Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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"Ah les greffes ? t'es chirurgienne en fait ?"

Par Anonyme, greffier


Aujourd’hui, lorsqu’on me demande ce que je fais comme métier, j’ai de plus en plus tendance à dire que je suis illustratrice. Ou pilote de chasse. Ou prof. Parce qu’à chaque fois que je réponds “greffière”, la question suivante est : “C’est quoi ?”.
Mine de rien, c’est vexant.

“Je suis étudiante en Droit : scio me nihil scire.”

Il existe un ravin immense entre le Droit et sa pratique. Il y a les codes, et les codes de procédure. Lorsque j’ai passé le concours, j’étais persuadée que je ne l’aurais pas. Lorsque je l’ai eu, je me suis demandée si je devais partir à l’École. Lorsque je suis sortie de l’École, j’ai compris que j’avais mis les pieds dans une maison où il s’agit autant de savoir que de savoir faire. Avec tous les paradoxes que cela implique. Mais je me félicite encore de ce choix.

“Donc tu vas faire juge plus tard ?”

J’ai rencontré durant ma formation des tas de gens surdiplômés. Pas un ne voulait réellement être greffier ; souvent l’on passe le concours pour évoluer ensuite. Mais pas évoluer en tant que greffier ; l’on apprend très vite que nulle évolution n’est possible dans cette profession. Le seul examen professionnel que l’on peut passer est le “B1”. Devenir “greffier premier grade”, c’est rester greffier mais être habilité à exercer certaines attributions de greffier en chef. Et gagner environ 200 euros de plus par mois. Que cela soit clair : greffier en chef n’est pas l’évolution du Pokémon greffier ; c’est un autre métier. Le greffier est garant de la procédure ; il prend les audiences, rédige, notifie, accueille. Le greffier en chef organise les personnels de greffe, monte des services, gère des budgets. Etre greffier et passer greffier en chef, c’est comme être greffier et passer contrôleur du travail, magistrat, ou même inspecteur des finances publiques. C’est passer un autre concours pour exercer une autre profession. On est greffier, on finit greffier. Si on veut évoluer, il faut changer de métier.

Et pourtant, malgré cela, nous exerçons tous avec passion. Une passion qui est absolue en son sens le plus étymologique : déliée de toute autre considération. On ne peut pas être carriériste lorsqu’on est greffier.
Parce que c’est cela, le métier de greffe : on exerce à fond, ou on n’exerce pas.

“Non mais en même temps t’es fonctionnaire, tu vas pas te plaindre”

Pendant mon stage, j’ai appris que les chartes des temps ne sont que des coquilles vides ; on ne prévoit pas la dure d’un audience, on ne prévoit pas les impondérables, on ne prévoit pas l’état du service dans lequel on arrive. Nous avons tous été touchés par le phénomène “Ah tu es la stagiaire ? (variante un poil plus réaliste : “Ah, VOUS êtes les TROIS stagiaires ?”) Ben assieds-toi là et observe ; j’ai pas le temps pour te former”. Ce n’est pas de la méchanceté ou de l’inconscience ; c’est une réalité. Un greffier est souvent seul pour gérer une masse de travail qui en nécessiterait deux ou trois. Alors un greffier avec un stagiaire, c’est mission impossible.

J’ai eu la chance de tomber sur des greffières convaincues de leur mission de service public lors de mon stage. Ce nombre incalculable de greffières qui m’ont dit en riant de profiter de mon statut de stagiaire pour faire 9h-17h, parce que je n’aurais plus jamais l’occasion de faire cela une fois titularisée.

J’ai probablement eu la chance aussi de tomber sur certaines, plus rares, qui se fichent bien qu’un dossier attende 3 mois sur le coin d’une table. Celles-là, ce sont les désenchantées. Celles qui se sont résolues à combattre le mal par le mal : que je fasse une heure de plus, un dossier de plus, une tâche qui ne m’est pas dévolue de plus, je n’obtiendrai jamais de retour. La masse de dossiers en attente derrière sera la même, mon traitement restera le même, l’estime de ma hiérarchie sera la même, ni plus, ni moins.

Que je vous explique un peu le régime des heures supplémentaires chez nous : chaque juridiction possède une charte des temps, c’est-à-dire la durée hebdomadaire de travail (souvent 37 heures et 30 minutes). Toute heure supplémentaire doit être payée, à concurrence d’un certains nombre d’heures autorisées. Au-delà de ce quota, les heures supplémentaires sont du domaine du bénévolat. Logique, en soi : vous ne pouvez pas vous faire du beurre en accumulant les heures supplémentaires, cela doit rester exceptionnel.

Sauf que ces heures supplémentaires sont souvent nécessaires. Si vous êtes en audience, ou en audition, vous ne pouvez pas la quitter ; le magistrat a besoin de vous à peine de nullité.

Il y a aussi ces situations où c’est vous-même que vous pénaliseriez. Je vais vous parler de B.

B. est arrivée dans un très grand TGI[1], où elle a récupéré un cabinet de JE[2] qui n’avait plus de greffier depuis des mois. Plus de greffier dans un cabinet, ce sont des tas d’actes en attente, des dossiers qui s’accumulent. Lorsqu’on récupère un cabinet comme cela, il faut à la fois liquider le passif et traiter l’actif. Seule.

B. a ainsi, pour remettre son cabinet à flot, accumulé 90 heures supplémentaires lors de son premier mois de préaffectation. Le mois suivant, elle a constaté que les heures sur-supplémentaires avaient disparu de son badge. Elle ne sera jamais rémunérée de ces heures. Explications de sa greffière en chef : B. n’avait “pas le droit” de faire tant d’heures.

Mais si B. n’était pas restée jusqu’à parfois 1h du matin dans son TGI, elle aurait probablement aujourd’hui encore des centaines de dossiers en attente. Et en JE peut-être plus qu’ailleurs, des dossiers en attente ce sont des vies en jeu.

Le mois suivant a donc été celui du dilemme : devait-elle poursuivre, ou devait-elle partir à 18h ? Le choix a été vite fait : la première pénalisée si elle réduisait ses horaires, c’était elle. Et après elle, toutes les familles de ses dossiers. Alors elle a continué. J’ai vu B. dans des états impossibles, au bord de l’arrêt maladie, qu’elle ne concevait même pas de prendre ; parce que chez nous les remplaçants n’existent pas. Si vous êtes en arrêt, vos dossiers patientent jusqu’à votre retour. Si votre arrêt se prolonge, ce sont vos collègues des autres cabinets qui se répartissent vos dossiers. En plus des leurs, donc.
B., 10 mois d’ancienneté dans la profession, est à présent dépressive.

Parce qu’au-delà des heures supplémentaires, il y a ce réel problème de fond : même si ces heures étaient rémunérées, on ne saurait s’en satisfaire. Les heures supplémentaires, ce sont les premiers signaux du manque de personnel.
Et le manque de personnel, c’est le premier signal de l’alourdissement des tâches. NdA
Le contentieux augmente naturellement ; c’est un lieu commun que de dire que l’on assiste à une judiciarisation de la société. Mais en plus de cette croissance exponentielle du nombre de dossiers, les greffiers doivent composer avec l’augmentation du nombre de tâches qui leurs sont allouées. Alors lorsqu’on parle - c’est un exemple criant - de donner au greffier des compétences supplémentaires comme le pouvoir de décision en matière de divorce par consentement mutuel, oui, on panique. Parce qu’on ne saura jamais où trouver le temps - pardon, les ETPT[3] d’étudier ces dossiers-là en plus de les traiter.

“Et c’est une bonne situation, ça, scribe ?”

C’est une rengaine que l’on répète avec le sourire : “le greffier n’est pas juge de la recevabilité”. Le greffier n’ pas le pouvoir de décider des suites à donner aux dossiers qu’il traite. Nous attribuer des tâches qui confinent au métier de magistrat, c’est modifier ce statut, c’est aller au-delà du garant de la procédure que nous sommes. Nous avons toutes les compétences universitaires pour exercer ces fonctions (cf. le niveau de recrutement qui atteint désormais Bac+5), sans nul doute. Mais ce n’est PAS notre métier. Si l’on faisait abstraction des obstacles matériels, il faudrait encore être cohérent et procéder à une revalorisation, à un changement de catégorie, puisque nos responsabilités deviendraient équivalentes à celles des magistrats.

Nous ne demandons pas à être magistrats. Nous ne demandons pas même, en l’état, à être comparés à eux. Ma collègue V. l’a si bien dit : nous collaborons avec les magistrats, nous avons autant besoin d’eux qu’ils ont besoin de nous.

La revalorisation dont nous parlons actuellement est bien plus basique que cela : nous demandons, aujourd’hui, la prise en compte de notre juste valeur. Nous ne sommes pas un prolongement du clavier. Nous ne sommes pas des petites mains. Nous avons des compétences, des responsabilités spécifiques, qui méritent une prise en charge spécifique. La preuve : les fonctionnaires de catégorie C faisant fonction de greffiers (“le Canada Dry des tribunaux”) demandent eux-mêmes une revalorisation, parce que cette fonction spécifique qu’ils exercent, à l’instar de la robe qu’ils sont amenés à porter, les distingue des autres fonctionnaires.

Soyons clairs : je touche actuellement 1690 euros par mois. J’ai 5 semaines de congés. Je ne sais pas ce qu’est un treizième mois, je ne sais pas ce qu’est une prime. En fin de carrière, je pourrai espérer toucher un peu plus de 2000 euros.

J’ai été affectée en Île de France ; je vis dans un logement social. Dans le secteur immobilier privé, des propriétaires me demandaient de gagner 3 fois le loyer d’un 20m2, soit environ 2400 euros. L’année dernière, une propriétaire m’a demandé, lorsque je lui ai dit que j’étais fonctionnaire, quel métier j’exerçais exactement. “Greffière”, lui ai-je répondu. “Ah, ce n’est que catégorie B ça, non ?”. J’ai ressenti une infinie tristesse. Non pas pour le ton cruel de cette femme, mais pour le métier dans lequel je m’étais tout juste engagée : j’étais pour la première fois en train de me dire que je faisais un boulot de merde.

Et se dire que l’on fait un boulot de merde non pas parce qu’on ne l’aime pas ou parce qu’il se passe mal, mais simplement parce que les autres vous font sentir que vous êtes petit, invisible, que l’ambition n’est pas pour vous, c’est probablement le pire qui puisse arriver.

Une amie à moi, qui travaille dans le secteur privé, m’a dit un jour : “ton métier, ton poste, sera toujours ce que toi tu en fais”. C’est ce que j’ai voulu en revêtant cette satanée robe dont les manches cachent tant de casseroles. Tous les jours, je me dis que je suis là pour ces gens qui ne savent même pas que j’existe. Des gens qui ne savent pas que si mes collègues et moi disparaissions, des détenus seraient libérés, des enquêtes cesseraient, des enfants seraient laissés aux mains de parents irresponsables, des couples qui ne s’entendent plus devraient rester mariés, des avocats ne seraient plus payés[4], et j’en passe.
Des gens qui, hier, regardaient notre cortège avec mépris et ont crié “à bas la Justice !”.
Des gens qui, hier, n’ont retenu de nous que le fait que nous ayons osé brûler des codes.

Ce soir, je pleure encore de tant d’injustice et d’aveuglement.
Mais ce qui me rassure, c’est que si je pleure, c’est que j’ai encore l’espoir qu’un jour l’on reconnaisse aux greffiers ce sens du service public qui n’existe plus vraiment ailleurs.
Je veux être fière de ma grande robe noire pas pratique et de ma Marianne$$Ce n’est pas Marianne, c’est Junon. NdEolas qui bave.

Mais “tu es jeune, tu es naïve, ça te passera.”

Notes

[1] Tribunal de grande instance, la juridiction de premier degré de droit commun. Il existe 154 tribunaux de grande instance en métropole et sept dans les départements d’outre-mer.

[2] juge des enfants.

[3] Équivalent Temps Plein Travaillé : un greffier n’est pas une personne, c’est un certain nombre d’ETPT en fonction de son poste et de son régime de temps de travail.

[4] le greffier est chargé d’attester la présence de l’avocat rémunéré au titre de l’Aide Juridictionnelle. NdA

Commentaires

1. Le jeudi 1 mai 2014 à 00:29 par Egidio

greffier !!! Autant les gens savent ce qu’est une infirmière, une assistance sociale, une sage femme, un officier de police, un gardien de prison…En fait, on ne choisit pas d’être greffier, on le devient et c’est ce qui nous sépare du commun des métiers : je pense qu’il faut et qu’il faudra faire avec parce que c’est dans l’inconscient collectif tout court…charrié par le siècle des lumières. N’oublions pas que le greffier sort à peine du système de la vénalité des charges sous l’ancien régime jusqu’à la fonctionnarisation des greffes à partir de 1965. Pour notre malheur, nous sommes fonctionnaires…sans en avoir les avantages.

2. Le jeudi 1 mai 2014 à 01:12 par Val

Au journal de 20 heures sur France 2 : “greffier, un métier dont on ne parle pas souvent” et ils osent faire un sujet de 20 secondes. Les funambules ont eu le droit à 3-4 minutes peu après…
Ces témoignages sont inestimables, merci !

3. Le jeudi 1 mai 2014 à 02:11 par Griffée

Je me reconnais, comme beaucoup de mes collègues dans les témoignages postés depuis quelques jours sur ce blog.

J’ai également été blessée hier d’entendre les propos de quelques passants croisés le long du cortège dans Paris. Le simple fait d’être là, de représenter l’Etat, l’institution judiciaire a permis à quelques personnes de cracher leur colère et de tenir des propos méprisants. Malheureusement, nous y sommes tellement habitués, et une ébauche de discussion n’a pas toujours été possible. En même temps, cela révèle le profond malaise et la détresse qui règne dans notre société. Nous travaillons pourtant pour le service public de la justice, et cette réforme concerne chaque citoyen. Les revendications des greffiers ont pour objectif de revaloriser leur statut mais aussi de réclamer des moyens décents pour rendre une justice digne du 21ème siècle et améliorer le service rendu aux justiciables, bien trop souvent perdus dans les méandres des procédures et dans les couloirs des palais de justice. Nous en sommes les premiers témoins. Je me suis demandée un instant à quoi ça servait que je reste travailler parfois jusqu’à 23h quand en retour j’ai entendu les mots “fainéants, nantis et bons à rien…”. Cependant, je garde plus que jamais l’envie de prouver le contraire à ces personnes si un jour la vie les mène dans un tribunal.

Pour terminer sur une note positive, beaucoup de personnes soutenaient notre mouvement, ont été curieux pour obtenir plus d’informations sur notre rôle au sein de l’institution judiciaire, ont pu rectifier l’image du greffier véhiculée par les séries télé, ont pris conscience de l’impact que pouvait avoir cette réforme sur leur accès à la justice et ont pu être témoins des liens forts que créé notre métier (qui dans le cortège n’a pas croisé un vieux collègue avec qui il a partagé quelques anecdotes, un camarade de promo perdu de vue, un ancien stagiaire qu’il a formé, un ancien ou un futur greffier en chef venu le soutenir ?).

Bon courage à tous les greffiers qui seront de permanence pour la fin de semaine et qui finiront tard dans la nuit.

4. Le jeudi 1 mai 2014 à 08:48 par xc

Question bête: que font les syndicats ?

5. Le jeudi 1 mai 2014 à 12:29 par Solinette

@xc :
Ils se mettent en tête de cortège avec des drapeaux pour qu’on les voie bien.
Voilà

6. Le jeudi 1 mai 2014 à 13:14 par Stephane

Ce nombre incalculable de greffières qui m’ont dit en riant de profiter de mon statut de stagiaire pour faire 9h-17h, parce que je n’aurais plus jamais l’occasion de faire cela une fois titularisée.
B. a ainsi, pour remettre son cabinet à flot, accumulé 90 heures supplémentaires lors de son premier mois de préaffectation. Le mois suivant, elle a constaté que les heures sur-supplémentaires avaient disparu de son badge. Elle ne sera jamais rémunérée de ces heures. Explications de sa greffière en chef : B. n’avait “pas le droit” de faire tant d’heures.

Vous etes les premieres(e) responsables de cet etat de fait. Les gens qui se soumettent d’eux meme a l’exclavagisme moderne de meritent que le mepris. Car en plus de se mettre eux meme dans des situations impossibles ils mettent l’ensemble de leurs collegues dans la pression, avec un chef qui dit, tu vois il/elle le fait donc tu peux le faire.

7. Le jeudi 1 mai 2014 à 14:17 par Cmdt Couchto

des greffiers j’en au deux chez moi…

8. Le jeudi 1 mai 2014 à 15:22 par JeCauseToujours

Dans les grosses boîtes de l’aéronautique le vital “contrôle des processus” se fait avec des outils informatiques. Donc conçus par des gens à double compétence, métier+informatique ; ce domaine (en anglais “workflow”) est mature depuis plus de 20 ans.
Il y a bien toujours des gens au contrôle final (l’équivalent du rôle des greffiers) mais leur efficacité-fiabilité est très élevée grâce au support informatique, contrôlable à tous les niveaux, dont ils disposent.
Il fait quoi le DSI du tribunal ? il joue aux billes avec ses stagiaires ?

9. Le jeudi 1 mai 2014 à 15:27 par Samdesbois

@Stephane :
j’aime les personnes déconnectées de la réalité des faits, de la réalité tout court; posant sans vergogne leur idéologie avec l’air d’un docteur, de celui qui sait.

Sauf que posé devant votre clavier, vous n’arrivez pas à comprendre et c’est là le problème.
Lorsque métier rime avec passion, avec dévouement, il est difficile sinon impossible de laisser couler le navire; et ce ne sont pas vos mots vides de sens qui convaincront quiconque.

Les personnels de la justice demande simplement de pouvoir travailler dans des conditions acceptables, et si vous trouvez intolérable leurs conditions de travail, soutenez les plutôt que de professer comme vous le faite.

10. Le jeudi 1 mai 2014 à 19:17 par Tortuga

Actuellement, on parle des greffiers sur Money Drop (TF1).

La question est : En France qu’elle fonction n’est pas obligatoirement représentée lors d’un procès en cour d’assises ?
Il y a 4 réponses possibles :

  • Juge d’instruction
  • Greffier
  • Assesseur
  • Avocat général.

Les candidates ont dit que le greffier est le “secrétaire”.
Elles ont hésité sur la réponse (et on envisagé que ce puisse être le greffier qui ne soit pas indispensable), puis on trouvé que c’est le juge d’instruction la réponse.

11. Le jeudi 1 mai 2014 à 19:28 par Stephane

Lorsque métier rime avec passion, avec dévouement, il est difficile sinon impossible de laisser couler le navire; et ce ne sont pas vos mots vides de sens qui convaincront quiconque.

Ceux qui font passer leur passion avant le metier sont justement ceux qui font couler le navire. A force d’ecoper au lieu de s’occuper de colmater les breches.
Le bateau finira par couler, avec tous les passagers a cause de ces gens la. Au lieu justement d’arreter d’ecoper, de mettre les gens en face du probleme pour qu’ils se bougent les fesses pour colmater tout ca (ou plutot, changer de bateau tant celui de la justice est bancal).
Tant que vous contiuerez d’ecoper comme des anes, ca veut dire que le systeme est bon. Pas besoin de le reformer.

12. Le jeudi 1 mai 2014 à 20:39 par Egidio

Ce n’est pas sérieux : mais les clichés ont la vie dure, il faut arrêter de regarder les séries américaines…money drop et tous les anglicismes. Il est vrai que j’ignore si l’équivalent de greffier officie aux States…

13. Le jeudi 1 mai 2014 à 22:32 par Damcrissine

Bonsoir,
Au sujet des heures supplémentaires, elles sont rémunérées (on ne va rentrer dans les détails) que depuis peu, 2009 de mémoire. Elles ont toujours été récupérables, mais à certaines conditions : heures supplémentaires effectuées notamment lors des audiences, auditions…(prévues par les textes) ou lorsqu’elles sont autorisées au préalable par le greffier en chef.
Lorsqu’on fait des heures sup’ pour mettre à jour un service sans autorisation on prend les risques qu’elles ne soient pas comptabilisées, ni reconnues.
Je rejoins Stéphane dans son analyse : faire des heures hors cadre pénalisent les collègues qui respectent les horaires, fausse les données statistiques, un service à jour ou presque à jour n’a pas besoin de renfort en personnel, tout va bien.
Le conseil : faire un état des lieux du greffe en arrivant sur un poste, demander du renfort à la hiérarchie ou l’autorisation de faire des heures supplémentaires.

14. Le vendredi 2 mai 2014 à 01:33 par Siskotte

@Stephane
Je comprends votre raisonnement et le partage. Sauf que bah des fois c’est un peu plus compliqué. L’urgence qui vous tombe dessus 5 minutes avant de terminer la journée (attention je ne parle pas de la simple urgence, ou de la très urgente ou de la très très urgente, mais de l’urgence ventre à terre) que vous devez donc gérez (et si vous avez du bol le fax fera des siennes, le logiciel pro décidera de planter …) avant de partir de votre service.
Je fais quoi si au moment de demander l’autorisation des heures supp, mon chef me dit non ?
La question des heures supp, c’est se positionner entre l’enclume et le marteau (et je regrette parfois mon ancien service où mes heures supp n’étaient dues qu’à mes contraintes d’audience)
En ce qui concerne ma hiérarchie, elle sait où se trouve un des points noir de mon service, mais n’a pas le budget pour allouer un vacataire (de là à avoir un titulaire faisant cette partie du travail, c’est un doux rêve)

15. Le vendredi 2 mai 2014 à 03:00 par Kornichon

À la lecture de ce témoignage édifiant et des autres, j’ai envie de soulever deux questions :

- Si la France n’a visiblement plus les budgets pour mettre sa justice à niveau, n’est-il pas qu’il faut aller vers une justice plus simple, des procédures moins lourdes, moins d’exigences… qui seront autant d’accrocs à l’individualisation des jugements, leur précision, etc.
Mais ce sera peut-être plus en rapport avec nos moyens.

- La France est un des pays de l’OCDE dont le budget par citoyen pour la justice est le plus faible. Sachant que notre dépense publique est parmi les plus importantes de l’OCDE, c’est qu’il y a un arbitrage. Sommes-vous près à renoncer à d’autres pans de l’action publique (dépense sociale ? politiques de l’emploi ? politique culturelle ?) pour remettre à flot notre justice ?

16. Le vendredi 2 mai 2014 à 08:04 par Christophe

@ Stephane
18h00 pile, Stéphane vient d’avoir un accident de la route ; les pompiers arrivent à 18h01, Ils le reconnaissent. Ils remontent dans leur véhicule pour faire demi tour. Stéphane, incarcéré dans son véhicule gueule, il ne comprend pas ! Les pompiers lui montrent l’horloge du village et lui lancent :

Les gens qui se soumettent d’eux meme a l’exclavagisme moderne de meritent que le mepris. Car en plus de se mettre eux meme dans des situations impossibles ils mettent l’ensemble de leurs collegues dans la pression

17. Le vendredi 2 mai 2014 à 09:40 par hourral

Vous êtes de mauvaise foi Christophe, il n’est pas ici question de vie ou de mort tous les jours de l’année. Stéphane est très direct mais ce qu’il dit est sensé : en acceptant de dépasser systématiquement l’horaire contractuel sans contrepartie, on entretient le système. Il est assez cocasse que ça se passe dans les tribunaux puisque c’est une illégalité flagrante qui, de plus, peut relever du pénal dès lors que des heures sont effectuées au su de l’employeur sans être ensuite déclarées ni rémunérées.
Pourtant, exiger l’application de la loi puis le cas échéant agir en paiement de dépassements, ce serait un sacré bon levier si un grand nombre de greffiers s’y mettaient.
Je veux bien que l’esprit de service public joue et justifie des dépassements d”horaire, un investissement personnel, c’est remarquable, mais quand c’est tout le temps, sans contrepartie ni reconnaissance, ben… on est simplement devenu un mouton…

18. Le vendredi 2 mai 2014 à 11:00 par Samdesbois

@ hourral et à Stéphane :
Donc il faut que la machine s’effondre c’est ça ?

C’est marrant tout de même, la majorité des français râlent contre les fonctionnaires car soit disant ils ne foutent rien. Mais quand on montre des situations totalement inverses, le lambda râle encore et disant que lui aurait mieux fait. Et puis, c’est vrai que le pouvoir judiciaire n’est pas un pouvoir essentiel; on peut bien s’en passer n’est ce pas?

Bon par contre, faudra s’excuser auprès des salariés licenciés en dehors des règles de droit et qui attendent justice, prière de se suicider car sinon c’est pas une “question de vie ou de mort”, pas plus que l’enfant laissée entre des mains irresponsables, pas plus que le couple qui passe d’amour à haine; pas plus que celui qui a commis un délit ou un crime et dont le rôle de la justice est aussi d’empêcher qu’il y est vengeance. Que de cas accessoire n’est-ce-pas?

Allez allons plus loin dans le raisonnement : que les personnels de Justice sont stupides alors que la solution était là sous leurs yeux, fallait tout arrêter et pis c’est tout.

Me fait penser à Don Camillo tout ça. Le premier film, lorsque Peppone décide de lancer la gréve pour imposer une taxe (juste au demeurant) aux grands propriétaire terriens. Les deux compères sont obligés d’aller en cachette traire les vaches et les nourrir pour pas qu’elles crèvent car sinon tout le monde aurait été perdant. Et oui, la Justice est une matière qui ressemble davantage à une exploitation agricole qu’à une entreprise de produits manufacturés : on ne peut pas tout arrêter car il y a un mouvement perpétuel.

19. Le vendredi 2 mai 2014 à 11:26 par Egidio

C’est édifiant pour le coup.

Par curiosité, j’ai fait une recherche sur les sites étrangers juridiques d’équivalent du greffier en France grâce à mes modestes notions linguistiques de diverses langues :

the clerck of the court aux USA et en Grande Bretagne,
Lo secretario judicial en Espagne
il cancelliere en Italie.
der rechtsfleger en Allemagne

Convertis en euros pour un traitement annuel :

USA : de 19000 euros à 39000 euros
GB : de 20500 à 43000 euros
Italie : de 20000 à 40000 euros
Espagne : de 20400 à 36000 euros
Allemagne : de 14014 à 49200 euros

En France, c’est de 18000 à 30000 euros.

Pour le coup, je me dis que dans les démocraties occidentales, il y a tout de même une reconnaissance salariale évidente du rôle du greffier en terme de traitement et que nous sommes bien les oubliés. Cela confirme également que nous sommes 37ème sur 43 (cf.cepej)

20. Le vendredi 2 mai 2014 à 12:07 par Salarié du privé

En tant que salarié du privé, ce que je trouve lamentable, ce n’est pas la faible paye comparativement aux études, ce n’est pas la nécessité de changer de métier pour évoluer. Tout ça existe aussi ailleurs, même si ce n’est pas souhaitable (surtout la paye…)

Non, ce qui est lamentable est le mépris dans lequel on tient le personnel, qui se transforme en mépris dans lequel on tient la Justice elle-même, alors que c’est un des besoins fondamentaux de l’être humain, juste après la nourriture et la sécurité physique.

De ce que je lis, vous avez une alternative simple: soit vous vous effondrez (dépression, burn out, etc), soit vous laissez le système s’effondrer avant. Parce que lorsque vous serez tous HS, le système s’effondrera aussi. Ailleurs on appelle ça la grève du zèle, soyez zélés sur les horaires par exemple (sans quitter le procès en cours, faut pas pousser non plus, faire volontairement du mauvais boulot n’est pas tenable).

21. Le vendredi 2 mai 2014 à 12:17 par Kornichon

@Egidio

Votre comparaison est intéressante, mais il faudrait la moduler avec :
- le coût moyen de la vie dans ces pays (qui n’est pas toujours modulo celui de la France, en plus ou en moins)
- les régimes de congés : traditionnellement l’employeur public en France préfère donner du temps que de l’argent
- l’existence ou non d’un statut (être titulaire de son emploi est un avantage qui peut justifier une rémunération plus basse)

On constate aussi que les rémunérations d’entrée sont proches, c’est l’évolution qui fait de sacrées différences. Sans doute parce que la FP française est conçue pour qu’on ne finisse pas dans le corps ou grade où on est entré.

Ce qui pose un problème pour les professeurs par exemple (quoi qu’ils ont l’agrégation) ou les greffiers. Il y en a sans doute d’autres.

Un autre problème qu’on retrouve est que faute de pouvoir augmenter le point d’indice significativement, les employeurs publics (Etat, collectivités… hôpitaux je n’en sais rien) ont privilégié l’augmentation des rémunérations accessoires (primes et indemnités) qui permettent de mieux cibler les augmentations sans trop avoir à se justifier. Mais les corps qui n’en touchent pas ou peu (profs, visiblement greffiers) sont les plus pénalisés.

Restent les heures sup’
Mais effectivement c’est encadré strictement.

On en revient à la question des moyens qu’on donne à la justice (et de où on les prend ailleurs ?)

22. Le vendredi 2 mai 2014 à 13:36 par Richelieu

Quelque maladroit qu’aient pu être les propos de Stéphane, ils ne sont pas dénués de bon sens. La malédiction de la fonction publique, c’est que contrairement à l’opinion générale, ses agents sont très souvent passionnés par leur travail et n’iront pas jusqu’au point de rupture car ils sont bien conscient des conséquences pour les administrés, auxquelles ils ne peuvent se résoudre. Tout au plus peuvent-ils, ponctuellement, faire une grève ponctuelle, de ci, de là, ce qui n’a finalement aucune conséquence, comme l’avait bien souligné le président précédent. La seule solution pour faire bouger les choses, c’est de forcer le système à évoluer, de mettre les citoyens devant leurs responsabilités : vous voulez une justice rendue dans des délais raisonnables avec suffisamment de greffiers ou payer moins d’impôt ? Pour l’instant, malheureusement, force est de constater que ceux qui font le calcul de diminuer le nombre de fonctionnaire ou de ne pas remplacer un départ sur deux, en comptant que ceux qui restent travailleront davantage sans (trop) moufter voient leur honteuse stratégie validée en raison du dévouement des agents.

23. Le vendredi 2 mai 2014 à 13:46 par Florent

Greffiers, c’est précisément parce que votre travail est indispensable que votre pouvoir est grand. Refusez de l’accomplir dans des conditions qui vous privent de vos droits, et vous serez entendus parce qu’on ne peut pas se passer de vous. Je sais que c’est par passion et par dévouement que vous vous sacrifiez, mais ce dévouement doit vous conduire à prendre conscience que le travail sera mieux fait quand vous aurez le renfort de personnel dont vous avez besoin, quand vous aurez un temps de repos suffisant, quand vous serez payés à la hauteur de vos responsabilités. Comprenez que le gestionnaire, qu’il soit l’administration ou l’employeur privé, n’a que faire de votre épuisement physique, il n’a que faire de votre détresse morale, il ne comprend qu’une seule chose, il ne se préoccupe que d’une seule question : comment puis-je réaliser des économies ? Il faut lui parler ce même langage, en commençant par ne pas dépasser vos horaires. C’est un rapport de force terrible qu’une grève d’ampleur nationale dans la fonction publique. La question cruciale est de savoir de quel côté se rangent les usagers : est-ce qu’ils renforcent l’Etat en critiquant les grévistes, ou bien est-ce qu’ils renforcent la grève en exigeant de l’Etat qu’il accède aux justes revendications des fonctionnaires? On a vu le lamentable travail de manipulation qui avait conduit la France à considérer les cheminots comme des “privilégiés” quand ceux-là faisaient grève contre la réforme de leurs retraites. Les usagers du service public de la justice ont leur responsabilité, mais vous devez être fermes, et ils commenceront à comprendre l’importance de votre partition quand vous cesserez de la jouer dans ces conditions insupportables. Je rejoins donc ce qu’a dit Stéphane, non pour vous accuser, mais pour vous exhorter. Vous avez tout mon soutien et je vous souhaite bon courage!

24. Le vendredi 2 mai 2014 à 14:38 par Egidio

Tous ces commentaires aussi intéressants les uns que les autres, amènent de ma part cette réflexion toute personnelle, à savoir qu’on est tributaire de ce que la societé (autrement dit nous tous de la société civile) est prête à faire de sa justice : nous nous présentons comme lanceurs d’alerte, la balle est dans le camp du ministère. S’il ne veut pas comprendre, si bercy met son veto, si la ministre obtient une majorité pour faire passer sa réforme, je pense que l’état d’esprit va changer dans notre corps. Après tout, seul contre tous, on ne peut rien faire et chacun fera ce que sa conscience lui dicte. Une société qui n’est pas solidaire est une société de l’arbitraire, de l’individualisme forcené. J’ose espérer que nos concitoyens ne nous mettront pas le dos au mur. Un pays qui maltraite son service public n’a rien à y gagner. A moins que vous ne vouliez retourner au système de la vengeance privée, au système de la justice payante. Je rappelle ici que les greffes des tribunaux de commerce sont toujours privés : ce sont des charges, chaque acte est facturé au justiciable. Eux ne bougent pas. Nous, greffiers fonctionnaires, nous bougeons, nous le faisons autant pour vous que pour nous et je remercie ici tous ceux qui l’ont compris et qui nous soutiennent.

25. Le vendredi 2 mai 2014 à 15:07 par Stephane

Donc il faut que la machine s’effondre c’est ça ?

Oui. Gerez les affaire reelement importante, (atteinte aux personnes, jrudidiction des enfants, et laissez tomber toutes les autres)
A un moement, il faut que le peuple prenne ses responsabilite, et envoient balader ces politiciens qui sont meme plus foutus assurer la justice, c’est a dire qu’il ne servent vraiment plus a rien.

26. Le vendredi 2 mai 2014 à 19:25 par Tortuga

Je pense aussi que les greffiers ne devraient pas se laisser faire et demander l’application de la loi.
N’est-il pas ironique qu’un greffier puisse travailler gratuitement pour un employé du privé lésé par son patron ?

Est-ce qu’il faut que la machine s’effondre ?
Je ne pense pas qu’elle s’effondrerait, elle subirait un sacré choc, mais s’en remettrait. Mais surtout, plus vous attendez, plus le choc sera grand.

On peut espérer qu’après un tel choc les procédures soient simplifiées/allégées, que de nombreux délits disparaissent.

27. Le vendredi 2 mai 2014 à 20:43 par rinvaplus

à Stéphane :
Bien sûr que nous savons que nous creusons notre propre fosse en faisant des heures supplémentaires “bénévoles”, nous en sommes conscients.

“Gerez les affaire reelement importante, (atteinte aux personnes, jrudidiction des enfants, et laissez tomber toutes les autres)”. (sic)

C’est quoi les affaires réellement importantes ? Et les autres !! Un voisin qui dresse un mur qui vous retire la vue (voire même la lumière), celui qui déborde allègrement sur votre terrain rognant centimètres par centimètres ou encore celui qui obstrue le passage que vous utilisez depuis des années des années sous prétexte que vous avez une autre sortie et que lui veut poser son joli parterre de fleurs là et pas ailleurs, ce qui vous rend la vie plus difficile (et je ne parle pas de l’ambiance de voisinage), ce n’est pas important ? et que dire de ces personnes qui ont été victimes d’un accident ou d’une bévue médicale (il y en a plus qu’on ne croit) je dis victimes car ils en sont rarement les responsables et qui attendent des indemnités, cet étudiant qui était promu à de belles études (ou du moins à ce qui le passionnait) et qui se retrouve dans un fauteuil ou ce peintre ou ce manutentionnaire (et autres…) qui tombe, se blesse etc pendant son travail et qui ne peut l’exercer, qui doit (ou peut) se recycler, ce n’est pas important ?
Pour moi, si ! aussi important que les affaires qui font la une des médias, ce sont des personnes qui sont touchés (des gens comme vous et moi, à qui ça peut arriver).
Alors oui, j’ai fait des heures supplémentaires pour eux, pour qu’ils n’attendent pas des mois à quelle sauce ils vont être mangés (je tiens à souligner que même si le jugement n’est pas en leur faveur et en prenant du temps pour leur expliquer, ils acceptent et sont soulagés, le problème au moins est réglé et nous remercient régulièrement).
Et je n’appelle pas ça que de la simple conscience professionnelle, mais aussi de l’humanité !!!

28. Le vendredi 2 mai 2014 à 22:18 par Stephane

Un voisin qui dresse un mur qui vous retire la vue (voire même la lumière), celui qui déborde allègrement sur votre terrain rognant centimètres par centimètres ou encore celui qui obstrue le passage que vous utilisez depuis des années des années sous prétexte que vous avez une autre sortie et que lui veut poser son joli parterre de fleurs là et pas ailleurs, ce qui vous rend la vie plus difficile (et je ne parle pas de l’ambiance de voisinage), ce n’est pas important ?

Non, pas vraiment. Pas urgent du tout. Encore une fois: une fois qu’il verra que la jsutice ne fonctionne pas il se bougera les fesses pour raler.
En attendant il s’en fout c’est transparent pour lui. Le boulot est fait tout va bien.

29. Le vendredi 2 mai 2014 à 22:19 par Stephane

accessoirement toutes les affaires concernant ces politiciens et autres journalistes qui portent plainte pour diffamation etc…mettez les sous la pile aussi…
Vous verrez que vous aurez des moyens rapidement.

30. Le vendredi 2 mai 2014 à 23:07 par rienvaplus

Très drôle, mais il se trouve que je travaille pas pas pour les politiciens ni pour les journalistes, mais pour des gens simples qui ont leurs soucis quotidiens et qui voudraient une justice à leur écoute qui les écoutent.
Par contre, il est vrai que si ça concernait (au civil) des politiciens ou et journalistes, ça ne deviendrait pas une urgence pour moi.
On n’a pas les mêmes valeurs !!!
Et à propos de se bouger les fesses, encore faudrait-il qu’ils aient des informations pour ça. Nul n’est censé ignorer la loi, votre livre de chevet c’est les codes Dalloz je suppose ?

31. Le vendredi 2 mai 2014 à 23:30 par Stephane

Et à propos de se bouger les fesses, encore faudrait-il qu’ils aient des informations pour ça.

Non. Les gens qui verraient pas la justice locale irait se plaindre au maire, qui pour se maintenir en poste ferait bouger son parti….
Pas besoin de la moindre information du pourquoi du comment. Les details ne sont pas le probleme du citoyen. C’est celui des personnes competentes (et surtout celles qui ont l’argent a gerer) c’est a dire aux politiciens de faire le boulot.
Maintenant, pesonllement, je serais plutot partisan de virer les politiciens vu qu’ils ne bossent que pour eux meme, et les remplacer par tirage au sort.
Histoire d’avoir un peu de mixite dans ce monde pourri de consanguinite.

32. Le samedi 3 mai 2014 à 00:50 par juge des enfants

Dans une certaine mesure Stéphane a raison et certains justiciables commencent à comprendre. L’ un d’eux m’ a écrit récemment que les français avaient la justice qu’ils méritent… il ne remettait pas ma décision en cause mais il se désespérait que le service éducatif ne puisse lui venir en aide avant quatre mois vu sa surcharge d’activité. Ce que peut être Stéphane ne mesure pas c’est le côté pervers du système dans lequel les fonctionnaires sont coincés.
Si je demande à mon greffier de venir en audience avec moi, je le mobilise 6 à 7 h tous les jours et il n’a plus le temps de convoquer les autres situations ni d’envoyer les 6 à 10 décisions prises par jour, étant précisé que le critère de mon intervention est le danger pour ces enfants et que les textes imposent un envoi dans les huit jours.
Et si je ne le fais pas venir à l’audience pour lui dégager du temps je ne respecte pas un autre texte du code…(ni le coeur de métier de mon greffie)

33. Le samedi 3 mai 2014 à 02:36 par Siskotte

@Stéphane : pour le coup de la diffamation, on voudrait bien, mais nous avons des délais à respecter en cette matière, ne pas les respecter, c’est ne pas faire correctement notre boulot xD

Après il faudrait aussi que nous demandions à faire respecter certains principes de base à nos chefs comme les 11 heures entre chaque service (je sais que je l’ai fait appliquer, ça a impliqué mon absence pendant 1 journée et des collègues qui m’ont remplacé…je n’aurai pas été en état de tenir ma journée, je ne sais pas comment mon magistrat a fait d’ailleurs…..j’attends toujours avec impatience le WE de perm où je terminerai le dimanche à minuit - 1 heure et où j’enverrai un petit mail à mes chefs pour leur dire qu’ils ne me reverront le lundi que vers 12h-13h), trouver le courage de leur dire que non par 9° dans le bureau c’est pas possible de travailler.

34. Le samedi 3 mai 2014 à 10:57 par solinette

@juge des enfants
merci. Du fond du coeur, merci. <3

35. Le samedi 3 mai 2014 à 14:03 par Tortuga

Comment serait considéré, dans le privé, un employé faisant de nombreuses heures sup non-payées dans l’intérêt de la boîte ou des clients de la boîte ?

36. Le samedi 3 mai 2014 à 19:29 par Olivier

Apparemment le métier de greffier ça laisse quand même pas mal de temps pour rédiger un billet et répondre aux commentaires même en pleine semaine ;-). Après pour 2k€ ça peut se comprendre qu’on ne dépasse pas les 37h30 ..

37. Le dimanche 4 mai 2014 à 02:03 par Siskotte

@Olivier : qui sont les imbéciles qui ont créé les vacances ? (dans le cas présent, vu que c’est Pâques, c’est même carrément les vacations judiciaires)
et sinon au vu les horaires des posts des fonctionnaires du greffe ….

38. Le dimanche 4 mai 2014 à 07:34 par Stephane

Comment serait considéré, dans le privé, un employé faisant de nombreuses heures sup non-payées dans l’intérêt de la boîte ou des clients de la boîte ?

Par son patron: Comme un bon petit soldat permettant de lui faire rentrer de l’argent, et de foutre la pression su rles autres employes en les rabaissant par comparaison

Par ses collegues: Comme un arriviste. Au mieux. Comme un débile, le plus souvent.

39. Le dimanche 4 mai 2014 à 11:23 par Egidio

A en être réduit à faire des heures supplémentaires pour faire tourner un greffe, tout le monde comprend bien que c’est mettre “la charrue avant les boeufs”, alors, revenons aux fondamentaux, à savoir :

1) l’application du Code de l’Organisation Judiciaire

2) le respect des règles statutaires de la profession

Les dérives, ces derniers temps, sont abyssales pour autant que nous ne nous faisons pas respectés.

Certes, ce mouvement de colère des greffes est accompagné par les syndicats de magistrats.

Cependant, ne nous leurrons pas, le couple magistrat-greffier est essentiellement professionnel.

Pour la défense de nos conditions de travail, pour la revalorisation de la profession, pour la définition des règles statutaires de notre corps, nous sommes face à des magistrats de la Chancellerie qui n’ont pas objectivement la même perception des problèmes de fonctionnement de la justice puisque leur mission essentielle est de juger et d’arbitrer des conflits.

Il en serait, de même, par ailleurs, si des avocats étaient aux mêmes postes avec d’autres motivations.

En premier lieu et ce serait déjà bien, il conviendrait que cela soit des greffiers en chef qui soient placés à la direction de la Sous Direction des Ressources Humaines des Greffes et à l’Ecole Nationale des Greffes.

En second lieu, il est tout de même paradoxal que les greffiers en chef soient évalués par les chefs de juridictions et les chefs de cour. Il y a, tout autant que pour les greffiers, à leur niveau, un problème statutaire.

Mais, commençons par le commencement, c’est à dire les corps de greffiers et de faisant fonction de greffiers.

Pour tout dire, revenons aux fondamentaux, les corps de fonctionnaires en catégorie C sont des corps d’exécution, les corps en catégorie B sont des corps de rédaction, les corps de catégorie A sont des corps de conception et de direction.

Et le corps de la Magistrature n’est pas un corps de fonctionnaires, pour finir l’exposé, tout comme le corps des Armées

40. Le dimanche 4 mai 2014 à 13:06 par argone

Chers greffiers,
Merci pour vos contributions !
Vous êtes indispensables ! Donc laissez la machine tournée sans vous durant 1 mois, et vous verrez que la hiérarchie finira par se montrer clémente et alertera le ban et l’arrière-ban des politiques pour qu’une solution soit trouvée. Vous finirez par obtenir gain de cause.
Bon courage!

41. Le dimanche 4 mai 2014 à 14:50 par WonderWoman

Quel idéalisme !! Quand je lis qu’il suffirait pour nous greffier, de laisser la machine s’enrayer et ne traiter que les dossiers urgents, pour que notre hiérarchie réagisse…

D’abord, permettez moi de vous rappelez que l’urgence est relative. Chaque justiciable qui vous appelle ou qui vient faire le pied de grue dans votre bureau, dira que son dossier est urgent et doit passer avant les autres.
Ensuite, laisser notre hiérarchie réagir… Mais avec quels moyens ? Nos greffiers en chef se débattent avec un budget chaque année amoindri. Ils passent leur semaine à faire des réunions avec les chefs de juridictions, à passer des commandes, à recevoir un tel ou un tel qui ne supporte plus son collègue et qui demande un changement de service dans l’immédiat… Alors si ces greffiers en chef n’ont pas de greffier capable de s’auto-gérer, autant vous dire qu’une juridiction coulerait aussi vite que le Titanic.

Alors vous direz qu’on se plaint alors qu’on veut bien faire des heures supp et que personne nous y oblige ? C’est la conscience professionnelle tout simplement. Oui, certains soirs j’aimerais bien passer mon temps à me prélasser sur mon canapé, mais non, à l’instruction, j’ai des permis de visite à délivrer, car si le détenu “mérite” son incarcération, sa famille elle n’a rien demandé, et une mère a le droit d’aller voir son fils… J’ai encore des gardés à vue accompagnés d’enquêteurs qui doivent être entendu par le juge, d’autres qui attendent de passer devant le juge des libertés et de la détention pour connaître leur sort. Alors quoi ? Il est 17h et je vais dire aux justiciables, à mon juge et à mes enquêteurs que c’est la fin de la journée et qu’il faut que je quitte mon poste ? Non évidemment !
Alors oui, on le veut bien. Mais on le fait aussi pour vous justiciables, et pour eux, juge et enquêteurs qui ne comptent pas non plus leurs heures.

Messieurs, dames, qui nous conseillez d’arrêter d’en faire trop, quel serait votre réaction si, quand vous aurez besoin d’un jugement urgent, je vous répondais que je ne fais pas d’heures supp et que je n’ai donc pas le temps de vous le délivrer ?

Vous seriez sûrement les premiers à râler, alors qu’on faisait qu’appliquer vos précieux conseils…

42. Le dimanche 4 mai 2014 à 16:28 par herve_02

@wonderwoman

Bon, pour résumer :
1 - Vous n’avez pas les moyens de travailler comme il faut.
2 - vous ne pouvez pas faire autrement que de travailler gratuitement.
3 - Vos chefs n’ont pas les moyens de faire mieux.
4 - il faut faire des économies à l’échelle nationale.

Maintenant qu’elle est votre proposition ? (à part déshabiller paul ?) - Si l’objectif est juste de crier votre mal être, c’est fait…
what else ?

43. Le dimanche 4 mai 2014 à 16:54 par Wonderwoman

On a crié notre mal être pour que des solutions soient trouvées au niveau du Ministère, nos greffiers en chef n’ayant pas les moyens de nous soulager.
What else ? Et bien ce n’est plus de notre ressort malheureusement. On s’est fait entendre, que faire d’autre ? On a une mission de service public et les jugements doivent être rendus malgré tout.

Dans mon post, je tenais seulement à réagir face aux solutions toutes trouvées qui paraissaient si simples à certains !

Mais moi jeune greffier, je ne peux rien faire d’autre, ça c’est une certitude

44. Le dimanche 4 mai 2014 à 18:12 par Egidio

En tout cas, merci à Maître Eolas, ce problème des heures supplémentaires dans la justice est maintenant sur la place publique.

Il y a une solution : saisir le Conseil superieur de la Fonction Publique de l’Etat….via les syndicats.

45. Le dimanche 4 mai 2014 à 18:29 par Val

Vu la proportion réduite de la part du budget de la Justice dans le budget global de l’Etat, on peut enlever quelques cheveux à Paul pour tricoter une écharpe à Pierre. Exemple : l’abattement fiscal de 10% en raison des frais professionnels pour les retraités (qui n’en ont pas par définition) représente un manque à gagner de 2,7 milliards d’euros pour l’Etat. On supprime cette ineptie, on consacre la moitié pour préserver les retraites les plus basses, et l’autre moitié à la Justice de façon responsable et transparente (soit, à la louche, 17% d’augmentation du budget).

Il ne devrait pas y avoir à chipoter le bout de gras au sujet des moyens matériels alloués à une chose aussi essentielle que la Justice.

46. Le dimanche 4 mai 2014 à 20:42 par Ajuga

Ils sont passionnés par leur boulot, du coup ils acceptent les heures sup, du coup ça marche suffisamment, du coup personne ne fera rien.
Le raisonnement de Stéphane est clair : acceptez d’arrêter ça et il se passera quelque chose. Quoi ? ah c’est une autre histoire…
Le prix à payer ? mettre un énorme désordre, pour ne pas dire plus. Souffrir dans sa conscience pro.

est-ce que ça vaut le coup ? je ne suis pas capable de choisir pour vous, mais je rejoint Stéphane : sinon il ne se passera rien. Ou disons pas grand chose, puisque ça marche comme ça. ça ne marchera plus un jour ? après moi le déluge disent tous les ministres et plus.
Tout le monde sait bien que les réformes arrivent en fonction du pouvoir de nuisance des gens concernés, et de leur volonté de le nuire réellement, d’où l’énorme poids des routiers, agriculteurs et autres nuisibles-quand-ils veulent parce qu’ils n’hésitent pas.

47. Le dimanche 4 mai 2014 à 21:06 par argone

@ WonderWoman
On ne fait pas d’omelettes sans casser les oeufs ! Il faut savoir ce que vous voulez à la fin.
Si vous voulez vraiment que votre mouvement serve à qq chose, alors prenez modèle sur d’autres (ratp, taxis, sncf), fédérez-vous avec l’appui des syndicats, débrayez vraiment, mettez un mouchoir sur vos principes, et surtout dites-vous que c’est pour la bonne cause, pour l’amour de votre job et de cette justice que vous voyez sombrer jour après jour, et pour votre propre santé physique et mentale.
A vous de jouer!

48. Le dimanche 4 mai 2014 à 22:44 par herve_02

@val…

ayé… il est facile d’aller regarder de ci de là ce que l’on peut prendre à droite à gauche en estimant que les autres méritent mois que ce que l’on a.

Il y a tout plein de truc à ratiboiser :
- les 30% des journalistes
- les 10% des retraité
- les frais de représentation des députés
- la sécurité de boulot des fonctionnaires.

C’est vrai chacun essayant de tirer un peu de couverture à soi. Mais cela ne marche que si l’autre n’arrive pas à tirer plus fort.

49. Le dimanche 4 mai 2014 à 23:15 par rinvaplus

@Stéphane
A part faire des copier/coller et cracher ses rancoeurs, tu fais quoi dans la vie ?

50. Le dimanche 4 mai 2014 à 23:15 par Tortuga

Lorsque quelques délinquants auront été relâchés faute de greffier, le gouvernement sera obligé de réagir. Il perdrait trop de voix sinon.

Si les greffiers n’appliquent même pas leurs acquis sociaux, leur statut, ils n’auront jamais rien.

51. Le dimanche 4 mai 2014 à 23:41 par Val

@herve_02

Je n’ai aucun intérêt dans l’affaire si ce n’est d’être un justiciable potentiel comme les autres. Au-delà du sujet des rémunérations qui peut faire débat, je pense qu’à partir du moment où l’on tombe d’accord sur le rôle essentiel de la Justice dans notre société, on devrait aussi être d’accord sur le fait qu’il faut lui donner les moyens de remplir efficacement son rôle. De nombreux rapports montrent que la France est loin derrière à ce niveau, tout comme les divers témoignages émis.

52. Le lundi 5 mai 2014 à 00:10 par rinvaplus

Arrêtons de nous chamailler par commentaires interposés (mea culpa, je l’ai fait aussi). Les difficultés de la Justice (pour ne pas dire plus !) nous concerne tous : professionnels comme justiciable. Si nous ne restons pas unis pour améliorer la situation, nous serons tous perdants : les professionnels continueront de pleurer sur leurs conditions de travail et leurs reconnaissances budgétaire et humaine, les justiciables continueront de râler sur les délais de délivrance des décisions et du peu de temps consacrés à leurs problèmes (qui sont réels). Et ce n’est pas en tapant sur les politiciens (de gauche ou de droite) que ça apportera une solution. C’est tous ensemble qu’il faut agir !!! Nous, pour obtenir les moyens matériels de rendre la justice (stylos, papier, photocopieurs ….) et Vous des décisions plus rapides et et plus personnalisées (car toutes les situations sont différentes).
Je tiens à préciser que même si mes propos semblent virulents, je ne suis ni syndicaliste, ni même syndiquée mais une greffière en colère frustrée de ne plus pouvoir prendre le temps d’écouter et d’expliquer, bref de ne plus pouvoir exercer son métier comme elle le voudrait dans de bonnes conditions pour tous.

53. Le lundi 5 mai 2014 à 12:25 par Mira

Même ressenti aujourd’hui dans mon métier de “petites mains” de secrétaire juridique.
J’ai pensé à passer le concours de l’école du greffe, mais avec “seulement” une licence et un DU je m’en sens pas capable, et quand je lis ce texte je me dis que ça n’a pas l’air bien mieux que ma condition actuelle…

54. Le lundi 5 mai 2014 à 17:58 par Clopine Trouillefou

Wouah ! Un témoignagne super BIEN ECRIT, se lisant d’une traite, intelligent et soigné, pondéré et en même temps précis, explicatif et pédagogique : franchement, moi qui ne connais rien des métiers du droit, vous m’impressionnez, Mesdames (surtout Mesdames, me semble-t-il) les greffières. Petites mains ? Sachant tenir la plume, toutefois !

(et je vous soutiens, boljemoï !!!!)

55. Le lundi 5 mai 2014 à 21:21 par Chavalfaire

@ Wonderwoman et Argone

Allez, on y va : greffiers des tribunaux d’instance : refusons de tenir les permanences de week-end des élections européennes !

Chiche ?

56. Le lundi 5 mai 2014 à 21:47 par Egidio

Vivement le 7 mai à la Chancellerie. On y est presque, c’est après demain !!!

57. Le lundi 5 mai 2014 à 23:33 par Stephane

A part faire des copier/coller et cracher ses rancoeurs, tu fais quoi dans la vie ?

Je m’amuse et me moque des gens qui se plaignent alors qu’ils sont volontaires a prendre les coups. Les masos qui s’assument pas m’amusent beaucoup.

58. Le mardi 6 mai 2014 à 04:18 par Egidio

Que répondre à Stéphane, vous me voyez désolé pour tant d’infantilite. Qui rira bien qui rira le dernier.

59. Le mardi 6 mai 2014 à 09:53 par PIA

@Egidio #24 et d’autres commentaires
Tout cela doit effectivement poser la question de ce que la société civile est prête à faire pour avoir un Justice (ou un autre service public - je pense à la santé) digne de ce nom.
Inutilie d’attendre d’un ministre une vraie refonte. Il faut énormément de courage politique pour remanier en profondeur une institution telle que la Justice, l’Enseignement ou la Santé. Et le premier qui s’y frotte se fait éjecter. Il faut une réelle volonté politique de la société toute entière. Or lorsque l’on voit les comportements de nos élus (tous bords confondus) vis à vis de la Justice, c’est consternant. Aucun ne défend l’institution. Tous en choeur pour sauter à pieds joints sur chaque décision judiciaire et de cracher sur les enquêteurs, les magistrats, les avocats et de souligner les dysfonctionnements et les erreurs (surtout quand eux-mêmes sont dans la tourmente, d’ailleurs). Il est de bon ton de critiquer, mais si peu ont de vraies solutions d’amélioration.

Qui plus est, on a certes le sentiment que toutes les simpifications, économies, amélioration des flux de la Justice pourraient passer par une amélioration des systèmes informatiques ou d’une meilleure communication entre les différents acteurs, d’une meilleure fluidité. Mais avant tout, ce sont les lois et les codes qu’il faudrait simplifier. Or on peut comprendre que c’est un chantier dantesque auquel personne n’a réellement envie de s’attaquer. Pourtant de substantielles économies et accélérations de processus pourraient en découler.

Et qui mieux que les greffiers pourraient proposer un programme d’optimisation/simplification qui permette justement “de faire plus avec moins”.

Ce mouvement qui ne serait plus de protestation mais de proposition, deviendrait alors d’utilité publique il me semble.
Encore faut-il trouver quand même des élus pour le porter…

60. Le mardi 6 mai 2014 à 14:16 par john

Je rejoins les avis de Stéphane et de beaucoup d’autres sur le sujet.

Les heures supp ne sont pas payés? Alors il ne faut pas les faire, peut importe les conséquences.
Vous êtes des greffiers, vous n’êtes pas des managers, pas des patrons. Vous n’êtes pas là pour gérer les temps de travail ni les budgets, mais pour faire un travail de greffier durant les heures payées: ET C’EST TOUT. Rien de plus.

J’ai déjà vécu cette situation en tant que contractuel pour une université (je ne le suis plus depuis). Chargé de gérer de l’administratif et des contrats, je me suis retrouvé avec énormément de travail à gérer. Au début, vu la charge de travail , on me disait qu’ils ne pouvaient embaucher plus de personnel mais qu’avec des heures supp, ça passerait et implicitement que je serais payé.

Premier mois, je ne vois pas ces heures apparaitre sur ma fiche de paie, soi-disant problème informatique, tout devait aller mieux le mois prochain. Je continue donc les heures supp sans me méfier.
Deuxième mois, toujours pas d’heures supp payés. Énorme coup de gueule de ma part, et malgré l’importante charge de travail, je décide de ne plus faire d’heures supp. Ma chef râle, je lui dis clairement que je ferais rien tant que je n’aurais pas mes heures supp payées. J’apprends dans le même temps que la fac n’a plus de budget, qu’elle ne peut plus payer ni embaucher, que ça fait deux ans que ça dure, mais qu’il faut quand même faire le boulot parce que c’est important pour la fac, sa réputation avec les entreprises.
Au vu des heures non-payées, j’ai refusé de faire des heures supp et m’en suis tenu à mes horaires. Je savais que la fac ne pouvait rien me reprocher, le boulot était fait correctement.
Les dossiers s’accumulaient et les retards commençaient à se faire ressentir. Certaines entreprises appelaient l’université pour râler de ces retards, le doyen de l’université est même venu dans notre service pour voir ce qu’il se passait. Au bout de 6 mois, c’était le bordel total (l’université devait aussi faire face à d’autres impayés dans d’autres services).

Et là, miracle!! Au milieu de tous ces problèmes, l’université est venue nous allouer un vacataire supplémentaire alors même qu’elle ne cessait de nous répéter qu’il n’y avait plus de budget. Une deuxième personne est venue compléter le service à la rentrée suivante.
Je ne sais pas s’il n’y avait plus d’argent, mais l’université a fait ce qu’il fallait pour en trouver.

En clair, il a pas 36 solutions: pour faire bouger les choses, faut cesser de se faire exploiter.
Si je n’avais rien dit, si j’avais continué docilement de faire ces heures supp, rien n’aurait changé, notre service n’aurait eu aucun personnel supplémentaire et j’aurais vécu un enfer pendant quelques années.
Tandis que là, en refusant cet état de fait, ça a certes mis le bordel dans la fac, ça a fait chier des entreprises partenaires, ça a fait gueuler mes supérieurs, ça a été chiant à gérer pendant 6 mois, mais au final, notre service a eu du personnel supplémentaire Au final, nous nous sommes retrouvés à gérer les contrats de façon bien plus efficace, ce qui a sans doute rapporté bien plus à l’université qu’auparavant.
C’était pas parfait (loin s’en faut) mais c’était déjà bien mieux.

La conscience professionnelle, c’est de bien faire son boulot.
Mais la conscience professionnelle, c’est aussi de savoir dire stop quand il le faut, de savoir dire à ses supérieurs: stop, ça suffit les conneries.

61. Le mardi 6 mai 2014 à 16:10 par Spartacus

Très belle réponse John, je partage pleinement ton avis.

Quaand on est greffier, on fait son travail de greffier et leur chef font leur travail de chef. C’est à eux de gérer le problème de personnel…

62. Le mardi 6 mai 2014 à 21:15 par Jeremie

De ma propre expérience du JDE en Ile de France, il n’y a aucun scrupule à avoir à faire ses heures et pas une de plus. Les services sociaux sont de notoriété publique plus qu’incompetents et en plein conflit d’intérêt (ils évaluent, placent et estiment eux-mêmes le résultat de leur action). Un enfant sur deux est placé sans raison, bref pour revenir au greffier je crois que B. a trop de scrupules pour un système judiciaire qui est largement défaillant. Je lui conseille de faire ses heures. De ne pas croire que des parents sont irresponsables, que des avocats resteront impayés sans se laisser faire. Pas d’argent, pas de travail gratuit.

63. Le mardi 6 mai 2014 à 23:11 par rinvaplus

C’est bien jolie toute cette morale et c’est facile. Nous avons effectivement arrêté de faire des heures supplémentaires non payées, les c ont cessé de faire fonction. Pour l’instant, l’impact ne se fait pas trop ressentir mais quand les décisions sortiront avec énormément de retard, que vous aurez des réponses tardives à vos problèmes, vous nous soutiendrez toujours ?

64. Le mercredi 7 mai 2014 à 02:37 par Siskotte

@Jeremie : sûr les avocats ne resteront pas impayés sans se laisser faire..mais d’après vous, contre qui ils vont se retourner … ils viendront emmerder le greffier qui leur a pas délivré les AFM… iront se plaindre auprès de leur bâtonnier chéri qui viendra se plaindre auprès du chef de juridiction qui viendra se plaindre auprès du directeur de greffe qui viendra se plaindre auprès du chef de service qui convoquera le greffier dans le bureau pour lui demander des comptes (en triple exemplaire).

65. Le mercredi 7 mai 2014 à 05:56 par Judex

Comme souvent dans ce genre de discussions, il est procédé à des amalgames et autres raccourcis. Ainsi, le greffe pénal est très différent du greffe civil : service d’audiences plus lourd, et très hautes sollicitations lorsqu’il s’agit du greffe de l’instruction.
De même, tout dépend du type de juridiction (TGI, TI, etc, sans oublier l’exception au statut qui singularise les juridictions administratives) et de son volume d’activité. Tout dépend encore du lieu de la juridiction (grandes villes, villes moyennes).
En chaque hypothèse des charges de travail différentes, et il existe donc des greffiers malheureux mais aussi des greffiers heureux !
L’avenir passe par la dématérialisation des actes et même des audiences. Beaucoup de procédures orales sont inutiles, et il y a souvent trop d’oralité dans les procédures écrites.
Un mot pour finir : ayant beaucoup fréquenté les greffes de tout type, je vous remercie, Mesdames et Messieurs les Greffiers, pour votre disponibilité et votre sens du service public. On vous adore, sauf quelques (inévitables) exceptions.

66. Le mercredi 7 mai 2014 à 20:05 par john

@Siskotte

Vous oubliez la suite et le plus important dans ces cas-là:

Le chef de service viendra demander des comptes au greffier.
Le greffier lui répondra simplement qu’il y a beaucoup de travail, qu’il faut embaucher du personnel en plus.
Le chef de service rétorquera qu’il n’y a plus de budget, qu’ils ne peuvent embaucher et qu’il faut faire avec.
Et c’est là que le greffier doit répondre: “On fait donc avec, il y aura donc toujours du retard et les avocats râleront toujours. Mon métier, c’est greffier, pas gestionnaire de budget. Je fais mon boulot comme il m’est demandé, dans les horaires qui me sont payées, en respectant mes obligations sans faute professionnelle. Il faut du personnel en plus, il faut directement voir avec les personnes chargées du recrutement pour embaucher le personnel requis”.
Le chef râlera mais sera bien obligé d’admettre cet état de fait.
Le directeur de greffe viendra se plaindre à son tour. Même réponses, même conséquences. Il sera forcé d’admettre la situation.
Le Chef de juridiction viendra aussi à son tour. Rebelote.

Si ces supérieurs sont un tant soit peu intelligent, ils comprendront qu’il ne sert à rien de vouloir taper sur le greffier et demanderont du budget pour du personnel supplémentaire.

Ça ne se fera certes pas du jour au lendemain, mais ça se fera.
Ça risque d’être l’enfer pendant des semaines, voire des mois, mais vous n’aurez rien à vous reprocher. Vous n’êtes en rien responsable de la situation et personne ne pourra vous le reprocher.

Vous avez peur pour la suite, le licenciement, ou les ralentissement de carrière?
Dois-je vous rappeler que c’est de vous dont on a besoin? Que vous êtes en position de force dans la négociation et qu’ils ont bien plus à perdre de vous virer que de vous garder?
Il ne faut jamais oublier quelle est votre position, mais il ne faut jamais oublier quelles sont vos forces et vos faiblesses sur le moment présent.

67. Le mercredi 7 mai 2014 à 20:55 par DM

Ce qui est raconté ici au sujet des heures supplémentaires ressemble, en plus grave, à ce qui se passe dans certaines universités: comme il n’y a pas assez d’enseignants-chercheurs pour assurer les enseignements avec leurs heures de travail normales, tout le monde est en sur-service avec heures supplémentaires. Sauf que quand l’enseignant-chercheur n’enseigne pas, il est censé faire de la recherche; mais quand on en est à faire deux fois ses heures normales, on ne peut plus faire de recherche. On s’entend ensuite reprocher par les instances supérieures d’être un médiocre (et dans les commentaires sur le Web, un fainéant et un nanti).

Là encore, une façon d’agir serait de refuser de travailler au delà du service légal. Mais que faire alors des flux d’étudiants? On les met dehors en disant qu’on n’a pas de personnel?

68. Le jeudi 8 mai 2014 à 00:19 par Stephane

On les met dehors en disant qu’on n’a pas de personnel?

Oui. Les etudiants iront raler dans la rue….ils le font deja bien pour des motifs totalement futiles.
Qu’est ce que ca peut faire.
Mais bon il y en a qui aime vraiment geindre plutot que de prendre leur responsabilite. Faire son travail, et pas celui des autres.
Accessoirement, vu le taux de chomage, ces gens la privent un chomeur d’un boulot.
Pas de budget ? Mon oeil….suffit que les politicards baissent un peu leurs depenses, et du budget il y en aura.

69. Le jeudi 8 mai 2014 à 07:09 par DM

@Stephane: “suffit que les politicards baissent un peu leurs depenses”

Il ne me semble pas que les dépenses engagées par les élus pour le fonctionnement des instances auxquelles ils appartiennent (p.ex. assemblées parlementaires) constituent une part significative des dépenses de l’État; de sorte que leur diminution ne changerait rien aux grands équilibres, même si elle aurait valeur d’exemple.

Si vous voulez toucher aux dépenses publiques engagées par les élus locaux, il va falloir toucher à des choses comme le BTP, qui emploie beaucoup de monde… par exemple ces endroits où l’on transforme un carrefour en rond-point, puis quelques années plus tard en carrefour avec feux.

@Judex: Méfiez-vous des dématérialisations mal menées. On peut avoir des systèmes rigides qui complexifient les procédures, qui exigent 36 manipulations, etc. On peut aussi avoir des approches “ceintures et bretelles”, où il faut non seulement traiter le dossier en ligne mais aussi renvoyer le dossier papier (avec des arguments style “seul le papier fait foi”). Certains projets ont été une catastrophe, sauf pour les SSII qui les ont menés…

70. Le jeudi 8 mai 2014 à 18:23 par oursivi

Chapeau bas.

Dans le même temps Gattaz qui nous explique que 30% d’augmentations (cachées dans des bonus) c’est naturel…
30% de plus à votre salaire, Mme la greffière, cela ne choquerait en rien, mais du précédent sien…

Comment se fait-il qu’on ne puisse commenter les anciens billets, par ici ?

Parce qu’il y a tant à en dire…

AO

71. Le jeudi 8 mai 2014 à 20:41 par DaveMingChang

Bonjour Maitres ; Pourriez-vous s’il vous sied, nous expliquer ce pataquaisse (apparemment des avocats sont radiés par des conseils de discipline irréguliers) ?

72. Le jeudi 8 mai 2014 à 22:13 par vorotynsky

on doit faire quoi? s’apitoyer sur le sort de ces pauvres greffiers. qui a part nous raconter des divers, ne nous en dise pas beaucoup sur les revendications. je suis bien loin d’etre dans le milieu de la justice mais elle reste pour notre pays un des trois piliers de notre république.
Donc j’ai lu de jolies choses, mais je comprends toujours pas. Désolé!

73. Le jeudi 8 mai 2014 à 23:39 par Judex

@DM
Oui, il faut aller vers des dématérialisations surtout intelligentes facilitant le travail du juge, des avocats et donc du greffe.
On ne peut continuer ainsi avec une hausse exponentielle du contentieux et des moyens que l’on sait inadaptés.
Certains progrès existent, comme la suppression des audiences de mise en état, assez chronophages, dans bon nombre de chambres des TGI, dont celui de Paris, sauf demande spécifique des avocats.
D’autres pistes sont à creuser pour alléger le service des audiences civiles dans les procédures écrites. Ainsi une vraie instruction préalable des dossiers (et non pas un simple rapport évasif du juge rapporteur) permettrait de concentrer les plaidoiries sur certains thèmes faisant débat, de l’avis du juge.
A noter aussi le rôle actif que doit tenir le chef de juridiction pour l’organisation du service, et il faut avouer que l’on trouve ici le pire comme le meilleur. Mais c’est un autre débat …

74. Le samedi 10 mai 2014 à 00:37 par rinvaplus

@ Stéphane : Si Maître EOLAS nous a gentiment ouvert son blog (à nous personnels de la justice), c’est pour que nous puissions exposer nos difficultés quotidiennes, pas pour subir une personne qui envoie son venin envers les “politiciens”, il y d’autres moyens pour les exprimer : aller voir son député (c’est lui qui vote les lois,non ?, ou je n’ai pas tout compris) et le système encore plus démocratique en se cachant, allez voter).
Je m’investit beaucoup dans ce mouvement parce que j’ai l’impression que le greffier n’a plus de place dans ce monde judiciaire. Nous sommes où nous greffiers, des larbins des magistrats, des producteurs de stats pour les GEC et des B surpayés pour les faisant fonctions (“on fait la le même travail que toi et je ne touche que …).
Je ne veux pas faire de sectarisme entre catégories. J’ai la chance d’exercer dans une moyenne juridiction, j’allais dire presque familiale (je le dis). Je suis allée à Paris le 29 avril, nous n’étions que des greffiers (les faisant fonctions ne pouvant pas nous suivre en nous indiquant au dernier moment pour des raisons personnelles (ce qui je conçoit).Mais qui après, nous reproche, via les médias télévisées, de n’avoir vu que des greffiers et ce n’est pas faute d’unifier toutes les catégories lors de ce rassemblement (A, B, C). Ils semblent oublier qu’ils (elles) ont oubliés qu’ils (elles) ont reçu une prime - bien minime je l’accorde - en décembre 2013 et en recevront une autre en juin 2014 (un peu plus généreuse de 10 € par mois par rapport à celle de 2013), les greffiers pinuts !!!
Quant aux “plus hauts placés”, dans mon modeste tribunal, ils ont été super : Nous avons l’appui de notre Président, qui voudrait moderniser notre justice plus vite, mais qui comprend nos difficultés d’adaptation (on ne change pas les mentalités des “j’ai toujours fait comme ça”), d’un de nos magistrat qui nous a accompagné à Paris restant très discret mais présent dans son soutien (et je l’en remercie vivement) et de notre Directeur de greffe qui, bien qu’en vacances en famille, s’est inquiété auprès de son adjoint de savoir si nous étions bien rentrés.
Alors, STEPHANE, oui, tu peux vomir toute ton acrimonie (prends le dictionnaire si tu sais pas ce que ça veux dire) mais tu ne nous retirera jamais les joies d’exercer notre fonction - dommage pour toi que tu les connaisse pas - ni cette solidarité qui nous unit tous (magistrats - fonctionnaires des greffes et avocats).

75. Le samedi 10 mai 2014 à 20:25 par Derhelm

@ “Rinvaplus”

Je me suis interrogé sur ce qu’a voulu exprimer stéphane et je suis tombé sur ce commentaire :

“Un paradoxe se dessine entraînant dans son sillage des interrogations qui m’interpellent.

Les greffiers sont confrontés quotidiennement à un cruel mépris, si ce n’est à une effroyable indifférence. Leur charge horaire est largement dépassée et le matériel faisant défaut, il ne leur est pas possible d’accomplir leur mission dans des conditions décentes.

Cependant, leur conscience professionnelle leur interdit de partir du Palais de justice à 18H en laissant de côté des dossiers dans lesquels des vies sont parfois en jeu.

Cette même conscience professionnelle les pousse à ravaleur leur fierté face au mépris qui leur est infligé.

Et pourtant… Malgré ces conditions de travail déplorables, le travail est accompli. Les greffiers usent leurs santés physiques et morales, ils ne comptent plus les heurs supplémentaires, mettent leurs nerfs à vif, se donnent tout entier à la mission qui leur a été confiée. Mais le travail est accompli. Pourquoi, dans ces conditions, un changement interviendrait-il ?

Pourquoi adjoindre plus de personnel à un service qui remplit la tâche qui lui a été confié ? Pourquoi augmenter le financement de ces services qui bouclent toujours les dossiers à temps ?

Les greffiers souffrent énormément.

Mais pourquoi le ministère interviendrait-il pour améliorer leur situation ? Parce qu’ils échangent des mails de mécontentements ? Parce qu’ils défilent sur les marches du Palais de justice sur leur pause déjeuner ? Ils ne prennent pas la justice en otage et par la-même se refusent à faire grève. Les services continuent donc à fonctionner normalement. Pourquoi changer ?

Voilà tout le paradoxe qui m’interpelle :

- Soit les greffiers continuent d’accomplir leur tâche avec une conscience professionnelle soignée mais des conditions de travail qui se dégradent toujours un peu plus. Ils peuvent donc continuer à se plaindre indéfiniment.

- Soit les greffiers voient plus loin en respectant la charte horaire à la lettre et en n’effectuant plus aucune heure supplémentaire. Que pourrait-il leur être reproché s’ils travaillent correctement dans la tranche horaire qui leur est imposée ? Cela pourrait être considéré comme une autre forme de conscience professionnelle, car si des efforts sont consentis pour faire bouger les choses, que le ministère se voit obligé d’intervenir, alors les greffes se verront améliorés et un impact pourra se faire ressentir sur toutes les institutions judiciaires.

Je ne suis qu’un humble étudiant qui se verra peut –être un jour rejoindre le corps des greffiers. Je les admire énormément.

Est-il possible de faire ainsi bouger les choses ? Je ne connais presque rien du terrain et sait à quel point il est aisé d’écrire bien au chaud derrière son ordinateur. C’est pourquoi des réponses provenant de professionnels conscients de la réalité du terrain seraient les bienvenues.”

Si j’ai bien compris la pensée de Stéphane et celle de l’auteur de ce commentaire que je rejoint, les greffiers peuvent se plaindre encore longtemps. Les choses ne peuvent pas bouger sans actions qui possèdent un réel impact.

Et oui il est facile d’en juger derrière son ordinateur, mais concrètement, peut-être pourriez vous répondre à ceux qui se posent la question. Il ne s’agit pas d’envoyer son venin sur les politiciens, mais de répondre à la question: comment faire bouger les choses ?

Une belle solidarité existe entre les magistrats et les fonctionnaires des greffes ? A lire les commentaires, pas entre tous. Je retiens l’exemple du greffier qui discute avec un groupe constitué de magistrats et autres fonctionnaires. Le juge invite tout ce petit monde dans un restaurant…sans s’adresser au greffier qui a du se réconforter devant son sandwich en songeant à cette magnifique solidarité.

Envoyer des mails et parader durant sa pause déjeuner, est-ce bien suffisant ? Est-il possible de faire plus ?

76. Le samedi 10 mai 2014 à 21:47 par Holmes

@ oursivi (70) (“Comment se fait-il qu’on ne puisse commenter les anciens billets, par ici ? Parce qu’il y a tant à dire…”)

- Tout s’est accéléré, tout s’est raccourci, sauf le temps dont on a besoin pour faire mûrir nos pensées.

OZON

77. Le dimanche 11 mai 2014 à 00:01 par rinvaplus

@ Derherlm
Oui, il est possible de faire plus mais encore faut-il le vouloir !!! Comme je l’ai dis, j’étais à Paris le 29 avril et voir tous ces fonctionnaires -pour certains venant de très loin (je ne suis qu’à 2h30 de Paris) - m’a fait chaud au coeur. De retour dans ma juridiction le lendemain, patatras, rien n’avait changé, tout le monde était gentiment à son poste faisant ses tâches comme d’habitude. Si je m’investis dans ce mouvement, ce n’est pas que pour moi (quoique si j’en retire un certain bénéfice je ne cracherai pas dessus) mais pour toutes mes collègues (A, B, C). Je pense qu’il est temps de réaliser que nous existons (nous ne sommes pas des pantins prêt à exécuter les “bon vouloir” des magistrats et des avocats). J’admire mes collègues de Bordeaux, Paris et autres qui montent aux créneaux, j’essaye de faire bouger les choses aux tribunal mais je me heurte à une force d’inertie - “de tout façon, ça ne changera rien, on n’obtiendra rien, qu’est ce que tu veux qu’ils nous donnent de plus dans cette période de crise ?” - Pourtant je vais continuer à me battre pour que l’on soit entendu, reconnu et en capacité d’exercer notre métier dans les meilleurs conditions possibles pour nous bien sûr mais aussi pour les citoyens qui, un jour peut-être, devront faire appel à la justice.
Je suis et resterai OPTIMISTE. Le meilleur est devant nous, du moins je l’espère et j’y crois.

78. Le dimanche 11 mai 2014 à 01:25 par Siskotte

@Derherlm
Comme le dit rinvaplus, il est possible de le faire à condition de le vouloir. Ma modeste juridiction ne bouge pas des masses je l’avoue. Je suis persuadée que certains/certaines de mes collègues n’ont pas vraiment compris ce que voulait dire la greve des stats (je l’avoue, j’ai fait des stats pour un GEC après avoir voté la grève des stats, dans le même temps le GEC était ok pour faire du comptage manuel, mais bon je n’allais pas planter un couteau dans le dos à un GEC que j’apprécie énormément…. par contre la les stats du mois écoulé, ils peuvent se brosser pr que je les communique).
Pour le coup, j’attends que les grosses juridictions se bougent xD (Bordeaux a d’ailleurs très fortement durci le mouvement cette semaine).
Après pour les heures supp, tout dépend des services. Autant dans mon ancien service, j’aurai pu me contenter de ma fiche horaire et ne dépasser que les jours d’audience (ça j’ai pas trop le choix en fait). Autant dans mon service actuel, je ne peux le faire que lorsque je ne suis pas de permanence, et en espérant que je n’ai pas 15 urgences qui me tombent dessus les semaines où je ne suis pas de perm :)
Me concernant vu où je suis située et le service dans lequel je travaille, j’ai assez peu de collègues qui transitent dans mon couloir (les seules fois où ça transite c’est pour les suppléances - je suis persuadée qu’ils préfèreraient se casser une jambe plutôt que d’être suppléant - ou pour les week end de permanence - la même remarque prévaut) donc difficile de discuter du mouvement sauf avec mon magistrat.

(@John : si les AFM n’avaient pas une date de prescription, ce serait pas mal ^^ mais vais je mettre en péril un avocat qui débute et qui compte sur les AFM pour équilibrer son bilan (attention, je n’ai jamais caché aux avocats que leurs AFM ce n’est pas ce que je qualifie d’urgent dans mon service, ils attendent a peu près patiemment))

79. Le dimanche 11 mai 2014 à 06:34 par Stephane

ller voir son député (c’est lui qui vote les lois,non ?, ou je n’ai pas tout compris) et le système encore plus démocratique en se cachant, allez voter).

Aller voter…vous etes encore bien naif…les politiciens ne representent qu’eux meme. Et cessez d’appeler ca une democratie, ce n’est qu’un republique soit disant representative. Et c’est pour ca que vos jeremiades ne servent a rien, et ne serviront jamais a rien sans rapport de force.
Ca se saurait si la plume avait jamais gagner une guerre. Car c’est bien une guerre, celle du proletariat. Que vous etes.

80. Le dimanche 11 mai 2014 à 19:50 par Egidio

A court terme, je prédis une crise de recrutement dans le corps des greffiers comme à l’éducation nationale : les étudiants en droit sont dorénavant prévenus.

81. Le dimanche 11 mai 2014 à 23:26 par rinvaplus

@ Stéphane
Bravo, tu t’es enfin découvert. Si tu n’es pas prolétaire (bien que ce mot ne veuille pas dire grand chose), c’est que tu es “nanti” … Nous nous battons pour de meilleures conditions de travail bénéficiaires à tous et non pour des raisons bassement politiques (que tu soulèves à chacun de tes commentaires).
A propos de plume, évite les fautes grammaticales !!!

82. Le lundi 12 mai 2014 à 10:02 par professeurtournesol

Bonjour,

merci pour ce témoignage !

Je suis comme vous fonctionnaire (mais ayant de meilleures conditions salariales) et, après avoir travaillé à l’étranger, j’ai redécouvert le mépris de certains de mes concitoyens pour ceux qui sont au service de la collectivité.

Je vous souhaite du courage et du succès dans votre combat pour une meilleure reconnaissance de votre travail, même si je doute qu’il rencontre une issue positive.

Bien amicalement,

Tryphon

83. Le lundi 12 mai 2014 à 10:21 par Pierre

Un autre point de vue : cela fait 15 ans que je suis installé à Paris et y ait créé plusieurs entreprises. Je suis donc un habitué du Greffe du tribunal de Commerce. En 15 ans, je suis navré d’avoir vu la qualité de service se dégrader de manière inimaginable, clairement faute de moyens, car dans son immense majorité, le personnel est toujours aussi charmant (bien que visiblement sur les nerfs).

Il y a 15 ans, il était possible d’être reçu presque immédiatement, sans rendez-vous, et d’obtenir en direct les infos recherchées, ou de corriger un problème. Le chef d’entreprise repartait du Greffe avec des réponses claires, et, lorsque c’était l’objet de sa visite, un problème en moins.

Aujourd’hui, à mon grand regret, le Greffe est devenu surtout une chambre d’enregistrement. Rien de plus rageant que de devoir faire la queue pour simplement poser un dossier sur un bureau. Dossier qui ne sera ni ouvert, ni regardé, même rapidement, faute de temps, mais que l’on vous renverra en totalité 3 semaines plus tard avec la mention “pièce manquante”. Ce qui vous obligera à perdre de nouveau du temps (le vôtre, précieux, comme l’est le temps de tout chef d’entreprise, et celui du personnel du Greffe, ajoutant encore à la surcharge ambiante).

Inutile de dire que ces allers-et-retours peuvent durer plusieurs mois… Il m’est arrivé de renoncer à faire enregistrer certaines formalités, à force de perdre mon temps et par agacement…. (et d’ailleurs, j’ai pu constater à quel point tout le monde se fiche que vous réalisiez les formalités prescrites par la loi ; Du coup, je nous épargne du temps à tous en m’abstenant désormais d’en réaliser certaines)

Par ailleurs, les erreurs se multiplient, et leur résolution est une nouvelle perte de temps.

Bref, lorsque je compare le fonctionnement du Greffe du tribunal de Commerce il y a 15 ans, et le fonctionnement actuel, je mesure l’ampleur du désastre.

84. Le lundi 12 mai 2014 à 13:57 par lexywill

A pierre :

Monsieur, en vous lisant, moi aussi, je me rends compte de l’ampleur du désastre : les gens ne savent pas qui nous sommes.
Sachez que le greffier du tribunal correctionnel est titulaire d’une charge (un peu comme un huissier de justice par exemple)
Il n’est donc pas fonctionnaire.

85. Le lundi 12 mai 2014 à 13:58 par lexywill

A pierre :

Monsieur, en vous lisant, moi aussi, je me rends compte de l’ampleur du désastre : les gens ne savent pas qui nous sommes.
Sachez que le greffier du tribunal correctionnel est titulaire d’une charge (un peu comme un huissier de justice par exemple)
Il n’est donc pas fonctionnaire.

86. Le lundi 12 mai 2014 à 16:53 par siskotte

@Lexywill

Je suppose que vous vouliez dire greffier du Tribunal de commerce :)

87. Le lundi 12 mai 2014 à 16:53 par siskotte

@Lexywill

Je suppose que vous vouliez dire greffier du Tribunal de commerce :)

88. Le lundi 12 mai 2014 à 17:27 par D.

Il y a moins de 10.000 greffiers en France. Je ne remets pas en cause votre utilité, ni vos revendications. M’enfin, vous voudriez pas que chaque français connaisse tous les métiers? En sciences on appelle ça la vulgarisation. Quand on vous demande ce que vous faites, si vous décrivez votre métier dans le volapük judiciaire (“greffier”, “garant de la procédure”, “authentifier les actes”), vous passerez pour une imbécile. Comme si j’essayais de vous parler de concepts mathématiques obscurs alors que voulez juste savoir ce que je fais.

89. Le lundi 12 mai 2014 à 17:31 par Stephane

@rinvaplus

Je suis un prolétaire également, et totalement désabusé par l’état de la justice en France. Sauf que contrairement a vous et autres idealistes, je sais qu’on ne gagne les guerres qu’avec des armes, et pas avec des belles paroles. Les luttes syndicales ont fait des morts pour arracher les avantages. On est a un point ou il va falloir recommencer pour faire comprendre que nous ne sommes pas de simples serfs. Mais aller blablater sur des forums pour dire ‘oui mais si on s’arrete de bosser le système s’écroule’ la ca sert a rien.
Quant a mes fautes de grammaire…si vous saviez comme je m’en tamponne. Les gens qui s’arretent a ce genre de details sont d’une petitesse intellectuelle qui m’indiffere.

90. Le lundi 12 mai 2014 à 17:50 par Égidio

Nouvelles discussions demain 13 mai à la Chancellerie et grève générale de la fonction publique jeudi 15….Questions de parlementaires à la GDS : silence assourdissant !!

91. Le lundi 12 mai 2014 à 20:01 par Judex

Dans une juridiction, il y a un Président et un Greffier en chef. L’organisation du service cela se négocie, et une large part du dysfonctionnement réside ici : les magistrats ont désormais pour objectif d’accélérer les procédures et de désengorger les rôles. Il en résulte ce qui est dépeint dans ce fil, même si ce n’est qu’une des causes.
Alors il n’est pas nécessaire d’accuser systématiquement “l’Etat” et les “politiques”, c’est bien plus complexe.
La première réflexion est à mener dans les tribunaux, avec les acteurs de terrain.
Le tableau n’est ni apocalyptique ni angélique, et ensuite l’étudiant ayant véritablement le goût du service public judiciaire n’aura pas à partir en courant s’il part du principe que chaque métier à ses propres servitudes …

92. Le lundi 12 mai 2014 à 22:20 par Egidio

Oui d’accord, n’empêche que les étudiants ont vite compris quand ils viennent que les greffiers sont les dernières roues du carosse…jamais associés à aucune décision et systématiquement mis devant le fait accompli. C’est mon expérience personnelle.

93. Le mardi 13 mai 2014 à 08:37 par Egidio

Je rêve

Je rêve d’une justice où le justiciable est acceuilli par une hôtesse et invité à se débarasser de ces affaires avant d’entrer dans la salle d’audience,

Je rêve d’une justice où un huissier est à l’audience pour l’appel des causes et pour renseigner les justiciables,

Je rêve d’une justice où les magistrats sont de bonne humeur,

Je rêve d’une justice où les greffiers ont chacun un bureau, un fax, une photocopieuse et un ordinateur muni d’une imprimante et d’un scanner,

Je rêve d’une justice où le justiciable est convoqué à heure fixe,

Je rêve d’une justice où il y a 6 dossiers par audience,

Je rêve d’une justice où chacun peut prendre la parole à l’audience,

Je rêve d’une justice où le temps du débibéré est fait en présence du greffier,

Je rêve d’une justice où le jugement est notifié au justiciable pas plus de 3 jours après l’audience par mail,

Je rêve d’une justice où après le prononcé, le justiciable est pris en charge pour l’exécution de sa peine ou informé des modalités de son indemnisation avec terminal de paiement,

Je rêve d’une justice où le temps est maîtrisé,

Je rêve d’une justice où les débats sont dépassionnés,

Je rêve d’une justice où le justiciable peut se restaurer à une suspension d’audience,

Je rêve d’une justice où le justiciable peut obtenir des renseignements par téléphone ou par mail,

Je rêve d’une justice où le greffier gagne bien sa vie,

Je rêve d’une justice où le greffier est associé à l’organisation du tribunal,

Je rêve d’une justice où les postes les plus délicats sont confiés aux greffiers les plus expérimentés,

Je rêve d’une justice où le greffier est appelé par son nom,

Je rêve d’une justice où le greffier est sans robe,

Je rêve d’une justice où le magistrat respecte et est respecté du justiciable,

Je rêve d’une justice où l’on juge sereinement, avec du temps et des greffiers laissés libres d’organiser leur travail,

Je rêve d’une justice où l’urgence n’a lieu d’être qu’autant que l’urgence est justifiée,

Je rêve d’une justice aérée, débarassée des dossiers inutiles

Je rêve d’une justice où le greffier est laissé libre de son emploi du temps,

Finalement, je rêve d’une justice moderne.

94. Le mardi 13 mai 2014 à 09:16 par lexywill

à Siskotte :

oui, vous supposez bien.
Désolé. Déformation.

95. Le mardi 13 mai 2014 à 11:02 par Clericol

Bonjour,

J’ai lu avec une grande attention tous les sujets et tous les commentaires des sujets. Je vous soutiens dans votre lutte.
Par contre, sachez que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, privé ou public, même combat. Dans le privé, si on refuse de faire des heures sup’ non rémunérées, les patrons ont de gros moyens de pression psychologiques pour forcer à les faire. Le taux de burn out chez les cadres augmentent chaque année.
Je ne vais pas rentrer dans le détail car ce n’est pas le sujet. Autre chose aussi, en généralisant, il existe certains employés du privé se plaignant de leurs conditions de travail déplorables, envient les fonctionnaires, et inversement, les fonctionnaires qui se disent que dans le privé c’est mieux.
Quand on voit qu’il y a exactement les mêmes problématiques dans le privé que dans le public, alors que l’employeur n’a pas la même fonction (a priori), ni parfois le même budget, on s’interroge sur la philosophie du travail en France.
C’est pour cette raison qu’il y a eu de nombreuses révolutions : exaspération, révolte, inégalité insupportable.
Je rejoins l’analyse de Stéphane sur ce sujet, mais aussi, qu’il faut une grosse solidarité de l’opinion publique. La justice appartient au peuple qui doit s’éveiller et se battre aussi pour la préserver.
Que les greffiers ne soient pas les seuls à aller au charbon !

Sur ce, bon courage dans cette lutte et à tous les gens qui souhaitent que les choses avancent positivement.

Cordialement,

96. Le mardi 13 mai 2014 à 11:03 par lardon

rinvaplus

Quand on balance des attaques minables sur la grammaire et l’orthographe et qu’en prime on est greffier, on prend garde à ce qu’on écrit. Sur votre précédent commentaire 77 il y a au moins six fautes en dix lignes. Cool.

97. Le mardi 13 mai 2014 à 21:46 par Fabrice

Excusez moi, mais vos idées sur le greffier en chef sont aberrantes:
Greffier en chef, c’est gérer des budgets de greffes, organise des greffes, donc c’est greffier+1 comme dans tous les métiers. Associé d’un cabinet d’avocat, d’expert-comptable, etc. c’est gérer des budgets, des couts, etc. Mais il est capital d’avoir été un ptit gars pour les gérer et connaitre le terrain et ainsi prendre les bonnes décisions. Il s’agit donc du même métier (+1)

98. Le mardi 13 mai 2014 à 22:49 par Judex

@Edigio
Une grande part de vos “rêves” sont possibles (sauf peut-être l’hôtesse d’accueil !), et je rappelle encore à quel point l’organisation du service dans un tribunal doit être rationalisée et surtout débattue. Ce n’est pas place Vendôme que cette gestion se décide, même si la question des moyens reste difficultueuse.
La Magistrature doit donc balayer aussi devant sa porte …
Maintenant il est aussi nécessaire de ne pas trop obscurcir le tableau, car le message ne serait plus crédible, et je pense ici aux étudiants qui auraient cette vocation. Pourquoi pas non plus envisager une réforme des missions des greffes, avec des rôles plus actifs dans la production du droit.
Le greffier est comme le contrôleur aérien, il aiguille la marche de la Justice et reste une roue importante du carrosse !

99. Le mercredi 14 mai 2014 à 00:42 par rinvaplus

merci, JUDEX. Des missions bien définies pour chacun me semblent primordial (je parle à titre personnel). Actuellement, je ne trouve pas ma place comme greffier, je vais aux audiences (les faisant fonction aussi), je fais le suivi des audiences (les faisant fonction aussi),je met en forme les jugements (les faisant fonctions aussi), je notifie les jugements (les faisant fonction aussi), je fais du classement des pièces dans les dossiers (les faisant fonction aussi). Je suis faisant fonction.je vais aux audiences (les greffiers aussi), je fais le suivi des audiences (les greffiers aussi),je met en forme les jugements (les greffiers aussi), je notifie les jugements (les greffiers aussi), je fais du classement des pièces dans les dossiers (les greffiers aussi). Je suis magistrat, je relis mes jugements pour éviter les erreurs de procédures (les greffiers et faisant fonction aussi), je motive les décisions simples, les erreurs matériels, les radiations (les greffiers et faisant fonction aussi), je fais des recherches pour que mon jugement soit le plus près des lois et de la jurisprudence (les greffiers et faisant fonction aussi). Il y a encore beaucoup d’autres exemples. Alors pourquoi cette différence statutaire ? Pour les responsabilités ? tout le monde a eu en main à un moment moment ou à un autre ce jugement, donc c’est la responsabilité de tous), pour une histoire de diplôme ? vu les commentaires, il me semble que les greffiers sont aussi diplômés - bac 4 ou 5 … (je ne parles pas de moi qui n’est entrée dans cette profession qu’avec le bac, niveau DEUG que j’ai lamentablement raté (honte à moi !). Donc je suis où dans tout ça, un greffier faisant fonction (++), un greffier avec des fonctions bien définies (=)ou un greffier magistrat (—), sans parler d’un greffier GEC (-). J ‘exagère, je sais. Mais peut-être faudrait-il rendre à César ce qui est à César, c’est à dire déjà rendre à chacun sa véritable place avec ses statuts spécifiques, ses fonctions spécifiques et sa rémunération spécifique. Je sais que je vais en choquer un certain nombre, mais si tout était déjà clarifier, on verrait plus clair et chacun retrouverait ses petits.

Je reste convaincue qu’on arrivera à se faire entendre et qu’il ne faut pas baisser les bras, c’est notre combat et nous le gagnerons !!!

PS : Je m’excuses auprès de Lardon et surtout de Stéphane, je ne voulais pas te blesser en relevant ta faute, j’en ai sûrement faites beaucoup dans ce commentaire, j’espère que vous ne m’en voudrez pas .

100. Le mercredi 14 mai 2014 à 01:22 par Egidio

@ Judex

Pour reprendre votre image du contrôleur aérien, il faut savoir qu’il gère un secteur déterminé dans le ciel : il ne peut pas dire à votre place si vous allez décrocher et vous crasher, il vous montre la voie, celle de reprendre de l’altitude pour réamorcer la procédure d’atterrissage en fonction de vos paramètres.

Un vol aux instruments ne se gère pas comme un vol à vue. La méthode LEAN (faire mieux avec les mêmes moyens) ne fonctionne pas dans l’aérien et pas encore dans la Justice. Quand il y a de la casse, elle est humaine et nullement matérielle.

Moi, je suis tout à fait pour le vol aux instruments pour autant que les instruments soient fiables. Dans la Justice, les instruments de bord sont actuellement rudimentaires : une procédure compte pour une quelque soit sa complexité humaine et technique.

Un avion de tourisme et un avion long courrier ne sont pas guidés de la même façon. Dans la Justice, c’est la même chose, chaque procédure est un cas particulier. Nous travaillons sur de l’humain, pas de la matière.

Certes, le tableau n’est ni apocalyptique ni angélique mais il est de mon devoir de vous alerter. C’est fait.

101. Le mercredi 14 mai 2014 à 11:29 par Avocature

Merci pour ce témoignage. De tout coeur avec vous.
Un Avocat qui vous remercie d’indiquer que sans vous, on ne serait pas payé de nos AJ…

102. Le jeudi 15 mai 2014 à 10:46 par francis

Le paiement des AJ est décentralisé ?
des économies d’échelle à envisager ?

103. Le jeudi 15 mai 2014 à 10:53 par Salomon Chaussures

On est a un point ou il va falloir recommencer pour faire comprendre que nous ne sommes pas de simples serfs. Mais aller blablater sur des forums pour dire ‘oui mais si on s’arrete de bosser le système s’écroule’ la ca sert a rien.
Quant a mes fautes de grammaire…si vous saviez comme je m’en tamponne. Les gens qui s’arretent a ce genre de details sont d’une petitesse intellectuelle qui m’indiffere.

104. Le vendredi 16 mai 2014 à 04:09 par Remy

Ce n’est pas vraiment classe de la part d’Eolas de couper la dernière phrase de l’article par son commentaire qui bave.

105. Le vendredi 16 mai 2014 à 06:38 par Judex

@Rinvaplus
Merci pour vos précisions, mais je constate que vous êtes visiblement au sein d’une juridiction ou d’une chambre qui paraît bien désorganisée. La question des “faisant fonction” est particulièrement intéressante et apporte un éclairage décisif : l’accélération des procédures, le gonflement des rôles et le gel des moyens aboutissent à une dilution dangereuse des missions respectives. On est proche ici de la machine infernale, et pire encore lorsque les juges se font substituer, en quelque sorte, dans leurs fonctions.

Quelques idées sont à retenir sinon :
- L’organisation du service incombe au chef de juridiction, aux présidents de chambre et aux greffiers en chef : de fortes disparités existent …
- Les magistrats doivent endosser leur part de responsabilité dans les dysfonctionnements
-Une redéfinition des missions des greffes serait possible, concernant leur participation au traitement des litiges
- Certaines innovations seraient envisageables : comme un service de greffiers suppléants venant renforcer ponctuellement les greffes surchargés (facilement identifiables)
- Et, une mise à niveau de notre appareil judiciaire quant aux budgets, mais ceci est une autre histoire (ou cette fois un vrai rêve …)

@Edigio
Les contrôleurs aériens agissent dans l’ombre, mais sans eux aucun avion ne décollerait ni n’atterrirait. Le parallèle reste bon, tout comme vos revendications de fond …

106. Le vendredi 16 mai 2014 à 11:05 par Egidio

@ Judex

Sans vous offenser, je vous perçois très conservateur….peut-être même pour le statut quo avec quelques améliorations par ci par la mais pas vraiment innovant. Pour les greffiers, rien ne changera sans revalorisation statutaire et surtout salariale !!! La plaisanterie n’a que trop durer.

107. Le vendredi 16 mai 2014 à 11:16 par francis

du statut et des sous !
c’est ce qui s’appelle une revendication catégorielle.
le justiciable potentiel que je suis cherche plus l’amélioration fonctionnelle,
la capacité des acteurs à identifier les difficultés et proposer des évolutions, des solutions !

108. Le vendredi 16 mai 2014 à 14:39 par Petit pois de l'autre côté

Je suis un petit pois de l’autre côté (comprendre un de ceux qui ne porte pas la robe) et je remercie l’auteur pour son témoignage. Ainsi que tous les agents de greffe sans qui nous serions à peu près aussi utiles que des ampoules sans branchement électrique…

109. Le vendredi 16 mai 2014 à 14:55 par Egidio

Fonctionnel ou catégoriel, c’est du pareil au même.

110. Le vendredi 16 mai 2014 à 15:45 par petite souris

A Francis :
“la capacité des acteurs à identifier les difficultés et proposer des évolutions, des solutions” : nous l’avons déjà tous. Tous les jours, nous oeuvrons pour que la machine tourne (encore) avec nos maigres moyens.
Mais nous ne sommes que de petits greffiers que peu de gens écoutent ! et pour être écoutés, il faut être reconnus et considérés.

111. Le vendredi 16 mai 2014 à 17:00 par francis

à petite souris.
en lisant les interventions, les commentaires,
j’attends vainement une proposition, une réflexion
qui permette de faire avancer les solutions en terme d’organisation…

112. Le vendredi 16 mai 2014 à 17:50 par Mage Histraa

Bon, tout ceci n’est pas spécifique à la profession de greffier.

De la pression (que parfois l’on se met soi-même), des heurts, des stats, des états d’âme, du manque de considération, tout le monde connaît cela, chacun à son niveau, que l’on soit magistrat, cadre A, B, C ou employé du privé.

C’est ce qui parfois fait suer dans le travail, sauf pour quelques chanceux.

Greffiers, vous vous sentez mal aimés, mais ce n’est pas le cas.

On vous aime, même quand vous pinaillez sur des textes que personne n’applique, alors qu’il n’y a pas lieu de pinailler.

113. Le vendredi 16 mai 2014 à 18:20 par Egidio

@ francis

Les propositions, on les a, on ne va tout de même les étaler sur le blog de Me Eolas qui va finir par nous virer à force de “pinailler”.

@ Mage Histraa

Si on fait fi de la procédure, alors, il n’y a plus besoin de greffier. Les ordinateurs s’en chargent déjà et après, on regrette mais il faut y penser avant….

114. Le vendredi 16 mai 2014 à 19:04 par Siskotte

@Francis

vous voulez quelque chose de concret ? bah moi j’aimerai avoir du matériel qui fonctionne correctement, c’est con comme demande hein …. mais passer plus de 10 minutes à s’acharner sur un fax pour qu’il daigne enfin sortir les feuilles, à la fin de la journée ça fait beaucoup de minutes de perdues ….et beaucoup moins de temps à m’occuper de mon cabinet.
Si le budget des juridictions étaient revues à la hausse et non pas à la baisse d’années en années …. (là je ne parle que du budget fonctionnement, je ne parle pas des traitements des fonctionnaires)

115. Le vendredi 16 mai 2014 à 19:25 par Egidio

Hé voilà, c’est tout con mais on en est là. Pas de signature électronique, pas de notification possible par mail…et des logiciels codés avec les pieds alors qu’il serait si simple de développer avec l’aide d’un greffier….Je vous dis qu’il faut tout leur expliquer. Merci Siskotte, il faut tout leur dire car ils ne se sont jamais posés les bonnes questions dans les réunions au sommet.

116. Le vendredi 16 mai 2014 à 23:00 par Judex

@Edigio
J’ai fréquenté assez de tribunaux pour constater qu’il y a une grande inégalité de situation selon les cas, et il vaut mieux donc commencer par le commencement : l’organisation du service et les besoins propres à telle ou telle juridiction. Ce n’est pas du conservatisme mais du pragmatisme …
Concernant les revendications salariales, qui sont l’autre aspect de la problématique, si j’ai bien compris, il faudrait certainement s’orienter vers un régime de primes prenant en compte la charge effective du greffe. Là aussi les disparités sont flagrantes …

117. Le vendredi 16 mai 2014 à 23:46 par ROSE

COMMENT OBTENIR MON AMANT RETOUR EX SEMAINE SANS EFFET

Faites attention ici , personne ne peut vous aider ici ni même de suggérer COMMENT VOUS POUVEZ OBTENIR VOTRE EX OU AMOUR RETOUR , LES TEMOIGNAGES DE PLUS lanceur de sorts ici doit être IGNORE.BECAUSE plupart d’entre eux SCAM et une véritable arnaque dont j’ai été victime et I GOT DÉCHIRÉ de milliers de dollars parce que j’étais tellement impatient de MA FEMME ROSE APRÈS Elle m’a laissé PLUS DE 2ANS AVEC MON FILS 7ans VIEUX JERRY , j’ai appliqué À 7 AUTRE lanceur de sorts ICI ET TOUT EN VAIN ILS TOUT DEMANDE DE MEME CHOSE ENVOYER VOTRE NOM VOTRE EX nom et l’adresse IMAGE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE ETC ce que j’ai fait maintes et maintes fois et la plupart venaient d’Afrique du Sud jusqu’à ce que j’ai vu ce courriel en ligne sur SORT DR KAKA AU NIGERIA et j’ai décidé de lui donna un CALL.HE
DEMANDEZ-MOI QUATRE CHOSES mon vrai nom , mon ex et mon ex MÈRE nom et £ 500 ET DIT MON EX reviendrai en 24 heures donc je n’ai pour terminer l’appel comme je l’ai payé plus de $ 7000 sur le sort CASTING ET MESSAGERIE ET ​​RIEN AVOIR DE TRAVAIL POUR ME 3 jours je pensais à quel point j’ai PERDU POUR AUTANT EN RAISON DE ROSE Alors j’ai dit LET ME Donnez-lui un TRY SO je l’ai rappelé et envoyer mon vrai nom , mon ex et mon ex MÈRE ET LE NOM £ 340 PARCE jE JURE que c’était ma dernière TRY SO j’attendais comme il m’a dit d’attendre jusqu’au lendemain et je ne pouvais dormir cette nuit parce que j’aime vraiment ROSE ET VEUX SON RETOUR À 21 heures ce jour, je vis Rose LIGNE SUR LE VISAGE DU LIVRE ET ELLE A DIT HI Au début, j’étais CHOC parce qu’elle n’a jamais parlez avec moi pour le passé, un an et 9 mois maintenant , je n’ai pas répondu encore, elle dit que vous êtes là ? Je répondre rapidement et elle a dit OUI nous pouvons voir demain je dit oui et elle est allée hors ligne J’étais confus j’essaie de discuter avec elle de nouveau, mais elle n’était plus en ligne que je ne pouvais pas dormir cette nuit-là , je me demandais ce qu’elle va dire PAR 7.AM Le lendemain matin elle m’a donné un appel manqué j’ai décidé de ne rappellerons que j’étais encore sur le choc de nouveau elle appel et je PICK ELLE A DIT peut-on voir AFTER WORK AUJOURD’HUI j’ai dit oui alors elle fin à l’appel IMMÉDIATEMENT je sortait du travail elle me traite et nous nous réunissons et nous sommes maintenant BACK AGAIN J’APPELLE DR KAKA LE LENDEMAIN pour le remercier de ce qu’il a fait en fait je encore appeler et lui MERCI AS ma vie était pas complète sans ROSE S’IL VOUS PLAÎT être prudent J’AI ÉTÉ SCAM MILLIERS DE DOLLARS SI VOUS VOULEZ UN SORT LOVE courriel l’ ( KAKARAKASPELL@YAHOO.COM ) Cordialement, .
{ } kakarakaspell@yahoo.com

Je tiens à vous faire savoir qu’il peut lancer tout type de sort lancé avec 101 %
garantie , si vous avez n’importe quel type de problème de ce genre ou plus rapidement le contact
lui de l’aide bien

Avez-vous besoin d’un sort d’amour
Avez-vous besoin de l’argent dans les 48 heures par période
Avez-vous besoin d’un remède pour votre VIH
Avez-vous besoin d’un sort de prêt
Voulez-vous être célèbre dans la vie
Voulez-vous vivre la vie longue
Avez-vous besoin de votre dos ex
Avez-vous besoin d’un enfant
Avez-vous un problème de cancer
Avez-vous un problème Anier
Avez-vous des problèmes Ashmer
Etc contactez-nous sur »» { } kakarakaspell@yahoo.com .

118. Le vendredi 16 mai 2014 à 23:48 par Egidio

@ Judex

Oui, pourquoi pas ! A pragmatisme, je préfère le mot de transparence ou d’état des lieux. De mon expérience, la hiérarchie est méfiante quand elle a connaissance de la perspective d’un état des lieux. Allez savoir pourquoi ? Quand il y a une inspection, c’est purement technique, tout le monde est dans ses petits souliers et cela aboutit à des recommandations mais sans les moyens à la clé.

Quant aux revendications salariales, s’orienter à la marge vers des primes personnalisées, pourquoi pas ? Sauf que cela pénalise fortement le montant des droits à la retraite : depuis 2005, il y a bien une retraite additionnelle par points parfaitement dérisoire, cela ne compte pas du tout comme une véritable augmentation salariale qui est pris en compte réellement dans le calcul de la retraite. Et quand on connaît le contexte futur des droits à la retraite, ce n’est vraiment pas encourageant. Il n’y a pas de retraites complémentaires dans la fonction publique comme dans le privé.

119. Le vendredi 16 mai 2014 à 23:55 par ROSE

COMMENT OBTENIR MON AMANT RETOUR EX SEMAINE SANS EFFET

Faites attention ici , personne ne peut vous aider ici ni même de suggérer COMMENT VOUS POUVEZ OBTENIR VOTRE EX OU AMOUR RETOUR , LES TEMOIGNAGES DE PLUS lanceur de sorts ici doit être IGNORE.BECAUSE plupart d’entre eux SCAM et une véritable arnaque dont j’ai été victime et I GOT DÉCHIRÉ de milliers de dollars parce que j’étais tellement impatient de MA FEMME ROSE APRÈS Elle m’a laissé PLUS DE 2ANS AVEC MON FILS 7ans VIEUX JERRY , j’ai appliqué À 7 AUTRE lanceur de sorts ICI ET TOUT EN VAIN ILS TOUT DEMANDE DE MEME CHOSE ENVOYER VOTRE NOM VOTRE EX nom et l’adresse IMAGE NUMÉRO DE TÉLÉPHONE ETC ce que j’ai fait maintes et maintes fois et la plupart venaient d’Afrique du Sud jusqu’à ce que j’ai vu ce courriel en ligne sur SORT DR KAKA AU NIGERIA et j’ai décidé de lui donna un CALL.HE
DEMANDEZ-MOI QUATRE CHOSES mon vrai nom , mon ex et mon ex MÈRE nom et £ 500 ET DIT MON EX reviendrai en 24 heures donc je n’ai pour terminer l’appel comme je l’ai payé plus de $ 7000 sur le sort CASTING ET MESSAGERIE ET ​​RIEN AVOIR DE TRAVAIL POUR ME 3 jours je pensais à quel point j’ai PERDU POUR AUTANT EN RAISON DE ROSE Alors j’ai dit LET ME Donnez-lui un TRY SO je l’ai rappelé et envoyer mon vrai nom , mon ex et mon ex MÈRE ET LE NOM £ 340 PARCE jE JURE que c’était ma dernière TRY SO j’attendais comme il m’a dit d’attendre jusqu’au lendemain et je ne pouvais dormir cette nuit parce que j’aime vraiment ROSE ET VEUX SON RETOUR À 21 heures ce jour, je vis Rose LIGNE SUR LE VISAGE DU LIVRE ET ELLE A DIT HI Au début, j’étais CHOC parce qu’elle n’a jamais parlez avec moi pour le passé, un an et 9 mois maintenant , je n’ai pas répondu encore, elle dit que vous êtes là ? Je répondre rapidement et elle a dit OUI nous pouvons voir demain je dit oui et elle est allée hors ligne J’étais confus j’essaie de discuter avec elle de nouveau, mais elle n’était plus en ligne que je ne pouvais pas dormir cette nuit-là , je me demandais ce qu’elle va dire PAR 7.AM Le lendemain matin elle m’a donné un appel manqué j’ai décidé de ne rappellerons que j’étais encore sur le choc de nouveau elle appel et je PICK ELLE A DIT peut-on voir AFTER WORK AUJOURD’HUI j’ai dit oui alors elle fin à l’appel IMMÉDIATEMENT je sortait du travail elle me traite et nous nous réunissons et nous sommes maintenant BACK AGAIN J’APPELLE DR KAKA LE LENDEMAIN pour le remercier de ce qu’il a fait en fait je encore appeler et lui MERCI AS ma vie était pas complète sans ROSE S’IL VOUS PLAÎT être prudent J’AI ÉTÉ SCAM MILLIERS DE DOLLARS SI VOUS VOULEZ UN SORT LOVE courriel l’ ( KAKARAKASPELL@YAHOO.COM ) Cordialement, .
{ } kakarakaspell@yahoo.com

Je tiens à vous faire savoir qu’il peut lancer tout type de sort lancé avec 101 %
garantie , si vous avez n’importe quel type de problème de ce genre ou plus rapidement le contact
lui de l’aide bien

Avez-vous besoin d’un sort d’amour
Avez-vous besoin de l’argent dans les 48 heures par période
Avez-vous besoin d’un remède pour votre VIH
Avez-vous besoin d’un sort de prêt
Voulez-vous être célèbre dans la vie
Voulez-vous vivre la vie longue
Avez-vous besoin de votre dos ex
Avez-vous besoin d’un enfant
Avez-vous un problème de cancer
Avez-vous un problème Anier
Avez-vous des problèmes Ashmer
Etc contactez-nous sur »» { } kakarakaspell@yahoo.com .

120. Le samedi 17 mai 2014 à 04:29 par Salomon

Je ne remets pas en cause votre utilité, ni vos revendications. M’enfin, vous voudriez pas que chaque français connaisse tous les métiers? En sciences on appelle ça la vulgarisation.

121. Le samedi 17 mai 2014 à 09:37 par argone

Bonjour Greffiers,

Votre mouvement aboutit à :

> Pour les greffiers en chef, la garde des Sceaux a proposé notamment, en début de carrière, une augmentation de 33 euros nets par mois et de 95 euros pour un greffier en chef passant au premier grade.


Concernant les greffiers, en début de carrière, l’augmentation serait d’environ 63 euros nets par mois et de 67 euros pour un greffier passant au premier grade. Pour cette nouvelle grille également, le déroulé de carrière plus développé leur permettrait d’aller jusqu’à l’indice brut 690, soit 6% d’augmentation (cela correspond à 151 euros).

Qu’en pensez-vous de ce geste “Taubiresque” ?

https://fr.news.yahoo.com/christian…

122. Le samedi 17 mai 2014 à 11:46 par docteur House

Rose,

vous n’avez pas oublié votre médicament ce matin?

123. Le dimanche 18 mai 2014 à 00:52 par Egidio

A tous,

Une avancée non négligeable de reconnaissance est en cours. Pour autant, le combat continue sur le versant des moyens alloués au fonctionnement de la Justice et les conditions de travail qui vont de pair. Ce sera forcement un travail de longue haleine.

124. Le dimanche 18 mai 2014 à 11:46 par rinvaplus

Actuellement se déroule à Bobigny le procès d’un homme qui a mortellement agressé un homme et qui a été remis en liberté à cause de la défaillance d’un fax. Ayant travaillée dans cette juridiction, au début, j’ai trouvé ça un peu gros. il semblerait que ce soit vrai, manque d’encre dans le fax!! Ca n’a pas ému grand monde, mais pourtant ça démontre nos manques de moyens. Les phocopieurs qu’on emmène jusqu’au bout, voir plus (en priant qu’il ne rende pas l’âme aujourd’hui), les cartouches d’imprimante que l’on secoue encore et encore (du moins quand on le pouvait,avec le nouveau matériel, elle s’arrête sans prévenir !!! Dans ma juridiction, il y a quelques mois, nous avons édité les jugements sur du papier bleu (les feuilles blanches étaient réservées aux minutes) et encore grâce à notre directeur de greffe qui a déniché des ramettes stockés par son prédécesseurs (en cas de besoin aussi, déjà). Inutile de vous dire que nous avons été submergé d’appels de justiciables demandant l’original de leur décision (“mais c’est l’original, nous n’avons plus de papier blanc”, la honte!). C’est ça aussi nos merveilleuses conditions de travail …

125. Le lundi 19 mai 2014 à 01:03 par Siskotte

@rinvaplus

Me concernant, mes feuilles de secours sont roses :) (ça rend plus poétique mes convocations du coup)
Concernant le coup du fax de Bobigny, mon service est à deux doigts de faire la même, mais là c’est pas faute d’avoir prévenu (sachant que là, ça fait la même malgré une cartouche pas encore vide dedans). J’attends un fax qui fonctionne (je me plains pas, j’ai un copieur qui fonctionne, enfin, il a fallu enlever certains éléments, sinon il fonctionnait pas, c’est con pour un copieur neuf).
mais réjouissons nous, la NPP4 arrive …. le temps que ça arrive jusque moi, je sens que ma formation sera trop lointaine

126. Le mardi 20 mai 2014 à 11:24 par Egidio

“Ceux qui font passer leur passion avant le metier sont justement ceux qui font couler le navire. A force d’ecoper au lieu de s’occuper de colmater les breches.
Le bateau finira par couler, avec tous les passagers a cause de ces gens la. Au lieu justement d’arreter d’ecoper, de mettre les gens en face du probleme pour qu’ils se bougent les fesses pour colmater tout ca (ou plutot, changer de bateau tant celui de la justice est bancal).
Tant que vous contiuerez d’ecoper comme des anes, ca veut dire que le systeme est bon. Pas besoin de le reformer.”

Ces lignes de Stéphane sont à retenir pour ne plus faire les mêmes erreurs.

127. Le mardi 20 mai 2014 à 14:29 par francis

je déduis de quelques échanges précédents que remplacer les fax par des courriels, un portail ferait gagner de l’efficacité de la rapidité, de la fiabilité, de la productivité, de la qualité de vie…
merci d’avoir un/si peu fait cette proposition concrète !

128. Le mardi 20 mai 2014 à 15:05 par Holmes

@ rinvaplus, Siskotte, Egidio, francis…

  • Arrêtez pour protéger les données *** !

” Il nous faut un Novum Organum de vérité, il faut ouvrir toutes grandes les fenêtres et tout jeter dehors, mais il faut surtout jeter aussi la fenêtre, et nous avec. C’est la mort, ou l’envol.”

  • Sur un écran de veille, c’est plus compliqué : la nuit finit toujours pas s’échapper…

129. Le mardi 20 mai 2014 à 16:53 par SB

@Francis: quid de la sécurité et de la simplicité d’usage comparées du mail et du fax, avec ou sans chiffrement ?:
http://david.monniaux.free.fr/dotcl…
https://twitter.com/Maitre_Eolas/st…
https://twitter.com/Maitre_Eolas/st…

130. Le mardi 20 mai 2014 à 16:55 par petite souris

Encore faut-il que la boîte mail fonctionne !
Depuis 15 jours, nous avons les postes informatiques qui fonctionnent par intermittance.
Quand ils fonctionnent, nous n’avons pas de scanner, ni bôite mail.
Une audience correctionnelle sans cassiopée, c’est pas très pratique d’ailleurs…
C’est le manque de moyen qui est le plus chronophage.
Je voudrais :
- un téléphone pour chaque agent (pas la ligne, je rêve pas). Juste pour que j’évite de faire le tour du bureau pour répondre
- un archiviste (parce que même si je suis courageuse, passer 1 journée dans la poussière sur une échelle me prends du temps)
- des locaux pour mes archives : aujourd’hui, nos dossiers récents, faute de place, on les mets dans le couloir à la vue des justiciables et quand on prend la boîte du bas, tout s’écroule
-un photocopieur qui fonctionne (parce que, oui, en chercher un et attendre comme dans la file du supermarché, ce n’est pas productif)
- un vrai service “courrier”
- qu’on arrête de diviser les gens (1/4, dans un service, 1/4 dans un autre et le 1/2, ben, ailleurs)

Allez j’arrête …. Ca me fait trop mal …

131. Le mardi 20 mai 2014 à 20:30 par Egidio

“Je suis un prolétaire également, et totalement désabusé par l’état de la justice en France. Sauf que contrairement a vous et autres idealistes, je sais qu’on ne gagne les guerres qu’avec des armes, et pas avec des belles paroles. Les luttes syndicales ont fait des morts pour arracher les avantages. On est a un point ou il va falloir recommencer pour faire comprendre que nous ne sommes pas de simples serfs. Mais aller blablater sur des forums pour dire ‘oui mais si on s’arrete de bosser le système s’écroule’ la ca sert a rien.”

Ces mots de Stéphane ne résonnent-elles pas à vos oreilles en ce temps de négociations qui n’en sont qu’à un ersatz ?

132. Le mercredi 21 mai 2014 à 01:52 par Egidio

C’est la fête des voisins, vendredi….Ferons nous la fête…avec la loi Alurr !!! et pourtant, il y a de bonnes idées (habitat coopératif, notamment )…mais il faudrait un minimum de gratuité dans les relations, or, chacun campe sur ses positions, la confiance n’y est plus parce qu’on a trop délégué par manque de temps et maintenant, on se sent floué, dépossédé. Reste l’engagement de tout un chacun pour inverser cette mécanique infernale, celle de l’argent roi, de la finance, pour tout dire.

133. Le mercredi 21 mai 2014 à 05:46 par Stephane

@Francis: quid de la sécurité et de la simplicité d’usage comparées du mail et du fax, avec ou sans chiffrement ?:

Eolas:>L’internet n’est pas un mode de communication sûr, hormis par un Réseau privé virtuel sécurisé.

Le telephone passe exactement par la meme ligne de cuivre, le FAX n’est pas plus sur….la securite y est assure par la vetuste (de la securite par obscurite en fait, plus personne n’essaye de passer par ce moyen)
Rien de plus simple de faire du deni de service sur un FAX par ailleurs…
Quand a securise des communications, l’etat ades services dedies a ca, limiter une machine a ne faire que ca la rendrait tres sure (systeme d’exploitation en read only, limitation a une seule tache: la communication et basta, et suivi par un service dedie a la maintenance du systeme, qui pourrait se faire a distance beaucoup simplement)

La justice est archaique, ce n’est qu’un exemple parmi d’autre.

134. Le mercredi 21 mai 2014 à 05:49 par Stephane

Eolas: >Mais l’explosion du fax par IP réduit tout ça à néant, je le reconnais.

A pire, en fait. Car souvent bourrés de failles, et jamais mis a jour.

135. Le mercredi 21 mai 2014 à 16:27 par Évidions

La Justice n’est pas archaïque, elle est prudente sur les nouvelles technologies, elle a besoin de systèmes sûrs car les enjeux d’une bonne justice sont à ce prix. Mais comme les failles de sécurité sont légions, elle privilégie encore le papier.

136. Le mercredi 21 mai 2014 à 16:35 par francis

la discussion est partie sur du concret : le fax est-il plus fiable ?
le courrier est il imperdable ?

l’informatic est cruciale pour les grandes organisations, entreprises
j’espère qu’il en est de même pour la Justice…

137. Le mercredi 21 mai 2014 à 18:10 par Égidio

Un fax utilisé à longueur de journée par de multiples usagers toujours presses et énervés par la longueur des documents à envoyer : il n’est pas rare qu’on nous demande de faxer des pavés de jugements, alors, évidemment, comme la maintenance est très compliquée, que les cartouches d’encre sont fournies au compte gouttes, qu’il faut toujours réclamer pour tout et son contraire, et bien il peut arriver qu’on zappe le rapport d’envoi et c’est la cata si un coup de fil n’est pas passé par le récepteur ou l’envoyeur. Concrètement, cela prend parfois “une plombe” et pendant ce temps, le vrai travail reste en rade…

138. Le mercredi 21 mai 2014 à 18:46 par Egidio

Quant au courrier, il faut le composter, le trier, le distribuer entre tous les services, chaque greffe, chaque cabinet, chaque magistrat en fonction de sa compétence : cela représente une demi journée de travail tous les jours. Les demandes courantes, urgentes, parfois illisibles ou farfelues, bref, c’est fastidieux et décourageant de voir qu’il est impossible de le traiter rapidement vu le volume. En tout cas, aucun courrier ne se perd, il est seulement noyé dans la masse des demandes….

Enfin, cruciale l’informatique : oui mais tous les justiciables ne sont pas toujours branches loin de la : il ne faut pas oublier que c’est souvent les classes défavorisées qui s’adressent ou ont affaire à la Justice….et sans avocat, ce n’est pas évident.

139. Le jeudi 22 mai 2014 à 01:13 par Siskotte

fax, courrier, mail

chacun à ses inconvénients et avantages.

Pour ce qui est des envois mails, je vous rassure j’envoie parfois des mails à des intervenants, mais tout mail important que je vais envoyer je vais devoir l’imprimer pour qu’il apparaisse au dossier. Un OPJ m’envoie par mail une demande de prorogation de commission rogatoire, je vais l’imprimer pour en garder trace dans le dossier concerné, un expert me demande une prorogation de délai, ce sera la même chose.
Nous fonctionnons encore avec des dossiers papiers effectivement. Concernant l’instruction, la numérisation a permis de se débarrasser du double papier, c’est déjà ça.
Mais revenons aux mails, nous notifions aux justiciables des décisions, le plus souvent par recommandé, le faire par mail c’est plus compliqué :
- qui me dit que c’est bien la bonne adresse mail ? dans tous les cas il me faudra les adresses postales des gens, car admettons que la personne n’est pas touchée par le mail, il peut être demandé au demandeur de faire signifier par voie d’huissier de justice la décision afin de l’exécuter (pour la procédure civile) par exemple
- quelle est la valeur probante du récépissé du mail ? (concernant la procédure civile, la notification par mail n’est pas admise, en matière pénale ce n’est que pour les avocats et dans certaines limites)
- quid de la signature électronique que nous n’avons pas ?
- il faut que le document envoyé soit revêtu des tampon et signature, je ne peux pas envoyer un document sans signature, ça n’a pas de valeur, donc il faudrait que je numérise le document signé et tamponné, et qu’ensuite je le joigne dans mon mail, sans oublier que dans certains cas il faut que les voies de recours soient indiquées dans un document à part.

Nous pourrions recevoir également des mails de la part des intervenants, cf ce que j’ai dit plus haut, tout mail important est imprimé. Ensuite sans boîte structurelle ça devient vite compliqué à mettre en place.
Je vais vous donner un exemple, je vais vous parler de COMCI, un addon de WINCI permettant la communication électronique entre les avocats et le greffe civil (et pour simplifier pour la procédure civile écrite). Pour les avocats, il leur faut une adresse mail sécurisée (soumis à abonnement je crois pour la clef). Pour le greffe, ça peut vite devenir compliqué.
En effet, j’ai connu COMCI aux affaires familiales, nous étions 5 cabinets à l’avoir (le 6ème cabinet ne traitant pas de divorce contentieux ne l’utilisait que rarement). La configuration de mon service faisait que je ne recevais que les éléments me concernant, pratique je n’étais pas noyée par le courrier des autres cabinets quand je traitais le cabinet. Sauf que au départ, ils ont oublié un petit truc, de ma session WINCI je n’avais accès qu’aux courriers de mon cabinet et pareillement pour mes collègues. Est venu le temps des congés, quand ma collègue m’a demandé de traiter son courrier pendant son absence…oui je ne pouvais pas traiter son courrier COMCI, car de ma session je n’avais pas accès à son courrier. On s’est débrouillé, elle m’a filé son code session (ce qui est rigoureusement interdit par la charte informatique de notre ministère soit dit en passant), et quand est venu mon tour de partir en congé, je lui ai filé mon code session. Cela a été corrigé depuis, maintenant il est possible, si cela a été configuré, de choisir à partir de sa session, quel courrier on veut traiter (exemple je suis cabinet 1 JAF, je peux me positionner en cabinet 3 JAF pour la réception des courriers COMCI)

S’il n’y a pas de boite structurelle, les envois par mail au greffe sur une boite pro perso d’un agent pendant ses congés, bah ce sera traité qu’à son retour, alors que le même envoi par fax/courrier sera traité même pendant l’absence de l’agent concerné (si c’est urgent évidemment) ou en tout cas mis sur une des différentes piles de courrier qu’on s’amuse à faire pendant l’absence de la collègue pour que ce soit plus simple pour elle quand elle rentre car il y a déjà un tri de fait :)

Et en tout cas concernant mon service, les avocats et les parties n’ont pas le droit de m’envoyer grand chose par mail car la majorité de leur demande doit se faire par déclaration au greffe (c’est à dire devant moi en personne)

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