabit que ceux de Monsieur Filippis, c'est à dire "légèrement" déformés de la réalité. Pour être crédible il faut être objectif... quoique, j'ai bien peur que n'importe quelle idiotie soit aujourd'hui prise au sérieux et considérée comme une vérité dès lors qu'elle est publiée dans Libé.

71. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:11 par pf

"PS : Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire."

Je pense que la comparaison historique s'impose d'elle-même mais qu'il est malgré tout possible d'éviter les points Godwin :

  • une grande partie des français considère l'immigration comme un "problème" en soit. C'est ce qui permet au gouvernement de se donner des objectifs chiffrés d'expulsion (les immigrés ne sont pas considéré individuellement, ils sont juste part d'un problème et plus on les expulse, mieux c'est). C'est également ce qui explique la passivité générale face à cette politique ;
  • Nicolas Sarkozy utilise délibérement la carte xénophobe (cf par exemple l'intitulé du ministère "de l'immigration et de l'identité nationale"). Il ne l'a pas inventé. C'est en filiation directement avec une certaine frange de la droite longtemps étouffée par le gaullisme et qui resurgit aujourd'hui.

- les techniques policières utilisées aujourd'hui ne sont pas nouvelle (convocation en préfecture sous un prétexte fallacieux, raffles dans certains quartiers, etc..)

Bref, il y a objectivement de nombreuses analogies avec la période vichyste, et l'admettre est je pense une des clés de la compréhension de ce qui se passe.

72. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:28 par L'Ours

@ YR (67)

Bof, vous savez, moi, le Figaro ... c'est un journal convenable, sans plus. Mais je vous cite : Fallait-il donc les arrêter loin des yeux des autres élèves ? Non, bien sûr. L'hypocrisie a ses limites. Il fallait simplement ne pas les arrêter, car ils n'ont commis aucun délit, aucun crime. Sauf celui de ne pas être en règle avec le droit relatif à ceux qui ne sont pas d'ici. Droit édicté par ceux qui eux sont d'ici. Et qui ne veulent pas que les autres y viennent. En tous cas pas ceux dont ils ne veulent pas. Pas ceux qu'ils n'ont pas choisi. Où est passé la dignité dont vous vous enorgueillissez ?

qu'on dise choisir ou accepter, la logique est la même. Je ne vois pas l'atteinte à la dignité dans le fait de dire qu'on ne vient s'installer en France que on y est accepté.

2) "si vous êtes pour la liberté totale d'immigration en France, position dont je ne contesterai ni la légitimité ni la noblesse, dites-le" : car il est bien connu que celui qui n'est pas avec moi est forcément contre moi, et qu'en accusant son adversaire d'être forcément favorable au contraire exact de ce qu'il dénonce, il se perdra en réfutations vaines. Réthorique, quand tu nous tiens ! '' Il est en effet possible, mais c'est une notion subtile, de ne pas être pour "la liberté totale d'immigration en France" tout en n'étant pas non plus favorable à l'interdiction de toute immigration. Mais cela peut passer pour du coupage de cheveux en quatre chez certains lecteur d'un journal d'aviateur...''

tout ce que je souhaite, c'est que la loi s'applique entièrement et à chacun. C'est un des rares acquis positifs de la Révolution. La loi est là, respectons-là. Je voudrais bien d'ailleurs qu'elle s'applique aussi dans toute sa rigueur à certains des puissants qui nous gouvernent.

D'ailleurs, on peut aussi demander à ce que l'entrée et les séjour sur le territoire français soit réglementés sans être pour autant favorable à l'instauration de quotas de retours fixés selon une logique de rendement politicien déconnectée de toute réflexion sur le besoin et l'efficacité d'une telle chasse en matière de lutte contre l'immigration illégale... La lecture d'un journal au nom de barbier peut toutefois faire paraître pusillanimes de telles arguties.

inutile de déballer des mots savants, sinon je m'y mets moi aussi ... rappelez-vous ce que nos grands-parents disaient : la culture est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale. Ne soyez pas pédant. Mais sinon, on peut légitimement penser que la lutte contre l'immigration clandestine et pour le respect des lois à ce sujet est une chose nécessaire. Le gouvernement s'en occupe sérieusement, tant mieux, même si j'aurais aimé que d'autres sujets retiennent aussi son attention.

Ah, pendant que j'y pense, inutile de déverser mépris et insultes voilées à mon intelligence.

73. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:34 par Francesco

Une question: quel est le statut juridique de l'école par rapport à ce type d'action des forces de police/gendarmerie/douanes ? L'accord du directeur de l'établissement est-il requis ? Si l'établissement avait été privé, cela faisait-il une différence ? Si les enfants étaient au domicile d'une personne privée ?

Plus généralement, quels sont les différentes sortes de lieu et les règles qui les régissent en matière d'intervention des forces de l'ordre ? Quand j'étais étudiant (des dangereux gauchistes), la rumeur voulait que sur le campus, les pouvoirs de la police s'arrêtent à l'entrée des bâtiments de la cité U ou de l'école, sauf poursuite (au sens propre) d'un individu pris en flagrant délit dans l'espace public, ou mandat d'un juge.

74. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:37 par noisette

@ 70: trop gros, passera pas.

75. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:41 par Pascal

@70 phèhène Ce que j'ai appris dans cette histoire, c'est que, pour devenir policier, il fallait aussi passer un diplôme de proctologue. Je l'ignorais et je m'en réjouis : c'est une très bonne nouvelle pour le dépistage du cancer colo-rectal. Le ministère de la Santé manque de moyens et Roselyne Bachelot repasse le mistigri à MAM, c'est de bonne guerre. Autant d'impôts en moins à payer pour nous autres les bons Français.

76. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:46 par Benjamin Bayart

@Fantomette (48)

Ah non alors. Enfin, partiellement non.

Vous me dites que c'est la procédure qui sanctionne les abus de la police.

Voyons voir, quand un policier se comporte de manière illégale, ce que vous qualifiez de non-respect de la procédure (par exemple en utilisant un peu trop les menottes, ou la fouille au corps), la sanction serait, selon vous, qu'on puisse annuler l'ensemble de la procédure.

C'est un peu léger, non?

Pour deux raisons: - évidemment, parce que la comportement illégal n'a pas été sanctionné (je pense qu'on tombera assez d'accord sur le fait que tant que le prévenu n'est pas mort il ne peut pas arriver grand chose au policier); - ensuite, parce que la pratique (si j'en crois Éolas et Filippis) c'est que la procédure ne soit pas annulée, puis que la faute des policiers n'est pas reconnue.

Donc, la question reste posée: qui nous protège de la police ?

Normalement, la justice et l'IGS. Et, effectivement, si tout ce beau monde faisait son travail, la procédure serait le rempart final, celui permettant de supprimer d'une procédure tous les actes illégitimes.

Dans la pratique, la CEDH à l'air de fonctionner, mais c'est long et compliqué. Qui peut se permettre d'y avoir recours pour les abus "mineurs", mais quotidiens ?

77. Le jeudi 4 décembre 2008 à 23:51 par chantal

Pas sur qu'en Allemagne, cette famille obtienne le droit d'asile. L´année dernière, l`administration a plutôt tendance à les mettre dehors que d eleur accorder le droit de rester, y compris à des familles qui y vivent depuis des années et dont les enfants ne parlent que la langue allemande, pas celle de leur pays d´origine. Bonne chance pour eux.

78. Le vendredi 5 décembre 2008 à 00:13 par GBB

@ Pf Vous ne respectez pas la norme posée par le maître de ces lieux. Que mille code pénal vous tombe sur les pieds.

Mettons-nous dans une autre situation !

Il est 16h32 vous etes en retard pour récupérer vous enfants à l'école donc vous accélérez gentiment pour ne pas faire attendre votre bambin. Manque de chance vous etes contrôlé en excès de vitesse dans la rue de l'école de votre chérubin, de plus vous avez malencontreusement oublié les papiers de votre véhicule terrestre motorisé. Au moment de vous garer, un agent de la police nationale en motocyclette, vous fait signe de vous stationner...juste en face de l'école!

Et là c'est le drame votre amour en culotte courte sort de l'école et voit son papa (ou sa maman d'ailleurs) en débat avec la police. Évidement vous avez eu une sale journée, votre patron est exécrable, votre conjoint fait sa crise de la quarantaine et caetera et caetera Bref vous vous emportez sous les yeux de votre enfant et de ses camarades.

...

Qui va allez crier au scandale pour le traumatisme que va subir cet enfant (ou mineur selon le projet) par les railleries de ses apprentis Hommes. Car lui il retournera dans la même école avec les mêmes enfants qui traiterons son papa de voleur ou je ne sais quoi. Qui crie au scandale pour ça !

Eh bien, en l'espèce, il n'y a peu de différence.

  • Des parents n'ont pas respecté la loi
  • Les agents de la force publiques sont intervenus dans le cadre légal
  • L'enfant et ses camarades étaient présent

Ce n'est qu'une partie de mon point de vue car d'un autre côté je ne trouve pas la "méthode" des policiers très délicate mais ce qui m'énerve par dessus tout c'est que l'on s'excite dès que ça touche ce sujet. Je crois qu'il faut prendre le temps d'analyser et de réfléchir.

J'attends vos remarques avec la plus grand impatience.

79. Le vendredi 5 décembre 2008 à 00:38 par Citoyen mitoyen

@ GBB # 78 :

"Que mille code pénal vous tombe sur les pieds."

krkrkr...

Que mille codes pénaux... ça serait mieux. :)

80. Le vendredi 5 décembre 2008 à 00:40 par ramses

@ Péhène 70

J'espère pour tous ceux qui aiment à cracher sur les forces de l'ordre que les témoignages des élèves et du corps enseignant du Gers ne sont pas du même acabit que ceux de Monsieur Filippis, c'est à dire "légèrement" déformés de la réalité. Pour être crédible il faut être objectif... quoique, j'ai bien peur que n'importe quelle idiotie soit aujourd'hui prise au sérieux et considérée comme une vérité dès lors qu'elle est publiée dans Libé.

Vous savez que vous commencez vraiment à me plaire, vous ?

Le Figaro relate l'affaire du Gers en détail ici

Puisque vous faites un parallèle avec l'arrestation de M. de Filippis, j'observe que c'est en uniforme que les policiers sont venus le cueillir au saut du lit, en présence de ses enfants mineurs, pour l'amener menotté au Palais de Justice, après l'avoir fait deshabiller 2 fois.

Contrairement aux parents albanais, il se trouvait en situation régulière et avait la nationalité française.

Vous avez, comme beaucoup ici, l'indignation à géométrie variable.

81. Le vendredi 5 décembre 2008 à 00:44 par Axonn

Si même le Figaro ne dénonce aucun élément du témoignage de Zoé comme un infâme mensonge, ça doit signifier que même en retirant les mensonges ça reste choquant.

82. Le vendredi 5 décembre 2008 à 00:53 par Humaniste

@humaniste: j'aime beaucoup votre blog mais le pseudo est deja pris

640 mineurs passent en retention chaque annee, les laisser en liberté ne changerai pas grand chose aux chiffres de 26000 deja atteint. Ce n'est pas etre excesivement libertaire que de vouloir foutre la paix à 640 enfants.

Il y a les policiers: ils agissent sur ordre mais ont souvent honte de ce qu'on leur fait faire.

Petit, j'etait fier de dire que mon pere etait policier: il defendait les gentils, arretait les mechants et était fier de son métier.

La generation actuelle d'enfant de policier écrit "fonctionnaire" sur la ligne profession des parents à l'école.

D'ici la fin de son mandat, NS aurra fait epulser 125000 personnes, fait mettre en GAV 4 000 000 de personnes, supprimer 500000 permis et fait mettre environ 10000000 de PV.

Les lois doivent, a mon sens de KesKiDi etre la formalisation des regles de sociététe que se fixe le peuple: c'est le sens de la democratie. Actuellement elles deviennent le reflet d'un model de societée qu'on veut imposé au peuple. C'est deja dure a admettre, mais en plus, quand on a une police qui respecte plus les ordres que les lois, la on est mal.

83. Le vendredi 5 décembre 2008 à 00:58 par ambrose

Justice : A commodity which in a more or less adulterated condition the State sells to the citizen as a reward for his allegiance, taxes and personal service. in The Devil's Dictionary by Ambrose Bierce

84. Le vendredi 5 décembre 2008 à 01:03 par Gilbert

Le maître, il peut m'interdire d'évoquer d'autres situations historiques, il peut me donner tous les points godwin qu'il veut, il ne m'empêchera pas de penser et de dire que les vertus pédagogiques du procès Papon, on les cherche encore. Ce procès a bien montré comment la dilution des responsabilités faisait que personne n'était responsable de rien. M° Zaoui, avocat de parties civiles, appelait ça le crime de bureau. L'un ramassait les juifs chez eux, l'autre les gardait au camp de Mérignac, un troisième les poussait dans les wagons. Personne n'avait rien fait de grave... Un fonctionnaire subalterne ne pose pas, ne se pose pas de questions.

Si j'évoque ce procès, ce n'est pas pour faire un parallèle. Bien évidemment que les situations ne sont pas les mêmes et faire une comparaison serait une ignominie pour les victimes des déportations. Ce que je veux dire, quand je dis que les leçons n'ont pas été tirées, c'est que je suis persuadé que la plupart des policiers, à les voir fonctionner, ne se poseraient pas plus de questions aujourd'hui dans les mêmes circonstances. Et pourtant ils sont censés être mieux formés, il y a la déclaration des Droits de l'homme affichée dans les commissariats, des textes de lois disent aujourd'hui que les fonctionnaires ont le devoir de désobéir à des ordres illégaux. Malgré cela, des exemples nous montrent tous les jours que ce n'est pas le genre de textes qu'ils apprennent en premier.

85. Le vendredi 5 décembre 2008 à 01:31 par GBB

@ Citoyen Mitoyen # 79

Que 10 000 Bled s'abattent sur mes mains !

86. Le vendredi 5 décembre 2008 à 01:37 par arbobo

par allusion historique, faut-il comprendre s'abstenir de mentionner la spirale d'enfermement et de recours à la force publique dont les états-unis ont, parmi les démocraties occidentales, connu le premier essor? logique d'enfermement et de rognure sur les libertés individuelles qu'on a ensuite vu arriver fortement en Europe via l'angleterre, la FRance aujourd'hui, et nos voisins je ne sais pas trop (non pas que je voie un fervent défenseur des libertés en berlusconi...)

ne pas oublier l'histoire, on est d'accord que c'est bien, voir à quel points certaines libertés individuelles ont reculé plutôt qu'avancé dans les démocraties occidentales depuis, disons, une vingtaine d'années, c'est pas mal non plus.

l'allongement des délais de garde à vue, depuis le 11 septembre, exemple au hasard qui concerne tellement de pays :-/ Comme si la France n'avait pas subi d'attentats dans les années 70, 80, ou en 1995... je ne suis même pas certain de m'être tellement éloigné du sujet, finalement

87. Le vendredi 5 décembre 2008 à 01:45 par Schopenhauer

@78 GBB:

Sophisme !

La principale différence est que la police intervient au sein d'une école et s'en prend non pas aux parents mais à l'enfant lui-même. Dans votre petite histoire le petit subira des hypothétiques railleries de camarades. En l'espèce l'enfant est retiré de sa classe de maternelle, à cet âge l'enfant est très sensible et l'incompréhension des bambins règne quand l'environnement est perturbé; maternelle où il profite d'une éducation qu'il ne retrouvera sans doute jamais en Albanie (mais ça c'est une autre histoire), et ce, en perdant tous ses repères.

Quand l'administration agit, parfois, elle devrait quand même être en quelque sorte plus humaine et ne pas se borner à faire appliquer strictement la loi dans des délais les plus stricts (surtout si c'est pour empêcher des associations de les aider).

A titre de comparaison : si vous travailliez au Minefi, comment comptabiliseriez vous un enfant n'ayant vécu que quelques jours sur une année fiscale ? Au prorata des jours d'existences ?

88. Le vendredi 5 décembre 2008 à 01:52 par Axonn

@Gilbert

Quelles armées dans le monde font jurer à leurs soldats de se rebeller contre le pouvoir s'il devenait inhumain ? Je crois que c'est à propos d'Israël que j'avais entendu ça. Même si ça paraît surréaliste.

La question de l'obéissance aux ordre demeure. Surtout que le "personne n'est responsable" me semble pire aujourd'hui que sous certains régimes inhumains parce que je suis prêt à croire que certains parlementaires ont voté pour des lois donnant à Hortefeux tous ses pouvoirs actuels et sont quand même choqués en voyant le résultat. D'ailleurs Hortefeux le semble parfois lui-même.

http://www.maitre-eolas.fr/2008/04/07/918-toutes-mes-condoleances-couloir-ou-fenetre

89. Le vendredi 5 décembre 2008 à 01:59 par jardin

Merci d'avoir relancé cette info, qui avait tendance à disparaître derrière une autre plus médiatique.

Effectivement, pendant qu'ils envoient les chiens à "nos" enfants et que ça fait grand bruit, ils emprisonnent et expulsent ceux des "autres" dans un relatif silence.

TOUS les enfants sont NOS enfants.

90. Le vendredi 5 décembre 2008 à 02:07 par jardin

Et il est gentil, Sébastien (premier commentaire). Je crois savoir en effet que les enseignants, merci à eux, n'ont pas infligé aux autres "innocents" petits élèves la vision de leurs copains s'éloignant dans le brouillard entre deux uniformes (vu qu'en plus ils étaient en civil et que leur père était là).

Ca n'empêchera pas les jeunes enfants de se poser quelques questions, depuis Dolto les parents parlent avec leurs enfants et évitent de leur raconter des salades ou de leur dire qu'ils comprendront plus tard.

Mais surtout, quid du traumatisme des trois minuscules (et albanaises) victimes?

Je me répète? TOUS les enfants sont NOS enfants!

91. Le vendredi 5 décembre 2008 à 02:12 par malpa

@ Maître Éolas.

J'ai bien peur que ce soit Aliocha (16) qui soit dans le vrai. Les commentaires que vous attirez sous ce billet, et ceux que vous n'attirez plus en sont la preuve, et j'espère que vous avez des fusibles de rechange pour café du commerce detector(TM).

@ indi (11) et quelques autres

Il est certain que l'une des fonctions de l'Histoire en tant que science est de permettre de lire le présent à la lumière du passé. Dans ce sens, s'interdire toute référence à une réalité passée ou étrangère dans l'absolu est racheter trop cher ses points Godwin. Se demander si la situation actuelle, si certains faits d'actualité, par certains côtés, peut-être même en essence, rappellent d'autres régimes, d'autres situations françaises ou étrangères me semble une attitude intellectuelle valide, mais pas ici. Ça perturbe le débat qui se veut un peu plus pointu et limité à des "instantanés de la justice et du droit" (c'est marqué tout en haut). Je serais moi aussi très intéressé par tout débat qui permettrait de se faire une idée sur l'évolution récente de la société française et internationale par rapport à l'histoire européenne des années 1920-1930, par exemple, mais ce n'est pas chez maître Éolas que je viendrais pour cela. D'ailleurs, si quelqu'un peut me recommander un site où je trouverai ce type de réflection, d'un niveau de rigueur au moins comparable à celui-ci, je suis preneur.

92. Le vendredi 5 décembre 2008 à 02:19 par jardin

@ Winnie (32):

Pour ce qui est de l'arbitraire des refus (ou acceptations) de l'asile, je pense qu'on est pas loin de la loterie. J'ai moi même suivi le dossier d'une famille à qui l'asile avait été refusé pour manque de cohérence de leur dossier.

Après examen attentif du dit dossier et dialogue avec les intéressés, il s'avérait que les incohérences étaient dues à une traduction expéditive et maladroite dont ils ne pouvaient avoir, évidemment, aucune conscience.

93. Le vendredi 5 décembre 2008 à 02:26 par Sarah

A l'age de 4 ans, en 2004, mon fils a été interdit d'acces au centre de loisirs de l'école maternelle par plusieurs fonctionnaires de la police municipale, qui étaient à l'interieur de l'école. L'affaire était supervisée par un éducateur specialise dont on apprendra plusieurs années après qu'il s'était presenté comme "tutueur" aupres du directeur de la PM. C'était pire que si mon enfant avait brule l'école. Ils le descolarisont pendant un an sans solution, en grande section de maternelle. Faisant semblant de le rescolariser, ils, l'équipe educative, on le comprendra ensuite, lui ont concocté un placement abusif en psychiatrie nuit et jour à long terme, avec des pre-ados handicapés mentaux lourds et deliquants, où mon jeune enfant a subi des violences, abus sexuels, racket, depuis 2006... On depose plainte en juin dernier contre x. Depuis l'enfant a été requisitionné par l'ASE. J'ai fait 36 heures de garde à vue pour outrage indirect, et harcelement telephonique non averé, 5 mois de controle judiciaire... J'ai revu 2 fois mon enfant depuis juin, en presence d'infirmières de leur reseau pschiatrique. Il a dit à plusieurs reprises qu'il était maltraité maintenant le weekend à 400 km de l'hopital ou ils l'envoie sur un lieu de vie par des ados de 15 ans, il n'en a que 8... A l'hopital, on deroule le tapis rouge... Ils ont massacré l'innocence de mon gamin, sa petite enfance, et nous avec. Ils l'ont isolé de tout ce qu'il aimait, filtre ses courriers, interdisent les appels telephoniques. Le projet educatif, pedagogique et therapeuthique, pour la 3e annee maintenant, c'était la psychiatrie. Et inutile d'appeler le 119. Il est sous protection judiciaire. Ca se passe en France !

94. Le vendredi 5 décembre 2008 à 02:27 par Cat

Quand on sait que la croissance économique des pays développés, en moyenne, c'est grosso-modo les gains de productivité (pour ça il faut financer la recherche, pas un point fort du gouvernement actuel) + l'accroissement de la population, c'est à dire la croissance naturelle plus l'immigration, on se dit qu'avec le climat délétère actuel dans notre République, les étrangers vont finir par ne plus venir du tout en France, légalement ou pas, et là, avec la bonne grosse récession qui se pointe, on va manger plus cher que nos voisins aux gouvernements moins xénophobes... (Parce que quand on en arrive à de telles extrémités de comportement des pouvoirs publiques, si ce n'est pas de la xénophobie, qu'est-ce que c'est ?).

Cat

95. Le vendredi 5 décembre 2008 à 03:55 par STA

Dire que la venue de policiers dans une école, dans ces circonstances, n'est que la sanction inévitable d'un délit, certes peu plaisante, mais quand même nécessaire, force devant rester à la loi et ces albanais n'ayant qu'à déposer en Allemagne une nouvelle demande, manque un point : mobiliser la police pour cette expulsion, alors que le trouble à l'ordre public provoqué par la présence de cette famille est très limité, voire inexistant, c'est ne pas l'affecter à la poursuite d'autres délits beaucoup plus graves. Et s'il ne faut pas en venir aux références historiques (quoique ...), on peut aussi rappeler la dialectique de la fin et des moyens, et relire Camus (mais Sarkozy ne lit pas, dit-on). Toutes les fins autorisent-elles tous les moyens ?

96. Le vendredi 5 décembre 2008 à 03:56 par Joel

@eolas

Oui, Malpa (91) a raison. C'est votre blog, vous y ecrivez ce que vous voulez et que vous avez le temps d'ecrire. Mais personellement, je regrette qu'il y ait de plus en plus de billets "d'actualites" et moins de sujets d'explication du droit (sans rapport avec l'actualite).

Je crois deviner certains facteurs qui poussent ce blog a evoluer dans ce sens. Le nombre de lecteurs a beaucoup augmente, ou bien, dit autrement, beaucoup de lecteurs actuels ne connaissent votre blog que depuis peu. La majorite de ces lecteurs est non juriste (comme avant) et n'a probablement pas lu vos vieux billets d'explications sur le droit. Du coup, si vous souhaitez vous lancer sur une nouvelle explication detaillee d'un point du droit, soit vous vous repetez, soit vous parlez de matieres plus avancees, mais vous risquez de larguer la plupart de vos nouveaux lecteurs. Il y a aussi visiblement de plus en plus de lecteurs juristes, qui eux ne doivent pas etre interesses par les purs sujets de droits - Ils connaissent trop bien.

Bref, pardonnez-moi ce cliche journalistique, mais ce blog est un peu "victime de son succes".

Enfin, ca reste quand meme le meilleur blog que je connaisse.

97. Le vendredi 5 décembre 2008 à 07:31 par Véronique

@ Noisette (post 42)

Désolée de ne vous répondre que maintenant.

Je ne lis pas et je ne commente pas le blog d'Eolas avec l'idée que ce qui est écrit me plaît ou me déplaît.

Pour les non juristes comme moi intéressés, voire passionnés par la discipline juridique et par les métiers qui y sont liés, ce blog permet de se constituer une base de culture juridique, judiciaire et des institutions d'une façon qui me séduit beaucoup. Également, et c'est sans doute ce qui m'intéresse le plus, ce blog me permet de découvrir des repères fiables en philosophie du droit.

Donc, vous l'aurez compris, mon état d'esprit ici est plutôt celui de l'apprentissage et de l'ouverture intellectuelle.

J'ai été mal à l'aise dans ce billet, non pas par ce qui y est écrit.

Mais principalement par la contradiction que je vois entre la photo d'illustration du propos et le souhait d'Eolas exprimé dans son PS.

Si ce qui s'est passé pour la famille Kurtishji est " Au revoir les enfants " (film de Louis Malle), alors il y a tout lieu - puisque à la différence de 1942, nous pouvons exprimer librement une opinion et une indignation, que nous ne sommes pas dans un pays occupé par des assassins et gouverné par un régime qui a clairement choisi la Collaboration, et que nous sommes dans une République -, de saisir en toute urgence, toutes affaires cessantes, les contre pouvoirs dont nous disposons.

Et si nous sommes à jamais coupables de ce qui s’est passé entre 1940 et 1944, alors il convient de faire de tous les endroits où des policiers sont venus chercher des enfants, des adultes et des vieillards - donc pas seulement des écoles -, des lieux inviolables à toute intrusion policière.

98. Le vendredi 5 décembre 2008 à 08:08 par Mathaf Hacker

Sauf erreur de ma part, il ne s'agit pas de Kossovars "ordinaires", mais d'une famille de Roms. Quand fera-t-on cesser le calvaire de ce peuple, victime de génocide, soumis à carnet de circulation . Ironie du sort, ultime cruauté, des enfants roms à l'école...

99. Le vendredi 5 décembre 2008 à 08:09 par cyclomal

Franchement, je ne vois pas en quoi la photo qui illustre cet article incite au parallèle historique avec un temps et des lieux quelconques.Je commence juste à me dire que c'est à notre époque, telle qu'elle évolue doucement, qu'il faudra faire référence d'ici peu pour illustrer un propos sur les dérives de l'autorité: Pendant qu'on criminalise la jeunesse, les banquiers thésaurisent à qui mieux mieux la liquidité reçue en récompense des mauvais services rendus.Et le seul paradis que cette civilisation avancée semble en mesure de concevoir est fiscal...

100. Le vendredi 5 décembre 2008 à 08:28 par Véronique

@ cyclomal

Ce qui incite à l'analogie historique, c'est le trois en un: le texte + la photographie + le PS.

Et l'analogie, peut-être, est pertinente.

Dans ce cas, il convient de démontrer la pertinence de l'analogie, plutôt que de la suggèrer ... tout en priant dans le PS les commentateurs de ne pas faire référence à l'élément historique qui en constitue le principe directeur.

101. Le vendredi 5 décembre 2008 à 09:00 par Citoyen mitoyen

Il y a bientôt soixante ans, le 10 décembre 1948, l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptait, à Paris, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Communiqué de presse de la CNCDH sur le rapport de Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, faisant suite à sa visite en France du 21 au 23 mai 2008.

Le 21 novembre 2008,

La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme prend acte de la sortie du rapport du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe qui fait suite à sa visite en France en mai 2008 au cours de laquelle il avait rencontré les membres de la CNCDH. Dans ce rapport, le Commissaire exprime de profondes inquiétudes sur les mécanismes de protection des droits de l’homme, les prisons, la justice juvénile, l’immigration et l’asile, les gens du voyage et Roms, inquiétudes qui rejoignent celles exprimées par la CNCDH dans plusieurs domaines. Le Commissaire formule sur chacun d’entre eux des recommandations concrètes à destination des autorités françaises.

Lien vers le rapport.

102. Le vendredi 5 décembre 2008 à 09:06 par GBB

@ Schopenhauer

Quand l'administration agit, parfois, elle devrait quand même être en quelque sorte plus humaine et ne pas se borner à faire appliquer strictement la loi dans des délais les plus stricts (surtout si c'est pour empêcher des associations de les aider).

Je suis globalement d'accord avec vous ( ce qui n'est pas très étonnant au vu de votre pseudo). Ce qui veut dire, vous avez compris, que je ne suis pas d'accord avec tout.

A titre de comparaison : si vous travailliez au Minefi, comment comptabiliseriez vous un enfant n'ayant vécu que quelques jours sur une année fiscale ? Au prorata des jours d'existences ?

Si je travaillais au Minefi ou plutôt à la DGFIP je comptabiliserais certainement encore plus fiscalement et absolument sans aucune humanité! Mais je ne suis qu'un petit étudiant en droit !

103. Le vendredi 5 décembre 2008 à 09:06 par Grabinoulor

La critique est facile, l'art est difficile. L'expulsion de clandestins ne poserait aucun problème s'ils obéissaient aux décisions de justice, de même que la venue d'un journaliste au cabinet du juge qui l'a convoqué. Morale : il est dangereux de résister à la police qui est la seule à détenir la violence légitime (Max Weber). La seule résistance ne peut être que politique dans une démocratie. Elle passe par la liberté d'expression et le blog de Maître Eolas.

104. Le vendredi 5 décembre 2008 à 09:29 par Péhène

@ Ramses 80 Vous n'avez visiblement pas toutes les bonnes infos : Monsieur De Filippis n'a pas été menotté lors de son interpellation à son domicile, et je ne vois pas en quoi la présence d'enfants mineurs au domicile d'une personne empêcherait sa prise en charge par les forces de l'ordre. Après vous allez peut-être étendre votre remarque à la présence du conjoint, des voisins voire même des passants dans la rue ? Enfin je suis ravi de commencer à vous plaire.

105. Le vendredi 5 décembre 2008 à 09:39 par Youkoulélé

Au risque de répéter ce que certains ont déjà (peut être) dit, dans ce cas particulier il s'agit de Roms du Kosovo, et non pas d'Albanais. Et comme tout un chacun le sait, le Kosovo est un paradis, calme, sur et serein, spécialement pour les Roms.

106. Le vendredi 5 décembre 2008 à 09:43 par Ouache

En tout cas, ca leur aura fait une belle leçon d'éducation civique, aux gamins.

On vois bien la scène pendant le repas de famille, le soir "dit papa, pourquoi il dit des mensonges à la madame le monsieur chauve à la télé"?

107. Le vendredi 5 décembre 2008 à 10:02 par YR

@ L'Ours : "on peut légitimement penser que la lutte contre l'immigration clandestine et pour le respect des lois à ce sujet est une chose nécessaire. Le gouvernement s'en occupe sérieusement, tant mieux,"

Vous égayez ma matinée, merci à vous.

Que vous puissiez penser que le ministère des 3I s'occupe sérieusement du sujet de l'immigration clandestine avec sa méthode de quotas de retours prouve a minima que vous ne lisez pas souvent ce blog. Fouillez les archives, vous y trouverez de quoi nourrir le plus grand septicisme (aïe, un mot de plus de 2 syllabes !) sur l'efficacité de cette politique. Quand on engorge la justice et qu'on emploie les méthodes les moins avouables pour atteindre l'objectif fixé par le grand chef de mettre dehors des gens qui n'ont commis aucune infraction que celle d'être là sans l'autorisation de l'administration, de quoi parle t'on ? De respect de la Loi ? D'opportunisme électoraliste ? Ou tout simplement de grand n'importe quoi, fait en notre nom à tous ?

Que vous soyez satisfait de cette politique ne peut vous dispenser de réfléchir à la façon dont elle est menée et des conséquences qu'elle a.

108. Le vendredi 5 décembre 2008 à 10:03 par cyclomal

@100

Soit, admettons la pertinence d'une analogie possible, propre surtout à envenimer le débat, et c'est sans doute ce que maître Eolas voudrait éviter.Reste que nous sommes rendus à l'ère du digital, dans le contrôle sécuritaire comme partout ailleurs, certains doigtés récents le prouvent indubitablement; et il faudrait vérifier que ce genre de pratiques humiliantes existait aux périodes troubles avec lesquelles on voudrait se comparer.Sans quoi on élude, à mon sens, toute une partie de la question, si élégamment rappelée par une procureur vantant "la bonne insécurité", celle qui terrorise les terroristes de tout poil et tous âges.

Une dernière remarque sur la répression des demandeurs d'asile par un système lui-même bon pour l'asile: savoureux, n'est-ce-pas?

109. Le vendredi 5 décembre 2008 à 10:50 par Marceau

Cette politique est basée sur le rapport coût/bénéfice, le bénéfice est de conquérir ou de garder le pouvoir en obtenant suffisamment de votes.

Le coût est celui des actions à entreprendre pour augmenter le nombre de votes favorables.

Ici, le marché des votes favorables est celui des gens qui ont peur, donc il faut lancer des actions qui renforcent la peur.

L'étape suivante pourrait bien être de se passer des votes quand la peur sera suffisamment généralisée.

110. Le vendredi 5 décembre 2008 à 10:57 par Véronique

@ cyclonal (post 108)

Je ne conteste pas à Eolas son entière liberté de nous suggérer de comprendre la venue des policiers dans l'école des enfants Kurtishji comme un remake du film " Au revoir les enfants ".

Ce que je lui conteste c'est de le suggérer en priant ses lecteurs de ne pas faire référence à l'élément historique auquel, selon ma lecture, la construction de son billet renvoie.

Qu'Eolas souhaite éviter d'envenimer de la sorte la question des expulsions, je partage totalement son voeu. Ne serait-ce que pour la raison qu'à chaque fois que le sujet de l'immigration clandestine est abordée ici ou ailleurs, nous avons droit immanquablement à l'expression d'une succession d'ignorances abyssales relatives à la période 1940-1944.

Voilà tout.

PS: une dernière remarque:

" Reste que nous sommes rendus à l'ère du digital, dans le contrôle sécuritaire comme partout ailleurs..." me dites-vous.

Vos doigts savent trouver des chiffres pour taper 100. Alors rendus à l'ère du digital, ils savent aussi trouver des lettres sur un clavier pour écrire un nom, un prénom ou un pseudo.

Comme quoi, vous voyez bien que le manque d'attention et de délicatesse, ces petites brutalités faites à autrui - là dans votre sphère digitale à vous - même sous une forme infiniment minime, dérisoire et banale, ben, en fait, elles sont à la portée de tous et de n'importe qui.

111. Le vendredi 5 décembre 2008 à 11:01 par Geneva lawyer

Sur le thème de l'acceuil des requérant d'asile en Europe, je ne résiste pas à l'envie de conseiller le magnifique documentaire que j'ai vu récemment, "la forteresse", de Fernand Melgard (2008): un récit humain, sensible, émouvant et de quoi remettre en question bien des idées reçues.

112. Le vendredi 5 décembre 2008 à 11:02 par Arnaud

@107: "le plus grand septicisme (aïe, un mot de plus de 2 syllabes !) "

Ah ah ah ah ah ah ah...

Non franchement, quand on la ramène comme ça, le minimum est de faire un peu attention.

113. Le vendredi 5 décembre 2008 à 11:15 par bertrand

C'est bizarre, mais dans tous les affaires récentes (le sujet du billet de notre hôte, les descente de gendarmerie dans les collèges...) j'aurai plus tendance à croire la version des faits des citoyens lambda (témoins ou victimes) que celle de la police.

C'est vraiment bizarre.

A moins que ce soit inquiétant.

114. Le vendredi 5 décembre 2008 à 11:52 par engagé guignol

YR @67 Vous écrivez ''"Il fallait simplement ne pas les arrêter, car ils n'ont commis aucun délit, aucun crime. Sauf celui de ne pas être en règle avec le droit relatif à ceux qui ne sont pas d'ici. Droit édicté par ceux qui eux sont d'ici. Et qui ne veulent pas que les autres y viennent. En tous cas pas ceux dont ils ne veulent pas. Pas ceux qu'ils n'ont pas choisi".

Partant de ce syllogisme juridique d'un sophisme absolument implacable, et puisque qu' à vous lire il semble que vous ne soyez toutefois pas totalement réfractaire à l' idée d'une réglementation en la matière, alors oui, vous avez raison... c'est effectivement très subtil.

115. Le vendredi 5 décembre 2008 à 11:57 par caféducommerce

et ça va pas s'arranger pour les immigrés grenoblois:

116. Le vendredi 5 décembre 2008 à 11:58 par caféducommerce

http://grenoble.ville.orange.fr/direct/index.html?direct/listeactu/081205040009.pkxc60mf

J'ai tenté le lien, mais ça n'a pas marché, pardon

117. Le vendredi 5 décembre 2008 à 12:22 par artemis

bonjour à tous

concernant les opérations anti drogue dans le gers j'ai déjà exprimé mon avis faites attention croisez vos sources car j'habite dans le coin et je connais la réputation du journal qui en a fait état .

je pense qu'il faut que vous soyez prudent sur le sujet avant de faire un papier ____

au fait peut on mettre dans les commentaires des dessins humoristiques qui peuvent agrémenter nos commentaires quelqu'un a t il une combine

merci de votre réponse et aide pour une sous douée

118. Le vendredi 5 décembre 2008 à 12:36 par jeanvaljean

@artemis qui pense qu'il faut être prudent : Oui. tout à fait. D'ailleurs si Darcos et MAM expriment leur émoi et ordonnent une enquête, c'est que tout c'est trop bien passé. Parce qu'en général, c'est l'inverse : ils trouvent normal les procédures un peu musclées. Donc s'il y a enquête, c'est que les gendarmes ont probablement été trop gentils et que les ministres veulent savoir pourquoi. Va y avoir de la sanction dans l'air si on s'aperçoit que les gendarmes ont dit 'bonjour, excusez-nous de vous déranger ..."

119. Le vendredi 5 décembre 2008 à 13:08 par loulou

Je suis peut-être naïf mais je croyais qu'on n'avait pas le droit d'expulser les enfants ?

120. Le vendredi 5 décembre 2008 à 13:55 par TIL

@loulou

on a pas le droit d'expulser les enfants isolés

on a par contre le droit d'expulser une famille entière

121. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:00 par spino-for-ever

'jour à tous, 'jour m'sieur Éolas ! ("Maîîître", j'y arrive pas)

Il y a quelques semaines est sorti sur les écrans un très, très mauvais film, mais dont le titre me trotte dans la tête depuis que j'ai lu ce billet : Nos enfants nous accuseront.

C'est là, quand ils se réveilleront, quand ils comprendront quel Monde on leur a construit (ou on leur a laissé construire…), qu'on s'en prendra vraiment plein la gueule.

Quand Zébulon sera redevenu un justiciable comme un autre.

Entre autres

cordialement

S.

122. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:21 par GRANTUMU

@Véronique 110.

Merci pour la première partie de votre post. J'ai failli poster plus tôt pour suggérer un billet sans commentaire, qui n'aurait pas manqué d'être monumental de dignité.

A chacun de ce genre d'incident, je pense (toute proportion gardée), à cette triste période bannie des allusions. La "bonne", "la vraie" France, n'est pas tombée d'un pommier en 1940. Elle devait bien venir de quelque part.

123. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:23 par olivanto

"Était-ce à ce point urgent, le risque que cette famille reste malgré tout irrégulièrement en France était-il à ce point intolérable, pour faire débarquer des policiers au milieu de classes de maternelle ?"

Sacré Maitre Eolas...Faut-il maintenant prévoir, que selon l'affaire à régler, les policiers aient des heures & lieux d'interventions précis ? Donc, pour récupérer les gosses, pas à l'école.ok. Mais bon, si le père travaille et rentre tard, alors pas le soir.ok.Ah mais zut, la maman bosse de nuit et ne rentre que vers 08h00 du matin. Bon, donc il faut ratisser entre 08h00 et 08h30, après les gosses sont partis...Ah zut, le monsieur promène le chien entre 08h00 et 08h25. Reste donc 5 mn pour les attrapper....

Sérieux ? Vous voulez gérer çà comment, vous ??

124. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:24 par Couplus

En l'espèce, c'est la manière qui est choquante, pas l'expulsion.

Qu'un étranger en situation irrégulière soit reconduit à la frontière (ou dans le pays par lequel il est entré en Europe), ce pourrait être "le jeu, ma pauv' Lucette", à condition :

1. que ce retour s'effectue de manière humaine (pas à la sauvette, notamment) ;

2. que les procédures de régularisation ne soient pas à ce point longues que le demandeur a largement le temps de (tenter de) s'intégrer avant que ces efforts soient ruinés par un retour dans son pays (ou un pays d'entrée).

En Belgique (ce n'est quand même pas le tiers monde), il n'est pas rare que des étrangers soient finalement expulsés 5 ans voire plus après leur arrivée sur le territoire. L'expulsion concerne parfois des enfants nés sur le sol belge, qui n'ont connu que ce pays, y sont scolarisés et y ont leurs amis.

Quand on expulse un illégal, c'est toute une famille qu'on déracine !

125. Le vendredi 5 décembre 2008 à 14:36 par Clairesquirel

Voilà qui fâcherait tout rouge Monsieur Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'homme du conseil de l'europe de son état, qui , dans un récent rapport sur les (violation des) droits de l'homme en France, a critiqué (entre autres)les "méthodes d'interpellation" des "migrants irréguliers" (convocations trompeuses en préfecture, sortie d'école, etc.)

126. Le vendredi 5 décembre 2008 à 15:13 par Alex Draner

1) Si les policiers, respectant leurs sacro-saintes habitudes, s'était présentés à 6h30 du matin au domicile de la famille, ce billet ne serait pas. Cependant, le résultat serait le même: une famille aurait été expulsée, et les enfants de l'école se seraient demandé (j'espère) où étaient passés leurs camarades! En faisant l'appel, le prof aurait coché l'absence. Il y aurait eu quelques discussions à la récré, puis, la vie aurait repris son cours normal. 2) Combien, parmi les lecteurs de ce blog, ont choisi de naître Français? Combien ont "mérité" d'être français?

Où est la JUSTICE?

127. Le vendredi 5 décembre 2008 à 15:48 par ramses

@ Alex Draner 125

Combien, parmi les lecteurs de ce blog, ont choisi de naître Français? Combien ont "mérité" d'être français?

Excusez-moi de vous demander pardon, la prochaine fois que je renais, promis, ce sera à l'étranger, de parents étrangers. En chien, c'est pas mal non plus, les Lois sont plus souples.

128. Le vendredi 5 décembre 2008 à 16:40 par Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand)

je songeais à faire une synthèse de toutes les histoires ahurissantes de ce type qui ont émaillé ces derniers jours semaines mois années ???!!! mais je me suis rendu compte que c'en était devenu tellement fréquent que le listing serait impossible à tenir rigoureusement.

C'est limite cela l'inquiétant, de voir que cela se banalise sans que qui que se soit ne trouve rien à y redire.

Peut-être qu'un certain Eric Z. dira bientôt sans rire sur un plateau de télévision que les expulsés sont des gens qui s'estiment expulsés ?

129. Le vendredi 5 décembre 2008 à 17:06 par groquick

@126: j'aimerais alors renaître en Nouvelle Zélande pour voir mon pays gagner une coupe de monde de Rugby!!!!

130. Le vendredi 5 décembre 2008 à 17:57 par Alex Draner

@126 C'est vrai, je me suis mal exprimé. Je veux dire qu'une expulsion,"sèche", est une injustice si la personne concernée , qui n'a pas eu la CHANCE de naître en France, vient s'y "réfugier" , espérant y trouver des raisons de vivre. En intervenant pendant la classe, devant des enfants impuissants, la Police les a rendu "complices" d'une injustice, car bien sûr, nul ne pouvait s'opposer à cette "arrestation", pas même les enseignants. Arrestation qui n'était pas justifiée par des critères objectifs . (Les petits étrangers n'avaient que le tord de n'être pas nés en France).

Pour ma part, je pense qu'il faut donner aux personnes en situation dite "irrégulière", une chance, celle de prouver qu'elles "méritent" de vivre dans notre pays, par la volonté de travailler, d'apprendre notre langue, de se conformer à nos règles , nos coutumes et à nos façons de vivre. Et excluant toute précipitation, ce sont ces critères là qui devraient être examinées, avant de procéder à une expulsion.

131. Le vendredi 5 décembre 2008 à 18:02 par nap

Bonjour,

(HS) le pays qu'affectionne particulièrement le maître de ces lieux vient de juger un gentil supporteur français coupable ! et l'a condamné à 3 ans et demi de prison alors qu'il était défendu par le meilleur avocat du monde !

Ne pensez-vous pas qu'il y a là un scandale à dénoncer ? Une justice partisane et antifrançaise... voir antimarseillaise ?

@+

132. Le vendredi 5 décembre 2008 à 18:48 par tschok

@ Alex, com 125,

1) Moi! Moi! J'avais e choix entre naître petit, moche, noir et juif, ou bien français. J'ai choisi français. J'aurais peut être pas dû.

2) Moi, évidemment. Quand on se fout dans la merde c'est que quelque part on le mérite.

133. Le vendredi 5 décembre 2008 à 22:38 par RG

@117 artemis

j'habite dans le coin et je connais la réputation du journal qui en a fait état

Ciel, mon voisin !

134. Le samedi 6 décembre 2008 à 04:17 par Nicolas (pas le petit, l'autre)

J'attends avec impatience le moment des charters dans l'autre sens pour combler le manque de main d'œuvre qui arrive inéluctablement (voir la démographie européenne). Si, d'ici là, ces gens-là, Monsieur, ne sont pas morts de faim depuis longtemps. En tout cas, la France d'aujourd'hui, ce n'est pas ma France et je la quitte. Je rentrerai au pays à la libération (eh, attention, déconnez pas en 2012, je n'ai pas envie de rentrer après 2017, je serai vieux). P.S. Combien ça coute une expulsion, m'avez-vous dit ? ah, tant que ça ! et qui paie ? le cochon de contribuable ? bien fait pour lui ! Il n'a qu'à se réveiller de ce cauchemar !

135. Le samedi 6 décembre 2008 à 09:08 par Aristote

@ Alex Draner # 129

Et qui a "mérité" de naître tout court, que vous preniez cela comme une chance ou comme une punition...

Bien à vous.

136. Le samedi 6 décembre 2008 à 10:10 par Hubert

Merci de donner une leçon de dignité à nos gouvernants en évitant soigneusement toute allusion historique déplacée en commentaire.

Cher maître, la dignité semble être une notion rigoureusement inconnue des personnes qui se salissent avec de tels actes. Que dire hormis que mon écœurement est sans limite ?

Hubert

137. Le samedi 6 décembre 2008 à 10:47 par hum

je connais un collégien qui s'est fait menotté dans sa classe devant ses camarades et prof pour trafic de chit, son père enseignait dans ledit établissement, le proviseur voulait un exemple.

138. Le samedi 6 décembre 2008 à 11:12 par David

Cher Maître,

Vous nous invitez à nous défendre de l'analogie avec notre passé. Mais comment les générations futures nous jugeront-elles à l'avenir ?

Il faut dire et redire qu'il n'y a pas d'immigration, il n'y a que des immigrants. "L'immigration" est une notion qui fait l'objet d'une polémique idéologique, parce qu'elle est politique. Finalement, elle ne recouvre pas la réalité des situations. Avec un peu de bon sens, le Législateur le comprendrait...

139. Le samedi 6 décembre 2008 à 13:30 par emachedé

Une sorte de "rafle" version soft? Certes rien de dramatique, mais le fait que ces personnes aient été expulsées en Allemagne fait ressortir un symbole dont on se serait bien passé. Les fonctionnaires zélés de la justice et de la police, nostalgiques des années 40, sont donc bien présents. Quant aux valeurs républicaines des droits de l'Homme...

140. Le samedi 6 décembre 2008 à 16:50 par ramses

@ emachedé 137

Le fait que ces personnes aient été reconduites en Allemagne pour examen de leur demande d'asile est la stricte application des accords Schengen, qui veut que cette demande soit faite au premier point d'entrée dans l'espace européen. Aucune "nostalgie", en l'occurence.

141. Le samedi 6 décembre 2008 à 17:03 par azdfrc

Il y a des Albanais qui quittent leur pays pour des raisons compréhensibles. Ils vont en Allemagne, O.K. A priori, ils franchissent la frontière légalement ; que de gentillesse de la part de l'Allemagne qui les accueille !

On pourrait s'attendre à beaucoup de reconnaissance de la part des Albanais. Hé bien non, une fois entrés, estiment pouvoir aller où bon leur semble, au mépris des lois, et viennent en France, avant même que leur demande soit examinée ! Cela donne vraiment l'impression qu'ils ont cherché à frauder. Du coup, la justice a son mot à dire, la loi est appliquée. Quel est le problème ?

Oui, c'est une histoire triste : pourquoi diable des personnes vont vivre clandestinement en France, en amenant leurs enfants, alors que l'Allemagne les accueillait ?

La loi s'applique, elle n'a rien d'injuste ici, pourquoi aurions-nous perdu la raison ?

142. Le samedi 6 décembre 2008 à 17:20 par Solveig

Voilà un article vraiment intéressant, mais il me semblait pourtant que le Règlement Dublin II autorisait l'Etat, où réside de façon irrégulière un demandeur d'asile, de pouvoir statuer sur sa demande alors même qu'il aurait franchi les frontières externes de l'UE et serait arrivé dans un autre Etat membre.

143. Le samedi 6 décembre 2008 à 17:33 par engagé guignol

@132 Nicolas,le petit pas l'autre. Vous avez raison....Courage! fuyons!

Par simple curiosité, vous pourriez nous dire dans quel paradis terrestre vous avez décidé de poser vos valises?

144. Le samedi 6 décembre 2008 à 17:45 par miha

tous les êtres humains sont citoyens du monde. libre circulation pour tous. c'est tout.

145. Le samedi 6 décembre 2008 à 17:47 par gabrielle

@140 Solveig

Le Règlement de Dublin II.

http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/l33153.htm

146. Le samedi 6 décembre 2008 à 17:53 par RG

@139 azdfrc

La loi s'applique, elle n'a rien d'injuste ici

Et grâce à vous on le sait. Entre les lois justes et injustes, les personnes pour lesquelles on doit ou non les appliquer, personnellement je m'y perds.

147. Le samedi 6 décembre 2008 à 19:28 par Giordano

Une réponse à Sébastien, le premier a écrire sur ces lignes : il n'est pas dans les attributions des fonctionnaires enseignants de permettre à des gendarmes de venir chercher un élève en classe pour être expulsé. On est en droit de vous rappeler que l'éducation est, en France, gratuite, et pour tous, y compris les sans-papiers, et la présence d'élèves sans papiers en classe a déjà été - parfois avec succès - utilisé par la force publique pour renvoyer la petite famille dans son intégralité, rendant l'école le complice involontaire de l'arrestation. Ce n'est pas, cela ne doit pas être son rôle - ni celui des fouilles au corps ou / et avec les chiens... Les enseignants n'ont pas de devoir d'aide à la force publique dans ce cas. Utiliser un assistant d'éducation n'est pas plus tolérable. Cela reste inacceptable; il n'y a pas à tergiverser sur ce genre de point. Quant à azdfree, une seule chose : mettez vous, un jour, une seule fois, à la place d'un immigré qui se fixe dans un autre pays que le sien : il se fixe avant tout là ou il peut, parfois là ou il a de la famille, des amis. Qu'importe les dérives administratives et limites de Shengen... et la loi a beau être la loi, qui s'est ici soucié de l'intégration réelle de cette famille, et de ces enfants?

148. Le samedi 6 décembre 2008 à 20:18 par Apokrif

@emachedé : les commentaires précédents auraient pourtant dû vous prémunir contre le point Godwin.

149. Le samedi 6 décembre 2008 à 20:20 par Apokrif

"Les Albanais fuient généralement des vendettas"

Vous pouvez donner la source de votre statistique sur le pourcentage de victimes de vendetta parmi les Albanais, ou les demandeurs d'asile albanais, en France ?

150. Le dimanche 7 décembre 2008 à 13:08 par alain

cher maitre,

rien a voir avec le billet (mais avec l'actualité économique par contre), voici un dessin pour vous :

http://www.smbc-comics.com/index.php?db=comics&id=1300#comic

151. Le dimanche 7 décembre 2008 à 14:59 par chantal

nos dirigeants veulent rendre responsables des enfants de l'incapacité des adultes à leur donner de vraies raisons de vivre et d'exister.

152. Le dimanche 7 décembre 2008 à 18:28 par Br.

"Je vous parlerai un peu plus longuement des opérations anti-drogue dans des collèges du Gers qui font couler beaucoup de pixels sur les blogs."

Au cas où, sur le blog secret défense, il y a la version d'un gendarme concernant Auch:

http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/12/fouille-anti-dr.html#more

Pour le reste, j'aimerais bien également avoir la version des officiers de police qui ont procédé à l'éloignement de la famille vers l'Allemagne... A force de lire ici des versions unilatérales dans ce domaine (et assumées comme telle) ... ;o)

153. Le dimanche 7 décembre 2008 à 20:57 par luis

ahhhh ouuuaaaissss ! ça s'rait tellement rigoureux des stats sur les vendettas albanaises. le monde réduit en pourcentages établissant des quotas classées selon un classement atp des victimes. avec des sous-groupes, des zones a, b et c. d aussi. une carte hérissée d'épingles pointant les bons et les mauvais points de la démocratie ripolinée qui nous laisse ce temps si précieux pour fabriquer les items d'observations et d'évaluations des critères classant la misère du monde. gééééniiiaaaaalll ! parce que si on ne peut pas l'accueillir, on peut la compter, la calibrer, la hiérarchiser, la ranger, la formater,... mais quel pied . être les sérieux de l'histoire, les sourcilleux , les tâtillons des drames humains, les teneurs de règles en fer du laissé pour compte. un peu de bon sens, que diable, aaahhhh, les gardiens du temple du non angélisme! leurs belles leçons de pragmatisme en bandouillère, ils sont pas beaux ! ils sont pas investis ? ils sont pas responsables ? ce qui est relaté ici est l'envers du story telling de notre quotidien mais on voudrait quand même y faire entrer nos fantasmes, alors vite, vite, des chiffres, du solide, pas du mou de la fesse, des quantités divisibles, qui rentrent dans des tableaux; pourrions pas vivre sans tableaux, sans experts, sans spécialistes de la mise en forme, de la mise en norme. c'était quoi l'autre jour dans une émission de téloche à la noix : il ne faut pas que la france donne des signes pouvant laisser croire à de pauvres gens que nous serions le pays de cocagne qu'ils imaginent, ne créons pas ces appels à la désillusion qui les taraudera une fois arrivé, ne laissons pas s'installer l'idée d'un faux eldorado... mais bordel, même dans leur délire sécuritaire ils sont ethnocentrés à un point de tel non retour qu'ils n'imaginent même pas que des gens , par milliers sont quotidiennement confrontés à des situations d'une telle simplicité de non choix de vie telle que nous l'entendons (on fait quooiii ce we chéri ?) . le plaquage de nos pseudos existentialismes politiques sous couverts de vertus, de raisons, de tenants et d'aboutissants est ahurissant. les cyniques seraient les autres, les ceusses qui luttent pour ne pas laisser le droit et l'humain ne pas faire bon ménage car ils donneraient de faux espoirs encore plus dévastateurs que les raisons qui les ont poussé à franchir le pas de l'émigration ( ahhhh ! franchir le pas ! ces projets de vie qui nous turlupinent , ces bifurcations, ces orientations légèrement risquées, ces mises en doute de nos vrais valeurs. quelle crème de sentiments hautement tartuffiers). c'est sûr. c'est sûr. vous avez toutes les vrais raisons de notre monde. amen.

luis

154. Le lundi 8 décembre 2008 à 00:31 par ramses

@ Br. 152

L'article de "Secrets Défense" concerne un autre lycée du Gers, dont les élèves avaient entre 17 et... 30 ans, autant dire des majeurs.

A Marciac, les élèves étaient en 3ème et avaient entre 13 et 14 ans.

Ca fait quand même une sacrée différence, non ?

155. Le lundi 8 décembre 2008 à 14:14 par Minghella

Maître,

Chaque fois, et les exceptions doivent être bien rares, que vous abordez ce thème, vous vous donnez à votre petite morale d'éviter les comparaisons, etc...

Vous êtes absolument désagréable : d'une part de dire ce qu'il faut dire ou ne pas dire, et cette prévention, ensuite, ne pèse rien, sinon qu'elle tue d'avance la porté de votre blog et de ses commentaires.

Maître Eolas, l'enjeu est de savoir si l'on considère qu'à la suite des moments historiques dont vous parlez sans en parler (déjà, ce procédé est malhonnête, puisque vous comptez sur l'implicite de la prévenance pour vous autoriser à parler d'un thème dont vous interdisez en retour à vos lecteurs l'usage. Abjecte...), si, donc, à la suite de ces moments, nous pouvons, aujourd'hui, nous contenter d'assister à cela.

A la suite de 1945, il y a un avant et un après de l'administration française. DU FAIT de la politique de l'administration française de l'Etat durant la collaboration, DU FAIT que nous avons AUSSI une mémoire, nous ne pouvons assister à ce que vous décrivez en considérant que nous sommes les enfants du néant, de l'absence, produits amnésiques où rien ne se compare à rien. Du reste, la question n'est pas celle de la comparaison.

L'attitude actuelle de l'Etat ne porte pas sur un parrallélisme de forme entre Vichy et le présent. ça, c'est votre problème à vous, vous en êtes pris jusqu'au cou dans cette position où c'est vous qui êtes paumé de savoir où l'on met les pieds, en conséquence de quoi, vous nous demandez de ne pas dire le point où ce à quoi nous assistons touche l'insupportable, touche le point d'insupportable de chacun, que cet insupportable, il trouve un écho dans l'histoire. Dommage pour vous, puisque vous vous comdamnez à raturer d'une main ce que vous écrivez de l'autre.

L'attitude actuelle de l'Etat porte sur ceci que nous devrions, chacun, considérer que rien ne se soit passé sous Vichy.

Se faisant, votre recommandation est idiote, légère, et je garde le reste pour moi, parce que ce blog est public, en ceci que vous répétez, par votre petite morale d'ordre supérieur (et vous êtes qui pour vous permettre ça ? je suis un commentateur lambda, vous êtes un avocat lambda, redescendez du nuage ou de votre forteresse, nous allons tous aux toilettes et nous prenons tous une douche, etc... doucement, ce serait bien), vous répétez, donc, la politique d'amnésie volontaire dont se revêt chaque pouvoir, et plus encore celui sous lequel nous vivons.

Et maintenant, prenez votre plume si ça vous chante, vous ne ferez que perdre du temps à tricoter la formulation. Ou mieux, censurez, ce sera excellent. Mieux enfin, ne répondez rien, comme ça, délicieuse indifférence.

Les répétiteurs du discours ambiant s'ignorent, votre ignorance est tout à fait impardonable lorsqu'il s'agit de la dialectique du pouvoir.

Vous ferez comme tout le monde, vous vous plaindrez lorsqu'il sera trop tard.

Minghella

156. Le mardi 9 décembre 2008 à 00:56 par ramses

@ Minghella 155

vous répétez, donc, la politique d'amnésie volontaire dont se revêt chaque pouvoir, et plus encore celui sous lequel nous vivons.

Pourquoi toujours ramener au passé ? Le présent ne vous suffit pas ?

Le passé est bien vivant dans le souvenir et le comparer aux évènements actuels est lui faire injure.

L'histoire ne se répète jamais, vous devriez le savoir, vous qui êtes si savant.

157. Le mardi 9 décembre 2008 à 06:33 par Expat

L'histoire ne se répète jamais, vous devriez le savoir, vous qui êtes si savant.

Jamais ??? motif d'internement : En surnombre dans l'économie nationale :

http://www.educationsansfrontieres.org/IMG/jpg/en_surnombre.jpg

158. Le mardi 9 décembre 2008 à 11:07 par Minghella

A Ramses, Commentaire 156

Je n'ai rien compris à ce que vous écrivez, du fait que vous n'avez pas lu ce que j'écris.

L'histoire n'existe pas, mais la répétition, elle existe.

Minghella

159. Le mercredi 10 décembre 2008 à 02:15 par Muriel

Me viennent à l'esprit ces vers d'un poete dont j'ai malencontreusement oublié le nom :

"Ne me secouez pas car je suis pleine de larmes"...

Rien à ajouter

160. Le mercredi 10 décembre 2008 à 02:37 par ramses

@ Muriel 159

C'est Henri Calet

161. Le mercredi 10 décembre 2008 à 11:30 par Pinouille

Le consensus général qui se dégage de la plupart des commentaires précédents me laisse perplexe. J'essaye humblement de le résumer comme suit (personne ne s'y reconnaîtra entièrement, mais tout le monde s'y reconnaîtra en partie): ce n'est pas tant la méthode employée par la gendarmerie pour "extraire" ces enfants de l'école qui choque, que le symbole de l'aboutissement d'un système inique. Inique car il est humainement difficilement supportable de considérer que certains (les étrangers en situation irrégulière) ont moins de droits que d'autres dans ce pays. Ces droits que l'on voudrait universels et que l'Etat sacrifie pour des considérations moins nobles comme (chacun fera son classement) le respect des engagements politiques (certains diront électoralistes), une certaine vision de la France, une cohésion sociale, une stabilité économique, etc

Ce sacrifice me semble malheureusement indispensable. Car c'est le respect des engagements politiques, le maintien d'une certaine vision commune de la France, la stabilité sociale et économique etc qui garantissent notre richesse (au sens large du terme) et qui nous permettent de partager tant bien que mal nos valeurs humanistes. Cette contradiction est inévitable et est d'autant plus prégnante actuellement pour diverses raisons.

Tout le débat réside alors dans la manière dont on peut aménager au mieux cette contradiction. Mais soyons réalistes: il existera toujours des cas révoltants de ce genre. Il est nécessaire de les signaler et de les combattre (cela contribue à équilibrer le système).

En revanche, il n'est pas indispensable de se draper dans son honneur humaniste et de faire de grandes envolées lyriques: cela a certes un but, mais je ne suis pas sûr qu'il soit avouable...

162. Le mercredi 10 décembre 2008 à 11:53 par Fantômette

@ Minghella,

Admettez qu'il puisse y avoir une marge de manœuvre entre ramener le comportement de l'administration à sa propre histoire et le critiquer, même violemment, pour ce qu'il est et ce qu'il constitue, ici et maintenant.

Vous militez pour le droit à faire du parallélisme historique ?

Allez-y donc. Eolas demande de ne pas le faire, mais quelle autorité a t-il donc sur vous ? Au pire, il sanctionnera votre commentaire s'il estime qu'il pourrait être constitutif d'une infraction de presse, qu'il ne fera que nuire à la qualité du débat ou à la clarté de l'exposé, et qu'est-ce que cela pourra bien vous faire ?

Il y a certainement des centaines ou des milliers de sites où ces références seront les bienvenues. Vous ne pourrez donc même pas vous plaindre d'une quelconque censure, puisque vous resterez libre de dire et d'écrire ce qui vous chante.

Vous trouvez insupportable la politique menée actuellement à grand renfort d'objectifs statistiques en matière de droit des étrangers ? L'alpha et l'oméga du scandaleux n'est pas le génocide ou le crime contre l'humanité. L'alpha et l'oméga de l'insupportable n'est pas même dans la "banalité du mal".

Pour résoudre un problème, il faut commencer par le comprendre. Le comparer à un autre, ce n'est pas forcément inutile, ce n'est pas forcément illégitime, mais c'est prendre un risque logique. Si les problèmes peuvent en réalité être distingués, alors on disqualifiera votre propos avec beaucoup de facilité.

Oui, je sais, je vous ai lu. Vous écrivez qu’il ne s’agit pas de comparer. On se perd alors un peu en interrogations sur ce dont il s’agit. S’agit-il uniquement de se souvenir ? De se laisser aller au souvenir ?

Allons, vous l’avez dit, vous-même. L’implicite se passe ici fort bien d’explicite. De la même façon que ces étrangers, quelle que soit leur situation, ne sont pas des criminels pour être privés de leur liberté d’aller et venir, ne serait-ce que quelques heures ou quelques jours, l’administration n’est pas criminelle lorsqu’elle exerce un pouvoir qui a toujours été le sien : décider qui a le droit ou non d’entrer et de rester sur le territoire français.

Ce n'est pas pour autant admettre que tout ce qui est fait aujourd'hui, au nom de ce pouvoir, est acceptable.

L'indignation est aisée et légitime, je vous signale que vous partagez celle d'Eolas. Mais elle n'est pas un substitutif à la réflexion.

163. Le jeudi 11 décembre 2008 à 12:35 par Lonewolf

Ecoeuré et impuissant. Voilà qui résume au plus bref ce qu'il ressort après le virage autoritariste et malsain (pour ne pas citer ce qui est gentiment interdit ici) que notre pays a pris à la naissance du nouveau millénaire.

Que ce soit pour l'affaire des policiers dans les établissements scolaires ou à propos des expulsions (dont la célérité serait enviable dans d'autres domaines du service public...), en tant que citoyen lambda et compte-tenu de mes origines étrangères, je ne peux que réprouver ces nouvelles tendances "sécuritaires" dont le recours fréquent fait se rengorger les plus zélés des pandores convaincus.

Il m'a toujours semblé que la corruption des édiles était largement plus dangereuse et avait des effets négatifs bien plus sensibles pour la Nation que la tricherie des petites gens (cf. par exemple le traitement fait à certaines catégories de chômeurs) ou "l'invasion" illégale d'étrangers. Quant aux moyens respectivement employés, il ne faut pas être trop musclé du QI pour constater de notables disproportions.

Le droit est une chose, certes. Mais n'est pas Droit tout ce qui est écrit ; il y a des lois scélérates, il me semble, au sein même de notre démocratie. En tout cas, des lois qui ne sont pas guidées par des principes humanistes. Le droit est censé être adopté par tous et opposable à tous, certes. Hélas, ce qui le guide, qui l'écrit et comment on en use en est une autre.

On peut penser ce qu'on veut, mais l'évidence est là : l'Histoire ne nous apprend rien...

164. Le lundi 29 décembre 2008 à 01:57 par Apokrif

http://www.liberation.fr/depeches/0101284460-la-commission-europeenne-propose-une-refonte-des-regles-d-asile :

"Il est proposé d'établir un mécanisme de suspension des transferts liés (aux règles de) Dublin dans des circonstances restreintes, afin d'éviter de surcharger les Etats membres dont les systèmes d'asile sont déjà soumis à une pression particulière", peut-on lire dans la proposition de règlement préparée par la Commission et que Reuters a pu consulter.

Cela "garantirait que les demandeurs d'asile ne soient pas renvoyés dans des Etats membres qui ne peuvent respecter des critères adéquats pour ce qui est de leurs conditions d'accueil et d'accès aux procédures d'asile".

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