Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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À l’immortalité !

par Sub lege libertas


Ce jeudi 18 mars à quinze heures, Madame Simone Veil sera reçue comme membre de l’Académie française pour y occuper le treizième fauteuil de cette compagnie.

Profitons au passage pour rappeler à la présidence de la République, que le terme d’« intronisation » employé dans son communiqué de 9 heures 46 pour désigner la réception « sous la Coupole » de Madame Simone Veil est impropre, sauf à y lire une certaine forme d’ironie involontaire ou déplacée. Comme protecteur de cette Compagnie, le Président de la République assistera donc à cette cérémonie de « réception » que ses services eussent été mieux inspirés de désigner par son nom. La maîtrise de la langue française s’impose lorsqu’on protège l’Académie dont le seul rôle officiel est de veiller sur elle.

Pourquoi Sub lege libertas sombre-t-il dans l’académisme ?

Pour saluer ici Simone Veil, magistrat, qui rejoint cette assemblée si singulière. Je n’ignore pas que la carrière dans la magistrature de la récipiendaire n’est pas à l’origine de son élection à l’Académie. Mais, je souligne qu’aucun magistrat de l’ordre judiciaire n’avait siégé à l’Académie française depuis André Dupin, élu en 1832 alors qu’il était Procureur Général près la Cour de cassation – André Dupin avait adopté comme devise personnelle lors de sa nomination à ce poste « sub lege libertas ». Lui non plus d’ailleurs ne devait son élection à son office de magistrat, mais comme Madame Simone Veil, à son parcours d’homme d’État.

Si le monde de la robe – et je ne parle pas ici du sexe de Madame Simone Veil, sixième femme à siéger quai Conti – était plus fréquemment représenté à l’Académie au XVIIe et XVIIIe siècle – citons le Baron de Montesquieu qui émerge de l’oubli avec Malesherbes, la tendance s’inversa par la suite. Au XXe siècle, si nous exceptons François Albert-Buisson qui fut magistrat consulaire et Président du Tribunal de commerce de Paris et Pierre Moinot qui fut procureur général près la Cour des comptes, seuls quelques avocats siégèrent à l’Académie française. Saluons notamment parmi eux, Maurice Garçon et Georges Izard, le premier car il fut l’incarnation de l’éloquence judiciaire ; le second car s'il ne fut des quatre-vingt députés qui, le 10 juillet 1940, refusèrent de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, du moins ne prit-il pas part au vote et fut ensuite un vrai résistant.[1] Aujourd’hui, Jean-Denis Bredin représente le Barreau dans cette docte assemblée.

Saluer la réception à l’Académie française du magistrat Simone Veil, c’est aussi une façon de rendre hommage à la femme et son parcours sans répéter ici les éloges convenus, quasi nécrologiques, lus çà et là. C’est aussi, à travers le kaléidoscope des portraits des 719 immortels qui siégèrent quai Conti, avoir un autre regard sur l’identité française qui fait qu’à cinq fauteuils du siège occupé par le Maréchal Pétain, siégera désormais Madame Simone Jacob épouse Veil déportée le 13 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau en application de l’acte dit loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs promulgué par ledit Pétain.

Madame vous siégerez aussi sur le fauteuil jadis occupé par Jean Racine qui fit chanter à Esther :

Eh ! que reproche aux Juifs sa haine envenimée?
Quelle guerre intestine avons-nous allumée ?
Les a-t-on vu marcher parmi vos ennemis?
Fut-il jamais au joug esclaves plus soumis?

Madame, la robe que vous avez portée, votre histoire et vos combats vous font encore la digne héritière du Baron de Montesquieu au sein de cette Compagnie.

À votre immortalité !

Notes

[1] merci à GPS, pour sa lecture vigilante qui me permet de souligner que la notice biographique officielle de l'Académie française est ... erronée sur ce point ! (rectification du billet et note ajoutée le samedi 20 mars à 18 heures 32)

Commentaires

1. Le jeudi 18 mars 2010 à 14:21 par jalmad

com sans intérêt et non destiné à être désagréable, qui pourra donc être supprimé après rectif, mais il y a une faute “par Jean Racine qui fit chanter à Esther” ; pour un post sur l’Académie, ça la fiche mal !

Sub lege libertas:
Je ne sais me résoudre à l'académisme grammatical, mais, chère collègue bien instruite, je dois corriger : c'est fait ce jour à 20 heures 05...

2. Le jeudi 18 mars 2010 à 14:27 par Spike

“Voici comment je définis le talent : un don que Dieu nous a fait en secret, et que nous révélons sans le savoir”
Montesquieu

3. Le jeudi 18 mars 2010 à 14:33 par Shadok

« L’immortalité, c’est long. Surtout vers la fin. »

Bon, je sors ->

4. Le jeudi 18 mars 2010 à 14:38 par Killerjeff

J’aurai des petites questions peut-être bêtes mais qui me turlupinent :
- Il me semblait avoir déjà entendu parler de magistratE mais vous utilisez dans votre article. Est-ce donc que magistrat ne s’accorde pas tout comme médecin par exemple ?

Sub lege libertas:
Pourquoi ? vous dites une médecine pour parler de Madame le docteur quand elle vous examine ??


- Quelles sont les critères pour être élu à l’Académie Française car Madame Simone Veil a eu une très grande carrière politique mais ce n’est pas un écrivain prolifique avec seulement 3 oeuvres en 40 ans ?
- J’ai vu sur le site de l’Académie Française qu’elle avait été élue en 2008. Comment cela se fait-il qu’elle n’y entre réellement que maintenant ?

Merci pour vos réponses qui me permettront de me coucher moins bête ce soir.

Sub lege libertas:
L'Académie française n'est pas une compagnie d'écrivains : c'est une compagnie de gens de bonnes moeurs (selon son règlement) qui se cooptent démocratiquement... Leur mission :
 veiller sur la langue française, ce qui les a conduit à rédiger un dictionnaire, totalement obsolète et non scientifique. Mais l'usage académique de la langue a un charme suranné auquel je succombe parfois...

5. Le jeudi 18 mars 2010 à 14:59 par Neville

Parmi, au XX ème siècle, les magistrats membres de l’Académie, n’avez vous pas oublié que Gabriel de Broglie fut conseiller d’Etat ? J’ignore cependant, il est vrai, si ce fut à la section du contentieux.

Sub lege libertas:
J'ai parlé du monde de la robe et des magistrats de l'ordre judiciaire... Alors, j'en suis marri, mais le conseiller d'État reste fort nu de ce point de vue....

6. Le jeudi 18 mars 2010 à 15:02 par Neville

Et Erik Orsenna aussi est conseiller d’Etat (même remarque s’agissant de la section du contentieux ou non)

7. Le jeudi 18 mars 2010 à 15:05 par Robert

N’oublions pas non plus, pour être complet, que Mme Veil est la marraine de Mme DATI dans le métier et que cette dernière a prêté serment avec la robe de la première. Emouvant passage de flambeau entre entre générations.

Sub lege libertas:
Eh bien,ne vous déplaise,je tâchais de l'oublier...

8. Le jeudi 18 mars 2010 à 15:24 par chris

En complément de Jalmad (1): souvent sur ce site j’ai vu des confusions assassines entre les verbes être et avoir, certains écrivant “ait” au lieu de “est”. Si à l’oral celà ne s’entend pas, à l’écrit c’est génant pour la compréhension. Pour se corriger il faut tout simplement mettre la phrase au pluriel avec “sommes” et “avons”.

De même pour savoir choisir entre “é” et “er”, il faut remplacer le verbe du premier groupe par un verbe du 3° groupe :
J. Racine qui fit croire à Ester…

A part cela j’ai conservé dans mes archives une photo de Madame Simone Veil, la tête posée sur son pupitre, de lassitude, quand elle défendait la future loi sur l’avortement. Les “opposants” aux façons de malotru se sont-ils un jour excusés ?

9. Le jeudi 18 mars 2010 à 15:44 par Van der Waals

Je trouve quand même dommage que partout (ici à la limite ça peut se comprendre) on ne parle que de son parcours et son combat sans vraiment évoquer ses oeuvres littéraires (ok elle n’en n’a pas écrit beaucoup, mais quand même), alros qu’il s’agit quand même de l’Académie Française…

 

Sub lege libertas:
J'ai déjà répondu sous le commentaire n°4.

10. Le jeudi 18 mars 2010 à 16:08 par villiv

Discours terminé, on n’a pas encore les notes mais je crois qu’elle est reçue !

11. Le jeudi 18 mars 2010 à 16:20 par rebelbird

“qui fit chantER à Ester.” Rhalala, encore un sub avec des fautes…

12. Le jeudi 18 mars 2010 à 16:53 par Gilles

À quand la mort de cette institution qui coûte cher et à l’État et à l’essor des cultures francophones ?

13. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:02 par Panouf

Excusez-moi de disconvenir, mais je ne peux être d’accord avec cette nomination: Simone Veil ne peut être nommée pour son oeuvre littéraire, elle n’a rien écrit.
Il s’agit donc d’une option purement politique: glorifier celle qui a autorisé l’avortement en france.
Cela me dérange: si l’on regarde, avec aujourd’hui une pratique extrèmement banalisée, qui devient une nouvelle forme de contraception, sans aucun suivi réel des femmes qui font une dépression des années après un avortement et à cause de celui-ci, ni d’alternative réelle offerte aux femmes qui ne souhaitent pas avorter mais sont dans une situation de détresse, et avec un tabou social sur la question qui interdit de se poser les vraies questions: pourquoi par exemple, rembourser l’ivg alors que les préservatifs et la plupart des pilules ne le sont pas? (les seules qui les sont sont celles qui ont le plus d’effets secondaires).
Comme un des objectifs de cette loi était non pas de banaliser l’avortement mais de le réduire en l’encadrant et en apportant un soutien aux femmes en situation de détresse, et en luttant contre une utilisation contraceptive de l’avortement, on peut conclure à un échec complet de cette loi.
Par ailleurs, je ne peux que constater que cette loi a été fondée sur un mensonge: il y aurait eu 300000 à 500000 avortement clandestins, sauf que si l’on se penche sur le détail des chiffres, on constate que pour arriver à ce chiffre, il a fallu compter tous les morts maternelles comme des victimes d’avortements clandestins, et dire que pour 99% des dcas, il n’y avait pas de mort; ce taux est absurde car c’est tout simplement le taux… d’échec des opérations en bloc opératoire!!!!
Alors que lorsque l’on parle d’avortements clandestins, il ne s’agit pas de bloc opératoire, mais bien d’opérations à la sauvette, par des personnes non diplomées, sans suivi, sans réelle aseptie et antiseptie dans des conditions déplorables. Si réellement ces opérations avaient un aussi faibles taux d’échec, revenons à la chirurgie du Moyen-Age, elle est aussi efficace que la notre!!! Ne me faites pas croire que Mme veil n’avait pas de moyens de savoir que ce taux était faux, bien qu’elle ait affirmé avec force ce chiffre, et de façon selon elle indiscutable.
Je ne nie pas que Mme Veil ait eu de bonnes intentions avec cette loi, ni qu’elle ait eu une attitude plus que courageuse dans les camps nazis, ni qu’elle ne vise pas les honneurs en tant que telle (lorsqu’elle a refusé la légion d’honneur que l’on a voulu lui donner lorsqu’elle était dans les camps pârce ce que ce n’est pas un honneur d’être déporté), mais permettez moi de penser et de dire que l’unique but de cette nomination est de glorifier un “acquis” que je trouve désastreux, et qu’une telle manoeuvre politique n’a rien à faire dans les nominations de l’académie française.

Sub lege libertas:
Bien. J'attendais inévitablement ce « commentaire ». Vous n'aviez pas compris que, par pur esprit de corps et de nombrilisme professionnel, mon billet ne parlait que de la place naturelle des magistrats à l'Académie ? Pour le reste, je suis certain que l'époque des tricoteuses faiseuses d'ange était si charmante que je dois me féliciter de votre nostalgie...

Si Mme veil avait été un grand écrivain, j’aurais été d’accord, mais là ce n’est pas le cas.

 

Sub lege libertas:
Et bien je suis heureux de savoir que vous êtes lecteur des romans de Valéry Giscard d'Estaing...

Je me doute que pas mal de gens ne seront pas d’accord avec moi, mais jhe tenais à expliquer pourquoi cette décision me choque.

14. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:09 par Arnaud

Ceux qui pensent qu’il faut être écrivain pour entrer à l’académie française se fourrent le doigt dans l’oeil.
Cousteau par exemple n’était pas un écrivain.

Sub lege libertas:
Pourtant, qu'il en a vendu des bouquins illustrés relatant ses expéditions pour aller révéiller le mérou qui dort !

Giscard non plus (non, franchement…)
Louis Leprince-Ringuet pas vraiment.
Le Cardinal Lustiger non plus…

Sub lege libertas:
Bah, l'Académie n'est plus ce qu'elle était. Avant au moins, elle comptait dans ses rangs au minimum, un Duc, un Cardinal, un Maréchal à défaut un Général ou un Amiral et un « quarteron » de nobliaux ayant dans leurs aïeux un de ceux-ci ou un Académicien. Aujourd'hui à part Broglie et un Ormesson authentiques nobles... un Giscard y repose son d'Estaing

15. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:17 par Boulet

La langue française peut dormir tranquille car Simone veille.

(J’avais soudainement une envie de souiller mon âme pour l’éternité)

Sub lege libertas:
Franchement, avec une telle saillie, vous vous êtes tout juste compissé les braies. Alors, pour la souillure de votre âme...

16. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:20 par ZZZZZZZZ

erik orsenna conseiller d’Etat, mais avec toutes ses activités extrajuridictionnelles, a -t-il encore le temps de juger des affaires…

17. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:22 par chris31

@panouf
Merci pour cettee opinion qui va à contre courant de la pensée dominante et des biens pensants d’aujourd’hui
J’ai le plus grand respect pour Mme VEIL, mais l’Académie Française …?

18. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:24 par Ysabeau

Oh ! Si les magistrats avaient voulu entrer en plus grand nombre à l’Académie française cela ne tenait qu’à eux. Il suffit après tout de se présenter, d’avoir vaguement écrit quelque chose et surtout de faire ses visites aux immortels encore vivants. Quant à ceux décédés, bien peu restent encore dans les mémoires…

Cela dit je trouve donc que Momone exagère un brin quand elle fait semblant d’être surprise de son élection. Parce que, bon, elle l’a quand même un peu beaucoup voulu son entrée à l’Académie, voulu… et sollicité.

Et puis il faut relativiser à la fois le poids (quasi inexistant) et le rôle (mineur et heureusement) de l’institution et cela dès le départ. L’idée générale ayant été de créer un machin pour avoir la paix avec quelques trublions en leur donnant un hochet qui fait important. Mission d’ailleurs parfaitement remplie.

Quant au rôle des immortels en matières de langue française, sérieusement quelqu’un d’entre vous s’est un peu intéressé aux vocables nouveaux qu’ils pondent pour remplacer les anglicismes ? La plupart du temps c’est ridicule, long, pompeux et inadapté, citons par exemple le fameux ambulophone (mon préféré). Ce ne sont ni des spécialistes du langage, ni des sociologues alors forcément.

19. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:25 par furtivan

j’ai une estime immense par Mme Simone Veil !
j’ai regardé et surtout malheureusement écouté et entendu son discours lu .
Je me suis retenu de ne pas zapper, mais je n’ai pas pu retenir quelques jurons, tellement c’était pitoyable de l’entendre ânonner et se reprendre quasiment à chaque phrase !

Mais ce n’est pas grave Simone, ce n’est pas pour ça que je t’aime et que je ne t’aimerais plus !

20. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:29 par lucien

@12 Panouf : cela fait longtemps que l’Académie Française ne reçoit pas que des écrivains. Comme Arnaud le signale, le commandant Cousteau n’était pas vraiment un écrivain. René Clair était cinéaste, Maxime Weygand commandant en chef de l’armée française et Thiers chef du gouvernement. Et ça ne date pas d’hier : Colbert en 1667 était plus réputé pour sa politique économique que pour son oeuvre littéraire (d’ailleurs son fils, archevêque et pas plus écrivain que lui a aussi été académicien). Il y a toujours eu cet équilibre à l’Académie entre les écrivains, les ecclésiastiques, les militaires et les politiques.

Concernant Mme Veil : si on peut admirer son courage politique avec sa loi sur l’IVG, ses témoignages sur la déportation et son engagement européen, il ne faut pas oublier non plus qu’elle s’est un peu essuyée les pieds sur son devoir de réserve de membre du Conseil Constitutionnel en appelant à voter oui au référendum sur l’Europe de 2005.

@9 Van der Waals : On ne parle pas beaucoup de son oeuvre littéraire. Normal : elle n’a écrit que son autobiographie. Et tout le monde sait que les “autobiographies” des personnes célèbres sont assez rarement écrites par elles-même. Cela dit, pour Mme Veil, je n’en sais rien.

21. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:36 par lucien

Pour continuer dans cette idée que les académiciens ne sont pas forcément des écrivains, le site de l’Académie propose même un moteur de recherche par fonction : Artistes, Hommes de lettres, Hommes politique, Magistrats, Marins (Officiers de marine), Militaires, Professeurs au Collège de France, Religieux et Scientifiques.

22. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:44 par GPS

André Dupin !

Victor Hugo parle de ce personnage dans Les Châtiments : c’est l’âme la plus basse, une taupe aux jours de danger, un vil pantin.

Et encore :

Il dégradait à plaisir l’assemblée
Souple, insolent, semblable aux valets familiers,
Ses gros lazzis marchaient sur l’éloquence ailée
Avec leurs gros souliers

Hugo note ailleurs : « J’ai souvent pensé qu’il avait fait de sa poche sa conscience, ou de sa conscience sa poche. C’était large. »

Tocqueville, pourtant modéré, ne l’estimait guère : « Je lui connaissais un coeur habituellement intéressé et lâche, sujet seulement de temps à autre à des soubresauts de courage et d’honnêteté. Je l’avais vu, pendant dix ans, rôder autour de tous les vaincus ; moitié singe, moitié chacal, sans cesse mordant, grimaçant, gambadant et toujours prêt à se jeter sur le malheureux qui tombait. » C’était évidemment pour se faire sa clientèle d’avocat.

Et Guizot, pour conclure un développement impitoyable : « On n’a jamais dépensé plus de fourberie et de menterie grossière. »

Pour plus de détails, on peut se reporter au Lacordaire de José Cabanis (Gallimard), particulièrement pages 60 à 75.

Ah, on peut dire que la magistrature a été bien représentée, à l’Académie.

23. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:50 par PrincessH

Sur la qualité d’écrivains des académiciens :

j’ai entendu d’Ormesson raconter qu’un pharmacien, qui avait des relations influentes, avait été élu à je ne sais quel siège et que ses camarades académiciens l’avaient surnommé :
“Le con primé”…

Sub lege libertas:
Il s'agit de François Albert-Buisson dont je parle dans mon billet. Il avait certes présidé le Tribunal de commerce de Paris, mais surtout la société Rhone Poulenc. Il entendit le jour de son élection dire : « avec lui, l'aspirine entre à l'Académie ». Il avait aussi fortement pioché dans sa fortune personnelle pour financer la réfection du dome de l'Académie (la fameuse “Coupole”).

 

Comme quoi, il faut de tout pour faire une académie. Après tout, on file bien la légion d’honneur à qui la demande.

Sub lege libertas:
Demandez la !
Il est très seyant de la refuser !

Ambulophone, moi, je trouve ça charmant…

24. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:50 par Raplouf

Le Président de la République Nicolas Sarkozy a écrit à Simone Veil pour lui dire qu’il n’assistera pas à la cérémonie de sa réception à l’Académie française, demain, en raison de “contraintes” de son emploi du temps. Chichi, lui, y était.
No comment….

25. Le jeudi 18 mars 2010 à 17:50 par princessH

PS : j’aime beaucoup Madame Veil. C’est pas n’importe qui, au moins.

26. Le jeudi 18 mars 2010 à 18:23 par Verna

Les conditions de réception à l’académie française sont mentionnées dans ses statuts en son article 1 :

__”PREMIÈREMENT
Personne ne sera reçu dans l’Académie qui ne soit agréable à
Monseigneur le Protecteur et qui ne soit de bonnes moeurs, de
bonne réputation, de bon esprit et propre aux fonctions
académiques.”__

Il n’est donc aucunement mentionné une quelconque production littéraire pour y être reçu.

source : http://www.academie-francaise.fr/ro…

27. Le jeudi 18 mars 2010 à 18:34 par Polydamas

Madame vous siégerez aussi sur le fauteuil jadis occupé par Jean Racine qui fit chanté à Esther :

Eh ! que reproche aux Juifs sa haine envenimée?
Quelle guerre intestine avons-nous allumée ?
Les a-t-on vu marcher parmi vos ennemis?
Fut-il jamais au joug esclaves plus soumis?

On dit “fit chanter”.

Sub lege libertas:
on ne le dit pas, on l'écrit plus justement. Mais j'ai déjà répondu sous le commentaire n°1, que vous n'avez pas lu...

Cela dit, ça a peu d’importance. En revanche, ce qui en a davantage, c’est que Jean Racine écrivit aussi, dans Athalie :

De quel crime un enfant peut-il être capable ?

MATHAN
Le ciel nous le fait voir un poignard à la main :
Le ciel est juste et sage et ne fait rien en vain.
Que cherchez-vous de plus ?

ABNER
Mais, sur la foi d’un songe,
Dans le sang d’un enfant voulez-vous qu’on se plonge ?
Vous ne savez encor de quel père il est né,
Quel il est.

Ou encore, dans Esther :

Quel carnage de toutes parts !
On égorge à la fois les enfants, les vieillards,
(…)
Que de corps entassés ! Que de membres épars,
Privés de sépulture ! Grand Dieu ! tes saints sont la pâture

M’est avis que Jean Racine doit s’en retourner dans sa tombe de voir celle qui introduisit l’IVG en France à sa propre place…

Sub lege libertas:
Vous méconnaissez l'œuvre de Racine pour oser détourner au profit de vos éructations contre l'IVG les passages cités. Votre citation de la scène 5 de l'acte II d'Athalie est une forfaiture : Athalie reine apostate et veuve de Juda révèle avoir vu en songe un enfant de la race du roi David la poignarder; on lui apprend qu'au Temple un enfant inconnu officie avec le grand prêtre Joad. Elle craint qu'il s'agisse de l'héritier légitime du trône qu'elle occupe... Toute la pièce tourne autour de la question de la légitimité de la dévolution du trône et de la fidélité à la foi. C'est aussi une pièce sur l'intransigeance religieuse. Alors plonger un poignard dans le sein de Joas, le petit fils caché d'Athalie mais fidèle à son Dieu, ne signifie pas le refus d'avoir une descendance non désirée...

28. Le jeudi 18 mars 2010 à 18:51 par Verna

@ Polydamas

Il m’est avis que Jean Racine n’a aucune raison de se retourner dans sa tombe, vu que l’IVG ne faisait pas partie de son temps.

Résumer ainsi que vous le faîtes l’IVG à un massacre d’enfants et de vieillards , est un signe de parfaite mauvaise foi.

29. Le jeudi 18 mars 2010 à 19:11 par Ivan Kann Szpirglas

@ Polydamas
Racine parlait d’enfants et non de fœtus…
C’est un oeuf fécondé mais cet oeuf ne sera rien sans celle qui le porte et pourrait lui donner vie et amour
donner la vie sans donner la protection et l’amour est un crime plus grand que celui que vous entendez…

enfin je crois que si Racine se retourne dans sa tombe c’est le signe que rien n’est impossible
bonne nouvelle

30. Le jeudi 18 mars 2010 à 19:25 par Pierre - François Chauveau

Son papa n’est pas François Bayrou , Simone et François se haissent , que penser du role du papa dans la vie de l’enfant ?

31. Le jeudi 18 mars 2010 à 19:32 par chris

Conseiller d’Etat depuis 2000, Erik Orsenna est actuellement en disponibilité…

32. Le jeudi 18 mars 2010 à 19:40 par Polydamas

@ Vera :

Oui, et les infanticides, qui ne sont rien d’autre que des avortements tardifs, ça n’existait pas à son époque, peut-être ?

Sub lege libertas:
A ce compte de bétise, votre mort ne sera qu'un coït interrompu trop différé...

Sinon, concernant les vieillards, on n’en est plus très loin, cf débat sur l’euthanasie et tous les problèmes posés par les excès belges ou suisses, pour Veil, je ne lui impute que les enfants, c’est déjà pas mal.

Sub lege libertas:
Non c'est ignoble... et ce n'est pas la loi de Madame Simone Veil. C'est celle du peuple français, souverainement assemblé par le biais de ses représentants qui l'ont votée !


Mais puisqu’on citait Racine…

@ Ivan:

C’est cela, oui.

Bien sûr que si qu’un œuf peut être quelqu’un une fois qu’il est né, nul ne milite pour qu’il soit obligatoirement éduqué par sa mère biologique. Ce qui est important est de donner la vie, pas les conditions dans lesquelles ça se passe, sinon il n’y aurait plus de naissances.
Le perfectionnisme sentimental dégoulinant selon lequel la situation n’est jamais assez parfaite, les parents jamais assez prêts, le salaire jamais assez important, le bébé jamais assez parfait (il est trisomique, alors avortons !) est la cause seule et unique de tous ces IVG, dont Mme Veil porte une part de responsabilité.

Au fait, récemment, des médecins viennent de donner naissance aux USA à un bébé prématuré de 15 semaines, soit à peine trois semaine de plus que la date limite pour les IVG en France, mais pas mal de temps en moins que beaucoup de législations dans le monde. Vous serez donc bien aimable de ne plus parler “d’oeufs” dans ces conditions.

En vous remerciant,

Sub lege libertas:
Vous serez donc urbain d'arrêter de vomir vos billevesées ici. Libre à vous de croire aussi que vos pollutions nocturnes ou vos branlettes diurnes sont des quasi-génocides ignorés.

33. Le jeudi 18 mars 2010 à 19:58 par Ysabeau

Princess H : c’est aussi en substance ce qu’avait dit le critique (et académicien) Jean-Jacques Gautier dans un discours qu’il avait adressé, le jour de la remise des prix, aux élèves d’un établissement où j’étais pensionnaire. En résumé, il suffisait d’avoir su écrire sa lettre de candidature.

Verna : l’IVG, ou avortement, a toujours existé. Ce que madame Veil a fait c’est de le dépénaliser et de permettre qu’il se fasse dans des conditions médicales, psychologiques et sociales correctes.

34. Le jeudi 18 mars 2010 à 20:00 par syllogisme

@PrincesseH : Merci pour ce trait d’humour, décidément les pharmaciens…

Peut-être bien que ce sont des grands qui entrent à l’Académie française…
Souhaitons-leur longue vie car on en manque un peu aujourd’hui…

35. Le jeudi 18 mars 2010 à 20:54 par Anacharsis

Un exemple de “la qualité” d’écrivain” :

“M. le maréchal de Richelieu fut mis trois fois à la Bastille, la
première, le 22 avril 1711, et en sorti le 19 juin 1712 ; la seconde
foi fut le 4 mars 1716, et en sorti le 21 aoust 1716 ; la troisième foi
fut le 28 mars 1719, et en sorti le 30 aout 1719.

Il y fut mis la premiere foy pour vivre avec sa premiere femme, Mlle de
Noailles, fille de sa belle-mère, que par arrengement de famille il
épousa et malgré lui ; elle étoit beaucoup plus âgé, point jolie et
l’humeur acariade, et comme il ne vouloit pas vivre avec elle, et que
sa famille désiroit qu’il eu des enfans, M. son son père pria Mme de
Maintenont doptenire du Roy un ordre pour le faire mettre à la Bastille
et y restere jusqua que sa femme devienne grosse, qui pour cela alloit
le voir deux foy la semaine a la Bastille.
M. de Mintenon, qui aimoit le jeune duc et le protegeoit et qui
cependant vouloit faire plaisire à sa famille, en parla au Roy, qui fit
sur le champ assemblé son conseill et dit à ses ministres la demande de
M. le duc de Richelieu, et Sa Majesté adjouta qu’il desiroit que le
jeune homme profita de cette retraite pour son instruction, et alors il
eû la bonté de dire à M. de Ponchardain et autre, quils les chargeoient
de trouvé un homme desprit écleré aimable et à demis sous-ordre, pour
lui tenir compagnie et qui puisse suivre son éducation sen ennuie.
On lui donna labbée Saint Remis qui resta le reste de ses jours avec M.
de Richelieu.”

Louis François Armand, duc de Richelieu, élu en 1720 à l’Académie
française, à l’unanimité, au fauteuil de Vaugelas.
Certes, à l’époque, l’orthographe était encore un art très personnel et ouvert à la créativité, mais là…

36. Le jeudi 18 mars 2010 à 21:27 par Marne

Je ne suis pas toujours d’accord avec Madame Veil, mais c’est une grande dame.
Pour une fois une nomination (quelle soit demandé ne change rien a l’affaire) bien mérité.
Quand a tous les réactionnaires sur l’IVG qu’ils aillent donc se faire raconter comment ça se passer lorsque les femmes mouraient en couche épuisées à 30 ans ou la boucherie que pouvait être un avortement clandestin.

La liberté personnelle s’arrête là ou commence celle des autres.
Pensez ce que vous voulez mais venez pas faire chiier le monde.

37. Le jeudi 18 mars 2010 à 21:44 par Polydamas

@ Marne :

La liberté personnelle s’arrête là ou commence celle des autres.

Par contre, si il y a une liberté qui importe peu aujourd’hui, c’est celle des foetus et embryons, celle-là, personne n’en parle…

Sub lege libertas:
Mais bon sang, mais c'est bien sûr : il est libre le fœtus ! D'ailleurs avant, m'a-t-on dit, au lieu de se réfugier dans le ventre d'une femme ingrate, il s'épanouissait dans les choux ou les roses et la cigogne le déposait à terme dans le berceau de parents ébaubis !
La plus grande surprise chez un con, c'est qu'il fasse une pause (Dominique Chaussois)

Et je ne vois pas en quoi ce serait un argument que les femmes mourraient en couches, aujourd’hui, ce sont 200 000 embryons par an qui y passent, il n’y a pas de comparaison possible.

38. Le jeudi 18 mars 2010 à 21:52 par Kalibator

Je constate que dans cette académie,

Le taux de décès est plus important parmis les immortels
en comparaison avec le reste de la population …. c’est suspect !!

39. Le jeudi 18 mars 2010 à 22:11 par Malavita

@Polydamas (32) :
“(..) des médecins viennent de donner naissance aux USA à un bébé prématuré de 15 semaines”

Il était viable votre fœtus ?!

 

Sub lege libertas:
Le sien ? M'est avis hélas qu'il est arrivé à terme puisqu'il nous gratifie de ses verbigérations sur les embryons...

40. Le jeudi 18 mars 2010 à 22:22 par Solo

“C’est aussi, à travers le kaléidoscope des portraits des 719 immortels qui siégèrent quai Conti, avoir un autre regard sur l’identité française qui fait qu’à cinq fauteuils du siège occupé par le Maréchal Pétain, siégera désormais Madame Simone Jacob épouse Veil déportée le 13 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau en application de l’acte dit loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs promulgué par ledit Pétain.”

Disons que si Pétain avait eu le courage de fuir comme la reine des Pays-Bas, nous ne pourrions pas gloser comme des médiocres avec notre regard du 21ème sur son indignité. Madame Veil aurait peut être subi deux ans de camps supplémentaires.

Pardonnez-moi de réagir, votre allusion à l’identité française = Pétain était assez provocante. N’en déplaise, l’identité française n’est pas plus Simone Veil que Pétain, et les raccourcis historiques sont aussi indigestes que les approximations juridiques des lauréats du prix busiris.

41. Le jeudi 18 mars 2010 à 22:53 par jcs

C’est une belle réception pour une belle dame. Certaines nouvelles font du bien sans que l’on ne sache trop pourquoi. Celle-ci en fait partie.

42. Le jeudi 18 mars 2010 à 23:10 par smosmo

@Malavita (39)
Oui, le fœtus est viable, mais il n’était pas à 15 semaines mais à 15 semaines du terme… (mauvaise traduction qui court sur un site anti avortement que je m’empresse de ne pas citer), ce qui fait 25 semaines et n’en fait plus du tout le prématuré annoncé comme à peine plus agé que la limite d’une IVG.

Il s’agit en fait du prématuré le plus léger sauvé, d’où les publications autour du cas…

43. Le jeudi 18 mars 2010 à 23:22 par Malavita

@ smosmo : merci pour la mise au point.

(quoique sur les sites anti-IVG qu’on n’aime pas citer on trouve parfois des miracles, des statues qui pleurent des larmes de sang, des suaires magiques, alors un fœtus de 15 semaines qui soit viable why not ?)

44. Le jeudi 18 mars 2010 à 23:25 par Polydamas

OK, autant pour moi, je me suis planté sur la date, trompé par ce site. Cela dit, ça ne change rien à l’argumentation surtout si on prend certains Etats américains où on peut avorter jusqu’au terme ou presque.

@ Sub lege:

Que je sache, c’est vous qui avez souhaité citer Racine.

Pour le reste, le foetus est un être biologiquement autonome de sa mère, quoique dépendant, avec son propre code génétique, son propre potentiel, et son propre corps. Les parents, que je sache, n’ont pas de droit de vie et de mort sur les enfants dont ils ont la garde, je ne vois pas pourquoi il en serait de même pour un embryon que la mère porte.

Quant à passer pour un con aux yeux d’un supporter de Mme Veil, il s’agit d’un privilège qui ne se refuse pas. Mais il se trouve que je défends une certaine position dont se revendiquent pas mal de monde, notamment chez les catholiques. Et il parait que certains ici, en sont aussi.

45. Le jeudi 18 mars 2010 à 23:28 par ophise

Qu’il est triste de voir que l’on peut encore, bientôt 40 ans après, résumer Simone Veil à une loi qu’elle a proposé et défendu certes mais comme le dit si bien notre hôte : qui a été votée par les représentants (élus) du peuple. J’espère que ceux qui lui en tiennent rigueur ont la liste exacte de tous les députés et sénateurs ayant permis cette loi et les poursuivent avec la même assiduité !

Une précision enfin sur une présentation de la presse qui me hérisse le poil : non, Simone Veil n’est pas “la première femme à avoir été Président du Parlement Européen”, elle a été très exactement “le premier Président élu du Parlement Européen” (les précédents étaient désignés). Cela peut avoir l’air capilotracté mais, sans être à l’Académie, on devrait saisir la différence entre les deux phrases et regretter le raccourci de la première…

46. Le jeudi 18 mars 2010 à 23:35 par Dante

La légende dit que les Académiciens firent modifier le tracé du métro qui devait passer sous l’auguste Assemblée, de peur que les vibrations ne perturbent leurs travaux.

47. Le jeudi 18 mars 2010 à 23:59 par Polydamas

@ Ophise :

Ne vous inquiétez pas, nous n’oublions ni Giscard, ni Chirac, ni Veil, ni les députés l’ayant voté (dont notamment Mitterrand, Chaban, Joxe, Mauroy, Servan-Schreiber), ni le premier article qui dit bien que la loi garantit le respect de la vie dès son commencement, ni les mensonges éhontés du planning familial de l’époque.

48. Le vendredi 19 mars 2010 à 00:13 par Simplicissimus

@lucien (20)

Il faut s’humilier profondément devant ces hommes illustres ; mais à quelque distance qu’on soit placé d’eux, il faudrait être insensible à tout ce qu’il y a de grand, pour n’être pas touché d’entrer dans leur glorieuse compagnie. Rarement, il est vrai, on en soutient l’éclat, mais on en perpétue du moins la durée, en attendant que des génies nouveaux viennent lui rendre sa splendeur.

Début du discours de réception d’Adolphe Thiers, le 13 décembre 1834.

La carrière politique de Thiers lui a créé quelques occasions ultérieures de passer à la postérité accompagné d’une vive détestation. Elle a aussi passablement éclipsé son premier titre de gloire qui était sa monumentale Histoire de la révolution française et sa suite Histoire du consulat et de l’empire dont les nombreux volumes ont orné les bibliothèques.

C’est pour le premier de ces ouvrages qu’il fut élu à l’Académie française en 1833 au fauteuil 38, fauteuil qu’occupa un peu après lui Ferdinand de Lesseps, homme de lettres bien connu,…

49. Le vendredi 19 mars 2010 à 00:30 par Etarcos

@Polydamas :

“Pour le reste, le foetus est un être biologiquement autonome de sa mère, quoique dépendant”

Il n’y a pas comme une contradiction ? Votre malhonnêteté intellectuelle est assez choquante…

50. Le vendredi 19 mars 2010 à 01:09 par PrincessH

Sub lege libertas :

Merci pour ces précisions !

Et s’il advenait que la Légion d’Honneur se présente à moi, je m’empresserai de l’accepter, pour me consoler d’avoir pris une fessée quand j’ai piqué celle de mon grand-père pour jouer avec…
(zut ! maintenant, il doit se retourner dans sa tombe ! )

51. Le vendredi 19 mars 2010 à 03:21 par Ceart

@Polydamas
ni le premier article qui dit bien que la loi garantit le respect de la vie dès son commencement

Certes, c’est même l’actuel article 16 de notre code Civil. Il reste la question de savoir ou se situe le “commencement de la vie” ? A quel moment peut-on considérer que le fœtus n’est plus un “prolongement” de la mère ? Les scientifiques sont sur le sujet depuis des années, si vous avez des réponses vous avez certainement des conférences à donner…

En attendant des avancées, la vie, juridiquement parlant, c’est la naissance d’un enfant vivant et viable.

52. Le vendredi 19 mars 2010 à 05:33 par Druss

Ha les laisser les vivre et leur morale de béni oui-oui. Ca faisait longtemps que je n’avais eu l’occasion d’en voir un sévir, quoique généralement je les supporte en chair et en os.

Sachez mr ou mme Polydamas, que ce qui l’être vivant dont le fonctionnement équivaut au fœtus humain ou pas est le parasite. Se nourrissant d’un organisme, il pompe allègrement ses nutriments sans rien offrir en retour, quitte à détruire son hôte.

Pour ce qui est de l’euthanasie je préfère choisir ma mort librement, si je devais être amener à voir mes capacités cérébrales décliner. Je crains cependant que dans votre cas il ne soit trop tard, mais il doit être trop tard depuis bien longtemps.

Le seul point que je retiendrai en bémol viens de Panouf qui soulève fort judicieusement l’absence de gratuité du préservatif qui est pour le moment ZE moyen de protection contre les MST, et la relative absence de campagne pour les moyens de contraception autre que la pilule.

53. Le vendredi 19 mars 2010 à 05:52 par Maître Mô

Cher Sub Lege,

Vous me régalez, mais plus encore je crois par vos commentaires, notamment les plus, euh, agacés, que par votre texte : outre la grande culture dont ils font montre, qui je crois ferait du bien à moult réquisitions et plaidoiries de la vraie vie (à commencer par les miennes…), ils relèvent, beaucoup, d’un art malheureusement souvent dévoyé aujourd’hui (tant les “cassé” de Brice de Nice s’y substituent dans une facilité certaine) : le claquage de beignet, si possible original et sans appel !

D’autant plus savoureux ici que j’ai eu quelques fois la chance souriante de vous le voir pratiquer oralement, à l’audience -donc nécessairement (un peu) édulcoré par la solennité du lieu…

Ici, manifestement, moins : je vous dis merci, je vous dois déjà, dès l’aube, deux solides fou-rires !

54. Le vendredi 19 mars 2010 à 07:28 par Morgan Kane

fit chanter ! ( fit mordre …..)

J’ai le plus grand respect pour Simone Veil

- en tant que survivante des camps de concentration

-pour le courage dont elle a fait preuve et l’ignominie de ses adversaires au moment du vote de la loi qui porte son nom

Mais son atttitude au moment du référendum sur sur l’ Europe m’a déçue dans la mesure où juge suprême, elle a pris parti dans la campagne d’une manière qui m’a choqué.

55. Le vendredi 19 mars 2010 à 09:24 par ernesto

L’Académie “françouèse” ! Quelle belle institution si inutilement nécessaire ou l’inverse , en ces temps de vulgarité sans vergogne .

Et quelle belle figure que celle de Simone VEIL : quand je vois apparaitre son visage , je ne peux m’empêcher d’avoir un mot à l’esprit : respect, pour son courage.

Bien que n’ayant pas la même anatomie que Jean D’ORMESSON notamment quant à l’emplacement du coeur ( tout comme la récipiendaire) , je ne peux que le rejoindre lorsqu’il dit de Simone VEIL : “Madame , nous vous aimons .”

Ernesto

Ernesto

56. Le vendredi 19 mars 2010 à 10:21 par Thomas More

A Sub Lege Libertas

Quand même… L’Académie française “… rassemble des poètes, des romanciers, des hommes de théâtre, des philosophes, des médecins, des hommes de science, des ethnologues, des critiques d’art, des militaires, des hommes d’État, des hommes d’Église, qui ont tous illustré particulièrement la langue française” (il suffit de suivre votre lien).
J’aime Jésus car il s’est inspiré des Écritures et il a lui-même inspiré beaucoup d’écrivains (et parfois de très grands), mais il n’a rien écris. Exeat !
Madame Veil a beaucoup subi, elle a également fait ou projeté de faire, mais son illustration particulière de la langue française me reste énigmatique.
Par acquis de conscience j’ai relu l’extrait d‘Une vie, Paris, éd. Stock, 2008, p. 399 qui a été repris dans le n° 25 des Cahiers du Conseil constitutionnel pour le 50 anniversaire de cette autre institution. Le style est clair et honnête (qualités du style juridique) mais, à mon goût, supporte difficilement le rapprochement avec les textes de Badinter, Guéna (quoiqu’un peu faible en la circonstance) ou Mazeaud.
Tolle, lege…

57. Le vendredi 19 mars 2010 à 10:23 par Midas Le Roi

et je ne parle pas ici du sexe de Madame Simone Veil

Comme j’aurai aimé voir la tournure suivante: ” et je ne parle pas ici du genre de Mme Veil”.

Eh oui, approche genre.

La féminité ou la masculinité ne se limitent pas au sexe et les anglais sont bien inspirés de faire la distinction gender vs sex.

Vous me direz que je chipote et que çà fait politiquement correct mais la fin des petites discriminations commencera quand on intégrera notamment par le langage, ces petites attentions.

Sub lege libertas:
Mais je suis plein d'attention à ses questions. Mais permettez deux remarques :
- vous ne pouvez pas m'empêcher l'usage métonymique du mot sexe pour désigner la feminité ou le genre féminin. D'autre part, le jeu de mot entre la catachrèse ou métaphore "le monde de la robe" pour désigner les magistrats et avocats et le mot "sexe" employé métonymiquement pour renvoyer à la femme, plus usuellement porteuse de robe, fonctionne par un glissement sémantique diaphorique sur "robe". bref, avec "genre", ça ne le fait pas !
- en bon juriste borné, je m'en tiens au attributs juridiques de la personne en droit notamment de l'état civil : nom, prémon, sexe !

Je ne vous accuse pas Sub Lege mais vous êtes bien le produit de notre société.

Sub lege libertas:
Non : plus modestement, je suis juridiquement issu des œuvres de ma mère et de la présomption de paternité de son époux légitime.

Autrement, beau billet, comme d’habitude. On se sent vraiment bien dans ces lieux.

58. Le vendredi 19 mars 2010 à 10:26 par axel

qui fait qu’à cinq fauteuils du siège occupé par le Maréchal Pétain

effet de manche un peu facile. Nous vous aviez habitué à un peu plus de rigueur dans vos textes. De toute façon, Mme Veil ne pouvait pas être à plus de 39 siège de Pétain.

 

Sub lege libertas:
Comme vous ne l'ignorez pas chaque fauteuil à l'Académie est numéroté. Madame Simone Veil occupe le treizième. Et le Maréchal Pétain qui fut membre occupait le dix-huitième fauteuil. 13 + 5 = 18.
Je me félicite de vous faire réviser les tables d'addition et de vous rappeler qu'à l'Académie comme ailleurs on ne s'assoie pas n'importe où...

59. Le vendredi 19 mars 2010 à 10:31 par Lalael

Le “débat” sur l’avortement lancé dans les commentaires est inutile et hors de propos ce n’est pas sur une seule oeuvre de sa vie qu’elle a été “évalué” pour être admise à l’Académie française, mais sur la personne qu’elle est, dans tous ses aspects.
De plus pour succomber au pointillisme juridique je rappellerais que l’avortement et l’auto-avortement sont toujours illégales en France et que seul l’interruption volontaire ou pour raison médicale de grossesse est autorisée. L’IVG n’est donc pas un avortement. L’avortement est l’interruption de grossesse en France après le délai légal de l’IVG ou dans un cadre ne correspondant pas à un IMG.

60. Le vendredi 19 mars 2010 à 10:42 par Carolina

Sub Lege Libertas, merci pour cet article. Votre verve et, comme dit Maître Mô, votre talent pour le “claquage de beignet”. Lire vos billets, ainsi que vos réponses aux commentaires, est jubilatoire car j’en savoure le fond et la forme (miam).

61. Le vendredi 19 mars 2010 à 10:42 par Carolina

Sub Lege Libertas, merci pour cet article, votre verve et, comme dit Maître Mô, votre talent pour le “claquage de beignet”. Lire vos billets, ainsi que vos réponses aux commentaires, est jubilatoire car j’en savoure le fond et la forme (miam).

62. Le vendredi 19 mars 2010 à 10:52 par Polydamas

Il n’y a pas comme une contradiction ? Votre malhonnêteté intellectuelle est assez choquante…

Ben non. Si justement on peut avorter, sans tuer la mère par la même occasion, c’est qu’il y a bien quelque chose d’autonome, un autre corps, avec un code génétique différent, dans le corps de la mère. Le corps de l’embryon est donc différent de celui de la mère, même s’il en dépend pour sa survie. Que je sache, un avortement n’est pas une amputation sur la mère.

@ Sub lege:
Que la shoah rentre à l’Académie par cette femme, rien à dire.
Mais que l’IVG y rentre, ça, c’est une honte.

@ Druss:
Demandez à toutes les mères de famille, si tous les enfants qu’elles ont abrité de leur corps, étaient des “parasites”. Demandez aux mères traumatisées d’un avortement si l’embryon qu’elles portaient étaient un “parasite”.
Mais comment peut-on attribuer de tels qualificatifs à des êtres humains, qui me rappelle les “heures les plus sombres” ?
Quant à l’euthanasie, je mets ma main à couper qu’une fois que vous aurez la seringue de poison dans les mains, vous ne serez pas capable de vous l’introduire. L’euthanasie est une obsession de bien-portant que refuse la très grande majorité des malades.

@ Ceart:
Oui, et bien le droit, je m’en fiche. Ce n’est pas le droit qui indique quand un être humain l’est ou ne l’est pas. Et le code génétique différent apparait dès le début, dès le zygote où tout le potentiel vivant est réuni.

@ Midas:
Manquait plus que ça, le mec qui rappelle que le sexe n’est qu’une construction sociale malgré ce qu’on trimballe tous entre les jambes.

@ Lalael:
Puisqu’on veut faire dans le pointillisme, l’IVG signifie “Interruption Volontaire de Grossesse”. Or, interruption, à la différence d’un “arrêt”, suppose une reprise du processus suspendu. Ce qui n’est manifestement pas le cas lors d’une IVG, vu que l’embryon disparait. Donc IVG est un mot impropre, et avortement me parait mieux correspondre.
Enfin, oui, Veil a fait autre chose que la loi qui porte son nom. Mais enfin, si on entend d’Ormesson, et tous les autres, visiblement, c’est pour ça aussi qu’elle est reconnue…

63. Le vendredi 19 mars 2010 à 11:05 par max

@Simplicissimus (48)

L’Histoire de la Révolution d’Adolphe Thiers n’a été achevée que 5 ans avant son élection à l’Assemblée en 1833. Affirmer que c’est grâce à cette oeuvre (qui n’était pas encore un “classique”) qu’il a été élu à l’Assemblée me semble un peu osé. Mais vous avez peut-être raison.

Par contre, Adophe Thiers était ministre lors de son élection à l’Académie.

64. Le vendredi 19 mars 2010 à 11:18 par DMonodBroca

@ 46 Dante : “La légende dit que les Académiciens firent modifier le tracé du métro qui devait passer sous l’auguste Assemblée, de peur que les vibrations ne perturbent leurs travaux”

A ma connaissance ce n’est pas une légende. La ligne 4 fait un détour très net pour ne pas passer sous l’Institut. Et ce détour fut décidé et dessiné pour répondre à une demande des Académiciens de l’époque. La chose est bien documentée à ce que je crois savoir.

65. Le vendredi 19 mars 2010 à 11:41 par Verna

@ Polydamas (32)

Premièrement mon pseudo est Verna et non pas Vera.

Deuxièmement, il me semble que vous refusez un fait : la mort

Et quel qu’en soit l’origine

Et pourtant, c’est l’inéluctable

Ce qui me paraît plus intéressant, c’est de vivre les deux parenthèses (naissance et mort) de façon joyeuse.

Parce que finalement, la vie n’est qu’un jeu.

66. Le vendredi 19 mars 2010 à 11:52 par DMonodBroca

Je suis globalement d’accord avec Polydamas et la virulence des critiques qui lui sont adressées est passablement troublante.

La loi dite loi Veil a été voulue par le président de la République de l’époque et par le gouvernement, elle a été votée par le Parlement, elle est désormais largement adoptée par la société toute entière, il est donc injuste de faire porter le chapeau à la seule Mme Veil. D’autant plus injuste que les garde-fous que cette loi prévoyait ont tous été mis à bas depuis.

Faite pour éviter les avortements clandestins et la mortalité maternelle qui en résultait, et dans l’espoir que la mise en lumière de ces actes ferait regresser le nombre d’avortements, cette loi concevait l’avortement comme un dernier recours, comme un moindre mal, elle reconnaissait que la vie existait depuis la conception.

Nous sommes loin aujourd’hui de ces précautions. Ne parle-t-on pas fièrement de “droit à l’avortement” ?… On ne peut que le regretter. Nous nous rendrons compte un jour de ce que nous faisons et de ce que nous disons. Et nous aurons honte.

67. Le vendredi 19 mars 2010 à 11:52 par momone

simone weil est une exception dans ce corps de cancrelat qu’est la magistrature.

68. Le vendredi 19 mars 2010 à 12:04 par Verna

Désolée, mais un droit non écrit et essentiel est celui de la procréation volontaire, différentié du plaisir sexuel…. qui engendre nombre de suites (ou rejetons)

Donc, il me semble qu’il est logique d’avoir le choix de l’enfantement

Parce que finalement, un enfant n’est que le résultat d’un processus pas forcément contrôlé

69. Le vendredi 19 mars 2010 à 12:09 par jalmad

@ 69 : ”’corps de cancrelat’”

tiens, la dernière fois que j’ai entendu désigner un groupe de personnes par les termes “cancrelats” ou autres “cafards” (inyenzi en kinyarwanda), l’étape d’après, c’était un génocide.

Je doute par conséquent que Mme Veil ait approuvé cette forme d’hommage.

70. Le vendredi 19 mars 2010 à 12:20 par chris31

@Polydamas
Votre plume et votre sens de la répartie font plaîsir à voir
Sur le fond, je vous suis, car vous avez du courage intellectuel le même que celui qu’a manifesté Mme VEIL en 1974
Continuez, le planning familial est sacndalisé !

71. Le vendredi 19 mars 2010 à 12:27 par PrincessH

@polydamas :

Le principe de l’avortement, puisque vous ne souhaitez pas qu’on l’appelle IVG, c’est qu’il est volontaire (oui, c’est le V d’IVG).
On ne force pas les femme à avorter.
Si certaines le vivent mal ultérieurement, c’est un problème qui leur est personnel, une décision qui était peut-être mal préparée, ou influencée par des conditions de vie qui ne leur ont pas permis de trouver la paix face à ce choix.
Et ces femmes-là n’ont certainement pas besoin qu’on vienne leur dire qu’elles ont assassiné leur embryon, ou qu’elles ont participé à un génocide.

Or les tenants de ces propos, dont vous êtes, sont ceux qui se servent d’elles comme une des justifications de leur position.
Je ne trouve pas ça très respectable, même si je comprends qu’on puisse être contre l’avortement.
Il n’empêche qu’il ne faudrait pas oublier que c’est avant tout une décision intime d’un femme, ou d’un couple, que personne ne la prend avec la fleur à la bouche. Et qu’elle n’a pas à être instrumentalisée.

72. Le vendredi 19 mars 2010 à 12:36 par nicocerise

A coté des vieux hommes qui dorment sous la coupole, Simone Veil elle sera la seule.

73. Le vendredi 19 mars 2010 à 13:35 par XS

Si Simone Veil représente la magistrature, Valéry Giscard d’Estaing représente la non moins nombreuse et non moins redoutable Administration des Impôts.
A ce titre, il a rédigé en tant que Ministre des Finances de 1962 à 1966 et 1969 à 1974 nombre de lois fiscales, introduisant nombre de nouveaux concepts et mots dont par exemple le célèbre “avoir fiscal”.
(Cet “avoir fiscal” étant d’ailleurs aussi noté à l’époque par l’homme de lettres et de bulles Marcel Gotlib. Il est de plus en plus urgent que Marcel Gotlib rentre à l’Académie Française. On compte sur ).

Sinon, la verve de Polydamas peut surprendre en ces lieux. Mais dans un pays démocratique, il est aussi naturel que les anti-IVG puissent s’exprimer, d’autant plus que leurs arguments ne peuvent être balayés d’un revers de main.
Difficile en tout cas d’avoir un débat démocratique sur le sujet. Il faut dire que les anti-IVG en ayant aussi le plus souvent aussi une position anti-contraception se compliquent la tâche. On va au moins pouvoir voir si les Académiciens recommandent le renommage en “AVG”.

Enfin, l’Académie, comme la majorité des pouvoirs publics, semble un peu déconnectée de l’économie réelle et de l’industrie, beaucoup plus qu’au 19eme siècle. C’est un signe des temps et ce n’est pas un hasard. On peut néanmoins citer les biologistes ( http://www.academie-francaise.fr/im… ), encore représentés sous la Coupole par François Jacob.

74. Le vendredi 19 mars 2010 à 13:35 par Panouf

@Sub lege libertas:

Déjà je vous remercie de me faire dire qu’il faut revenir à l’époque des faiseuses d’ange (d’ailleurs, est-ce que l’on cherchait vraiment à les arréter à l’époque?
Je ne l’ai jamais dit et je ne le dirais jamais. Merci de ne pas déformer mes propos.
Et si Valéry Giscard d’Estaing n’a pas non plus écrit d’oeuvre littéraire, ça me dérangerais aussi: le siège d’académicien n’est pas fait pour donner des brevets de politiquement correct.

En tout cas, je ne peux que vous féliciter de votre réponse argumentée sur le fond et qui prend bien garde à na pas déformer mes propos!
Du reste, je ne vais plus intervenir ici, vos réponses montrent que la discussion avec vous sur ce sujet est impossible. (cf la réponse à polydamas disant que la pollution nocturne est un génocide alors que personne ne conteste qu’un spermatozoïde n’est pas un être humain)

@49: en fait, il est très clairement distinct de sa mère et se dévelloppe selon son propre plan d’arganisation sans intervention de sa mère, mis à part la fourniture de nutriment.

@ Druss: oui mais le parasite se bat contre son hote afin de pouvoir survivre… il n’y a pas d’anticorps anti embryon 15 jours après le début de la grossesse!! Au contraire, l’organisme maternel envoit un message de tolérance immunitaire et les cellulles qui s’occupent de la surveillance immunitaire sont les cellulles uNK qui sont spécialement calibrées pour ne pas détruire l’embryon.
Franchement quand je vois cet type d’argument, je me demande si son but n’est pas de chercher à clore le débat sans avoir réfléchi
Et pour la prévention, franchement il y a des choses qui sont faites pour aider (je dis pas inciter) les femmes qui auraient des difficultés avec une naissance, mais qui souhaiteraient garder leur enfant, à les régler (je parle des difficultés) ou à les ramener à un niveau acceptable pour que la naissance puisse se faire dans de bonnes conditions?
Par exemple en leur donnant les informations sur les aides qu’elles peuvent avoir dans le livret d’information qu’on leur remet… Je rappelle que depuis la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé de 2005, doit entre autres figurer les alternatives à une opération. Je sais qu’une aide n’est pas en soi une laternative, n’empèche que au niveau de l’esprit de cette loi ce n’est pas respecté. Je souhaites d’ailleurs bon courage à un avocat qui aurait à défendre l’AP-HP si elle était attaquée sur ce point…

@Morgan Kane: sur l’ignominie de ses adversaire, je suis en train de lire les comptes rendus des débats de cette loi, et pour l’instant je l’ai pas vu l’ignominie (en même temps je n’en suis pas encore très loin). Par contre, la ministre qui soutient mordicus des chiffres évidemment mensongers, ça oui.

@Verna: si l’on admet que l’avortement est un droit de controle de la conception, on dit que l’avortement est un moyen de contraception comme un autre (et dont le choix est d’ailleurs favorisé par les remboursements de sécu). Cela n’a JAMAIS été la volonté du législateur qui a souhaité combattre cette dérive (mais sans que les moyens y soient mis).

@Princesse H: oui, on dit que c’est leur choix, mais on ne le leur laisse pas les conditions d’un choix libre: on les leur dit jamais: “tu peux soit avorter soit éssayer d’élever cet enfant malgré les difficultés, et tu auras de l’aide car nous ne sommes pas des bètes”, mais “si tu n’avortes pas, tu gacheras ta vie et celle de ce qui n’est encore qu’un tas de cellulles”: ça s’appelle de la culpabilisation. Avoir le choix entre l’avortement et gacher sa vie (que cela correspondent à une réalité ou pas, il suffit que cela soit cru)ce n’est pas un choix. Il y aurait choix si on n’acculait pas ces femmes à gacher leur vie si elle refusent l’offre de l’avortement que la société leur propose.
Enfin, dire de ces femmes qu’elles ont assassiné leurs embryons est un non sens: meme si l’on considère que l’avortement est un meurtre, c’est le chirurgien l’assassin dans ce cas…

@Chris 21: moi aussi, mais je pense que cette nomination est très mal venue (ce n’est pas pour autant que j’approuve nécéssairement les manifestations de protestations qui ont eu lieu).

Pour le prolongement de la mère, il est individualisé par rapport à elle dès le début par une barrière, le placenta, mais il est exact qu’il reste toujours relié à sa mère par le cordon ombilical et le placenta (le cordon est d’ailleurs d’origine strictement foetal).

75. Le vendredi 19 mars 2010 à 13:37 par pilier

rhaaa, mais faites gaffe avec vos titres, j’ai lu “à l’immoralité” et passé 2-3 lignes à me demander pourquoi vous aviez embarqué Simone Veil dans cette galère avant de relire le titre correctement! ;)

76. Le vendredi 19 mars 2010 à 13:40 par chris

Définition de la parthénogénèse : du mot grec “parthénos” et de génèse ; reproduction monoparentale à partir d’un individu femelle, sans fécondation. L’avenir du genre féminin ?

Vais-je devoir avec mes cheveux blancs militer pour un “Homo Sapiens” eunuque et non “erectus” ? Ce serait l’unique solution pour que le combat cesse faute de combattants…

77. Le vendredi 19 mars 2010 à 13:49 par Carolina

Je suis d’accord avec PrincessH. La décision d’avorter n’est déjà pas anodine, et au lieu de défendre les femmes traumatisées par un avortement, les gens comme Polydamas ne font que les stigmatiser et les faire culpabiliser.

@panouf : oui, on dit que c’est leur choix, mais on ne le leur laisse pas les conditions d’un choix libre: on les leur dit jamais: “tu peux soit avorter soit éssayer d’élever cet enfant malgré les difficultés, et tu auras de l’aide car nous ne sommes pas des bètes”, mais “si tu n’avortes pas, tu gacheras ta vie et celle de ce qui n’est encore qu’un tas de cellulles”

Qui dit ça??? Car étant femme, et selon d’autres femmes autour de moi, dont des femmes qui ont eu recours à l’IVG, je constate plutôt l’inverse : la pression pour avoir un enfant est très grande (allez expliquer que oui, vous êtes mariée et que non, vous ne voulez pas d’enfant, et comptez le nombre de sourcils froncés en réprobation), et beaucoup de ces femmes ont dû aller contre leur entourage, voire même contre leur médecin, lorsqu’elles ont choisi l’IVG. C’est un choix extrêmement difficile, la société ne l’accepte pas aussi facilement que vous pensez, ou que vous voulez faire croire.

Et je suis encore une fois d’accord avec elle : on ne force personne à avorter (c’est pour ça qu’on parle de pro-choice aux Etats-Unis, Polydamas, que vous le veuillez ou non). Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord.Votre croyance l’interdit, eh bien ne le faites pas, encore une fois, personne ne vous y obligera. Mais pardieu (oups, ça m’a échappé), ne veuillez pas imposer pas les conséquences de votre croyance aux autres. La loi Veil protège les femmes des dangers de l’avortement clandestin, mais n’oblige personne à avoir recours à l’IVG. Plus de loi Veil = plus d’avortements ? Vous ne le pensez pas, j’espère !

78. Le vendredi 19 mars 2010 à 13:56 par XS

@nicocerise 74

“A coté des vieux hommes qui dorment sous la coupole, Simone Veil elle sera la seule.”

Vous oubliez ( http://www.academie-francaise.fr/im… )


5
Assia DJEBAR
élue en 2005
7
Jacqueline de ROMILLY
élue en 1988

10
Florence DELAY
élue en 2000

(13
Simone VEIL
élue en 2008 )

14
Hélène CARRÈRE d’ENCAUSSE
élue en 1990

5 sur 40, dans 50 ans on arrivera peut-être à la parité.
Par ailleurs, Nassia Djebar et François Cheng représentent les français issus de l’immigration, Dominique Fernandez les homosexuels. On cherche en vain (à part quelques ex-journalistes pigistes) des académiciens ayant été salariés d’une entreprise privée. Cela doit pourtant faire plus de 50% de la population française.

79. Le vendredi 19 mars 2010 à 14:11 par princessH

“on les leur dit jamais: “tu peux soit avorter soit éssayer d’élever cet enfant malgré les difficultés, et tu auras de l’aide car nous ne sommes pas des bètes”, mais “si tu n’avortes pas, tu gacheras ta vie et celle de ce qui n’est encore qu’un tas de cellulles”: ça s’appelle de la culpabilisation. Avoir le choix entre l’avortement et gacher sa vie (que cela correspondent à une réalité ou pas, il suffit que cela soit cru)ce n’est pas un choix. “

Vous battez la campagne, mon vieux. Etes-vous donc dans tous les services qui pratiquent cet acte, à assister à toutes ces consultations confidentielles ? S’il y a des gens qui tiennent ces propos, ce ne sont certainement pas les professionnels de l’IVG qui soutiennent les femmes dans leur choix, qu’il soit d’avorter ou non.
Quand à parler de l’aide qu’on va apporter aux femmes si elles décident d’avoir leur enfant, je suis sûre que toutes les mères seules et RMIstes munies d’enfants déjà nés, aimeraient bien en profiter aussi, si vous avez des adresses…

“Enfin, dire de ces femmes qu’elles ont assassiné leurs embryons est un non sens: meme si l’on considère que l’avortement est un meurtre, c’est le chirurgien l’assassin dans ce cas…”

C’est sans doute pour cela qu’on les assassine aux USA, parce qu’un embryon, c’est une vie, mais pas un chirurgien ? (sauf à l’état d’embryon ?)

80. Le vendredi 19 mars 2010 à 14:34 par bernadic

SLL et autres,

pourquoi tant d’intolérance aux opinions et engagements d’autrui.

Sub lege libertas:
Vous observerez que mon intolérance aux opinions d'autrui ne va pas jusqu'à l'usage de TROLL DETECTOR pour empêcher le débat de se poursuivre. Cela étant, je peux avoir une opinion cinglante ou refuser à titre personnel de débattre avec des commentateurs qui focalisent leur réflexion sur un thème qui n'est pas nécessairement celui du billet... Vous admettrez que, pour autant, Polydamas et autres Panouf trouvent ici des échos contradictoires à leurs points de vue et répliquent librement... Donc n'en rajoutez pas sur mon intolérance...
D'ailleurs, lorsqu'il s'est agi d'embringuer l'Athalie de Jean Racine en lui faisant dire ce qu'elle ne peut pas dire, j'ai répondu.
Que souhaitez-vous de moi ? que je vous épanche mon opinion sur l'IVG ?
Paradoxalement, si vous avez lu mes precedents commentaires, j'y ai ironiquement donné ma réponse : comme magistrat républicain - et la référence dans le billet à Georges Izard n'est pas un hasard - je constate que le peuple français par le biais de ses représentants en 1975 a légalisé l'IVG pour mettre un terme à des siècles de pratiques clandestines et sanitairement désastreuses. La même loi continue - et c'est encore le cas aujourd'hui - de réprimer pénalement l'avortement clandestin et les interruptions volontaires de grossesse pratiquées en dehors des cas prévus par la loi. J'ai déjà professionnellement, il y a quelques années maintenant, poursuivi une femme ayant avorté clandestinement à deux reprises. J'ai aussi fait condamner des individus ayant entravé le fonctionnement d'un centre d'orthogénie et ayant ainsi empéché une femme de pouvoir bénéficier de son droit à une IVG.
Suis-je pour ? suis-je contre ? Mais bordel ! je suis magistrat républicain et c'est la loi ! Sur ce sujet PierPaolo Pasolini avait osé une position en 1974 qui pour un catholique homosexuel de gauche lui valut les foudres de toute la bien pensance : Il était radicalement contre l'avortement, y voyant de surcroît une expresssion du consumérisme sexuel petit bourgeois, mais il était farouchement attaché à sa légalisation !
bref, serais-je pasolinien ? oui et notamment sur le fait que je prefère le règne de la loi à celui de la clandestinité . La loi n'est pas morale ? Ce n'est pas son rôle social ! Je respecte autant une femme qui refusera l'avortement par exigence morale qu'une femme qui légalement le pratiquera par détresse sociale. La société a le devoir de ne pas abandonner la dernière, ni surtout d'en faire une hors-la-loi.  

Jusqu’à l’invective et l’injure, rappelant les pires heures?

Pour des gens se disant progressistes, c’est curieux.

Sub lege libertas:
n'en rajoutez pas ... et lisez plus haut.

81. Le vendredi 19 mars 2010 à 14:36 par Verna

@ panouf

J’ai dit :

Désolée, mais un droit non écrit et essentiel est celui de la procréation volontaire, différentié du plaisir sexuel…. qui engendre nombre de suites (ou rejetons)

Donc, il me semble qu’il est logique d’avoir le choix de l’enfantement

Parce que finalement, un enfant n’est que le résultat d’un processus pas forcément contrôlé

Vous répondez :

si l’on admet que l’avortement est un droit de contrôle de la conception, on dit que l’avortement est un moyen de contraception comme un autre (et dont le choix est d’ailleurs favorisé par les remboursements de sécu). Cela n’a JAMAIS été la volonté du législateur qui a souhaité combattre cette dérive (mais sans que les moyens y soient mis).

En fait vous ne répondez rien, si ce n’est répéter que la contraception est remboursée par la sécu (en aval et en amont)

Et vous oubliez l’essentiel : faire l’amour n’est pas forcément faire un enfant.

82. Le vendredi 19 mars 2010 à 14:41 par Simplicissimus

@ max (65)

Ses deux activités d’historien et d’homme politique étaient assez fortement imbriquée.

Sur l’impact de l’œuvre à son époque, voyez par exemple : Thiers historien, de R. Tombs, 1994.

Le fait est qu’il était ministre, des Travaux publics lors de son élection, de l’Intérieur lors de sa réception. Transposé à notre époque, ça laisse quelque peu songeur, …

83. Le vendredi 19 mars 2010 à 15:11 par XS

@DMonodBroca 66

Voir:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichie…

L’une des difficultés d’une discussion saine sur l’avortement est qu’il ne constitue pas nécessairement une position de principe (comme l’est clairement l’abrogation de la peine de mort). Je crois que dans l’esprit des députés RI (giscardiens) de l’époque qui ont fait pencher la balance en 1975, il s’agissait d’un “moindre mal” . Puisqu’on a parlé de VGE, on peut au moins noter son courage politique (y compris si on n’est pas d’accord), cette loi étant d’ailleurs une raison importante de sa non-réélection en 1981 (abstention pour 2 à 4% des conservateurs, contrairement à 1974).

Le fait que des organisations comme le planning familial présentent l’avortement comme un droit par principe, et non un “moindre mal” durcit les positions, et interdit tout progrès en la matière.


Maître Eolas s’en souviendra avec moi, il y a un cas récent où les défenseurs et les adversaires de l’avortement étaient d’accord. Il s’agit du référendum de 2005 sur le TCE. Le TCE contenait un alinéa disant que le traité n’imposerait aucune condition sur les lois concernant l’avortement .. à Malte. (!)
-> les adversaires de l’avortement, à la suite de De Villiers, ont fait campagne contre le TCE car (selon eux) il permettait d’avortement.
-> les partisans de l’avortement à la suite de Y.Roudy, ont fait campagne contre le TCE car il n’imposait pas l’autorisation de l’avortement dans tous les pays membres (ce qui était selon eux un horrible scandale).

Preuve s’il en fallait que sur ce débat la mauvaise foi est la chose la mieux partagée.

84. Le vendredi 19 mars 2010 à 15:37 par DMonodBroca

@ 88 XS

Merci beaucoup pour le plan de la ligne 4, tracé prévu et tracé réalisé…

Sur la question de l’avortement, vous dites que la difficulté de la discussion vient d’une absence de position de principe. Oui, c’est exactement cela. La loi Veil s’efforce de limiter les dégâts avec les moyens du bord. L’objectif est louable. Mais il lui manque un fondement théorique, un principe de référence. Elle s’aventure, sans carte, sur un terrain miné. Elle défend la vie, celle de la mère, en s’en prenant à la vie, celle de l’enfant à naître. Sacré contre sacré. C’est sans issue. Le principe sur lequel elle aurait pu se fonder est bien connu et largement justifié même si difficile à cerner et à appliquer, c’est le principe de la légitime défense. Faute d’un tel point d’appui théorique, on en est arrivé, de revendication en revendication, de réforme en réforme, là où nous en sommes aujourd’hui, au “droit à l’avortement”…

85. Le vendredi 19 mars 2010 à 16:39 par Marne

a propos de 37, J’aime beaucoup la réponse de Sub lege Libertas.
Rien d’autre a dire.

86. Le vendredi 19 mars 2010 à 17:28 par Roi des Cons

  • A propos de Dupin : est ce que son nom a inspiré Poe (la lettre volée).
  • Sub lege libertas:
    Cela est hautement improbable. Poe comme critique littéraire a lu du Balzac, cite du Crébillon ou du Montaigne. Mais rien ne me laisse penser de ce que je sais de sa vie qu'il se passionnât pour la vie politique française contemporaine de son époque. D'ailleurs La lettre volée comme Le double assassinat de la rue Morgue ou Le mystère de Marie Roget se déroule dans un Paris dont aucun détail n'est exact ; la rue Morgue ainsi n'a jamais existé et l'histoire de Marie roget s'inspire d''un fait divers new yorkais dont la victime est une Maria Rogers.

    Une hypothèse est que le nom Dupin sonne très français. Par ailleurs, pour un lettré, critique littéraire, comme Poe, c'est le vrai nom de George Sand (Aurore Dupin). Je pencherais plus pour une piste de ce coté, si l'on doit chercher son inspiration.

  • A propos d’avortement et d’infanticide : aau millénaire dernier, dans un pays sous développé où l’avortement était interdit (et pouvait faire des ravages) j’ai interrogé un missionaire (pour un touriste de passage, connaître la position des huns et des autres est toujours interessante) qui m’a expliqué qu’il avait de nombreuses pénitentes, et tenait à les garder en bonne santé pour la plus grande gloire de Notre Seigneur:

Interdire l’avortement conduisait à le pratiquer dans des conditions détestables, incompatibles à terme avec l’objectif de croître et multiplier.
Les conditions économiques et sociales faisaient qu’il était très facile de laisser mourir un enfant faute de soins, et, comme les mères en étaient conscientes, elles prenaient l’habitude de meurtres sur des êtres indiscutablement vivants….

87. Le vendredi 19 mars 2010 à 19:49 par Jkb

Sub lege libertas : Madame Simone Jacob épouse Veil déportée le 13 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau en application de l’acte dit loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs promulgué par ledit Pétain.

On peut reprocher beaucoup de choses à Pétain mais le génocide des Juifs n’est pas une application du statut des Juifs émanant de “l’Etat français”. Il a certes facilité ce génocide mais celui ci n’est pas inscrit dans ce texte ni dans celui du 2 juin 1941.

88. Le vendredi 19 mars 2010 à 20:19 par jkb

Sub lege libertas : Georges Izard, car il fut des quatre-vingt députés qui, le 10 juillet 1940, refusèrent de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain

Wikipedia dit qu’il était prisonnier de guerre et fait partie des empêchés et non pas des 80 http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_d…

L’assemblée nationale ne le met pas non plus dans la liste des 80 http://www.assemblee-nationale.fr/1…

89. Le vendredi 19 mars 2010 à 20:32 par bernadic

SLL,

il me semble que l’on peut à la fois être magistrat républicain, comme vous le revendiquez, et ne pas invectiver autrui pour ses opinions dissidentes, dissimulé derrière un clavier.

Sub lege libertas:
Bien, l'arbitrage des élégances étant clos, m'est avis que vous avez su lire ma réponse sous votre commentaire en 85 et que paradoxalement, hormis vos monitions sur la forme de mes réponses précédentes, je ne vous lis pas sur ma réponse... Dommage, car d'ailleurs si Polydamas et Panouf passent encore par ici et me lisent, ils auront grace à vous mon point de vue sur le sujet qu'ils tenaient tant à voir débattu et que je n'ai pas censuré comme "trollage"...

C’est le début de la tyrannie.

Contre nous de la tyrannie…

Sub lege libertas:
Mais de quel sang impur rêvez-vous d'abreuver nos sillons ?

Salutations

Sub lege libertas:
et Fraternité, citoyen !

90. Le vendredi 19 mars 2010 à 21:13 par Lalael

@Polydamas

Désolé de m’acharner à vous corriger mais permettez malgré tout au juriste que je suis d’éclairer votre lanterne sur les termes “interruption” et “suspension” pour vous évitez des erreurs malencontreuses dans l’emploi de ces mots à l’avenir. En effet vous avez écrit :

“Puisqu’on veut faire dans le pointillisme, l’IVG signifie “Interruption Volontaire de Grossesse”. Or, interruption, à la différence d’un “arrêt”, suppose une reprise du processus suspendu. Ce qui n’est manifestement pas le cas lors d’une IVG, vu que l’embryon disparait. Donc IVG est un mot impropre, et avortement me parait mieux correspondre.”

Pour vous faire comprendre votre confusion évidente dans l’emploi de ces termes ayant une signification radicalement différente, je vais faire une analogie avec les délais de prescription:

- lorsqu’un événement est de nature à interrompre un délai de prescription cela veut dire que le compteur repart de 0, on revient à la situation où l’on était avant l’interruption.
Le “processus” repart du début et non pas de l’état où il était quand on l’a interrompu

- lorsqu’un événement est de nature à suspendre un délai de prescription, le délai recommencera à courir dès que l’événement suspensif aura pris fin : le processus repart du stade où il était au moment de l’événement suspensif.

J’espère avoir pu vous éclairer et vous souhaite une bonne nuit fabuleux pays du “pointillisme”

91. Le vendredi 19 mars 2010 à 21:15 par altéro

Salutation et félicitations à tous les commentateurs. Ne trouvez-vous pas étrange et surprenant que Sub lege libertas ait pu, une heure avant le discours de Jean d’O, annoncer que l’ex-éditorialiste du Fig-Mag parlerait de Racine comme légendaire occupant du siège de Mme Simone Veil. Je soupçonne le géantissime <Sub> d’être tout simplement le nègre de l’intéressé. Certaines mauvaises langues accusent ainsi, en coulisse, Jean d’O d’avoir sciemment décidé d’occulter que le siège N°13 de l’auguste académie avait été également occupé par Paul Claudel, information dont super Sub était naturellement le littérateur averti…

 

Sub lege libertas:
Quel honneur me faites-vous en me pensant nègre de Jean d'O. Mais comme je vois que le monde de la presse vous est connu (vous vous souvenez de l'ancienne collaboration du Doyen actuel de l'Académie au FigMag) vous n'ignorez pas que l'interessé écrit vraiment ses livres et ses textes en tout genre. Confessons que l'entoure une camarilla de jeunes plumes admiratives, qui espèrent en retour un mot du maître à un éditeur pour poindre, mais mon sexe, mon âge et mon provincialisme m'ont éloigné de ces cénacles.

92. Le vendredi 19 mars 2010 à 22:12 par PEP

{{ Le Vendredi 19 mars 2010 à 10:26 par Emilio Rohtert

Bonjour, je suis tombe par hasard sur votre blog et je trouve que les articles qui y sont present sont supers.
}}
Par hasard? Que nenni. Par une volonté délibérée de spammer votre lien URL en le camouflant pitoyablement sous la vacuité d’un commentaire anodin.

93. Le vendredi 19 mars 2010 à 22:23 par PEP

Je sais que j’ajoute au hors-sujet, mais:
{{79. Le Vendredi 19 mars 2010 à 13:46 par Jenna Mellon

Merci pour cet article qui va enormement me servir.
}}
n’est rien d’autre qu’un autre spam du même spammeur…

94. Le vendredi 19 mars 2010 à 22:24 par PEP

Et 81 itou. Et probablement d’autres…

95. Le vendredi 19 mars 2010 à 22:28 par marsan

cher(e) Sub lege libertas

votre billet est excellent comme toujours et je crois que vous avez bien répondu aux culs de bénitiers.
Mme Simone VEIL qui, comme tout un chacun a commis quelques mauvais choix dans sa vie, sait ce qu’est le prix de la vie.
Les biens pensants cathos qui vous assaillent oublient d’où elle vient.

Quand on revient du néant, de l’impensable, de l’horreur, on connait le prix de la vie et c’est parce qu’elle le sait qu’elle a eu le courage de mener le combat pour la contraception et l’avortement à une époque où les moeurs n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, où l’intolérance, la bétise et la crétinerie que certains revendiquent encore aujour’hui étaient l’apanage de notre société.

Elle restera dans l’histoire, comme Me BADINTER -

96. Le samedi 20 mars 2010 à 00:37 par XS

@Lalael 96
Votre comparaison avec la prescription est hors-sujet. Son effet serait simplement de montrer que le mot interruption ( http://atilf.atilf.fr/dendien/scrip… ) concernant une prescription n’est pas assez précis et devrait être remplacé.

Pour l’IVG, il faudrait utiliser les mots “fin” ou “terminaison” ce serait clair et sans ambiguité. (les allemands distinguent “unterbrechen”:interrompre et “abbrechen”:arrêter définitivement)

@101 marsan
Un peu de finesse dans un monde de brutes sur ce sujet sensible SVP. Il reste à démontrer que les moeurs de maintenant sont plus humaines et plus justes que celles des années 1960-70. Certes, les français étouffaient sous la France heureuse du grand Charles et de tante Yvonne. Maintenant on est sûrement plus “libres”, mais les divorces ont explosé, les adultes jettent leurs partenaires, les femmes enceintes jettent leurs bébés (en minorité heureusement), les entreprises jettent leurs salariés (l’Etat ne jette pas encore ses juges heureusement, mais du coup ceux-ci sont parfois un peu déconnectés). On a un chef de l’Etat qui va faire le clown à Saint-Jean de Latran. Sur ce plan, je préférais les moeurs du grand Charles.
Je crois que d’un point de vue des moeurs, on se prépare les lendemains assez noirs. On aura besoin d’un sursaut moral, même s’il n’y faut pas nécessairement y voir de la religion.

97. Le samedi 20 mars 2010 à 11:11 par GPS

Contrairement à ce qu’écrit l’auteur du billet, Georges Izard ne fit en aucun cas partie des quatre-vingt députés qui, le 10 juillet 1940, refusèrent de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. En réalité, il fut un de ceux, nombreux, qui ne prirent pas part au vote. Ce qui est, de toute évidence, préférable au vote « pour », mais nullement assimilable au votre « contre » des quatre-vingt.

Sub lege libertas:
Vu exact comme écrivent mes enquêteurs de police, et honte à moi !

Pourtant, je ne pensais pas être à ce point induit en erreur par ... l'Académie française qui ose dans la notice biographique de Maître Georges Izard porter cette indication erronée. Voici le document original qui recense les votes : à lire ici

Cela n’a pas empêché Izard de s’illustrer dans la Résistance, puis de faire partie des rénovateurs de l’éloquence judiciaire, en rompant avec le style ampoulé, fleuri et truffé de citations latines qui était la norme et l’idéal des grandes voix du Barreau.

Mais c’est bien sûr avant tout comme défenseur de Kravchenko qu’il faut rendre hommage à Izard. Il a mené pour lui, et gagné, le procès du communisme. C’était à Paris en 1949, en pleine guerre froide, sous les insultes de la totalité de l’intelligentsia parisienne. Deux livres s’imposent sur cet épisode admirable : les comptes-rendus d’audience de Nina Berberova (Actes Sud), le livre de l’avocat Etienne Jaudel (ancien collaborateur de Georges Izard) L’Aveuglement, paru en 2003.

98. Le samedi 20 mars 2010 à 11:40 par DMonodBroca

@ 101 marsan: “…à une époque où les moeurs n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, où l’intolérance, la bétise et la crétinerie que certains revendiquent encore aujour’hui étaient l’apanage de notre société.”

Cette phrase inoubliable mérite 2 corrections. L’une est grammaticale : moeurs est un mot féminin. L’autre est à la fois grammaticale et logique : en écrivant, à l’imparfait, qu’intolérance, bêtise et crétinerie étaient l’apanage de notre société vous incitez à penser qu’ils le sont bien encore aujourd’hui, au présent.

99. Le samedi 20 mars 2010 à 12:40 par marsan

@ DmonodBroca

désolé pour la grammaire mais entre vous et moi je n”ai pas eu la chance de grandir dans de belles écoles françaises - je me suis fabriqué un peu tout seul et j’écris donc comme ça me chante en me moquant de la grammaire -
Du reste ça agace également ma fille qui est prof de français -
(et je vous parle pas de la conjugaison ou de l’orthographe)

100. Le samedi 20 mars 2010 à 12:58 par XS

@marsan 101
@DMonodBroca 102

J’ai l’impression qu’un de mes commentaires a été censuré (peut-être par confusion avec le spammeur mentionné plus haut).

J’y exprimais que je préférais de beaucoup les moeurs du (grand) Président des années 1960 à celles de l’actuel. Et bien que ce grand président fut contre l’avortement.

D’accord avec vous DMonodBroca pour dire que la phrase:
“où les moeurs n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, où l’intolérance, la bétise et la crétinerie étaient l’apanage de notre société” est marquante. Il ne s’agit pas seulement de logique, mais aussi de mesure et d’objectivité.

101. Le samedi 20 mars 2010 à 13:40 par Polydamas

Si certaines le vivent mal ultérieurement, c’est un problème qui leur est personnel, une décision qui était peut-être mal préparée, ou influencée par des conditions de vie qui ne leur ont pas permis de trouver la paix face à ce choix.

Looooooooool…

C’est sans doute pour cela qu’on les assassine aux USA, parce qu’un embryon, c’est une vie, mais pas un chirurgien ? (sauf à l’état d’embryon ?)
C’est vrai que les chirurgiens, on les assassine par centaine de milliers aux USA, mais bien sûr…

@ Carolina : Les pro-life ne font pas grand-chose, les mères ayant avorté se mettant très bien la pression toutes seules, pour une grande partie d’entre elles, elles sentent bien qu’il y a un problème. Enfin, ma conviction à ce sujet a peu de liens avec ma foi…

Quand on revient du néant, de l’impensable, de l’horreur, on connait le prix de la vie et c’est parce qu’elle le sait qu’elle a eu le courage de mener le combat pour la contraception et l’avortement à une époque où les moeurs n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, où l’intolérance, la bétise et la crétinerie que certains revendiquent encore aujour’hui étaient l’apanage de notre société.
Désolé, je ne vois pas le rapport. Ce n’est pas parce que l’on revient de l’innommable qu’il faut se battre ensuite pour autoriser la sélection des embryons…

@ Altero : Tout le monde a eu la même idée, de citer Racine, rien de curieux dans ce choix, entre Sub Lege, d’Ormesson, l’abbé Laguérie et j’en passe, c’était ce qui venait le plus naturellement à l’idée.

Sub lege libertas:
Tss Tss, vous n'avez pas bien lu Altéro. Il me voit nègre de Jean d'O... Confessons que Jean d'O s'est sans doute résigné à ne pas citer Eugène Scribe prédécesseur de Madame Simone Veil au 13e fauteuil, et notamment son livret pour l'opéra d'Halevy La Juive Et pourtant quel texte et quel musique !

Sinon, j'observe, Polydamas, que vous restez taisant sur ma réponse au commentaire 85... mais il est vrai que je vous ai refusé le débat.

102. Le samedi 20 mars 2010 à 14:10 par PrincessH

@Polydamas

“Looooooooool…”

ça, c’est magnifiquement argumenté… :->

C’est vrai que les chirurgiens, on les assassine par centaine de milliers aux USA, mais bien sûr…

Ai-je dit centaines de milliers ?

103. Le samedi 20 mars 2010 à 18:54 par didier specq

@Altero (99)

Tant de science et de culture! Vous mériteriez de figurer dans le jury de l’académie de Gondecourt!

Cette charmante commune rurale au sud de Lille s’enorgueillit d’abriter en ses murs trois curiosités, pas une de plus: un collège Hergé, une académie composée de journalistes et de sympathisants journalistes qui décerne chaque année un prix littéraire à un pisse-copie écrivain (le même jour que le prix Goncourt, d’où le jeu de mots) et un bistrot de la gare qui reçoit les jurés autour de plats roboratifs.

104. Le samedi 20 mars 2010 à 21:20 par Reign

Trés cher Sub lege libertas (devise qu’en bon optimiste, je remplacerai plus volontiers pas sub lege veritas, mais enfin bref, surtout que là, j’en viens à douter de mon latin lacunaire),

plus que de réagir sur ce trés beau billet (quoique un poil corporatiste mie de rien) qui encore une fois nous régale de votre belle prose et de votre culture, j’aimerais réagir à un commentaire qui a été fait ici et auquel vous avez repondu concernant la Légion d’Honneur.

“N’importe qui peut avoir la légion d’honneur”, “bah alors demandez là” (si vous m’excusez ma vulgaire paraphrase): J’avoue avoir un peu reconnu mon avis dans la… Depreciation (?) de cette ordre, car en effet, bien que pour un quidam moyen, son attribution soit toujours un grand honneur, témoignage de bravoure, d’abnegation et j’en passe, elle est beaucoup plus commune pour quiconque peut prétendre être “dans le systéme”, et ce, comme en témoigne la myriade de “politiques” en étant distingué. Un ministre ou un préfet a-t-il les mêmes mérite qu’un resistant ou qu’un grognard napoléonien ? Oui d’aprés le mode d’attribution actuel, mais au regard de l’histoire et de la moral ?

A mon sens, l’ordre a encore du merite pour certain corps, les magistrats, les policiers, les militaires (j’emet un doute là, car la moitié des entrées leur étant reservé, si elle est attribuée pour la longueur d’un service sans la necessité d’avoir connu le feu ennemie là…) comme pour les quidam moyen (comme moi !), mais l’ordre souffre aussi d’une mauvaise exposition de par les figures médiatiques le recevant: politiques, artistes, chefs d’états étrangers (à l’instar de Vladimir Poutine, qui a mon admiration mais dont son accession au rang (?) de Grand-croix est moyennement justifié).

Certe le service le la Nation est indeniable pour un parlementaire, un haut fonctionnaire, un élu local de longue date et j’en passe, mais l’est-t-il autant qu’un homme ayant donné sa vie au cours d’un combat ? Ou ayant donné sa liberté ? En cela, l’exemple de feu Phiullipe Seguin est louable, lui qui je crois avait refusé la médaille en mémoire de son pére, decoré a titre posthume, et cela montre bien que pour certain recipendaire, l’ordre a encore une valeur, mais je ne crains que son exemple soit trop rare.

La valeur d’une médaille se fait par sa rareté, par l’honneur attribué aux decorés (et j’ai toujours en tête la “medal of honor” americaine, quasiment remise de nos jours qu’à titre posthume pour des soldats s’étant sacrifiés pour leurs camarades) et sa valeur est depreciée dés qu’elle fait l’objet d’attribution non plus aux merites, mais à l’ancienneté, aux fonctions, ou pis encore, dés qu’elle est un temps soit peu touché par “la politique”.

Je comprend votre réaction, d’autant plus si vous arborez un ruban rouge sur votre robe du même lors d’une séance en cours d’assise, la vie d’un parquetiste doit être bien loin d’une sinécure, mais certains de ceux qui partage votre honneur en l’ayant, aux yeux du public, moins merité, entraine forcement ce genre de commentaires auxquels le recul est nécéssaire pour eviter la condescendance entre autre.

105. Le dimanche 21 mars 2010 à 14:14 par princessH

C’est moi, vilaine fille, qui ait taquiné le ruban rouge, car je suis vaguement agacée, par sa distribution à des chefs d’entreprise ou des acteurs qui, si respectables soient-ils, ne font que leur métier et ne vont pas risquer leur vie pour la Nation. Il existe un autre ordre, celui du Mérite National, qui me semblerait plus pertinent…
En même temps, ça ne m’empêche franchement pas de dormir, mais c’est la logique de la chose qui me fait tiquer.
Et je me demande, par curiosité personnelle, si on peut consulter des registres, pour savoir pourquoi untel ou untel en a été décoré. Mon grand-père rangeait sa légion d’honneur à côté de sa médaille militaire. Celle-là, je sais pourquoi il l’a eue, mais pourquoi le ruban rouge ? Mystère…

106. Le dimanche 21 mars 2010 à 22:23 par lambertine

A Princess :

Bien sûr que si, on peut forcer une femme, et surtout une adolescente, à avorter. Je ne prétends pas qu’on le fait pour de mauvaises raisons, mais on le fait.

A tous les anti-avortement :

C’est très bien d’aider une femme à garder son enfant et à le mettre au monde, mais après, vous faites quoi ?

107. Le lundi 22 mars 2010 à 17:48 par JkB

“en application de l’acte dit loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs” Simone Veil a été considérée comme juive par l’Etat Français.

En vertu de cette considération et de la “Loi n° 1077 du 11 décembre 1942 relative à l’apposition de la mention “Juif” sur les titres d’identité délivrés aux Israélites français et étrangers” la carte d’identité de Simone Veil est probablement surchargée de la mention “Juive”.

Probablement à cause de cette mention sur sa carte d’identité Simone Veil est arrêtée “Lors d’un contrôle effectué dans la rue par deux SS” et déportée ainsi que sa famille.

Est-ce que juridiquement, cela permet d’écrire “Madame Simone Jacob épouse Veil déportée le 13 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau en application de l’acte dit loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs ” ?

“A cause” (parmi d’autres causes) peut-il juridiquement devenir “en application” ?

108. Le mardi 23 mars 2010 à 11:02 par tschok

@ JkB, com 107,

“Est-ce que juridiquement, cela permet d’écrire “Madame Simone Jacob épouse Veil déportée le 13 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau en application de l’acte dit loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs ” ?”

Non seulement on peut l’écrire, mais on le doit. On le doit non pas seulement par l’effet d’une quelconque obligation morale - qui existe au demeurant - mais encore par esprit de rigueur.

L’article le plus important de cette loi n’est pas celui qui porte exclusion de la fonction publique ou des professions libérales, ou autre.

Le plus important, c’est le premier qui définit ce qu’est un Juif: il opère une qualification juridique d’un citoyen français en tant que juif, par des critères tirés de la filiation. Une fois que cette toute petite chose est accomplie, tout le reste devient possible et la machine infernale peut se mettre en route.

Une fois que le citoyen est défini en tant que juif, on sait que par ailleurs l’Etat n’exercera pas de revendication si l’occupant s’empare de sa personne pour le déporter, qu’il soit sur le territoire national ou ailleurs.

En d’autres termes, l’Etat n’exerce pas sa souveraineté sur cette catégorie particulière de citoyens s’ils sont capturés sur le territoire national, et renonce à la protection diplomatique s’ils le sont ailleurs.

Pire, l’Etat français s’est même chargé, en qualité de sous traitant de l’occupant, de capturer sur son propre territoire ses propres citoyens pour les remettre à l’occupant en vue de leur déportation. Il ne l’a pas fait pour la totalité de la population (abstraction faite du STO, où l’Etat français a organisé la traite de la population française pour la faire travailler en tant qu’esclave en Allemagne) mais seulement pour cette catégorie et celle des Résistants.

Il est donc assez inutile de finasser sur des questions de vocabulaire (“à cause” ou “en application”) alors que la progression dans le pire a été mécanique:

- déportation des ressortissants étrangers juifs ou réfugiés politiques
- déportation des citoyens français juifs
- déportation des Résistants
- déportation de tout Français en âge de travailler (STO)

On commence par donner les étrangers, puis on passe à une catégorie de Français qu’on stigmatise, mais dont on est bien content de se débarrasser, puis on passe aux Résistants, qui ont le tort de résister, eux, et on termine par… les enfants de la patrie.

Tout cela n’est pas un malheureux concours de circonstances. Il faut bien avoir un esprit applicatif pour faire une chose pareille, non?

109. Le mardi 23 mars 2010 à 15:16 par récap59

Bonjourr XS (83)


“cette loi étant d’ailleurs une raison importante de sa non-réélection en 1981 (abstention pour 2 à 4% des conservateurs, contrairement à 1974).”

Giscard laissait officiellement 1 million de chômeurs derrière lui en 1981, rien ne permet de penser qu’il ait été battu pour une autre raison. En tout cas Mitterrand ne proposait aucune restriction au droit à l’avortement, au contraire.

C’est plutôt l’élection de 1974 qui s’est jouée sur la question de l’avortement. Les sondages donnaient Mitterrand vainqueur, jusqu’à ce que Giscard se décide, très tardivement, à changer de position sur le sujet.

Vous seriez étonné du nombre de bourgeoises, hostiles à tout le reste du programme commun, ayant toujours donné leurs suffrages à la droite, qui s’apprêtaient à voter en 1974 pour le candidat de l’union de la gauche uniquement parce qu’elles étaient exaspérées par la loi de 1920.

Elles pouvaient pourtant s’offrir le voyage en Angleterre ou aux Pays-bas, contrairement aux femmes des milieux populaires, mais elles ne supportaient plus cette humiliation, aussi bien en tant que femmes qu’en tant que françaises.

Giscard ne pouvait pas se permettre de ne pas tenir cette promesse à laquelle il devait son élection.

110. Le mardi 23 mars 2010 à 15:31 par récap59

Bonjour princessH (79)

“Quand à parler de l’aide qu’on va apporter aux femmes si elles décident d’avoir leur enfant, je suis sûre que toutes les mères seules et RMIstes munies d’enfants déjà nés, aimeraient bien en profiter aussi, si vous avez des adresses.”

Justement, si elles peuvent prétendre au RMI avant 25 ans, c’est uniquement parce qu’elles ont déjà un ou plusieurs enfants. Même chose pour les hommes.

Tous les autres moins de 25 ans n’ont droit à rien.

111. Le mardi 23 mars 2010 à 15:47 par JkB

A tschok qui en 108 me répond “Il est donc assez inutile de finasser sur des questions de vocabulaire (“à cause” ou “en application”)”

Je pensais m’exprimer dans un blog de juristes pour qui le vocabulaire est important. Désolé.

Je m’intéresse plutôt à l’histoire habituellement et je pense qu’ “en application” peut faire croire aux lecteurs, que la déportation était inscrite dans la loi vichyste du 3 octobre 1940. Et toute exagération peut faire le lit de ceux qui dénigrent. Et l’exagération n’est pas nécessaire pour critiquer Vichy.

112. Le mardi 23 mars 2010 à 17:44 par Roi des Cons

@Sub lege libertas:
Merci beaucoup pour m’avoir rappelé que Dupin avait aussi traité un double assassinat, non content de resoudre de menus problèmes de courrier. Mais c’est à la fois un nom très typique et assez rare…

Par ailleurs (puisque tout le monde en parle -comment est le tueur de trolls?- ), j’ai toujours eu l’impression qu’un excès de lois menait au non respect des lois :
si j’étais un(|e) criminel(|le) pour faits d’avortement, je n’aurais pas grand chose à perdre à faire un hold up -ce qui ne me serait pas venu à l’esprit si je savais que je suis innocent(|e).

Mais alors, que se passe-t-il avec les lois en excès? Les dépités sont bien payés pour faire des lois, mais ont-ils un bon salaire négatif pour bien les défaire?

113. Le mardi 23 mars 2010 à 18:07 par récap59

@ XS (78)

“On cherche en vain (à part quelques ex-journalistes pigistes) des académiciens ayant été salariés d’une entreprise privée”

Pour ce qui est du privé, cherchez plutôt des patrons que des salariés. Jean d’Ormesson a été directeur général du Figaro, ce n’est pas tout à fait la même chose que pigiste.

A mon avis, ceux qui cherchent des salariés du privé à l’assemblée nationale ou au sénat commettent la même erreur que vous : n’en trouvant pas ou peu, ils sont tentés de conclure que ces cénacles sont des bastions du secteur public, alors que si on compte comme il se doit les professions libérales et les patrons dans le secteur privé, on arrive à un tableau beaucoup plus nuancé.

114. Le jeudi 25 mars 2010 à 11:26 par tschok

@ JkB, com 111,

Mais c’est précisément parce que je pense que les mots ont un sens que je vous réponds.

Si vous vouliez dire que la loi du 3 octobre 1940 ne prévoit pas expressément la déportation, il suffisait de le dire.

Mais ce n’est pas ainsi que vous avez abordé le problème: vous avez posé en com 107 une question qui opposait le jeu du hasard et le procédé applicatif.

Vous avez abordé le problème comme si la déportation de Mme Veil était un concours de circonstances: la conséquence malheureuse d’un déclenchement de causes multiples (“à cause de”). Un résultat aléatoire dégageant la responsabilité du législateur.

Ce à quoi je réponds qu’au contraire c’était le résultat prévisible, nécessaire, d’un dispositif logique relevant d’un procédé applicatif.

Le seul élément aléatoire dans l’histoire réside dans la chance, en se dissimulant ou en prenant la fuite par exemple, d’échapper à l’arrestation, c’est à dire de passer à travers les contrôles ou les rafles.

Certains ont eu de la chance, d’autres non. Mais ni les uns ni les autres n’étaient visés par la loi en raison du hasard: ils étaient visés par la loi en tant que juifs.

Vous comprenez naturellement l’enjeu de ce genre de questions: si l’arrestation de Madame Veil est le résultat d’un malheureux concours de circonstances, alors ce n’est qu’un simple accident. Alors, nous n’avons aucune autre question à nous poser que celles que nous nous posons habituellement lorsqu’il se produit un accident: des questions d’ordre technique (l’analyse des boîtes noires d’un avion qui s’est écrasé, par exemple).

Si, au contraire, nous considérons que l’arrestation de Madame Viel n’est pas un accident, alors convenez que cela pose des questions beaucoup plus engageantes.

Et convenez également que je n’exagère pas en vous le rappelant.

Maintenant, peut être est ce à moi de vous poser une question: considérez vous que la déportation des Juifs est un malheureux accident?

115. Le vendredi 26 mars 2010 à 00:08 par Iconoclaste

L’avortement est un meurtre, qu’on peut simplement choisir d’assumer et dont on peut toujours nier l’importance.
Et pourtant, c’est un meurtre.

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