Journal des greffiers en colère

Instantanés de la justice et du droit

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Quand Libé joue au Daily Prophet...

Les lecteurs de Harry Potter en anglais comprendront ce titre, The Daily Prophet étant le titre original de la Gazette du Sorcier, principal organe de presse du monde des sorciers, à la déontologie journalistique plutôt évanescente.

Et c'est à ce jeu que joue Libération dans un article, essentiellement une reprise d'une dépêche AFP, mais rendue plus sexy, avec un effet immédiat sur des lecteurs plus habitués à être caressés dans le sens du poil qu'invités à réfléchir (et on se demande pourquoi ce journal ne se vend pas...).

La dépêche de l'AFP dit en résumé ceci : un lycéen de 16 ans a traduit en quelques jours le dernier Harry Potter et a diffusé cette traduction sur internet. La traduction serait d'une qualité surprenante. L'éditeur français Gallimard a dénoncé les faits, la police ou la gendarmerie l'a identifié et interpellé et a mis hors ligne le site hébergeant ce texte. Après une courte garde à vue, l'adolescent a été remis en liberté pendant que l'enquête continue pour identifier d'éventuels complices.

Libé reprend cette dépêche, en mettant en exergue une des phrases de la dépêche : « l'adolescent risque de très lourdes sanctions financières », et en ajoutant à la dépêche que l'écrivain anglais J.K. Rowling et Gallimard auraient porté plainte. Résultat immédiat en commentaires propos de comptoir sous l'article : scandale, elle n'a pas assez de fric pour vouloir ainsi racketter un mineur, avec toute la déclinaison habituelle.

Sauf que. Sauf que Gallimard, interrogé par Europe 1 (écouter les précisions de Noémie Schulz, une journaliste, elle) a indiqué qu'il ne comptait par porter plainte. Et que je suis prêt à parier que J.K. Rowling n'est même pas au courant de cette affaire.

Traduire un livre sans l'autorisation de l'auteur est une contrefaçon. Le faire pour son seul usage rentre dans l'exception de copie privée, mais ce n'est plus le cas quand la traduction est divulguée. La contrefaçon est un délit (passible de 5 ans de prison et 500.000 euros pour les majeurs, la moitié pour les mineurs sauf bientôt en cas de récidive).

Gallimard est ayant droit pour la France de J.K. Rowling ; c'est à dire qu'il lui a acheté les droit de reproduction et de représentation de son oeuvre. Le contrat a très probablement été négocié avec l'agent de J.K. Rowling, Christophe Little, Jo étant probablement incapable de citer le nom de son éditeur en France. Gallimard représente donc J.K. Rowling en France pour l'exercice de ses droits d'auteur sur les traductions en Français. Quand Gallimard dénonce des faits[1] de contrefaçon, c'est en tant qu'éditeur et représentant pour la France de J.K. Rowling. Cela ne signifie pas que J.K. Rowling a elle même dénoncé les faits depuis sa maison d'Edimbourg. L'enjeu financier pour Gallimard est important : c'est un gros succès assuré. Il est donc normal qu'en attendant la sortie de la version française en octobre (délai rendu nécessaire par la traduction et la confection des exemplaires du livre), Gallimard veille à ce que des contrefaçons ne circulent pas.

Cette traduction, faite en un temps incroyablement court et de qualité "quasi professionnelle" (je tire sincèrement mon chapeau à ce jeune homme sur ce point, d'ailleurs), est susceptible de causer un préjudice à Gallimard et à l'auteur qu'il représente (qui est rémunéré proportionnellement aux ventes), au même titre que la version pirate d'un CD circulant avant sa sortie porte préjudice à l'éditeur. Quand il a eu connaissance de son existence, il a aussitôt dénoncé les faits à la police, qui a assez rapidement identifié le responsable, qui n'a pas dû prendre beaucoup de précautions pour se cacher.

Les policiers ont alors agi en flagrance : ils l'ont interpellé, placé en garde à vue et interrogé, puis remis en liberté. Bref, pour le moment, aucune poursuite n'est engagée contre lui. Gallimard a mis fin à un trouble à ses droits, et je ne vois pas l'intérêt pour lui de poursuivre plus avant ce jeune homme, sauf à vouloir griller son image d'éditeur pour la jeunesse, outre le fait qu'il aura bien du mal à chiffrer son préjudice.

Le parquet des mineurs, quant à lui, voudra sûrement marquer le coup, et saisira probablement le juge des enfants. Je suis prêt à parier que cela se finira en admonestation (qui est une peine) après que le juge lui aura expliqué qu'être passionné et bilingue ne permet pas de causer un préjudice économique à un éditeur. L'enquête de police continue pour s'assurer que derrière ce naïf enthousiaste, il n'y a pas d'avides majeurs qui en ont profité pour mettre en vente des copies de cette traduction. Enfin, si par extraordinaires des sanctions financières étaient prononcées, ce serait des dommages-intérêts au profit de Gallimard, aucun juge des enfants ne condamnerait un lycéen sans revenus à une amende. Ce qui implique que Gallimard change de position par rapport à ses déclarations. Soit, c'est possible. Mais c'est une hypothèse, pas une info.

Dans ce cas, ce serait les parents de ce jeune homme qui, civilement responsables, auraient à sen acquitter, et non le lycéen lui-même. Donc ce lycéen ne risque aucune sanction financière lourde ou légère, même si on peut admettre que, puisque c'est théoriquement possible, le journaliste peut mentionner cela dans sa dépêche, au même titre que jouer au Loto génère un risque de très lourds gains financiers.

Un éditeur qui protège ses intérêts. Un auteur qui n'est pas au courant. Un mineur entendu par la police et remis en liberté. Un risque quasi nul de sanctions financières. Bref pas grand' chose.

Mais d'un coup de baguette magique à Libé, grâce à l'ajout d'un nom et d'une plainte imaginaire, cela devient « Un lycéen arrêté pour une traduction » (il faudra lire l'article pour savoir qu'il a été remis en liberté et avoir fait du droit pour comprendre qu'il n'est pas poursuivi). Le sous-titre enfonce le clou : « Fan du jeune sorcier, ce garçon de 16 ans risque de lourdes sanctions financières. » Notez la corrélation entre fan du jeune sorcier et risque de lourdes sanctions financières, inexistante dans les faits. Ce n'est pas parce qu'il est fan du jeune sorcier qu'il risque de lourdes sanctions financières ! On sent comme un regret, ici...

Les commentaires des lecteurs sont donc immanquablement des aboiements dociles sur l'épouvantail capitaliste. Mission accomplie.

Quand on tient une belle histoire, ce serait en effet dommage de se laisser arrêter par des détails comme les faits.

Notes

[1] ce qui est différent de porter plainte : il n'indique pas son intention de poursuivre le contrefacteur, mais demande qu'il soit mis fin à cette atteinte à ses droits

Commentaires

1. Le mercredi 8 août 2007 à 20:12 par Pangloss

Vraiment? Je n'étais même pas au courant de l'histoire. Marrant quand même comme histoire, et bravo au lycéen.

2. Le mercredi 8 août 2007 à 20:14 par Deilema

"Quand Libé joue au Daily Prophet..."
Voudriez vous dire que Libé est [Spoiler retiré]?

Je rétablirai votre texte une fois le tome 7 sorti en Français.

Eolas

3. Le mercredi 8 août 2007 à 20:22 par Escualdifargo

"Jo" étant probablement incapable...

Je ne vous savais pas si intimes que ça maître.

Après les heures passionnées que j'ai passées avec elle ? Nous sommes de vieux amis désormais.

Eolas

4. Le mercredi 8 août 2007 à 20:46 par Lucas Clermont

Il me semble que vous sur interprétez en déduisant une diatribe anti capitaliste ou une vision simpliste, sans doute emporté par la passion pour le travail de l'auteur. On peut en revanche leur reprocher une information fausse, s'il n'y a pas de plainte déposée.

Je sais gré à ce quotidien de m'avoir appris la seule blague que je connaisse et qui était présentée comme la meilleure du monde. Je l'ai rapportée ici : www.michele-delaunay.net/...

La diatribe anticapitaliste est dans les commentaires des lecteurs. Et je ne surinterprète pas.

Eolas

5. Le mercredi 8 août 2007 à 20:54 par forto

[Troll]

6. Le mercredi 8 août 2007 à 21:05 par PEG

Je remarque avec plaisir la recrudescence de posts sur votre blog, Eolas! Moins d'urgences au boulot je suppose: c'est le mois d'août partout!...

J'en profite, oui.

Eolas

7. Le mercredi 8 août 2007 à 21:13 par fridoc

[Troll]

8. Le mercredi 8 août 2007 à 21:26 par Sophie

Le plus intéressant dans cette histoire c'est de voir que pour traduire un livre, un (et à fortiori un groupe de) bilingue passionné serait plus rapide à sortir une traduction que les traducteurs pro d'une maison d'édition.

L'excuse fournie par Gallimard (sur France Info ce soir) sur le retard de traduction en Français est que le texte du livre n'est fourni aux maisons d'éditions étrangères que le jour de la sortie du livre en anglais, pour éviter les fuites. Leur paranoïa (sans doute justifiée) leur fait encourir ce genre de risque.

J'ai aussi bien aimé la contradiction, l'éditeur signalant au début de l'entretien, comme vous le reprenez, la 'qualité quasi-professionnelle' de la traduction pour quelques secondes plus tard dire que la traduction ne respectait pas la langue et le style de l'auteur et n'était pas à la hauteur d'une traduction pro, pour justifier le délai de traduction en français.

Je suis moi aussi estomaqué par la rapidité de la traduction. Les jeunes de 16 ans n'ont ils plus rien à faire de leur journée ? Je crois que le traducteur en français rend son travail dans un délai d'un mois et demi. La différence de temps s'explique par le fait qu'il ne peut y consacrer autant de temps (ca s'appelle avoir une vie de famille et pas de maman pour vous faire à manger), que le travail doit être patiemment relu pour corriger les erreurs, et qu'une approximation n'est pas admissible car il faut se mettre au même niveau littéraire que l'auteur. Par exemple, quand je lis, il m'arrive d'avoir un mot que je ne comprends pas, mais que le contexte me fait deviner plus ou moins. Je ne vais pas chercher dans le dictionnaire et poursuis ma lecture. Un interprète ne peut se le permettre. C'est dans le fignolage que se situe le vrai travail de l'interprète professionnel.

Eolas

9. Le mercredi 8 août 2007 à 21:35 par Guillermito

Ces histoires de contrefaçon, c'est d'un compliqué... Ahem.

(Rires). En tout cas, ce mot attire toujours autant les trolls...

Eolas

10. Le mercredi 8 août 2007 à 21:48 par Czin

Un groupe de fan passionné, peut en effet sortir des traductions à une vitesse étonnante. Une version allemande d'harry potter 7 serait ainsi sortie 2 jours après la sortie officielle, le tout avec l'autorisation de l'éditeur d'outre Rhin.

www.lemonde.fr/web/articl...

Plus globalement la surveillance sur internet des versions traduite par des fans semble être efficace , des sites proposant des traductions ont rapidement fleuri avant d'être supprimé dans la foulée suite à des menaces de poursuites.

je profite également de cette première intervention pour remercier le maitre de ces lieux pour la qualité de ses articles que je lis avec grand plaisir depuis un bon moment.




11. Le mercredi 8 août 2007 à 22:04 par bayonne

oui mais libé c'est du vrai journalisme avec des gens ayant une formation, suivi des etudes, pas comme les blog sur internet, où des amateurs tentent de faire de l'informations sans pouvoir recouper relire, etc...




12. Le mercredi 8 août 2007 à 22:34 par Milvus

Ce qui est rigolo, c'est que c'est un peu la partie émmergée de l'iceberg. Ce genre de traductions de passionnés est un énorme phénomène sur internet, touchant livres, séries TV, mangas, animes... Que ce soit pour faire découvrir une oeuvre méconnue ou simplement par impatience, ça existe depuis longtemps, et je me souviens que pour HP6, des traductions de la sorte circulaient déjà.

C'est bien entendu totalement illégal, comme l'explique bien ce billet, mais très officieusement toléré dans certains milieux, tant qu'aucun éditeur n'a acquis les droits pour la France (ce qui n'est pas le cas ici). Une fois l'oeuvre licencié, plus aucun fichier n'est distribué et les fans encouragés à acheter l'édition officielle. Le problème restant bien sûr qu'une fois une traduction en circulation sur le net, il est quasiment impossible d'arrêter sa propagation, même si la source se tarit volontairement...

La tolérance vient à mon sens surtout du principe "si tu ne contrôles pas les événements, feins d'en être l'organisateur". Ca couterait trop cher à l'auteur d'un manga Tanzanien confidentiel de lutter contre la propagation de son oeuvre au Groenland... Alors il le tolère.

Eolas

13. Le mercredi 8 août 2007 à 22:38 par S.

Bien cher Maître,

"... Être passionné et bilingue ne permet pas de causer un préjudice économique à un éditeur."

C'est vrai, quoi, bon sang, il y a des choses sacrées tout de même!

Bon, sarcasme mis à part (des fois il faut reconnaître que ça fait du bien), je crois qu'il s'agit tout de même d'un de ces cas intéressants où la lettre du droit mérite d'être replongée dans la lumière de la motivation initiale qui lui a donné le jour:

Si je me rappelle bien de mes quelques cours de droit (ce n'est pas trop ma branche, pauvre scientifique que je suis, mais la prof était mignonne donc je n'ai pas trop séché), le droit de la propriété intellectuelle est né de la reconnaissance de l'importance pour la société d'assurer une production culturelle, industrielle et scientifique riche, d'où le monopole d'exploitation temporaire accordé selon différent mode à l'auteur, à l'inventeur, à l'artiste, en guise d'incitation à la création. (Si je dis des bêtises merci de m'arrêter; rétrospectivement, j'ai peut-être plus regardé la prof que je ne l'ai écoutée, entendons-nous bien.)

En l'occurence, le rôle d'un éditeur comme Gallimard est fondamental, car il assure la diffusion de l'oeuvre culturelle contre cession partielle du droit patrimonial de l'auteur (c'est bien ça?).

Le point qui me paraît important ici est que le droit patrimonial n'est pas fondamentalement, pour le législateur d'alors, un /dû/: c'est un moyen d'entretenir une création riche au sein d'une société, la richesse de cette création étant la finalité de la chose. (Ce qui est la raison pour laquelle toute oeuvre, invention, etc, tombe à terme dans le domaine public, non?)

Remettre en lumière cette finalité me paraît important, car en l'occurence, rien n'exclut que la lettre du droit d'alors puisse devenir, dans le contexte social et technologique d'aujourd'hui, une entrave à cette finalité.

Il s'agit évidemment ici de questions sur lesquelles je m'interroge depuis pas mal de temps, et qui dépassent très largement de la présente affaire; mais cette affaire me paraît mettre en relief certain point crucial de ma réflexion: l'évolution technologique (en particulier, la possibilité de représentation numérique et de diffusion quasi-instantanée d'une oeuvre culturelle) et l'évolution sociale (en particulier, le fait qu'un adolescent puisse avoir les connaissances pour et le loisir de produire une traduction de qualité) créent un contexte où le monopole d'exploitation temporaire accordé à un éditeur n'est plus forcément le seul, ni même le /meilleur/ moyen, d'assurer la diffusion de l'oeuvre pour l'enrichissement de la société.

Ce que je ne sais pas, c'est comment la loi devrait s'adapter à de telles évolutions, ni même si elle le devrait.

En somme, si les aspects légaux de l'affaire qui nous occupe céans sont d'une limpidité sans faille (bien grâce à vous), les aspects, disons, sociétaux, me semblent nettement plus nuancés, et absolument ouverts à débat.

La véritable faute de Dailybé, c'est donc sans doute de ne pas s'être attaché à poser les bases de ce débat. (Bon, c'est peut-être moins vendeur, d'accord, surtout quand on vise un lectorat bien ciblé.)

Je suis bien certain que je ne vous apprends rien (à même compter que je ne sois en train de raconter n'importe quoi, hypothèse que je ne puis complètement exclure, rapport à ce que pauvre scientifique, tout ça); mais sur le fond, je trouve votre condamnation de Dailybé un peu, un tout petit petit peu injuste sur le fond... même si pas injustifiée, nous sommes bien d'accord.

Votre prof n'était pas si mignonne que ça car vos souvenirs sont corrects. Pour le reste, je me contente d'une pure approche juridique. Votre réflexion est de la sociologie du droit, qui est tout à fait légitime. Mon opinion en la matière est que la loi n'a pas à être changée (c'est une sale manie de notre époque) mais aux acteurs de ce domaine de s'adapter. De ne pas hurler au pillage et appeler à une modification de la loi quand apparaissent les cassettes audio, puis les graveurs de CD, puis les MP3... Mais d'offrir une offre légale conforme à ces technologies plutot que courir après le train du progrès.

Eolas

14. Le mercredi 8 août 2007 à 22:38 par Contra

Est-ce que vous pourriez développer un peu ce passage: "Gallimard représente donc J.K. Rowling en France pour l'exercice de ses droits d'auteur sur les traductions en Français."

Selon mon droit à moi (qui n'est pas le droit français), une licence peut ainsi être simple ou exclusive, mais même une licence exclusive reste un droit personnel qui ne confère pas au licencié la qualité pour agir contre des tiers. Demeure toutefois réservé le cas où le contrat de licence légitime le licencié à poursuivre les contrefaçons. Dans ce cas, le preneur de licence "prend la place" de l'auteur et peut invoquer un propre droit d'action.

Et s'il y a cession (droit transféré opposable à tous, y compris l'auteur), l'auteur perd la titularité du droit cédé.

Je ne vois pas ainsi dans quel cas de figure l'éditeur pourrait "représenter" l'auteur.

Mais est-ce une spécialité de mon droit à moi ?

Nein. En fait, j'ai abusivement essayé de résumer en une seule phrase les diverses transmissions patrimoniales des droits d'auteur, certains impliquant une représentation mais ne s'appliquant pas en littérature. Bien fait pour moi.

Eolas

15. Le mercredi 8 août 2007 à 22:47 par Suzanne

Effectivement, les traductions faites par de non professionnels sont tolérées pour les dessins animés japonais qui existent ou non en livres... Les délais entre la diffusion sur les télés nippones et les traductions en français peuvent se compter en année: en fait, la popularité d'un dessin animé japonais mesurée entre autres par le nombres de téléchargement incite les entreprises à faire des traductions "officielles" et a acheter les droits juridiques.
Je doute que ce soit le cas pour les livres d'Harry Potter: le droit doit être respecté et appliqué mais il est dommage que certains journalistes, quelque soit leur journal, utilisent des raccourcis qui nuisent à la qualité de l'information... Pour ce "cas d'espèce" comme dans d'autres domaines d'ailleurs!

Il y a une différence essentielle entre les traductions des BD et de dessins animés étrangers (les "fansubs") : ces traductions ne constituent pas une contrefaçon servile, car elles sont inutiles sans l'oeuvre originale. Il faut les dessins de la BD, ou l'épisode du dessin animé pour jouir de l'oeuvre. S'il n'y a pas contrefaçon de l'oeuvre originale, il n'y a pas de préjudice pour l'auteur. C'est différent si l'oeuvre traduite est diffusée.

Eolas

16. Le mercredi 8 août 2007 à 22:56 par Dive Bouteille

7. Le mercredi 8 août 2007 à 21:13, par fridoc
blabla (...) blabla (...) Je n'aimerais pas être votre client.
------
Il est fortement probable que Maitre Eolas n'aimerait pas tellement être votre avocat.

Don't feed the troll...

Eolas

17. Le mercredi 8 août 2007 à 23:24 par yves

Pour le non juriste que je suis cela ne me semble pas si clair. Qui possède les droits de la traduction? Le traducteur, l'auteur original ou l'éditeur français ?

La contrefaçon est-elle constituée? Le texte diffusé n'est pas le texte original, sera probablement assez différent de la traduction officielle. Le fait que ça soit la même histoire suffit-il à constituer une contrefaçon?

Enfin le manque à gagner est-il évident? Des passionnés assez motivés pour lire la traduction sur écran (aïe les yeux...) le sont certainement assez pour que ça ne les empêche pas d'acheter la version papier dès qu'elle sortira.

L'auteur original possède les droits de traduction. Plutôt que de la faire réaliser lui même (alors qu'il serait bien incapable de s'assurer de laqualité de celle ci), il cède ses droits à un éditeur local qui engage un traducteur. Le traducteur est lui même auteur d'une oeuvre, et doit être rémunéré proportionnellement aux ventes. Art. L. 112-3 du code de la propriété intellectuelle. Le fait que ce soit la même histoire ne constitue pas la contrefaçon mais le plagiat (faute civile uniquement) ; mais une traduction n'est pas un plagiat, c'est une contrefaçon, l'oeuvre est bel et bien reproduite. Enfin, sur les lecteurs électroniques qui achèteront pour beaucoup la version papier : c'est ce que je soulignais dans ma phrase "le préjudice sera difficile à chiffrer".

Eolas

18. Le mercredi 8 août 2007 à 23:29 par Stéphane Boudin

@ 5 et 7 (qui sont le même auteur et un exemple parfait de troll) : on félicite le gamin pour être doué en anglais mais certainement pas pour avoir commis une infraction. Il avait parfaitement le droit de traduire le livre pour un usage privé (étendu au cercle de famille) mais pas pour le diffuser gratuitement sur le Net.

@ : le procès fait par Eolas à Libé est totalement justifié. On monte en épingle une affaire qui a toutes les chances de mourir dans l'oeuf en maquillant la vérité et en grossissant les enjeux. Gallimard et JK Rowling ne porteront jamais plainte contre ce pauvre gamin, ni a fortiori se porteront partie civile pour demander des dommages et intérêts. Le Parquet poursuivra pour marquer le coup mais il y a de grandes chances que le juge des enfants saisi décide de reconnaître le mineur coupable des faits mais prononce une dispense de peine. Je ne suis même pas sûr qu'il aille jusqu'à l'admonestation, vu la nature des faits et la motivation de leur auteur.

@ 14 : les contrats d'édition en matière de propriété littéraire et artistique prévoient la plupart du temps un droit d'agir pour l'éditeur, qui peut être indépendant de celui de l'auteur, pour faire cesser ou demander réparation de faits de contrefaçon.

La dispense de peine suppose une indemnisation de la victime. Le fait que la victime y renonce ne saurait être assimilé. Mettons une remise aux parents, avec dispense d'inscription au B2 ?

Eolas

19. Le mercredi 8 août 2007 à 23:47 par Nono Le Rouje

Des traductions faites par des non-professionnels (ie qui n'en vivent pas) et qui sont commercialisées, j'en connais. Pas beaucoup, certes, mais je me souviens de ma surprise en regardant le générique de fin de Ghost in the Shell/ Stand Alone-Complex et de voir le nom d'un "ancien" de mon école dans les traducteurs. Sur le coup, ça surprend!!

Du moment que les traducteurs sont rémunérés proportionnellement, ils ne sont pas obligés de vivre de leur art.

Eolas

20. Le mercredi 8 août 2007 à 23:52 par George

Vous y allez un peu vite Maître sur le " je tire mon chapeau" à ce jeune pour sa traduction. J'aime le mauvais esprit...Elle est jugée quasi professionnelle par la police, certes mais que je sache, la police n'est pas l'administration française la plus connue pour sa grande maîtrise de la langue de Byron...Même un professionnel pourrait difficilement, en quelques jours de temps, commettre une traduction digne de ce nom du dernier volume de l'heptalogie. Je doute que le journaliste soit aller vérifier ce point. J'incline à penser que c'est une autre raison qui conduit Gallimard (en dehors ce la très juste question d'image en tant d'éditeur pour la jeunesse) à ne pas pousser plus en avant la procédure à l'encontre de cette famille (sans oublier qu'un livre électronique ne rencontre encore aujourd'hui qu'un succès d'estime).

Et je vous rejoins sur vos commentaires sur Libération. Je note d'ailleurs que plusieurs notes sur des mises au point juridiques s'appuyaient sur des articles du quoitidien.

Les officiers de police sont plus lettrés que vous le pensez, même s'ils sont presque tous fâchés avec les règles d'accord du passé composé, si j'en juge les procès verbaux que je lis. Une traduction en Espagnol a également été proposée très vite. Je suis allé y jeter un coup d'oeil. La traduction comportait des imperfections grossières, "low growing brambles" (les mûriers rasants) étant traduit par "matorrales silvestres de lento crecimiento".

Eolas

21. Le jeudi 9 août 2007 à 00:35 par Milvus

En effet, cher Maître, la tolérance de certains éditeurs vient probablement en grande partie de leur impuissance devant cette profusion de traductions officieuses. Porter plainte réduira peu ou pas le phénomène, et risque même de faire du mal à leur réputation (quand c'est un petit monde, les fans se sentent solidaires les uns des autres, à tort ou à raison).

Du coup, au final, je me pose une question, cette couverture médiatique ne va-t-elle pas accroître encore plus le nombre d'internautes téléchargeant (même par simple curiosité...) cette traduction pirate ? Allons même très loin : n'aurait-il pas mieux fallu pour Gallimard ne rien faire ? Après tout, lire un livre sur un écran reste pénible et on est loin des problèmes rencontrés dans le domaine de la musique ou des films, et je doute fortement que telle traduction ait le moindre effet sur les ventes d'un livre (qui seront record, de toute façon, on le sait déjà...).

Difficile à dire. La couverture médiatique de l'incident (repris par les télévisions) peut décourager les éventuels traducteurs en herbe.

Eolas

22. Le jeudi 9 août 2007 à 00:44 par Dyonis

Les commentaires de lecteurs d'articles sur le net sont souvent assez aigris je trouve.

Une entreprise fait parler d'elle -> C'est des incompétants remplis de dirigeants ayant la grosse tête etc
Un politicien dit quelque chose -> C'est un idiot et de toute facon il a la grosse tête etc
Il arrive quelque chose à quelqu'un de connu? -> C'est bien fait pour lui de toute facon il a la grosse tête etc
Un joueur de foot joue signe dans un club etranger -> Il va se planter de toute facon il a la grosse tête etc

Sinon, content de voir que Troll Detector fonctionne toujours aussi bien :)

23. Le jeudi 9 août 2007 à 01:14 par Axel

Mais Maître...
Pourquoi continuer à lire Libé, aussi ?

Et pire, pourquoi continuer à lire les commentaires des gens, que ce soit ceux des lecteurs de Libé ou d'autres magazines / journaux ?

NB : C'est mal, si j'avoue que je n'ai pas encore commencé à lire le tome 1 de HP ?

Lire plusieurs sources, et lire ce que les autres pensent est toujours bénéfique quand on ne veut pas finir autiste. Et non, ce n'est pas mal. Personne ne vous oblige à vous faire plaisir.

Eolas

24. Le jeudi 9 août 2007 à 01:23 par Philippe

Merci pour vos articles toujours intéressants. Ce jeune homme aurait dû tant qu'à faire changer le cours de l'histoire, proposant une traduction plus audacieuse que celle de l'éditeur... ;o) On verra bien en lisant le prochain tome de Henri Potier

25. Le jeudi 9 août 2007 à 01:45 par RedGe

Je me souviens, lors de la sortie du tome VI en anglais, j'avais par curiosité téléchargé le PDF de la version anglaise. Après en avoir lu, fasciné par la prose de JKR, les 50 premières pages sur mon moniteur, essuyé mes yeux pleins de larmes, pris un aspirine pour faire passer mon mal de tête, j'avais réalisé :

1 - que mon niveau d'anglais me permettait de suivre les aventures de mon sorcier préféré,

2 - qu'il fallais mieux acheter le livre plutôt que de perdre l'usage de mes yeux.

Total, j'ai donc (tout a fait illégalement) téléchargé un PDF, ce qui m'a fait acheter le livre en anglais, que je n'avais absolument pas l'intention d'acheter à la base. Et quelques mois plus tard, j'ai acheté la version française... J'ai donc filé plein de thunes à JKR (enfin plein, je sais pas combien elle touche par bouquin, disons que j'ai fait marcher l'industrie), deux fois plus que prévu même, grâce à Internet et a mes yeux de taupe.

Ma conclusion sera donc que si ceux qui téléchargerons la traduction de ce jeune homme (qui est évidemment toujours disponible, rien ne se perd sur Internet) n'achètent pas le livre, c'est vraiment qu'ils ont des yeux de martiens.

Certes, ces PDF sont illégaux, mais je pense qu'ils font vendre plus de livres qu'autre chose...

26. Le jeudi 9 août 2007 à 05:27 par Salomon Ibn Gabirol

Et ca, ca passe? www.lemonde.fr/web/articl...

Wouahou, excellent article du Monde (ils citent même Merle et Vitu !) Je vais en faire un petit billet, merci.

Eolas

27. Le jeudi 9 août 2007 à 07:18 par ecrivateur

si le lycéen a été capable de traduire ce bouquin de façon pro, Gallimard derait songer à l'embaucher pour les traductions des oeuvres à venir, ce serait un joli retour de médaille

Oui, mais le balancier a son revers...

Eolas

28. Le jeudi 9 août 2007 à 07:48 par Deilema

@eolas, réponse à mon commentaire n°5
Vous êtes un peu sévère, on le sait au moins depuis le tome 5 que le Daily Prophet est à la botte du Ministère. Rappelez vous la lutte de Harry pour faire reconaître les circonstances de la mort de Cédric.

Les éléments que vous apportiez ne sont connus que dans le 7.

Eolas

29. Le jeudi 9 août 2007 à 09:13 par Suzanne

Donc la mise sur des sites de partage de vidéo de dessins animés étrangers sous tirés en français et leur téléchargement ne constituent une contrefaçon qu'à partir du moment où une entreprise a fait "sa" traduction?
A quand une étude sur le système juridique chez les sorciers? une comparaison avec celui des moldus anglais? ;-)

30. Le jeudi 9 août 2007 à 09:31 par bourgpat

Je ne sais pas ce qui est le plus préjudiciable pour Gallimard entre la traduction ou la diffusion de l'édition anglaise du volume sur internet et la vente de l'édition anglaise en dépit normalement d'un monopole exploitation local. L'acheteur de la version anglaise aura peut être plus envie d'attendre 1an ou plus la sortie de la version poche.

Qu'en a la lecture de PDF aujourd'hui elle demande parfois l'utilisation d'une bonne imprimante laser permettant l'impression simple de livrets en recto verso. (4 pages par feuille A4, cela reste lisible).

Pour définir le préjudice enfin, il peut être intéressant de se rappeler que ces phénomènes se sont déjà produits pour les tomes 5 et 6 avec les effets que l'on à pus constater sur les ventes de ces tomes.

31. Le jeudi 9 août 2007 à 09:43 par teebo

J'en profite, oui.

Eolas


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Et nous donc...
L'adresse est différente, mais l'auteur est manifestement toujours le même, merci.

32. Le jeudi 9 août 2007 à 10:06 par Philippe Demontzon

Légère précision à la brève en question, cher maître. Le jeune homme n'avait pas entièrement traduit le tome 7 lorsqu'il a été interrompu, mais proposait les chapitres au fur et à mesure... www.laprovence.com/articl...
D'autre part, pensez-vous sincèrement que JKR ne sait pas que c'est Gallimard qui est sa maison d'édition de ce côté-ci du Channel ?

33. Le jeudi 9 août 2007 à 10:20 par Opera

Merci Maître de rétablir pour nous la vérité. Ne voudriez-vous pas renommer votre blog en "The Quibbler" ?

Pour en revenir à la traduction, l'anglais de JKR est très facile d'approche, tant au niveau du vocabulaire (si l'on oublie les mots inventés pour le monde des sorciers mais dont des lexiques très complets sont disponibles sur Internet), que de la grammaire et des tournures de phrases.
Je ne m'étonne donc pas qu'un lycéen de 16 ans, ayant bien suivi ses cours d'anglais depuis la classe de 6e et regardant quelques films en VO puisse traduire "de façon quasi-professionnelle" l'oeuvre en question.

34. Le jeudi 9 août 2007 à 10:35 par Mr T

Je relève une irritation régulière et assez appuyée contre Libé...

Sans avoir épluché tous les organes de presse, je signalerai simplement que l'information était diffusée en boucle ce matin par France Info, exactement dans les mêmes termes, c'est-à-dire avec les mêmes approximations. Le problème ne viendrait-il pas tout simplement de ce que la rigueur journalistique, ces derniers temps, est passablement passée de mode en France ?

35. Le jeudi 9 août 2007 à 10:40 par Mr T

Je voudrais aussi poser une question, sur un point que j'ai du mal à saisir : comment un traducteur peut-il à la fois être considéré et reconnu juridiquement comme le créateur d'une oeuvre de l'esprit à part entière, protégée en tant que telle, et l'auteur d'une contrefaçon ?

36. Le jeudi 9 août 2007 à 11:03 par Fìos

A Mhaighstir

Ged a tha eòlas air 'ur n-ainm, chan eil uile fhìos agaibh!

An t-aon a' rannsachadh na h-eòlaise.

an neach a' rannsachadh an eòlais : eòlas est masculin en gaélique.

Eolas

37. Le jeudi 9 août 2007 à 11:09 par lucile

"Les commentaires des lecteurs sont donc immanquablement des aboiements dociles sur l'épouvantail capitaliste. Mission accomplie."

C'est étrange pour un journal détenue en grande partie par le baron de rotshilde... Vous ètes sûre que ce n'est pas un complot anti-sorciellerie organisé par l'inquisition ?

Parce que vous pensez que depuis que Libé a été racheté par le baron de Rotschild (je vous échange le e final contre une majuscule), il est devenu l'organe officiel du Medef ? Le capitalisme vit de sa propre contestation. Si des anticapitalistes sont prêts à dépenser de l'argent pour lire de la propagande anticapitaliste, le marché lui en fournira.

Eolas

38. Le jeudi 9 août 2007 à 11:09 par Luk

@#10 : le forum dont les membres ont traduit The Deathly Hallows en 2 jours a été laissé tranquille parce que la traduction n'est pas diffusée. Ca me semble étrange, étant donné la facilité d'accès des forums, en général.

39. Le jeudi 9 août 2007 à 11:10 par Lucky Luke

Au sujet de l'information rapportée par le commentaire 26, Il semble que l'ampleur du préjudice subi par la mère varie selon les sources. En effet, si le Monde rapporte une "tournée des grands ducs" de 2500 Euros, LCI évoque (seulement?) 1700 Euros...

Comme quoi avant même de traiter l'information, le premier des travaux du journaliste est déjà de vérifier la réalité des faits...

Soyez assuré, cher Maître de mon impatience à lire votre billet sur le sujet; il contribuera, j'en suis convaincu, à réduire mes lacunes en Droit pénal...

Tranquille mois d'Aout.

ps: j'espère que le pseudo retenu n'est pas contrefaisant...

40. Le jeudi 9 août 2007 à 11:12 par Luk

"Nur wer teilnimmt und einen Teil gut übersetzt, erhält später die deutsche Übersetzung!"

Ahah, HP7 auf Deutsch n'est disponible que pour ceux qui ont participé à la traduction. Très très bon comme système.

41. Le jeudi 9 août 2007 à 11:18 par Punky

@ Mr T : Un traducteur n'est pas rémunéré proportinellement aux ventes en général, sauf erreur de ma part, il est payé à la quantité de feuillet (un feuillet = 500 signes) ou au mot traduit, bref qu'il traduise un bouquin se vendant a 10.000 exemplaires ou à 1 million ca ne change rien pour lui. Par contre ce qu'il a traduit est propriété de l'éditeur qui lui reverse des royalties et autres à l'auteur originel...

C'est comme pour les developpements de logiciel : un éditeur sous-traite en Inde le developpement au forfait d'un logiciel puis le vend a des milliers d'exemplaires, la société indienne n'a pas d'intérets sur les ventes. Il y a des exceptions bien sur mais ce n'est pas la règle.

Concernant le "piratage" audio, texte et vidéo, le fait de télécharger une version traduite d'une vidéo avec les sous-titre est du piratage. Télécharger juste le sous-titre devrait en etre également non ?

Concernant les Mangas, il est clair que les japonais s'en fichent tant qu'il n'y a pas de traduction prévues, même la location de k7 & DVD destinés uniquement à la vente (en france et en français)n'étaient pas vraiment surveillée (alors que concernant les films c'etait pire qu'une enquete de la DST chez les loueurs)

Mais pour les séries TV, gageons que l'avenir nous réserve des surprises, ainsi une séries comme "Heroes" dont l'intégralité de la saison 1 est connue largement en France depuis 3 mois, à tel point que lorsque les acteurs sont venus faire leur promos avant l'été pour la prochaine diffusion sur une chaine nationale ils étaient étonnés d'etre déjà reconnus dans la rue ! Et tout ca grace (à cause) du piratage de la série sur le net et de fans qui traduisent plus vite que leur ombre !

En général le sous-titre d'un épisode américain (certe ce n'est ni de la grande litterature ni un pavé de Zola) est disponible 4 heures apres sa diffusion outre atlantique (et partout dans le monde grace au satellite)


42. Le jeudi 9 août 2007 à 11:20 par David

Encore un bel exemple de la pauvreté du travail journalistique de certains... de dépeche en dépeche, l'information est déformée, tronquée. Sans doute aujourd'hui ou peut-être hier soir, un sujet télé reprendra l'information. Et au déjeuner dominical on évoquera l'affaire en plaignant ce pauvre enfant, un génie pensez vous, jeté en prison...

43. Le jeudi 9 août 2007 à 12:43 par 苯小孩

听这个故事,我就像把哈利波特翻译成汉语。
Ca me donne envie de traduire Harry Potter en Chinois... Qu'est ce que je risque dans le cadre de la violation de l'accord sur les ADPIC?

44. Le jeudi 9 août 2007 à 13:03 par Henri Hudson

Il faut détromper Punky sur un point : en France, les traducteurs *littéraires* sont assimilés à des auteurs et leurs traductions protégées par le Code de la Propriété Intellectuelle. À ce titre, la rémunération au forfait (sans pourcentage sur les ventes) est interdite, sauf exceptions citées dans le CPI.
Le paiement "au feuillet", qui est effectivement la pratique, sert à déterminer l'avance (à-valoir) sur les ventes futures, qui reste acquis au traducteur quelles que soient les ventes. et qui est très vite amorti sur les best-sellers (mais pas sur les romans littéraires ;-).

Pour plus d'infos, cf le site de l'asso des traducteurs littéraires :
www.atlf.org

HH

45. Le jeudi 9 août 2007 à 13:08 par Alexandre

@ 32 (D'autre part, pensez-vous sincèrement que JKR ne sait pas que c'est Gallimard qui est sa maison d'édition de ce côté-ci du Channel ?)

"Le 20 Juillet, JK. Rowling a publié un liste de remerciements sur son site. Extrait :
Harry Potter a été publié en 64 langues. Je n’oublie jamais que tant de personnes prennent part à la production des livres à travers le monde, de la Chine au Canada en passant par la plupart des endroits entre les deux. L’arrivée des éditions étrangères me donne toujours un frisson, et je suis très reconnaissante envers toutes les personnes qui y prennent part ; j’en ai rencontré certaines, mais seulement une minorité. Je voudrais envoyer une cyber-vague et mes remerciements chaleureux à Christine, Yuko, Allan, tous les Klaus, Pedro et Sigrid. Faire la liste complète prendrait douze pages, pardonnez-moi de m’être arrêtée là..."

On peut supposer sans trop de risque que "Christine" est Christine Baker, directrice éditoriale de Gallimard Jeunesse.

46. Le jeudi 9 août 2007 à 14:04 par lucile

@#37 Je pense que le Banquier de Rothschild n'a pas aimé l'image des banquiers de Gringott en gobelin :o)...ou alors c'est la description de la presse sous influence du Daily Prophet ? :o)
Même si Libération n'est pas l'organe du Medef, et que cet actionnaire est moins grossier que d'autres; son influence est tout même là.
Je pencherais donc plutôt pour un article juste "rendue plus sexy"; il y'aurait beaucoup mieux à faire que ce genre d'article pour attaquer le capitalisme... moi justement cela me manque assez un vrai journal de gauche qui soit un peu moins intello que le monde diplomatique ! alors j'ai du mal à entendre critiquer libé pour anti-capitalisme ! :o)
Sinon j'aime beaucoup votre blog

47. Le jeudi 9 août 2007 à 15:12 par drjones93

'faut
jamais croire ce qu'on lit dans Libération, dès qu'il s'agit de qqchose de
spécialisé
ils ne racontent que des salades, que ce soit financier, médical,
linguistique, tout ce que tu veux ,
j'ai souvent présenté des textes de ce journal étant aussi étonné que toi,
devant des spécialistes
en la matière en question, à chaque fois c'est pareil l'on me dit que
l'article est un torchon

48. Le jeudi 9 août 2007 à 15:46 par Maximus Gluteus

Traduire The Daily Prophet, qui est un clin d'oeil à The Daily Planet (le journal où travaillaient Clark Kent et Lois Lane dans la bande dessinée Superman) par la Gazette du Sorcier me laisse croire que le traducteur du tome 1 ne s'était pas forcé... Le jeunot aurait-il fait mieux???

49. Le jeudi 9 août 2007 à 15:48 par Damien

L'article du Monde : www.lemonde.fr/web/articl...

50. Le jeudi 9 août 2007 à 16:14 par Anne-Marie de UHP

Très très bon article Eolas, un style d'écriture parfait, des propos facile à comprendre....

J'ai lu personnellement le tome 7 en anglais, et j'ai lu personnellement les traductions de ce tome en français (je met au plurierl car il en existe pas qu'une en tout...) Mais je serais l'une des premières a acheté le tome 7 le 26 octobre à 00H01. D'aileurs je peux juste dire qu'une soirée est organisé.. *chut A-M*

De toute façon personnellement Gallimard n'a pas à se soucier qu'avec cette traduction ils vont perdre de l'argent, même si les traductions sont passable pour comprendre l'histoire rien ne vaut la traduction officielle de JF Ménard

Franchement que cette histoire s'arrête et qu'on laisse ce jeune homme tranquil, y'a pire dans la vie... J'aimerais juste que Gallimard entende ceci : Ne vous inquiètez pas, Harry Potter et les Reliques de la Mort le 26 octobre feront péter le compteur ni veau vente, ce 'nest pas parce que des traductions sont en ligne que c'est la fin pour le nombre de vente. Quand Harry Potter and the Half Blood Prince est sortie des traductions étaient en ligne pour ce livre, est-ce que les ventes en versions française de ce livre ont chuté non, au contraire ça encore été un raccord parmis les autres livres précédent. Alors Gallimard s'il vous plait laissez tomber et vous verrez qu'il ne faut pas avoir peur pour le 26 octobre....

51. Le jeudi 9 août 2007 à 16:26 par Kevin

Dans un des derniers numeros de l'AJDA, il etait titre en gras:
"Le conseil d'etat permet la surveillance des reseaux peer to peer".

Et la lecture de l'article nous apprend que non, le conseil d'etat ne permet pas la surveillance des reseaux peer to peer, mais qu'elle casse une decision de la CNIL qui refusait la surveillance des reseaux peer to peer, obligeant les requerants (SACEM etc) a reformuler leur demande.

Mais bon, c'est pas comme s'ils etaient <strike>juristes</strike> journalistes, ils ne sont que juristes, il faut les excuser, ils ont sans doute mal lu.

Sans vouloir défendre à tout prix l'AJDA, si vous parlez de la décision des 9e et 10 sous sections réunies du 23 mai 2007, n°288149, je vous confirme que la revue a bien compris la décision, sans s'arrêter au pur point de vue procédural. Le CE jugeant en cassation ne pouvait pas donner lui même l'autorisation, mais il annule la décision de la CNIL en relevant que la CNIL a commis une erreur d'appréciation en estimant que les traitements envisagés conduisaient à une surveillance exhaustive et continue des fichiers des réseaux d'échanges et ne pouvaient par conséquent être regardés comme proportionnés à la finalité poursuivie ; une autre erreur en estimant que les critère quantitatifs étaient dépourvues de pertinence, et que si elle a eu raison de refuser les envois de messages pédagogiques qui supposaient un traitement nominatif, elle ne pouvait refuser les autres mesures qui ne supposaient pas de traitement nominatif. Le CE a bien jugé que la surveillance des réseaux P2P était légale en son principe. Certes, la conséquence est que le dossier retourne devant la CNIL ; mais les requérants sont désormais dans une position bien plus confortable.

Eolas

52. Le jeudi 9 août 2007 à 17:03 par bouzouki

Quoiqu'il en soit, il est clair que la sortie tardive de la traduction française permet de vendre le double d'ouvrages, puisque les vrais fans ont acheté le livre en anglais et le rachèteront en français fin octobre. Ce qui fait des sous en plus...
Ils n'ont pas de traducteurs en Angleterre pour se prémunir de ce genre de mésaventure?

Malheur, me voilà dégradé : je ne suis pas un vrai fan car je n'achète pas l'édition française. Ils en ont, mais il est hors de question pour l'éditeur de faire circuler 64 versions du livre avant sa sortie (d'autant que la version japonaise met un an à être traduite), quand seules trois personnes y ont accès (l'éditeur anglais, l'éditeur américain, et Jo).

Eolas

53. Le jeudi 9 août 2007 à 17:27 par Jean-Yves

Que se passe-t'il si la traduction fournie à Gallimard est trop proche de celle du jeune homme ? Ce dernier pourrait-il envoyer le traducteur Gallimard au poste de police ?

54. Le jeudi 9 août 2007 à 17:34 par Kevin

Eolas: "Sans vouloir défendre à tout prix l'AJDA, si vous parlez de la décision des 9e et 10 sous sections réunies du 23 mai 2007, n°288149, je vous confirme que la revue a bien compris la décision"

La revue ne faisait que recopier les conclusions de Mlle Célia Verot, Commissaire du gouvernement, donc je ne crois pas qu'on puisse les taxer d'incompréhension. Mais je m'insurgeais de la différence entre le titre écrit en couverture: "le conseil d'état autorise la surveillance des réseaux peer-to-peer" (il faudra que je retrouve le titre précis) qui est un titre choc, et la décision rendue, qui consiste finalement a renvoyer face a face la SACEM et la CNIL (par la suite, le conseil d'état suit les conclusions du commissaire).

Eolas: "Le CE a bien jugé que la surveillance des réseaux P2P était légale en son principe."
Non. La question portait sur le desaccord qu'avait la SACEM contre la decision de la CNIL. La question de la légalité de surveillance des réseaux P2P n'a pas été soulevée. La surveillance des réseaux P2P, c'est la loi DADVSI, pas le conseil d'etat qui l'a décidé.

Je continue de penser que la couverture de l'AJDA n'est qu'un raccourci très biaisé en regard des faits relatés. Mais bon, c'est dans l'air du temps, ça choque immédiatement l'oeil, et ça c'est une raison fallacieuse. Je pense qu'ils auraient du s'en tenir aux faits, comme:
"Le CE force la SACEM a revoir sa copie pour validation par la CNIL dans le cadre de la surveillance des réseaux P2P"

55. Le jeudi 9 août 2007 à 17:56 par antinabot

C'est bien beau de critiquer Libé en disant que ces derniers ont rajouté que Gallimard a porté plainte, et de rajouter "Sauf que. Sauf que Gallimard, interrogé par Europe 1 a indiqué qu'il ne comptait par porter plainte. Et que je suis prêt à parier que J.K. Rowling n'est même pas au courant de cette affaire."

Mais d'une part il y a bien eu une plainte de déposée (et bien par gallimard) pour que la police intervienne non ?? D'autre part, "parier" que J.K. Rowling n'est même pas au courant est une argumentation totalement bancale. On parle de faits, la supposition n'a pas sa place ici. La justice n'est pas un casino!! Alors avant d'engager une telle supposition le mieux est encore de demander a l'auteur si elle est au courant de cette histoire, et a déposé plainte ou non.




Cette argumentation est de ce point de vue totalement bancale

(A part : Chut, couché, Troll Detector, du calme, ce n'est pas un vrai, juste un mal élevé).

Non, on peut dénoncer sans porter plainte. Porter plainte signifie que l'on a l'intention de se constituer partie civile (c'est même désormais possible dès le dépôt de la plainte) et que l'on demande à être informé des suites données. Dénoncer est juste porter à la connaissance de l'autorité des faits délictuels ou criminels. Quand on n'est pas soi même victime, on ne peut d'ailleurs que dénoncer, pas porter plainte. Sinon, j'ai envoyé un hibou à Jo pour lui demander si elle était au courant de cette affaire. Dès qu'il revient, je vous lis son parchemin.

Eolas

56. Le jeudi 9 août 2007 à 20:03 par Markss

Et qu'en est-il des fanfics et autres productions qui s'échangent sur le net, utilisant personnages et histoires issues de HP, ou d'autres romans populaires? Les auteurs s'amusent à changer la fin, à écrire un tome 8, à créer des histoires d'amour ou des combats inédits, à développer un personnage trop absent à leur goût... Ne sont-ils pas soumis à un type juridique restrictif? Ce n'est sans doute pas de la contrefaçon, mais j'imagine que leur utilisation n'est pas totalement libre... Le cadre non-commercial suffit-il à en assurer la légalité?

57. Le jeudi 9 août 2007 à 21:08 par Fabien

Cf commentaire 49
www.lemonde.fr/web/articl...

"Alertés fin juillet, l'éditeur français Gallimard, qui publiera la version française le 26 octobre, et l'auteure, la Britannique J.K. Rowling ont déposé plainte"

Le monde commet il la même erreur que son confrère libération ? Lui a t il copié dessus ? Ou les deux ont ils des sources plus fiable que l'éditeur sur europe 1 ?
A moins que "déposer plainte" ne soit différent de "porter plainte" ?

58. Le jeudi 9 août 2007 à 23:14 par clement

pourriez-vous développer les rapports de propriété entre auteur, traducteur et éditeur dans le cas où la traduction n'est pas fidèle (ce qui est le cas du tome 1 de Harry Potter)? Jo pourrait-elle exiger une nouvelle édition de la traduction francaise? Gallimard pourrait-il attaquer une traduction pirate complète?
J'ai un vague souvenir d'un cas où l'auteur condamnait la traduction américaine de son oeuvre (je crois qu'il s'agissait du "monde de Sophie", merci de ma corriger si c'est une faute). De quels recours dispose-t-il?
Merci pour votre réponse et pour votre blog

59. Le vendredi 10 août 2007 à 16:38 par Jum

On pourrait aussi reprocher à nos amis journalistes de ne faire que reprendre les dépêches mots pour mots sans creuser plus loin.
Comme l'a précisé un commentaire plus haut, la traduction du bouquin en était seulement au chapitre 5... et pour avoir vu passer un de ces fameux pdf, je puis vous assurer que la qualité de la traduction n'avait rien de professionnel. Au contraire on aurait pu la qualifier de traduction lycéenne avec fautes d'orthographes et mauvaise tournure de phrase en option... Bref pas de quoi casser 3 pattes à un canard. Mais bon, traduire 600 pages en 48h à 16ans c'est vrai que ça a quand même plus de geule...

60. Le vendredi 10 août 2007 à 19:47 par antinabot

Eh bien suite à ma remarque n° 55, attendons alors la réponse par hibou (bien que j'ose espérer que "Jo" ait acces à des outils de communications plus modernes, type boite au lettres, téléphone et pourquoi pas un mail (!))

Puisque vous "PARIEZ" qu'elle n'est pas au courant (notons que cette "hypothèse" rentre en jeu dans votre argumentation !!) et que Liberation, en affirmant le contraire, est sujet à vos critiques, pourquoi ne pas alors blamer également les autres médias ayant cité ou relayé l'information (ex le parisien, edicom , etc) ?
(ex : www.edicom.ch/fr/news/cul... )

enfin je terminerai en citant ces quelques lignes trouvées sur clubic :

"Après accord de J. K. Rowling, son avocat s'est entendu avec l'avocat des éditions Gallimard pour déposer une plainte. Celle-ci visait non pas un individu en particulier mais les réseaux de traducteurs, c'est du moins ce que nous confirme le service de relations presse des éditions Gallimard."

[sources : www.clubic.com/actualite-... ]

alors on parie quoi ?

61. Le vendredi 10 août 2007 à 19:47 par Olivier

Bonjour Maître
Tout d'abord, merci pour ce post ! Vous n'avez pas idée. Encore une fois, la presse s'est recopiée entre titres. Lamentable.

J'ai juste une question, peut-être stupide ou nébuleuse, mais tant pis. Vous semblez être un grand lecteur de Harry Potter. Vous seriez-vous fendu d'un post dans le cas contraire ? Faut-il que lorsqu'un avocat, un juge ou un journaliste tient des propos censés sur Harry Potter ou J.K. Rowling, cela soit dû forcément à son amour de l'œuvre ?
Ok, ça fait deux questions...

Amicalement

62. Le vendredi 10 août 2007 à 22:27 par Julman

Excellent cet article ! C'est la première fois que je visite ce blog et je suis enthousiaste. Votre style d'écriture est vraiment amusant Maître et le cynisme est employé à un bon et subtil escient.

Un régal

63. Le samedi 11 août 2007 à 01:59 par Richard

<<
L'enjeu financier pour Gallimard est important : c'est un gros succès assuré. Il est donc normal qu'en attendant la sortie de la version française en octobre (délai rendu nécessaire par la traduction et la confection des exemplaires du livre), Gallimard veille à ce que des contrefaçons ne circulent pas.
>>

Sauf qu'une fois qu'une traduction apparait sur internet, il est en pratique impossible de l'empecher de circuler (voir par exemple l'affaire de la cle AACS presente sur des milliers de sites Internet maalgre les cease-and-desist des proprietaires).
C'est simplement une bataille perdue d'avance a moins de changer radicalement le fonctionnement d'internet...

Le but ici est de dissuader en supprimant l'impression d'impunité du téléchargeur. La reprise certes peu complaisante par les médias est très utile pour Gallimard.

Eolas

64. Le samedi 11 août 2007 à 04:16 par momo

Bravo a l'etudiant, a 16 ans, il est bon en anglais. Sure qu'il va avoir des centaines d'offre d'emplois.
Je parle anglais, mais serais imcapable de traduire un bouquin, encore bravo.

Quand au prejudice, j'en vois pas, pour moi j'ai jamais reussi a lire un livre a l'ecran, j'ai juste assez d'attention pour la 1ere page, apres je peux plus.

Voyez les précisions apportées en commentaires : en fait, il s'agissait d'un groupe de traducteurs, ils n'en étaient qu'au chapitre cinq, et la qualité n'était pas celle vantée dans la presse;

Eolas

65. Le samedi 11 août 2007 à 10:43 par Laurence

Bonjour Maître Eolas :)

juste une petite précision pour que votre information soit encore plus juste. Le jeune homme n'était pas seul à traduire ce texte ( c'eût été un exploit tout de même). Il avait en fait monté un forum où chaque membre (500 personnes environ) participait à cette traduction collaborative. Et seuls les membres de ce forum avaient accès à la traduction finale. De quoi relativiser un peu... ;-)

source : www.infos-du-net.com/actu...

Merci de ces précisions.

Eolas

66. Le samedi 11 août 2007 à 19:42 par coco

@ Antinabot : vvous n'avez que partiellement raison. JKR était au courant , certes, mais la plainte visait des réseaux à but lucratif - ce que l'auteur et la maison d'édition ont pu croire au départ -, en aucun cas ce jeune homme en personne, comme l'a indiqué Gallimard dans un communiqué de presse (cela dit, Eolas supposait mais n'affirmait pas, en revanche vous affirmez et ne supposez pas pour ce qui concerne le dépôt de plainte).

Je suppose que, dès que gallimard et JKR ont compris que personne ne voulait créer un business parallèle, mais qu'il ne s'agissait que d'un amoureux de HP et de la langue anglaise, totalement bénévole, ils n'ont pas souhaité orienter la plainte contre lui (ce qu'ils disent dans leur communiqué de presse).

Il a dû s'agir d'une plainte contre X (libé parle en revanche de plainte "contre le lycéen").

ous êtes journaliste à LIbé ou quoi? Comment expliquer autrement l'agressivité de votre ton?

Relisez les liens donnés par Maître Eolas :

www.europe1.fr/informatio...

La directrice de GALLIMARD indique EN PERSONNE qu'elle n'a pas l'intention de porter plainte "contre l'adolescent".

Ci-dessous le communiqué adressé au portail des fans :

www.poudlard.org/+Gallima...

Or que dit LIbé? www.liberation.fr/actuali...

"L'écrivain britannique J.K Rowling et l'éditeur français Gallimard ont porté plainte contre le lycéen."

La plainte n'est pas déposée contre le lycéen, contrairement à ce que dit Libé.

En outre, ni Gallimard ni JKR n'ont demandé de DI à ce jeune homme qui ne leur paiera pas un centime.

Or libé lie explicitement les gains escomptés de la vente du roman par Gallimard, et les risques financiers qui pèsent sur le jeune homme : "Quoiqu'il en soit, ce genre de piratage peut coûter cher, très cher même. Et pour cause. Les aventures du pensionnaire de Poudlard sont un vrai business"

C'est ridicule, à partir du moment où la maison d'édition n'a pas porté plainte et ne s'est donc pas portée partie civile, lier ses gains escomptés aux "risques" financiers courus par le lycéen n'a aucun sens. Alors pourquoi faire ce raccourci? ("et pour cause...")

Libé ne s'est renseigné, ni sur les réquisitions du parquet (qui ne réclame aucune "lourde" amende), ni sur le fait de savoir si gallimard et l'auteur se constituaient partie civile (ce qui n'est pas le cas, donc aucuns dommages et intérêts à verser pour le gamin).

Donc voilà, j'imagine que c'est ce qui a énervé maître éolas. Et moi aussi, ça m'a énervée. Mais bon, apparemment ça vous vexe...

67. Le samedi 11 août 2007 à 19:56 par coco

@ Antinabot :

Addendum à mon dernier message :

En fait il faut aller lire la presse étrangère pour avoir les informations exactes.

www.iht.com/articles/ap/2...

"The teenager, whose name was not released because he is a minor, was picked up Monday following a complaint from police in Paris, then was released Tuesday after questioning, Rothe said. He said the boy could face charges for violating intellectual property rights.

The French agency for fighting counterfeiting alerted Rowling and Gallimard Jeunesse, the publishing house that is releasing the official French translation on Oct. 26, to the unauthorized version, Gallimard said in a statement Wednesday. The publishing house said it offered its support to the agency's investigation."

www.reuters.com/article/e...

"For the moment there is an ongoing investigation, and neither Gallimard nor Ms. Rowling has filed an independent lawsuit."

Des commentaires antinabot??

68. Le lundi 13 août 2007 à 11:31 par ange

je ne comprend pas pourquoi tout le monde en fait un scandale il est vrai que ce jeune a fait une tres grosse erreur, mais ce n'est pas une raison pour mettre tout les jeunes dans le même panier sous pretexte que ce jeune homme à fait une erreur.
Il est vrai qu'il n'aurait as due faire çà, mais on pourrait le punir de façon moins dur!!
Après tout qui n'a jamais été tenté de faire çà?!!
On fait un scandale pour la traduction de se livre, mais que fait la loi pour le piratage des films, de la musique,... sur le net?! la je ne vois personne faire un scandale, alors que celà est tout aussi déloyale!!

69. Le lundi 13 août 2007 à 19:25 par Richard

Je ne pense pas que la dissuasion soit efficace. Les majors font des centaines/des milliers de proces, mais le telechargement illegal continue de prosperer.

70. Le lundi 13 août 2007 à 22:14 par wesson

bonsoir maitre:

ça ne vous plait probablement pas mais ... un lycéen a été effectivement arrêté pour une traduction.

Dans votre mode, il s'agit peut être d'un mensonge ou d'une plainte imaginaire, dans le mien ce sont des fait.

Et trouver des articles tendancieux sur ce sujet ou sur un autre, et bien ma foi, il suffit de lire la presse des bolloré, lagardères, dassault et autres bouygues.

Vous n'aimez pas libé, moi non plus, cependant je ne puis que constater que lorsqu'il s'agit de les pourfendre, votre lame semble bien plus affutée à leur égard.

71. Le mardi 14 août 2007 à 14:19 par Chauvin Sophie

Cher maître, vous dîtes que le jeune lycéen ne subira pas de sanctions financières mais, dans tous les cas, c'est ses parents qui les subiront...est-ce normal?
Cher maître, vous dîtes que Gallimard subira un préjudice économique mais, avez-vous écouté ce que les fans ne scessent de répéter encore et encore? Avez-vous seulement entendu que nous, les fans qui ont acheté les livres en anglais, qui les avons traduits, nuits et jours, ressentirons un plaisir immense lorsque nous aurons enfin la version française, définitive et officielle entre nos mains...ce qui implique que nous devrons obligatoirement l'acheter pour être plainement satisfaits : où est le préjudice économique?
Et enfin,
Cher maître, c'est bel et bien Gallimard qui a dénoncé une traduction illégale de ce livre (et je ne dirais pas SON livre, car il appartient à tous les fans) et qui a appuyé l'enquète...c'est donc bien Gallimard qui a, pardonnez-moi l'expression, "foutu la merde"!
Il est bien évident que les journaux en ont profités...mais s'il ne l'avaient pas fait, s'il n'avaient pas transmis l'information, qu'en serait-il aujourd'hui de ce jeune adoléscent? Ne cherchez pas la réponse plus lontemps...Gallimard a le bras long, Gallimard a beaucoup d'argent et par conséquent beaucoup de pouvoir (parce que même la justice se met à genoux devant un compte en banque bien rempli), et Gallimard aurait porté plinte...si aujourd'hui il ne le fait pas, c'est uniquement pour ne pas déclencher une révolution parmis les fans et parents de fans qui sont désormais outragés du comportement de l'éditeur qui transporte les rêves de doute une jeunesse au travers de Harry Potter.
Alors n'oubliez pas, Cher maître, que le plus grand pouvoir appartient aux consomateurs, car nous sommes, bien que cela vous déplaise fortement, ceux qui font vivrent Gallimard et autres entreprises du même genre, n'oubliez pas, que les fans d'Harry Potter sont tous liés par ce même livre et que si vous vous attaquez à l'un d'entre eux, c'est comme si vous vous attaquiez à tous...je sais que c'est une refrain beaucoup vu dans les film et les livres, mais vous avez pu vérifier qu'il en était de même dans la réalité...
J'espère de tout coeur que vous retrouverez la voie de la raison, car la justice est bien en-dessous de l'humanité dont la Gande Famille Potter fait preuve...bien à vous.

Une fan parmis tant d'autres!

72. Le mercredi 15 août 2007 à 16:21 par Chauvin Sophie

§1 : "je suis prêt à parier que J.K. Rowling n'est même pas au courant de cette affaire"...celon vous, JK Rowling n'est pas au courant de cette histoire...vous dite pourtant "Pas de sanctions financières. Pour personne. Gallimard n'en veut pas, JKR NON PLUS"...JK Rowling serait elle finalement au courant de l'histoire?
"Dans ce cas, ce serait les parents de ce jeune homme qui, civilement responsables, auraient à sen acquitter, et non le lycéen lui-même" (vous parlez ici des domages et intérêts), puis vous dites : "Pas de sanctions financières. Pour personne". En ce qui me concerne, domages et intérêts est l'égal de sanctions financières. Y aura-t-il sanctions financières ou pas? décidez-vous chez maître, parce que pour le moment vous vous contredisez!

§2 : "Nous les fans"... Vous parlez à quelqu'un qui peut prétendre à ce titre, et je ne vous permets pas de parler en mon nom. Je n'ai plus acheté de version française depuis la Coupe de feu lors de sa sortie : pour tromper mon attente de l'Ordre du Phénix, j'ai acheté la version anglaise et ai découvert que j'avais encore plus de plaisir à la lire ainsi. Je n'ai pas la moindre intention d'acheter la version française, et m'estime pleinement satisfait." => qu'est-ce qui vous permet de dire que je parlais de vous quand je disais "Nous les fans"? De toute évidence, si vous êtes capable d'un tel écris, c'est que vous n'êtes pas un fan, ou sinon vous auriez pris une autre position dans cette affaire...

§3 : je ne suis en aucun cas "fan de Dolores Umbridge" ! je m'exprime juste au sujet d'une scandaleuse affaire qui n'aurait jamais vu le jour si Gallimard n'était pas autant porté sur ses sous.

§4 : sous-entendez vous que je ne sois pas saine d'esprit, pour devoir recourir aux soin de Mme Pomfrey? En ce cas, je vous prirais de le formuler clairement, plutot que de le déguiser derrière de "belles phrases bien tournées" qui ne sont d'ailleur appuyées d'aucunes preuves...


Cher maître, je suis à présent convaincue qu'un brin de sentiments de vous fairaient aucun mal, la justice n'est pas une simple liste de règles a appliquer pour faire régner l'ordre...il y a aussi des cas à par qu'il faut prendre en compte...
une fois de plus, je suis désespérée de voir à quel point certaines personnes peuvent manquer à réfléchir lorsqu'il s'agit d'argent...Gallimard est une entreprise parmis tant d'autre qui ne voit que son compte en banque.

Je pensais qu'un avocat était capable de réfléchir de lui même et de remettre les choses dans leur contexte...vous venez de me prouver le contraire... ce jeune a vécu sa passion, est-ce un crime? il l'a fait partager à ses camarades, est-ce un crime?
si s'en est un, alors la justice a bien besoin de quelques mises à jour...

73. Le jeudi 16 août 2007 à 15:00 par Manu

Voilà que des jeunes chinois font la même chose ...
news.bbc.co.uk/2/hi/enter...

Je ne me souviens pas de ce genre de "problèmes" à l'occasion de la sortie des précedants tomes ?

74. Le vendredi 17 août 2007 à 11:50 par Chauvin Sophie

[Troll]

75. Le dimanche 19 août 2007 à 23:37 par Djaysee

Bon merci tout le monde pour cette discussion, même les Trolls (si...)

Une petite préoccupation, bien que off topic : tous les noms inventés par l'auteure sont déposés dans toutes les langues officielles. J'en conclus donc que le premier fanc lub venu qui se mettrait à broder sur des histoires non officielles se verrait de fait attaquable... attaqué serait une autre histoire on est d'accord mais tout de même : je ne comprends pas ce qui pousse "Jo" à traiter ses personnages, lieux et autres trouvailles comme une vulgaire boisson ou paire de tennis...

76. Le samedi 8 septembre 2007 à 08:19 par Dorothée Lombard

Bonjour, C'est une amie qui m'a fait connaître la pétition "tous à Azkaban pour avoir lu Harry Potter", née de l'article paru dans Libération le 8 août dernier. Avant de signer j'ai voulu vérifier les faits, ce qui m'a conduite à lire d'abord l'article lui-même, et ce que maître Eolas en avait dit ensuite. (par parenthèses j'ai à cette occasion découvert le blog).
Dans cette affaire, si j'en crois l'auteur dont je trouve les arguments tout à fait convaincants, nous avons en somme une manipulation des faits, on dirait. Du vrai qu'on mélange à du faux pour faire réagir le lecteur au pied levé, exactement comme je l'ai fait quand mon amie m'a parlé de la mise en garde à vue de ce jeune homme... J'étais indignée et tout à fait prête à signer la pétition !
Je trouve que ce genre de manipulations arrive de plus en plus souvent dans la transmission de l'information, et ce journalisme-là (du genre poids des mots choc des photos) est tout à fait regrettable, il conditionne les gens et ne les incite plus à réfléchir, à analyser, c'est du prêt-à-penser !
Sur le fond, ce lycéen a contrefait une oeuvre, et c'est répréhensible, soit. D'ailleurs les pétitionnaires le reconnaissent implicitement, puisqu'ils s'opposent surtout en fait à l'arrestation de ce jeune homme et aux suites supposées par l'article de Libération. Ils revendiquent le droit de connaître rapidement la fin de l'histoire, démarche bien naturelle de fans impatients, et non pas le droit de contrefaire.
Quant au préjudice causé à Gallimard... je doute comme maître Eolas que l'éditeur puisse l'évaluer, parce qu'à mon avis il n'y en a pas vraiment, de préjudice. Même s'ils ont lu des traductions amateur (ou pirates si on y tient), les fans achèteront le livre !
Et même certains fans, dont je suis, qui ne peuvent lire directement le texte imprimé du fait de leur cécité, et qui attendent depuis 2000 que le tome IV des aventures de leur cher sorcier paraissent en livre audio, et qui ont dû patienter des mois avant de pouvoir lire en braille le tome VI ! (cf notre pétition à Gallimard Jeunesse sur le site indiqué en référence, que j'invite le plus grand nombre à signer !)
Si préjudice il y a dans le cas de ce lycéen, il est plus moral que financier, et donc on peut espérer que ni le traducteur ni ses parents n'auront d'amende à payer. Si le contraire advenait, là ce serait grave et il y aurait de quoi s'indigner !
La pétition résultant de l'article de Libération s'indigne des "poursuites" engagées contre le jeune Aixois. S'il n'y a pas de plainte, il n'y a pas de poursuites. S'il n'y a pas de poursuites, l'objet de la pétition tombe de lui-même !
Je ne la signerai donc pas dans sa forme actuelle.
Mais s'il advient qu'il y ait une suite fâcheuse pour ce jeune homme, là je changerai d'avis, car je considère que traduire bénévolement un ouvrage (que l'on a acheté dans sa langue originale évidemment) pour le faire partager sans profit n'est pas un délit.
Si vous répondez à ce message, merci de le faire de préférence via notre e-mail, car je n'ai guère le temps de lire les forums en ligne.
Et merci aussi à ceux qui signeront notre pétition.

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