Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Indulto pour la corrida

— Mon cher maître, je ne décolère pas !

— Ma chère lectrice, je ne puis en être désolé, tant vous voir le rouge aux joues, le cheveu en bataille et la poitrine enflée de fureur contenue me met en joie. Néanmoins, puis-je vous être de quelque secours dans le prédicament où vous êtes ?

— Sans doute, et de deux façons. La première, en me servant une tasse de ce délicieux thé.

— Un Tiě Guān Yīn, excellent choix. Ce thé bleu est faible en théine, et vous n’en avez pas besoin. La seconde ?

— En m’expliquant comment ces monstres sans cœur ont pu faire cela ?

— Pourriez-vous me préciser si vous parlez du Conseil constitutionnel ou de la Cour de cassation ?

— Mais du Conseil constitutionnel, voyons ! Vous savez mon abhorration de la course de taureau.

— À présent, oui.

— Cette coutume barbare reposant sur la mise à mort précédée de sévices d’un animal pouvait être interdite par le Conseil, et il ne l’a pas fait.

— En réalité, ce qu’il n’a pas fait, c’est ce que vous lui reprochez.

— Comment cela ?

— Asseyez-vous, dégustez ce thé, et prêtez moi une de vos charmantes oreilles.

— Vous avez même les deux, mon cher maître.

— Je n’osais en espérer autant. Le Conseil a statué dans le cadre de ses attributions, sur une Question Prioritaire de Constitutionnalité.

— Oui, je me souviens que vous vous en entretîntes avec Jeannot.

— Votre mémoire est comme le Pape : infaillible. Qu’il soit ici suffisant de rappeler que dans toute procédure, une des parties peut poser une telle Question, qui consiste à demander : « Mais au fait, la loi que nous allons appliquer est-elle bien conforme à la Constitution ? ». Le juge saisi ne peut répondre lui-même, mais doit simplement s’assurer de ce que la question est nouvelle, sérieuse et que la solution du litige en dépend. Si telle est le cas, il surseoit à statuer et transmet la question à la cour suprême dont il relève : la Cour de cassation s’il porte une robe, et le Conseil d’État, s’il n’en porte point.

— La robe étant une synecdoque pour dire le juge judiciaire et son absence en étant une autre pour le juge administratif.

— Exactement. Si la Cour de cassation ou le Conseil d’État jugent à leur tour que ces conditions sont remplies, après cette fois ci une procédure spécifique et approfondie, la question est enfin transmise au Conseil constitutionnel qui seul peut statuer. Une fois la réponse obtenue, le procès reprend là où il s’était arrêté, chacun étant sûr de respecter comme i lse doit la Constitution.

— Et d’où venait la QPC cette fois ?

Du Conseil d’État.

— Pourtant, il s’agit d’une disposition du Code pénal ? Nous étions dans les terres des juges à robe noire ?

— En effet, mais le procès qui a servi de point de départ n’était pas un procès pénal. C’était un procès administratif, un recours en annulation contre la décision du ministre de la culture qui a inscrit la corrida dans la liste du patrimoine culturel immatériel de la France — en fait, un recours contre la décision implicite de rejet du ministre qui n’a pas répondu dans les 2 mois à la demande de l’association Comite Radicalement Anti-Corrida Europe et de l’association Droits Des Animaux de revenir sur cette décision, mais passons. Ces associations ont saisi le tribunal administratif de Paris, estimant que ce refus était illégal, et à cette occasion, ont attaqué la disposition législative qui légalise la corrida, mais dans certains endroits seulement.

— Comment cela ?

L’article 521-1 du Code pénal interdit et réprime tout sévice commis sur un animal.

— Musique à mes oreilles.

— Las, la musique va devenir grinçante, car cette loi prévoit deux exceptions. “Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie”.

— Mais comment connaître ces endroits où la tradition met en échec la loi pénale ?

— Nous voilà au cœur du problème. C’est la jurisprudence qui décide s’il y a ou non tradition locale ininterrompue. Ce qui pose un problème : celui de la prévisibilité de la loi contre l’arbitraire du juge. Ce n’est qu’en organisant un tel spectacle, donct en prenant le risque d’être poursuivi au pénal, que l’on peut seulement faire trancher la question, car la jurisprudence intervient par définition a posteriori quand la loi intervient par nature a priori. La cour d’appel de Toulouse a rendu un arrêt le 3 avril 2000 qui tentait de résoudre la question à la truelle, mais avec des élans lyriques assez rares dans une décision judiciaire. Je cite (imaginez les cigales en fond sonore et un accent rocailleux des bords de la Garonne pour renforcer l’effet) : « il ne saurait être contesté que dans le midi de la France entre le pays d’Arles et le pays basque, entre garrigue et méditerranée, entre Pyrénées et Garonne, en Provence, Languedoc, Catalogne, Gascogne, Landes et Pays Basque existe une forte tradition taurine qui se manifeste par l’organisation de spectacles complets de corridas de manière régulière dans les grandes places bénéficiant de structures adaptées permanentes et de manière plus épisodique dans les petites places à l’occasion notamment de fêtes locales ou votives ».

— En somme, une fois au sud de Bordeaux, on peut tuer du taureau en paix.

— C’est un peu le sens de cette décision, non frappée de pourvoi, qui permettait à Rieumes d’organiser une telle course. Mais, et vous allez voir le problème de prévisibilité, le 10 juin 2004, la cour de cassation cassera un autre arrêt de la même cour autorisant la même commune à organiser une course de taureau. La cour avait reconnu la persistance d’une telle tradition dans la ville voisine (de 40 km) de Toulouse, alors même que la dernière corrida à Toulouse remontait à 1976, tradition qui se manifesterait notamment par l’existence de corridas complètes dans la zone démographique constituée par la région toulousaine, par des spectacles taurins de type becerrada avec banderilles et simulacre de mise à mort, par la vie de clubs taurins locaux, de manifestations artistiques et culturelles ou scientifiques autour de la corrida, par des émissions de la télévision locale, par l’existence de rubriques spécialisées dans la presse locale et par le déplacement d’aficionados locaux vers les places actives voisines ou plus éloignées.

— C’est un peu tiré par les cheveux.

— C’est ce qu’a dit, mais en termes plus juridiques, la Cour de cassation, en cassant l’arrêt par un laconique “en statuant ainsi, sans préciser si la localité de Rieumes se situait bien dans un ensemble démographique local où l’existence d’une tradition taurine ininterrompue se caractérisait par l’organisation régulière de corridas, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision”. Comme d’habitude, la Cour use peu de mots pour en dire beaucoup. Cette décision précise que l’exception ne s’applique qu’au niveau local, et non “entre garrigue et méditerranée, entre le pays d’Arles et le pays basque”.

— Vous faites très mal l’accent du sud-ouest.

— Que voulez-vous. Pour moi, le sud-ouest, c’est Meudon. Outre cette délimitation locale, qui exclut que la tradition reconnue à Toulouse s’applique à Rieumes, la Cour de cassation exige qu’on caractérise son caractère ininterrompu. C’est-à-dire que si les corridas cessent pendant un laps de temps assez long (sauf en cas de fermeture prolongée des arènes, cause indépendante de la volonté des organisateurs), elles deviendront illégales définitivement. Ce qui fait qu’à mon avis, Toulouse a perdu sa tradition tauromachique mais je ne crois pas que la question ait été tranchée.

— Outre le problème de la prévisibilité, quelle était l’argumentation des associations en cause ?

— Elles soulevaient l’atteinte à l’égalité devant la loi : comment ce qui est un délit à Bourges serait légal à Nîmes, alors que la France est Une et indivisible, et que la loi est la même pour tous ?

— Oui, comment, je vous le demande ?

— Avant de vous répondre, je souligne que la question posée n’est pas si la course de taureau est un spectacle moralement acceptable. On est sur une question de pur droit : la loi peut-elle prévoir une telle exception, et avec des critères aussi flous de surcroît ?

— Je comprends, il n’est donc pas possible de tirer du sens de la décision rendue des conclusions sur la position personnelle des neufs membres du Conseil sur cette tradition.

— Exactement. Il est temps à présent de lever le voile. Le Conseil a jugé que cette disposition était conforme au principe constitutionnel de l’égalité devant la loi, en rappelant le sens qu’il a donné à ce principe. Et le fait est que jamais ô grand jamais le Conseil n’a eu une interprétation rigide de l’égalité devant la loi. Au contraire, il admet que la loi connaisse des variations géographiques, et même en tenant compte de traditions locales (ainsi pour la chasse de nuit, validée par une décision n°2000-434 DC du 20 juillet 2000, Loi relative à la chasse) mais sous conditions strictes.

— Quelles sont ces conditions ?

— La formule consacrée est la suivante : ce principe « ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit ». On la retrouve dans une décision n° 2009-578 DC du 18 mars 2009, Loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion, dans une décision sur QPC n° 2010-3 QPCC du 28 mai 2010, Union des familles en Europe (Associations familiales), et dans une décision sur QPC n° 2010-3 QPCC du 28 mai 2010, Union des familles en Europe (Associations familiales).

— Et tel était le cas ici ?

— Tout le raisonnement se trouve dans le 5e considérant. Tout d’abord, le Conseil relève que cette exception ne porte atteinte à aucun droit constitutionnellement garanti, ce qui aurait entraîné la censure, bien sûr. Ensuite, il constate que la différence de traitement qui en résulte est en lien direct avec l’objet de la loi, car l’exception à l’interdiction des sévices sur animaux repose sur une tradition locale, et ne porte que sur les actes relevant de cette tradition (Même si vous habitez à Nîmes, vous ne pouvez tuer un taureau à coup de hache dans votre jardin).

— Et sur l’arbitraire ?

— Le Conseil n’a rien contre le fait de laisser un large pouvoir d’interprétation au juge sur les considérations de fait, tant que les termes sont assez univoques. Ainsi, dans sa décision HADOPI, créant la désormais célèbre contravention de négligence caractérisée dans la sécurisation de son accès internet, le conseil a estimé que les mots “négligence caractérisée” étaient suffisamment clairs (la jurisprudence a depuis eu l’occasion de définir ce qu’est une telle négligence caractérisée : laisser sa femme utiliser son ordinateur). Ici, le Conseil, en se référant implicitement à la décision de la Cour de cassation de 2004, qui limite localement et exigeait l’organisation régulière de corridas pour que la tradition soit ininterrompue, a estimé que la loi protégeait suffisamment en l’état contre le risque d’arbitraire.

— En effet, il ne fut point question du sort des animaux concernés.

— Parce que la question n’a pas été posée, et d’ailleurs, notre Constitution est muette sur la question des sévices sur les bêtes, la loi suffisant bien pour traiter de la question. Le juge, qu’il soit judiciaire, administratif ou constitutionnel, ne peut répondre qu’aux questions qu’on lui pose dans les formes légales et auxquelles la loi lui donne pouvoir de répondre. C’est là une limitation essentielle de son pouvoir, qui est une garantie démocratique. Les juges sont confrontés souvent à des justiciables qui les voient un peu comme des surhommes capables de régler tous leurs problèmes d’un coup de baguette magique. Et ne comprenant pas que le juge refuse même de les entendre sur ces problèmes, en déduit que ce sont des gens bien indifférents et inhumains. Heureusement, l’exécutif veille à dissiper ce préjugé en expliquant clairement aux citoyens le fonctionnement de sa justice.

— Ha ! Ha ! J’adore quand vous faites de l’humour.


Billet réalisé en grande partie en s’appuyant sur le lumineux commentaire aux Cahiers (pdf).

Commentaires

1. Le vendredi 21 septembre 2012 à 17:36 par bat

Et la valeur juridique d’une tradition, quelle est elle?

Eolas:
Celle que lui donne la loi.

2. Le vendredi 21 septembre 2012 à 18:08 par Dubitatif

La réponse du Conseil constitutionnel était prévisible.
Le problème, en dehors de la corrida, est qu’on peut tordre comme on veut l’égalité selon ce considérant hélas trop utilisé:

ce principe « ne s’oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général, pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit ».

Lequel peut permettre de vider le principe d’égalité de son contenu.

Reste que la QPC était un peu trop habile, au prix d’un double détour:

-réussir à faire considérer que la disposition s’appliquait au litige,
- en l’absence de droits des animaux, passer parle détour de l’égalité: à la limite le Conseil constitutionnel aurait pu juger qu’il convenait de permettre l’exercice taurin partout en France, même si le Code pénal semble bien considérer qu’il s’agit quand même de sévices envers les animaux.

3. Le vendredi 21 septembre 2012 à 18:21 par pergolese

Au-delà de cette décision, le sujet lui-même va peut-être susciter d’autres débats, moins juridiques et davantage politiques (et donc plus polémiques) ; en particulier celui de la légitimité des exceptions à un principe qui, par sa nature même ne devrait en susciter aucun…Surtout si l’exception en question est le respect d’une tradition (qui a pour particularité de ne jamais trouver de justification en dehors d’elle-même).

Et j’en viens à penser à la circoncision qui a agité beaucoup d’esprits outre-Rhin…

En France, que je sache, la circoncision est illégale, étant contraire à l’article 16-3 du code civil au nom d’un principe (le respect de l’intégrité physique de la personne hors d’état de manifester un quelconque consentement) qui lui aussi ne saurait par nature souffrir d’aucune exception hormis l’exception médicale. Ce qui d’ailleurs le cas puisqu’en l’occurrence, l’article 16-3 du code civil ne prévoit pas l’exception religieuse.

Je me demande si certains ne croisent pas les doigts pour que cette polémique ne passe pas les frontières…Je vois déjà le ramdam que cela pourrait faire…

4. Le vendredi 21 septembre 2012 à 19:02 par RG

@ Eolas

imaginez les cigales en fond sonore et un accent rocailleux des bords de la Garonne pour renforcer l’effet

Les cigales sont strictement interdites à Toulouse. Les grillons ou les crapauds sont supportés le soir mais uniquement parce que c’est la tradition.

5. Le vendredi 21 septembre 2012 à 19:03 par Troisième jambe

Je dirais même plus, je vois déjà le ram(a)dam que cela pourrait faire !

6. Le vendredi 21 septembre 2012 à 19:12 par Miko

Ah ! La patte du Maître, que ça fait plaisir à lire - à défaut d’entendre votre fort mauvaise imitation de l’accent du Sud-Ouest !

Le mékeskidi que je suis se retrouve bien dans ce texte, à tel point que je n’ai nulle question à soumettre. Juste ma reconnaissance à vous témoigner.

Vous reprendrez bien une oreille ?

7. Le vendredi 21 septembre 2012 à 19:53 par Pascal

Ah, maitre, cela fait plaisir de revoir votre plume même si je l’attendais plus sur la décision Hadopi qui a été prononcée.

8. Le vendredi 21 septembre 2012 à 21:05 par sud et sud

Des cigales en terres de Garonne ?! Il vous faudra voyager (plus à l’est)…

9. Le vendredi 21 septembre 2012 à 21:17 par Giangi

“et un accent rocailleux des bords de la Garonne pour renforcer l’effet”, écrivez-vous… Mais en quoi l’accent de la Garonne est-il donc rocailleux ? je le trouve au contraire fort mélodieux…

Eolas:
Je citais Claude Nougaro.

10. Le vendredi 21 septembre 2012 à 21:39 par jimv

Merci pour ce billet juridique qui comporte le fait de la “tradition locale ininterrompue”.
Ouf, je vis entre Alpilles et Durance (la Petite Crau). Le Taureau est notre passion, il donne sens à ce que nous faisons. La corrida on en a 5 ou 6 dans l’année, mais ce n’est pas vraiment notre truc.

Chez nous , on va à la “course libre” d’abord. Ici, seul le taureau a droit de tuer et de n’être pas abattu pour cela, pire il reviendra “en piste” ; dans ma mémoire “Cid”. Car nos taureaux ont un nom, qui est d’ailleurs écrit en plus gros sur les affiches que celui des razeteurs.

Si vous allez sur le site de la FFCC (Fédération Française de la Course Camarguaise) vous verrez que ce sont toujours les noms des taureaux qui priment ceux qui les combattent (le nom de la manade est aussi important) ici.

Ceci dit, le rituel de la mise à mort dans la corrida est exceptionnel (bien que je n’y aille que très rarement). C’est le combat d’un homme contre une bête sauvage, avec des règles antiques faisant honneur à l’animal et où l’homme est en danger:c’est la manière qui fait ici la différence d’avec la boucherie… pourquoi pas ?

Houps, ce n’est pas juridique ! … quoique.

En tous cas

11. Le vendredi 21 septembre 2012 à 22:13 par Monseigneur

Il me semble mon fils que l’infaillibilité de votre Très Saint Père ne se rapporte qu’à des points de dogme très limités et seulement lorsqu’il s’exprime ex cathedra. Nous savons votre goût suranné et votre talent époustouflant pour la défense et la promotion de votre mère l’Église , mais tenez-les un peu que diable ! Ou les libertins vont encore jaser…

12. Le vendredi 21 septembre 2012 à 22:52 par vahine tahiti

je confirme le commentaire n°8 qui me donne le chagrin, pour une fois, de vous mettre en défaut : après treize ans passés dans les vieux murs de la juridiction de Toulouse , dont 10 à la cour d’ appel, qu’on n’y entend pas les cigales, ni dedans, ni dehors, même à la campagne ! vous devez vous tromper de sud; mais OK pour l’accent, encore qu’il est sans doute plus rocailleux à Rieumes que dans les prétoires toulousains, tout se perd que voulez vous

13. Le vendredi 21 septembre 2012 à 23:11 par Malavita

Une question m’obsède : si, dans une région donnée, même les mémés aiment la castagne, serait-il possible d’y organiser des combats de boxe thaïe mixtes qui soient ouverts aux seniors ?

Merci d’avance de votre réponse.

ps : mon épouse trouve votre accent parigot délicieusement exotique.

14. Le samedi 22 septembre 2012 à 06:24 par Alex

@10: “C’est le combat d’un homme contre une bête sauvage, avec des règles antiques faisant honneur à l’animal et où l’homme est en danger”.

Une bête tellement sauvage qu’on est obligé de la blesser (travail des picadors) pour qu’elle devienne agressive, faute de quoi elle resterait paisiblement assise dans l’arène, à regarder le couillon avec son chapeau de Mickey et son pantalon moule-burnes qui s’agite inutilement devant elle.

Bref.

15. Le samedi 22 septembre 2012 à 08:31 par David

N’y aurait-il pas volontairement un petit ton à la Hemingway dans ce billet ?

16. Le samedi 22 septembre 2012 à 09:19 par DM

@Malavita: Suggérez-vous que les personnes âgées relèvent de la protection des animaux ?

Remarquons que l’on ne parle généralement que de la corrida, mais que la phrase suivante du même article permet les combats de coqs dans les mêmes conditions (tradition locale ininterrompue). La raison de cette moindre couverture médiatique est peut-être que ces combats n’ont lieu qu’outre-mer (je n’en ai jamais entendu parler en métropole, en revanche j’ai vu des entraînements de coqs de combat à la Réunion).

17. Le samedi 22 septembre 2012 à 09:55 par Schleuder

Beaucoup de bruit pour quelques taureaux… Personne ne parle des mouches, qui elles, souffrent…

18. Le samedi 22 septembre 2012 à 10:13 par Armand017

D’autant qu’on a d’autres exemples d’exceptionnalité : les Messins et leurs frères Alsaciens savent bien que chez eux, dans la République Une, Laïque et Indivisible, on peut avoir des cours de religion (ou de morale), un Vendredi Saint et un 26 décembre férié… Même si les ultras-laïques hurlent en coeur de temps en temps.
Les anti-corridas vont devoir se battre encore un peu.

Puisque c’est à la mode de demander son avis au peuple en permanence (traité européen, mariage gay, que sais-je ?), pourquoi pas un bon petit référendum des familles ?

PS : je suis avec vous sur Meudon, Maître, leur accent est intolérable !

19. Le samedi 22 septembre 2012 à 10:47 par villiv

En somme, en résumé, en tout état (de cause ou pas), partant et autrement posé : la loi est conforme à la constitution …et Meudon est dans le sud’ouest

Et ce sera justice !

20. Le samedi 22 septembre 2012 à 11:26 par RG

@Eolas

Claude Nougaro.

Ou Claude Onesta qui est d’Albi.

21. Le samedi 22 septembre 2012 à 11:44 par LDBF

Voilà des commentaires bien agréables à lire : légers, drôles… : bravo, continuez… Cela me change des corridas virtuels (et cela ne manque pas dans les commentaires sur différents sujets : si des taureaux déchaînés peuvent faire plaisir, d’autres le sont beaucoup moins) : olé !

Merci et bon week-end à tous,

22. Le samedi 22 septembre 2012 à 11:54 par Malavita

@ DM (16) : {{Suggérez-vous que les personnes âgées relèvent de la protection des animaux ?
}}

Faut pas voir le mal partout ; concernant les mémés (qui) aiment la castagne, je faisais juste une citation de Nougaro (Toulouse).

23. Le samedi 22 septembre 2012 à 13:58 par RG

Rappel historique: la première corrida toulousaine eut lieu en l’an 150 (?) d’une querelle de voisinage entre un taureau résidant rue du Taur et l’évêque Sernin (ou Saturnin) résidant à la basilique Saint-Sernin située au bout de celle-ci, le taureau l’emporta aisément. Depuis lors la querelle de voisinage est un usage et on se traite de con à peine qu’on se traite.

24. Le samedi 22 septembre 2012 à 14:57 par JeanP

Les plaignants n’ont-t-ils pas invoqué la Charte de l’environnement, en arguant que la prévention d’actes de cruautés envers les animaux entre dans le cadre de la protection de l’environnement?

@DM (16):
Les combats de coq sont légaux dans le Nord et en Flandres.
D’ailleurs des belges et des britanniques y vont car, chez eux, ces activités sont illégales.

On peut dire que cette disposition, basée sur l’observation de la coutume, fait inédit en droit pénal français, est, avec les articles 1382 à 1386, un des domaines dans lequel la jurisprudence a joué un grand rôle dans l’interprétation de ces articles.

25. Le samedi 22 septembre 2012 à 15:14 par LDBF

Pour une fois, je vais faire un copier-coller, je vais m’exprimer en chanson comme Holmès : dans mon pays d’Espagne olé, y’a un chateau comme ça … et des taureaux comme ça…

26. Le samedi 22 septembre 2012 à 15:59 par Holmes

@ LDBF (25)

LDB..F,

” L’F est mère.”

Robert Desnos, Corps et Biens.

27. Le samedi 22 septembre 2012 à 16:25 par LDBF

@26 Holmes

Merci de ne pas avoir écrit “elle est fée mère “… car une fée supporte d’être parfaite…

28. Le samedi 22 septembre 2012 à 16:26 par LDBF

Zut : je voulais écrire “suppose” mais tout le monde l’aura compris : désolée de mes erreurs de frappe.

29. Le samedi 22 septembre 2012 à 17:09 par XS

Je suppose que dans ce cas-là, il ne reste plus aux opposants à la corrida qu’à maintenir une tradition locale qui consistera dans un premier temps à continuer à brocarder les toréros, puis continuer sur quelque chose de plus sérieux (piques, banderilles), et pour terminer leur couper les oreilles et la queue, pour s’inspirer de la “tradition” qu’ils appliquent aux taureaux.

Ce concept de “tradition” est dangereux. Montesquieu et Pierre Bayle doivent se retourner dans leur tombe. Cela permet-il par exemple de justifier les violences conjugales, au titre que ce serait une “tradition” dans certaines familles, cultures ou régions? Ou encore de justifier la corruption d’élus, au titre que ce serait une “tradition” dans certains milieux politiques?

30. Le samedi 22 septembre 2012 à 18:05 par A.P.

@XS (29):

Cf. réponse d’Eolas en 1 : la tradition a pour seule valeur juridique celle que la loi veut bien lui donner.

Je ne crois pas que la loi prévoie d’exception de tradition pour les coups aux conjoints, ni pour la corruption (fût-ce entre garrigue et Méditerranée).

31. Le samedi 22 septembre 2012 à 19:35 par Jean

Souffrez d’abord que je vous corrige, Maître, ligne 22 : “tel est le cas”
Ensuite, et bien tout occupé à imaginer le tailleur de cette lectrice, j’en ai perdu le fil du débat !

Sinon, sur le fond, je dirais que si la paix sociale nécessite pour des sudistes au sang bouillant quelque sacrifice animal, et bien qu’on taille dans cette viande ruminante. Après tout, plutôt eux que nous, non ? et qui se soucie des milliers de bovins finissant dans le couloir de la mort pour enjoliver nos assiettes ?

32. Le samedi 22 septembre 2012 à 20:06 par mjay42

Je reprends le commentaire numéro 31 et j’y ajoute un simple “+1” :)

33. Le samedi 22 septembre 2012 à 21:18 par Janjak

@ Jean (31) et @mjay42 (32)
Le problème moral posé par la corrida n’est pas que l’on tue l’animal, mais qu’on se permette de le torturer puis de le tuer juste pour le plaisir du spectacle. Tuer l’animal pour le manger ne pose pas (ou moins ?) de problème moral dans la mesure où l’homme est naturellement carnivore. Le but de l’activité d’abattage n’est pas de tuer des animaux pour le plaisir de tuer mais de produire de la viande.

Si un jour les progrès de la biotechnologie nous permettent de faire croître des steaks dans des citernes sans passer par l’élevage et l’abattage d’animaux, on pourra manger de la viande sans tuer des bêtes, mais je doute que les amateurs de jeux taurins sanglants se satisfassent, par exemple, d’une corrida virtuelle avec un taureau-robot télécommandé… je pense que dès qu’il s’agit de chasse ou de corrida, l’argument de la “tradition” ne sert qu’à cacher des pulsions peu avouables…

34. Le samedi 22 septembre 2012 à 21:23 par Janjak

Pour compléter mon commentaire précédent (33) et pour reprendre une citation de @Jean (31) modifiée par mes soins : “si la paix sociale nécessite pour des franchouillards au sang bouillant un ou deux coups de guillotine par an sur des violeurs d’enfants, eh bien qu’on taille dans cette viande criminelle. Après tout, plutôt eux que nous, non ?”

35. Le samedi 22 septembre 2012 à 22:30 par Nardukodonosor

Et je suis heureux de voir que le conseil constitutionnel ait mobilisé son temps et nos moyens pour régler une question aussi importante.

En clair, y’a des coups de pied dans le fion qui se perdent…

@ Janjak en 34

J’aime votre point de vue.

36. Le dimanche 23 septembre 2012 à 00:02 par RG

@33 Janjak

l’homme est naturellement carnivore

Je serais curieux de savoir où vous habitez car chez nous en Haute-Garonne à part les chats personne n’a de dentition de carnivore, y compris nos ours.

37. Le dimanche 23 septembre 2012 à 10:08 par Jean

@Janjak
je pense que ce n’est pas parce qu’une mise à mort a une utilité (faire de la viande) qu’elle est morale. Non. Définitivement non. Avec ce principe, on peut supprimer n’importe qui “par nécessité”, par “intérêt général”. Une classe entière de paysan pour Staline, les aborigènes d’australie, etc. On peut mettre des gens sur des bûchers pour l’exemple ou sous la lame de la guillotine, on peut saigner à mort un taureau avant de l’achever pour assouvir la pulsion de mort dans le coeur des hommes, car elle existe, Jak, elle est encore là, cette pulsion redoutable et têtue.
Pensez aux bûchers de vaches folles, avez vous vue ces photos immondes ? Cherchez la broyeuse à poussin sur google ! voyez ces poulets égorgés agonisant par millions dans les chaînes de production, et ces morts en Lybie avec les avions que j’ai payé !
Non, Aucune mise à mort n’est morale. Aucune. Définitivement. C’est définitivement monstrueux. Jak, je vous le révèle ici, nous sommes des monstres que nos descendants (je l’espère), jugeront avec sévérité. Ce serait bien laid de se cacher derrière plus “barbares que soi”. Nous devons l’assumer, Jak, la tête basse, mais l’assumer. Si nous évoluons, c’est tous ensemble, pas les uns contre les autres.

38. Le dimanche 23 septembre 2012 à 12:04 par gil

A propos d’usages et de leur valeur juridique voir les arrêts de la cour d’appel de Montpellier (confirmés en cassation) relativement à l’application de ce que dans l’aire linguistique catalane (en fait le département des PO) on nomme la loi strate (de façon abusive puisqu’il ne s’agit pas d’une loi mais d’un usage écrit en langue catalane) et qui prime sur le code civil !

39. Le dimanche 23 septembre 2012 à 12:07 par gil

Pardon, erreur de plume et lire loi stratae, du premier mot de cet usage : stratae, viae….. qui forme l’article 72 des Usatges de Barcelona et qui date de l’an 1068.

40. Le dimanche 23 septembre 2012 à 12:57 par Stephane

‘Non, Aucune mise à mort n’est morale. Aucune. Définitivement. C’est définitivement monstrueux. Jak, je vous le révèle ici, nous sommes des monstres que nos descendants (je l’espère), jugeront avec sévérité. Ce serait bien laid de se cacher derrière plus “barbares que soi”. Nous devons l’assumer, Jak, la tête basse, mais l’assumer. Si nous évoluons, c’est tous ensemble, pas les uns contre les autres.’

Allez parler de morale a une lionne pendant qu’elle egorge une gazelle pour voir…..

41. Le dimanche 23 septembre 2012 à 13:02 par RG

@40 Stephane

Allez parler de morale a une lionne pendant qu’elle egorge une gazelle pour voir…..

C’est tout vu, elle vous dira que la gazelle a bien vécu car elle ne l’a pas élevée en batterie.

42. Le dimanche 23 septembre 2012 à 15:12 par Holmes

L’arbitraire du juge, lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée…

  • Argumentum cornutum - ou argument cornu -

° Comme pour dire que ceux qui l’employaient (les sophistes, plus particulièrement) frappaient leurs adversaires des deux côtés à la fois.

La règle principale du dilemme étant qu’il n’y a pas de milieu entre les différents partis offerts à ceux qui argumentent.

“Cornu” finit donc par désigner le propre de ce qui est captieux, spécieux.°

- La Muleta (Les Cornes de Dilemme) -

43. Le dimanche 23 septembre 2012 à 16:22 par Pascale

N’ayant point de compétences juridiques, je n’interviendrai pas sur cette question de droit. L’inhumnité de la corrida, son caractère abject devraient sauter aux yeux de tout être humain, mais passons. Même si on invoque la tradition, en France, la tradition c’est la course landaise et la course camarguaise, pas la corrida qui n’a été importée que pour le bon plaisir de la meuf de Badinguet.

Mais quitte à passer pour la reine du fayotage, je tiens à apporter mon soutien à notre Maître à tous, car il y a des cigales bien au-delà du pourtour méditerranéen. Ici, en Charente, il ne se passe pas d’été sans qu’on les entende. Les chipoteurs viendront dire que c’est-pas-les-mêmes, certes, et elles ne chantent pas de manière aussi entêtante que dans le Sud-Est, mais quand même. Celle-ci a été photographiée dans notre jardin : http://i80.servimg.com/u/f80/11/80/… Et toc.

44. Le dimanche 23 septembre 2012 à 16:36 par RG

@Pascale

Taratata, il y a des cigales en Charente, en Dordogne, dans les Landes mais elles ne dépendent pas de la cour d’appel de Toulouse.

45. Le dimanche 23 septembre 2012 à 17:36 par Pascale

@RG,

Arf© (o:

Tssssss… je suis sûre qu’on trouve plein de cigales qui dépendent de la Cour d’Appel de Toulouse !
Halte à la main mise méditerranéenne sur les cigales ! Amis du Sud-Ouest, défendons nos cigales contre l’hégémonie du Sud-Est ! Défendons notre tradition cigalière ininterrompue !

46. Le dimanche 23 septembre 2012 à 17:50 par Légion d'Honneur

@10:
“C’est le combat d’un homme contre une bête sauvage, avec des règles antiques faisant honneur à l’animal “
Non : c’est le combat entre l’Homme (ou un de ses meilleurs représentants, habillé par modestie en gigolo) et un ensemble de brochettes vivantes….

47. Le dimanche 23 septembre 2012 à 18:29 par RG

@43 Pascale

Je remets un lien correct vers votre cigale. Il y en a de passage mais elles ne se fixent que là où la végétation est propice, dans les calcaires du Lot par exemple.

Dans notre cour d’appel la corrida est tombée en désuétude et les arènes de Toulouse ont depuis longtemps été transformées en un ……. lycée tout rond :)

@46 Légion d’Honneur

D’autant qu’il s’agit tout au plus d’un combat d’un homme contre un animal domestique.

48. Le dimanche 23 septembre 2012 à 18:39 par Pascale

Merci beaucoup, RG ! Ici, nos cigales sont en effet sur des terres calcaires. On en entend plus ou moins chaque année, selon la météo. J’ai déjà trouvé aussi une exuvie.
Le lycée des arènes a l’air magnifique ! Faire d’un lieu de torture et de mort un lieu d’apprentissage, c’est chouette.
Les taureaux de corrida ne sont effectivement pas autre chose que des animaux domestiques, pas plus agressifs qu’une vache Aubrac ou Salers. Attention, j’essaie de remettre un lien : http://www.sauvons-un-taureau-de-co… (je sais écrire un lien en HTML ou en BBCode, mais là, je n’y arrive pas…. couine couine couine couine !!!)

49. Le dimanche 23 septembre 2012 à 18:47 par Alain38

Bonjour cher Maitre,
juste une question un peu (beaucoup) provocatrice, enfin surtout pour les défenseurs des animaux (même si personnellement je n’apprécie pas les corridas). N’est ce pas cette même “tradition” qui autorise en France le maintien en esclavage (désolé mais il n’y a pas d’autres termes) de 30 millions d’animaux (enfin si j’en crois le titre d’une célèbre revue) et ce uniquement pour le plaisir et l’amusement de leurs maîtres? Et pour nombre d’entre eux la torture leur est connue ne serait-ce qu’au moment où on les castre.

50. Le dimanche 23 septembre 2012 à 19:06 par LDBF

@40 Stéphane
“Allez parler de morale a une lionne pendant qu’elle egorge une gazelle pour voir”…..

Pfff… C’est encore la lionne qui doit tout écouter et tout faire … Et les lions ? alors ? Ah ! c’est vrai, j’avais oublié qu’ils étaient des grands dormeurs… vive la parité lol.

51. Le dimanche 23 septembre 2012 à 19:19 par RG

@49 Alain38

Vous n’y êtes pas, les animaux domestiques tout comme vous homo sapiens sont atteints de néoténie et les deux sont faits pour vivre et/ou travailler ensemble.

52. Le lundi 24 septembre 2012 à 01:00 par Marcel

Question idiote : cette “souplesse” du Conseil Constitutionnel concernant l’égalité devant la loi n’aurait-il pas pu/dû l’empêcher de censurer la première tentative d’établir une riposte graduée pour le p2p, à l’époque de DADVSI ?

En effet, on se souvient que plusieurs années avant HADOPI, le gouvernement Raffarin (ou Villepin, je ne sais plus qui était le 1er Ministre à l’époque) avait tenté de mettre en place un système de riposte graduée pour les contrefaçon en p2p, et que le CC avait censuré au motif que cela brisait l’égalité devant la loi (les contrefaçons faites avec un autre moyen demeurant punies selon “l’ancien” système), forçant par la suite Sarkozy et les lobbyistes de l’INPI à inventer un délit spécifique (la négligence caractérisée).

Néanmoins, il me semble que le principe de la riposte graduée contre le délit de contrefaçon via un logiciel de partage de fichiers aurait pu parfaitement répondre à la définition d’une différence de traitement impliquant une “différence de traitement en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit”.

Non ?

53. Le lundi 24 septembre 2012 à 02:29 par PEB

En fait, le conseil constitutionnel a un principe de base: laisser au législateur sa responsabilité pleine et entière. Les deux principaux reproches sont le plus souvent que ce dernier méconnait sa compétence (sous prétexte de ratisser large, on en vient à une loi inapplicable car privée de base légale ou, dans la même veine, on laisse les clefs de contact sur le volant à l’Exécutif); ou qu’on légifère n’imorte comment (cavalier législatif) au risque de l’illisibilité (malgré les conseils de Confucius comme quoi la loi devait être aussi claire que le soleil en plein jour même pour la ménagère la plus obtuse).

S’il plaisait au Gouvernement, sous couvert du Parlement, de réprimer durement les traditions taurines, ce serait son affaire et non pas de l’avis de quelque juge que ce fût.

Dans le cas du mariage gay, le conseil a dit, qu’en l’état actuel des textes, il était impossible mais que cette question relève plus de débat public porté dans les Chambres (soit dit sans malice) que des juridictions suprêmes.

Le conseil est une juridiction composés d’hommes publics dont certains ont une grande expérience de la vie parlementaire et politique. Leur mode de désignation vise à en faire non pas des juges souverains de la législation, la faisant évoluer à la guise de l’idéologie dominante, mais un garde-fou des libertés essentielles et de la bonne facture de la loi.

Concernant le noble art de la tauromachie, il appartient donc à la vie politique national de se saisir de ce débat. Or, une bonne partie des députés sont élus par des électeurs de circonscriptions couvertes d’arènes. Ils ne leur viendraient pas à l’esprit de mettre fin aux plaisirs des afficionados sous peine de perdre leurs précieux mandats populaires…

Reste donc, pour les opposants, à convaincre une très forte et très écrasante majorité dans la population, notamment du Sud-Ouest où la très noble et très ancienne corporation des habits de lumière est particulièrement redoutable et redouté. C’est un peu de la prise d’otage mais les politiques locaux eux-mêmes applaudissent aux exploits de l’homme face à la bête et de la bête face à l’homme… Olé!

Pour ces questions de société d’ordre général, je préfère quand c’est le Peuple souverain ou sa représentation qui s’en chargent plutôt que d’honorables magistrats qui n’ont de légitimité qu’à trancher dans des affaires particulières (article 5 du code Napoléon).

54. Le lundi 24 septembre 2012 à 12:11 par RG

“Aux yeux du juge, la tradition locale (tauromachie) n’est pas interrompue après trente-deux ans d’interruption.” (sic)

C’est un arrêt olé olé.

55. Le lundi 24 septembre 2012 à 12:11 par Mode Provoc

Mode provoc’ :
Et la boxe? Coups et blessures avec préméditation. Et là, il ne s’agit pas d’animaux. Quoi que…

56. Le lundi 24 septembre 2012 à 12:15 par AG

Pour notre cher hôte, j’exhume de l’infaillibilité pontificale cette petite bulle de Pie V :)

”Bulle de saint Pie V « De salute Gregis » du 1 novembre 1567 :

Soucieux du salut des brebis du Seigneur confiées à Notre garde par un dessein de la Providence, et poussé par les obligations de Notre charge pastorale, Nous déployons de constants efforts pour préserver tous les fidèles de ce troupeau des maux imminents qui menacent les corps aussi bien que les âmes.

1. Assurément, la coutume détestable du duel introduite par le démon, en vue d’entraîner en même temps que la mort sanglante des corps la perte des âmes, a été condamnée en vertu d’un décret du Concile de Trente ; cependant, en de nombreuses villes et autres lieux, on ne cesse d’organiser des spectacles privés ou publics consistant en des courses de taureaux ou d’autres animaux sauvages destinées à faire exhibition de force et d’audace, courses qui occasionnent fréquemment des accidents mortels ou des mutilations, et sont un danger pour les âmes.

2. Pour Nous donc, considérant que ces spectacles où taureaux et bêtes sauvages sont poursuivis dans l’arène ou sur la place publique sont contraires à la piété et à la charité chrétiennes, et désireux d’abolir ces sanglants et honteux spectacles dignes des démons et non des hommes et d’assurer avec l’aide divine, dans la mesure du possible, le salut des âmes : à tous et à chacun de princes chrétiens, revêtus de n’importe quelle dignité aussi bien ecclésiastique que profane, même impériale ou royale, quels que soient leurs titres ou quelles que soient la communauté ou république auxquelles ils appartiennent, Nous défendons et interdisons, en vertu de la présente constitution à jamais valable, sous peine d’excommunication ou d’anathème encourus ipso facto, de permettre qu’aient lieu dans leurs provinces, cités, terres, châteaux forts et localités, des spectacles de ce genre où l’on donne la chassa à des taureaux et à d’autres bêtes sauvages. Nous interdisons également aux soldats et aux autres personnes de se mesurer, à pied ou à cheval, dans ce genre de spectacle, avec les taureaux et les bêtes sauvages.

3. Et si quelqu’un vient à y trouver la mort, que la sépulture ecclésiastique lui soit refusée.

4. Nous interdisons également sous peine d’excommunication aux clercs, aussi bien réguliers que séculiers, pourvus de bénéfices ecclésiastiques ou engagés dans les Ordres sacrés, d’assister auxdits spectacles.

5. Quant aux obligations, serments et vœux, sans exception, faits jusqu’à présent ou promis pour l’avenir par n’importe quelles personnes, par l’Université ou le collège, concernant ces sortes de chasses de taureaux, même lorsqu’elles ont lieu, par suite d’une fausse piété, en l’honneur des saints ou à l’occasion d’une solennité ou fête ecclésiastique quelconques – qu’il faut au contraire honorer et célébrer par des louanges, des réjouissances spirituelles et des œuvres pies et non par ce genre de spectacle – Nous les interdisons absolument, les cassons et les annulons et, suivant les cas, jugeons et proclamons à jamais qu’on doit les considérer comme nuls et non avenus.

6. Nous ordonnons à tous les princes, comtes et barons feudataires de la sainte Église romaine, sous peine de privation de leurs fiefs qu’ils ont reçus de la sainte Église elle-même, et Nous exhortons dans le Seigneur les autres princes et seigneurs chrétiens et leur ordonnons en vertu de la sainte obéissance, par respect et pour l’honneur du saint Nom de Dieu, d’observer strictement toutes les choses prescrites ci-dessus, en leur promettant une magnifique récompense de Dieu en retour d’une si bonne œuvre.

7. Nous ordonnons en outre à tous nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques et évêques, et aux autre Ordinaires des lieux, en vertu de la sainte obéissance, sous peine de jugement divin et de condamnation à l’éternelle malédiction, de publier suffisamment dans leurs villes et diocèses respectifs la présente lettre et de faire observer lesdites prescriptions également sous les peines et censures ecclésiastiques.

(Source : Documentation catholique n°753 (1933), col. 1467-1468. Tiré du « Bullarium privilegiorum ac diplomatum Romanorum Pontificum amplissima collectio », tome IV, partie 2, pp. 1556-1557)”

Bulle abrogée par la parution du code de droit canon de 1917…

Vous remarquerez que le fondement moral, ce n’est pas la souffrance des animaux, mais les trop nombreux accidents et morts des torreros et les dangers moraux pour les spectateurs…:)

57. Le lundi 24 septembre 2012 à 15:04 par Holmes

La Corrida…

/Dans les premiers moments j’ai cru
Qu’il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre/

  • En un jeu serré de cape et de taureau,

- Lâcher la proie pour l’ombre ?

Manœuvres trompeuses rappelant celles par lesquelles le torero, au moyen du leurre qu’est la muleta, met l’animal dans le vent.

/Est-ce que ce monde est sérieux ? (x2)/

  • Dans l’entre-deux-cornes,

La voie médiane,

“J’ai fini par acquérir durablement le sentiment de l’éphémère.”

Olé !

58. Le lundi 24 septembre 2012 à 19:28 par devenirriche

Très chouette billet! Merci!

59. Le lundi 24 septembre 2012 à 19:38 par LDBF

@58

C’est reparti pour les spams … jusqu’au post n°100 ? Allez, zou, c’est reparti pour une belle corrida virtuelle ! olé !

60. Le lundi 24 septembre 2012 à 22:39 par PEP

@59 : au moins le vil spammeur est cohérent : “devenir riche” s’extasie sur un “billet”.

61. Le lundi 24 septembre 2012 à 23:35 par XS

Peut-on pratiquer la tauromachie sur les blogs avec Holmes dans le rôle du toréro et *** (compléter par qui vous voulez) dans le rôle du taureau?

62. Le lundi 24 septembre 2012 à 23:47 par PEB

La bulle « De salute Gregis » fut rapportée définitivement en 1596 par Clément VII.

Pour vous instruire: http://www.la-question.net/archive/…

63. Le mardi 25 septembre 2012 à 00:54 par Finlandaise1

La tradition…! Ils ont du mal à la faire cesser, la bulle du 16ème siècle est assez édifiante. S’il y a quelque chose de choquant dans ces spectacles, ce n’est pas tant la mise à mort de l’animal -comme quelqu’un l’a déjà dit plus haut, dans les abattoirs il se passe des choses bien pires. Ce qui choque (enfin moi perso en tout cas), c’est l’origine de cette tradition. C’est comme un souvenir lointain des jeux de cirque de l’antiquité romaine, avec les combat de gladiateurs, les exécutions, et en particulier les chrétiens qu’on donnait aux lions. Plus tard, l’église a eu du mal à faire cesser ces jeux de combat, tellement les gens y étaient attachés. Quand je vois des images d’un combat de taureau, je pense presque automatiquement aux gladiateurs, et je me dis ouf, c’est le moindre mal… A part ça, je ne m’autorise pas à avoir la moindre opinion sur ces choses. Faudrait-il des directives européennes sur ces questions ? Ca serait un peu chaud je crois !

64. Le mardi 25 septembre 2012 à 01:51 par Cartouche

D’où l’intérêt de préférer les courses camarguaises, où l’animal peut être qualifié réellement et à raison de “partenaire”, souvent bien plus futé que nombres d’ailiers gauches sur un terrain de foot.

65. Le mardi 25 septembre 2012 à 08:12 par Armand017

C’est vrai ça, autant réintroduire le combat de gladiateurs : c’est à peu près aussi crétin que le foot, et au moins aucun animal ne sera molesté.

66. Le mardi 25 septembre 2012 à 09:32 par RG

@65 Armand017

aussi crétin que le foot

L’homme moderne étant du point de vue biologique un “animal domestique” vous ne sauriez lui reprocher de vouloir, jusqu’à un âge avancé, jouer à la baballe.

67. Le mardi 25 septembre 2012 à 13:11 par Holmes

@ XS (61) (“…dans le rôle du toréro et…dans le rôle du taureau ?”)

- Que ? Que ?

“Voyez-vous le bout de ses oreilles qui passe ?… On dirait deux hirondelles…”

- Ni ? Ni ?

“Je suis tortue et je suis belle. Il ne me manque que des ailes pour imiter les hirondelles.”

Eh ? Non ?

- Daudet et Desnos -

68. Le mardi 25 septembre 2012 à 14:48 par Armand017

@66

Je ne lui reproche rien, je constate que l’homme a besoin de se passionner pour des personnes mises en avant pour leurs prouesses inutiles.

69. Le mardi 25 septembre 2012 à 15:18 par RG

@68 Armand017

Vous avez raison, l’homme serait même fichu de se passionner pour plus absurde qu’un ballon rond, un ballon ovale par exemple.

70. Le mardi 25 septembre 2012 à 15:46 par Holmes

@ Eolas,

- Indulto pour la corrida…

Comme à Rome ou dans Star Wars…

- Ai no corrida…

“La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine…mène au côté obscur.” - Yodo -
“C’est la devise du parquet.” - Eolas -

-L’Empire (des sens) contre-attaque…

“Difficile à voir. Toujours en mouvement est l’avenir.”

71. Le mardi 25 septembre 2012 à 16:20 par Rond de Serviette

”pour plus absurde qu’un ballon rond, un ballon ovale par exemple.

Non, RG: au contraire, un ballon ovale représente ce qui se fait de mieux en matière de ballon: il suffit pour s’en convaincre de contempler les efforts désespérés et infructueux de ceux qui essayent, à coups de pieds, de faire évoluer un ballon rond vers cette forme parfaite.

72. Le mercredi 26 septembre 2012 à 14:57 par Buffalo Grill

Mais, on les mange les taureaux après?

73. Le mercredi 26 septembre 2012 à 15:24 par Biarnes

Crim. 19 sept. 2012, FS-P+B, n° 11-88.111

Décision sur l’accès aux pièces du dossier en garde à vue.

Voilà une belle décision qui met un terme aux espérances de ceux qui parmi les avocats voudraient transformer l’OPJ en juge.

Deux claps claps, à la cour de cassation pour son immense bon sens et son refus de céder aux exigences sans limite des contempteurs de la police et du Parquet.

74. Le mercredi 26 septembre 2012 à 16:02 par Imparfait

“Le Taureau ne fait jamais nuit quand tu meurs,
Cerné de ténèbres qui crient,
Soleil aux deux pointes semblables.
Fauve d’amour, vérité dans l’épée,
Couple qui se poignarde unique parmi tous.”

René Char

Avez vous remarqué que les animaux d’une même race (loups, chiens, chats ou chevaux..etc), et sans qu’ils soit ici question de couleur de peau ou de pelage, ne s’entretuent pas entre eux, sauf rarement, et il s’agit plutôt d’intimidation de mâles, lors de la période des amours ?

L’Homme, au sens générique, persiste à s’entretuer, et souvent pour des motifs ne relevant que de son imaginaire, y compris par extermination de masse…

Qu’en diraient les Sages du Conseil…

75. Le mercredi 26 septembre 2012 à 16:40 par Fricassée de Hérisson

“Mais, on les mange les taureaux après?”
Bien sûr, Buffalo Grill : les brochettes sont déjà préimplantées.
Et, rien n’arrêtant le progrès, pour la viande hachée, on pourra faire des corridas en bull dozer.

76. Le mercredi 26 septembre 2012 à 17:12 par Armand017

@74

D’où le fait que certains datent de l’invention de la guerre les débuts de l’humanité…

“Le sens commun veut que la guerre soit aussi vieille que l’humanité : nombre de peintures anciennes (35 000 ans) ne figurent que des scènes de chasse. Mais dès le plus ancien Néolithique en Europe tempérée, les massacres de grands nombres (rendus possibles grâce aux lances, aux arcs, aux frondes et aux masses) sont ainsi présents lors de l’acquisition de la sédentarité (comme à Talheim5), et notamment près des sols facilement mis en valeur. Dans le Djebel Sahaba, au Soudan, une nécropole de type paléolithique tardif (société de chasseurs-cueilleurs) datant de 12 000-10 000 av. J.-C., a révélé le massacre d’une population entière6. Des confrontations entre armées ont eu lieu dès le mésolithique (8000 à 5000 av. J.-C.) près des estuaires et des grands fleuves (Danube, Nil, Indus, Dniepr, Gange).”
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre

Je hais les citations tirées de Wikipédia mais elles affirment ce que je savais par ailleurs.

Ceci dit, que signifie votre post ? Affirmez-vous un sens moral supérieur chez les animaux à celui des hommes ?

77. Le mercredi 26 septembre 2012 à 18:30 par JanJak

@Jean (37)
Relisez mon commentaire : tout ce que je dis c’est que le massacre des animaux pour l’alimentation est moralement moins problématique que le massacre et la torture pour le “plaisir” du spectacle. Les abattoirs n’ont pas pour objet de fournir un spectacle mais de la viande. La loi ne s’y trompe pas d’ailleurs puisqu’elle interdit les sévices sur les animaux. Si un jour on parvient à produire de la viande de qualité sans passer par l’abattage d’êtres vivants, on n’hésitera pas à interdire l’abattage, j’en suis convaincu. Alors que les amateurs de tauromachie et de chasse, eux, c’est l’acte même de torturer et/ou de tuer l’animal qui les anime (au moins pour une part importante de leur plaisir puisqu’il ne leur serait pas difficile d’avoir le côté purement sportif sans nécessairement passer par le massacre). À part ça, je suis d’accord avec vous pour dire que le spectacle de l’abattage, particulièrement quand il s’effectue à une échelle industrielle, est odieux… mais moralement, c’est du même ordre que certaines scènes sanglantes de la nature, comme une meute de fauves pourchassant, blessant et saignant à mort une proie herbivore.

78. Le mercredi 26 septembre 2012 à 19:16 par marsan

@ 68 Armando  : mais que savez vous de ce qui est inutile pour l’homme , faut il donc toujours l’enfermer dans votre rationnalité cartésienne - le sublime est souvent dans ce que vous appelez l’inutile - et puis pourquoi donc des milliers de gens viennent remplir les arènes, les stade et les salles de sport de France et d’Ibérie pour venir voir de l’inutile ?
Vive l’inutile c’est la marque de l’humain.

@ 72 Buffalo : rien de vaut une bonne daube de taureau mangée sur un coin de table de feria avec un verre de Tursan - derrière un morceau de tourtière et le tour est joué - encore de l’inutile : on pourrait se passer de dessert et manger le taureau tout cru, non ?

79. Le mercredi 26 septembre 2012 à 21:10 par jean

@ Imparfait
sauf erreur, les animaux d’une même espèce se tuent et se mutilent entre eux dans certaines conditions de surpopulation ou de détention (territoire réduit, zoo, élevage, etc.). Je l’ai observé directement chez les souris.

80. Le mercredi 26 septembre 2012 à 22:05 par Imparfait

@armando17

Je n’affirme rien, je tente d’ouvrir un chemin, un questionnement. Et je cite à nouveau René Char poète, ami d’Albert Camus et chef d’un réseau de résistance du coté de Forcalquier qui s’interrogeait dans les feuillets d’Hypnos sur le comportement humain quand la guerre serait finie

« Je redoute l’échauffement tout autant que la chlorose des années qui suivront la guerre. Je pressens que l’unanimité confortable, la boulimie de justice n’auront qu’une durée éphémère, aussitôt retiré le lien qui nouait notre combat. Ici, on se prépare à revendiquer l’abstrait, là on refoule en aveugle tout ce qui est susceptible d’atténuer la cruauté de la condition humaine de ce siècle et lui permettre d’accéder à l’avenir, d’un pas confiant. Le mal partout déjà est en lutte avec son remède. Les fantômes multiplient les conseils, les visites, des fantômes dont l’âme empirique est un amas de glaires et de névroses. Cette pluie qui pénètre l’homme jusqu’à l’os c’est l’espérance d’agression, l’écoute du mépris. On se précipitera dans l’oubli. On renoncera à mettre au rebut, à retrancher et à guérir.
Ô vie, donne, s’il est temps encore, aux vivants un peu de ton bon sens subtil sans la vanité qui abuse, et par-dessous tout, peut-être, donne-leur la certitude que tu n’es pas aussi accidentelle et privée de remords qu’on le dit. _Ce n’est pas la flèche qui est hideuse, c’est le croc._ »

J’ignore si les animaux ont un sens moral, au sens humain. Ils communiquent entre eux et élèvent leur progéniture. « Domestiqués », ils sont capables de comprendre un peu de l’homme et de lui manifester une certaine affection.

Agnostique, je pense que l’homme est capable du bien et du mal. L’histoire le prouve et même, parfois, pour des actes estimés justes à une époque donnée.

Les Us et coutumes font partie intégrantes de droit à tel point que le droit coutumier, et y compris à une période le droit divin, subsistent dans nos codes et lois, qui se laïcisent petit à petit et assurent, avec les difficultés évoquées dans un précédent article du Maître de ces lieux y compris dans les régions à l’accent rugueux ou chantant (Cigales signalées en Gironde et dans les Landes de Gascogne : sans doute importées, mais je confirme).

Plus sérieusement, dans la tauromachie, entourée de tout son rituel, l’homme et la bête risquent la mort. Je pense que cette pratique, à laquelle je n’ai assisté qu’une fois dans un lointain passé avec un passionné, à Arles, peut être acceptable ou mauvaise, selon une infinité de paramètres, qui résident dans le sens que lui donnent chacun des participants actifs et des spectateurs.

Je me demande, si la corrida ne peut être interprétée, dans ces « régions dites reculées », c’est-à-dire loin de Paris ( il n’est bon bec que de Québec), comme une cérémonie rituelle, préférable en tous cas aux rituels de sacrifices humains antérieurs. Dans la philosophie plus moderne, Alexandre Kojève, commentateur de Hegel, a évoqué « la lutte à mort de pur prestige » à laquelle cette pratique peut également faire penser, ainsi que la dernière phrase de René Char citée ci-dessus. Espérant ne pas déformer la pesée de ces deux défunts, je suspens mon jugement. Mes propos ne sont que des pistes, qui, peut être, ne mènent nulle part.

Enfin, deux observations. Personne n’est dupe que dans les régions déjà évoquées, une économie fonctionne autour de cette activité, avec un désagréable caractère touristique sauf pour les afficionados.

Enfin, après avoir évoqué le rituel y afférent, n’oublions pas que les anciens grecs polythéistes, qui n’étaient pas plus bêtes que nous, avaient édifié au Parthénon, une stèle au dieu inconnu. Survivance ?

81. Le mercredi 26 septembre 2012 à 22:18 par Imparfait

@Jean

Vos êtes sans doute scientifique, donc je respecte votre observation.

Mais je ne sache pas que les croisades, le refoulement puis l’extermination des Juifs d’Europe sous le IIIème Reich, les massacres perpétrés dans l’ex Yougoslavie et autres aient trouvé leur origine dans une situation de surpopulation ou de détention.

82. Le jeudi 27 septembre 2012 à 00:06 par Yacine

Pardon, je passe du coq à l’âne : http://www.liberation.fr/politiques… (voir la vidéo)

Cette incompétente notoire de Marine Le Pen a encore frappé et elle ne s’arrange décidément pas, à l’entendre ce serait C.Taubira qui aurait voulu que la loi du 21 mai 2001 sur l’esclavage se borne à reconnaître la traite transatlantique comme un crime contre l’humanité, à l’exclusion des autres traites. C’est n’importe quoi, C.Taubira visait au départ toutes les traites y compris la traite organisée par le monde arabo musulman et c’est le gouvernement qui a finalement restreint la portée de la proposition de loi à l’Histoire de l’esclavage concernant directement l’Histoire de France pour des raisons en l’occurrence diplomatiques tenant aux relations internationales; C.Taubira n’y est absolument pour rien ! On notera le manque de répondant des incorrigibles journalistes qui confirment leur rôle de lepénisateurs des esprits en jouant pour la énième fois les contradicteurs qui n’en sont pas: après quelques manifestations d’hostilité qui tiennent lieu d’apparence, en ne démontant pas sur-le-champs les énormités devant eux déblatérées ils s’en font en quelque sorte les plus odieux complices. Ils donnent ainsi d’autant plus force et crédit aux élucubrations nauséabondes qu’ils acquiescent finalement ne serait ce que par leur ignorance ou leur désinvolture.

Pour rétablir un peu la réalité il suffit d’écouter l’actuelle garde des sceaux quelques minutes:
http://www.dailymotion.com/video/x6…

Par ailleurs ce n’est pas parce que la loi prévoit l’enseignement de la seule traite transatlantique et ne prévoit pas ou ne mentionne pas l’enseignement de la première traite, que celle-ci ne doit pas être ou ne peut pas être enseignée. Dès lors qu’on enseigne la traite transatlantique on voit mal d’ailleurs comment les enseignants ne parleraient pas des antécédents à cette traite, même si le législateur n’y invite pas explicitement mais seulement d’une manière implicite. Cette pitoyable politicienne qu’est Marine Le Pen mérite tout à fait le prix E.Zemmour de la bêtise, de l’incompétence et de la méchanceté. Ses attaques contre C.Taubira sont vraiment en dessous de tout. C’est vraiment ce que Baudelaire appelait “La bêtise au front de taureau” !

83. Le jeudi 27 septembre 2012 à 02:53 par midnightexpress

1/Suis-je le seul ici à penser que l’autorisation, au hasard, qui est faite aux fabricants de cigarettes de vendre leur poison passera dans x années (x > 50) pour une coutume de barbares, et n’a déjà aujourd’hui d’autre justification que la coutume ?

2/ Coutumes qui, il est vrai, ont une grande importance, comme source droit international par exemple.

3/ Au fait, j’imagine que l’on pourrait débattre sur le fait qu’une coutume initiée en 150 après Jésus-Christ et qui est suspendue pendant 30 ans est quand même “ininterrompue”, la période d’inactivité étant mineure par rapport à l’échelle de temps considérée (après tout il n’y a nulle part de corridas toutes les semaines…).

84. Le jeudi 27 septembre 2012 à 09:51 par Rond de Serviette

Suis-je le seul ici à penser que l’autorisation, au hasard, qui est faite aux fabricants de cigarettes de vendre leur poison passera dans x années (x > 50) pour une coutume de barbares, et n’a déjà aujourd’hui d’autre justification que la coutume ?

J’espère bien qu’ils le donneront. Ca serait une coutume beaucoup plus sympathique….

85. Le jeudi 27 septembre 2012 à 11:21 par porca la vacca

je serai bref, et pourtant.
à vous lire, on ignore tout des multiples jeux taurins sans mise à mort de la bête, sauf Guy Lux.
Petit souvenir d’Espagne : il faut voir le tracteur qui tire les carcasses hors de l’arène, il faut aussi déguster le ragout de taureau servi à tout le village, le soir même.
Une question centrale pour moi est celle de la mise à mort en public. A défaut du spectacle de la guillotine, sauf tourisme aux pays de la charia, on pourrait, (devrait), organiser quelques visites des abattoirs ou des prisons.
Mais enfin, la justice est aveugle, et ça vaut parfois mieux, à ce qu’on dit.

86. Le jeudi 27 septembre 2012 à 12:03 par Lulu

J’extrapole : l’excision aussi est une tradition locale. Le Conseil d’Etat Mondial, s’il existait, l’autoriserait pour les mêmes motifs?

87. Le jeudi 27 septembre 2012 à 12:45 par RG

@76 Armand017

D’où le fait que certains datent de l’invention de la guerre les débuts de l’humanité…

M. Habilis est aujourd’hui fortement suspecté d’avoir assassiné M. de Néandertal, il était présent sur les lieux et avait un mobile. Il n’y a toutefois pas de preuve et l’instruction se poursuit.

@81 Imparfait

Mais je ne sache pas que les croisades, le refoulement puis l’extermination des Juifs d’Europe sous le IIIème Reich, les massacres perpétrés dans l’ex Yougoslavie et autres aient trouvé leur origine dans une situation de surpopulation ou de détention.

L’explication la plus simple est toujours la meilleure et en l’espèce elle est scientifique: “L’inné, l’acquis… et le reste

88. Le jeudi 27 septembre 2012 à 13:57 par Holmes

@ Imparfait (81)

“Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent” - ( Source déjà citée.)

@ RG (87) (“L’explication la plus simple…”)

° La vie est un long fleuve tranquille °

1OO % génétique / 1OO % environnementale …

Olé !

89. Le jeudi 27 septembre 2012 à 15:31 par RG

@88 Holmes

1OO % génétique / 1OO % environnementale …

En résumé la corrida c’est 0% génétique, X% culturel et Y% une affaire de gros sous.

90. Le jeudi 27 septembre 2012 à 15:43 par aurelou

Cher confrère et néanmoins belle plume,

Je suis toujours heureux de découvrir au détour de vos billets la marque subtile (peut être à tel point qu’elle est involontaire ou subliminale!) de Robert Merle et de sa belle lectrice dans Fortune de France.

Si vous voulez reprendre le flambeau, je serai un de vos premiers lecteurs!

Salutations,

91. Le jeudi 27 septembre 2012 à 17:03 par RG

@80 Imparfait

« Domestiqués », ils sont capables de comprendre un peu de l’homme

Des études auraient tendance à montrer qu’ils seraient au contraire plus idiots. Inversement ils sont devenus aptes à certaines activités dont le contrôle d’identité, je peux en attester pour en avoir subi plusieurs.

92. Le jeudi 27 septembre 2012 à 17:32 par Armand017

@78
Mais qui a dit, sans rire, que j’étais cartésien ? Il faut bien l’être un peu, certes, mais de là à être défini strictement comme cartésien… !
Après ça, la philosophie est inutile aussi, mais on a les lettres de Marc-Aurèle qui s’ennuyait et pas les résultats ni une même la moindre idée de ce qu’ont fait les andouilles qui se collaient des coups de trident en bas dans l’arène, ou celle des crétins qui fouettaient leurs canassons.

Si vous voulez, on peut entrer dans une looongue discussion pour disserter de l’inutilité comparée du foot et de la philosophie…

@Imparfait
“Mais je ne sache pas que les croisades, le refoulement puis l’extermination des Juifs d’Europe sous le IIIème Reich, les massacres perpétrés dans l’ex Yougoslavie et autres aient trouvé leur origine dans une situation de surpopulation ou de détention.”
D’aucuns le soutiennent, pourtant. En tout cas pour ce qui est des croisades (croissance démographique, trop de jeunes nobles pauvres qui se castagnent, qu’on encadre avec la Paix et la Trêve de Dieu, puis qu’on envoie se battre ailleurs), ou même le génocide au Rwanda (surpopulation, c’est l’Etat le plus densément peuplé d’Afrique, avec des structures agraires archaïques).
Nota : je ne dis pas que c’est mon point de vue, je me garde bien de réduire un phénomène aussi complexe à une analyse monofactorielle ; mais cette explication a été avancée.

PS : on m’appelle Armand017 et pas Armando17

93. Le jeudi 27 septembre 2012 à 18:26 par Troisièem jambe

Cher Armand017, si l’on démarre une comparaison entre l’inutilité du foot et celle de la philosophie, je suggère également qu’on y ajoute comme variable celle de vos commentaires pour équilibrer un peu les positions.

Personnellement j’aurais souhaité savoir si la ou les différentes Lois Stratae ont récemment trouvé une application dans notre droit positif (le vrai), si on y a fait référence d’une quelconque manière pour les appliquer récemment…

94. Le vendredi 28 septembre 2012 à 11:30 par Holmes

@ RG (89) (“0 %, X % et Y %…”)

Le sens des nombres,

- “La bosse des math” ?

- Ou “La Triple Hélice” ?

95. Le vendredi 28 septembre 2012 à 12:10 par LDBF

@94 Holmes

“Le sens des nombres”

Pour vous, je dirai le sens des mots avec la fantaisie. Continuez ainsi : dans ce monde de brutes, la légereté, l’humour et la fantaisie deviennent des éléments vitaux.

De la part “d’Elle-phémère” et non de “elle-fée-mère”.

96. Le vendredi 28 septembre 2012 à 12:22 par Armand017

@Troisièem jambe

Pardon ?

97. Le samedi 29 septembre 2012 à 02:18 par venturii

@56
Cette bulle me rappelle mes cours d’histoire très imagés, avec Sainte-Blandine ficelée dans un filet et jetée devant un taureau furieux qui l’occit après qu’elle ait été épargnée par les fauves.
Effectivement, l’Église a du avoir la dent dure un certain temps contre les spectacles du cirque (curieusement pas en Espagne, où Franco n’est pas le premier dirigeant à apprécier autant l’Église que les corridas et réciproquement).

Ce qui m’intrigue dans cette décision sur la corrida, c’est ce qu’on en fera à propos de l’abattage rituel - qu’il soit cachère ou halal - dans la mesure où la notion de culture minoritaire rencontrera fatalement celle de culture importée, nécessairement minoritaire elle aussi.

98. Le lundi 1 octobre 2012 à 01:03 par jpw

Il me semble que ce n’est pas seulement l’existence d’une pratique ininterrompue de la corrida que les tribunaux recherchent (ce qui ne ferait que relever de la technique de création du droit par des actes, comme en matière d’usage ou de possession), mais l’existence d’une véritable culture taurine dont la corrida est un élément. C’est le tout qui justifie la partie et non celle-ci qui tente, seule, de se justifier. D’où le lyrisme justifié des juges toulousains qui tracent un territoire de culture et non une zonage de pratiques. Cela a échappé aux magistrats parisiens, légèrement assoupis par le chant des cigales imaginaires. Peut être auraient-ils pu se souvenir qu’au Sud passe la ligne Imaginot.

99. Le lundi 1 octobre 2012 à 22:34 par VyGER91

Une piste serait donc de réussir à interrompre la tradition suffisamment pour éliminer le caractère “interrompu”, grâce à un mélange de mobilisation forte sur le terrain pour gêner au maximum l’organisation de ces évènements et à des vérifications administratives pointilleuses (vérifier que chaque autorisation nécessaire a été obtenu dans les formes et délais, que chaque obligation de sécurité ou d’hygiène est respectée dans ses moindres détails).

100. Le mardi 2 octobre 2012 à 09:06 par opticien sur internet

Bonjour, j`ai beaucoup aimé votre blog. Je ne suis pas forte dans la matière, avez-vous d`autres posts sur le même sujet ?
Continuez comme ça, c`est toujours super de lire votre blog !

Isabelle.

<a href=”http://www.evioo.com/opticien-en-li…“> opticiens en ligne </a>

101. Le mardi 2 octobre 2012 à 20:24 par Karl-Groucho D.

À « 31 », « 32 », « 33 »…

« qui se soucie des milliers de bovins finissant dans le couloir de la mort pour enjoliver nos assiettes ? »

Quelques-unes(e), Quelques-unes(e), figurez-vous.

Qui comprennent difficilement, gentils débiles qu’ils-elles sont visiblement, que l’on puisse « élever » dans le seul but de tuer (en faisant de jolis profits, si possible). Déconditionnez votre regard blasé : rien que les barbelés. Quand on commence à en faire usage, pour quelque être encore vivant que ce soit, ne sait-on pas comment ça finit ? Allons ?
& ainsi, vous « décorez » vos assiettes avec des morceaux de cadavres d’innocents ?
Il ne s’agit que d’être et de (tenter de) rester rationnel.

« l’homme est naturellement carnivore »

Absolument pas ! L’« homme » est naturellement omnivore ! & d’ailleurs, 75 % (au moins !) de l’humanité ne mangent absolument pas de viande, non par manque, mais par culture (et en général, s’en portent nettement mieux que nous ;-)) Nos besoins ne sont pas de « viande » (=cadavres !), mais bien de protéines & de divers (mais indispensables) acides aminés. Les végétaux nous en fournissent largement la part voulue.
Il ne s’agit que d’être et de (tenter de) rester rationnel.

102. Le mardi 2 octobre 2012 à 22:30 par Stephane

” 75 % (au moins !) de l’humanité ne mangent absolument pas de viande, non par manque, mais par culture (et en général, s’en portent nettement mieux que nous ;-))”

Par culture du manque, pour etre honnete.

“Nos besoins ne sont pas de « viande » (=cadavres !), mais bien de protéines & de divers (mais indispensables) acides aminés. Les végétaux nous en fournissent largement la part voulue.”
La viande etant l’apport le plus efficace dans ce domaine.
Il est a noter que les purs vegetariens passent un temps et une energie non negligeable (en fait, la quasi totalite) a digerer.
Energie qui n’est donc pas disponible pour le cerveau. La quasi totalite des herbivores etant parmis les animaux les moins developpe du point de vue intellectuel.

Ce qui expliquerait certaines reflexions de vegetariens, voir pire de vegetaliens.

Si on a des canines c’est pas pour rien….

103. Le mercredi 3 octobre 2012 à 13:23 par RG

@101 Karl-Groucho D.

L’« homme » est naturellement omnivore ! … Il ne s’agit que d’être et de (tenter de) rester rationnel.

Soyons le, omnivore c’est génétique, végétarien c’est culturel/religieux (brahmanes …), végétalien c’est mortel.

104. Le samedi 6 octobre 2012 à 15:43 par Karl-Groucho D.

À M. RG (103)

« L’« homme » est naturellement omnivore ! … Il ne s’agit que d’être et de (tenter de) rester rationnel.
Soyons le, omnivore c’est génétique, végétarien c’est culturel/religieux (brahmanes …), végétalien c’est mortel. »

Je ne crois pas avoir prétendu autre chose. Faut lire. Merci.

À Stéphane (102), qui semble pourtant bien manquer d’énergie pour son puissant cerveau, et qui du coup tente finement d’imposer son mode de « nourriture »: C’est bien que je me garde de faire. Je n’agressais personne.

105. Le lundi 8 octobre 2012 à 02:31 par Stephane

@À Stéphane (102), qui semble pourtant bien manquer d’énergie pour son puissant cerveau, et qui du coup tente finement d’imposer son mode de « nourriture »: C’est bien que je me garde de faire. Je n’agressais personne.

Apprenez vous meme a lire, je ne cherche pas a imposer quoi que ce soit. Je ne fais que rappeler les faits, qui est que non les gens ne mangent pas de viandes par culture, mais bien parce qu’ils ne le peuvent pas. TOUS les pays en developpement augmentent leur consommation de viandes , et ce n’est pas pour nous copier. Non, c’est simplement car c’est la maniere la plus efficace de se nourrir. Je suis tres heureux qu’il y ait des vegetariens, et meme des vegetaliens, ca fait moins de concurrence.

106. Le mercredi 10 octobre 2012 à 13:49 par Berzingh

@ 74 “Avez vous remarqué que les animaux d’une même race (loups, chiens, chats ou chevaux..etc), et sans qu’ils soit ici question de couleur de peau ou de pelage, ne s’entretuent pas entre eux, sauf rarement, et il s’agit plutôt d’intimidation de mâles, lors de la période des amours ?”
Ça, c’est l’image d’Épinal. Même en restant chez les mammifères (les seuls animaux que vous citez), il y a de nombreuses mis à mort pour diverses raison (ou sans raison, d’ailleurs). Par exemple, c’est une pratique fréquente chez les lions luter à mort contre les concurrents puis de tuer les lionceaux (généralement quand ils ne sont pas les pères, mais même pas toujours) pour que les lionnes soient à nouveau en chaleur (ce comportement se retrouve ailleurs, j’en avais lu quelque chose chez de nombreuses espèces de singes). Les dauphins tuent pour s’amuser des animaux d’autres espèces (otaries, par exemple) mais aussi des “leurs” dans des tabassages à mort (dans la catégorie non fair play, genre gros groupe contre dauphin isolé). Il y a des guerres meurtrières entre les clans de chimpanzés pour la défense ou la conquête de territoire. Les exemples sont nombreux. Et si l’on ne reste pas aussi centré sur les espèces qui nous sont proches, ce ne sont pas les exemples qui manquent dans le règne animal (les fourmis se font de sacrés guerres, les poissons mangent paisiblement leur progéniture, etc.) Les comportements violents voire meurtriers chez les humains n’ont pas surgi ex nihilo…

Non, les animaux ne sont pas de saints pacifistes qui ne tuent que lorsque c’est nécessaire. Des sources bien informées prétendent même que ce ne sont pas des versions animées de peluches. Ça ne les rend pas moins dignes d’être protégés.

107. Le jeudi 11 octobre 2012 à 19:28 par comment enseigner

Ce billet sous forme de conversation en plus d’être original a le mérite d’être agréable à lire. J’approuve !

108. Le mercredi 17 octobre 2012 à 16:28 par Toilettage chiens

Votre article est la réponse adéquate aux questionnements des gens qui consultent votre blog au quotidien.

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