Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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11 septembre 2001

11 septembre 2001. Depuis quelques jours, je suis un jeune juge d’instruction. J’étais juge de l’application des peines, juste avant. A peine deux ans de fonction. Je sors de l’Ecole Nationale de la Magistrature, et je prends mon premier poste loin de chez moi, dans le Nord. J’ai beaucoup de chance, après deux ans, délai minimum imposé par le Conseil Supérieur de la Magistrature (de manière prétorienne), je m’en reviens chez moi.

Je stresse. Une fonction complexe (Outreau viendra le démontrer au grand jour), une fonction technique, juridique. J’ai bien bûché pendant tout l’été. Et pourtant. Changement de fonction en juin, je ne comprends même pas les questions qui sont posées lors de mon stage de changement de fonction. J’ai encore beaucoup de boulot.

Je connais très peu la technique juridique. Je connais encore moins bien les gens avec qui je vais travailler, collègues, mais surtout greffiers en premier lieu : je suis effectivement le seul juge d’instruction, mais j’ai la chance d’avoir deux greffiers pour m’aider, avec les 160 dossiers que compte mon cabinet. Et je ne vous parle même pas des avocats du barreau, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam.

Depuis quelques jours que je suis là et que j’angoisse des erreurs que je peux commettre, je demande de l’aide. Quel dossier est prioritaire ? Les détenus, d’accord. Mais après ? Dans quel ordre doit-on les prendre ?

Une semaine que je suis là. Quelques jours. Une éternité. Mes deux greffiers n’ont pas encore eu le temps d’évaluer le magistrat instructeur que je vais être. Les avocats pénalistes savent particulièrement bien qu’il ne faut pas se mettre à dos les greffiers des services judiciaires. Pire que les juges. Les décisions de ceux-là, ils les redoutent. Mais l’absence de coopération des premiers, ils les abhorrent. Les juges passent. Les greffiers restent. Malgré cela, les greffiers sont souvent en retrait avec “leur” juge, ils attendent de l’évaluer. Dans l’attente, le juge est vraiment seul.

Comme tout jeune magistrat, ou presque, je compense mon manque d’assurance par un brin d’autoritarisme. Ou de suffisance, je ne sais pas. Je sors de mon cabinet, pour la ixième fois de la journée, pour parler à mes greffiers d’un des dossiers urgents sur le moment, mais dont je suis bien incapable de me souvenir aujourd’hui. J’ai la chance d’avoir un greffier et une catégorie C faisant fonction, aussi compétent l’un que l’autre. Je dois bien reconnaître un léger avantage à la greffière, avec qui le courant passe mieux. Il passe toujours autant aujourd’hui, bien que j’ai pu professionnellement apprécier celui-là, décédé entre temps, paix à son âme.

Babeth ne me dit rien. Elle semble tétanisée. Voyant bien qu’elle n’est pas d’un naturel exubérant, cela ne me choque en rien.

Roland, par contre, est bien plus expressif. Il m’appelle : “Monsieur le juge, venez voir, c’est hallucinant…”. Moi, du haut de mes vingt huit ans, je le toise : “Quoi donc, Roland ?”. Je me demande ce qui peut bien me sortir de mes dossiers, si nombreux, si complexes, si forcément mal traités par mon prédécesseur, puisque je suis bien évidemment le seul magistrat pouvant correctement traiter des dossiers d’instruction.

Et là, Roland, vieux greffier d’instruction, qui a connu durant la quasi totalité de sa vie professionnelle la machine à écrire, la marguerite et le ruban carbone, me montre son écran d’ordinateur. A moi. Le jeune magistrat plein de vie, plus proche de la naissance que lui ne l’est de la retraite. Moi qui ai appris l’informatique pendant mon service militaire. Moi qui connais bien mieux les ordinateurs que mon vieux greffier. Oh, bien sûr, je l’apprécie, mon greffier, malgré ses carences (qui n’en n’a pas ?), pour ses connaissances du droit, des services judiciaires, du fonctionnement de l’instruction.

Mais j’ai beau l’apprécier, lorsqu’il me montre les images sur son écran d’ordi, sur internet, en cours de développement à cette époque, les images de ce symbole de l’Amérique, en flamme, figurez-vous qu’il me fait rire, mon greffier. Mon pauvre Roland, moi qui connais internet, bien que fort peu développé à cette époque, je le sais déjà que les images transformées, piratées, détournées, ça existe.

Roland, j’ai beau vous apprécier, avec votre mauvais caractère, si proche du mien, vous me faîtes pitié, à croire tout ce que vous voyez sur votre écran. Et encore heureux, les réseaux sociaux ne sont pas encore développés en septembre 2001.

Je ne connais pas encore internet comme je le connais aujourd’hui, je ne crois pas aux photos que je vois sur l’écran de mon greffier. C’est trop gros. C’est trop énorme. C’est trop horrible. C’est tellement incroyable. C’est tellement bouleversant. C’est encore une de ces conneries que l’on voit sur le net, encore qu’en septembre 2001, l’on n’a pas la conscience des dérives du net.

On m’appelle sur ma ligne directe. Le téléphone portable existe, bien sûr, mais les réseaux ne sont pas aussi développés qu’aujourd’hui. La nouvelle se répand, tant bien que mal. Les Etats-Unis ont subi la pire attaque terroriste de leur histoire. Pearl-Harbour était une attaque militaire. Le 11 septembre 2001 sera cataloguée par les historiens comme la pire attaque contre des civils qui aura lieu.

J’ai mis quelques temps à me rendre compte. J’ai mis quelques mois à comprendre l’ampleur des morts, des conséquences, de la riposte. Et même encore aujourd’hui, je ne suis pas sûr de comprendre ce que tout cela implique. Je ne vois que l’horreur, que les cendres, que les morts, que le traumatisme occidental. Je crois que je n’arrive pas encore à analyser ce que les populations afghanes ont pu comprendre de ce qui leur est tombé dessus ensuite. La chanson de Renaud et Axel Red a peut-être montré ce qu’il en était des deux côtés.

J’étais un jeune juge. J’étais un magistrat plein de ses angoisses, de ses doutes, de sa suffisance. J’étais un homme confronté à ses peurs professionnelles, et projeté sans le vouloir dans une guerre de civilisation.

Et que je l’ai voulu ou non, en ce 11 septembre 2001, I was american. Et l’athée que je suis ne peut devant l’horreur extrémiste que clamer : God bless America.

Et vous : vous faisiez quoi, ce 11 septembre 2001 ?

Commentaires

1. Le dimanche 11 septembre 2011 à 23:23 par Morgan Kane

Nouvellement nommé après mutation dans mes focntions, je travaillais sur un dossier. Notre supérieur hiérarchique nous a appelés dans son bureau. Alerté par un coup de téléphone, il avait allumé la télé. Nous avons regardé en boucle les images tous stupéfaits .

Le lendemain, une minute de silence.

La coïncidence avec le souvenir du 11 Septembre 1971 m’a frappée.

Par la suite, je me suis fait une réflexion : Pourquoi ne pas faire de ce jour un jour de souvenir pour toutes les victimes du terrorisme et du fanatisme religieux ?

En Algérie, le nombre de morts qui continue de croître est évalué à 150 000. Ces morts et tous les autres, ont tout autant droit à notre respectueux souvenir que ceux du 11 Septembre.

2. Le dimanche 11 septembre 2011 à 23:35 par Gwynplaine

Le 11 septembre 2001, impatient de le découvrir, tout fraîchement sorti du cellophane qu’on ne retire jamais assez vite, je mettais dans le poste le dernier album de Noir Désir. J’étais avec un ami, nous passions les pistes une à une, c’est ce que nous faisions toujours pour une première écoute. A la moitié du cd le téléphone a sonné : “allumez la télé les gars, c’est la troisième guerre mondiale”… ???

Ce n’est que plusieurs jours après que les paroles de cette chanson, que je venais pourtant d’écouter, m’ont frappées : http://www.deezer.com/listen-217994…

3. Le dimanche 11 septembre 2011 à 23:41 par fr

je travaillais dans l’électronique, les décodeurs satellites, on utilisait les images de CNN pour certains tests..

je me rappelle avoir vu les images incrédule.. persuadée qu’il s’agissait d’un film et ne comprenant pas pourquoi ce canal ne diffusait pas les infos habituelles de CNN

le 2è avion percutant les tours,
les 2 tours s’effondrant en direct l’une après l’autre,
les “points noirs” qui tombaient dans le vide (j’ai encore du mal à imaginer que c’était des êtres humains qui sautaient dans le vide…)
l’impression que ce n’était pas possible, que cela ne pouvait pas être “vrai”, puis les images du pentagone éventré…

et sur internet, les sites d’info pris d’assaut et qui diffusaient des pages allégées avec un look de 10 ans en arrière, qui ne nous donnaient pas la réponse à LA question : POURQUOI ?

et 10 ans après…. le monde a bien changé…

4. Le dimanche 11 septembre 2011 à 23:46 par Eratos

Carences en orthographe ? Être et avoir …

5. Le lundi 12 septembre 2011 à 00:03 par cloeliae

En septembre je prenais toujours une semaine. Célibataire, sans enfant, j’avais cette liberté de pouvoir partir hors vacances. Et avec le salaire de misère que je me faisais en début de carrière dans la fonction publique territoriale, j’étais bien contente de pouvoir fuir la région parisienne pluvieuse pour rejoindre mon sud natal encore en été. Cette année-là, j’avais promis d’aider mon père pour les vendanges. A peine deux hectares de côtes du Rhône, c’est plié en cinq jours et ça met du beurre dans les épinards.

La journée avait été chaude et belle, sans doute un peu venteuse, car j’avais l’impression d’être saoule : ceux qui connaissent le mistral savent bien de quoi je parle. Il est 17 h 30/18 h quand nous rentrons des champs, épuisés. Mon grand-père sort alors nous accueillir dans la courette. Je l’ai rarement vu comme cela. Au lieu de s’enquérir de la récolte, il nous annonce qu’il y a eu des attentats aux Etats Unis, que deux avions ont percuté des gratte-ciel, qu’il y a des milliers de morts. Nous nous ruons tous devant la télé : c’est l’effarement. Je nous revois debout, puis assis, crasseux et puants, dans le salon de Mamie (pardon pour ton canapé tout neuf !) devant l’écran, sans un mot pendant plusieurs secondes. Je crois que c’est à l’impact du second avion que je me suis mise à pleurer.

Puis le cours de la vie a repris, nous avons bu, nous nous sommes lavés et changés, nous avons préparé le repas et nous sommes restés ensemble toute la soirée sur la terrasse, avec la télé tournée vers nous, devant les images en boucle. Je me souviens de l’apéro, des blagues de mon oncle, de nos rires, des crêpes suzettes de Daniel. Je me sentais double, ici, dans ma douce normalité et “là-bas” dans l’effroi, la panique, la douleur.

Simplement humaine et fragile parmis les autres, qui, victimes, survivants ou témoins, se trouvaient pris dans les machoires de l’Histoire.

6. Le lundi 12 septembre 2011 à 00:16 par Pri

J’étais responsable du personnel expatrié de chantiers navals militaires, j’ai couru dans les couloirs préparer le rapatriement d’urgence des ressortissants français de la capitale du Sindh , persuadé que l’affaire allait donner lieu à un feu de joie et qu’il ne valait mieux pas se trouver au milieu.

Puis je suis resté aux nouvelles, je ne me souviens pas avoir été choqué ou scandalisé, juste curieux des conséquences, et du changement d’attitude des Américains envers l’islam qui, ce jour-là et les jours suivants, fêtait massivement “l’exploit”.

7. Le lundi 12 septembre 2011 à 00:17 par Metageeka

Retour du collège. Dans le bus, les animateurs de Skyrock cachent leur malaise derrière du mauvais humour, ce qui a pour conséquence qu’aucun collégien ne les prend au sérieux, à moins que les faits décrits ne soient trop gros pour être gobés par un pré-adolescent idéaliste.

De retour à la maison, personne d’autre n’est encore là, le collégien allume la télé, comme à l’accoutumée, direct sur la 6 pour Stargate SG1. Mais ce ne sont pas les avantures de Teal’c et O’Neal que l’écran montre, ce sont deux tours de fer et d’acier, emplies de gens, qui brûlent, heurtées par des avions de ligne, puis qui s’écroulent, le fracas épouvantable de ce sinistre spectacle couvrant les cris et les pleurs des gens, jusqu’aux sirènes hurlantes des véhicules de secours.

Abasourdi, le pré-ado trouve la volonté de changer de chaîne, mais quelque soit le numéro qui s’affiche en haut de l’écran, ce sont les mêmes images, les mêmes témoignages confus, la même incompréhension, les mêmes corps qui se jettent dans le vide pour ne pas être pris dans la fournaise. Alors, le garçon regarde, obnubilé, dépassé par la violence des images qui lui sont offertes par des journalistes incapables d’expliquer formellement ce qu’il se passe.

C’est ainsi qu’une longue heure plus tard que sa mère arrive enfin, le découvrant horrifié devant ce spectacle macabre, ne comprenant ni les causes ni les conséquences de ces actes terroristes. Elle tente de le réconforter, tant bien que mal, mais rien, rien ne peut enlever les images de sa tête.

Encore aujourd’hui, je ressens un profond malaise à regarder les images du 11 septembre, et à écouter les témoignages poignants des proches des victimes, des pompiers… L’éternelle image des gens se jetant dans le vide me retourne l’estomac -que j’ai pourtant solide d’habitude. Il a fallu ce reportage, tout à l’heure, sur Direct8 pour comprendre à quel point ce jour m’a marqué (je le savais, mais pas à ce point là)

Aucune personne que je connaissais n’est morte le 11 septembre. Ni dans les jours suivants. Mais je ne peux m’empêcher de ressentir une douleur immense pour les victimes, bien qu’elle doit être bien inférieure à la douleur des proches de celles-ci. Cependant, ces attentats n’ont pas fait que 2984 morts. Plus de 3000 morts en 10 ans, à cause des particules projetées lors de l’effondrement des tours. Des dizaines de milliers de civils tués par l’armée en Afghanistan, puis en Irak. Les uns comme les autres, sont des victimes -plus ou moins collatérales- de la folie des extrémismes. Ne l’oublions pas.

8. Le lundi 12 septembre 2011 à 00:28 par Derek

En gros je faisait la même chose que vous: j’ai été appelé par un collègue qui regardait des images invraisemblable sur son ordinateur, et j’ai cru à un faux. J’ai d’ailleurs dû le prendre de haut pour le lui dire… Ça fait plaisir de savoir que je ne suis pas le seul…

9. Le lundi 12 septembre 2011 à 00:42 par VyGER91

Ca m’épate que des personnes arrivent à ce souvenir ce qu’il faisait un jour précis 10 ans auparavant.

Je ne me souviens que deux choses :
- le soir j’ai appris que le frère d’un ami était sur place et avait envoyé une courte vidéo ;
- une vague plaisanterie (de moi) en réponse à des craintes (des autres) concernant les risques d’attentat sur Paris : pour toucher la Tour Montparnasse, faudra sacrément bien viser.

10. Le lundi 12 septembre 2011 à 00:46 par Nadir

“Roland, par contre, est bien plus expressif. Il m’appelle : “Monsieur le juge, venait voir, c’est hallucinant…” ” => venez voir.

Sinon, il est facile de se souvenir ce que l’on faisait ce jour-là, mais qu’avez-vous mangé ce jour-là à midi Maître, vous en souvenez-vous? La mémoire est un outil fascinant en tous les cas.

11. Le lundi 12 septembre 2011 à 00:52 par Eolas

Je revenais du Palais, où j’avais effectué quelques démarches et en avais profité pour faire visiter à une secrétaire qui terminait sa formation en alternance. Quand je suis arrivé, le premier avion avait percuté depuis peu et tout le monde s’interrogeait encore sur les raisons d’un accident aussi incroyable.

Le temps que je gagne le placard à balai qui me servait de bureau (j’étais encore collaborateur) et de lancer internet, la nouvelle tombe : un deuxième avion, dans la deuxième tour. Bon sang, ce n’est pas un accident.

L’après midi s’est passée dans un état second, j’étais comme hypnotisé par les informations, les nouvelles du 3e avion sur le Pentagone. Une pensée pour le frère de mon meilleur ami, qui travaillait à New York, loin du WTC, mais qui sait ? Une autre pour un autre grand ami, qui vivait sur l’autre côte et dormait sûrement encore. Je n’ai pas attendu le 11 septembre pour aimer les Etats-Unis, et ma détresse et mon incompréhension étaient totales. Les conséquences prévisibles me donnaient le tournis autant que l’inimaginable qui se déroulait sous mes yeux impuissants.

12. Le lundi 12 septembre 2011 à 01:18 par Juliachou

J’étais au lycée ce jour là. Un garçon de la classe, Gaël, un peu marginal, nous a annoncé la nouvelle. Personne ne l’a d’abord cru. Quand un prof nous a confirmé ça, beaucoup plus tard, pour moi c’était très flou. Je ne savais pas comment réagir. Je n’ai pas vu les images le jour même et j’ai mis très longtemps à comprendre.
La chanson d’Axel Red et Renaud est très belle.
Celle qui me touche encore plus est la chanson de Bruel “Adieu” qui commence par parler des attentats d’Atocha. Atocha, moins de 3 ans plus tard, nouvelle attaque terroriste, celle là beaucoup plus proche de moi. J’avais des amis proches espagnol, j’étais plus grande, j’ai mieux compris, ça m’a beaucoup plus touché, j’ai pleuré. J’ai scandé avec eux par téléphone, pendant la manif, depuis ma chambre “No esta lloviendo, Madrid esta llorando”. Je n’étais pas encore majeure. Comment peut on faire ça au nom de dieu ?
Je n’ai jamais pu comprendre.

13. Le lundi 12 septembre 2011 à 01:19 par Anagramme

J’étais en 6ème. Je rentrais, guilleret, du bâtiment froid et impersonnel qui nous emprisonnait chaque jour. Trainant, comme à l’accoutumée, pour ne pas rentrer trop vite ; jouant, insouciant de ce qui se passait à l’instant même, 5800 kilomètres et un océan plus loin.

Finissant par rentrer chez moi, j’ai découvert ma mère, alors en congé sabbatique, affalée sur le canapé, regardant la télé. Rien que ça m’a surpris, le petit écran n’étant chez moi que pour les dessins animés du dimanche matin ; pas vraiment la cible de ma mère donc. Je ne me souviens plus de ces paroles, mais elle semblait excitée et apeurée, elle parlait d’attentats à New-York.

C’est ainsi que je l’ai rejoins. Pour la première fois que je voyais la légendaire ville où tout est possible, on peut dire que l’american dream en prenait un coup. Je découvrais New-York, non comme la cité vivante et hyperactive que j’ai pu visiter plus tard, mais comme un théâtre de désolation, une ville en proie à la peur et à la déraison.

Mais comment ne pas avoir peur face à un tel barbarisme ? Comment ne pas avoir peur quand toutes nos certitudes sur notre invulnérabilité s’effondrent d’un coup ? Comment résister sereinement à un tel choc émotionnel ? Et, bien malheureusement, physique pour certains.

Je me souviens très bien sur le coup être resté devant la télé, à zapper pour voir les mêmes images sur toutes les chaînes. Mais je n’étais ni triste, ni heureux ; ni compatissant ni reconnaissant. J’ai le souvenir d’être plutôt surpris par ces images, puis au final les regarder comme on regarderait un documentaire médiocre : placidement, presque indifférent, et pas encore lassé. Je ne connaissais pas ces gens, n’éprouvait rien pour eux.

Les corps noirs sautant par les fenêtres n’étaient pas des êtres humains, c’étaient des pixels. Que de l’autre côté, des gens suffoquent dans la marée de fumée dégagée par l’effondrement des tours, lequel a instantanément écrasé tous ceux qui n’étaient pas morts brûlés, ne m’effleurait même pas l’esprit. Que des gens y perdent leurs géniteurs ou la chair de leur chair non plus. Ce n’était qu’une danse de pixels, une danse folle, mais une danse tout de même : une mise en chaine destinée à flatter mon sens de l’esthétisme. Ou un certain sens de l’esthétisme du moins.

Et cela devint un banal sujet de conversation. Le lendemain, l’on joua, j’imagine, comme tous les jours, insouciamment. Nous étions le mercredi 12 septembre et avions encore 2 jours à tuer avant la trève de fin de semaine.

Et aujourd’hui, je pleure devant mon écran, comme un gosse. Je pleure en réalisant à quelle point cette journée a été cardinale dans ce début de XXIème siècle. Si elle n’en a pas bousculée les grandes dynamiques, elle les a sans doute infléchies. Quant à moi, je suis, rétrospectivement, à jamais marqué par cet évènement, qui était résolument macabre, et déjà funeste. Maudite journée.

14. Le lundi 12 septembre 2011 à 01:25 par Jean Leroy

Ce que je faisais le 11.09.2001 ?

J’étais à l’école, en cinquième.

Ce que j’ai fait ce 11.09.2011 ?

Je suis aller voir le concert au Trocadero.

Ce que c’est que le 9/11 pour moi ?

Ma réaction ?

La rançon du succès. Etre l’unique superpuissance dans le monde et maintenir son influence en soutenant des gens pas très catholiques (sans mauvais jeu de mot), ça suscite de l’animosité.

3000 morts, dont 300 étrangers, en cinquante ans d’hégémonie, dont vingt incontestés, c’est une bonne affaire.

PS : Etait et est toujours passablement écœuré de voir qu’on fait tout un tintamarre d’attentat aux USA alors que dans d’autre état, on en a juste rien à foutre. A quand la journée commémorative mondiale de la prise d’otage de Beslan ou de celle de la Doubrovka (respectivement 350 et 200 morts) ?

Je sais, ça peut paraître puérile, mais le principe du “mort-kilomètre”, j’ai un peu de mal.

15. Le lundi 12 septembre 2011 à 03:00 par Gwynfrid

J’étais au bureau, nous étions en train de digérer les conséquences du plan social en cours depuis le début de l’été. J’attendais des nouvelles d’entretiens que j’avais passés. Mais il y avait du vrai taf quand même.

Un collègue hilare, un petit jeune, est venu me parler d’un ou deux avions écrasés, d’une dizaine d’autres encore en l’air dont on avait plus de nouvelles, des Américains en pleine panique. Je n’ai pas pris le truc au sérieux beaucoup plus que lui, mais ça ne m’a pas fait rire non plus. Il n’y avait aucun poste de télé sur notre site industriel. Nous avons essayé de trouver des infos sur Internet, mais le réseau de la boîte était assez limité et tous les sites d’informations étaient très lents d’accès. L’affaire paraissait tout de même sérieuse, mais les rares détails disponibles étaient tellement impensables qu’on y croyait qu’à moitié. Nous avons fini l’après-midi de boulot à peu près normalement.

Ce n’est qu’en rentrant, en écoutant France Inter dans la voiture, que j’ai réalisé l’énormité de l’événement qui venait de se produire.

16. Le lundi 12 septembre 2011 à 03:38 par Regina

I remember watching in disbelief the images on CNN International of the 9/11 attack in my parents house in Zimbabwe. What maybe wiped my tears today was that the # 1 and # 3 leaders of terrorism did not live to see this day.

17. Le lundi 12 septembre 2011 à 04:36 par Michiro

Je monte en voiture pour me faire raccompagner chez moi; l’ami assis à l’avant me prévient. Je reste incrédule jusqu’aux images qu’on visionnera en famille une fois rentrés.

Et c’est là, après avoir réalisé l’attaque, après avoir réalisé les morts, que je me souvins que j’étais en vacances là-bas 3 semaines plus tôt et que mon hôtel se trouvait sous les Tours…

18. Le lundi 12 septembre 2011 à 05:16 par mousse

J’étais descendue avec mon travail, chez une voisine en déplacement professionnel, pour y accueillir ses petits au retour du collège et de l’école.
Il fallait que j’accouche d’un truc, j’étais en phase de maturation. Je tournais en rond, en zone grise.

Je n’ai pas la télé, je n’aime pas la télé, je ne regarde jamais la télé. Je ne sais pas pourquoi j’ai allumé la télé ce jour-là, à cette heure-là. Le pressentiment, ça doit exister.

Un gratte-ciel, à l’allure familière, mais en feu. On pourrait voir ça dans une fiction…
Une bande-son de voix paniquées, chaotiques, incohérentes, qui excluaient totalement une fiction et m’ont retenue d’éteindre illico le zinzin.

Et presque tout de suite, cet avion venant percuter de façon irréelle une seconde tour, dans un monstrueux “live”, puis le même repassé en boucle, ad nauseam, dans une totale sidération.

Quelques heures plus tard, et à nouveau dix ans plus tard, ce qui m’envahit, comme d’autres l’ont exprimé ici, c’est le décalage massivement inégalitaire et discriminant de la couverture médiatique américaine et occidentale. À croire que la vie d’un Américain, c’est quand même vachement plus précieux que celle de tous ces pouilleux de partout ailleurs. Faudrait quand même pas tout mélanger, hein ?

19. Le lundi 12 septembre 2011 à 05:52 par Thomas Corneille

Moi, j’ai eu l’impression que j’avais failli rater le 11 Septembre.
J’étais tout jeune professeur, tellement jeune que ce jour-là j’ai fait mon tout premier cours à ma toute première classe de seconde. J’avais promis à des cousins très proches (nous avons grandi ensemble) de venir leur raconter. Je me pointe, avec une pêche infernale, devant la grande maison de Villejuif, je sonne. Le plus jeune m’ouvre la porte, avec une tête d’enterrement. “T’es pas au courant ? — Au courant de quoi ? — Y a plus de World Trade Center. — Tu déconnes ? — Pas du tout, viens voir.” Et les deux premières heures se sont passées devant la télévision de ma grand-mère (grande, grande maison). Je me souviens notamment de l’expression de déterré de Lionel Jospin.
Nous avons aussi parlé de mes débuts, manifestement nous n’avions pas l’intention de nous laisser tétaniser.

20. Le lundi 12 septembre 2011 à 05:57 par fly in the web

J’avais pense d’Allende, en Chile, le 11eme septembre 1973.
Les moulins de dieu….

21. Le lundi 12 septembre 2011 à 06:11 par salombo

Ce jour-là, j’étais au bureau. Je travaillais dans une SSII et ma fille avait 20 mois. Il y avait des collègues qui suivait l’actualité (déjà !) sur internet. Ils m’ont montré les images de CNN vers 15h30 : je n’ai pas pu croire que ce n’était pas vrai ! La 1ère pensée qui m’a traversée l’esprit est : “mince, je ne connaissais pas et ne vais jamais connaître les Twin Towers !”. Plutôt saugrenue par rapport à la gravité des faits !

J’ai toujours mis du temps pour assimiler les événements graves depuis le décès soudain de mon père à 58 ans (j’en avais 25). Une fois l’information intégrée, j’utilise ce que j’appelle la technique de “la tortue” pour me préserver : fermer les “écoutilles” des sens, repli stratégique sur le quotidien pour ne pas se laisser submerger par des émotions négatives et l’horreur toujours grandissante dont les hommes sont capables … idem pour les catastrophes naturelles comme le dernier tsunami qui a frappé le Japon, synonyme chez moi d’une démonstration terrible de la force de la Nature …

J’ai donc continué à profiter de mon BB fille et n’ai pas regardé les images qui passaient en boucle pendant plusieurs semaines, même si son père restait scotché devant de manière systématique. J’allais au bureau en voiture et écoutais seulement les informations à la radio, sur une station qui passait surtout de la musique.

Bien plus tard, j’ai pu enfin regarder ces images horribles, pensé aux victimes et à leur famille, me réjouir qu’il y ait eu des rescapés, admiré les héros, respecté la dignité affichée de l’Amérique, me demander “qu’aurais-je fait si j’étais à leur place ?”

22. Le lundi 12 septembre 2011 à 06:43 par El Claudio

Je venais d’officialiser une rupture amoureuse après cinq ans d’histoire et me promenais avenue des Gobelins. Des cris venus d’un café m’ont arraché à mes pensées e ajouter à mes larmes Le premier avion venait de s’écraser. Je me suis accoudé au comptoir et nous avons vu le deuxième avion percuter la seconde tour, puis les avions manquants, l’ambiance irréelle. Je me demandais alors si nous serions épargnés, si nos tours allaient également tomber et jusqu’à quand.

Dix ans après, j’ai épousé une américaine.

23. Le lundi 12 septembre 2011 à 07:15 par noel

Je présidais un conseil d’administration. Une collaboratrice est entrée et m’a remis une note.” Deux avions contre le WTC”. Je n’ai pas compris . Le conseil s’est poursuivi. Lorsque nous sommes sortis , il y avait de l’agitation dans les couloirs. Puis la télé allumée , dans mon bureau, j’ai regardé , fasciné , les images de CNN.
J’ai honte de révéler une autre de mes pensées : Ce drame allait il ralentir notre croissance , les négociations que nous menions avec un très grand groupe Américain allaient t elles s’interrompent? Puis j’ai pensé à la guerre et à mes enfants et tout est devenu dérisoire.
Je me souviens également , j’avais 13 ans , quand j’ai entendu à la radio , la nouvelle de l’assassinat de Kennedy.
Je me préparais pour le lycée et maman disait : pourvu que nous n’ayons pas une nouvelle guerre!
C’était encore en Amérique.

24. Le lundi 12 septembre 2011 à 07:50 par Golgoth 13

J’étais en période de vacances. La veille, j’avais pris une biture pas possible avec mes potes et je m’étais donc levé bien tard. C’est en sortant de la douche et alors que ma copine s’affairait à préparer un semblant de lunner (l’équivalent tardif du brunch), que je me suis approché du téléviseur et que j’ai vu.

Je n’ai pas compris comment des immeubles touchés au sommet faisaient pour s’effondrer depuis leur base. Je me souviens de l’angoisse liée au fait que d’autres avions avaient disparu (on parlait de 7 avions, à cette heure-là). Je me suis demandé comment tomberait la tour Eiffel. Je la voyais de la fenêtre. Apparemment, elle était droite et toujours bien en place.

Ce n’est que le lendemain ou surlendemain, je ne sais plus, que j’ai lu ce court article dans Le Monde, intitulé “les virgules noires”. Je n’avais pas vu les corps tomber sur les écrans, je n’avais pas voulu continuer à regarder ces images en boucle.

10 ans auparavant, j’étais dans le WTC. Je me sentais privilégié…

Les suites de cet attentat m’ont écœuré. Je n’ai pas pleuré le 11/09. Mais, j’ai lâché une larme de rage et de dégoût en regardant “9/11” de Michaël Moore.

25. Le lundi 12 septembre 2011 à 07:55 par Deibler

Ce jour-là, j’ai repris 2 fois des moules !

26. Le lundi 12 septembre 2011 à 08:28 par rebelbird

Je venais d’emménager sur Rennes en 1ere année d’école d’ingénieur. Je profitais du samedi pour visiter la grande ville où j’allais habiter 5 ans. Premier contact. Bien que la plupart des bâtiments ne font pas plus de 5 ou 6 étages, je ressentais dans ma chair la lourdeur des lignes de vue coupées dans toutes les directions: un sentiment généralement associé à la Grande Pomme dans d’autres proportions. Je suis entré dans une boutique de jeu de plateau. La population habituelle de rôlistes de ce genre de lieu ne semblait pas aussi affairée qu’à l’accoutumée. Au lieu de ça, elle écoutait inquiète la radio diffusant les infos en continu dans le magasin. J’ai d’abord compris les dégâts matériels et j’ai pensé au film Piège de cristal. Avec le recul, ça parait absurde mais j’en ai un souvenir très clair. Et puis j’ai compris les pertes humaines et, au fur et à mesure que le drame se déroulait, le bilan s’est progressivement alourdi. Parmi les jeunes hommes qui se trouvaient là, certains ont pensé à la guerre et à la conscription. Pour ma génération, le service militaire consiste juste à prouver lors d’une courte journée que l’on sait lire. Je garde de cette journée une impression de chute interminable: les jambes en coton et le pieds bien posés sur le sol.
10 ans plus tard, après quelques années de développement informatique dans une autre ville, je ré-emménage sur Rennes avec le sentiment exalté de retrouver le lieu où je souhaite vivre.

27. Le lundi 12 septembre 2011 à 08:53 par Mebaël

Lycéen à l’époque, je sortais de 3 heures de TD. J’ai appris la nouvelle en allant cherche ma petite sœur chez une amie qui la gardait après la sortie de l’école. En entrant dans le salon de cette amie, j’ai vu m’a petite sœur de 10 ans, qui regarder l’écran de la télévision, les images montrait alors un plan des deux tours, dont l’une en flamme. Le deuxième avion arriva au moment où je prononçais : “Ce film à l’air fou !” et notre nounou de me dire “Ce n’est pas un film, c’est vraiment arrivé…” Je me souviens que mes parents ont dédiés les jours suivants à joindre notre famille et nos amis qui vivaient aux États-Unis, qu’ils aient été proche du WTC ou non.

28. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:22 par Guile

Le 11 septembre 2001, j’étais allé me promener à Valence avec une amie, on avait fait du shopping, des discussions futiles et quelques blagues anodines.

Nous sommes rentrés vers 10H15, et la télé qui tournait en permanence chez elle, montrait les tours en feu, et les gens qui sautaient dans le vide, puis la chute des tours… J’étais figé, et inquiet pour l’avenir…

Le Monde allait changer, définitivement…

29. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:32 par Calibre

Moi, je travaillais, et je vais écouter Eolas sur France Inter dans une demi-heure.

30. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:35 par Calibre

Et puis, une petite pensée aussi aux irakiens qui en ont pris plein la gueule à cause de cet évènement, et pas “seulement” 3000 morts…

(Une petite pensée à nos libertés mortes : bravo, les terroristes ont bien réussi leur coup)

31. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:49 par Pascale

Bonjour

Moi j’ai un honte de la première pensée qui me soit venue à l’esprit lorsque j’ai appris l’attaque du WTC. Je n’arrive d’ailleurs pas totalement à la comprendre moi-même.

J’étais, comme beaucoup, intimement envahie par l’inextricable tragédie des palestiniens et du Proche-Orient et j’ai pensé : quelle dose de malheur faut-il pour en arriver là!

Quand, plus tard, j’ai vu les images, j’ai réalisé que la pensée qui m’avait effleurée était inexcusable (d’ailleurs erronée, puisque les palestiniens n’étaient pour rien dans cet attentat), comme il était inexcusable d’avoir commis ce crime monstrueux contre les américains.

Cela m’appris à me méfier de ces automatismes politiques qui sont capables non seulement de remplacer votre bon sens, au sens cartésien, mais surtout votre humanité.

Merci pour cette piqure de rappel.

32. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:54 par x01

Je venais d’être admis à l’École Polytechnique. Rentrée à Palaiseau le 23 août. Le 30 août, 400 “taupes” sortant de 2 ans à l’ombre se retrouvent à Barcelonnette pour 3 semaines d’initiation militaire. Le 11 septembre, sortie en montagne, tentes, marche, sport, et l’ambiance virile que l’on peut s’attendre à trouver dans une telle population à 85% masculine.

Le sergent-chef de la section dont je dépend est un commando au physique hors du commun, et qui choisissait pour les besoins de l’instruction militaire de ne pas montrer toute la finesse dont il était capable. La journée se passe donc, sportive, émaillée de blagues de potaches. L’un de mes camarades de section, voulant lui jouer un tour, s’approche de sa tente… et déclenche 3 pièges mis en place par ce vétéran de plusieurs infiltrations en terrain hostile. Il se retrouve immédiatement condamné à finir l’après-midi et la soirée en caleçon. En quelque sorte, de jeunes chiots qui testent, et le papa chien qui bizute gentiment.

Le soir, ce sergent-chef et les autres “gradés” nous rassemblent, et nous annoncent que les tours du WTC se sont effondrées. La suite du bizutage, en quelque sorte : la guerre, la mobilisation, comme par hasard, 2 semaines après que nous eûmes rejoint l’armée. Mais nous n’étions pas dupes, et ne nous laisserions pas manipuler : c’était vraiment trop gros…

Ce n’est que 24h plus tard que nous les avons crus.

33. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:54 par Fred

Je revenais tout juste d’un voyage en Afrique, déconnecté du monde occidental. Je passe voir un ami, qui me dit whaaa, y’a un avion qui s’est écrasé sur le world trade center, et y’en a un deuxième qui va arriver. Sur le coup j’ai pas compris grand chose, ne sachant que vaguement ce qu’était le WTC. Mais je me souviens clairement de ce y’en a un deuxième qui va arriver. J’ai compris, mais bien plus tard, comment tout ça était “foireux”…

Courage et hommage à tous ceux qui tentent de rétablir une vérité plus acceptable (notamment les pompiers de NY, qui ont vécu des choses que la “version officielle” nie encore).

34. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:56 par Sursis à statuer

Que retenir de ces témoignages ?
Peut-être que les attentats à New-York c’est très mauvais pour la productivité en Europe.
Alors que attentats au Pakistan, en Irak, en Indonésie, voire au Maroc, en Algérie ou au Japon ne troublent gravement ni notre concentration ni notre digestion ni notre sommeil.

35. Le lundi 12 septembre 2011 à 09:59 par Decimaitre

Le 11 septembre 2001, j’ai passé une journée insouciante entre Syracuse et Taormina avec l’Etna en fond. Dans notre voiture de location, on tentait d’écouter la radio mais la seule et unique station que l’on captait parlait, d’après ce que nous comprenions avec notre italien rudimentaire, d’un concours pour gagner un voyage en avion à New York et s’obstinait à ne passer que très peu de musique. Du coup on a éteint très vite la radio et on s’est contenté du paysage et de nos discussions futiles sur le respect douteux du code de la route par les conducteurs siciliens.

Revenus tard au Club Med, nous sommes aller manger directement avec l’amie qui m’accompagnait en nous remplissant la panse et vers 21 h alors qu’elle prenait sa douche, j’allumais la télé et je vois Pujadas raconter, sans l’image, les attentats.

J’imagine des avions de guerre d’une puissance ennemie.

Et puis je vois les images qu’on connait désormais par coeur mais qui sidèrent toujours autant et je suis resté pendant de longues minutes totalement incrédule.

Deux jours plus tard, le Club med avait décreté 3 minutes de silence et nous nous sommes retrouvés en maillot de bain dans ce club de vacance en pleine matinée avec un soleil lourd, debout dans un silence de plomb pour rendre hommage aux disparus.

36. Le lundi 12 septembre 2011 à 10:17 par Minerva

Le 11 septembre 2001, j’ai 17 ans, cela fait 1 semaine que je suis en terminale S, et déjà je m’angoisse pour mon bac, bien aidée par mes profs qui nous répètent déjà sans cesse “attention, il y a le bac à la fin de l’année”…

Je termine les cours à 16h, alors que l’autre demi-classe termine à 15h, je suis dans le bus quand un de mes amis déjà rentré chez lui m’appelle sur mon “nokia 6210”, et me raconte ce qu’il voit à la télé, totalement halluciné… Je me souviens avoir regardé autour de moi les autres personnes dans le bus, et m’être dit : “ils ne savent pas encore, mais arrivés chez eux, ils prendront conscience que ce jour est un tournant dans nos vies”.

J’arrive chez moi, je mets la télé, toutes les chaînes passent en boucle les mêmes images, ces avions ne cessent de s’écraser dans les tours, je suis certaine que d’autres avions sont prêts à s’écraser autrepart, je n’arrive pas à m’en décoller, pendant une heure, peut être 2… Je me dis que la vie ne tient qu’à un fil, je trouve mes angoisses de lycéenne bien ridicules. Je suis seule chez moi, j’ai besoin d’en parler. J’appelle mon père, qui est à plusieurs centaines de km de moi, il m’écoute exprimer mes peurs et me dit : “Fait attention, méfie toi toujours des images, prend de la distance vis-à-vis de tout ça”. J’y pense toujours quand j’allume la télé.

Le 21 septembre 2001, je suis dans le bus, je quitte le cours de sport, je rentre chez moi pour le weekend, mon père m’appelle et me dit : “ne t’inquiète pas, les réseaux ne fonctionnent plus, nous allons bien, mais au cas où, nous partons de Toulouse 2-3 jours”. J’ai peur, que leur arrive-t-il ? 10 jours après les attentats de New-York, l’usine AZF explose à Toulouse, et tout le monde pense à l’époque qu’il s’agit d’un attentat, beaucoup d’ailleurs le pensent encore aujourd’hui.

37. Le lundi 12 septembre 2011 à 10:27 par Siskotte

Le 11 septembre 2001, j’étais au travail. Je ne me souviens plus si le palais déjà fait la dotation du modem 56k dans le service. Pour moi, c’était une journée de travail ordinaire. A la fin de ma journée (soit 18 heures), ma douce moitié est venue me chercher (j’avais bousillé la voiture quelques semaines plus tôt). Pendant le trajet qui nous ramenait à la maison, il me sort sur le ton de la blague “hey, il y a Yves qui m’a appelé pour me dire que des avions se sont écrasés sur les tours à New York”, à ce moment là je n’y crois pas, je réponds “quel blagueur, mais là tu pourras lui dire que c’est un peu gros !”
Nous arrivons chez nous, et je ne sais pas pourquoi, j’allume a télé….et là je me retrouve figée pendant 2 minutes, avec le doigt sur le bouton power en me disant intérieurement bordel de merde c’était pas une blague.

38. Le lundi 12 septembre 2011 à 10:32 par Diab

Je préparais les oraux du concours de l’ENM, 12 heures par jour, le nez dans le guidon.

Je trainais un énorme déficit de sommeil et j’avais le cerveau vrillé par de terribles acouphènes, souvenirs d’une méchante otite quelques semaines plus tôt. Un vrai zombie, quoi.

C’est horrible à dire aujourd’hui, mais je me souviens moins de mon émotion que de la conscience immédiate d’assister à l’ouverture d’une nouvelle page de l’histoire. Je me souviens avoir pensé immédiatement “pour les historiens, le 21ème siècle commencera aujourd’hui”.

Je pensais qu’un tel événement aménerait nécessairement les Etats Unis, et l’Occident plus généralement, à s’interroger sur leur rapport au reste du monde. J’y voyais le début de la fin d’un certain impérialisme et j’en tirais une certaine excitation. Rétrospectivement, quel idiot !! Mais vraiment, quel idiot !!!

Aujourd’hui, je conserve toujours un grand malaise par rapport à la place de ces évènement dans la mémoire collective. Sans même parler des dizaines de milliers de morts tout aussi innocents qu’ils ont “justifiés” dans la décennie suivante, j’ai souvent la nausée quand je compare le traitement mémoriel de ces attentats à celui du génocide au Rwanda. Des centaines de fois plus de morts, un massacre sans équivalent dans l’après 2ème guerre mondiale… mais des gens qui ont eu le mauvais goût de vivre dans un pays dont tout le monde se fout, loin des caméras, et de se faire massacrer pendant le Festival de Cannes…

Sinon, je n’ai pas eu le concours de l’ENM cette année là.

39. Le lundi 12 septembre 2011 à 10:36 par médor

Que faisiez vous le 3 septembre 2004 ?
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_…)

@14 : +3 (amis schizophrènes, bonjour)
@25 : rappelons que les moules donnent le cancer

40. Le lundi 12 septembre 2011 à 10:41 par Flop

Je bossais dans un de ces genres de boulots où on a pas internet au boulot.

Et le soir, je suis rentré dormir, comme d’habitude.

41. Le lundi 12 septembre 2011 à 10:44 par récap59

En 1993 Ben Laden avait fait sauter un camion bourré d’explosifs dans un parking sous le WTC sans réussir à ébranler les tours. Je n’ai jamais douté du fait qu’il avait raté son coup, que le but de cette attaque était de faire tomber au moins une tour et pas de tuer quelques malheureux automobilistes qui se garaient au mauvais niveau au mauvais moment.

Je m’étais donc posé la question : mais alors, si un camion bourré d’explosifs ne suffit pas, qu’est-ce qui pourrait les faire tomber ?

Je ne voyais qu’un gros avion.

Rassuré, je me rendormis : Ben Laden ne pourra jamais voler un avion assez gros sans qu’on s’en aperçoive.

Le 11 septembre 2001, une collègue m’annonce qu’un avion a heurté une tour du WTC puis s’est écrasé sur le Pentagone. Rassuré, je lui explique que c’est impossible, car les deux immeubles ne se trouvent pas dans la même ville.

Mais j’essaye quand même d’en savoir plus sur internet, et là, je devine qu’il y a quelque chose qui cloche : c’était vraiment très lent, très lent…

Je ne comprend toujours pas pourquoi les américains ont laissé une deuxième chance à Ben Laden alors qu’ils avaient eu un avertissement très clair en 1993, et qu’ils connaissaient son objectif principal.

42. Le lundi 12 septembre 2011 à 11:19 par Minerva

’# 39 “Je ne comprend toujours pas pourquoi les américains ont laissé une deuxième chance à Ben Laden alors qu’ils avaient eu un avertissement très clair en 1993, et qu’ils connaissaient son objectif principal.”

péché d’orgueil ?

Ce qui explique aussi toutes les réactions post 11/09, qui énervent certains commentateurs ici, ce n’est pas de l’indifférence pour les autres attentats, ou génocides, ou guerres… c’est que PERSONNE ne pensait les américains faillibles à cette époque (à tort, sans aucun doute), et que leurs failles révélées au grand jour nous renvoient à nos propres failles et craintes qui en découlent.

43. Le lundi 12 septembre 2011 à 11:28 par Hannah

Le 11 septembre 2001, j’étais en congés. Je devais sortir pour faire quelques courses. J’étais prête à partir : j’étais chaussée, habillée, j’avais mes clés en main et mon sac sur l’épaule. Et là, je ne saurai jamais pourquoi, j’ai allumé la télévision. J’ai cru les premières secondes être tombée sur un film catastrophe. Mais le ton des commentaires m’a vite détrompée. J’avais à peine compris de quoi il s’agissait que le deuxième appareil s’encastrait en direct dans la deuxième tour. Je me souviens avoir saisi le téléphone pour appeler mon fils : “les Etats-Unis ont été attaqués, c’est la guerre…”. Plus tard, je suis enfin sortie, avec une sensation étrange. J’ai presque été étonnée que le monde n’ait pas changé. Dans une grande surface, au rayon électroménager, tous les écrans de télévision, son coupé, montraient encore et encore les tours du WTC en feu et leur effondrement. Les clients passaient devant ce spectacle hallucinant en poussant leur caddie, sans y prêter attention…

44. Le lundi 12 septembre 2011 à 11:33 par Princessedezours

Je m’en souviens comme si c’était hier. Moi, j’étais devant Derrick durant les attaques, que j’ai ensuite vues en direct quelques minutes à partir du 1er avion puisque le direct a pris l’antenne.

Ce jour là, j’étais furieuse, non contre Derrick (il a un côté très apaisant, au contraire, surtout en début d’après-midi…;-)) mais parce que j’avais raté mon permis de conduire le matin-même, de façon injuste, pensais-je, du fait de mon sexe, ce qui me rendait incrédule (“non, en 2001, ça ne peut pas être aussi flagrant et stupide ? C’est moi qui me fait des idées !”). C’était bien la première fois de ma vie que je pensais être victime de ça, et j’étais absolument furieuse, dans une colère noire.

Tout cela a été balayé devant la télévision, et ma colère incrédule est devenue par un autre sentiment d’incrédulité, avec ce sentiment étrange, face à la télé, d’irréalité, de dédoublement de soi que l’on éprouve lorsque le moment est trop intense pour que la conscience l’appréhende directement.

Je me souviens que, lorsque le second avion est arrivé, le commentateur est resté sans voix, incapable de parler, de trouver les mots, il bégayait un peu.
Cette incapacité à meubler l’antenne ajoutait encore à l’irréalité des instants.

10 ans…

Depuis je suis devenue avocate, ai eu mon permis, et mon analyse a été confirmée par la suite concernant l’instructeur, qui ne l’est plus.

Princessedezours

45. Le lundi 12 septembre 2011 à 11:57 par blaz

le 11 septembre 2001 je travaillais dans une SS2I au 16étage d’une tour de la défense.( quartier d’affaires de paris)
Au début j’ai vu la news défiler sur un bandeau de yahoo.fr coincée entre les dernières révélations sur loft story avec Loana, et l’insuccès de la startup boo.com.
Puis mouvement de foule dans l’open space, on se retrouve dans les salles de réunions, les yeux scotchés sur les images des vidéos projecteurs, les yeux faisant les allers retours entre ce qu’on voyait à l’écran et les fenêtres donnant sur le parvis de la défense, les tours Total, Cogema/Framatome, Société Générale…
Puis le silence, le silence des milliers d’employés comme moi qui quittaient les tours de bureaux, sans mots d’ordre, juste parce que c’était la seule chose à faire. dans le silence. Des milliers de gens sur le quai du RER sans un mots, regardant leurs chaussures, en espérant ne pas exploser dans le RER A à cause d’un attentat.
Et puis le 12 septembre.
Vigipirate, police, militaires, CRS quadrillant la Défense. le nouveau millénaire avait bel et bien commencé.

46. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:06 par Mael

11 septembre 2001, j’ai 13ans.

Je suis en 5ème. La journée n’était pas trop chargée, j’ai finis les cours tôt. Ma mère vient me chercher en voiture, elle est blême. Elle me dit qu’il y a eu quelque chose aux Etats-Unis. France Info parle d’avion dans les Tours du World Trade Center. J’ai 13ans, je ne connais pas le WTC. Arrivé à la maison, on allume la télé. Première image : le vol UA 175 percute la tour Sud.

Choc, effarement, incompréhension, incrédulité, silence…

Ces images en boucles, sous tous les angles, les “points noirs” qui tombent. “Qu’est ce que c’est?” demande ma mère. J’ai la réponse, mais elle semble trop irréelle. “Des gens” dis-je d’un ton lapidaire. Silence, incompréhension.

Puis le direct, ce n’est plus une rediffusion, la tour sud s’effondre. Nouveau choc. Dix minutes plus tard (ou est ce une heure ? Le temps semble s’arrêter dans ces moments là), la tour Nord s’effondre elle aussi…

Il est 17 heures en France maintenant. Nous continuons de regarder la télé jusqu’à 22h.

11 septembre 2001, j’ai 13 ans.

47. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:12 par BB

Ce 11 septembre 2001, je plaidais à la Cour d’Appel et un confrère est venu nous annoncer, dans la salle d’audience, alors que nous attendions notre tour que deux avions s’étaient encastrés dans les tours

Ma première réaction a été l’incrédulité, je n’avais aucun moyen de vérifier ce qu’il me disait, coincée que j’étais dans cette salle d’audience…

Alors, nous avons parié, une bouteille de champagne (!) que ce n’était pas la vérité

Nous ne l’avons jamais bue…..

48. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:13 par Saluki

Le 11 septembre 2001, un mardi et non un samedi, comme dit plus haut, nous vaquions… dans notre petite structure de conseil.

Un de nos clients, très couche-tard de Nouvelle-Zélande nous passe un courriel d’alerte en début d’après-midi?

Nous avions un poste de télévision, non branché, qui nous servait à vérifier le comportement de certains CD/DVD que nous éditions. Je me suis précipité chez le quincaillier du coin pour acheter une antenne intérieure.

Le lendemain, nous devions faire une “visite-mystère” au “Jules-Verne”, le restaurant gastronomique de la Tour Eiffel. Surprise, il était aux trois-quarts vide, alors qu’il faut réserver bien longtemps à l’avance.

En fait, ce qui m’a le plus marqué, au delà de ces anecdotes, c’est que, le jeudi, je crois, il y a eu une minute de silence décrétée, partout en France. J’étais dans la rue, fg Saint-Antoine, à Paris quand les sirènes ont retenti. Avec mon client britannique, nous nous sommes figés. Nous étions bien les seuls…

49. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:16 par sereatco

J’étais en réunion dans une préfecture d’un département de l’Ouest de la France. L’ordre du jour, comme d’habitude était beaucoup trop important, la réunion s’éternisait.
Pour une fois, j’avais laissé mon portable ouvert. J’ai reçu un premier appel que j’ai arrêté tout de suite mais je n’ai pas fermé mon appareil…Un nouvel appel, je suis sorti, c’était ma compagne.
Elle m’a dit (hurlé) “C’est la guerre ! Des avions attaquent les Etats-Unis ! New York, le Pentagone…” Pas son genre d’inventer des trucs pareils.
Je suis retourné en réunion. J’ai glissé à une collègue qu’il se passait quelque chose de grave. Je voulais partir mais les dossiers passaient les uns après les autres… Enfin, j’ai demandé une pause. La secrétaire est revenue avec l’info officielle ne trouvant rien de mieux à nous dire : “Il y a un gros problème, mais je ne sais pas si j’ai le droit de vous le dire…”.
Là, je me suis barré.
Je ne suis pas rentré chez moi mais j’ai passé la fin de la journée dans un troquet à suivre sur écran géant ce qui se passait.
Les gens commençaient déjà à s’engueuler sur les responsabilités de chacun, l’amérique, les Islamistes, l’Occident, les morts de là-bas et d’ailleurs…
Je me souvenais de la chute du Mur de Berlin et de l’optimisime qui régnait à l’époque, des beaux discours sur la fin de l’Histoire et la victoire définitive des démocraties et de leurs valeurs.
Voilà.

50. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:20 par pendragon

le 11 septembre je sors d’audience du TGI et je vois des gens affolés sur les marches du palais.

j’essaye d’obtenir de l’information, les rumeurs les plus folles circulent (accident/ terrorisme, effondrement/pas effondrement, nombreux avions/deux avions…)

un greffier que je connais me montre une photo imprimée d’un article internet - la photocopie est quasi illisible, mais il ne reste qu’une seule tour.

j’ai passé la nuit devant ma télé, je n’ai pas dormi

PS : pour ceux qui font remarquer que l’on s’affole moins pour d’autres attentats, c’est vrai et faux à la fois. Le TWC était un symbole fort de l’occident - et donc de nous tous européens compris - et ben laden savait parfaitement ce qu’il faisait en attaquant ce symbole

51. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:30 par tibere

J’accouchais…. ma fille est une enfant du 11 septembre. Et, à 10 ans, elle est marquée par cette date. J’ai tout de même pensé un bref instant qu’il fallait être fou pour faire des enfants.

52. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:45 par Tao-Lui-Même

Un 11 septembre sans télévision existe t-il ?

53. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:49 par prozik

Ce jour la, après un repas avec un client, je rentre à mon bureau. En tant que gérant de portefeuille, à coté de mes écrans, j’ai une télé sur Bloomberg, une sur L C I. Ma secrétaire, quand je ne suis pas là regarde parfois des films…. En arrivant, je la réprimande: elle n’est pas là pour regarder les films catastrophe.
D’une voix blanche elle m’a juste répondu… c’est C N N…Je me souviens que j’ai évité de penser. téléphoné à mon” broker” sur les futurs:” balance de l’indice! vends n’importe quel prix, mais vends!” Je n’entendais que ses exécutions, qui ponctuaient les points noirs qui chutaient sur les télés. Puis la bourse s’est arrêté, j’ai envoyé mes détails au middle-office,toujours calme. je me suis assis, j’ai regardé les carnets, d’ordre, à quelle heure reprendraient les cotations, élaboré une stratégie pour me racheter à la reprise. Je suis allé toujours aussi calmement aux toilettes, je me suis regardé dans la glace, et me suis parlé: aujourd’hui tu es juste devenu le parfait salaud que tu abhorrais dans ta jeunesse.
Je me suis juré que je ne recommencerai jamais à agir de la sorte…. Le 21, alors que les écrans nous envoyaient le message d’une explosion à Toulouse, j’ai refait de même.je me suis encore dégouté.
Six mois plus tard, j’ai démissionné, quitté ce métier qui était alors le seul que je connaissais. J’avais deux amis dans le W T C .

54. Le lundi 12 septembre 2011 à 12:58 par feldzer

Il est 17h, je sors du lycée, je sens comme de l’agitation autour de moi, pas mal de gens au téléphone…bon je dois être parano mais j’ai l’impression bizarre qu’il s’est passé quelque chose. En même temps, à Paris les gens sont d’un naturel stressé…

Arrivée à la maison, j’ouvre la porte et entre dans le séjour, en face de moi la télé allumée, sur TF1, l’écran est coupé en deux. A gauche PPDA et à droite l’image du 2éme avion qui s’encastre dans la tour…

Naïvement, une flopée de noms sortent de ma bouche : IRA, GIA, Brigades Rouges, Action Directe?

Le lendemain , après une courte nuit, je reprends le métro, à ma station 3 policiers aux aguets, le plan vigipirate résonne dans ma tête plus fort que la musique sortie de mes écouteurs.

Le journal Le parisien/Aujourd’hui en France titrant “Le monde a peur” prend encore la poussière à la maison…

55. Le lundi 12 septembre 2011 à 13:22 par marc

j’étais en stage dans un organisme financier: on parlait d’un avion de tourisme au début…
une télé était à un étage et on s’est agglutiné devant (bloomberg forcément)

le “pire”, cela a été de voir des gens sauter dans le vide… et d’imaginer ce que vivaient les autres bloqués au dessus de l’avion sans aucune chance d’en réchapper.

et la tête de bush à l’école qui finissait de me convaincre que ce gars là ne serait jamais président malgré son titre.

56. Le lundi 12 septembre 2011 à 13:34 par Switz

C’était réunion de travail avec quelques peigne-cul de la haute administration, car à l’époque j’étais leur larbin. Un contrôleur d’Etat fit remarquer qu’il y aurait une histoire d’avions encastrés dans des gratte-ciel à New York. Incrédules, les participants se précipitent sur France-info - c’était des handicapés de l’ordinateur, alors internet… De retour chez moi, je croise sur le palier une dame en larmes et une voisine en plein milieu d’une conversation inquiète, dont je saisis quelques bribes au passage, ainsi que ces mots envolés: “horreur, terrible, incroyable, inouï.”. Cet instant figé de douleurs muettes et indicibles s’estompa dès le lendemain, lorsque vint le moment des grandes rationalisations: “ils l’ont cherché, la faute à Israel, qui nous dit que c’est Ben Laden”. Quelques temps après, une connaissance franco-pakistanaise, personne au demeurant très sympathique et cultivée, m’expliquait avec un sourire narquois cette info de première main selon laquelle les citoyens israéliens travaillant dans la tour se seraient discrètement enfuis une heure avant l’impact. Il me parla des souffrances subies par les musulmans, par esprit de concorde, j’hésitais à lui rappeler les brutalités commises par l’armée pakistanaise lors de la sécession du Bengladesh.

Néanmoins je n’ai pas reconnu dans les commémorations de hier l’Amérique de Lincoln, de Lewis et Clarke, de Bugs Bunny, et de Roosevelt. Ce pays a perdu sa confiance et sa foi en sa capacité à affronter l’avenir. La complaisance doloriste n’est pas le meilleur hommage rendu aux victimes. Il aurait fallu trouvé un autre ton.

57. Le lundi 12 septembre 2011 à 13:41 par Droits de l'homme

J’étais à Tachkent, Ouzbekistan. Le soir à l’hotel j’allume la télé, la deuxième tour venait d’être touchée. J’appelle ma famille en France, “comment tu sais?” “ben oui ici aussi ça passe à la télé”. Je rassure tout le monde que non ici tout est calme dans la rue. A l’hôtel c’est l’incrédulité, la tristesse. Bien sur le groupe de français se distingue avec ses habituels 1 ou 2 je-sais-tout “ils l’on cherché… Le Pentagone aussi mais là c’est des militaires donc c’est normal…”.
Dans les jours qui suivirent je me souviens particulièrement de l’attitude des habitants, en Ouzbekistan et Turkmenistan, une gentillesse extrème, plus que d’habitude encore, une manière de dire “nous sommes avec vous”. J’ai eu la chance d’être là à ce moment, cela me permet de me souvenir d’un sourire, d’un regard, d’un geste de ces hommes et femmes, des musulmans, des personnes simples dont je découvrais le pays, la culture. Paix, fraternité, justice.

58. Le lundi 12 septembre 2011 à 13:47 par yellowrose

Le 11 septembre au matin j’étais à Montevideo, Uruguay.

La conférence ICANN a terminé le 10 septembre (plusieurs centaines de participants, de tous les pays), j’avais un ticket American Airlines pour Rio pour l’après-midi, ou je comptais de passer un jour ou deux avant de rentrer à Paris avec Air France.
Après le petit déjeuner, je suis allée dans la grande pièce du secrétariat, où l’accès Internet était toujours ouvert, pour lire mon courrier. Plusieurs personnes, des amis Américains très excités regardant, chacun sur son PC, le même film - c’est fou me suis-je dit, encore une série à la mode, …, et là j’ai compris, on m’a expliqué, c’était du temps réel.

Certains collègues étaient déjà partis (une amie a atterri à NY juste pendant l’attaque à WTC), d’autres allaient partir le jour même. Nous avons eu tout de suite des messages sur l’annulation des vols, et fermetures des aéroports, et consigne à tous les Américains de rester où ils sont et attendre.

L’agence American, face à l’hôtel, a été fermée, et il a été annoncé que les vols American restent au sol. J’ai pris ma valise et est allée à l’aéroport de Montevideo, lequel, découverte, a été entouré de militaires, passage à compte-goute. J’ai découvert que mon ticket plein tarif ne valait rien - aucun transporteur sud-américaines ne voulait me prendre à Rio - sauf si j’achète un ticket chez eux. Le chaos commençait, et je n’ai pu m’empêcher de penser aux récits de mes parents, de la seconde guerre mondiale. J’ai payé un autre ticket, pour le lendemain, me rassurant qu’au moins ma carte de crédit a été accepté.

Retour à l’hôtel, qui m’a redonné la clef de ma chambre. Puis de nouveau la salle Internet de l’ICANN, gardée ouverte. Je garde le souvenir d’un repas avec des collègues Américains, puis initialement le faible nombre de morts annoncés. Le téléphone vers les Etats-Unis fonctionnait très mal (nous avons su plus tard, que l’Internet a tenu bien mieux que la téléphonie). Avec un collègue mathématicien nous nous sommes dits que même dans les conditions parfaites, avec l’éclairage d’escaliers, et sans aucune panique, la quantité de morts ne pouvait qu’être plus forte - les gens de tours n’avait que quelques secondes pour agir.

Ma fille ainée venait d’emménager à Boston, elle a eu la présence d’esprit de m’envoyer un email et dire qu’elle était sur place, et de m’assurer que notre voisine à NY allait bien, car ce jour de 11 elle est allée travailler à Rockefeller au lieu de WTC.

Beaucoup d’entreprises viennent à des réunions ICANN, il y en avait des new yorkaises, de WTC. Nous avons découvert que certaines ont perdu la quasi-totalité du personnel.

L’attente à Montevideo a commencé. Nous apprenions d’immobilisation de tous les aéroports, des gens allant passer une semaine à attendre dans des hôtels ad hoc des escales diverses. Les collègues d’Asie qui avait des avions via l’Europe pouvaient partir, ceux qui avaient les avions via les Etats-Unis n’avaient qu’à attendre, comme les Américains. Un grand groupe de gens a traversé La Plata pour tenter plus de chances à Buenos Aires - mais rien ne remontait vers le Nord.

Le 12 septembre je suis partie à Rio, dans un avion de transport local, il y en avait même des poules en bagages à main, un peu genre le taxi brousse. Suis restée juste un jour à Rio, l’ambiance n’y était pas. Le lendemain j’étais sur un AF441 partant tard le soir (comme la quasi-totalité des vols vers l’Europe). Mes deux paires de ciseaux à ongles ont été sortis su sac à main, et mis dans les enveloppes rouges spéciales. On m’a demandé d’enlever la pile de mon laptop - je ne savais pas faire - cette pile a voyagé aussi dans une enveloppe rouge spéciale bagages en soute.
Arrivée saine et sauve à Paris. Je garde toujours ces enveloppes rouges, GIG13SEP01.

Une fois à Paris, j’ai mis la bannière “We are all Americans” sur le site web du secrétariat DNSO.

Pendant plus d’une semaine nous attentions des nouvelles de ceux qui rentraient enfin. Puis des nouvelles plus tristes.

J’ai eu peur du chaos et du désordre mondial.

59. Le lundi 12 septembre 2011 à 13:48 par Cams

Ce jour-là, je revenais de la pré-rentrée de terminale au lycée. Bien content que ce soit terminé, j’ai envie de profiter des dernières heures de vacances d’été, avant la reprise d’une année particulièrement importante pour moi.

Je rentre, il est 15h. Je pose mon sac, me prends un verre et allume la télé. Je tombe sur un film. Je me dis “tiens, ils ont vraiment fait quelque chose de réaliste niveau effets spéciaux”. Et je vois écrit “Edition spéciale”, et le présentateur (je ne me souviens plus qui c’était) en totale décomposition et pale comme ce n’est pas permis à la télévision. Je vois des employés de la rédaction passer devant les caméras et apparaître à l’écran pour déposer des feuilles sur le bureau du présentateur en courant. Bref, tous les standards du journal télévisé bafoués. Et le présentateur qui relate les faits.

Je me souviens d’être resté debout devant ma télévision pendant les 5 premières minutes, totalement ébahi par les images qui défilaient. Je me suis alors assis, puis 10 minutes plus tard, je vois un nouvel avion s’écraser sur le WTC. J’ai mis du temps à comprendre qu’il s’agissait du second avion, et je pense que le journaliste aussi : il a mis un certain temps avant d’annoncer le crash du second avion, alors que les images défilaient sur l’écran.

Quoi qu’il en soit, je suis resté scotché à la télévision toute l’après midi, vivant au rythme New-Yorkais, incapable de faire quoi que ce soit d’autre, n’osant pas éteindre la télévision, “par respect” pour ce moment : de toute façon, tout ce que l’on est susceptible de faire paraît alors inutile, futile.

Je me souviens que les jours suivants, dans ma classe, nous avions tous peur que la même chose se reproduise en France.

Quelques semaines plus tard, je ne sais plus exactement quand, un avion s’était écrasé juste après le décollage sur un quartier résidentiel. Nouveau flash spécial, cette fois nous sommes en classe, le cours s’interrompt et, avertis, nous allumons (un peu contre l’avis du professeur, qui a toutefois protesté d’avantage pour la forme) la télévision située dans la salle de cours. Elle n’a pas été éteinte et le cours n’a pas repris tant que nous n’avons pas été certains qu’il ne s’agissait pas d’un nouvel attentat.

Avec le recul, il est terrible de se souvenir le soulagement, lorsque l’on apprend que ça n’en est pas un : l’avion s’est tout de même écrasé dans un quartier résidentiel, faisant de nombreuses victimes.

60. Le lundi 12 septembre 2011 à 14:08 par Alixe

@Tao-Lui-Même #50 : “Un 11 septembre sans télévision existe t-il ?”
Moi, j’ai pas la télé. Alors je suis allée dîner chez mes parents avec mon mari pour la voir ce soir là.

J’avais appris la nouvelle au téléphone, ce début d’après midi au bureau. Je cherchais un appartement et j’ai appelé une agence immobilière. A la fin de l’entretien, mon interlocuteur me demande : “vous êtes au courant ? Deux avions ont percuté dans les tours du World Trade Center !”.

Cela me parait énorme, je réponds un vague, “je vais me renseigner” avant de raccrocher. Je lance internet en transmettant l’info à mes collègues. Dix secondes plus tard :

- J’arrrive pas à accéder au Monde !
- Ni moi à l’AFP !
On a su alors que c’était vrai.

- J’ai Le Monde !
On s’est précipité sur l’écran du collègue… et on a vu les images.

J’ai appelé mon père pour lui demander s’il avait des nouvelle des cousins américains. Impossible de le joindre par téléphone (on n’aura des nouvelles que dans la nuit, par mail). Il m’informe qu’une des deux tours vient de s’effondrer. De nouveau je transmets à mes collègues. Incrédulité totale de leur part. On récupère une photo, un collègue affirme que c’est l’angle qui fait qu’une des tours cache l’autre. Puis une heure plus tard, il n’y avait plus rien pour cacher quoique ce soit.

J’ai rappelé mes parents pour leur dire que je viendrais diner chez eux.

61. Le lundi 12 septembre 2011 à 14:10 par Leslie

Je me souviens de ce jour là.

J’étais étudiante. Université panthéon Sorbonne, UFR Arts plastiques et science de l’art. Une dénomination pompeuse pour désigner une ancienne usine reconvertie en fac en 1969 et qui manquait de tout : de place, de sécurité, de restau U (le plus proche était à Tolbiac et nous étions rue de Lourmel, à Une demi heure de bus ou de métro. Trop long.).

Apparemment on était un mardi. Je finissais tôt mais je trainais régulièrement à la Fac. Une Fac d’arts, on y apprend plus question dessins et technique en dehors des cours que dedans. Et donc je passais souvent mes après midi à trainer avec mes camarades, gribouillant, lisant parfois quand j’étais motivée.

J’avais un portable mais je ne m’en servais que rarement. Il n’y avait pas internet dans le bâtiment (ou alors peut être chez les profs et au secretariat ?).

C’est donc le soir que j’ai appris.

Cette année fut aussi l’année de la mort de mes grands parents à six mois de distance et d’un gros clash avec un ami. Si bien que je ne puis très égoïsement m’empêcher de l’a voir comme une année noire pour tout le monde, mais aussi l’origine, peut être chez moi d’une grande méfiance et d’un grand désenchantement quand à la “politique”.

Quand je pense à cet événement, mon idéalisme naturel en prend un sacré coup. Peut être que ça m’a fait un peu grandir.

Pourtant je me suis mariée, quelques temps plus tard, un 11 septembre.

62. Le lundi 12 septembre 2011 à 14:10 par Alixe

Rectificatif “Impossible de LES joindre par téléphone
(dsl, j’avais pourtant relu deux fois)

63. Le lundi 12 septembre 2011 à 14:17 par ginkgo

C’était un vendredi après-midi.
J’étais au boulot à Belfort, dans un open space, très clairsemé, comme tous les vendredis.
Les quelques collègues dans le coin semblaient pouvoir continuer à travailler, malgré la véracité évidente de ce qu’on voyait sur le net.
Moi pas. J’ai tout de suite perçu le fait comme un séisme planétaire, me touchant personnellement. Retenant mon souffle, attendant vainement un démenti… entouré de gens qui préparaient tranquillement leur week-end.

64. Le lundi 12 septembre 2011 à 14:42 par Francois_DXB

Je finissais une mission de 2 ans et demie au Brésil. L’usine dont j’avais supervisé la construction, avait déjà démarré et montait en cadence, à la fin Septembre je devais commençais un congé de 6 semaines autours duquel j’assisterais à la naissance de ma première fille. Le matin du 11 /09 je testais les derniers réglages du système de cadencement de l’atelier de peinture. En milieu de matinée le stagiaire avec qui je travaille revient du bureau central de l’atelier, en m’annonçant qu’un avion s’est crashé dans une tour à New York. Pensant a un avion de tourisme, je raisonne à haute voix que les tours sont conçues pour supporter ce type d’accident.

La série d’essais finie, nous retournons au bureau et dans le couloir quelqu’un nous annonce qu’un deuxième avion s’est crashé dans la même tour, sur le coup je réalise que ce n’est plus un accident mais un attentat. Dans le bureau, au moins 2 télévisions sont en route. Canal Globo passe les images en boucle, je comprends que ce sont des avions de ligne détournés, que ce sont les tours jumelle du WTC et l’énormité de la chose me frappe, enfin. Je me rappelle avoir parlé à ma femme au téléphone mais pas si c’est moi qui l’ai appelé ou si elle a voulu m’avertir. Je ne me souviens de rien, ce jour là, à propos des 2 autres avions, par contre je me souviens de ce collègue français, officier de réserve, qui se voyait revêtir son « habit de croisé » pour en découdre avec l’Irak. J’étais dubitatif, je ne pouvais pas croire que Saddam prenne le risque d’enrager le géant américain ainsi.

Curieusement j’avais préparé ma fin de mission, en demandant a changer de spécialité dans mon entreprise je passerais à mon retour en France de la manutention de charges industrielles au tri des bagages aéroportuaires. Tout d’un coup ma nouvelle spécialité devenait beaucoup plus stratégique.

65. Le lundi 12 septembre 2011 à 15:03 par dimitri

Le 9/11 j’étais au travail. Quand la nouvelle de l’attaque de la première tour s’est répandue nous étions tous consternés et choqués.
J’avise un de mes collègues qui pianotait frénétiquement sur son clavier, ses mains virevoltaient littéralement, confusément nous sentions bien que ça n’était pas le moment de faire du zèle mais enfin chacun évacue son stress comme il le peut.
En fait, renseignement pris, ce gentil collègue passait des transactions boursières à tour de bras. Il nous expliqua que c’était LE moment idéal.
Quand la seconde tour a été frappée, il était aux anges.

66. Le lundi 12 septembre 2011 à 15:30 par Philippe

Un collègue m’a appelé : un avion s’était encastré dans une des tours du WTC !
Bon ben c’est ballot mais un accident ça peut arriver y zon qu’a pas survoler les ville avec des gros- porteurs aussi, ces couillons !
Je suis ensuite retourné a mon bureau, et je regardais de temps en temps les infos sur cet accident quant 15-20mn après un deuxième avion se crache dans l’autre tour !

Bon ok c’est pas un accident… alors c’est peut être la 3e guerre mondiale ou au moins un gros bordel en préparation… y sont cons aussi ces ricains de se la jouer toujours a celui qui à la plus grosse, fatalement ça donne envie a certains de participer au concours !
Puis un avion dans le pentagone puis les tours qui s’effondrent avec des gens qui sautent pour mourir écrasé plutôt que brulé.
Merde ça va faire un paquet de mort, je prend conscience de l’horreur de la situation a NY.

Il n’y a pas eu une 3e guerre mondiale, mais il y a depuis une telle régression des libertés sur l’autel de la sécurité que je pense que les terroristes ont largement gagné : on est terrorisé et les USA et ses alliés sont allé jusqu’à bafouer toutes leurs convictions affichées en s’asseyant sur les conventions internationales régissant les prisonniers de guerre et sur la justice et en pratiquant ouvertement la torture (que ce soit dans des geôles américaines style Guantánamo ou en envoyant les prisonniers dans des mains “amies” )
Je laisse au second plans les mensonges éhontés ayant conduit à la guerre d’Irak car il semble que la plupart des américains ait été dupé par l’équipe Bush.

Chez nous les poubelles restent en plastique transparent et vigipirate reste rouge (on a même inventé le niveau écarlate) et, si l’insécurité ne descend pas, il devient difficile d’aller faire pipi contre un arbre sans se faire filmer par les caméras de surveillance.

Il semble cependant certain que la destruction des tours ait eu pour conséquence plus de morts civils en Afghanistan et en Irak qu’aux États-Unis et je les déplores tous de la même façon.

J’espère retrouver un jour une société plus libre ou l’on ne se méfieras plus, a priori, du voisin, ou l’on ne demandera plus a des gamins de 4 ans de boire dans leur bouteille au contrôle pour prendre l’avion (dès fois qu’ils veuillent mourir pour une cause quelconque a cet age) et où les militaires en armes (des fusils d’assaut en plus) cesseront de patrouiller dans nos gares. Ce jour là on aura, beaucoup plus surement qu’en tuant sans autre forme de procès un Ben Laden, gagné contre les terroristes.

67. Le lundi 12 septembre 2011 à 15:34 par Joel

Je m’étais offert une semaine de vacances en Sicile pour fêter la fin de la rédaction de ma thèse. J’étais dans un avion Paris-Rome quand les tours se sont effondrées. Aucune information ne nous était parvenue. En sortant dans l’aéroport, j’ai senti un calme et une immobilité anormale. Tout le monde avait les yeux fixés sur des écrans géants et silencieux. C’était CNN, qui montrait en boucle l’effondrement des deux tours… Un an et demi après, je décidais de quitter mon poste en France et d’aller m’installer à New York.

68. Le lundi 12 septembre 2011 à 15:35 par Killerjeff

Je bossais à mettre des cartons sur des palettes, job pas du tout intéressant mais ca fais des revenus pour un étudiant et l’ambiance entre saisonnier était bonne. On est venu nous annoncer les attentats peu de temps avant la débauche mais on n’y a pas cru, pensant à une blague de mauvais gout, c’était trop gros pour être vrai.
C’est en montant dans ma voiture et allumer mon autoradio pour écouter les Grosses Têtes que j’ai compris que c’était réel avec les émissions spéciales sur les attentats.

69. Le lundi 12 septembre 2011 à 15:43 par XavXav

J’étais lycéen et je ne sais plus pourquoi je n’avais pas cours ce jour-là. Mes parents venaient de s’abonner à TPS (satellite) et j’ai découvert, hypnotisé, la mosaïque de chaînes d’information passant en boucle les mêmes images : LCI, BBC, CNN, i-Télé, Fox News, Euronews, et plein d’autres dans différentes langues.
J’avoue ne me souvenir de ce jour que d’une fascination morbide… Je n’arrivais pas à être horrifié, c’était trop lointain et irréel.

70. Le lundi 12 septembre 2011 à 15:58 par GouineMum

J’étais commerçante, à mon magasin, en train de chatter sur IRC, et je me suis très vite demandé “A qui cela profite-t-il ?”, question qu’on ne se pose jamais assez, je trouve. Posez-vous la, tiens.

71. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:05 par Kwinniek

J’étais en amphi, entrain de passer mon rattrapage de DIP sur le sujet : Les outils face au terrorisme international” … la personne ayant rédigé les sujets a été plus qu’inspirée … en sortant une camarade m’a dit “un avion s’est écrasé sur le World Trade Center à Washington”, je me suis dit qu’elle avait du mal à gérer le stress des rattrapages …

72. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:12 par GouineMum

P.S. : J’aime appeler le 11 septembre “Perpetual War Day”.

73. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:18 par Thinklessridemore

J’étais dans le train entre Paris et Angers, assise à côté d’une dame dont l’avion en provenance de NY avait atterri quelques heures plus tôt.

Je ne l’ai appris que parce que toute sa famille a appelé pour s’assurer qu’elle était bien revenue. En arrivant che moi, ma mère l’ignorait, on a regardé la télévision et elle m’a dit “ce n’est pas possible, c’est un téléfilm, une fiction”. Aujourd’hui encore quand je vois les images j’ai du mal à réaliser qu’elles sont réelles.

74. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:25 par aebischera

J’étais étudiant. En vacances, donc. Au Maroc. A Marrackech, plus précisément. Dans les jardins Majorelle.
Alors que je m’asseyais sur un banc au milieu de ma visite, mon tout premier téléphone portable sonna. C’était ma mère, qui depuis son bureau genevois m’annonçait la nouvelle des crashs. La piste (éphémère pour ceux qui avaient accès à l’information en Europe, qui dura une journée pour moi) de l’OLP me glaça le sang.

Le soir à l’hôtel personne ne diffusait d’images. Tout le monde croyait dur comme fer à l’implication de l’Armée Rouge Japonaise.
Le lendemain, lecture de la presse marocaine francophone, avec ses éditos à base de “c’est dramatique, mais après tout Bush soutien les sionistes, donc bon”.
Le surlendemain, lecture du fac-similé du Figaro du 12 septembre.

J’ai attendu trois semaines avant de voir, en total décalage (AZF était déjà passé par là), les images du journal télévisé en direct enregistré par mon frère.

75. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:31 par Franco-américain

Ce n’était pas un samedi, mais un mardi. J’écoutais France Inter, il devait être 14h30 environ ou un peu plus tard, l’émission a été interrompue par un premier flash annonçant un accident, parlant de faits confus, incroyables. L’émission normale a repris un instant, puis a de nouveau été interrompue, pour de bon : une succession de brefs flashs contradictoires, jusqu’à ce que l’hypothèse d’une attaque terroriste semble se confirmer au fur et à mesure des nouvelles d’autres avions détournés. J’ai dû partir accompagner l’un de mes enfants à un rendez-vous chez le dentiste. Il était si bouleversé qu’il a failli arracher la mauvaise dent. Ce n’est qu’au retour, dans la voiture, que j’ai commencé à m’effondrer. J’ai failli provoquer un accident. Je pensais à tous mes amis vivant à New York, à tous les morts qu’il y avait déjà, à ma famille américaine vivant dans d’autres Etats. Dans les jours suivants, ici en France, à cause de mon patronyme, des gens que je connaissais à peine m’offraient spontanément leurs condoléances.

Plus tard, bien plus tard, j’ai été pris de furie en pensant à tous les mensonges accumulés par l’administration Bush, et dès le début : prétendre qu’ils avaient aussitôt lancé des avions de chasse pour abattre les avions transformés en armes de destruction. Faux. Les premières instructions en ce sens n’ont été données que 25 minutes après que le dernier avion détourné se fut écrasé. Incompétence totale, imbécillité. L’humiliation. La cacher, et orienter la colère, trouver des victimes expiatoires, aussi nombreuses que possible. L’anathème lancé sur tous les Musulmans. Le délire pseudo messianique de Bush, comme s’il se croyait dans un épisode de la saga Star Wars. L’instrumentalisation de la douleur de toutes les familles de victimes, de l’angoisse de tout ce peuple qui se croyait à l’abri de tout danger. Les mensonges sur l’Irak. Les Américains qui ne comprenaient pas pourquoi la France n’entrait pas dans le jeu des USA. Les « French fries » qu’il fallait débaptiser. Les leçons de morale données, comme quoi eux, Américains, étaient intervenus par deux fois pour sauver la France. Ils oubliaient qu’il avait fallu pas mal de temps à Roosevelt pour convaincre l’opinion publique d’entrer en guerre, qu’il avait fallu Pearl Harbour pour finir de les convaincre totalement. Les tortures, la complicité criminelle de certains Etats dans l’extradition d’innocents, les viols et tortures de civils perpétrés sur le terrain par des soldats américains et anglais. Le détournement de toutes les règles de droit. L’enrichissement faramineux de Haliburton et d’autres sociétés. Blackwater. L’atmosphère de suspicion généralisée envahissant toute la société ; mes amis new-yorkais me racontaient qu’ils n’avaient jamais vu ça : les gens ne se parlaient plus, n’osaient plus se confier. Habeas corpus, mon oeil, corpus delicti partout. Les Sikh brûlés parce que confondus avec des musulmans. Le règne de l’obscurantisme. Cet appel incessant au patriotisme, ventre de la tyrannie. Comment tout un peuple s’est laissé berner par un menteur, comment New York a payé des décennies de turpitudes, d’arrogance et d’imbécillité des gouvernements fédéraux successifs. Comment il continue de le payer, les guerres d’Afghanistan et d’Irak ruinant les finances publiques. Savez-vous qu’en 2008, il y a eu plus de vétérans de moins de 65 ans qui sont morts par défaut de couverture de soins médicaux, que de morts sur le terrain dues aux guerres alors en cours : 2266, soit presque autant que le nombre de victimes immédiates de l’attaque du WTC.

76. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:36 par Stabilovert

De retour du lycée, j’ouvre la porte et une chose me frappe : la télé hurle dans l’appartement. Ma mère est seule à la maison et ne regarde jamais la télévision, c’est donc très étrange. Je me rend directement dans le salon pour éclaircir le mystère, elle tente de me résumer ce qui se passe mais entre son agitation et ma confusion je ne comprend pas grand chose. La première tour s’effondre, je prend mon téléphone pour avertir mon meilleur ami, incrédule, qui met 5 minutes à se laisser convaincre d’allumer la télé, silence, puis il raccroche pour prévenir ses parents. J’ai tout de suite eu le sentiment d’assister à un moment historique, en direct. Une certaine excitation m’envahissait, je n’ai pas tout de suite pensé à l’horreur de tous ces mort et de cette dévastation, mais plutôt aux changements à venir dans le monde, et auxquels j’allais assister au lieu d’en lire le récit dans des livres d’histoire. C’est la seule fois ou la télévision est restée allumée pendant le diner familial. Au moment de l’extinction, mon père a déclaré avec un air terriblement sombre que rien de bon ne nous attendait, mon excitation est tombé d’un coup et, une fois dans mon lit, j’ai eu peur, et une profonde tristesse m’a envahit alors que je pensais à tous ces gens, là bas.

77. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:39 par XavXav

@ Franco-américain
C’est marrant que vous rappeliez que c’était un mardi parce que si on m’avait demandé hier j’aurais soutenu mordicus que c’était un vendredi !!

78. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:42 par Teejee

Le 11 septembre 2001, je revenais de chez un élève. J’étais encore dans ma voiture, l’autoradio était allumé, et je zappais les différentes stations. On était au milieu de l’après-midi, il devait être seize heures moins vingt, ou seize heures. C’est sur RTL, je crois, qu’un flash spécial m’a appris qu’un avion venait de percuter l’une des tours jumelles. On croyait encore à un accident. Je me souviens d’avoir garé ma voiture et d’être sorti, sous le coup de l’émotion dûe à la gravité dans la voix du journaliste, un peu sonné à l’idée du nombre de victimes que cet “accident” avait dû faire. Pas encore de place pour la compassion. Il faut que la brutalité du choc se dissipe, pour ça. Cela viendrait.
La compassion n’est pas venue tout de suite.
Rentré chez moi, j’ai allumé la radio. Je n’ai pas eu le réflexe de regarder la télé, je ne pensais pas que les chaînes interrompraient leurs programmes, et je n’avais pas encore Internet. C’est ainsi que j’ai appris que la deuxième tour venait de s’effondrer, et pour les mêmes raisons que la première.
La stupéfaction. Le choc. L’horreur. Tout cela m’est venu en même temps, assourdi, intériorisé encore par cette incrédulité qui nous sert de dérisoire rempart devant une nouvelle insupportable. J’étais K.O. debout. C’était un mardi. Je faisais partie d’une troupe de comédies musicales, et nous devions répéter le soir-même. Je ne me souviens plus comment ça s’est passé. J’ai entendu le discours de Bush, et sur le coup j’ai oublié que ce type n’était qu’un beauf rigide et névrosé, l’innocent de la famille, qui, pourtant, l’avait soutenu dans sa campagne. La compassion était enfin venue.
L’un de mes cousins, qui était en vacances en Espagne, n’a eu que le temps de prendre le dernier avion qui ait pu décoller avant la fermeture des aéroports.
J’avais créé une association qui se proposait de venir en aide aux personnes dépressives. Ayant moi-même vécu l’enfer de la dépression, je sentais que je m’en libérais petit à petit. La souffrance ne m’obligeant plus à me centrer sur moi seul, je voulais donner à d’autres la chance que j’avais eue. Le 10 septembre 2001, j’avais signé un bail pour un local qui accueillerait les réunions de mon association. J’étais heureux à l’idée que celle-ci allait enfin pouvoir fonctionner.

79. Le lundi 12 septembre 2011 à 16:48 par beldeche

J’étais un jeune ingénieur travaillant chez un opérateur en fin de bulle internet. La direction nous avait déménagé au dernier étage d’une tour de la Défense.

Ce n’était pas de bonne augure car d’une part personne ne croyait vraiment au succès commercial du projet et d’autre part, l’autre groupe qui travaillait à l’étage était constituté de transfuges perdus qui intégraient une nouvelle entité.
Je dis perdus, car lorsque nous les entendions parler à la machine à café, nous nous rendions compte qu’ils n’avaient aucun objectif et qu’ils étaient vraiment sans repères. En d’autres termes, une charrette.

Résultat de la bulle, le projet était surbudgetté, on tuait difficilement le temps entre pauses café et internet.
Nous étions 4 sur notre ilôt, Francis jeune de banlieue basané, Lionel jeune ingénieur d’une formation équivalente à la mienne et Marc le plus expérimenté d’entre nous.
Marc et moi entretenions une amitié forte. Comme dans tous les projets où il n’y a rien à faire, il fallait partir tard, le jeu constitait donc à arriver le plus tard possible et nous nous livrions à une compétition tacite mais féroce.

Lors d’une après-midi interminable où j’avais déjà du regarder une bonne dizaine de fois le site yahoo, marc s’est écrié qu’il y avait un attentat aux états-unis.
Impossible de se connecter sur les sites d’information qui étaient inondés de requêtes. J’ai appelé ma mère pour lui annoncer la nouvelle, ses collègues n’y croyaient pas.
Nous apprenions la suite des évènements du haut de notre tour en regardant les tours jumelles de la société générale. Puis un email de la direction nous est parvenu, nous demandant de rentrer chez nous immédiatement.

Les autres tours ont été évacuées, les transports en communs étaient blindés. Le soir en regardant les informations, j’ai mesuré le sentiment d’horreur des gens dans les avions, dans les tours.
Je me suis rappelé de la nouvelle politique de georges bush qui parlait de ne plus s’occuper de ce qui se passait à l’international et de se concentrer sur la croissance américaine.
J’ai mesuré la haine que pouvait créer les états-unis et bon nombre de pays occidentaux, le sentiment de revanche qui allait animer les américains…

Nous aurons dans le futur d’autres crises humaines prévisibles à vivre: il faut s’y préparer mais aussi apprendre à profiter du moment présent.

80. Le lundi 12 septembre 2011 à 17:03 par Tao-Lui-Même

@ Alixe, 58,
Je voulais juste insister sur la dimension et le sens médiatique de l’évènement, dans l’hypothèse “complot”.
@ Gouine Mum 67/69,
Je toruve que “Perpetual War Day” est une très bonne appellation !

81. Le lundi 12 septembre 2011 à 17:28 par Reveric

uen certaine stupéfaction ce jour là. j’étais au travail. En fin d’après midi quelqu’un passe dans les couloir et relate l’histoire de la première tour.
j’ai vu très peu d’image.
Pas la télé. pas d’ordinateur.
une question : qu’allait faire Busch et consort?
La guerre.
Moi devant l’ambassade Américaine de ma ville quelques temps plus tard griffonant sur le trottoir avec une craie avec l’aide d’une copine : Stop the war.
Combien de mort en Irack depuis ? 100 000 ? 600 000 ?
et puis ce doute 10 ans plus tard : pourquoi les trois tour sont elle tombés à la verticale ? je ne sais pas. je n’aime pas vivre dans les mensonges.

82. Le lundi 12 septembre 2011 à 17:29 par melianos

J’étais en cours, dans une école américaine, je débarquais à peine, et je comprenais pas grand chose à l’accent local (petit bled perdu dans la cambrousse).

Le proviseur nous a annoncé la nouvelle avec un “on évacue pas l’école pour l’instant” (seule chose que j’avais comprise de l’annonce). Petit bled perdu, je me doutais bien qu’on ne risquait rien, mais vu l’ambiance, j’ai préféré fermer ma gueule.

83. Le lundi 12 septembre 2011 à 17:32 par Lone

J’étais étudiant… En rentrant à l’internat, je me suis demandé ou étaient mes camarades… Ils étaient en salle TV. A posteriori, le titre du livre d’Alexandre Adler (“J’ai vu finir le monde ancien”) me paraît totalement approprié…..

84. Le lundi 12 septembre 2011 à 17:48 par Bertrand

Nous randonnions en Corse où l’arrière-saison est magnifique. Il y avait eu des incendies dans le maquis et un joli ballet de Canadair. Le lendemain, en descendant à Piana, j’avise le kiosque à journaux où Corse-Matin titrait en énormes manchettes “L’apocalypse !”. Là, je me suis dit : “bon, d’accord, ça brûlait pas mal, mais quand même, ils en font un peu trop avec leur sensationnalisme à deux balles.” Jusqu’à ce que je déplie le journal en question et voie les photos. Le titre était à la hauteur de l’événement.

85. Le lundi 12 septembre 2011 à 17:48 par Foxapoildur

Et lorsque Baghdad croulait sous les bombes tuant des dizaines de milliers de civils, vous disiez-vous “I am an Irakian” ?

86. Le lundi 12 septembre 2011 à 17:58 par cyberkek

Le 10, je commence ma formation d’éducateur PJJ, tout excité, enthousiaste, bref complétement à côté de la plaque…
Le 11, nous sortons d’un cours ennuyeux, la digestion aidant à l’assoupissement autant que l’intervenant. L’INJEP est plein de salles TV. Et plus j’arpente les couloirs plus les images s’impriment sur ma rétine sans que mon cerveau ne puisse les traiter vraiment, des centaines d’avions percutant des centaines de tours, des gens incrédules devant ces écrans, mes collègues d’origine nord-africaine ont le visage qui se ternit au fur et à mesure où la compréhension de l’acte mais surtout de ses conséquences probables émerge. Et ils n’ont pas tort. La suite le démontrera à l’envi.

Ce qui m’a envahi à ce moment là? Le vertige de tout ce gaspillage de vie, de toute cette violence tellement prévisible, quand les grandes puissances de ce monde continuent de jouer aux échecs avec des pays exangues, des régimes infréquentables, des groupuscules armés. La morgue de certains aurait dû en prendre un coup mais je crains que nous ne continuions à jouer aux démiurges sans en avoir le talent, je crains que nous ne continuions à scier la branche sur laquelle nous sommes assis, je crains par dessus tout que ne se répètent encore ces drames. Et, malheureusement, là aussi, la suite nous l’a démontré ad nauseam.

87. Le lundi 12 septembre 2011 à 18:16 par apprenti

Je profitais des derniers jours de vacances avant la rentrée en fac, et paf, pareil que beaucoup, j’ai eu du mal à y croire au début.

Ca semblait impossible, et ça l’était presque, sauf avec l’équipe Bush au pouvoir (Cf. un documentaire à sortir bientôt : http://secrecykills.com/ - le site étant en stand by sur ordre de la CIA, voilà quelques citations : http://www.wsws.org/francais/News/2…) où le chef de l’antiterrorisme à la maison blanche à l’époque explique que la présence d’au moins deux des terroristes (et leurs liens avec Al Quaeda) était connue par au moins une cinquantaine de personnes de la CIA depuis un an avant l’attentat. La thèse du documentaire c’est que la CIA n’a rien communiqué aux autres services parce qu’elle espérait les recruter comme taupes, mais on peut envisager bien pire comme explication.

88. Le lundi 12 septembre 2011 à 18:35 par Armagile

J’étais pour ainsi dire sur place, à West New York dans le New Jersey (j’avais passé l’été à bosser comme serveuse sur Broadway). Je dormais quand les avions ont percuté les deux tours. On est venu me réveiller; j’ai vu la première tour s’effondrer à la télévision, puis je suis sortie pour voir de mes propres yeux ce qui se passait. J’ai vu la 2e tour s’effondrer en direct. Je crois bien que je n’ai vraiment réalisé que plusieurs années plus tard que j’avais assisté à la mort de plusieurs milliers de personnes, et ce peut-être bien pour une raison curieuse: les images de la démolition contrôlée d’une tour de banlieue que j’avais vue au JT quelque temps plus tôt se sont superposées dans mon esprit à celles de cette tour en train de s’effondrer bien proprement sur ses bases. Vraiment.

89. Le lundi 12 septembre 2011 à 19:09 par Dom

Moi, à l’époque, j’étais dans la com’, pour ainsi dire. En clair, je passais une grande partie de mes journées à éplucher les dépêches d’agence, au cas où il y en aurait une qui me concernerait. Et tout à coup ça se met à pleuvoir, une vraie folie. Un avion a percuté une des tours du World Trade Center. Un truc incroyable. Mais évidemment, TOUTES les dépêches d’agence continuaient à tomber, comme chaque jour, s’intercalant tant bien que mal entre ce qui était en train de devenir l’évènement du millénaire naissant. Et notamment celle-ci : “Au salon de l’agriculture, les exposants offrent un jeune veau à Jacques Chirac”. C’était tellement absurde, tellement décalé, que j’ai éclaté de rire… Plus tard, beaucoup plus tard, je me suis fait la réflexion que c’était con pour les exposants du Salon de l’Agriculture, qui avaient vraiment raté leur opération de relations publiques. Après tout, un jeune veau, c’est quand même pas un p’tit cadeau de rien du tout, et il était passé carrément inaperçu !

Vanitas vanitatum et omnia vanitas - c’est ce que je pense maintenant chaque fois que j’assiste à “un coup médiatique” de nos gouvernants. Je me dis que si leurs déclarations fracassantes tombaient un (genre de) 11 septembre 2001, ce serait comme le jeune veau de Jacques Chirac : dérisoire, parce que les autres ont fait bien, bien plus fort qu’eux. C’est en ce sens que le 11 septembre 2001 a changé ma vie : j’ai quitté la com.

90. Le lundi 12 septembre 2011 à 19:12 par Frédéric

Le 11 septembre 2001, jeune juriste fiscaliste dans un cabinet, j’assistais, avec mon chef de service, une contribuable devant la Commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires. La séance fut longue. En sortant, la cliente nous a proposé de boire un verre ensemble. Un vendeur de journaux à la criée déclara dans la rue : “ils ont fait sauter Wall Street !”. On s’est alors dit que la bourse s’était (à nouveau) effondrée avec la complicité de ce qu’on appelait alors “la nouvelle économie” dont les “start up” étaient les vecteurs. C’est en rentrant le soir que j’ai compris le drame qui venait de se jouer.

91. Le lundi 12 septembre 2011 à 19:13 par François Brutsch

Mon expérience est assez similaire à celle de l’auteur. Fonctionnaire, j’étais à un cours de formation pour la journée. Après une pause dans l’après-midi, une participante parle avec émotion d’un avion dans une tour à New York. Je m’agace intérieurement de cet fascination par procuration pour un fait divers: j’imaginais un accident d’un petit avion de tourisme! Ce n’est que bien plus tard, chez moi, que j’allume distraitement la télévision…

92. Le lundi 12 septembre 2011 à 19:33 par Behemothe

Informaticien j’étais en cours de test d’un programme pour un client et chez lui.
Un des collègues dit “deux avions se sont jetés contre les tour du Wolrd Trade Center”
la réaction de tout le monde, mais tu déconnes c’est un hoax…”regardes sur internet et tu verras”
aussi dit aussitôt fait et là attente de la réponse pendant de longue minute pour avoir finalement une page d’un texte de quelques lignes annonçant la catastrophe et la saturation d’internet.
On est resté médusé pendant de longues minutes, incrédules.
Quoiqu’il en soit l’effet recherché a été obtenu occident judéo chrétien et l’Islam se regarde en chien de faïence,
à cela vient de se rajouter la crise financière et la coupe est pleine

93. Le lundi 12 septembre 2011 à 19:39 par Rôti de Veau

Bonjour Reverick en 78:

Combien de mort en Irack depuis ? 100 000 ? 600 000 ?
une réponse à des critiques portant sur une estimation d’une surmortalité de 100 000 chez les civils iraqiens en 2004 est disponible en
http://www.iraqanalysis.org/local/0… (l’estimation d’une surmortalité de 100 000 -chiffre susceptible d’avoir été revu à la hausse depuis 2004- était basée sur des extrapolations, et non sur des comptages effectifs par les services hospitaliers, les gens -s’il en restait-préférant enterrer leurs morts rapidement -ce qui est conforme à leur religion- plutôt que de traverser des zones dangereuses jusqu’à un hopital qui n’aurait eu d’autres fonctions que l’établissement de certificats de décès: dans ces conditions, les comptages par extrapolation semblaient plus fiables).

et puis ce doute 10 ans plus tard : pourquoi les trois tour sont elle tombés à la verticale ?

L’effondrement au bout de deux heures de deux (et non pas trois ) tours à la verticale peut être dû aux incendies qui ont lentement fragilisé les poutres porteuses (les avions venaient juste de décoller, et avaient le plein de carburant).
Le nombre de témoins et de victimes rend très difficile une théorie du complot…

Quant au jour de la semaine, c’était un mardi… et depuis ce temps, les tracasseries et la paranoîa accompagnant les voyages en avion (alors que 3000 morts, c’est le cinquième de la mortalité routière par an en France dans les années 70) m’ont rendu casanier.

94. Le lundi 12 septembre 2011 à 20:07 par Clafoutis

@ 90
Il y bien eu 3 tours de détruites :

“Le 11 septembre 2001, à 8 h 46, le vol 11 de la compagnie American Airlines entre en collision avec la façade nord de la tour nord. Dix-huit minutes plus tard, à 9 h 03, le vol 175 de United Airlines s’écrase dans la façade de la tour sud. Ces deux avions sont passés sous le contrôle de pirates de l’air. La tour sud s’effondre à 9 h 59 et la tour nord à 10 h 28. La 7 World Trade Center du complexe s’effondre plus tard, à 17 h 20.”

Source : Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/World_…)

95. Le lundi 12 septembre 2011 à 20:17 par pruneau

Ici, a Montréal, je travaillais à l’époque pour une grande entreprise de Telecom. Je ne me rappelle plus pourquoi je passais dans les couloirs quand quelqu’un m’a montré un des écrans de télé (cathodiques à l’époque) du système d’information interne: il montrait une des tours du WTC avec un étage en feu, et le panache de fumée qui restera gravé dans les mémoires. Il n’y avait pas de son, mais c’était inutile.
J’ai assisté en direct, avec d’autres collègues médusés, au crash dans la deuxième tours.
Le travail s’est arrêté ce jours-là: de petits groupe de quelques personnes discutaient doucement un peu partout, sans élever la voix, sans vouloir ni nier, ni croire à l’horreur de la réalité qui nous frappait.
Le reste de la journée est flou: je me rappelle juste d’avoir reçu un appel de ma femme sur mon portable.
Comme l’espace aérien américain était fermé, l’aéroport de Dorval a reçu autant d’avion qu’il pouvait.
Certain immeubles du centre-ville on été évacués, de peur d’autres frappes aériennes sur nos grattes-ciel du centre ville.
Je suis rentré chez moi beaucoup plus tôt que d’habitude, comme la plupart, je suppose, trop hébété par tant de violence pour pouvoir être efficace.
Voici la fin du commentaire que j’ai laissé sur Slashdot:
{{But the worst of it is the poeple able to plan and implement such things. Because they know that what they did _will_ probably trigger a masssive response with enormous consequences. They are just working on putting momentum into the already bad enough violence/retaliation circle.
For me this is the one true definition of a monster.}}
{{Mais le pire, ce sont les gens qui planifie et exécute ces choses. Parce qu’ils savent que leurs actes _vont_ probablement déclencher une réponse massive aux conséquences énormes. Ils travaillent seulement dans le but d’alimenter le cercle de la voiolence/vengeance.
Pour moi, c’est la seule vrai définition d’un monstre.}}

96. Le lundi 12 septembre 2011 à 20:21 par Homme de Mauvaise Foi

Certes, Clafoutis en 91, il y a eu 3 tours de détruites au lieu de deux (plus quatre autres jugées inutilisables par la suite); mais la dernière tour, qui a mis 7 heures à brûler au lieu d’une , n’a pas beaucoup contribué au nombre de morts -comptage par tour dans la version anglaise de wikipedia- , ayant pu être évacuée …. et ne comptait donc (presque) pas…

97. Le lundi 12 septembre 2011 à 20:29 par marsan

@ Gascogne,

Salut à toi Procureur. Avant de te dire ce que je faisais le 11 novembre, un mot pour te dire combien ton article m’a ému à la pensée de tes deux greffiers que j’ai bien connus : Babeth est toujours là toujours aussi pinailleuse mais adorable et malheureusement Roland nous a quitté.
Le cabinet dont tu as hérité était une monstruosité où il fallait passer 50 à 60 heures de travail par semaine et j’en suis parti meurtri de laisser un tel chantier.

Le 11 novembre j’ai découvert ce drame sur la quatre voies que tu connais bien - je suis sortie à la première sortie pour aller dans un bistrot voir les images de la tragédie sur l’écran télé - dans le bar la patronne et six personnes : pas un bruit si ce n’est celui des verres - j’ai eu l’impression d’être un intru - j’ai bu un coup et je suis rentré à la maison en me demandant comment le géant américain pouvait avoir les pieds aussi fragiles : j’ai toujours pas la réponse.

98. Le lundi 12 septembre 2011 à 20:37 par Rive Gauche

J’animais un groupe de travail ce jour-là.
Après déjeuner, nous étions revenus dans la salle à 14h, portes closes, portables coupés. Ne pas déranger.
En fin d’après-midi nous avions terminé, assez tôt, certains avaient des trains ou des avions à prendre.
J’ai rallumé mon téléphone en sortant du bâtiment.
Messages. Laissés par des amis, ma copine, mon patron… mais tous sur le même thème : “un avion s’est écrasé sur le World Trade Center”.
Je n’ai pas compris sur le moment. J’ai pensé à un Cessna, ou un Piper, bref un petit avion de tourisme, un pilote amateur en perdition… J’ai imaginé des dégâts, mais rien de grave.
Enfin, rien d’aussi grave.
Pas de TV chez moi… J’ai sauté dans le métro et filé chez mes parents. Eux en avaient une.
La TV était allumée, ma mère avait l’air catastrophée.
J’ai à peine eu le temps de lui demander ce qui se passait. La télévision montrait un premier, puis un deuxième avion en train de percuter la tour.
Je ne comprenais pas.
Je ne comprenais pas ce deuxième accident.
Je ne comprenais pas que l’explosion soit aussi forte.
J’ai commencé à comprendre.
J’ai commencé à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un accident.
J’ai commencé à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un Cessna ou d’un Piper.
J’ai commencé à réaliser que ce que je voyais sur l’écran, ces bouts d’images bizarres, c’étaient des êtres humains qui se jetaient dans le vide.
Des êtres humains qui se jetaient dans le vide.

Puis un autre avion s’est écrasé sur le Pentagone. Mais à ce moment là je ne comprenais que trop bien ce qui se passait.

Ensuite , il y a eu l’effondrement des tours, l’une puis l’autre, l’avion qui s’est écrasé en Pennsylvanie… Je ne me souviens plus dans quel ordre tout ça s’est passé.

Je me souviens en revanche que le lendemain, lorsque j’ai lu l’éditorial de Jean-Marie Colombani dans Le Monde, qui disait que ce jour là nous étions tous américains, il exprimait ce que je ressentais. En termes d’émotion autant qu’en termes de conséquences à craindre.

Je me souviens que quelques jours plus tard, j’ai été profondément ému par la tristesse et la sobriété de la couverture du New Yorker dessinée par Art Spiegelman.

99. Le lundi 12 septembre 2011 à 21:03 par durobois

Le 11 septembre, je n’étais pas au 95ème étage de la tour numéro 1 du world trade center.

100. Le lundi 12 septembre 2011 à 22:29 par zardoz6703

J’étais interne en khâgne dans un grand lycée parisien. Je me souviens que le soir tout le monde parlait très fort à la cantine, et que la salle télé n’avait pas désempli pendant l’aprem.
Je me permettrai de laisser pointer mon agacement face à ceux qui profitent de cette question pour faire dans l’exercice de style littéraire. Mais c’est probablement ma manière à moi de réagir à cet accident (au sens étymologique du terme), auquel 10 ans après, je ne comprends toujours rien. Je regrette juste l’époque d’avant le tout-sécuritaire dans les avions…

101. Le lundi 12 septembre 2011 à 22:30 par Herve dicky

” Le 11 septembre 2001 sera cataloguée par les historiens comme la pire attaque contre des civils qui aura lieu.”

Wikipedia : (Dresde)

“À la fin de Seconde Guerre mondiale, un tiers de la ville fut détruit du 13 au 15 février 1945 par la Royal Air Force, avec l’appui de l’aviation américaine. 650 000 bombes incendiaires d’un poids total de 7 000 tonnes sont tombées sur la ville, tuant un nombre encore indéterminé d’habitants de la ville. Les chiffres ont oscillé entre 35 000 et 305 000 morts, sans être pour autant le fait d’un parti pris politique (la Croix-Rouge soutient une estimation assez proche de celle donnée par les différents rapports de l’état-major allemand). Les derniers chiffres généralement acceptés font état de 25 000 morts environ. Il est néanmoins très difficile d’établir un nombre étant donné que seules les cendres des corps brûlés par le bombardement ont pu être pesées.”

102. Le lundi 12 septembre 2011 à 22:31 par Lûciole

Ce 11 septembre 2001 j étais au travail à Carrefour, comme d habitude, et Audrey m a envoyé un email disant que les Etats-unis étaient attaqués et j y ai tout de suite cru, je ne sais toujours pas dire pourquoi aujourd hui, ca me semblait *logique* qu ils soient *enfin* rattrapés par la colère du monde.

J ai pu me connecter sur les images tout de suite après l attaque de la première tour et avant que le réseau ne sature, et je me souviens avoir pensé *ben oui, évidement*, détourner un avion c était le meilleur moyen d avoir une gigantesque bombe à disposition, que c était *vachement malin*. Depuis l attaque de la deuxième tour, j ai gravé sur la rétine l image de l avion incliné pour choper le maximum d étages à la fois et dans l oreille, un peu plus tard, l appel angoissé de l hotesse de l air qui dit qu ils volent trop bas, beaucoup trop bas …

L attentat sur le Pentagone ne m a pas *surprise*, c était d ailleurs même beaucoup plus logique que le WTC, mais je suis encore sous l admiration des passagers du vol 93 qui ont choisi de se battre, quitte à mourir, plutôt que de courir le risque que leur avion aussi serve de bombe sur d autres personnes, je connais, tellement, tellement de monde qui aurait laissé faire dans l espoir que leur détournement soit une prise d otages *normale* (et je ne fais pas la fière à me demander de quel côté j aurais été ce jour là …).
La romantique que je suis (et petite-fille, nièce et cousine de pompiers) a (encore) plus de mal avec les 341 pompiers morts, et 2 paramedics du NYPD, parmi les 2977 victimes, pendant que les gens évacuaient, eux montaient, montaient … pour éteindre un feu impossible. Mon grand-père m a avoué que ce jour-là, il n y serait peut-être pas allé, et que c était bien la première fois en 50 ans qu il avait peur d un feu …

Ce qui m a aussi marquée, dans ces attentats, c est la simplicité du truc : des cutters, des cours de vol …. et qu ils aient ciblé le symbole de l Amerique, alors que NY est tellement peu représentatif des Etats-unis.

Au WTC, la vue était incomparable depuis les toilettes HOMMES du restaurant, et j avais pu sneak .. avant de me faire chopper, bien entendu, mais quand j avais expliqué au directeur que bah après tout, j avais un prénom masculin, ca l avait bien fait rire et il m avait laissée partir … c était un matin, vers 8h15, moins de trois semaines avant le 11 septembre …
Les gens de la génération de ma mère se souviennent ou ils etaient le jour/nuit ou on a marche sur la lune, les gens de ma génération se souviendraient tous ce qu ils faisaient le jour des attentats …

103. Le lundi 12 septembre 2011 à 22:36 par Caht

Le 11 septembre 2001, j’étais en déplacement à Rouen. Nous avions fini plus tôt que prévu, et j’ai appelé mon mari de la gare pour lui dire que, contrairement à ce qui étais prévu, je serai rentrée à temps pour relayer la nounou.
Je n’ai pas reconnu la voix de mon mari : il avait une voix blanche, il était totalement paniqué, il m’a juste dit “il n’y a plus de World Trade Center, le Pentagone est en flammes”. Il a raccroché rapidement. Il n’a pas compris quand je lui ai parlé de la nounou, il avait totalement oublié. Il était responsable technique d’un grand site internet d’information, et j’ai compris après que le site était “tombé” et qu’il faisait l’impossible pour rétablir le service.
Je n’ai pas tout compris tout de suite, parce que je connaissais le terme “Twin towers” et pas WTC. Mais j’ai compris juste au son de la voix de mon mari, et à la mention du Pentagone en flammes que c’était très grave.
J’étais avec un collègue, à qui j’ai tout de suite passé l’information, mais qui ne m’a pas crue. Il pensait que mon mari m’avait fait un canular. Mais moi, ayant entendu la voix de mon mari, je savais que ce n’était pas un canular.
Nous avons pris le train. Petit à petit, au cours du trajet, j’ai vu la nouvelle se répandre parmi les voyageurs. Je l’ai vue physiquement, au fur et à mesure que les gens décrochaient leurs portables. L’assistante de mon collègue l’a appelé pour le prévenir, et il a commencé à y croire.
Je suis rentrée chez moi tôt, la nounou était absente, au parc avec mon fils, qui avait 3 ans. J’ai allumé la télé, et j’ai regardé les images en boucle, stupéfaite. J’avais l’impression que le temps s’était arrêté. Je me suis dit qu’il allait y avoir des dizaines de milliers de morts.
La nounou est rentrée avec mon fils, et j’ai tout de suite éteint la TV, pour qu’il ne voit pas ces images. Elle était déjà au courant.
Je me rappellerai toute ma vie ce que je faisais le 11 septembre 2001.

104. Le lundi 12 septembre 2011 à 22:47 par janinepao

Je venais de terminer des entretiens avec des enfants.Pour me détendre j ‘allume mon auto- radio et là j’entends que la première tour venait d’être percutée .Je téléphone à mon mari (2 jours avant nous rentrions de N Y)et lui annonce la nouvelle, sa réponse :Tu as bu!!!!
Non c ‘était bien la triste réalité.

105. Le lundi 12 septembre 2011 à 22:54 par Un passant

Au bureau, tout était tranquille. Les collègues Canadien ont commencé à recevoir des coups de fils. En 5mn tous les ordinateurs de l’open space affichaient les mêmes images. Pendant 1/4 d’heure nous avons tous essayés de comprendre. Comment ? Pourquoi ? Puis la certitude que cela allez changer beaucoup de choses.

106. Le lundi 12 septembre 2011 à 23:04 par RG

Le 11 septembre je bricolais chez moi, et pour rien car le 21 tout était sens dessus dessous, dont ma baie vitrée entière au milieu du salon. Mais j’ai appris des trucs d’expert: que dans ce cas il faut se calfeutrer, mais sans fenêtre c’est pas facile, puis qu’il serait pratiquement impossible de faire exploser un engrais.

Du 22 au 24 juillet j’étais à Oslo. Leurs télés étant en anglais j’ai également appris des trucs d’expert: que les engrais explosent facilement. J’en ai conclu que cela devait dépendre de la latitude…

@35 Minerva

l’usine AZF explose à Toulouse, et tout le monde pense à l’époque qu’il s’agit d’un attentat, beaucoup d’ailleurs le pensent encore aujourd’hui.

Vous regardez trop la télé, personne de mon entourage scientifique n’a pensé qu’il pouvait s’agir d’un attentat.

@78 Reveric

pourquoi les trois tour sont elle tombés à la verticale ?

Parce qu’elles ne pouvaient pas tomber autrement. Il y a flambement de piliers porteurs soumis à incendie au dessous et énorme masse au dessus. Si on applique le théorème des travaux virtuels à l’ensemble, la masse du dessus écrase verticalement l’étage du dessous.

107. Le lundi 12 septembre 2011 à 23:26 par JSBTVA

Le 11 septembre 2001, j’ai pris l’avion le matin à Roissy pour San Francisco, pour accompagner des clients au siège de mon entreprise à San Mateo.
Décollage vers 13h30 locales.
Au bout de 3 heures environ, vers l’Islande, je vois l’aile du 747 se lever et le monstre faire demi-tour.
Le commandant de bord nous dit en tout et pour tout : il y a eu des attentats aux Etas-Unis, l’espace aérien américain est fermé, on rentre à Roissy. Hurlements de joie des Américains à bord qui rentraient chez eux…

J’ai eu la chance de rentrer dans le cockpit et de discuter avec les pilotes : ils n’en savaient pas plus. Et j’ai assisté au spectacle écologique du largage de 30 tonnes de kérosène pour permettre au monstre d’atterrir, puisqu’il était parti avec du pétrole pour 11 heures de vol et n’en a fait que 6 ou 7.

Arrivés à Roissy, on nous a rendus notre carte d’embarquement (que j’ai conservée), et j’ai pris un taxi pour rentrer à la maison. C’est en écoutant France Info sur la radio du taxi que j’ai commencé à comprendre un peu ce qui était arrivé. Et arrivé à la maison, j’ai retrouvé mon épouse (qui avait appelé Air France qui l’avait rassurée : l’avion de votre mari rentre, comme 7 autres) et nous sommes restés longtemps scotchés devant les images en boucle à la TV.

A part les Boschimans du Botswana, les passagers des avions long courrier ont du être les derniers à comprendre ce qui était arrivé, s’il y avait quelque chose à comprendre…

108. Le lundi 12 septembre 2011 à 23:57 par mlm7486

Je venais d’arriver de Montpellier par avion pour Paris où le lendemain, j’allais passé le concours de l’internat. Je venais d’arriver chez mon frère à Corbeil, nous discutions tranquillement des nouvelles de la famille devant la TV quand tout est arrivé. Je me souviens de ce sentiment d’iréel, d’avoir l’impression de regarder une série catastrophe. La succession d’évènements : le 2ème avion, l’écroulement de la 1ère puis de la seconde tour passée en boucle qui étaient là iréelle. Cet enchaînement improbable où on se frotte les yeux en se demandant si on cauchemarde ou pas. L’impression d’être un lapin au milieu des phares, comme hypnotisée et tétanisée.
Le lendemain, je passais le 2ème concours qui allait changer ma vie professionnelle et malgré les 10 ans qui me sépare de cette date, je sais donner à chaque fois la date précise de passage de mon concours et me souvient parfaitement de ce que je faisais exactement la veille.

109. Le lundi 12 septembre 2011 à 23:58 par An Ankoù

J’étais au bureau. Je ne sais plus comment j’ai eu l’information. Le web ou un appel d’une collègue ? J’étais, de la collectivité où je travaille, parmi les premiers informés. Le web, je pense. Je crois que beaucoup de collègues ont appris les nouvelles par ma voix. Moins d’une heure après le premier impact, je crois. Peut-être avais-je été en retard au bureau et avais-je entendu les premières infos à la radio avant d’arriver ? Ca ne colle pas trop au niveau des horaires. Mais je garde l’empreinte de la gravité solennelle avec laquelle mes collègues entraient dans l’horreur, et dans la compréhension d’une Histoire en train de s’écrire en lettres de sang et de gravats.

J’ai passé une grande partie de la journée entre mon bureau et un service d’accueil du public. Au premier, je cherchais les infos du net, téléchargeais tant bien que mal des vidéos sur une toile saturée d’échanges paniqués, tentais de démêler les informations crédibles des délires fantasmés, quêtais les informations les plus récentes et les analyses les moins irrationnelles. Garder la tête froide. Le second était un service qui, contre mon avis, avait été doté d’un dispositif d’ambiance par diffusion de radios musicales. Sur ma suggestion, nous y écoutions tous les nouvelles en échangeant des regards consternés aux lueurs farouches.

La redondance des informations, qui se succédaient sur un ton paniqué mais sans apporter beaucoup plus que la précédente, a fini par nous ramener, frustrés et inquiets, aux dérisoires responsabilités de notre quotidien. Nous n’en saurions pas beaucoup plus avant la fin de la journée. Les journaux télévisés nous feraient un paquet cadeau plus tard et l’on saurait mieux à quoi s’en tenir.

Mais les rumeurs tournaient et les infos aussi… Et “Un deuxième avion est tombé sur l’autre tour”, “il y en aurait aussi un sur le pentagone”. On nous disait qu’il était tôt et que les tours étaient pratiquement vides, heureusement. Mais les estimations grossissaient… on arrivait au dixième de la population de la ville qui m’emploie. “il y a des gens qui sautent dans le vide par désespoir”, “un autre avion aurait raté sa cible : probablement la Maison Blanche”. Puis “une des deux tours s’est écroulée”. Et l’autre. On nous parlait des nuages de poussières qui s’étendaient loin dans les rues alentour. J’ai pensé qu’avec de la malchance, les poussières étaient toxiques… Amiante, par exemple. Rétrospectivement, je suis incapable de dire quel heure il était quand j’ai eu telle ou telle information ni même exactement dans quel ordre elles arrivaient. Je me suis rapidement mélangé les fuseaux, à ne plus savoir vraiment si le temps que je vivais était l’heure de Paris ou celle de New York.

Je n’aimais pas les Américains, leur égotisme diplomatique, leur arrogante supériorité, leur moralisme, leur confiance en eux qui les poussait à tant de maladresse au plan international, leur manichéisme… Je savais que mon opinion ne changerai pas sur ces points. J’avais évidemment les pires craintes pour l’avenir, considérant, après Churchill, comment les Etats-Unis finissent toujours par trouver la bonne solution : après avoir essayé toutes les mauvaises…

Nul parmi mes proches n’a manqué la portée de l’évènement. Beaucoup la reliaient facilement avec le conflit israélo-palestinien et avec l’occupation de l’Afghanistan, la mort de Massoud, les Bouddhas de Bâmiyân, les talibans, la consternation qui m’avait saisie lorsque j’ai vu le sort fait aux femmes et mes premiers voiles intégraux… On savait, suite à ça, que l’occident brûlait d’en découdre avec ces obscurantistes rétrogrades. Mais de funestes présages proclamaient que si les Russes y avaient été défaits, les Américains n’avaient guère plus de chances. Ce serait un nouveau Vietnam. Ce qui était certain, c’est qu’une guerre ne faisait que commencer, et qu’elle serait différente de toutes les autres. Rétrospectivement, elle aura eu quand même beaucoup de points communs avec les guerres connues. Pas les meilleurs, hélas. Dont la vanité.

Mais comme Kennedy avait dit “ich bein ein Berliner”, comme les soixante-huitards clamaient “nous sommes tous juifs allemands”, ce jour là je n’avais en tête qu’une pensée qui tournait en boucle : “we are all New Yorkers”.

Une certitude, au passage : Non, on n’attendrait pas, comme au vingtième siècle, une décennie et demie pour trouver l’évènement qui marquerait le changement de siècle. Nous le savions le jour même, avec la même tension douloureusement responsable, que le jour de notre majorité : Une impression que l’enfance est finie et qu’on passe, sans trop avoir le choix, à quelque chose de plus inquiétant et de plus sérieux.

110. Le mardi 13 septembre 2011 à 00:01 par julien

n

111. Le mardi 13 septembre 2011 à 00:54 par Un ancien backpacker

En Septembre 2011, j’étais au Pakistan et en route pour l’Afghanistan pour aller voir la vallée du Panshir (après avoir visité les zones talibanes en Juin) et qui sait, avec un peu de chance, voir le commandant Massoud. Il était paraît-il ,relativement facile à rencontrer. Le 11, je n’étais toujours qu’à Karachi (où j’avais atteri une quinzaine de jours plus tôt) au lieu d’être vers le Nord comme je l’aurais voulu: le consulat du Tadjiskistan tardait à me donner mon visa, ce pays devant être ma route de sortie. De toute façon, depuis l’attentat qui avait tué Massoud deux jours (le 9 Septembre), il était clair que mon voyage n’allait pas se faire: tout le monde craignait que les talibans n’en profitent pour lancer une offensive et ainsi finir leur conquête du pays… Après les avions dans les tours, les habitants de Karachi entamaient spontanément la conversation avec moi, pour m’expliquer que ça devait être un coup d’Israel pour faire accuser les musulmans etc etc. Je ne suis pas sûr qu’ils l’aient cru eux-mêmes. Quant à moi, devant les réactions de ma famille affolée, il était clair que mon année sabbatique en Asie Centrale venait de s’achever avec deux mois d’avance. Je retournais à Paris et commençait mon premier job d’ingénieur en informatique…

112. Le mardi 13 septembre 2011 à 01:22 par Adriana

J’etais dans un cours de mecanique quantique.
Le cours était sur la deuxième quantification de DirsourCe jour-la en arrivant chez moi et voyant les tours tomber en direct par la tele, il m’était difficile de comprendre comment on peut arriver a la beauté extreme du raisonnement que je venais de découvrir en cours et la bestialité de ce que je voyais par la tele.
J’ai flippée.

113. Le mardi 13 septembre 2011 à 08:41 par exstagiaire2

Je travaillais dans une banque à La Défense pour un petit boulot d’été. Je me souviens que la nouvelle nous a été annoncée par un membre du service que nous soupçonnions de passer ses journée à jouer sur son ordinateur… bref: je ne l’ai pas cru. Les gens lui reprochaient même un humour très douteux… Et puis quand je suis rentrée chez moi, en traversant la dalle de La Défense, j’ai vu les gens parlant avec un air catastrophé dans leurs portables et j’ai commencé à croire que quelquechose de grave s’était passé. Le temps de rentrer chez moi les images passaient en boucle sur toutes les chaînes. Les jours d’après l’ambiance étit pour le moins curieuse, et puis le temps a passé…

114. Le mardi 13 septembre 2011 à 08:48 par Jalmad

“projeté sans le vouloir dans une guerre de civilisation.”

euh….tu y crois à ces conneries de “choc des civilisations ?”.

Ce 11 septembre, je m’apprêtais à préparer l’ENM, mon année n’avait pas commencé, et je glandais chez moi devant la télé. J’ai donc assisté aux toutes premières images diffusées, et aux nombreux cafouillages des journalistes, qui, émus comme les autres, avaient du mal à interpréter ou donner une explication à ces images, et du mal à garder leur sang froid. Je suis descendu chez un copain qui habitait en bas de ma rue, et on a maté la téloche tout l’après-midi ; c’est inimaginable le nombre de conneries qu’on a pu entendre : la fin du monde n’était pas loin.

Dans les jours qui ont suivi, j’ai ressenti qu’on me regardait d’un mauvais oeil parce que je n’affichais pas la même tronche sombre que tout le monde, et parce que je me permettais de faire de l’humour, voire des blagues cyniques. Il fallait afficher ostensiblement son émoi et son soutien au peuple américain, sinon on était un putain de salop d’antiaméricain insensible. Bon.

Et ce que j’ai mesuré, c’est un peu comme Diab (on est de la même promo, si j’ai bien compris), la sensibilité à géométrie variable selon la nationalité des victimes. J’ai été horrifiée par ce que j’ai vu et imaginé de ce jour là, et, oui, j’ai éprouvé la plus grande sympathie pour les américains. Mais l’affichage organisé et outrancier de ce soutien m’a mise très mal à l’aise, et, très vite, je me suis dit que ça allait craindre ++ en termes de libertés individuelles. Et que les afghans allaient en prendre plein la tronche.

115. Le mardi 13 septembre 2011 à 09:31 par la guiche

J’étais au bureau quand l’une de mes collègues m’a appelé, terrifiée, en m’annonçant “qu’ils” attaquaient les Etats-Unis. Sans rien comprendre, j’ai branché la radio et, toujours incrédule , je suis rentré chez moi, incapable de tout autre chose ce 11 septembre 2001.

J’ai pris, la journée durant, de plein fouet les images que chacun, malheureusement, a désormais en lui.

Si seulement je pouvais ne garder à l’esprit que le bleu incroyable qu’avait le ciel de New York ce matin là

10 ans après, je n’y arrive toujours pas…

116. Le mardi 13 septembre 2011 à 09:42 par Reveric

A 90. Rôti de Veau.
Je maintiens : 3 tours sont tombés. L’explication technique officielle de l’effondrement de trois tours à la verticale en quelques heures est une insulte à l’intelligence et l’experience accumulées de toute une génération de concepteur et constructeur dans le domaine du genie civil. je me borne à ça.

117. Le mardi 13 septembre 2011 à 10:47 par Blind

@Reveric : vous vous êtes bien résumé en utilisant le verbe “borner” … arrêter de faire vos trolls avec vos thèses conspirationnistes…

J’étais en terminal premier jour de cours (ou second) journée tranquille … en sortant de cours des étudiants qui vendaient des abonnements à des magazines pour l’OFUP nous avise que “des avions sont tombés sur NYC”… incrédulité et je crois me souvenir même d’une absence totale d’intérêt face à cette demie information ..
Et puis très vite on arrive devant le café où nous allions régulièrement en sortant du lycée… et là la demie information se transforme en claque bien réelle … un peu trop réelle .. on ne comprend pas .. toutes les thèses sont abordées ./.

mais surtout et c’est toujours ce qui me frappe aujourd’hui, ce sentiment de s’être fait attaquer … les USA ont été attaqué parce qu’ils représentent le monde occidental… tous ceux qui disent “qu’ils l’avaient bien cherché”, tous ces gens n’ont rien compris … tous ces gens un peu étroits qui ne comprennent rien sont le meilleur terrain de jeu de ceux qui veulent déstabiliser le monde … et qui ont réussi ces 10 dernières années.. le prochaine décennie sera t elle meilleure je croise les doigts…

118. Le mardi 13 septembre 2011 à 10:50 par PMB

Qui peut dire comment il a vécu la journée de la catastrophe de Bophal ? Pas moi, je vous préviens tout de suite.

D’une parce que ça n’a pas été filmé, et que ce qui n’est pas montré à la télé n’existe pas, voir l’avion qui a percuté le Pentagone.

De deux parce que si image il y avait eu, elle n’auraient jamais été aussi spectaculaires, aussi vendables que des avions percutant une tour ou des corps chutant du 84° étage.

De trois parce que ça se passait dans une sorte de trou du cul du diable en Inde, c’est-à-dire nulle part.

Et si je dis : de quatre, parce que les responsables (jamais benladisés dans leur refuge) étaient des capitalistes américains, je prends sans doute un risque…

Conséquences de ces attaques anti-étazuniennes : négatives pour à peu près toute la planète, positives pour les marchands d’armes, de peur et de pouvoir. Sans rejoindre les mabouls réopenistes, on peut dire que cette catastrophe fut pour la Busherie une divine surprise.

PS En sept 2001, je n’ai pas quitté ma télé pendant deux jours, soumis volontairement au harcèlement d’images passées en boucle. Le deuxième jour, j’ai éteint, j’ai pris ma moto et suis allé marcher seul le long de la Loire. Et je n’ai pas rallumé ma télé, et depuis dès que je sens qu’on va me remontrer ça je zappe.

119. Le mardi 13 septembre 2011 à 11:30 par Côte de Veau

“L’explication technique officielle de l’effondrement de trois tours à la verticale en quelques heures est une insulte à l’intelligence et l’experience accumulées de toute une génération de concepteur et constructeur dans le domaine du genie civil. je me borne à ça.”

La conception en tube http://en.wikipedia.org/wiki/Tube_%… était relativement innovante en 1968 -aussi invoquer l’éxperience de toute une géneration de génies civils est un anachronisme…- et avait pour but de résister aux contraintes latérales (et aussi de permettre la démolition sans écraser le voisinage)…. ce qui semble avoir marché, puisque les tours se sont effondrées à peu près verticalement, au fur et à mesure que leurs structures s’affaiblissaient sous l’effet des incendies… ce, sous les regards de milliers de témoins, de centaines de caméras et de téléphones portables, qui n’ont pas pu être programmés tous à la fois pour “défier l’intelligence de génies civils”.

Tenter d’insinuer une théorie du complot à partir du fait qu’une structure faite pour prendre en compte et s’affranchir des effets latéraux s’effondre verticalement est, soit une tautologie (il avait été conçu * selon les idées d’un pakistanais -peut être idiot et inexpérimenté- http://en.wikipedia.org/wiki/Fazlur… * pour tenir face au vent et s’effondrer verticalement, sans écraser tout un quartier lors de la démolition -programmée ou pas- ), soit une absurdité…

120. Le mardi 13 septembre 2011 à 12:24 par récap59

Bonjour Lûciole (99)

“je suis encore sous l’admiration des passagers du vol 93 qui ont choisi de se battre, quitte à mourir, plutôt que de courir le risque que leur avion aussi serve de bombe sur d’autres personnes, je connais, tellement, tellement de monde qui aurait laissé faire dans l’espoir que leur détournement soit une prise d otages *normale*”

Ils ne pouvaient pas se faire d’illusion sur ce point, car ils avaient appris ce qui était arrivé aux autres avions grâce à leurs téléphones cellulaires. Et il s’en est fallu de peu, peut-être quelques secondes, que les passagers ne sauvent leur avion et ne ramènent les pirates pieds et poings liés aux autorités sur le tarmac de l’aéroport le plus proche.

Le quatrième avion a quand même raté sa cible parce que les terroristes qui avaient planifié le détournement juste avant le boom du cellulaire quelques années plus tôt, n’avaient pas prévu que les passagers pourraient communiquer avec l’extérieur.

J’ai donc été d’autant plus choqué quand, quelques jours plus tard les autorités (tant en France qu’aux USA) ont annoncé l’interdiction du téléphone en avion…. sous prétexte de sécurité après les attentats du 11 septembre !

Cette insulte à l’intelligence des citoyens et à la mémoire des passagers du vol 93 a été avalée tout cru par le public, à commencer bien sûr par les journalistes. Il suffit de prononcer le mot “sécurité” pour désactiver complètement le cortex des citoyens, et les politiciens l’utilisent pour hypnotiser leur proies comme des serpents.

A chaque fois qu’on vous annonce une restriction à la liberté individuelle sous prétexte de sécurité ou de lutte contre le terrorisme, si vous faites l’effort d’analyser froidement et objectivement les effets de la mesure, vous vous apercevrez qu’en réalité elle aggrave encore l’insécurité, et qu’elle fait bien sûr le jeu des terroristes.

Sans compter que pour les islamistes les attentats sanglants ne sont pas une fin, mais un moyen au service de leur fin qui est d’abolir les libertés individuelles pour imposer par la terreur le règne de la charia sur toute la planète : renoncer à la liberté sous prétexte de lutte contre le terrorisme est donc aussi absurde que se jeter à l’eau pour ne pas être mouillé par la pluie.

121. Le mardi 13 septembre 2011 à 13:21 par Dominga

“Madame S… vous fait dire qu’elle ne pourra pas venir à son rendez-vous…Elle dit que c’est la guerre en Amérique et qu’elle ne peut pas quitter la télévision.”
Madame s. ne va vraiment pas, et nous éclatons de rire.

Je rentre chez moi. Dans la rue comme un silence lourd. Je mets la radio, l’athmosphère pèse trop.
J’entends la nouvelle. Je comprends en partie Madame S.: c’est la guerre en Amérique.
Je rentre et j’allume la télévision: je suis là, devant le petit écran, inerte et sidérée. Je comprends maintenant Madame S.: les images sont une agression insoutenable, mais je ne parviens pas à en détacher mes yeux. Je veux que ça s’arrête, mais je zappe d’une chaîne à l’autre, je reviens encore et toujours aux images qui me révulsent et que je subis tout en les désirant.
J’ai l’impression que ce flot d’images est pervers, et qu’il m’aimante de manière morbide.
Le 12 septembre j’étais assomée de la violence de la nuit et je ne m’aimais pas.
Madame S. a repris rendez-vous…mais je ne me souviens plus pourquoi.

122. Le mardi 13 septembre 2011 à 13:41 par Reveric

@ 116 : l’expérience de tout une génération de génie civiliste intègre aussi celle des techniques et retour d’expérience de démolition controlée des ouvrages de grande hauteur et de ce qui a été constaté comme comportement sur ces mêmes ouvrages soumis à la ruine par des contrainte accidentelles ( incendies notamment). La troisième tour ne s’est pas écroulé que sous l’effet que de l’incendie. J’en resterai là.

123. Le mardi 13 septembre 2011 à 13:55 par Coeur d'Artichaud

“l’expérience de tout une génération de génie(sic) civiliste(sic) intègre aussi celle des techniques et retour d’expérience de démolition controlée des ouvrages de grande hauteur et de ce qui a été constaté comme comportement sur ces mêmes ouvrages soumis à la ruine par des contrainte(sic) accidentelles ( incendies notamment). La troisième tour ne s’est pas écroulé(sic) que sous l’effet que de l’incendie. J’en resterai là.”

Votre jargon intègrerait , enfin, de grandes qualités intellectuelles en citant des sources dignes de ce nom (il manque cruellement des liens vers les “retours d’expérience” -bien ronflants- de toute une génération-pas moins- de “civiliste” : terme sans définition, mais qui fait high tech!) , et en intègrant la grammaire française….

124. Le mardi 13 septembre 2011 à 15:12 par Reveric

@123 : Geni(e)civiliste je suis. Ou génie-civiliste. C’est du jargon de métier. Ca ne s’écrit pas effectivement.Mais ça se comprend bien partout où la béton ferraillé règne en maître. A chacun son jargon de métier. Quand aux sources il y en a. Digne de ce nom (où pas) je ne sais pas. Cherchez.

125. Le mardi 13 septembre 2011 à 15:45 par Coeur d'Artichaud

a) Apprenez la grammaire (je doute qu’un ingénieur en génie civil vole assez bas pour résister à un traitement primaire … tout le ronflant prétentieux, sous couvert de jargon, me convainc de plus en plus du contraire).

b) Si vous voulez convaincre, donnez des sources (dire qu’elles existent mais où? au Vatican?)

c) Sinon, vous pouvez continuer de massacrer

  • la langue française
  • la logique et le bon sens les plus élémentaires.

126. Le mardi 13 septembre 2011 à 17:51 par lambertine

Le 11 septembre 2001, je devais être au trois quart bourrée, comme tous les 11 septembres depuis 1989.
Le 11 septembre 2001, mon fils, Jean, aurait eu 13 ans s’il n’avait pas oublié de respirer, bébé.
J’étais dans ce qui nous servait d’habitation. Mon dernier fils est rentré de l’école. Je lui ai donné des sous pour aller à la boulangerie. Il est rentré quelques minutes plus tard en disant “un avion est tombé sur le WTC”. J’ai cru à une blague, ou à un accident.
Il est ressorti, pour aller regarder la télé au café du coin. Quand il est revenu, il m’a dit “un autre avion est tombé sur le WTC. Ce n’est pas un accident”.
J’ai pensé “c’est la guerre. Les USA ne peuvent pas laisser ce crime impuni s’ils veulent rester crédible à l’échelle mondiale”.
Et j’ai eu peur. Pour mes fils. Ceux qui n’auraient pas eu treize ans, ce jour là.

127. Le mardi 13 septembre 2011 à 18:06 par Acedia

Je rentrais de mes partiels à la fac (et oui, il existait encore des rattrapages en septembre). J’ai allumé la TV, et je me suis dit “Oh, les infos”. Je zappe, me dis la même chose, et éteins la télé. Puis, quelques minutes après, en train de vaquer à mes occupations : “Tiens, c’est quand même bizarre, on est en pleine journée et il y a les infos sur toutes les chaînes : il doit se passer quelque chose”. Je rallume la télé, et je vois en direct le deuxième avion de crasher dans la tour…
Je m’en rappelle comme si c’était hier.

128. Le mardi 13 septembre 2011 à 18:40 par Diab

@ Jalmad, 114

Je réalise qu’il y a de sérieuses chances qu’on se soit connus dans la vraie vie.

Mais comment le savoir sans trahir publiquement notre cher anonymat ? ;)

Ca excite ma curiosité, en tout cas !

129. Le mardi 13 septembre 2011 à 19:18 par Reveric

je viens de retrouver ces images sur la troisième tour. Ou des américains parlent aux américains du coin frappé du bon sens.
http://www.dailymotion.com/video/xk…

130. Le mardi 13 septembre 2011 à 19:20 par RG

@116 Reveric

L’explication technique officielle de l’effondrement de trois tours à la verticale en quelques heures est une insulte à l’intelligence

…des physiciens du café du commerce peut-être. Pour eux par exemple, aucun avion de ligne n’ a pu frapper le Pentagone car un avion ne peut s’évaporer, c’est contraire au bon sens.

Or pour un physicien un avion peut être vaporisé en une fraction de seconde, la preuve.

131. Le mardi 13 septembre 2011 à 20:21 par kilobug

Moi le 11 septembre 2001 je pensais, comme tous les autres 11 septembre, au 11 septembre 1973. Le coup d’État de Pinochet, soutenu par la CIA, contre le gouvernement élu de Salvador Allende. Les 20 ans de nuit s’abattant sur le peuple chilien. Les tortures, les mutilations, les assassinats de ces années de terreur. Victor Jara, le chanteur et guitariste, donc on a tranché les doigts à la hache, avant de l’abattre d’une rafale de mitrailleuse pour le punir d’avoir chanté.

Et là, j’ai appris le terrible attentat. Des milliers de morts, de gens qui n’avaient rien à voir avec les crimes dont on peut accuser le gouvernement des États-Unis. Des milliers de mort, des milliers de familles brisées, à cause de la folie de quelques fanatiques. Mais sans entamer en rien ma compassion envers les victimes, et l’horreur d’un tel acte, il ne me serait pas venu à l’idée de dire « God bless America ». Être victime d’un acte ignoble n’excuse en rien les crimes passés, de la superpuissance qui impose son ordre mondial à coup de bombes et de coup d’États. Non pas une, mais deux, bombes atomiques sur le Japon. Le Vietnam défolié à l’arme chimique, des enfants y naissant encore difforme de nos jours à cause de l’agent organe. Le Plan Condor et les dictatures en Amérique Latine. Les talibans, armés et entraînés par les États-Unis. Les fanatiques au pouvoir en Iran, conséquence des années de terreur du Shah.

Mais ensuite, après l’horreur initiale, j’ai réalisé à quel point le futur allait être pire encore. Combien de pays allaient être bombardés et envahis en réponse ? Combien de dizaines, voir de centaines, de milliers de mort ? Combien de lois liberticides, combien de personnes enfermées sans procès et torturées ?

Et enfin, une fois les émotions calmées, je me suis mis à réfléchir. 3000 morts, c’est énorme, c’est horrible. Mais combien de lentes agonies, de morts tout autant atroce, à cause des maladies ? 3000 morts, c’est ce que le cancer tue tous les deux jours aux États-Unis. Pas une fois. Tout le temps. Tous les ans, depuis 2001. Ça fait 1500 fois plus de morts que les attentats. Et combien de ressources investies par le gouvernement des États-Unis pour le surarmement, et combien pour la recherche médicale ? Environ 20 plus pour la mort que pour la vie.

Et dix ans après que voit-on ? Toujours autant de cirque médiatique sur ces 3000 morts - certes horrible. Toujours autant de silence sur les famines en Afrique. Toujours la même politique de violence et d’hégémonie de la part des États-Unis. Et toujours, comme un métronome, ces 3000 morts tous les deux jours à cause du cancer, rien qu’aux USA. Pendant qu’on gaspille des milliers de milliard pour semer la mort.

132. Le mardi 13 septembre 2011 à 20:40 par Lam

Ce 11 Septembre vers 16h30 j’étais dans la navette qui m’amenait à l’aéroport de Marseille pour un vol sur Orly. Le chauffeur nous annonce la nouvelle qui passe à la radio, personne ne comprend vraiment. Dans l’aéroport, c’est un ambiance bizarre, des “avions” ont percutés les tours, on sent les gens pas très confiant de rentrer dans l’appareil. Les chaines de Télé de l’aéroport passent les premières images en boucle, c’est un silence hallucinant durant l’embarquement. Pas un mot du pilote durant le vol, une ambiance encore plus plombée à Orly à l’arrivée, sauf que les gens courraient pour sortir de l’aéroport. A la radio les rumeurs fusent, le pentagone, la maison blanche, …. Un 11 septembre dans un avion

133. Le mardi 13 septembre 2011 à 20:44 par Alba

Le 11 septembre 2001 j’ai passé ma journée chez moi, comme d’habitude interdite de collège à cause de ma maladie. Ce jour là je n’avais pas eu besoin de perfusion et donc pas d’hôpital ce jour-là: j’étais heureuse car c’était mon anniversaire.
Et puis dans l’après-midi j’ai découvert les images à la télé et je suis restée interdite devant la télévision pendant très longtemps, je n’y croyais pas, c’était tellement inimaginable … Mon pays était touché (j’ai la nationalité américaine).
Alors que je venais de découvrir peu de temps avant les service d’oncologie pédiatrique et que j’étais heureuse de ne pas être dans le service en ce jour, la mort frappait massivement, la mort frappait encore injustement …
Depuis je ne peux plus fêter mon anniversaire comme avant et je pense aux victimes, à leurs proches, aux survivants et à tous ceux qui ont assisté impuissant à cette horreur ou qui ont pu sauver des vies … depuis je pense à toutes les conséquences qu’ont eu cet attentat bien que je sois sûre de ne pas pouvoir toutes les imaginer. Enfin je sais que l’année 2001 a définitivement signé la fin de mes illusions d’enfant.

134. Le mardi 13 septembre 2011 à 22:04 par Cyrano

11 septembre 2001, 07h45 heure de l’est, je suis routier et je rentre des États-Unis vers le Canada, je traverse la frontière à Detroit/Windsor, la routine, rien à signaler et ça passe rapidement à cette heure matinale. Je remonte vers Toronto.

08h50, je commence à capter à nouveau Radio-Canada en français, les nouvelles n’annoncent rien de particulier. L’émission du matin commence mais contrairement à son habitude, l’animatrice a l’air assez agitée, elle annonce qu’une incroyable nouvelle vient de tomber sur les fils de presse, un avion serait entré en collision avec une des deux tours, mais on ne sait pas quel type d’appareil, on envisage même pas qu’il peut s’agir d’un attentat. Et après quelques minutes, le doute n’est plus permis, un second avion vient de faire la même chose. Et puis on en sait un peu plus, ce n’est pas un petit appareil de tourisme… c’est un avion de ligne, et le second aussi…

Et j’ai quand même du kilométrage à faire, je ne serai pas à Québec avant demain soir pour trois jours de repos bien gagnés après deux semaines en vadrouille sur les routes américaines et canadiennes. C’était aussi un coup de pot de rentrer précisément ce jour là. Dans l’heure qui a suivi les attentats, les procédure pour passer les douanes vers les USA se sont radicalement renforcées. 25 km de semi-remorques pare-choc à pare-choc pour passer la frontière à Sarnia vers le Michigan, au moins autant pour entrer à Detroit.

Dès ce jour là, j’ai pris systématiquement mon passeport sur moi, les douaniers étant devenus un peu plus tatillons que d’habitude. Pourtant, ça a bien fini par se calmer, peut-être même un peu trop. Environ deux mois plus tard, je devais livrer un chargement à Boston, dans une tour où une entreprise ayant perdu ses bureaux de New-York se réinstallait. Livraison à un dock carrément dans le sous-sol de l’immeuble d’une quarantaine d’étages. Le passage en douane m’a pris approximativement trente secondes. Il est vrai que je n’ai pas la gueule de l’emploi pour le terrorisme, pas de turban, pas de barbe approximative, même pas un tatouage, pire, tout routier que je suis, j’ai un uniforme et je porte une cravate, mais tout de même, j’aurais aussi bien pu livrer, à la rigueur sans même le savoir puisque les portes de la semi étaient scellées comme souvent, 20 tonnes d’explosif, personne ne s’est inquiété d’y jeter ne serait-ce qu’un bref coup d’œil…

Plus consternant que ça ? À mon sens, l’édification d’une tour de 800m de haut à Dubaï : pas précisément l’endroit où on pourrait s’y attendre, mais qu’importe, quelle cible ça ferait pour des fondus un peu motivés…

Mais bon, voilà ce que je faisais ce jour-là ;)

135. Le mardi 13 septembre 2011 à 22:19 par chb

J’espère que ce commentaire ne cassera pas trop la poignante ambiance « souvenir souvenir ».
Je réponds à coeur d’artichaud (froit ?)
Votre morgue à l’égard de Reveric le génie civiliste lui a peut-être fermé le clapet, elle n’en est pas moins déplacée. Cette personne, plus au courant des mystères de la technique que des arcanes de la langue, nous a donné un point de vue de pro. Vous le discréditez ad hominem… pour éviter de remettre en cause votre confiance dans le système Bush ? Ce procédé très utilisé contre les « conspirationnistes » fleure plutôt le cynisme, la bêtise ou la peur, qu’il ne justifie une théorie, fût-elle officielle (je vous rappelle qu’il n’y a pas eu plus de procès pour les attentats que pour le ben Laden).
Les sources sur la démolition contrôlée, sur les chefs d’état qui ont massacré des gens, sur le fonctionnement de la propagande, sur les règles en matière d’enquête suite aux incendies, sur les peuples qui infligent à d’autres des horreurs qu’ils ont eux-mêmes subies ou craint de subir, sur les aspects économiques des guerres « de religion », sur les empoisonnements par le béton ou les divers cancers professionnels, etc. existent, allez en bibliothèque si vous craignez internet. Vous pouvez aussi voir sur FR3 le journal du 8 septembre, dont une partie évoque des questions (de familles de victimes du 11/9/01, de spécialistes etc) restées sans réponse 10 ans après. http://www.dailymotion.com/video/xk…

136. Le mardi 13 septembre 2011 à 23:08 par RG

@135 chb

Un peu de sérieux. Il est dit dans le reportage que la chute de la tour n’aurait pas été ralentie, or l’analyse est formelle, elle l’a été !!!

137. Le mardi 13 septembre 2011 à 23:42 par chrisL

Je ne me souviens plus de ce que je faisais ce 11 Septembre 2001. Je sortais du travail et j’ai écouté les évènements , sonné, dans la radio de l’auto avant de démarrer,. En revanche, je me souviens très bien qu’ensuite, devant le concert de ceux qui nous proclamaient “tous Américains”, je me suis souvenu d’un autre 11 Septembre, le 11 Septembre 1973, date du coup d’État au Chili contre Allende. Puis des tentatives ratées contre Fidel Castro (sans être Castriste, je le précise), puis encore de l’assassinat de Ngo Đình Diem à Saigon en 1963, du prétexte des incidents du Golfe du Tonkin à l’été 1964, des tonnes de bombes - plus que durant toute la seconde guerre mondiale - sur le Vietnam/Laos, puis encore du Coup d’État contre Mossadegh en 1953 en Iran, des dictatures soutenues en Amérique Latine, du bombardement de Dresde en Février 1945 et des propos du Général LeMay confiant qu’il valait mieux, après cela, gagner la guerre sauf à être poursuivi pour crime de guerre, puis encore LeMay avec Hiroshima et Nagasaki… Sans remonter à la guerre du Mexique, de 1847/48, tout cela m’a beaucoup aidé, je l’avoue, à pouvoir comprendre sans pour autant excuser le moins du monde. Plus tard,l’invasion, sous des prétextes montés de toutes pièces - comme avec les incidents du Golfe du Tonkin précisément - de l’Irak et les exactions qui s’ensuivirent Guantanamo, Patriot Act, vols secre… m’ont conforté dans cette attitude de ne point trop en rajouter sur cette tragédie du 11 Septembre…
Excusez-moi si j’adopte un discours largement iconoclaste ces jours-ci…

138. Le mardi 13 septembre 2011 à 23:47 par Willy

Moi, j’étais en maths spé et je quittais une interro orale d’anglais. Je croise le camarade qui passe après moi qui me dit vite fait “Y’a deux avions qui se sont écrasés sur les tours jumelles”. Je grimpe dans ma voiture et je me souviens distinctement m’être dit (faut être con, quand même) “Crétins de pilotes, ils pouvaient pas regarder devant eux”.

139. Le mercredi 14 septembre 2011 à 00:20 par Miaou [34+1]

Eolas : Et vous : vous faisiez quoi, ce 11 septembre 2001 ?

Ce 11 Septembre 2001, j’étais devant la télévision au moment où il y a eu le premier décrochage.

Et là j’ai vu … l’horreur absolue : un trou béant à l’endroit même de la tour où se trouvait mon bureau quelques années auparavant.

… enfin bref.

140. Le mercredi 14 septembre 2011 à 00:25 par Miaou [34+1]

Correctif : c’était une question de Gascogne … (mince pourtant je l’avais bien vu avant d’écrire mon commentaire ;))

141. Le mercredi 14 septembre 2011 à 00:42 par tschok

Bonjour Gascogne,

Etre de feu (de détecteur de fumée et de barbecue).

Qui part en poussière.

C’est très intelligent ce que vous faites. Demander à chacun d’entre nous d’où il parle, à l’heure dite, comme s’il fallait le repérer dans les ruines et éviter en même temps le côté “livre d’or”(Le 11 septembre n’est pas un autel), il fallait l’amener.

C’est très bien ce que vous faites. Je trouve que vous avez eu raison d’avoir mauvais caractère.

Que pensez vous maintenant de votre carrière?

Le thème du vent est peu présent dans votre discours.

On sent bien que c’est Eolas le vent et vous la poussière et on comprend que vous avez tous les deux envie de quelque chose de dur.

Vous êtes des êtres sensibles très intéressants.

Ce qui m’étonne: que vous soyez encore ensemble.

Mais, je m’en réjouis.

142. Le mercredi 14 septembre 2011 à 05:03 par venturii

Le 11 septembre j’avais un jour de congé. C’était un mardi. Je crois que j’avais fait la fête la veille, m’étais couché tard… (genre 7h du matin ?! )
Levé vers midi le 11 septembre. J’avais du bricolage à faire, deux placards encastrés, presque jumeaux (?!), à re-monter dans mon nouvel apparte. J’avais déménagé à l’étranger peu de temps avant.

J’ai mis la radio… vers 14h30, entre deux trous de perceuse, j’entends (sans bien comprendre parce que dans une langue étrangère) qu’un “petit avion” s’est posé sur une tour du WTC à Manhattan.. Je continue le bricolage (en pensant à Mathias Rust…celui qui avait atterri sur la Place Rouge en ULM)… Peu à peu, ma compréhension des commentaires de la radio s’améliore… entre deux coups de marteaux, je commence à comprendre que la tour est en feu, et que ce n’est pas un ULM…

Une demi-heure plus tard, j’entends la suite…
Je me dis “pétard, on est pas sorti de l’auberge”, j’éteins la radio, j’allume surtout pas la télé, je laisse le bricolage et je vais me coucher… pour une bonne sieste. La nuit avait été un peu courte.

Le lendemain, on en parle au boulot. Un de mes meilleurs amis est exilé politique chilien, rescapé avec sa famille - dont son père syndicaliste - du coup d’état de Pinochet le 11 septembre 1973 (via deux ambassades, etc… évasion compliquée)
Je ne me souviens pas lui avoir dit que je me sentais américain ce jour-là.
Il n’y a pas eu de minute de silence au bureau. C’était une entreprise française, mais hors de France.

Par contre, maintenant que j’y pense, LE jour où je me suis dit que je me sentirais bien américain, c’est environ 6 mois plus tard, le 21 avril 2002. Là, j’ai décidé que je ne retournerai pas en France, et que je ferai tout pour avoir une autre nationalité.
Pourquoi pas américaine… (ce qui fut fait, finalement : Canadien).

J’ai vu l’image vidéo des avions et des tours, je dirais vers le mois de janvier 2002 - voire même peut-être vers septembre 2002 - il y avait un récapitulatif de l’année sur un écran de télé du métro (alors que je prenais le train pour aller travailler, sans télé). Je n’avais pas regardé la télé depuis septembre 2001. Seulement les photos dans les journaux.

143. Le mercredi 14 septembre 2011 à 08:03 par Jalmad

@ Diab : oh, j’ai eu mon petit moment de célébrité dans la promo : je suis la fille qu’a nické son ordi portable en le laissant sous son velux ouvert une nuit de pluie (les gars de l’informatique avaient pris un malin plaisir à citer cet exemple à tout propos….j’ai rencontré une fois quelqu’un d’une promo suivante qui m’avait dit “à l’école ils nous ont dit de faire gaffe avec les portables, il paraît qu’il y a même une crétine qui l’avait laissé allumé sous son velux alors qu’il pleuvait”).

Vous voyez pas ? yeeeeees, c’est que je m’en suis mieux tiré que ce que je pensais.

144. Le mercredi 14 septembre 2011 à 08:55 par Diab

@ Jalmad

Cette histoire de portable sous le velux, j’en ai entendu parler, mais je prenais ça pour une légende urbaine.

De mon côté, j’étais le seul auditeur masculin du “gang” qui s’est fait serrer (en compagnie d’un - très regretté - MdF) par la police bordelaise en fin de préaf à la sortie d’une conférence où nous étions soupçonnés d’avoir invité un “dangereux terroriste” en violation de sa conditionnelle.

145. Le mercredi 14 septembre 2011 à 09:18 par Masque du Furet

@135
Cette personne, plus au courant des mystères de la technique que des arcanes de la langue, nous a donné un point de vue de pro. Vous le discréditez ad hominem… pour éviter de remettre en cause votre confiance dans le système Bush ?

Demander (en vain : une malheureuse vidéo qui passe en boucle depuis 10 ans est un ” argument ” pitoyable -post 129) des arguments scientifiques ou techniques au pro est il une attaque ad hominem?

Quant à la tentative de se faire passer pour un “pro” en récitant (avec ajout de fautes de grammaire) un catalogue de savoirs dont on ne peut pas citer la source (“cherchez” en 124 est une manoeuvre d’évitement assez grossière), doit elle être saluée avec admiration? (alors que la technique moderne n’a rien de mystérieux, tout étant codifié et publié)

Essayer de faire le lien avec un soi disant bushisme devrait vous inciter à renvoyer votre table tournante vers son fournisseur véreux. Mais ça m’a bien fait rire.

146. Le mercredi 14 septembre 2011 à 09:58 par Jalmad

@ Diab :
OK, je vois parfaitement qui vous êtes : un de ces dangereux gauchissssses de la promo.

147. Le mercredi 14 septembre 2011 à 10:14 par Diab

@ Jalmad

Du coup, on va peut-être se tutoyer ;).

Mais c’est moche, parce que je me souviens très bien de l’histoire du velux, mais je n’ai plus du tout l’idée de qui était censée être la personne concernée…

Si tu es sure de mon identité, pitié, balance moi un mail sur mon adresse justice. Parce que le “détronchage” à sens unique, c’est assez frustrant !

(et puis ça nous évitera de pourrir les commentaires avec de tels hors sujets)

148. Le mercredi 14 septembre 2011 à 10:19 par Paul65

Le 11 septembre j’étais au Palais de la Bourse, à Paris. Je montrais les dernières évolution d’un logiciel a 2 employées d’une agence de presse dirigée par un monsieur qui est tres connu à la télé pour parler de la bourse… surtout à cette époque. Les écrans télés étaient eteint ou sur les cours de la bourse je ne sais plus, quand soudain JP G. est sortie de son bureau en trombe, lui d’habitude si discret et jovial, en hurlant “Ya quelque chose qui va pas, c’est le bordel à New York allumez la télé”. Et voilà on allume la télé et le premier avion s’est crashé. On constate…. ma femme m’appelle sur le portable, elle est au bureau et tout le monde est devant la télé (salle de placement dans une banque… là aussi il y a des télés partout). Coup de téléphone de mon bureau : “Patron les liaisons internet déconnent, on a 1 LS en panne et l’autre tres lente” Je rentre à mon bureau, j’appelle le fournisseur d’accès internet : la connexion avec les USA est a moitié en panne, normal ils ont un backbone qui passe par New York. Mais ca sera vite rétabli avec les backbone de sauvegarde, sauf qu’on passera par l’asie pendant quelques heures. Je remonte chez moi (appartement 2 étages au dessus du bureau) et je convie les 11 employés présents a venir voir à la télé en direct…. entre temps j’ai vu le deuxieme avion se crasher quasi en directe je crois. Je me souviens surtout de ce journaliste interviewé dans le hall d’une des tours, et on entendait pendant qu’il parlait “bong….bong….bong bong…bong….” et là la terrible vérité : ce sont le sbruits des corps des gens se jetant des fenêtres .. terrible, marqué à jamais.

149. Le mercredi 14 septembre 2011 à 10:31 par bondwana

ca n’enleve rien à l’atrocité de cet attentat, mais autant que je sache, la pire attaque contre des civils ayant eu lieu s’appelle plutôt Hiroshima / Nagasaki. plus recemment le ball-trap à Gaza était pas mal aussi dans le genre assassinat de 1300 personnes dont une grande majorité de civils qui n’avaient nulle part ou se cacher.
Apres on peut aussi aller voir du coté des habituels Pol Pot, Mao, voir Gengis Khan, ou n’importe quelle guerre du XXeme siecle pendant qu’on y est si on cherche des gros scores, les civils y representant … 90 % des pertes la majeure partie du temps, une des caractéristiques immanquables de ces guerres “modernes”…
Alors bon, le “nous sommes tous des américains”, à la limite je veux bien pour ce jour là, mais ils sont priés de nous foutre la paix le restant de nos vies, ils sont pas les seuls à trinquer…

150. Le mercredi 14 septembre 2011 à 10:38 par fnh

Je n’ai pas la télévision; un ami m’a appelé ce jour-là et m’a mis au courant. J’ai écouté avec recueillement le Requiem de Mozart en hommage aux victimes.

Ceci dit:

quand trois mille cols-blancs (des gens comme vous et moi, n’est-ce pas?) décèdent, on décrète une minute de silence; si cent mille personnes meurent, mais qu’elles ont, par exemple, la peau noire, la réaction ne sera pas la même.

On se souvient en effet du titre de l’époque: “nous sommes tous des américains”. Si des dizaines de milliers de personnes sont prêtes à risquer la torture ou la mort pour leur liberté, mais que ces personnes se trouvent être des arabes, personne n’aurait l’idée de titrer: “nous sommes tous des arabes”.

151. Le mercredi 14 septembre 2011 à 11:44 par Oupsman

11 septembre 2001, je suis en vacances à Pornic. Déconnecté du monde, téléphone coupé (de même que celui de ma femme). Télé éteinte.

C’est le lendemain que je découvre ce qui s’est passé, ça fait les gros titres. J’achète le journal.

la similitude avec Sur ordre de Tom clancy m’a frappé. Douloureusement.

Quand les journaux ont commencés à parler des attaques à base de charbon, j’ai eu encore plus mal.

Putain de monde.

152. Le mercredi 14 septembre 2011 à 14:15 par Reveric

135 par chb : j’ai un clavier depuis 10 ans dans les mains qui m’a sauvé de 18 ans de zéro pointé administré par une corporation de la caste supérieure dont fait partie sans doute “l’artichaud” en question. J’ai l’habitude de cette morgue et des méthodes qui y sont associés. J’ai encore mon marteau de génie-civiliste à portée de mains. Juste pour me rassurer. Et j’espère faire un jour des zéros faute avant mon départ à la retraite.
Le chaos qui peut advenir pour ce pays si le voile est un jour levé sur ces mensonges je m’en fou après tout. C’est un problème entre américain. Je veux juste oublier et vivre en paix et ne pas avoir a subir un jour les conséquences indirectes de ces mensonges.
J’avoue que chaque 11 septembre depuis 10 ans ça me pèse sur la conscience ce ressassage.
Et c’est pour ça que j’ai exprimé pour une fois mon “vécu” sur ce sujet bien que je ne sois pas venu ce jour là sur ce site pour ça. J’ai pas à juger les fautes d’orthographe des uns et les opinions des autres.
Il y a des jours ou j’envie ( au moins) la liberté de parole des américains chez eux.
Et comme dirait l’autre là quand il n’y a pas de solution il n’y a pas de problème
ps : Et si ma grand mère en avait deux et si j’étais avocat en charge de défendre l’auteur de ses attentats devant la justice d’une grande démocratie qui se respecte je m’appuierai sur tous ces témoignages d’américains qui ont vécu ce drame.

153. Le mercredi 14 septembre 2011 à 14:42 par Reveric

A si une petite dernière.
Du vécu.
On dynamite deux tours il y a quelques anneés en bordure de la ville. j’assiste à l’évènement programmé de longue date , noyé dans la foules tenu à distance. Juste a coté de moi un père de famille un gamin dans ses bras. Clic. boum. les deux tours s’effondrent comme prévu. Et le bonhomme éberlué de dire tout haut : ” P…. ! comme les tours du 11 septembre.”
Terrifiant.

154. Le mercredi 14 septembre 2011 à 14:56 par Croc de Boucher

@153,
152,
124,12
(j’en passe, et des tout aussi creux)

Mais que cherchez vous à montrer?
Avec quels arguments vérifiables (pas de fines allusions à … rien)?

(si le français vous horripile au point de le massacrer , peut être pourriez vous faire une argumentation structurée et étayée -pas avec des allusions incompréhensibles au “vécu”, ni des proverbes égrenés sans rapport avec quoique ce soit, ni avec une vidéo usée jusqu’à la corde , mais en utilisant des liens vérifiables- en utilisant l’onglois, le teuton, le espagnol, le portugais ,le roumain ou l’arabe -qui peuvent être traduites automatiquement-).

155. Le mercredi 14 septembre 2011 à 16:20 par Souris des champs

La chanson de Renaud m’a toujours exaspéré, probablement parce qu’on y trouve un concentré du gauchisme le plus crasse.
Son américain type est un portoricain “bien intégré quasiment New-yorkais”. Poncif de la victime qui ne peut être qu’étrangère ou d’origine étrangère. Une victime bien blanche, ça le fait pas dans l’imaginaire renauesque.
“Ils t’imposait l’islam des tyrans
Ceux là ont-ils jamais lu le coran ?”
Sans rentrer dans une querelle idéologique, le principe même des fondamentalistes, c’est qu’ils n’ont lu QUE le Coran, sans le réinterpréter.
“Les armes, les drapeaux, les patries, les nations,
Font toujours de nous de la chair à canon”
Des terroristes qui ne représentent aucune nation attaquent des civils pour faire un symbole de leur lutte contre une civilisation. Quel est le rapport avec les guerres nationalistes, si ce n’est le léger blocage de Renaud resté englué dans les problématiques de la seconde guerre mondiale et une haine irrationnelle quoique courante contre le concept de patrie ?

156. Le mercredi 14 septembre 2011 à 16:51 par Teejee

@ Souris des champs, 155
“Des terroristes qui ne représentent aucune nation attaquent des civils pour faire un symbole de leur lutte contre une civilisation. Quel est le rapport avec les guerres nationalistes, si ce n’est le léger blocage de Renaud resté englué dans les problématiques de la seconde guerre mondiale et une haine irrationnelle quoique courante contre le concept de patrie ?”
Je vous rappelle simplement deux vers du deuxième couplet, chantés par la “petite fille afghane” : “Mon ciel si bleu est devenu orage/ Lorsque les bombes ont rasé mon village”.
La chanson (qui n’est pas ma préférée de son auteur) parle des attentats et de leurs conséquences immédiates : l’invasion de l’Afghanistan. La référence aux “nations” n’est donc pas si malvenue.
Quant à son “petit Porto-Ricain”, il est plutôt l’incarnation du rêve américain. “Poncif de la victime” ? Ce n’est quand-même pas un ange : “Je prends mon job, un rail de coke, un café.” En un vers ou deux, presque tout est dit sur l’ambition du personnage. Et comme si ça ne suffisait pas, il y a le début du troisième couplet : “‘Suis redevenu poussière,/ Je n’s’rai pas maître de l’Univers”. Une victime qui, si elle avait vécu, aurait tout aussi bien pu devenir un salaud. Finement joué de la part de Renaud, qui évite ainsi tout manichéïsme. Je vous concède que ça n’a pas toujours été le cas.
Le vrai sujet de la chanson, c’est la violence et ses victimes. Deux camps opposés, le même résultat.

157. Le mercredi 14 septembre 2011 à 17:03 par Tobeor

Evidemment, comme tout le monde, je me souviens bien de cette journée du 11/09. Un collègue qui m’informe de l’accident sur la 1ère tour… internet qui rame… le crash sur la 2ème tour en direct live… des hypothèses, des supputations, de la fascination… un peu comme tout le monde.
Par contre je me souviens de plein de trucs étranges qui se sont passés cette semaine là et dont personne ne reparle :
- le journal de TF1 interrompu par un extrait de Star Wars et PPDA, sidéré, qui se demande ce qui se passe
- les témoins et journalistes sur place qui parlent sans cesse d’explosions à l’intérieur des tours
- quelques jours plus tard, un avion (de tourisme d’après mes souvenirs) détourné à cause du brouillard qui atterrit en plein New-York en semant une franche panique
- AZF, 10 jours plus tard et la certitude qu’on était victime du terrorisme islamique (le pov’ gars retrouvé mort avec plusieurs épaisseurs de caleçon qui était forcément un kamikaze)
- une des premières déclarations de Bush se disant fermement déterminé à combattre -entre autre- le financement du terrorisme en s’attaquant aux paradis fiscaux…

J’ai rêvé ou ça s’est bien passé aussi tout ça ?

158. Le mercredi 14 septembre 2011 à 17:32 par Willy

@151 : Plus précisément “Dette d’honneur”, à la fin. “Sur ordre” parle des conséquences pour le protagoniste.

159. Le mercredi 14 septembre 2011 à 17:48 par monoi

A l’epoque, je travaillais pour Cantor Fitzgerald a Londres.

Des collegues nous disent qu’il y a un probleme avec la liaison telephonique de notre bureau a New York (situe sur les derniers etages d’une des tours).

J’entend dire qu’il y a eu un accident d’avion a New York. Ayant vecu la bas, et ayant ma license de pilote prive, je sais que j’ai pu voler juste a cote de manhattan, le long de l’hudson et de l’east river. Je pense donc que c’est un petit avion qui a merdoye.

Sauf que plein de gens commencent a s’agglutiner devant l’ecran de tele dans le bureau du chef, et certains sont en pleurs.

J’envoie un email a un ami new yorkais, qui me dit qu’au moins, les tours sont solides et ne s’ecroulent pas…

J’ai un autre ami qui je sais travaille dans le quartier. Je me demande s’il est ok, et en regardant la tele le soir a la maison, le voila t il pas en train d’etre interviewe dans la rue! J’ai appris plus tard que a quelques jours pres, il aurait pu travailler la haut.

La companie a survecu, on ne sait trop comment. Enfin si, tous ces afrreux traders et banquiers, bien qu’affreux et vils, nous ont bien aides.

@TEEJEE, la petite fille afghane, ca m’etonnerait bien que sous le taliban, elle avait beaucoup d’opportunite pour voir le ciel bleu.

160. Le mercredi 14 septembre 2011 à 18:00 par Richelieu

Je suis très étonné que malgré l’antiaméricanisme dont les Français sont généralement accusés, on ne trouve ici que des messages de compassions pour les américains, ou, pour les plus critiques, de compassion pour les victime teintée de recul : “certes ils sont morts bêtement, mais ils ne sont pas les seuls, loin de là”.

J’aurais cru que la grande majorité des gens avait pensé “dans les dents, Dabeulyou” ou quelque chose comme ça.

161. Le mercredi 14 septembre 2011 à 18:06 par récap59

Bonjour Tobeor (157)

“le journal de TF1 interrompu par un extrait de Star Wars et PPDA, sidéré, qui se demande ce qui se passe”

Comme je n’ai pas regardé TF1 à ce moment là, je me garderais bien de vous dire que vous avez rêvé, mais je ne vois pas comment une erreur de la régie d’une TV privée française de ce côté de l’Atlantique pourrait être reliée à un complot à Washington..

“les témoins et journalistes sur place qui parlent sans cesse d’explosions à l’intérieur des tours”

Les réservoirs des avions étaient remplis de combustible qui s’est ensuite répandu dans les tours, causant des explosions (la plus grande partie du kérosène n’a pas pu brûler au moment de l’impact, par manque d’oxygène)

Voir à ce sujet le dernier numéro de Sciences et Vie.

“quelques jours plus tard, un avion (de tourisme d’après mes souvenirs) détourné à cause du brouillard qui atterrit en plein New-York en semant une franche panique”

Panique bien compréhensible.

“AZF, 10 jours plus tard et la certitude qu’on était victime du terrorisme islamique (le pov’ gars retrouvé mort avec plusieurs épaisseurs de caleçon qui était forcément un kamikaze)”

Je crois que l’hypothèse terroriste aurait bien arrangé les industriels français responsables du site.

“une des premières déclarations de Bush se disant fermement déterminé à combattre -entre autre- le financement du terrorisme en s’attaquant aux paradis fiscaux…”

Serment d’ivrogne.

De toute façon si on veut s’attaquer au financement (et au pouvoir) des organisations terroristes, et des organisations criminelles en général, la première chose à faire est de leur retirer l’argent de la prohibition.

Quand celle de l’alcool a été abolie, la mafia américaine a été ruinée pendant des années, le temps pour les mafiosis de comprendre (contrairement à ce qu’on croit généralement ils sont peu intelligents, ils comprennent lentement) que l’alcool étant une drogue comme les autres, il n’y avait aucune raison que la prohibition des autres drogues leur rapporte moins d’argent que celle de l’alcool.

Or Bush venait quelques mois avant le 11 septembre de verser de l’argent aux talibans pour les récompenser des persécutions qu’ils avaient lancées contre les paysans qui cultivaient du pavot (Clinton avait voulu faire la même chose, mais il avait reculé devant l’indignation des féministes américaines, ce dont Bush se moquait)

C’est tout le charme de la prohibition : les criminels et les terroristes gagnent toujours. Les talibans se sont d’abord enrichis en prélevant des taxes sur la production de pavot, puis en participant à la guerre antidrogue contre leur propre peuple pour le compte des USA.

Cela ne leur posait pas plus de problèmes de conscience qu’aux prohibitionnistes américains.

Mais moi aussi je me souviens de 2 infos au moins qui me troublent encore aujourd’hui, et que tout le monde semble avoir oublié, comme si j’avais rêvé.

La première, c’est qu’on aurait retrouvé des cutters abandonnés sous des sièges de passagers saoudiens d’avions dont les vols ont été annulés.

La deuxième c’est que l’ordre d’abattre tout avion détourné avait été donné à la chasse américaine avant, et non pas après le crash du 4ème avion.

162. Le mercredi 14 septembre 2011 à 18:17 par tantpispourlepseudo

Le 11 septembre 2001 je ne me rappelle pas, par contre le mardi 25 juillet 1995, je me rappelle très bien attendre désespérément que mon père sorte de la bouche du RER où nous avions rendez vous.
Je me rappelle très bien demander à ma mère “maman, maman, il est où papa ? mamannnnnn j’en ai marre d’attendre” comme savent le faire les enfants.
Et je me rappelle très bien m’entendre prononcer, sans comprendre, “mais, maman, tu pleures ? ça pleure pas les mamans!”

163. Le mercredi 14 septembre 2011 à 18:29 par Teejee

@ Monoi, 159
“@TEEJEE, la petite fille afghane, ca m’etonnerait bien que sous le taliban, elle avait beaucoup d’opportunite pour voir le ciel bleu.”
La chanson de Renaud et Axelle Red exprime le fait que la violence engendre la violence, et que les deux camps opposés font, aussi bien l’un que l’autre, des victimes innocentes, avec le même aveuglement. Elle ne parle pas des talibans. Donc, ne comptez pas sur moi pour disserter des mérites comparés du régime taliban et des frappes “chirurgicales” américaines.

164. Le mercredi 14 septembre 2011 à 18:59 par Shimsal

Ma compagen et moi étaient à la campagne, à faire une promenade en voiture. Halte pour un sandwiche et les télé qui montrent les images en boucle. Nous sommes tétanisés, horrifiés et curieux à la fois. Retour à la maison avec la radio en fond sonore qui elle aussi en boucle. Puis la télé encore en boucle ad nauseam…
Et très vite, le malaise, les déclaration sur “nous sommes tous des américains”, les “choisis ton camp”, les bons, les méchants, la “civilisation” et les fantômes de Pinochet qui n’ont jamais eut droit à la mémoire, ni ceux du Rwanda. Et maintenant le dégoût, ce 11 septembre-ci, devant un reportage qui (pourquoi pas) mettait un nom sur 6 ou 7 victimes (interview des familles, extraits des dernières communications téléphoniques). Poignant, évidemment. Mais quels sont les noms de ceux morts à faloujah, de ceux torturés à Abou Graib, des bombardés qui fêtaient un mariage en Afghanistan?
On pouvait se demander pourquoi le monde nous hait avec tant de violence. je me souviens que ces reportages qui montraient des hommes en Afrique et en Amérique du Sud disant que maintenant ils (les occidentaux) savaient ce que c’était que d’être attaqués chez eux. Que c’était la fin de l’impunité. Il y avait des leçons à apprendre, il aurait fallu se demander POURQUOI cette haine de l’Occident (Jean Ziegler fournit des réponses assez pertinentes) et il aurait fallu se pencher sur le fait que cette haine n’est pas forcément d’origine (pas seulement) islamique. Il cite en exemple la représentante du Sri Lanka de la Commission des Droits de l’homme l’ONU qui refuse de voter une résolution condamnant un dictateur (Mugabe ou Saddam Hussein je ne sais plus). Il s’en ouvre auprès d’elle lors d’une conversation et la réponse de cette dame est glaçante: Lorsque les anglais s’excuseront et se souviendront de ce qu’ils ont fait en Inde lors de l’occupation, ils seront peut-être mieux placés pour donner des leçons aux autres. Elle faisait référence entre autres à la méthode qui a consisté, en diverses occasions, à couper le pouce des tisserands pour les empêcher de travailler et les obliger ainsi à acheter les produits manufacturé en Angleterre avec leur propre coton… En disant cela cette dame bouillait de rage et sans doute de cette haine que l’on veut ignorer ou cantoner aux terroristes islamistes.
Je me permet d’ajouter que je suis né en Belgique, d’origine belgo-marocaine et que ma famille au Maroc est elle-même d’origine juive. Pas de procès d’intention svp.

165. Le mercredi 14 septembre 2011 à 19:24 par Janjak

@ Willy (158)
Le roman “Dette d’honneur” (Debt of honor) de Tom Clancy se termine en effet par un avion de ligne précipité par son pilote japonais sur le Capitole pendant qu’une bonne partie du gouvernement (dont le Président) et des députés s’y trouvent. Cependant, l’épisode est repris au début du roman “Sur ordre” (Executive Order). Je n’ai lu que ce dernier, aussi, tout comme Oupsman (151), lorsque j’ai appris la nouvelle de l’attentat sur le WTC (vers 16h20 heure de Paris) j’ai immédiatement pensé à la scène d’ouverture de “Sur ordre”.

166. Le mercredi 14 septembre 2011 à 20:05 par bob

Je jouais à la pétanque.

167. Le mercredi 14 septembre 2011 à 20:27 par oupsman

@158 Certes, mais la couverture de Sur Ordre premier volume est justement un avion qui fonce vers la maison blanche (du moins l’édition que j’ai en livre de poche)

168. Le mercredi 14 septembre 2011 à 20:54 par Blind

@146-@147 :
ce n’est peut être que personnel mais je trouve ça sympa que Maître Eolas arrive à rapprocher aussi les magistrats et à faciliter leurs retrouvailles ! Une compétence de plus à mettre à son crédit (déjà bien fourni) !

Un (presque) futur avocat qui a bien rigoler de l’histoire de l’ordi portable !

169. Le mercredi 14 septembre 2011 à 21:57 par Solo

“Et que je l’ai voulu ou non, en ce 11 septembre 2001, I was american. Et l’athée que je suis ne peut devant l’horreur extrémiste que clamer : God bless America.”

Devant le feu et les cendres, on se souvient assez rapidement à quel camp on appartient…

170. Le mercredi 14 septembre 2011 à 22:41 par Jerome442

J’étais au bureau, mon chef m’appelle “Regarde sur internet, NY est attaqué !”
Incrédulité.
Ma mémoire saute ensuite au soir, devant la télé et les images neigées (j’habitais à la campagne et on captait très mal), avec ma femme et les enfants qui jouaient derrière nous … l’image de mauvaise qualité, le film en boucle avec les corps qui tombent, la question en boucle sans réponse “pourquoi ?”
Et toujours pas de réponse aujourd’hui…

171. Le mercredi 14 septembre 2011 à 22:57 par El JEm

“Les médias rivalisent en matière de témoignages sur le thème : « Que faisiez-vous ce jour-là, à ce moment-là ? ». Cette approche illustre la volonté collective de ne pas prendre de recul, de ne pas analyser l’événement et ses conséquences, pour se limiter au seul registre de l’émotion instantanée, bref de ne pas faire de journalisme, mais du grand spectacle”.

172. Le mercredi 14 septembre 2011 à 23:25 par Fred

Aujourd’hui, j’ai entendu le journaliste Georges Malbrunot, parlant de son bouquin co-écrit avec Nasser al-Bahri (“Dans l’ombre de Ben Laden : révélations de son garde du corps repenti”) raconter comment, sous Clinton, la CIA et consorts savaient parfaitement où se trouvait Ben Laden, et envoyaient tous les jours des photos prises par satellite du camp en question. Ben Laden était en train de chasser l’outarde avec des émirs des Emirats Arabes Unis. Clinton n’a pas donné l’ordre de “neutraliser” le campement de Ben Laden parce qu’il était en train de négocier la vente d’avions de chasse à ces mêmes Emirats. Le temps que l’affaire se conclue (environ 3 ou 4 semaines), Ben Laden avait déménagé.

173. Le jeudi 15 septembre 2011 à 00:38 par Phu Ant

Le 11 septembre 2001 je dois le décalage horaire du précis, que vivant en Thaïlande, que la tour n’est démontée avant pas 9 heures de la nuit. La rupture de puissance que consécutivait les chutes torrentielles inondées désintégra la télévisuelle. Ainsi l’inconscience de l’information me déroba au juste outrage. De l’insomnie première à l’aube, la connaissance dévala le pays. Les désolations calmes furent très communes. Beaucoup rapportant des punitions futures le touriste étant source de profits grandioses en Thaïlande. Mais toujours courageusement le visiteur ne cesse jamais de visiter, nous sommes donc heureux.

Pardon pour les potentielles complexités de graphie, que mon apprentissage provoque. Merci au nombre du lecteur d’intéresser la connaissance de la culture éloignée et grandiose de la Thaïlande dans un partage mondial des impressions. Bien cordialement.

174. Le jeudi 15 septembre 2011 à 07:07 par venturii

@145 Masque du Furet
(alors que la technique moderne n’a rien de mystérieux, tout étant codifié et publié)

Non, je ne crois pas. La technique a considérablement évolué avec l’arrivée des PC (IBM PC, lancé en 1981). Quand les tours ont été construites (inaugurées en 1973), on tapait encore à la machine; on dessinait les plans à la main, sans CAO; la gestion documentaire était très différente (on faisait des modifications manuscrites sur les documents dactylographiés, par exemple). De plus, le milieu des BTP étant parfois corrompu à des degrés divers, certaines choses ne sont pas correctement documentées, à dessein (si je puis dire :).

Quand on plonge aujourd’hui, avec notre regard informatisé, dans des dossiers techniques des années 70, et qu’on examine ensuite l’objet technique - un bateau, un train, une tour, un laminoir, etc. - on trouve toujours des incohérences.
Si en plus on convoque les gens qui ont travaillé sur le sujet dans les années 70, puis ceux qui ont fait la maintenance dans les années 80, et ceux qui ont fait des ajouts importants (et tenté de refaire tous les plans “as built”) dans les années 90, chacun a un point de vue différent, en partie parce que la culture technique évolue très vite d’une décennie à l’autre.
Dans un contexte d’hystérie politique (“damage control”, “info-intox” etc.) tous les ingrédients sont là pour une éclosion de théories du complot.
Il ne faut pas prêter à la malignité ce que la bêtise ou le simple fouillis peuvent réaliser.

175. Le jeudi 15 septembre 2011 à 08:47 par JmZ

En même temps, c’était jamais que 2000 morts, à comparer avec les centaines de milliers et plus que l’économie américaine mondiale a provoqué…
Cdt,

176. Le jeudi 15 septembre 2011 à 09:35 par Milady

Je suis soulagée quand je lis des témoignages comme le vôtre, de personnes qui étaient incrédules lorsqu’elles ont vu ce qui se passait à New York… Ce jour-là, à cette heure-là, j’étais… dans un avion. J’atterrissais à Roissy après 11 heures de vol, en provenance de Rio de Janeiro. Etudiante, je rentrais de vacances, mon père et deux amies m’attendaient à l’aéroport, nous avons papoté joyeusement dans la voiture jusqu’à notre arrivée à la maison en écoutant de la musique, donc pas d’infos à la radio. De la voiture, j’avais appelé une copine qui m’a dit qu’il y avait eu un problème avec un avion aux Etats-Unis… C’était très vague, donc ça ne m’a pas vraiment interpellée, j’ai pensé à un accident d’avion.
Du coup nous avons allumé la télévision en arrivant. Elle était restée sur M6, et nous avons vu les tours en feu. J’ai pensé qu’il s’agissait d’un film, et j’ai zappé sur une autre chaîne pour voir les infos. La même image s’affichait. Ma première pensée, complètement débile, a été: “bah ils passent le même film sur 2 chaînes différentes ?” Quand nous avons compris, nous étions tétanisés devant l’écran. Ma mère, en rentrant du travail, a aussi cru que je plaisantais quand je lui ai dit que 2 avions avaient percuté les tours jumelles de New York. Après l’incrédulité, la stupéfaction, et après, la tristesse, la peur, car certains se demandaient si Paris ou Londres n’étaient pas visées aussi…

177. Le jeudi 15 septembre 2011 à 11:51 par Petruk

@Reveric
Une question au grraand expert que vous êtes.
Pourquoi parlez vous de béton ferraillé alors que les tours du WTC étaient métalliques, seuls les planchers des étages étant en béton?

178. Le jeudi 15 septembre 2011 à 11:54 par Reveric

171. par El JEm. J’abonde dans votre sens. De la Société du spectale.
Et d’un Autre “11 septembre ” ( économique) à mes yeux et pas sans conséquence. Pour sortir de ce piège emotionnel et politiquement correct et de ces images qui me collent à la rétine:
« Le 2 juin 1988, à l’heure de l’apéritif, dans le jardin ensoleillé d’un grand hôtel d’Evian, François Mitterrand rencontre le chancelier Helmut Kohl. A la surprise de ce dernier, le président français lui annonce qu’il accepte sans conditions la libéralisation des mouvements de capitaux, c’est-à-dire le démantèlement total des contrôles des changes. Malgré les pressions de son ministre des Finances Pierre Bérégovoy, il n’exige même pas d’harmonisation préalable de la fiscalité de l’épargne en Europe, afin d’éviter l’alignement de tous sur les paradis fiscaux. Kohl et ses conseillers, qui exigeaient cette concession française, sont extrêmement surpris. Le Président a fait ce matin-là un choix fondamental: marcher vers la monnaie unique européenne. Depuis le début des années 90, les capitaux peuvent donc jouer à saute-frontière sans aucun frein, sans aucune limite. Les marchés se sont unifiés. Les taux d’intérêt à long terme se sont rapprochés. Lorsqu’elles partent à la pêche aux capitaux, les entreprises sont en concurrence avec des sociétés américaines, équatoriennes ou thaïlandaises. C’est ainsi que, peu à peu, a pu naître une norme de rentabilité internationale. Ou plutôt «globale», selon le terme consacré. Bienvenue en Globalie. » (Libé, 06.07.1998).
“Capitalisme” saute frontière et “terrorisme” sans frontière même combat.
http://lucky.blog.lemonde.fr/2011/0…

179. Le jeudi 15 septembre 2011 à 12:03 par Syllogisme

J’étais également au lycée le 11 septembre 2001…C’est fou comme chacun se rappelle précisément ce qu’il faisait au moment où la nouvelle est parvenue en France.

C’est également un copain qui n’habitait pas très loin qui est venu partager avec nous cette nouvelle absolument incroyable…Et ce ne sont que des mots qui prennent une toute autre signification à la vue de ces personnes emprisonnées dans les tours qui tentaient désespérément de sauter par les fenêtres des tours jumelles…

Quelle horreur…3 000 victimes…la folie humaine et le Choc des civilisations si cher à Huntington…

Alors oui ce jour-là nous étions tous américains

180. Le jeudi 15 septembre 2011 à 14:27 par kuk

@179 Syllogisme : Non, je ne me souviens pas du tout précisément de ce que je faisais le jour du 11 septembre 2001. Vous êtes victime d’un biais d’échantillonnage.
Et ce jour là, je n’étais pas plus américain qu’aujourd’hui.

181. Le jeudi 15 septembre 2011 à 14:43 par Reveric

177. par Petruk.
Est ce le bon endroit pour donner des cours de génie civil ?
Ferraille égale resistance mécanique. Béton égale liant.
Béton plus ferraille égale béton dit ” armé” (et/ou précontraint).
Béton seul égale béton “mort”. Ca sert à rien sauf a faire de la bordure de trottoir et/ou du poids.
Si ça peut vous rassurer je suis plus près du marteau que du clavier.
Donc plus près de l’expérience de terrain que des codes de calculs.
ps : en ce moment le maître des lieus semble marquer à la culotte le président de la République qui a annoncé une augmentation future de 50 % des places de prison en France au cours justement d’une visite de prison vide…de tout détenu

182. Le jeudi 15 septembre 2011 à 15:50 par Alain

En tout cas, l’anniversaire du 11 septembre nous aura apporté confirmation, par Gascogne, que les greffiers ont un rôle essentiel dans ce monument d’iniquité qu’est l’institution judiciaire.

Ça m’a toujours frappé qu’on ne parle jamais d’eux et qu’on ne les mette jamais en cause — même quand ils appliquent sans sourciller des lois raciales encore en vigueur, je pense à la « preuve » exigée qu’on est né juif pour conserver la nationalité française lorsque vos aïeux ont été naturalisés grâce au décret Crémieux. Par exemple (mais tous ceux qui sont passés par la case Justice ont des exemples personnels), lors de la mis en cause de ce futur promu à la cour de cassation, ce fameux juge qui n’a rien commis contre l’honneur et la probité, vous savez bien… celui des innocents jetés en prison et de l’enfance écrabouillée… et bien les témoins privilégiés de ses agissements, les greffiers, qui pourtant n’ont jamais rien dit et ont tout laissé faire, ont eu une paix royale.

Normal : « les avocats pénalistes savent particulièrement bien qu’il ne faut pas se mettre à dos les greffiers des services judiciaires. Pire que les juges. Les décisions de ceux-là, ils les redoutent. Mais l’absence de coopération des premiers, ils les abhorrent. Les juges passent. Les greffiers restent. »

183. Le jeudi 15 septembre 2011 à 16:39 par jean

175@JmZ

Le 11 septembre 1973 ..

184. Le jeudi 15 septembre 2011 à 17:03 par ce jour là

j’avais allumé le poste de tv pour faire une pause, ai vu en direct, zappé en pensant qu’il s’agissait d’un téléfilm ou d’une série tv: mêmes images sur d’autres chaînes -j’ai alors pensé que mon appareil avait un problème, puis la tronche d’un présentateur est apparue à l’écran .., j’ai appelé mon jules: incrédule; des collègues : scotchés aussi devant leur poste..L’horreur en direct, qui en rien ne fait oublier ou passer au second plan le pustch pinochet, cet autre 11 septembre, et autres horreurs

185. Le jeudi 15 septembre 2011 à 17:18 par Rincevent

A l’époque je vis en Ariège, un peu loin de tout . Fana de technologie j’ai internet et passe mon temps sur la toile (principalement sur Napster oui je sais “c’est mal”). Ce jour là je papote avec une amie qui vit non loin de Chicago quand soudain, après un silence de plusieurs minutes, elle me demande “tu as CNN ?” je réponds par l’affirmative et allume la télé…pour voir le 2eme avion qui s’encastre dans la tour sud . J’ai immédiatement penser que la 3eme guerre mondiale venait de commencer et c’est la seule pensée cohérente que j’ai eu de cette journée, le reste n’est qu’un maelstrom d’émotions…
Le lendemain je rencontre des amis à la terrasse d’un café, un peu babas cools, ils sont foncièrement anti américains et se réjouissent ouvertement de ce qu’il s’est passé . Je rentre dans une colère noire et m’engueule copieusement avec eux ainsi qu’avec ma compagne de l’époque qui est d’origine algérienne . Ils ne comprennent donc pas que c’est le premier acte d’une décennie qui verra tant d’horreurs et surtout qui permettra que l’on rabote consciencieusement nos libertés au nom de la sécurité !
10 jours après, je suis dans mon jardin, il fait beau quand j’entends un espèce de boum lointain, l’usine AZF de Lonia près de Toulouse venait de sauter…foutu mois de septembre !

186. Le jeudi 15 septembre 2011 à 19:13 par L'écrit vain

Cette après-midi du 11 septembre, je faisais mes courses au magasin Champion du quartier Bourg l’Evêque, à Rennes. C’était des courses pas comme les autres, puisque je venais d’emménager dans mon premier appartement, puisque je venais d’entrer à l’université.

187. Le jeudi 15 septembre 2011 à 22:37 par mariek

Il paraît que tout le monde se souvient de ce qu’il faisait le jour de la mort de Jacques Brel, aujourd’hui, je crois que tout le monde se souvient de ce qu’il faisait quand il a appris l’attaque contre les tours. Je bossais, mon premier poste, la une de libé était tombée et ils avaient mis une page de remplacement pour face face à l’afflux de visiteurs. J’ai refusé de faire la minute de silence.

188. Le vendredi 16 septembre 2011 à 11:31 par Côte de Veau

@Jalmad :
vous m’avez beaucoup étonné par l’aveu que vous faisiez des blagues cyniques (je n’ai jamais vu, dans vos interventions patientes et gentilles sur ce blog, d’indices que vous en étiez capable).
Je suis aussi beaucoup étonné par le fait que des professeurs de nainformatique se moquent des dégâts des eaux que vous auriez infligés à un portable: si vous saviez ce que des administrateurs tyrans système peuvent confesser comme horreurs, surtout si je les considère comme compétents et lucides (“rm -rf truc /*” avec un blanc surnuméraire nettoye integralement un serveur, nos meilleurs administrateurs jurent qu’ils l’ont déjà fait une fois cette horreur bien connue, par surcharge de travail).

189. Le vendredi 16 septembre 2011 à 12:44 par The Strangler

Le 11 septembre 2001, je m’inscrivais en 2e année en faculté des lettres et sc. humaines de Limoges, mention histoire. On revenait de la scolarité, on montait le meuble d’un ami qui s’installait deux étages plus haut.
Puis un ami accourut et clama “C’est la guerre ! Les Etats Unis sont en guerre !”
Surpris, on alluma la télé, sur TF1.

Pour deux jeunes historiens, c’était un sacré exercice de voir l’évènement se construire. Puis, effectivement, de supporter Mannathan-Kaboul…

190. Le vendredi 16 septembre 2011 à 13:04 par ElberethZ

J’étais encore à l’université (milieu de mes études), je rentrais de faire les courses, j’ai allumé la télé machinalement dans mon studio et quand j’ai vu les images de cette tour en feu ça m’a bouleversé. J’ai ensuite pu voir comment le 2nd avion c’est écrasé sur l’autre tour, puis l’écroulement des tours. Vraiment affreux.

Je sais que j’ai appelé ma mère pour lui en parler.

Je n’ai normalement pas de bonne mémoire mais ce moment précis m’a bien marqué. Tout ce que la folie des hommes peut faire. La suite des évènements n’étant pas plus glorieuse avec les attaques en Afghanistan, puis (encore moins glorieux) en Iraq…

191. Le vendredi 16 septembre 2011 à 17:04 par ludovic

Ce jour la a été terrible
je revenais chez moi après un rendez vous professionnel, et un ami m’a contacte pour me dire d’allumer la télé , quand j’ai vu les tours qui s’effondraient, je croyais en un fil fiction mais non, la réalité était bien la et l’horreur aussi. Ma femme américaine a aussitôt appelé les membres de sa famille et des amis et tout le monde était sous le choc, complétement abasourdi par ces images apocalyptiques.
une des plus pages les plus sombres de l’Amérique.
j’en ai eu des larmes aux yeux et ma femme pleurait , tant de morts, de souffrances, de familles brisées , je ne sais pas encore si certains politiques américains ont bien médité sur cet affreux événement, en tout cas les américains eux n’oublieront jamais

192. Le samedi 17 septembre 2011 à 17:12 par youkoulélé

J’étais au bureau, comme d’hab, ne sachant pas comment j’allais faire pour finir tout ce qui était prévu, urgent, indispensable, vital. Puis une collègue nous dit qu’il vient de se passer quelque chose aux EU. Puis mon compagnon m’appelle pour me dire qu’il y a un truc dingue qui vient de se passer, aussi aux EU…. et puis, et puis… on finit par apprendre l’horreur, d’abord en allant sur Internet (et ouais, je l’avais déjà au boulot) ensuite radio. Appels et passages de collègues qui l’avaient appris quasiment en même temps. Je n’ai pas fini ce jour là, l’urgent, l’indispensable. Et le “vital” a été remis à sa place… justement pas vital.

193. Le samedi 17 septembre 2011 à 18:00 par Ti

Je ne vais pas en rajouter Gascogne, et raconter ma journée du 11 septembre 2001, qui n’a aucun intérêt. Par contre, ej sais que dans les jours suivants, je secouais tristement la tête quand j’entendais parler de “guerre” ou de lutte du bien contre le mal (le Bien étant bien sûr l’Amérique) et de choc de civilisation.
Et je disais toujours : Tout n’est pas si simple, un acte de terrorisme, commis par des individus isolés n’est pas un acte de guerre, pays contre pays.

Difficilement audible dans le contexte d’après septembre 2001.

Et plus difficile encore de s’étonner de ce que des centaines de personnes aient été arr^éts aux USA et gardés au secret des jours durant.
Les droits d el’homme sont bien peu résitants me suis-je dit.

Et je n’avais pas tout vu : toute cette législation dite d’exception qui a réduit à néant ou presque un travail de longue haleine en matière de droits de l’homme.

Depuis le 11 septembre 2001, quand je prends l’avion, je me retrouve au milieu de l’aéroport, sans veste, sans gilet et sans ceinture, tenant mon pantalon dans mes mains, et même, comme mercredi dernier lors d’un voyage pour aller à l’ENM, sans chaussures, pieds nus sur le sol froid.
Et encore, j’ai eu de la chance, j’ai évité la palpation de sécurité par une personne du m^me sexe….
Et que dire de la garde à vue à 96 heures et plus …

Je ne peux dès lors m’empêcher de penser que les terroristes ont gagné : les droits de l’homme ont sombré au premier gros temps.

194. Le lundi 19 septembre 2011 à 23:43 par Leo

J’étais en prépa, à l’internat, quand on me dit :
“viens dans la salle TV, il se passe quelque chose, un avion s’est écrasé sur le World Trade Center”
“naaan tu déconnes?”
“viens voir!”.

Quelques minutes plus tard, j’assistais au crash du deuxième avion. Et là j’ai dit :
“J’suis sûr que c’est Ben Laden et sa bande!”
“Qui c’est Ben machin?”
“Ah, ça, vous allez pas tarder à le savoir…”

195. Le lundi 19 septembre 2011 à 23:56 par rocardo

“Les centaines de millions de morts que le capitalisme a provoqués”…et le réchauffement climatique,hein?Pas l’oublier çui-la!
Reveric n’existe pas plus que l’avion du Pentagone.

196. Le mardi 20 septembre 2011 à 03:08 par un lointain lecteur

J’étais quelque part aux alentours de la maison de la culture du japon à Paris avec une amie très chère…Brève escapade parisienne avant que je ne reparte à Madagascar…Une autre amie lui a téléphonée pour lui dire les événements…Nous avons vu les images plus tard le soir sur la lucarne, et les premières estimations du nombre de morts…10000..5000…
Le 12 j’ai pris l’avion à CDG pour Madagascar…l’aéroport était vide, c’était fabuleux…aucune attente…une impression d’absence, de flottement…
Et puis la vie a repris son cours…

Un truc qui m’agace…3000 ou même 4000 morts dans un pays de 275 millions d’habitants ce n’est rien…Le pathos larmoyant des ricains est insupportable, il y a eu 150 à 200 000 morts en Algérie pendant la décennie noire pour 32/35 millions d’habitants et personne n’a songé à en chier une pendule à dix-huit coups….Au plus fort de l’OAS il y a eu jusqu’à 100 attentats par jour en région parisienne sans que personne ne parle de clash des civilisations, mais seulement de sédition….Et pendant la première guerre mondiale en France des offensives telles qu’au Chemin des Dames firent jusqu’à 30000 morts en une semaine sans que cela n’ébranle une faible nation comme la notre…A Verdun il y eut des journées où l’attrition atteignit 10000 morts par jour…
Alors 3000 américains morts dans un improbable et très certainement unique attentat ça ne devrait pas vraiment changer le monde…

197. Le mardi 20 septembre 2011 à 13:04 par AS

Je venais de déposer mes enfants à l’école. Un jour banal. Alors que je prenais ma voiture pour aller faire des courses, quelqu’un m’a interpellé et je suis retournée chez moi pour suivre ça à la télé. Abasourdie j’ai immédiatement joint mes parents sur leur téléphone portable. J’étais en état de choc et mon père, Médecin Général, en train de jouer au golf, m’a répondu très calmement que ce n’était rien…
Je savais que non, ce n’était pas rien. Ce n’est pas le nombre de morts qui a compté mais l’impact que cet évènement a eu dans les années à venir.

198. Le mardi 20 septembre 2011 à 22:08 par mat

Je travaillais pour une société du secteur aérien comprenant plus d’une quarantaine de nationalité sur la plateforme.
En plus du choc des images que j’avais du mal à croire, mais qui ont été vite confirmées du fait que l’on avait accès aux serveurs qui contiennent les informations sur les vols, cela m’a fait perdre mon boulot. Car après cet acte terroriste, le trafic aérien s’est retrouvé énormément diminué. Il génère des millions d’euros par jours. J’étais salarié d’une société tierce qui louait mes services a cette société du secteur aérien. On s’est retrouvé un bon paquet sans missions et la machine à “dégraissage” s’est lancée. 300 licenciements sans un plan de licenciement économique. 2 ans de prudhomme. A ma connaissance nous n’avons été que 3 à engager une procédure. 6 de plus et on aurait pu aller au TGI je crois. Je fus une expérience très dure, mais enrichissante.
Tout est relatif, je n’étais pas dans les tours ou les avions.

199. Le mercredi 21 septembre 2011 à 22:40 par Mon Jojo

Perso, je ne sais pas ce que je faisais ce jour là. En revanche je sais que ça m’a soulé direct et que j’en ai eu trop marre tout de suite. Je ne voyais pas de raison de se mettre dans tous ses états pour quelque chose auquel nous ne pouvions rien à une telle distance. J’ai vraiment détesté la densité émotionnelle dans laquelle nous avons été collectivement plongés. Je me souviens d’avoir pensé que j’avais des choses plus importantes à faire (dont je ne me souviens naturellement plus) que de m’intéresser à cet événement. Un artiste a d’ailleurs mis en valeur l’obscénité des images sur lesquelles on voit les tours tomber. Peut être que j’anticipais aussi le prétexte que cet événement allait fournir à toutes sortes de manipulateurs.

J’éprouve encore aujourd’hui une sensation de très fort malaise et de dégoût à regarder les images de la catastrophe.

200. Le vendredi 23 septembre 2011 à 01:04 par bourbon

Pour quelle raison, je ne sais plus, mais ce jour j’étais rentré assez tôt du collège, du moins bien plus tôt que d’habitude. Bien sur, comme la cantine ne proposait jamais rien de viable à manger le midi, ma première et quasi seule préoccupation en rentrant était de fouiller le placard à la recherche de gâteaux à dévorer.
Mécaniquement, les gâteaux et tupperwares en arc autour de moi sur le table, j’allume la télé pour regarder New york police judiciaire juste avant les dessins animés. Je me lève pendant ce temps chercher une canette dans le frigo, dos tourné à la télévision.
Là, le hic, c’est que le son n’était pas comme d’habitude. Bon c’est pas grave, je me rassois je ne sais pas, il y a des jours où ils changent de programme pour des raisons dont on a rien à faire donc télécommande à la main, je passe de la 3 à la 1 puis à la 2. Je me souviens avoir lancé à haute voix “c’est quoi ce bordel”.

Je comprends alors à force d’images rabâchées qu’un avion venait de s’écraser. Quelques secondes après, en direct, je vois le second alors que mon père rentre du travail, pose sa valise sans être au courant de ce que je regardais et je lui dis trivialement “y’a sa sur toutes les chaines”. Jusqu’au soir à l’arrivée de ma mère, sans même être allé au salon regarder cela sur le canapé, je suis resté sur ma chaise en bois à la cuisine, avec mon père sans changer de chaîne …

Je n’avais pas encore compris ce que tout cela représentait, représenterait … les changements de politiques, les guerres, l’impact dans l’esprit de nombre de personnes. Le lendemain, je me souviens que la minute de silence m’avait bien “emmerdé” durant la pause du matin … déjà qu’on avait peu de temps … je(on) me(se) retenais(t) de rire -assez mal- de voir tous ces gens comme s’arrêter de vivre alors que ça c’était passé si loin de notre collège de campagne, loin de toute tour, de tout pentagone …

201. Le jeudi 29 septembre 2011 à 23:06 par Nounours

Petite précision orthographique : “Pearl Harbor”.

“Harbour”, c’est de l’anglais britannique.

202. Le jeudi 29 septembre 2011 à 23:19 par Nounours

“I was American”, avec un “a” majuscule.

C’est promis, j’arrête de chipoter.

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