Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Quelques mots sur l'affaire Orelsan

Ça me déman­­geait depuis quel­­ques mois de par­­ler de cette affaire. Sa nou­­velle jeu­­nesse cha­­ren­­taise m’en four­­nit l’occa­­sion.

Ainsi, les Tar­­tuf­­fes sont lâchés de nou­­veau, et encore une fois, une liberté fon­­da­­men­­tale est fou­­lée du pied au nom des meilleu­­res cau­­ses. Et vous êtes priés d’applau­­dir.

Vous ne con­­nais­­sez pro­­ba­­ble­­ment pas Auré­­lien Coten­­tin. C’est un chan­­teur de rap, qui a pris le nom de scène d’Orel­­san. Il a sorti au début de l’année son pre­­mier album, Perdu d’avance.

Le rap est une forme d’expres­­sion artis­­ti­­que appa­­rue aux États-Unis au début des années 80, même si ses raci­­nes remon­­tent au blues. Il a évo­­lué avec le temps mais aujourd’hui pri­­vi­­lé­­gie un style décla­­ma­­toire plus que chanté, mais sur un rythme mar­­telé se mariant à une musi­­que où la part belle est faite aux per­­cus­­sions. La musi­­que est véri­­ta­­ble­­ment un sim­­ple sup­­port du texte qui est l’élé­­ment cen­­tral. L’impro­­vi­­sa­­tion est une tech­­ni­­que que se doit de maî­­tri­­ser tout rap­­peur qui se res­­pecte. C’est une musi­­que popu­­laire au sens pre­mier du terme car elle ne néces­­site pas de savoir par­­ti­­cu­­liè­­re­­ment bien chan­­ter ni jouer d’un ins­­tru­­ment (le rap uti­­lise abon­­dam­­ment des musi­­ques déjà exis­­tan­­tes dont cer­­tai­­nes phra­­ses sont extrai­­tes pour être sam­­plées c’est-à-dire tour­­ner en bou­­cle sur le fond ryth­­mi­­que pour don­­ner à la chan­­son un cachet uni­que.

Voici trois exem­­ples de chan­­sons repri­­ses dans des chan­­sons de rap, ladite chan­­son la sui­­vant immé­­dia­­te­­ment. Mon­­tez le son, c’est les vacan­­ces. Notez comme les per­cus­sions pren­nent le des­sus dans Walk This Way, par rap­port aux gui­ta­res de la ver­sion rock.

L’aspect musi­cal étant secon­daire, ce qui en veut pas dire qu’il est négligé, le rap se con­cen­tre donc sur les paro­les. Oui, le rap, ce sont des chan­sons à texte : cha­que chan­son raconte une his­toire.

S’agis­sant d’une forme popu­laire très à la mode dans ce qu’on appelle « les ban­lieues » pour ne pas se deman­der ce que c’est exac­te­ment, ces chan­sons racon­tent des his­toi­res de ces quar­tiers dif­fi­ci­les où il fait bon ne pas vivre, avec les mots des per­son­nes y ayant grandi. Et dans les ver­sions se vou­lant les plus dures, on y parle en mots crus dro­gue et vio­lence, on n’y aime pas la police, et on est obsédé par le sexe. Mais tout y est rap­port de force, comme dans la vie quo­ti­dienne de ces vil­les, y com­pris l’amour. Con­fes­ser ses sen­ti­ments, c’est con­fes­ser sa fai­blesse. Alors l’amour y est com­bat, et ven­geance quand il prend fin. Le rap est sexiste, sans nul doute. Mais il n’est, comme tout art, que le reflet de la vie. Et sur­tout, sur­tout, le rap repose sur de la pro­vo­ca­tion. Il faut être le pre­mier à dire les pires cho­ses pour se faire cette répu­ta­tion de mau­vais gar­çon qui seul assu­rera le res­pect et le suc­cès du groupe auprès des “vrais” fans. MC Solaar, s’il fait dan­ser aux Plan­ches, fait rica­ner à Gri­gny.

Reve­nons-en à Orel­san. Son album con­tient une chan­son qui va faire scan­dale, vous allez aisé­ment com­pren­dre pour­quoi. Elle est inti­tu­lée “Sale Pute”. Le thème est sim­ple : un gar­çon qui aimait une fille décou­vre acci­den­tel­le­ment qu’elle le trompe et l’amour se trans­forme en haine. Sha­kes­peare a traité ce thème dans Othello, sauf que la trom­pe­rie était ima­gi­naire, mais elle abou­tit à la mort. 

Rien de tel ici, le chan­teur débite une logor­rhée d’impré­ca­tions à l’encon­tre de la belle volage. Les paro­les sont crues, bru­ta­les et vio­len­tes. Vous pou­vez écou­ter ici, vous êtes pré­ve­nus.

Je recon­nais que ce n’est pas du Ron­sard. Cela dit, une rap­peuse se pré­ten­dant celle visée par la chan­son a mon­tré qu’elle pou­vait répon­dre sur le même regis­tre, ce qui cette fois fait applau­dir les Chien­nes de gar­des. Comme quoi ce n’est pas un pro­blème de mots, mais de camp.

Je ne sais com­ment un dis­que de rap a atterri sur les pla­ti­nes d’âmes aussi bon­nes que sen­si­bles, mais ce texte a déchaîné des pas­sions. Sur inter­net, chez nom­bre de blogs fémi­nis­tes, avec appel à péti­tion auprès du Prin­temps de Bour­ges, ou Orel­san devait se pro­duire, polé­mi­que reprise par des poli­ti­ques, Chris­tine Alba­nel, minis­tre de la cul­ture, dont on sait l’amour pour la liberté d’expres­sion, Marie-Geor­ges Buf­fet, pre­mier secré­taire du Parti Com­mu­niste qui lui aussi s’est illus­tré sur ce front, et Valé­rie Létard, secré­taire d’État à la soli­da­rité, qui a appelé les plate-for­mes de vidéo en ligne à la « res­pon­sa­bi­lité », façon de dire qu’elle ne pren­drait pas les sien­nes, en leur deman­dant d’ôter ce clip. Dieu merci, elle n’a pas été écou­tée.

Orel­san a tenté de désa­mor­cer la polé­mi­que, en publiant un com­mu­ni­qué apai­sant :

cette œuvre de fic­tion a été créée dans des con­di­tions très spé­ci­fi­ques rela­ti­ves à une rup­ture sen­ti­men­tale” : “En aucun cas ce texte n’est une let­tre de mena­ces, une pro­messe de vio­lence ou une apo­lo­gie du pas­sage à l’acte, pour­suit le com­mu­ni­qué. Cons­cient que cette chan­son puisse heur­ter, Orel­san a décidé il y a quel­ques mois de ne pas la faire figu­rer dans son album ni dans ses con­certs, ne sou­hai­tant l’impo­ser à per­sonne”.

Hélas, il en va en poli­ti­que comme dans les ban­lieues, un aveu de fai­blesse déclen­che la curée. On pou­vait faire ployer ce jeune homme mal élevé ? Nul besoin d’enga­ger une hasar­deuse action en jus­tice, tous les moyens sont bons pour par­ti­ci­per au triom­phe du poli­ti­que­ment cor­rect. Ultime épi­sode : Ségo­lène Royal qui fait pres­sion sur le fes­ti­val des Fran­co­fo­lies de la Rochelle, avec sem­ble-t-il un chan­tage aux sub­ven­tions sur la direc­tion, la pré­si­dente de la région mena­çant de remet­tre en cause les 400.000 euros de sub­ven­tions annuel­les que la région verse au fes­ti­val si le rap­peur s’y pro­dui­sait. Vous aurez noté qu’Orel­san avait d’ores et déjà retiré cette chan­son de son réper­toire : il était donc hors de ques­tion que le chan­teur chan­tât cette chan­son. Peu importe, tout comme il importe peu que ce chan­tage aux sub­ven­tion excède les pou­voirs de la pré­si­dente en ce que le pou­voir bud­gé­taire appar­tient au Con­seil Régio­nal. Quand on veut cen­su­rer, qu’importe le res­pect dû à la loi.

Et la polé­mi­que entre pro- et anti-Orel­san fait rage.

Alors que les cho­ses soient clai­res. Cette polé­mi­que, je me refuse à y par­ti­ci­per.

Parce qu’il n’y en a pas. Ce qui s’est passé porte un nom : la cen­sure. C’est inac­cep­ta­ble, et je ne vois pas quel argu­ment par­vien­drait à me con­vain­cre que la liberté d’expres­sion serait réservé à un art approuvé, un art offi­ciel. Dès lors, ce qu’il chante m’est indif­fé­rent.

Orel­san est un chan­teur. Qu’il chante ce qu’il sou­haite. Ça ne vous plaît pas ? À moi non plus. Per­sonne ne vous oblige à l’écou­ter. Rien ne vous auto­rise à le con­train­dre à se taire.

Inter­dire un chan­teur, ça s’est déjà vu. On trouve tou­jours d’excel­len­tes rai­sons pour le faire. Boris Vian s’est vu empê­cher de chan­ter sa chan­son le Déser­teur. Bras­sens a scan­da­lisé avec son gorille qui sodo­mise un juge. Aujourd’hui, tous les magis­trats chan­ton­nent cette chan­son en pouf­fant en ima­gi­nant leur pre­mier pré­si­dent ou leur pro­cu­reur géné­ral entre les pat­tes du pri­mate.

— Mais Orel­san n’est pas Vian ou Bras­sens, me dira-t-on.

Je ne le crois pas non plus, mais la ques­tion n’est pas là. La liberté d’expres­sion n’est pas sou­mise à une con­di­tion de mérite de l’œuvre. Mérite qui était nié à Bras­sens et à Vian en leur temps, d’ailleurs. La nou­veauté est que cette fois, c’est l’État décen­tra­lisé qui est inter­venu pour obte­nir cette cen­sure alors que Vian, c’était des anciens com­bat­tants agis­sants de leur pro­pre chef, avec une pas­si­vité com­plice des auto­ri­tés. En ce sens, ce qui se passe est pire encore.

— Mais ses paro­les sont dis­cri­mi­na­toi­res et appel­lent à la vio­lence con­tre les fem­mes, ajou­tera-t-on.

Ah ? Mais alors, por­tez plainte, c’est un délit. Allez en jus­tice, obte­nez sa con­dam­na­tion. Mais non, per­sonne ne le fera, car la vérité est que ces paro­les ne tom­bent pas sous le coup de la loi. Il ne dit pas que tou­tes les fem­mes sont des sales putes, mais que la copine ima­gi­naire du per­son­nage tout aussi ima­gi­naire qui chante en est une car elle le trompe. Et tout le monde se sou­vient des déboi­res de l’ancien minis­tre de l’inté­rieur qui a tenté de faire con­dam­ner Hamé, chan­teur du groupe La Rumeur qui avait accusé la police de se livrer à des vio­len­ces. Un fiasco : relaxe, con­fir­mée en appel, sous les applau­dis­se­ments de la cour de cas­sa­tion. Les poli­ti­ques ont com­pris qu’il ne fal­lait pas comt­per sur les juges pour se prê­ter à ces bas­ses-œuvres.

— Eh bien pour légal que ce soit, ça n’en est pas moins scan­da­leux.

Oui, c’est le but. Et d’ailleurs, en cher­chant un peu, vous trou­ve­rez pire (à tout point de vue). Le groupe TTC par exem­ple. Les chan­teu­ses de rap ne sont pas en reste, Yelle ayant connu un grand suc­cès en répon­dant à Cui­zi­nier, chan­teur du groupe TTC sus-nommé. Un grand moment de poé­sie.

Cui­zi­nier avec ton petit sexe entoure de poils roux
Je n’arrive pas a croire que tu puis­ses croire qu’on veuille de toi
Je n’y crois pas même dans le noir, même si tu gar­des ton pyjama
  Mêmesi tu gar­des ton pei­gnoir, en forme de tee-shirt rin­gard
Garde ta che­mise ça limi­tera les dégâts bataaaaaaaard


Je veux te voir
Dans un film por­no­gra­phi­que
En action avec ta bite
Forme pota­toes ou bien fri­tes
Pour tout savoir
Sur ton ana­to­mie
Sur ton cou­sin Teki
Et vos acces­soi­res feti­ches

Rin­gard, bataaaaaaard, bite, frite : les rimes sont pau­vres.

Le rap, c’est ça aussi. Pas seu­le­ment ça, mais ça en fait par­tie. Et je prie pour que ceux qu’Orel­san épou­vante ne décou­vrent jamais l’exis­tence du Death Metal.

Per­sonne n’est obligé d’écou­ter, nul n’a à inter­dire.

Car c’est quel­que chose qu’on ne répé­tera jamais assez. La liberté d’expres­sion est tou­jours la pre­mière atta­quée, parce que c’est la plus fra­gile. Il y a tou­jours une bonne cause qui jus­ti­fie que ÇA, non, déci­dé­ment, on ne peut pas le lais­ser dire. Le res­pect dû aux morts tués à l’ennemi, le res­pect dû à la jus­tice, le res­pect dû à la femme. Tout ça, ça l’emporte sur le res­pect dû à la liberté, cette sale pute. Et les attein­tes qu’elle a d’ores et déjà subies, au nom de cau­ses infi­ni­ment nobles (comme la lutte con­tre le néga­tio­nisme), me parais­sent déjà exces­si­ves.

Lais­sez tom­ber Orel­san, et un jour, c’est votre dis­cours qui déran­gera.

Les Révo­lu­tion­nai­res l’ont dit il y a pres­que 220 ans jour pour jour :

La libre com­mu­ni­ca­tion des pen­sées et des opi­nions est un des droits les plus pré­cieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc par­ler, écrire, impri­mer libre­ment, sauf à répon­dre de l’abus de cette liberté, dans les cas déter­mi­nés par la Loi.

Ils l’ont écrit à une épo­que où tout texte, pour paraî­tre et être repré­senté publi­que­ment, devait au préa­la­ble être approuvé par le Roi. C’est cette auto­ri­sa­tion qui s’appe­lait la Cen­sure. Et c’est exac­te­ment cela que ce com­por­te­ment vise à réta­blir. Alors peut-être que des fémi­nis­tes, des mili­tants des droits des fem­mes trou­ve­ront que leur cause, qui est bonne, est tel­le­ment bonne qu’elle jus­ti­fie ce réta­blis­se­ment.

Qu’ils sachent qu’ils me trou­ve­ront tou­jours sur leur che­min pour leur bar­rer la route. Aux côtés d’Orel­san.

À con­di­tion qu’il ne chante pas.

La discussion continue ailleurs

1. Le Mardi 21 juillet 2009, 13:57 par Morbleu !

Quelques mots sur l'affaire Orelsan - Journal d'un avocat

Les Révo­lu­tion­nai­res l’ont dit il y a pres­que 220 ans jour pour jour : La libre com­mu­ni­ca­tion des pen­sées et des opi­nions est un des droits les plus pré­cieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc par­ler, écrire, impri­mer libre­ment, sauf à...

2. Le Mercredi 22 juillet 2009, 14:11 par La vie est mal configurée.

Orelsan et les gens influençables

Le rappeur Orelsan a été déprogrammé des Francofolies. J'avoue un certain amusement devant la querelle politique suscité par cette déprogrammation, où l'on voit une partie de la « gauche » jouer les [mp]ères la morale et......

Commentaires

1. Le Mardi 21 juillet 2009 à 03:39 par Vini

Je suis à vos côtés et à ceux d’Orelsan mais voilà pour le death metal :

http://www-v3.deezer.com/listen-795…

2. Le Mardi 21 juillet 2009 à 03:45 par J.F.Sebastian

Un exercice intéressant serait de faire une courbe des ventes d’albums d’Orelsan, et de voir l’impact qu’a eu Ségolène Royal sur celles-ci…

Concernant le passage sur les liens entre rap et banlieues : notons quand même qu’Orelsan est né à Caen (Calvados en force).

Ceci dit, ne pas être issu du 93 n’est pas forcément un obstacle au talent : voici une preuve en musique avec “Sous le signe du V”, un titre de Fuzati, originaire de… Versailles (!).
http://www.youtube.com/watch?v=A8Mm…
La chanson par d’ailleurs de cette ville… et on savourera les paroles.

Bref, tout ça pour dire que le rap, ça peut être très bien, quand l’artiste a du talent.

3. Le Mardi 21 juillet 2009 à 03:53 par tshirtman

c’est vrai qu’avec “cannibal corpses”, Orelsan fait petit joueur… mais bon c’est loin d’être représentatif du death métal quand même.

sinon sur le fond du billet je suis tout à fait d’accords.

Les limites de la liberté d’expressions sont un sujet très passionel (amusez vous a trouver les limites sur un sujet comme le nazisme ou la pédophilie, pour condamner tout le monde est là mais pour discuter posément de la réalité y’a plus personne, et tout le monde fera de son mieux pour vous faire taire, même pour des propos qui ne tombent pas sous le coup de la loi).

enfin je digresses, et je m’en voudrais si quelqu’un réponds à mes exemples et non au fond de mon message (n’hésitez pas sur troll détector ^^), qui est que poser des limites à cette liberté doit se faire la main tremblante, ou pas, malgrès les passions qu’un texte peu déclencher.

4. Le Mardi 21 juillet 2009 à 03:56 par Stol

Cher maitre, c’est certainement le billet que j’aurai le plus apprécié sur ce blog. Concis et fondamental.

La défense de la liberté d’expression devrait être, sous couvert bien entendu de “cas déter­mi­nés par la Loi”, un sujet primordial de préoccupation pour toute personne intéressée par la politique et la liberté.

Je me permets de citer la dernière phrase d’un célèbre chant qui me vient à l’esprit lorsqu’on parle de liberté.

“Chantons compagnie, dans la nuit, la liberté nous écoute…”

5. Le Mardi 21 juillet 2009 à 04:01 par Louis

“Et les attein­tes qu’elle - la liberté - a d’ores et déjà subies, au nom de cau­ses infi­ni­ment nobles (comme la lutte con­tre le néga­tio­nisme), me parais­sent déjà exces­si­ves.”

Vous “paraissent”, seulement ?
Vous êtes bien prudent.

Louis

6. Le Mardi 21 juillet 2009 à 04:17 par Ziad

Tres bien maitre… tres bon billet, as usual. Mais que peut faire l’auteur en question ??? Peut etre que sur cet episode, ses ventes ont augmente, et j’en doute. Mais maintenant, peut il faire qqchose contre Albanel, Royal et compagnie ? Ou juste fermer sa gueule et faire du MC Solaar ?

7. Le Mardi 21 juillet 2009 à 04:17 par Valéry

Cette affaire me semble représentative du réflexe autoritariste de la société française et du peu de respect dans lequel on tiens les libertés individuelles et notamment le droit des minorités quelles qu’elles soient. Au final il s’agit d’un réflexe jacobin, d’une morale “républicaine” majoritaire que l’on impose aux dépens de ceux qui ne se conforment pas au bon goût communément admis. Au final, cette affaire me semble rejoindre la cohorte d’affaires du même type constatées en France, comme celle du mariage annulé ou de la Burqa ou dans un autre domaine des lois anti-tabac (qui ne prennent pas la peine d’aménager des espaces de liberté aux fumeurs).

La faute de Mme Royal a en outre eu pour conséquence que la droite en a profité pour tenter de se refaire une virginité en matière de libertés, en se positionnant en défenseurs de la liberté d’expression, ce qui est cocasse vu le passif du pouvoir sur le sujet.

8. Le Mardi 21 juillet 2009 à 04:39 par Mathaf Hacker

Ce n’est pas du Ronsard ; “Aujourdhui ce qui ne vaut la peine d’être dit, on le chante” (Beaumarchais).

9. Le Mardi 21 juillet 2009 à 04:41 par Usableblock

Notre nouveau ministre de la culture n’a pas dit autre chose :
“Je trouve toute cette polémique tout à fait ridicule. Orelsan exprime le dépit amoureux, avec des termes qui ne sont pas les miens, moi je ne parle pas exactement la même langue, mais il a tout à fait le droit de l’exprimer”
“Je ne trouve rien de choquant ni de répréhensible à la manière dont il le chante”, a-t-il renchéri, en ajoutant que “Rimbaud a écrit des choses bien plus violentes et qui sont devenues des classiques”.
“Je ne sais pas si les chansons d’Orelsan deviendront des classiques, mais en tout cas ce qui est certain c’est que c’est beaucoup d’agitation pour rien et qu’il a le droit tout à fait légitime de composer sa chanson et de la chanter où il veut”

” … Mais le temps passe et fauche à l’aveuglette
Notre amour mûrissait à peine que déjà
Tu brûlais mes chansons, crachais sur mes violettes
Et faisais des misères à mes chats

Ah ah ah ah putain de toi
Ah ah ah ah ah ah pauvre de moi

Le comble enfin, misérable salope
Comme il ne restait plus rien dans le garde-manger
T’as couru sans vergogne, et pour une escalope
Te jeter dans le lit du boucher… “
Georges Brassens

10. Le Mardi 21 juillet 2009 à 04:54 par alexandre

Je ne suis pas d’accord, le festival des Francofolies n’est pas une institution étatique. Je vois mal où est l’atteinte à la liberté d’expression. Et Orselan n’est pas un chanteur interdit.

“En aucun cas ce texte n’est une let­tre de mena­ces, une pro­messe de vio­lence ou une apo­lo­gie du pas­sage à l’acte”

En tout cas, il en a la forme, et seule cette précision d’Orselan peut nous indiquer qu’il n’en est rien.

Eolas:
Vous recevez votre courrier chez votre disquaire ?

Vous allez me dire, mais c’est une chanson, ce serait totalement stupide de chanter publiquement une lettre de menace. Mais aux Etats Unis la rivalité east coast contre west coast a d’abord été chantée avant d’aboutir a des meurtres.

Eolas:
Non. Le rap sert de support aux rivalités entre bandes rivales. Mais quand les armes parlent, ce n’est pas pour décider qui a fait le meilleur ver iambique.

Orselan lui même dit que ce texte fait référence à une situation précise et réelle de sa vie sentimentale. Imaginez vous à la place de la sale pute, et relisez le texte de la chanson.

Eolas:
Il faudrait donc que les chansons ne choquassent personne pour passer la censure ? 

11. Le Mardi 21 juillet 2009 à 05:10 par J.F.Sebastian

Orselan lui même dit que ce texte fait référence à une situation précise et réelle de sa vie sentimentale. Imaginez vous à la place de la sale pute, et relisez le texte de la chanson.
Ce qui confirme donc que le texte vise une femme en particulier, pas les femmes en général.

Et la “sale pute” visée peut très bien prendre un avocat et porter plainte pour menaces de mort sans l’aide de Ségolène Royal.

Eolas:
Une telle plainte n’aurait aucune chance d’aboutir, aucun élément ne permettant d’identifier cette jeune fille, le fait que les menaces, à suposer qu’elles fussent réelles, la visassent elle n’est pas établi.

12. Le Mardi 21 juillet 2009 à 05:22 par Tom-

J’aime pas Royal. Ma signature devrait vous suffire à vous convaincre des sentiments que je peux éprouver vis-à-vis de la dame mais votre liberté d’expression ne vous autorise pas pour autant à raconter n’importe quoi. En l’occurance, ça :
Ultime épi­sode : Ségo­lène Royal qui fait pres­sion sur le fes­ti­val des Fran­co­fo­lies de la Rochelle, avec sem­ble-t-il un chan­tage aux sub­ven­tions sur la direc­tion, la pré­si­dente de la région mena­çant de remet­tre en cause les 400.000 euros de sub­ven­tions annuel­les que la région verse au fes­ti­val si le rap­peur s’y pro­dui­sait.
Ca a été démenti par Mme Royal. Ce sont les propos d’un soutien de l’UMP, http://d.morvant.ump.larochelle-re….
par ailleurs ancien directeur du festival.
Il y a une prise de position politique de Royal sur ce qu’exprime ce rappeur. Point barre. Pas de censure à l’horizon.

Eolas:
Ah, bon ? Le directeur du festival a donc déprogrammé l’artiste (tout en affirmant qu’il n’avait jamais été programmé, sa présence sur les affiches étant juste un pense-bête), touché par la grâce, à moins qu’il n’ait découvert ces paroles que 3 mois après la polémique ? Ça doit être ça. Jamais un élu ne ferait un chantage aux subventions. Et s’il le faisait, il l’admettrait. D’ailleurs, si un UMP le dit, c’est ce que c’est faux : c’est un PS qui vous le dit.

Sauf que zut alors : « “En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n’ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes (…)”

(source : http://www.sudouest.com/accueil/act…) »

Et maintenant, si vous vous figurez qu’au prétexte qu’on est artiste, les politiques n’ont pas à interroger de façon tout-à-fait sérieuse des propos qui, qu’on le veuille ou pas ont une incidence sur la politique, c’est faire preuve de beaucoup de mépris pour le rôle de la culture dans la vie de la cité.

Eolas:
Interroger, oui. Interdire, non. Jurisprudence ministre de l’intérieur c) La Rumeur. Voir la gauche faire du Sarkozy pourrait faire sourire s’il ne s’agissait de censure.

Si vous aviez envie de vous faire un exercice de pensée conforme, maître, vous auriez mieux fait d’essayer autre chose. Y a malheureusement ni foot, ni rugby ; essayez le tour de France.

Eolas:
Visiblement, j’ai trouvé un maître.

13. Le Mardi 21 juillet 2009 à 05:34 par PrometheeFeu

Maître, merci milles fois. Il est trop facile d’oublier que la liberté d’expression n’est pas que la protection de ce qu’on considère comme “décent” ou “correcte” ou “convenable.” Il est trop difficile de rappeler aux supporters de Gayssot ou Taubira que demain, ce sera leurs paroles ou leurs croyances qui seront “inacceptables,” “malfaisantes” ou “irrespectueuses.” Et c’est un rôle ingrat que de vouloir protéger la liberté de ceux qui expriment une opinion qu’on ne partage pas. Merci encore.

14. Le Mardi 21 juillet 2009 à 05:40 par alexandre

“Et la “sale pute” visée peut très bien prendre un avocat et porter plainte pour menaces de mort sans l’aide de Ségolène Royal.”

Certes, je ne dis pas que Orelsan mérite d’être embastillé pour son texte.

Je dis juste qu’il n’y a pas eu d’intervention de l’état pour le faire taire. Que le directeur des Francofolies a tout à fait le droit de choisir qui chante et qui ne chante pas dans son festival.

Eolas:
Donc si le nom du chanteur figurait sur le programme et les affiches et que le dircteur avait écrit à l’agent d’Orelsan pour lui confirmer qu’il était retenu, ça ne voulait pas dire qu’Orelsan allait chanter dans son festival ?

Je dis même qu’il a le droit de ne pas accepter Orelsan parcequ’il n’aime pas la chanson “Sale Pute”, même si cette chanson n’a rien d’illégale.

Eolas:
Et le fait que depuis trois mois, Orelsan ait renoncé à chanter cette chanson en concert n’a aucune importance : il pourrait la penser sur scène.

Je pense que le principe de la liberté d’expression ne protège pas de la réprobation sociale. C’est même pour cela que je suis pour une liberté d’expression beaucoup plus large qu’elle n’existe actuellement en France.

Eolas:
Réprouvez Orelsan autant que vous voulez. Pire : n’achetez pas ses disques. Mais ne l’interdisez pas de scène.

Je comprend que l’absence de distance et de contexte humoristique dans la chanson “Sale Pute” expose Orelsan à l’ostracisme. Et j’ai plutôt l’impression que, de ce point de vue, le fait que la chanson vise une femme en particulier est un facteur aggravant (ça va dans le sens de l’absence de distance).

Eolas:
Je crois que ce n’est pas demain qu’un rappeur narrera sa rupture avec son petit ami. 

Selon le même principe, dans un autre ordre de grandeur, je suis pour que Faurisson ait le droit d’exprimer ses thèses, mais je comprendrais parfaitement qu’on ne l’invitasse pas à la télé et à la radio à chaque fois qu’il y a une émission sur la shoah.

Eolas:
Encore une fois, il y a eu intervention pour contraindre un directeur de festival à revenir sur sa décision, à cause d’une chanson qui n’est plus au répertoire du chanteur. 

15. Le Mardi 21 juillet 2009 à 05:43 par J'enracine

Juste pour défendre la damoiselle dont j’oublie le nom : ringard/batard bite/frite ne sont pas des rimes pauvres mais des rimes tout à fait suffisantes et parfaitement admissibles par la poésie classique.
Bon, les termes ne sont pas très nobles, mais c’est une autre histoire.

(Tant qu’on y est, y a une coquille dans le 4e paragraphe : “au sens primer du terme”)

16. Le Mardi 21 juillet 2009 à 06:17 par doudou

merci une fois de plus pour ce rappel fondamental :la liberté d’expression ne se module pas à l’aune de la démagogie politique ou autre et je vois très bien un jeune(une?) substitut tancé pour une boulette fredonnant devant son chef chéri “gare au gorille”

17. Le Mardi 21 juillet 2009 à 06:30 par françois

Il n’y a pas censure, la direction des francofolies invite qui elle veut. La comparaison avec Brassens ou Rimbaud ou Vian n’est pas pertinente car le texte d’Orelsan est particulièrement odieux et totalement dépourvu d’humour; la menace de “marietrintigner” l’ex-copine est détestable entre autres choses. Personne n’ayant rien interdit, le débat juridique semble vain et masque le vrai débat: l’image de la femme que véhicule ce texte.
De plus en plus, ici et là, les jeunes filles subissent mépris et violences de la part de gamins que la chanson d’Orelsan ne fera que conforter, hélas.

Eolas:
Et Boris Vian n’a pas été censuré, le public interrompt les chansons qu’il veut. La comparaison avec Orelsan n’est pas pertinente car le texte de Vian est particulièrement odieux et dépourvu d’humour : l’allusion à “tuers des pauvres gens” pour définir l’action militaire est détestable entre autres choses. Personne n’ayant rien interdit, le débat juridique semble vain et masque le vrai débat : l’image de l’armée et du patriotisme que véhicule ce texte.
De plu en plus, ici et là, des jeunes militaires subissent mépris  et non violence de la part de hippies que la chanson de Vian ne fera que conforter hélas.

18. Le Mardi 21 juillet 2009 à 06:31 par T-H-A

Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi on l’a interdit de festival alors même qu’il avait fait ce communiqué de presse très clair et qu’il “reniait” en quelque sorte sa chanson. Quand bien même sa chanson serait attentatoire à la liberté des femmes dans sa globalité, je ne conçois pas qu’on puisse censurer quelqu’un de la sorte. C’est un peu comme si on interdisait Jean-Marie Le Pen de plateaux télévisés à cause de la fameuse histoire du “détail” ; je suis très loin d’accepter ses idées mais si elles ne peuvent pas s’exprimer, alors on les condamne à la clandestinité et on supprime tout débat.

Tout ça pour dire que si cette chanson est pénalement répréhensible, que son auteur soit poursuivi, mais pas s’il s’abstient de la chanter …

19. Le Mardi 21 juillet 2009 à 06:37 par arbolito

Un festival qui fonctionne avec des fonds publics, c’est pas non plus une petite fête privée entre gens bien !
Que la censure soit exercée par des responsables politiques ou des responsables médiatiques (sous pression politique) ne change rien : c’est de la censure.

20. Le Mardi 21 juillet 2009 à 07:02 par Jacob

@François et Alexandre.
Nous sommes bien d’accord, la direction des Francofolies invite absolument qui elle veut.
Et elle avait bien invité Orelsan, puis l’a déprogrammé, manifestement sous la pression.

Si vous avez bien lu le billet de Maître Eolas, il ne chante pas cette chanson sur scène, et elle ne figure pas sur son album (qui si j’ai bien suivi les actualités a été retiré des médiathèques parisienne).

21. Le Mardi 21 juillet 2009 à 07:08 par Mathaf Hacker

Pas très créative Yelle : “bite,frite” c’est pour Quick ou Mc Dildo ?

22. Le Mardi 21 juillet 2009 à 07:12 par Ioune

Je vais être très simpliciste et très ringarde…mais SI Orlesan avait été une femme et chantait cela sur son ex- copain, la violence des paroles aurait entrainé une réaction encore plus importante de la part de notre cher Etat.

Eolas:
Pourriez-vous élaborer un peu cette affirmation ? Et en profiter pour m’indiquer la réaction de l’État face à la chanson “tais toi, nettoire” d’Agonie ?

Alors oui l’Etat n’a pas à se mêler des questions de société mais censurer Orlesan était surement plus important que d’exprimer le regret de la société pour Fatima 22 ans qui s’est fait tuer par son frère qui ne supportait pas qu’elle soit libre (Lyon, il y a 1-2 semaines environ) …

Eolas:
Le frère a-t-il déclaré qu’il a tué sa sœur après avoir écouté Orelsan ? Ou Orelsan chante-t-il une violence qui existe et qu’il n’a certainement pas inventé ?

On le sait tous “la violence des paroles entraine la violence des actes” et “proteger les gens des chanteurs est plus important que les proteger tout court”,non?

Eolas:
Non, non, NON, NON ! Comment pouvez-vous écrire qu’il faille protéger qui que ce soit des chanteurs ? Vous connaissez une personne morte sous les coups des douze pieds d’un alexandrins ? Assommée par une rime ? Occise par un sonnet, mutilée par par une allitération ? Faut-il donc un permis de port d’arme pour écrire un pantoum ?

23. Le Mardi 21 juillet 2009 à 07:20 par Moi

Détail technique:

Je vous signale que le lecteur Jiva ne fonctionnne qu’à l’interieur du territoire francais.

J’observe donc une étrange contradiction entre la banderole de bienvenue et cette exclusion technique.

Eolas:
Je ne suis pas propriétaire du logiciel de jiwa, la banderolles ne concerne que MES logiciels. Et je respecte le droit d’auteur qui m’interdit de diffuser ces œuvres au-delà de ce que l’ayant droit a autorisé.

24. Le Mardi 21 juillet 2009 à 07:37 par Aeriscors

En bon libéral je vous suis maitre. Je nuancerait simplement : le coeur du problème était un “chantage à subventions”, dont nous n’avons pas les détails, de la présidente du conseil régional local.
Et la cela change quelques petites choses : si il est hors de question d’interdire à ce chanteur de s’exprimer, on peu aussi admettre qu’un politique refuse de subventionner un tel concert, c’est assez différent d’une censure et bien plus compréhensible. Entre interdire un chanteur et le soutenir, il y a un juste milieu qui consiste à le laisser parler sans l’aider financièrement.
Ceci étant la dite chanson n’était pas destinée à être chantée à ce festival, ce qui enlève, je l’admet bien de la portée à cet argument.

Eolas:
Permettez-moi de l’achever. Subventionner un festival n’implique pas que l’autorité acquière un droit de regard sur ce qui s’y fait. l’art n’existe pas sans liberté (ou alors, suprimez le festival d’Avignon, . Ou alors, un festival subventionné par une collectivité UMP n’invitera que Johnny Halliday, Doc Gynéco, Didier Barbelivien et Michel Sardou ? Cela pose plus largement le problème de la subvention : est-ce vraiment aux producteurs de beurre de Surgères de sponsoriser les vacances des parisiens en leur offrant des spectacles à coût réduit ?

25. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:01 par Vince

Opeth, Neurosis, Tribes of Neurot, Deathspell Omega, Sunn O, Obtained Enslavement, Cannibal Corpse…

Certaines âmes pures se crèveraient certainement les tympans après avoir écouté le dixième des compositions de ces gentils groupes de musique “un peu sombre”.
Un site pour les connaître (entre autres) ? gutsofdarkness !

Et pour ceux que les paroles choquent (ou pour ceux qui ne font pas l’effort d’essayer de comprendre ce qui est dit ou chanté car souvent dans une langue barbare et incompréhensible (l’anglais “5octaves sous terre”), essayez plutôt du Tom Waits.

26. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:02 par Vince

P.S. : On me rapporte que les âmes n’ont pas de tympans…
Est-ce grave ? Certaines personnes sont bien dépourvues de tout goût musical.

27. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:05 par Statler

On peut également s’épater de ce qui est paradoxalement toléré (ce que je ne déplore pas, au contraire, étant amateur de hip-hop) venant des Etats-Unis en manière de rap. Sous prétexte que personne ne comprend rien à l’anglais, on ne s’est pas trop demandé ce que disaient des gens comme Snoop Dogg depuis 15 ans.

Ce qui est à noter dans le cas d’OrelSan et de “Sale Pute”, c’est que selon ses propos la chanson n’est pas détachable de la vidéo. On fêtera l’an prochain les cinquante ans du scopitone, la morale n’a toujours pas compris que dans un clip on peut allier musique et vidéo…

Au final, ayons une petite pensée libérale : au moins Yelle proposait autre chose (de bien plus nul que TTC, certes…) pour contrer ce qui la dérangeait chez Cuizi et Teki, au lieu de demander l’interdiction.

Eolas:
Plus nul que TTC, vous trouvez ? 

Et puis comme il le dit lui-même :
“Les p’tits croient qu’la télé c’est la réalité
Mais leurs stars pré-fabriquées r’tournent vite à la précarité”

28. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:05 par Natoussia

Cher Eolas, la féministe que je suis est déchirée par cette affaire, et “je sens en deux parties mon esprit divisé”. Cependant, puisque tout le monde donne son avis, je dirai qu’effectivement, mieux vaut laisser le petit se ridiculiser tout seul et raconter ses bêtises dans son coin plutôt que d’essayer de l’en empêcher, ce qui va lui donner envie de recommencer en pire.

Bon, je ne me lancerai pas dans de grandes envolées lyriques sur la liberté d’expression, mais j’aurai aimé que vous répondiez à l’argument des féministes, qui n’a pas grand chose à voir avec le droit, mais qui dit que dans cette même chanson, vous remplacez “pute” par “negre” ou “feuj”, et vous avez des chances de l’obtenir, votre censure, sous les applaudissements de toute la classe politique. Qui, du coup, n’a plus grand chose à faire de la liberté dexpression.

En tout cas je vous remercie d’avoir argumenté sans trop chercher à rabaisser les féministes, contrairement à beaucoup de gens qui pensent comme vous.

Eolas:
Je ne suis pas l’ennemi des féministes, mais des enragés, les deux n’étant hélas pas incompatible. Le féminisme est une cause noble, il suffit pour le réaliser de penser au statut de la femme il y a même pas un siècle : elle ne pouvait exercer de profession ou ouvrir un compte bancaire sans l’accord de son mari (supprimé en 1965), elle devenait incapable dès qu’elle se mariait (supprimé en 1938), elle ne pouvait voter (supprimé en 1944), etc. Ce que le féminisme a apporté en un siècle est époustouflant et impose le respect.

Que certaines féministes, emportées par l’enthousiasme d’une si belle cause, croient pouvoir interdire ce qui semble aller à son encontre est trahir cet idéal de liberté et d’égalité. Qu’elles y parviennent est un coup de poignard à leur propre cause.

Quant à la critique que vous citez, exprimer sa haine à l’encontre d’une personne en faisant référence de manière désobligeante à sa race, ethnie, religion, nationalité et depuis peu orientation sexuelle tombe sous le coup de la loi, en effet. Mais Orelsan ne l’a pas fait. Et faire allusionau sexe féminen de sa petite amie ne tombe pas sous le coup de la loi. Dire qu’en changeant le texte, il aurait commis un délit ne démontre rien. La loi pénale est d’interprétation stricte : le législateur a entendu défendre certaines catégories restreintes de la population. Toutes les catégories rêvent de faire partie de ces happy fews dont la seule évocation fait trembler et lie les langues. C’est pour ça qu’il faut veiller à ce que ces catégories restent rares. Et les femmes, c’est la moitié de la population. J’ajouterais qu’interdire l’injure sexiste, ce serait exposer bien des féministes à des poursuites judiciaires. Dame ! Ça marche dans les deux sens : fini les termes de phallocrate qui pense avec ses gonades, resté au stade d’homme des cavernes, etc. 

On touche ici à la faiblesse essentielle de la liberté d’expression, qui impose de la protéger : bien des personnes sont prêtes à renoncer à la leur pourvu qu’on en prive leur adversaire.

29. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:12 par Chandon

Ah mais ya plein de fans de death métal ici alors ? ^_^
Si je m’attendais à ça en venant lire ce billet de bon matin… :)

30. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:14 par alexandre

“Un festival qui fonctionne avec des fonds publics, c’est pas non plus une petite fête privée entre gens bien !
Que la censure soit exercée par des responsables politiques ou des responsables médiatiques (sous pression politique) ne change rien : c’est de la censure.”

Les Francofolies est une entreprise privée, qui fonctionne certes avec des subventions, mais aussi avec des sponsors privés. Une entreprise privée agit toujours sous la pression de ses sources de financement, mais en même temps ne rend des comptes qu’à ses actionnaires (pour sa gestion), et à l’état (pour le respect de la loi).

Si vous être actionnaire vous pouvez gueuler en assemblé générale.

Si vous estimez que la loi n’a pas été respectée vous pouvez demander au maitre des lieux si un procès est possible, j’aimerai bien avoir son avis.

Si vous êtes juste choqué par cette décision vous pouvez boycotter le festival, l’exprimer sur des forums, faire savoir que vous ne voterez jamais pour Ségolène Royal, très bien.

Mais invoquer le non respect de la liberté d’expression est, à mon avis, sans fondement. Si c’était le cas, un procès devrait être possible.

Eolas:
Oui, annuler la décision du Conseil régionnal de ne pas renouveler les subventions pour détournement de pouvoir. Le jugement donnera raison au festival quelques mois après sa liquidation judiciaire pour faillite.

Ou alors, vous souhaitez que toute censure soit illégale, que tout un chacun puisse exiger de faire publier un récit pornographique dans une collection pour enfant, ou d’être invité à une nouba du CRIF pour y faire un discours anti Israel. Je ne pense pas que ce soit souhaitable.

Eolas:
Si le CRIF invitait Dieudonné pour y faire un discours, serait-ce à l’autorité publique d’intervenir pour interdire le CRIF de le faire ? La liberté d’expression n’impose rien, elle interdit d’interdire.

31. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:15 par Alain Cognitault

La vulgarite n’est pas forcement synonyme d’obscenite. Les textes cites peuvent etre consideres comme vulgaires mais la reaction des politiques et autres directeurs de conscience est obscene. Et il n’y a qu’un pas glissant entre l’obscenite et la pornographie.

Merci au maitre des lieux pour ses commentaires eclaires.

32. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:26 par Le¨Pompiste

Sans doute S Royal a t-elle démenti toute pression, mais elle est suffisamment cul-pinçé pour rendre la chose vraisemblable …d’un autre côté, le doute peut là encore lui bénéficier je pense ?
Sur un sujet politiquement proche, je ne doute pas que les récentes péripéties du dossier Dray inspirent très prochainement au Maître des Lieux un de ses délicieux billets ?

33. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:42 par didier specq

Les journalistes rencontrent souvent les mêmes difficultés: il existe des lois finalement très strictes qui encadrent l’activité journalistique (droit de réponse, atteinte à la présomption d’innocence qu’on peut faire passer en urgence devant un juge des référés, plaintes en diffamation ou pour injures, diffusion de fausses nouvelles, etc) mais, plutôt que d’utiliser l’arsenal législatif, certains parlent d’un code de déontologie revitalisé et répressif (qui bien sûr serait rédigé et appliqué, s’il y a des sanctions, par des gens qui n’ont qu’un rapport lointain avec le journalisme).

Dans le cas de ce chanteur de rap, c’est assez simple: pourquoi n’a-t-il pas le droit de raconter une rupture et de dire (à tort, à raison) que cette femme précise, dans son histoire à lui, est une salope?

Je signale à l’inverse que les textes qui disent que les hommes sont des crapules (en généralisant d’ailleurs, ce qui devrait tomber sous le coup de la loi) sont légions.

Il est vrai que, petit à petit, une idéologie (peu visible comme toutes les idéologies efficaces) s’est répandue: les femmes seraient des personnages systématiquement au dessus de tous les soupçons. Ainsi, par exemple, dans la production cinématographique récente, je ne vois que la “Vie des autres”, le film allemand de Florian Henckel von Donnersmarck qui parle de la STASI, où l’héroïne (jouée par Martina Gedeck) a un rôle clairement négatif…

On le voit actuellement en justice dans le domaine des violences conjugales. Evidemment, ce sont très largement les femmes qui sont les victimes des violences conjugales (une femme tous les trois jours en meurt mais un homme en meurt tous les quatorsze jours). Mais les juges jugeant au cas par cas des affaires embrouillées ont souvent toutes les peines du monde à examiner l’affaire contradictoirement.

C’est dur de se faire entendre quand un justiciable dit par exemple: <C’est une hystérique, elle vit à mes crochets, elle m’a frappée, c’est elle qui a commencé, je n’ai fait que la repousser>. Or, c’est pafois vrai. D’ailleurs, certains, y compris chez les magistrats, ne disent plus violences conjugales mais violences faites aux femmes.

Tout ça pour dire que je ne vois pas en quoi les paroles d’Orelsan sont plus scandaleuses que celles, par exemple, de Baudelaire.

34. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:42 par Vincere

Quelqu’un de plus averti que moi aurait-il la bonté de m’indiquer (nous indiquer ?) “…sauf à répon­dre de l’abus de cette liberté, dans les cas déter­mi­nés par la Loi.” quels sont ces cas déterminés par la loi.

En vous remerciant par avance.

35. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:44 par Ferdydurke

@ françois en 2

L’image de la femme? J’en connais certaines que j’aime, d’autres que je déteste, d’autres qui m’indiffèrent. Certaines dont j’admire ce qu’elles font, certaines dont je désapprouve les moyens employés, certaines qui m’em***dent (qui sont les mêmes que celles que j’admire, le plus souvent…), et cetera. La réciproque étant valable, soyez en certain.
L’image de la femme, je ne sais pas ce que cela veut dire : c’est un concept complètement subjectif aussi fourre-tout que celui de banlieue. Celles que j’admire sont-elles admirables pour autant? Celles que j’aime sont-elles aimables pour autant? Celles qui m’em***dent sont-elles des em***deuses pour autant?

Entre la chef d’entreprise au comportement autoritaire et la salariée qui se heurte désespérément au plafond de verre, entre la femme qui s’oppose et dit non et celle qui subit coups et insultes, l’image de la femme me parait être une notion floue et propre sur elle dont je crois qu’elle évite surtout la confrontation directe à des réalités aussi dures que quotidiennes.

Personnellement je trouve la chanson d’Orelsan parfaitement insultante. Cependant, outre qu’il dispose de sa liberté d’expression, d’une part je préfère qu’il traduise sa colère en chanson plutôt qu’en actes. D’autre part, comme le souligne J.F. Sebastian en 11, ce qui m’intéresserait ce serait de savoir ce qu’a ressenti la demoiselle visée, laquelle s’est nécessairement reconnue puisque cette chanson se réfère à une situation réelle : si une personne est en droit de se sentir injuriée et menacée, c’est elle. Qu’elle ait trompé ou non Aurélien Cotentin. Ensuite, s’il y a motif à agir je n’en sais rien : je ne suis pas compétent en la matière.

Je crois surtout que l’indignation, laquelle relève aussi de la liberté d’expression, suscitée par cette chanson a été bien mal exploitée. Bon sang! Un texte portant sur la violence pudiquement qualifiée de domestique fait la Une et tout ce que les beaux esprits trouvent à faire c’est de cogner sur son auteur! La lutte contre la violence domestique aurait sans doute été bien mieux servie si la chanson avait été utilisée pour accroitre la sensibilisation, les échanges et le dialogue, la prévention, la répression et ses alternatives autour de ces réalités que sont les violences quotidiennes, physiques autant que verbales.

Quel homme n’a pas un jour où l’autre pensé (voire dit à un ami), l’eut-il regretté dans la minute qui suivit, “quelle co**e!” ou “quelle sa**pe!” ? Quelle femme n’a pas un jour pensé (ou dit à une amie), l’eut-elle regretté dans la minute qui suivit, “quel fumier!” ou “quel sa**ud!” ? Inutile de se poser la question si c’est à tort ou à raison ou de se demander si un fait quelconque justifie un tel propos car ces termes relèvent de l’insulte. Ils ne visent pas à qualifier un comportement mais à dénigrer pour ne pas dire à condamner une personne. Qui ne l’a jamais pensé ou dit? Que les innocent(e)s lèvent la main…

Il y a du travail, n’est-ce pas?

Mais il était tellement plus confortable et opportun(iste) de s’attaquer au messager plutôt qu’à la réalité décrite par le message : Une petite opération de communication, entre deux dossiers, en se parant des beaux atours d’une cause juste et grande, sans risque et à peu de frais (Lundi, j’ai Martine. Mardi, j’ai croisade. Mercredi, je présente mes excuses au nom de…)

Dans la catégorie in cauda venenum, que pensez-vous de votre néologisme “marietrintigner”? Ah… c’est de l’humour. Sur le dos d’une femme morte sous les coups? Et l’ “image de la femme” dans tout cela?

36. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:46 par Ferdydurke

Oups : @ François en 17 et non en 2. Désolé.

37. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:53 par bigoud

il faut d’urgence empêcher Didier Super de chanter

Ce garçon ne respecte rien mon bon monsieur
Sans rire, la liberté d’expression ne s’use que si l’on s’en sert: Didier Super s’en sert, le Maître de ces lieu la sert.
Bravo.

38. Le Mardi 21 juillet 2009 à 08:55 par padawan

« Et il n’y a qu’un pas glissant entre l’obscenite et la pornographie. »

Cette association est en soi une obscénité. Ou alors une démonstration par l’absurde ?

Eolas:
Mais non, une définition : l’obscène, quand ça glisse, c’est de la pornographie.

39. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:04 par françois

@ Ferdydurke
L’horrible néologisme “marietrintigner” n’est pas de moi bien sûr mais d’Orelsan.
Tout est dit…

40. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:07 par Eugène

1 - Il n’y a eu aucun acte de censure de l’État ou d’une collectivité territoriale.
2 - Le prétendu chantage à la suppression des subventions de la région n’est qu’une calomnie émanant d’un militant UMP qui trouvait là encore une fois le bouc émissaire idéal en la personne de Ségolène Royal.
3 - Les acteurs politiques et associatifs se sont prononcés sur le fond de ce phénomène : le succès du vidéoclip d’Orelsan sur les sites internet vidéo à partir d’une chanson qui n’est qu’un vulgaire cri de haine contre une femme. C’est leur droit, et peut-être leur devoir.
4 - Orelsan n’a pas vu sa carrière brisée comme certains l’ont dénoncé à tort, sous l’emprise de l’émotion consécutive à la censure.

41. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:08 par noisette

“casse-toi, pauv’con,

retourne dans ta galère,

ou je sors le karcher,

ou j’te lessive le fion!”

 bah oui, forcément, avec du talent, ça passe beaucoup mieux ^^' !

42. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:11 par noisette

Un mot encore sur Brassens, qui doit -parfois- se retourner dans sa tombe s’il voit qui l’écoute aujourd’hui.

43. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:15 par Mon avocat m'a conseillé de changer d'avocat

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

Tant qu’à relire ce que les révolutionnaires ont écrit, autant le lire dans son intégralité, en essayant de comprendre la subtilité et la profondeur qui s’y trouve. Ils refusent la censure, tout en 1/distinguant la liberté de ses usages possibles, 2/admettant, à titre exceptionnel (sauf), la possibilité d’usages abusifs de cette liberté, et 3/ en admettant que la loi puisse déterminer les conditions de ces derniers. La chose est donc un peu plus complexe et plus subtil que la simple affirmation d’une “liberté” d’expression “absolue” qui serait contradictoire avec toute idée de limite ou de restriction. Toute la question est donc bien de savoir ce que signifie “librement”, au lieu de faire une lecture du texte qui présuppose ou qui plaque sur le texte une signification du concept de liberté qui n’est pas nécessairement celle qui s’y trouve développée. J’ai toujours eu du mal à penser que les révolutionnaires, dans leur grande sagesse, se faisaient de la Liberté, y compris d’expression, une idée aussi pauvre et aussi stupide que le pouvoir de faire ou de dire absolument n’importe quoi selon son simple bon vouloir. Du reste, comment un législateur pourrait-il considérer que la liberté d’expression est la seule liberté qui ne pourrait tolérer, et même impliquer, des exceptions ou des restrictions, alors qu’il a précisément pour rôle de définir un cadre légal à son exercice ? Ce qui devrait nous étonner et nous interroger à la lecture de ce texte, c’est que lui, contrairement à certains d’entre nos contemporains, ne marque aucune opposition entre la liberté et son encadrement, alors même qu’il parle depuis une époque où, comme vous le dites vous-même la Censure avait une toute autre réalité que celle(s) contre laquelle nous nous élevons actuellement. Autrement dit, on peut tout à fait remettre en cause l’idée bête et méchante selon laquelle toute forme d’encadrement de la liberté ou de ses usages reviendrait à une forme de censure. Nous sommes les premiers à nous censurer, et à ne pas considérer que notre propre liberté d’expression nous autorise et nous fonde à dire absolument n’importe quoi en ces lieux, comme partout ailleurs.

Ceci pour dire que je ne cautionne bien évidemment aucune forme de censure à l’égard d’Orelsan, tout en estimant qu’on ne peut pas s’en tenir à une conception de la liberté qui s’en tiendrait à un pur et simple laisser faire.

44. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:19 par LOP

Alors la désolé maitre …. c’est extrêmement rare et même la première fois… mais vous m’avez exaspéré.

Que faites vous du fait que les faits de “pression sur la subvention” ne sont même pas avéré et démentis par les parties concernés ?

Que faites vous du fait que le débat n’a pas été pendant cette semaine “censure” vs “libertés d’expression” (ce qui je vous l’accord aurais pu être légitime et dans ce cas votre texte eu été parfaitement adapté) mais “ségolène fait de la censure” vs “ségolène fait de la censure” ?

Que faites vous du fait que la cabale politique précité ai été portée et relayée par certains de ceux qui justement il y a quelques mois déclarait vouloir durcir la législation en réagissant aux paroles de ce chanteur ?

Que faites vous du fait que ces mêmes politiques étaient ceux qui combattaient (y compris par voie judiciaire) le groupe Snipper il y a quelques années ? Et que bien sur ça n’émouvaient personne ?

Bref, quand bien même le parti-pris subjectif que vous prenez serait avéré (pression sur la subvention par mme royal) : Vous dites “Per­sonne n’est obligé d’écou­ter, nul n’a à inter­dire.” je ne crois pas que la région ou la ville est pris un arrété interdisant la production de cette artiste sur le territoire de Poitou-Charente ou de la Rochelle. Il y a quand même une sacré différence entre “dire n’importe quoi” (et oui on doit être libre de ca) et “être payé par l’argent public pour le faire”.

Au vu des points précédemment cités, je pense maître, même si je suis d’accord avec votre note, que vous vous trompez de débats, comme beaucoup de journalistes sur ce coup la. Il ne s’agit pas d’un grand débat sur la liberté d’expression (qui pourrait être intéressant, mais pourquoi ne l’est il pas autant pour des dizaines d’autres acteurs du monde du rap ?) mais d’une cabale politique très bien montée qui n’est la que pour faire du vents médiatique.

Je sais cher Maitre que les points que j’évoque sont trop politiques pour être traité ici vu que ce n’est pas le sujet de ce carnet, mais mettre en avant des suppositions et une attaque politique au nom de la liberté d’expression ca ne vous ressemble pas .

45. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:23 par Clems

La rumeur dit que la rappeuse pitbulle serait son ex.

Et elle lui fait trois réponses sur le site des chiennes de garde :
http://chiennesdegarde.com/ActionMa…

46. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:25 par Kemmei

“Quand ils ont fait taire les rappeurs je n’ai rien dit : je n’aime pas le rap.”

Certains détails sur la forme de “censure” utilisés sont apparement à vérifier, mais sur les principes Maître Eolas est convainquant.

47. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:31 par leinad

d’un point de vu légal, est ce que Orelsan peut etre poursuivi pour des propos qu’il fait tenir à un personnage?
des auteurs de théatre, de cinéma font tenir à leurs personnages des incitations au meutre, sans qu’ils soient inquiétés. et Orelsan l’a dit (entre autres dans le Grand Journal de c+), son texte n’exprime pas sa pensée, mais celle d’un personnage dans une situation.
alors peut il etre poursuivi?

et sur le fond de l’affaire, l’article de rue89 a déclenché une tonne de commentaires, et pour ma part, meme si je n’apprécie pas le morceau en tant que valeur artistique, je pense que l’ire déclenchée est totalement disproportionnée et qu’il est parfaitement imbécile de prendre ce texte au premier degre.
certains politiciens ont des propos beaucoup plus nauséabond sans qu’ils soient interdits de meeting.

48. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:35 par Zouille

Allez, un petit florilège…

Ma femme est morte, je suis libre
Je puis donc boire tout mon saoul
Lorsque je rentrai sans un sou
Ses cris me déchiraient la fibre.

Baudelaire

Je ne changerai plus
Eternel salaud
Roi de la tramontane
et vendu jusqu’aux os
et je t’aimerai encore te traitant de putain
Avec tous mes copains ce soir au bar du coin

Pigalle

Quant à la femme qui s’est reconnue dans la chanson sale pute, elle a en effet réagi en chantant, si l’on en croit Nick Carraway:

“Orelsan, baisse ton froc, je saliv’ déjà trop.
Chiennes de garde, foncez, et en avant les crocs !
Aux défenseures des femmes les oreilles et la queue,
les couilles à l’offensée, et des excuses je veux.”

@Ioune, à propos de ce dernier passage, on attend encore la réaction des, comment dire d’ailleurs, mettons masculinistes patentés.

49. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:39 par Piedo

Cher Maître, je ne poste que très occasionnellement sur votre blog dont je suis néanmoins un lecteur assidu.

Cette affaire me touchant à différentes raisons, je me permets d’apporter quelques précisions, concernant l’affaire Hamé contre le Ministère de l’Intérieur. Tout d’abord, il convient de rappeler les mots qui ont valu à leur auteur cette procédure judiciaire :

   « (...) les rapports du Ministère de l’Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété ».
   « (...) au travers d’organisations comme SOS racisme, créée de toutes pièces par le pouvoir PS de l’époque pour contribuer à désamorcer le radicalisme des revendications de la Marche des beurs : l’égalité des droits devient l’égalité devant l’entrée des boîtes de nuit. La justice pour les jeunes assassinés par la police disparaît sous le colosse slogan médiatique "Touche pas à mon pote !" ou "Vive le métissage des couleurs !", etc.. »
   « (...) aux humiliés l’humilité et la honte, aux puissants le soin de bâtir des grilles de lecture. A l’exacte opposée des manipulations affleure la dure réalité. Et elle a le cuir épais. La réalité est que vivre aujourd’hui dans nos quartiers c’est avoir plus de chance de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, de discrimination à l’embauche, de précarité du logement, d’humiliations policières régulières, d’instruction bâclée, d’expérience carcérale, d’absence d’horizon, de repli individualiste cadenassé, de tentation à la débrouille illicite… c’est se rapprocher de la prison ou de la mort un peu plus vite que les autres. »

Ces lignes sont parues dans un fanzine gratuit, distribué à l’occasion de la sortie de l’album L’ombre Sur La Mesure, premier long format du groupe après une série de maxi. On est donc bien dans le domaine du droit de la presse.

Il convient également de rappeler le motif de la procédure : “diffamation publique envers la police nationale”.

Contrairement à ce que vous affirmez, la procédure court toujours ; je vous en refais la chronologie :

- plainte déposée au cours du deuxième semestre 2002
- relaxe en première instance prononcée le 17 décembre 2004
- En avril 2005, le Ministère de l’Intérieur et le procureur de la République font appel.
- Le 22 juin 2006, Hamé est de nouveau relaxé.
- Le 26 juin 2007, l’avocat général de la Cour de cassation Jacques Mouton demande cette cassation au motif que les propos « contenaient des faits déterminés à porter atteinte à l’honneur de la Police nationale ».
- Le 11 juillet 2007, la Cour de cassation annule la relaxe. L’affaire est alors renvoyée devant la Cour d’appel de Versailles le 3 juin 2008.
- Le verdict est prononcé le 23 septembre 2008, Hamé est de nouveau relaxé.
- Le 26 septembre 2008, l’Etat se pourvoit de nouveau en cassation.

Désolé de ma longueur mais le rappel de ces faits m’a semblé nécessaire, surtout si l’on considère qu’un __second pourvoi en cassation en matière de droit de la presse est un fait INEDIT sous la Ve République.
__
Alors, cher Maître, désolé de vous contredire mais, à l’évidence, les poli­ti­ques n’ont toujours pas com­pris qu’il ne fal­lait pas compter sur les juges pour se prê­ter à ces bas­ses-œuvres…

Pour ceux que l’affaire choquerait, qui souhaiteraient plus d’informations :
- un historique du procès
- l’arrêt de la cour d’appel de Versailles
- un récapitulatif de l’affaire dans le Monde Diplomatique (oui, oui, bon, certes, admettons que la source ne soit pas neutre…)
- Le site de La Rumeur

50. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:41 par olympe

cher maitre, les informations que vous donnez sont incomplètes. Une partie du répoertoire d’Orelsan est fondé sur la violence envers les femmes. Il y a ceci par exemple, qu’il chante en concert contrairement à Sale pute qu’il ne chante effectivement plus.
“Suce ma bite pour la Saint-Valentin : ou tu vas t’faire marie-trintigner / (…) Vis le sexe comme un conte de fées, depuis qu’j’ai mon BAFA / J’respecte les shneks (filles) avec un QI en déficit / Celles qui encaissent jusqu’à finir handicapées physiques (…) / Viens bébé on va tester mes nouvelles MST !”

Par ailleurs, ce que demande les associations féministes c’est que ce futur Rimbaud ne soit pas financé par nos impots . il n’y aurait pas eu d’affaire Orelsan si les grands festivals subventionnés ne l’avaient pas programmé.

Eolas:
Et faut-il aussi lui refuser le RMI pour le même motif ? Au nom de quoi sous prétexte que ce festival est subventionné par vos impôts (et pas par les miens ?) devriez-vous vous arroger le droit d’être l’arbitre des élégances ? Cette irruptio nde l’auttorité dans la programmation d’un festival sous prétexte qu’elle tient les cordons de la bourse est une usurpation et un détournement de pouvoir. Et une censure, qui amène à un art officiel. Prochaine étape : non aux artistes pro Martine Aubry ?

51. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:41 par KannTo (Mekeskidi de base mais néanmoins fidèle :)

Trois réflexions:

  • Je trouve décidément fabuleuse votre propension à plaidoyer : avouez, vous vous ennuyez quand vous n’êtes pas à la barre ?
  • Vous me faites regretter de n’avoir pas suivi des études de droits (et plus si affinités), si tant est que j’en aurais eu les capacités.
  • Merci d’avoir systématiquement ce réflexe de survie citoyen et de défendre d’aussi belle manière notre liberté d’expression.

52. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:44 par Gemini

Je vous sachais attaché aux libertés Maitre, mais je ne pensais pas était en fait une profonde conviction libérale (je trouve que les valeurs exposés par les penseurs dits des lumières sont assurément parmi les plus nobles qui soient, plaçant la liberté de l’homme bien au dessus de la pensée de la meute). Vous m’en voyez ravi ! Et content que vous ayez su mettre par écrit ce que je ressens également, sur l’aspect profondément risqué du fond et de la forme de ces interventions bien pensantes en vue de censurer un artiste.

Et pourtant la plupart du temps je n’aime vraiment pas le rap français, mais je me battrais toujours contre les censures. C’est pas une histoire d’appréciation, c’est la cohérence avec ce que je considère comme mes valeurs, qui entre en ligne de compte.

En allant un peu plus loin, je suppute chez certains bien pensants interventionnistes la volonté non avouée de ne pas vouloir voir ce qui se passent dans ces quartiers ni de regarder les conditions qui y rêgnent, cela n’entrant pas dans leur petit monde rassurant de bobos des quartiers pavillonaires, qui mettent leurs enfants dans des écoles privées (là par contre je ne veux pas généraliser, mais j’ai quelques exemples précis en tête dont mon entourage).

53. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:48 par nicolas

Vous tenez pour établi le chantage de Ségolène Royal aux francofolies, alors que la principale intéressée et sa supposée victime ont tous deux démenti. Reste que vous avez raison, quand on empêche quelqu’un de chanter sous prétexte qu’on n’aime pas ce qu’il chante, ca reste de la censure.

Et dieu sait que je n’aime pas le texte d’orelsan (pour vous en convaincre lisez le reste), mais c’est de la censure

J’ai moi même écouté du rap dans mes jeunes années, principalement le groupe ntm(pas vraiment des anges non plus) IAM, puis la FF . Vous dites :” on y parle en mots crus dro­gue et vio­lence, on n’y aime pas la police, et on est obsédé par le sexe.” ; c’est vrai; pourtant certaines chansons de NTM m’ont vraiment fait vibrer (moi qui aujourd’hui n’aime rien tant que pink floyd et radiohead). Car le rap que j’ai connu était non seulement interprété par des artistes de talents, mais surtout, il était revendicatif. Les rappeurs avaient (et ont ) des choses à dire.

Quand je lis les paroles de la chanson d’orelsan, j’ai du mal à percevoir quelque revendication que ce soit, juste un flot incessant de grossièretés, de violences et d’insanités, que l’auteur a voulu le plus nombreuses possibles. J’ai le sentiment, d’avoir là le texte gagnant du concours du texte le plus vulgaire possible écrit par un pré-adolescent ayant abusé des films pornographiques.

A mes yeux ce texte n’est pas plus une chanson de rap qu’une tache de vomi une oeuvre d’art brut.

Et je ne remercie pas l’innombrable cohorte de bien-pensants offusqués (au premier rang desquels on trouves les féministes) sans qui je n’aurais jamais entendu cette chanson qui serait alors restée à la place qui lui convient le mieux  : le caniveau (ou la poubelle)

54. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:50 par Voltaire

Je ne suis pas d’accord avec vos idées mais je me battrais pour que vous puissiez les exprimé…et c’est une liberté fondamentale.
Je n’approuve pas ces paroles mais je pense qu’il a le droit de les exprimer, et si jamais cela deviens la réalité je serais le premier à venir pour 20 heure sans Maitre Eolas

55. Le Mardi 21 juillet 2009 à 09:51 par Vrynn

Je crois que, sur cette affaire, on ne retrouve simplement que l’habituel fonctionnement des Chiennes de Garde, des femmes politiques (qui a dit Ségolène - buzz sur tout sans penser - Royal) et autres organisations féministes. Des réactions unilatérales et aveugles sur tous les faits concernant les femmes (la censure et le brouhaha public n’étant pas leurs seules spécialités, il y a aussi les condamnations et les procès qu’elles font sur chaque affaire ou un homme est “suspecté”).

Orelsan, dont je ne goute absolument pas les chansons étant plutôt “Rock”, a le droit d’écrire les chansons qu’il veut. N’en déplaise à ses détracteurs. Quelque soit le niveau de qualité évalué de ses chansons. Mais bon, Ségo’ est habitué a préconiser la censure (des dessins animés ont son oprobre il me semble).

En passant Maitre, le seul album de Rap que je possède et qui pourtant populaire dans la millieu du Rap Français est “L’école du Micro d’Argent” d’IAM, trés bien écrit avec bien peu de violence et des paroles trés fortes. Un vrai bijou. Le Rap n’est donc pas toujours cru !

56. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:05 par cyd

Donc si j’ai compris, j’ai le droit de tout dire mais en chanson

Apologie de crime de guerre
Négationisme
Incitation au meurtre et à la haine
Calomnie

Dites moi Maitre, si je dis la même chose à mon ex bien-aimée que ce gentil jeune homme, en public mais sans musique, est ce que je risques des problèmes judiciaires

Eolas:
Je ne perdrai pas de temps avec vous, je sais reconnaître quelqu’un qui ne veut pas comprendre, et vous ne faites aucun effort de subtilité.

57. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:10 par Piedo

@ 56

Mauvaise foi ! Pourquoi comparer une histoire (sordide) d’une personne (fictive) qui souhaite mille maux à une autre personne (fictive) à l’apologie de crimes de guerre, au négationnisme ?

Que vient faire cette question ici si ce n’est du trollage en règle ? Vous concourrez pour le godwin de plomb ?

58. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:11 par Piedo

@ 56

Mauvaise foi ! Pourquoi comparer une histoire (sordide) d’une personne (fictive) qui souhaite mille maux à une autre personne (fictive) à l’apologie de crimes de guerre, au négationnisme ?

Que vient faire cette question ici si ce n’est du trollage en règle ? Vous concourrez pour le godwin de plomb ?

59. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:16 par Salomon Ibn Gabirol

D’une certaine maniere (et je dis bien d’une certaine maniere, car la question de la peine de mort, a mes yeux, est une pure question de principe qui ne peut soufrir d’exception, alors que la liberté d’expression peut etre encadrée - cf. ce que font les Etats-Unis ) cela me fait penser à ceux qui, bien sur, sont contre la peine de mort, sauf pour les tueurs d’enfants (et/ou de policier, de vieux, etc… parce que, vraiment, c’est horrible et que ces gens là ne méritent pas de vivre).

Les detracteurs et censeurs d’Orelsan sont bien sur visceralement attaché à la liberté d’expression, mais là c’est trop, ce n’est pas défendable, c’est trop un manque de respect ce qu’il dit.

60. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:16 par Bob

@Olympe : « Par ailleurs, ce que demande les associations féministes c’est que ce futur Rimbaud ne soit pas financé par nos impots . il n’y aurait pas eu d’affaire Orelsan si les grands festivals subventionnés ne l’avaient pas programmé »

Il vaudrait mieux arrêter toutes les subventions culturelles ; l’état n’a pas à se faire prescripteur de culture avec l’argent des impôts.

61. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:19 par Bob

@Salomon Ibn Gabirol : Là n’est pas la question, vu que la chanson incriminée ne sera plus chantée. Donc rien ne sert de le censurer au festival Bidule.

62. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:21 par Dadouche

Quand on pense qu’on a laissé un dangereux individu chanter pour le 14 juillet et qu’on l’a même payé (fort cher paraît-il) pour ça ! Et ça fait des années que ça dure sans que personne ne s’en émeuve…

63. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:23 par deadalnix

Ceci m’a fait penser a une chose : les lecteurs exportables.

http://www.numerama.com/magazine/13…

Selon cet article, il y aurait en ce moment des gens qui considèrent ces lecteurs comme illégaux. Pouvons nous avoir votre éclairage juridique la dessus ?

Et surtout, ne perdez pas votre sens de l’humour malgré le fait que vous utilisez ces lecteurs dans votre blog ;)

64. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:29 par Clément

“Et les attein­tes qu’elle a d’ores et déjà subies, au nom de cau­ses infi­ni­ment nobles (comme la lutte con­tre le néga­tio­nisme), me parais­sent déjà exces­si­ves.”

Et oui, la liberté d’expression est sélective. Orelsan ne pourrait jamais être condamné (et tant mieux) mais ceux qui ont écrit ce qui suit ont été en prison :


Dans leurs beaux pyjamas rayés,
Les os et la peau sur le corps,
Pour une solution finale
Et le diable en ri encore.

Le problème n’est pas de savoir si c’est intelligent ou pas de chanter ça mais bien de savoir si c’est légitime de l’interdire, et là, je préfère la liberté d’expression américaine à la française (c’est peut-être un a priori d’ailleurs)…
On ne combat pas les opinions différentes voire dangereuses en les interdisant.

65. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:35 par ID

Très bon argumentaire, maître. Mais le sujet est grave.
Si la diarrhée verbale du rappeur avait été d’une rappeuse et tournée contre un homme, on s’en fût sans doute offusqué.
Si elle avait été de la même intensité et de la même violence et tournée par exemple, contre la police ou contre Sarkozy, les chiens de garde de l’UMP seraient montés au créneau sans aucun doute. Auraient-ils défendu de la même façon la liberté d’expression?

66. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:36 par Wyrm

Ca sent le Voltaire ce billet:
Je n’apprécie pas vos idéaux (ici, musicaux) mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer. (sauf si vous la fermez tout seul, là je ne peux plus rien pour vous)

Bon, je ai un peu complétée cette citation vu que le rappeur s’était auto-censuré… tendant ainsi le bâton pour se faire battre, comme vous l’avez indiqué. Puisqu’il a décidé tout seul qu’il rayait le texte de son répertoire, il a implicitement accepté la validité de la censure qu’on lui imposait. KO par forfait, donc.

67. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:36 par ohman

@57

surtout que ce qu’il cite est punissable par la loi. Mais pas ce que chantait le rappeur.

merci Maitre Eolas pour cette bouffée d’air dans cette atmosphère d’hypocrisie.

je m’en vais avant que ne débarquent plus de trolls dans cette discussion (d’après moi les gens sont crispées dans cette affaire et ne sont pas près de changer d’avis).

68. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:36 par Floran

Juste un commentaire. Léger anachronisme concernant MC Solaar, à l’époque il n’était pas qu’un guignol.

Pour le reste, un prix Busiris? pour le directeur du festival, car mettre Orelsan sur une affiche et dire “ah non il n’était pas invité”, j’applaudis!

Orelsan aurait du écrire en anglais, ça serait passé. (Certes, pas au francopholies)

Ce qui me désole le plus : il rappe assez mal, dans sa génération il y a mieux.

69. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:36 par Brigadier-chef Harald

En dehors de toute considération artistique, il ne me semble pas déplacé qu’un organisme qui subventionne une manifestation puisse avoir son mot à dire quant à la programmation. Si les Francofolies veulent être libres, qu’elles cherchent ailleurs la mâne qu’elles réclament au Conseil Régional. Non ?

Eolas:
Je pensais que pour être libres, il suffisait que les Francofolies se tinssent en France.

70. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:37 par cyd

@57/58 Piedo

Vous pouvez me décerner un point Godwin si cela vous chante, mais répondez donc à la question

Ais je vraiment le droit de tout dire pourvu que je me drape de ma qualité d’artiste ?

Si oui, qui ou quoi définie la qualité d’artiste ?

Mais, il me semble que le Maitre de ces lieux a déjà fait un papier sur une affaire d’injures (une sorte de critique d’art au fils d’un artiste) où le Mr se targuait d’avoir voulu s’inspirer du style d’un écrivain connu

71. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:45 par haha

La chanson est naze et de mauvais goût mais la censure c’est pas bien blabla…

Vous faites allusion aux éventuelles menaces émises par Sego à l’organisateur des Francofolies, jusqu’à présent il est le seul à en avoir parlé non? A t’elle confirmé? Serait-ce une nouvelle légende urbaine?

Eolas:Au lieu de faire des insinuations hypocrites, faites des recherches.

“En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n’ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes (…)”

(source : http://www.sudouest.com/accueil/act…)

Bizzarement, la déprogramation d’Oreslan au Printemps de Bourges n’avait pas lancée de vaste polémique sur la censure comme c’est le cas ici (en tout cas pas sur votre fameux blog maître), Royal est un gros facteur X on dirait…

Eolas:
Quand j’en parle, je suis suspect. Quand je n’en parle pas, je suis suspect. La police politique est prête, visiblement. Et je suppose que quand je critique les mensonges d’Éric Besson et la politique d’immigration initiée par Nicolas Sarkozy, je suis tout à coup quelqu’un de formidable ? Oh, si vous saviez combien de méprise les hypocrites comme vous, vous trouveriez finalement qu’Orelsan est bien modéré.

72. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:46 par Z.

Dans la suite des principes voltairiens qui consistent à se battre pour que les autres puissent malgré tout, exprimer des idées avec lesquelles on n’est pas d’accord, voici pour mémoire un arrêt de la Chambre criminelle de la Cour de cassation qui a rappelé le contenu et la portée du principe de la liberté d’expression, en l’espèce au profit d’un parlementaire qui avait certes proféré des propos détestables sur l’homosexualité, mais qui avait parfaitement le droit de les tenir :

Cour de cassation, Chambre criminelle, arrêt du 12 novembre 2008, n° de pourvoi: 07-83398
Publié au bulletin Cassation sans renvoi, Bulletin criminel 2008, n° 229

Cet arrêt peut être consulté sur Legifrance. En voici la substantifique moelle extraite par les juristes de ce site :
”En matière de presse, il appartient à la Cour de cassation d’exercer son contrôle sur le sens et la portée des propos poursuivis. Encourt la censure la décision de la cour d’appel qui, pour dire établi à l’encontre d’un parlementaire, poursuivi en raison de la teneur d’un entretien accordé à un journaliste, le délit d’injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle puni par l’article 33, alinéa 4, de la loi du 29 juillet 1881 modifiée par la loi du 30 décembre 2004, retient que le prévenu a proféré des propos offensants tendant à souligner “l’infériorité morale” de l’homosexualité, alors que si les propos litigieux, tenus dans les suites des débats parlementaires relatifs à la loi précitée avaient pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépassait pas les limites de la liberté d’expression”

textes appliqués :
• article 29 de la loi du 29 juillet 1881 ; article 10 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales

Rappelons simplement que l’intéressé fut condamné en première instance et en appel, avant que la Cour de cassation ne vienne y mettre bon ordre : incompétence des premiers magistrats ou fait des lobbies ou du politiquement correct ?

73. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:47 par ohman

@70

ce qui est défini comme interdit par la loi est censurable (Apologie de crime de guerre, négationisme, Incitation au meurtre et à la haine, Calomnie)

le reste, artiste ou pas, n’a pas à etre censuré

74. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:55 par Piedo

@ 69 : une collectivité comme un Conseil régional ne subventionne pas un festival mais un projet culturel. Il n’est donc pas envisageable qu’ils disent quoi que ce soit quant à la programmation, celle-ci n’étant pas établie lors de la demande de subventions.

Pour contrôler une programmation, il serait préférable que la collectivité en question organise son propre évènement, ce que fait très bien le Ministère de la Culture avec le concert du 14 juillet, sur le Champ de Mars…

Par ailleurs, sur quelles bases juger une programmation, donner son avis ? Selon l’avis du service du développement culturel de la collectivité en question ? Selon celui du vice-président en charge de la culture ? Dans tous les cas, on est dans le cadre d’un “j’aime / j’aime” qui n’a rien d’objectif. Or, la subjectivité, en matière de programmation culturelle est réservée au programmateur (certes, c’est un pléonasme) dont c’est le métier.

Par contre, les collectivités sont en droit de réclamer certaines conditions à la tenue du festival : tarification décente et fonction des revenus, accessibilité aux personnes handicapées, cohérence de la programmation avec le projet culturel défini préalablement, mise en place d’outils d’évaluation des choix et politiques culturelles, sociales… du festival… etc, etc.

@ 70

non, vous n’avez pas le droit de tout dire pourvu que vous vous drapiez dans votre qualité d’artiste. L’apologie de crime contre l’humanité, l’incitation à la haine raciale… etc. sont punies par la loi, que vous soyez artiste ou non.

Par contre, la description vulgaire et violent des tourments sentimentaux d’un jeune cocu, paumé et alcoolisé (c’est le cas dans la chanson incriminée) ne l’est pas. La preuve ? toutes les bonnes âmes offusquées des propos tenus dans cette chanson ne se sont jamais risqué à une procédure judiciaire. Elles ont préféré jouer du battage médiatique, moins risqué et plus efficace. Le bon vieux buzz des familles qui se base le plus souvent sur du vent…

@ Eolas,

sinon, en matière de metal, les attaques que subit le festival “Hellfest” de Clisson (44) de la part d’associations chrétiennes (voire TRES chrétiennes) sont assez significatives. Elles ont réussi à obtenir le retrait de Coca-Cola, un des tous premiers sponsors de l’évènement et de Ouest-France qui se refuse désormais à toute couverture médiatique.

http://breizh.novopress.info/2696/q…

http://prohellfest.wordpress.com/

75. Le Mardi 21 juillet 2009 à 10:59 par Baba O'R.

De même :

   * Je trouve décidément fabuleuse votre propension à plaidoyer : avouez, vous vous ennuyez quand vous n’êtes pas à la barre ?
   * Vous me faites regretter de n’avoir pas suivi des études de droits (et plus si affinités), si tant est que j’en aurais eu les capacités.
   * Merci d’avoir systématiquement ce réflexe de survie citoyen et de défendre d’aussi belle manière notre liberté d’expression.

76. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:07 par françois

@ eolas
Cher Eolas,
Le renversement du propos est rigolo mais factice.
Lorsque B.Vian chante le Déserteur pendant la guerre d’Indochine il est du coté des faibles, “des pauvres gens” que l’on tue là bas et ailleurs. Face à la violence de l’Etat, de l’Armée, du fusil et du coup de poing il soutien le faible qui n’a rien face au fort qui l’écrase.
Et même s’il existe dit-on une autre version il prévient les gendarmes “qu’il n’aura pas d’armes et qu’ils pourront tirer”
Brassens lui aussi se situe non seulement dans l’humour mais aussi dans la détestation de la violence, au pire “les femmes massacrent à grand coup de mamelles” ce qui n’est pas bien méchant.
Comparer même en souriant Vian ou Brassens ou Baudelaire ou Rimbaud aux divagations violentissimes, méprisantes et calculées d’Orelsan me choque: Orelsan est du coté du fort, du type qui ne voit dans les filles que des putes potentielles à l’exception notable de sa mère, du type qui ne sait que frapper.
Quels ravages fait ce discours dans certaines cités.

77. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:07 par Wouarf

« Les féministes me persécutent, me prennent pour Belzebuth / Comme si c’était d’ma faute si les meufs c’est des putes
(du même)

Edifiant….

Ceci dit, le post 66 résume bien la situation il me semble!

78. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:08 par niodayoda

@ Vincere en 34 : Les limitations en question se trouvent (j’écris sous le contrôle d’Eolas évidemment, mais il ne m’a pas contredit lors de mon commentaire précédent) au lien indiqué ci-dessous.
@ tout le monde : Je reproduis donc ici mon commentaire laissé sous un billet précédent en réponse à un commentaire demandant à Eolas un billet sur le sujet.

“Je ne pense pas qu’on puisse parler de censure dans “l’affaire Orelsan” si affaire il y a…

L’organisation du festival des Francofolies était tout à fait en droit de choisir de ne pas programmer Orelsan, il n’y a pas de censure là-dedans !

Par ailleurs le clip est toujours dispo aux dernières nouvelles sur youtube ou dailymotion, avec peut-être une restriction pour protéger une catégorie de personnes et c’est tout !

Après la liberté d’expression est bien souvent mise sur le devant de la scène comme une sacro-sainte liberté, pilier et fondement de la démocratie, et tutti quanti, mais dans ce n’est pas une des libertés indérogeables de la CEDH !

Elle peut donc souffrir quelques limitations dans l’intérêt général, et la loi sur la liberté de la presse, amendée récemment par la loi pour la Confiance dans l’économie numérique (en 2004), en prévoit un certain nombre, comme par exemple, de tête (je reconnais avoir laissé un commentaire à un article sur Orelsan sur rue89 il n’y a pas longtemps, j’ai fait quelques recherches quand même ^^)

  • l’interdiction de la provocation à la haine envers une race, une religion, et tout ce qui suit (d’ailleurs j’avais noté qu’il est fait une différence entre haine raciale et religieuse et l’orientation sexuelle ou le handicap, et que les 2 derniers sont d’ailleurs accolés l’un à l’autre dans une sorte de … bizarrerie rédactionnelle),
  • le fait de nier l’existence d’un crime contre l’humanité tel que défini par les statuts du tribunal de Nüremberg,
  • ou encore quoique puni moins sévèrement, mais remis au goût du jour récemment, l’offense au chef de l’Etat !

Bon décidément je n’aime pas les approximations… Voilà le texte de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (version consolidée au 1er avril 2009)

Les limitations à la “liberté d’expression” se trouve au Chapitre IV : Des crimes et délits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication, articles 23 et suivants.”

79. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:15 par saperli

si la petite amie de ce type est non identifiée et ne peut donc déposer plainte, la famille de celle qui a permis à ce type d’inventer l’expression “se faire maritrintigner” devrait bien entamer une action !

80. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:15 par Rouzbeh

Juste une petit précision: La chanson ne figure PAS dans l’album d’Orelsan, on ne la trouve que sur le net.

81. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:17 par melianos

Eolas : À con­di­tion qu’il ne chante pas.

Si vous aviez un marteau, je vous appellerais Cetautomatix.
(hélas, les avocats n’ont pas de marteau)

82. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:20 par Paul de Senquisse

Très juste, très vrai, et complètement d’accord. Que pensez-vous des livres interdits en France et publiés au journal officiel ? Car il existe encore (pour le papier) une censure légale en France. Et Hadopi/Topsi entrainent dans leur sillon des discussions sur des “listes noires” de sites Internet dont la diffusion serait prohibée au FAI français sans que leur liste, justement, ne soit publiée au JO, elle, puisque publier une adresse web c’est lui donner plus de vie…

Je me permets pour une fois de donner un lien sur un article sur le sujet de la liberté d’expression que j’avais écrit le mois dernier, pour prolonger la réflexion :
http://www.desenquisse.com/blog/200…

83. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:21 par niodayoda

@ François en 76 : {{Orelsan est du coté du fort, du type qui ne voit dans les filles que des putes potentielles à l’exception notable de sa mère, du type qui ne sait que frapper.
Quels ravages fait ce discours dans certaines cités.}}

Mais cachez donc cette réalité que je ne saurais voir !

Ceci étant dit encore une fois, et pour répondre à la question posée de savoir si cette chanson pourrait donner lieu à des poursuites, à mon humble avis non, en tout cas je l’espère !

Qu’il se soit inspiré d’une séparation douloureuse pour écrire la chanson n’interdit pas qu’il s’agisse dans celle-ci d’un personnage imaginaire face à une situation imaginaire !!

De plus, je note aussi que les paroles qui choquent sous souvent les mêmes qui reviennent, et qu’exceptées le “marietrintigner” et l’avortement à l’opinel, le reste de la chanson est beaucoup moins violent !

Sinon je rejoins Ferdydurke en 35 sur ce que les médias et le gouvernement auraient pu tirer de cette triste polémique :
Je crois surtout que l’indignation, laquelle relève aussi de la liberté d’expression, suscitée par cette chanson a été bien mal exploitée. Bon sang! Un texte portant sur la violence pudiquement qualifiée de domestique fait la Une et tout ce que les beaux esprits trouvent à faire c’est de cogner sur son auteur! La lutte contre la violence domestique aurait sans doute été bien mieux servie si la chanson avait été utilisée pour accroitre la sensibilisation, les échanges et le dialogue, la prévention, la répression et ses alternatives autour de ces réalités que sont les violences quotidiennes, physiques autant que verbales.

Faites chauffer le troll detector Maître, je sens qu’il va servir !
Et préparez-vous à compter les points Godwin !

84. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:23 par Thibault.

Lou Reed a fait un triomphe en produisant sur scène à Paris, récemment, son album Berlin de 1973. A la fin, le personnage féminin principal se tranche les veines (trop de drogues, trop de coups de son amant, ses enfants enlevés), et le chanteur-narrateur-ex’ de la suicidée conclut “Je vais arrêter de perdre mon temps avec ces histoires, un autre que moi lui aurait pêté les deux bras”.

Certains personnages de Bret Easton Ellis ont fait des trucs odieux à d’autres personnages.

Orelsan n’est même pas étrillé sur un programme politique, un plaidoyer contre les femmes et une incitation à les tabasser, mais sur une oeuvre artistique plus ou moins de fiction. Si une oeuvre aussi anecdotique, et qui, bien qu’inspirée d’une situation réelle, demeure du domaine de la fiction et de l’artistique prête autant à la controverse, il y a vraiment de quoi s’inquiéter sur l’état de notre liberté d’expression lorsqu’il s’agira de l’employer à fins d’opposition politique.

85. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:23 par Malavita

@Eugène (40) : “Le prétendu chantage à la suppression des subventions de la région n’est qu’une calomnie émanant d’un militant UMP qui trouvait là encore une fois le bouc émissaire idéal en la personne de Ségolène Royal.”

Avant de refaire l’Histoire, relisons les propos de Ségolène Royal au début du mois : “En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n’ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes (…)”

(source : http://www.sudouest.com/accueil/act…)

Eolas:
Merci.

86. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:34 par Boebis

Heureux de lire une telle défense d’Orelsan sur ce blog que je suis assidument. Par contre, vous n’êtes pas tout semble -t-il une amateur de rap. TTC n’est pas un grand groupe de rap, mais néanmoins 1000 fois meilleur que Yelle et Orelsan. Ce sont les premiers a avoir apporté certains sons américans peu utilisés dans le rap français, (beat électroniques à la anticon, puis influence de la musique “booty” sur leur second album) et les paroles, sont également bien mieux écrites que celles des rapeurs de bases.

“L’aspect musi­cal étant secon­daire, ce qui en veut pas dire qu’il est négligé, le rap se con­cen­tre donc sur les paro­les.””
L’aspect musical n’est pas secondaire, ou plutôt çà dépend des groupes. Mais le sample, la répétition, n’est pas un aveux de faiblesse technique musicale ni de pauvreté musicale. C’est au contraire isoler un morceau de musique et en le répétant lui donner un autre sens. Une boucle de musique classique pourra ainsi par exemple devenir un refrain entêtant, ce qu’elle n’était pas prise dans la pièce originale. Et la répétition en elle même est à la base de la musique, que ça soit dans la musique classique avec la répétition d’un thème, les musiques populaires avec le refrain ou la musique de transe, et encore plus dans la musique contemporaine (ex: Steve Reich). Le rap ne fait, comme la techno, que porter cette technique à son paroxysme.

Enfin, il aurait pu être amusant de citer d’autres chansons de rap ou non, qui parlent d’amants jaloux conduits au meurtre, sans que cela ait fait scandale outre mesure soit que ce n’a pas le côté sulfureux du rap, soit que personne en France ne lise les paroles en anglais :-) : Hey Joe de Jimi Hendrix, Meurtre à l’extincteur de Gainsbourg, Kim d’Eminem, I’m gonna kill that woman de John Lee Hooker, la femme adultère de Léo Ferré… pour reprendre la playlist concoctée sur mon blog.

87. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:35 par PP

@Eolas
Son album con­tient une chan­son qui va faire scan­dale, vous allez aisé­ment com­pren­dre pour­quoi. Elle est inti­tu­lée “Sale Pute”.

Cette chanson n’a jamais été présente sur son album, sorti en février 2009 ! Elle a été découverte par une blogueuse en mars 2009 via un clip fait maison et posté sur Youtube en juin 2007.

88. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:35 par Veig

@74, Piedo : Merci d’avoir attiré mon attention sur Novopress / http://breizh.novopress.info/ que je ne connaissais pas. Ceci dit, même si l’article était intéressant, je ne suis pas sûr que je vais vouloir consulter ce cyber-torchon “identitaire” de sitôt : il dissimule courageusement ses tendances xénophobes en employant une langue que nous ne sommes que quelques dizaines de milliers à savoir déchiffrer.

Quand vous cliquez sur la rubrique “Alouberien” (en haut à gauche de la page) vous tombez sur une rubrique aux relents nauséabonds dont les articles vilipendent les immigrants en général, les clandestins et ceux qui les soutiennent en particulier.

Petite note liguistique : “Alouberien” en breton ne signifie pas “immigrants”, mais “envahisseurs” ou “colonisateurs”.

89. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:38 par Piedo

@ 85 - Malavita

La confusion lexicale entre “subventionner” et “sponsoriser” est d’ailleurs particulièrement gênante. Tout comme le fait qu’elle parle de son territoire.

Et oui, c’est tout bête, mais en France, les institutions et collectivités subventionnent un projet là où Coca-Cola sponsorise une manifestation.

Et qu’on ne me dise pas que je pinaille, la différence est tout de même de taille.

90. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:39 par Bertrand

Une petite question.

La censure a frappé il n’y a pas longtemps, mais c’était du rock et nous rockeur, avons tellement l’habitude du baillon qu’il ne nous gêne plus vraiment. On cire assez fort pour le rendre inutile.
La chanson, c’est l’Apologie, dont les paroles relève comme le titre l’indique les bienfaits d’une plante sur les nerfs, et non il ne s’agit pas de thé.
Ce titre est interdit, car est considéré comme une incitation à la consommation de produits illicites.

D’où ma question : Où s’arrête la liberté d’expression ?

91. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:42 par toto

Enfin bon, dans tout ça, ce n’est pas de poésie dont il est question, c’est le moins que l’on puisse dire… mais de la revendication de la liberté à dire des conneries, à proférer des insultes et à faire l’apologie de la violence envers un groupe de personnes. Donc, tout va bien, on est dans le classique débat idéologique stérile bien de chez nous.

92. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:42 par DuGNu

Il n’ y a pas que dans les banlieues qu’on fait de la bonne musique hip-hop :-)

http://www.youtube.com/watch?v=eOfF…

93. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:43 par Piedo

@ 88, Veig : mea culpa. je ne connaissais pas Novopress. J’ai simplement trouvé que l’article en question résumait assez bien les pressions que subissent les organisateurs (que je connais par ailleurs).

Effectivement, c’est dégueulasse. Ce site est une honte et j’ai bien merdé sur ce coup là.

Merci d’avoir mis en lumière cette boulette involontaire.

94. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:44 par Serge

HS - HS - HS - HS - HS - HS
NEWFLASH - NEWFLASH - NEWSFLASH

La discussion sur Hadopi est repoussée à septembre.

Merci de votre attention.

95. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:46 par Babouchka

Petit aperçu des réjouissances verbales du dit rappeur:
Faut savoir de qui et quoi on parle tout de même…
.
“Suce ma bite pour la Saint-Valentin : (…) (Mais ferme ta gueule) ou tu vas t’faire marie-trintigner / J’te l’dis gentiment, j’suis pas là pour faire de sentiments / J’suis là pour te mettre 21 centimètres / Tu seras ma petite chienne et je serai ton gentil maître (…) / J’bois, baise, jusqu’à c’que t’en sois mal en point (…) / Vis le sexe comme un conte de fées, depuis qu’j’ai mon BAFA / J’respecte les shneks avec un QI en déficit / Celles qui encaissent jusqu’à finir handicapées physiques (…) / Viens bébé on va tester mes nouvelles MST !”
Etoiles invisibles : “C’est pas en insultant les meufs dans mes r’frains que je deviendrais quelqu’un mais j’aime bien.”
Sous influence : “J’rêve de péter les dents d’l’autre pétasse des Pussycat Dolls”
Changement : “Maintenant les meufs portent du Vuitton, des grosses lunettes dorées / Avant c’était qu’pour les vieilles putes blondes décolorées / Les gars s’habillent comme des meufs et les meufs comme des chiennes / Elles kiffent les mecs effeminés comme si elles étaient lesbiennes”
Différent : “J’finirai par acheter ma femme en Malaisie (…) / Renseigne toi sur les pansements et les poussettes / J’peux t’faire un enfant et te casser l’nez sur un coup de tête / Poulette pourquoi tu veux pas sortir avec moi ? / J’adore passer par les p’tits trous j’adore me sentir à l’étroit”
Courez courez : “Petite, essaie pas de me fréquenter / Ou tu va perdre ton pucelage avant d’avoir perdu tes dents de lait (…) / J’suis pour de vrai de vrai, j’dis c’que j’pense, j’pense c’que j’dis / Tout ce que j’écris c’est du premier degré, hé ! (…) / Les féministes me persécutent, me prennent pour Belzebuth / Comme si c’était d’ma faute si les meufs c’est des putes / Elles ont qu’à arrêter de d’se faire péter l’uc / Et m’dire merci parce que j’les éduque, j’leur apprend des vrais trucs / Des fois j’sais plus si j’suis misogyne ou si c’est ironique / j’serai peut-être fixé quand j’arrêterais d’écrire des textes où j’frappe ma p’tite copine”
Pour mémoire, voici les paroles de Sale pute, chanson qu’OrelSan ne chante plus sur scène, mais dont le clip est toujours visible sur internet :
” J’te déteste j’veux que tu crèves lentement / Avant je t’aimais maintenant j’rêve de t’voir imprimée de mes empreintes digitales / On verra comment tu suces quand j’te déboîterais la mâchoire / T’es juste une truie tu mérites ta place à l’abattoir / On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée / J’veux te voir rendre l’âme j’veux te voir retourner brûler dans les flammes / Si j’te casse un bras considère qu’on s’est quittés en bons termes / J’vais te mettre en cloque (sale pute) / Et t’avorter à l’opinel / J’te collerai contre un radiateur en te chantant Tostaki.”

96. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:48 par Colin

Prodigy a été beaucoup censuré pour Smack my Bitch up (et surtout son clip), il est toujours introuvable sur youtube par exemple (mais OK sur dailymotion…)

Même les Beastie Boys avaient essayé de leur demander (sans succès) de ne pas jouer cette chanson: http://www.brainkiller.it/prodigy/r…

97. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:48 par Grunt²

@Bertrand, 90
Elle s’arrête aux cas prévus par la loi (Cf. niodayoda en 78).

98. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:51 par Lumina

la vérité est que ces paro­les ne tom­bent pas sous le coup de la loi
Pourtant, les paroles de « Sale pute » sont un mélange de « je veux » et de « je vais » suivis de crimes divers (viol, avortement à l’opinel, blessures graves, torture, meurtre ?). Comme c’est une chanson, les paroles sont destinées à être reprises par les auditeurs ou le public. Dans l’esprit de certaines personnes, ces paroles (éventuellement répétées) peuvent être prises pour un enseignement de savoir-vivre. Cette chanson est donc un vecteur de forte violence contre les femmes.

N’est-il pas illégal de promouvoir des crimes ou de faire l’apologie de crimes ?

Si la chanson avait inclus un vers tel que « Faudrait qu’elle se suicide », la chanson serait-elle restée légale (apologie du suicide) ?

Si la chanson avait inclus un vers tel que « J’voudrais être collabo pour l’envoyer à Auschwitz », la chanson serait-elle restée légale (apologie nazi) ?

99. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:51 par niodayoda

@ Bertrand en 90 : Sur l’Apologie c’était même bien plus grave puisque la chanson a été interdite de diffusion sur les ondes !!

Et c’est vrai que ce n’est pas si vieux, mais par contre je ne connais pas les motifs qui avaient fondé cette décision, mais ça ne peut pas être incitation à la consommation de produits illicites, ce n’est pas, en tout cas à ma connaissance, une cause de limitation à la liberté d’expression !

100. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:52 par Brigadier-chef Harald

@ Eolas : ” Je pensais que pour être libres, il suffisait que les Francofolies se tinssent en France.

La liberté est certes de mise en terre de France. Néanmoins, je ne puis m’empêcher de penser que quelqu’un (ou une collectivité quelconque) qui injecte de l’argent dans une manifestation a un droit de regard sur l’utilisation qui est faite de cet argent. La liberté pour le conseil régional, consiste à dire qu’il n’entend pas verser d’argent si tel ou tel chanteur véhicule un message contraire aux valeurs qu’il entend défendre. Cela ne me semble pas moralement indéfendable.

La liberté n’est pas licence, non ?

Eolas:
Vu la situation de dépendance dans laquelle se trouve la culture en France, vous faites de l’État un dealer et de l’art un toxico. Ainsi l’État peut décider de qui se produira et de qui vivra au RMI. Vive les chanteurs officiels, chut, les chanteurs qui dérangent. Si, c’est moralement indéfendable. le directeur de ce festival est censé savoir déceler le talent et a pour rôle de le promouvoir. Ségolène Royal, Christine Albanel, Marie-Georges Buffet n’ont pas les compétences, et les pouvoirs que la loi leur donne du fait de leur élection ne visent pas à exercer un tel contrôle. C’est là encore moralement indéfendable. On piétine la morale de façon immorale. Bref, c’est la loi du plus fort qui l’emporte.

101. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:57 par Shaolin

Hello,
malgré votre connaissance apparemment très approximative du rap (votre intro est quand même assez pleine de clichés et je vous invite donc à aller écouter des artistes tels qu’Oxmo Puccino ou alors, euh, allez disons, moi-même (car oui je fais du rap depuis une quinzaine d’années sans avoir jamais fait un texte parlant de banlieue ou des titres emprunt de haine ou de sexisme, et pourtant je n’ai pas l’impression non plus de faire du rap aseptisé :D il me semble (vous pourrez trouver mes faits d’amres ici : http://le.monaster.free.fr) )

Je voulais également souligner un truc important : contrairement à ce que vous annoncez dans votre intro, Sale Pute ne figure absolument pas sur l’album d’Orelsan, ce titre ne fait plus partie de son registre, il l’a juste sorti sur Youtube mais ne l’incorpore pas dans ses concerts ni dans son album. Du coup on croit encore plus rêvé lorsqu’on assiste à la levée de bouclier à laquelle il a eu droit et à la censure qui s’est abattue sur lui pour un titre qu’il ne compte pas interpréter sur scène.

Bref la chasse aux sorcières a besoin parfois de se créer un bouc émissaire pour pouvoir promouvoir son action et c’est ce brave Orelsan qui y a eu droit.

Seul point positif de cette affaire grotesque : c’est un rappeur certe qui en a fait les frais (c’est souvent le cas, on n’a jamais lynché Brassens pour s’être moqué de la police en son temps mais on poursuit NTM pour cela) mais c’est un rappeur blanc !! Du coup c’est encore plus étonnant, et quelque part c’est rassurant. En fait l’ennemi est plus le style musical qui plait aux jeunes et déplait aux politiques depuis 10 ans que lié à une quelconque couleur de peau et à un racisme primaire sous-jacent :D

Bonne continuation !

Shaolin pour Le Monaster
http://le.monaster.free.fr et http://olinsha.free.fr

102. Le Mardi 21 juillet 2009 à 11:59 par niodayoda

100 commentaires en 10h… Il va entrer dans le top 10 des plus commentés ce billet avec un départ aussi tonitruant !

@ Brigadier-chef Harald en 100 : Liberté n’est pas licence : certes, mais si l’idée le payeur choisit le payé discrétionnairement peut être valable en cas de sponsoring, je vois moi aussi une différence avec la subvention publique, peut-être pas la même différence que tout le monde…
Effectivement pour moi la liberté d’expression ne doit être limitée que lorsque c’est strictement nécessaire, ce qui n’est malheureusement pas le cas très souvent !

En parlant de liberté d’expression et des restrictions à son usage, j’aurais bien vu en conclusion de ce billet un mot sur la réforme à venir du secret défense…

Mais on ne peut pas tout dire en un seul billet !

Une nouvelle fois merci pour ce billet et pour votre blog Maître, et pour l’échange qu’il permet.

103. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:01 par Leon

Cher Maître,
A vous lire, on prend goût à chercher les petites bêtes…
Vous écrivez :

{{la pré­si­dente de la région mena­çant de remet­tre en cause les 400.000 euros de sub­ven­tions annuel­les que la région verse au fes­ti­val si le rap­peur s’y pro­dui­sait.}}

Or, l’intéressée a déclaré :

{{je n'ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes}}

Ne pourrait-elle pas vous poursuivre en diffamation si l’on considère que vous lui imputez un fait précis (remettre en cause les 400.000 euros si Orselan avait chanté) de nature à porter atteinte à son honneur (détournement de pouvoir et chantage) alors qu’elle n’a évoqué que son “envie de sponsoriser” ?

104. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:01 par Stef

Plaidoyer impeccable contre la censure.

Mais la violence verbale est une violence insupportable.

105. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:02 par Le lecteur masqué

“Le rappeur Orelsan et Manuel Valls sont “les deux victimes du sectarisme du Parti socialiste”, a estimé aujourd’hui porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre”

nice.

106. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:03 par Portes du Ciel

{{On le sait tous “la violence des paroles entraine la violence des actes” et “proteger les gens des chanteurs est plus important que les proteger tout court”,non?

Eolas:
Non, non, NON, NON ! Comment pouvez-vous écrire qu’il faille protéger qui que ce soit des chanteurs ? Vous connaissez une personne morte sous les coups des douze pieds d’un alexandrins ? Assommée par une rime ? Occise par un sonnet, mutilée par par une allitération ? Faut-il donc un permis de port d’arme pour écrire un pantoum ?}}

Bonjour Maître,
Je vous épargnerais la litanie habituelle “je vous lis mais je n’ose pas poster”, “vous êtes une bouffée d’oxygène, continuez” et autres. Parce que si ce n’était pas le cas, je ne serais pas là.

J’ai repris volontairement cette citation; je l’ai trouvé tellement “air du temps”.
Je suis une fan de hard rock/heavy/metal/symphonique, j’écoute aussi parfois du death, du black; j’ai même taté du doom, mais ces trois derniers styles sont moindres dans ma cdthèque.
Tous ces noms barbares qualifient un style musical tellement plus largement que “bourrin”, où deux guitares électriques, une basse et une batterie s’organisent autour d’un chanteur à la voix plus ou moins rauque. Quand je suis encore une inconnue et qu’une personne me rencontre pour la première fois, je passe pour une fille gentille; quand je parle de mes goûts musicaux, je deviens une détraquée.
Non, les “rapeux” ne sont pas les seuls regardés de travers. Les “chevelus goths” sont tout autant ostracisés, voire plus, car la suspicion de dépression à tendance suicidaire et un goût prononcé pour le satanisme au sang de chèvre ne sont jamais très loin; il faut être de grands malades mentaux pour supporter cette musique de barbare… (et que les autres intervenants métalleux ne fassent pas leurs vierges effarouchées^^)

Voilà pour une introduction somme toute banale mais qui veut avoir l’audace de situer une jeune femme qui ne se berce pas du doux son de la Star Ac’.

Pourquoi ce chanteur se fait-il allumer plus sûrement qu’un sapin au moment de Noël?
Il a commis l’erreur d’écrire son texte en français. Un(e) seul(e) des défenseur(e)s de la censure a-t-il déjà écouté des textes de rap américain dont les chaines de câble/radio nous abreuvent? Ou certains textes de R’n’B? Ou seulement visionnés ces clips?
Une heure passée sur MTV (ou skyrock fut un temps) devrait les vacciner d’invoquer le respect de la femme pour interdire cette chanson. Enfin, s’ils sont honnêtes.
Oh, je connais l’air mille fois chanté “pas parce que y’a pire ailleurs que”. Oui mais.
La liberté des uns blabla. De fait, soit tout est censuré; soit rien ne l’est. Et donc, oui oui blabla, car elle s’arrête à la frontière de la langue.

(et à ce moment de ma diatribe, je suis cataloguée comme défenseur de ce chanteur, j’en suis certaine^^)

D’autre part, je trouve tellement simple pour certains intervenants d’inverser la problématique; je trouve tellement simple de dire que les chanteurs sont la cause et non la conséquence (je m’explique, n’hurlez pas Maître).
Je me rappelle d’une affaire, il y a quelques années (j’étais jeune, je n’ai noté ni les noms, ni les lieux, ni les dates, désolée^^). Un gamin, dans les dix-sept ans de mémoire, pris d’un coup de folie avait massacré toute sa famille, armé d’un couteau de boucherie. Au moment du procès, sa défense fut très simple: il avait vu Scream. Je ne vous ferais pas l’affront d’évoquer ce film dans les grandes largeurs, mais résumons-le à “film de suspense plein de sang, gros budget bourré de clins d’oeil et d’humour”. Et les journalistes de gloser en long en large et en travers en disant que c’était la faute des films d’horreur si ce gamin devenait un meurtrier! Nullement un problème psychique personnel, un coup de folie ou que sais-je. Non non. La faute à ce fou de Wes Craven.

Quel rapport? J’y viens.
Depuis quelques années, je trouve inquiétante la propension à justifier les errements de “gamins” par la faute à la Culture de masse; films, jeux vidéos (ah… Armaggeddon… GTA… ), chansons, livres, clips. Jamais, à aucun instant, la pente savonneuse d’un individualisme sauvage et effréné, totalement égoïste et destructeur pour son voisin (au sens large de prochain), inculqué de plus en plus tôt n’est effleuré ou même évoqué.
Il est tellement plus simple de dire “il a tabassé sa gonz parce qu’il a écouté Oreslan” que d’ouvrir les yeux et de se demander pourquoi il l’a fait, à quel moment dans son éducation, son apprentissage, sa croissance, untel a basculé de l’autre côté de la barrière de nos règles morales pour les transgresser. Il est tellement moins dérangeant de dire que c’est la faute à un artiste, plutôt que de chercher à comprendre pourquoi lui a craqué.
Ne me croyez pas LCR, anarchiste, adepte du chat noir ou du poing levé. Mais je m’interroge. N’est-ce réellement qu’une vue de l’esprit? Je n’ai pas le recul pour entrer plus avant sur le sujet. Je veux juste suggérer de réfléchir, de prendre le problème à l’envers avant d’hurler.

Le point suivant qui m’a fait hurler: le féminisme.
Je suis une femme (sisi je vous assure). Évidemment ce genre de texte me heurte. Mais les gorilles ne sont-ils pas heurtés par l’évocation d’un acte avec un juge? Et les amérindiens devant les charges de cavalerie de John Wayne? Et les Japonais devant les films de kamikazes? Et les Africains devant “les dieux sont tombés sur la tête”?
Nous avons tous des raisons, un jour ou l’autre, d’hurler devant une parole publique qui nous heurte, nous blesse, nous choque.
Je n’arrive pas à croire qu’agir comme celui qui nous blesse soit la solution miracle…
Je n’arrive pas à croire que la défense du droit des femmes progresse en interdisant purement et simplement une chanson qui de toute façon va circuler sous le manteau, avec ce magnifique goût d’interdit, si sucré au palais.

Je ne pouvais terminer mon laius qu’en revenant sur les évocations du nazisme, du négationnisme pour justifier de l’interdiction.
Il n’y a rien de pire que ces amalgames à la petite semaine, qui trahissent la mémoire de ceux qui ont battu, qui ont souffert, qui sont morts durant cette période.
Comment oser évoquer les victimes de la Shoah à propos d’une chanson minable? Et il sera de bon ton de s’étonner que la mémoire des victimes est bafouée par un je-m’en-foutisme grandissant!
Ah, la belle affaire de s’en offusquer, quand ce drame aura tellement servi à justifier l’injustifiable, y compris le mauvais goût musical, perdant de fait son impact, son poids, la nécessité de se souvenir pour ne plus jamais vivre ça, qu’il ne sera plus une barrière suffisante à un possible.

Vous voulez lutter contre ces textes? Vous voulez réellement ne plus voir fleurir ces provocations à la petite semaine?
L’éducation et la pédagogie devraient être nos seules armes. Ouvrir les esprits, les cultiver, leur montrer d’autres mondes, d’autres façons de penser. Ne pas entrer dans le jeu du rejet, du mépris, du flicage, de la peur de l’inconnu, de l’Autre. Répondre à l’étroitesse par l’étroitesse ne fait qu’enfermer un peu plus.
Je ne crois pas à l’Etat-flic. Je crois dans l’Etat qui instruit.
Je ne crois pas à l’Etat-prison. Je crois dans l’Etat-prévention.
La censure est l’arme des dictateurs, quand ils n’ont plus rien à opposer que les armes et le silence.

Je ne sais que trop combien mon texte est brouillon, provocateur, semblant porteur d’utopie à la petite semaine; combien il prête à sourire. J’avais envie de partager un sourire (ou des cris) avec vous…

107. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:09 par Eugène

@ Malavita (85)
Avant de refaire l’Histoire, relisons les propos de Ségolène Royal au début du mois : “En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n’ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes (…)””

Ce que je lis surtout dans cette déclaration, c’est qu’il y a eu d’abord une demande (assumée) de clarification aux organisateurs, puis l’affirmation d’un point de vue de principe sur le regret de “sponsorisation”. Quoi qu’il en soit, les organisateurs en exercice ont précisé expressément qu’il n’y a pas eu de chantage effectif de la présidente de la région comme le laisserait entendre cette déclaration. Quant à l’intéressée, elle a elle aussi démenti toute menace de sa part assimilable à un chantage à la subvention.
http://tf1.lci.fr/infos/france/soci…
et
http://www.lepost.fr/article/2009/0…

Au final, on ne se situe pas ici dans le registre juridique, mais bien dans le culturel et dans le politique. Cette affaire illustre malheureusement les errements de notre époque : la bulle médiatique dévore tout, sans se soucier de rationalité et de valeurs humanistes. Ce qui compte, c ‘est de faire du bruit, du papier, de la bande passante, de l’animation à bon compte. Surtout pour ceux qui espèrent en vivre et s’en enrichir sans vergogne. Et ils sont nombreux. Et puis il y a ceux qui en profitent pour se tailler une toge de vertu à bon compte, sans avoir peur du ridicule en se coiffant de l’auguste couvre-chef de Voltaire.

108. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:09 par Veig

@93, Piedo : ah, mais ne vous excusez pas: l’article que vous avez cité était au contraire très pertinent, et puisqu’Eolas parle de censure, il ne s’agirait pas justement de dénigrer/contester/censurer a priori tout article écrit chez Novopress parce que par ailleurs c’est un repaire de fachos.

Tout comme il ne s’agit pas de traiter Orelsan de sale macho parce qu’il a écrit une chanson que certain(e)s vont prendre au premier degré comme un chapelet d’insultes et de menaces envers une femme — alors qu’au second degré, la chanson d’Orelsan et le clip se focalisent sur la douleur et la déchéance d’un type qui bascule dans l’alcoolisme et qui tient des propos incohérents et méprisables parce que sa copine l’a quitté… et c’est bien plus intéressant vu sous cet angle.

Non, je trouve ça très intéressant, il faut lire ces sites (aussi), mais avec un certain recul, comme on consulterait un boussole qui indique le Sud ;-) et avec une grosse pincée de sel, comme on dit outre Manche.

109. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:16 par Tom-

@ Malavita, Eolas. Autrement dit, Royal confirme avoir demandé des clarifications. Elle dément avoir fait du chantage à la subvention.

Vous avez deux versions. Celle de Foulquier et celle de Royal. Tout ce que vous pouvez faire, faute d’information supplémentaire, c’est choisir celle qui a votre préférence.

Il y a un fait établi : Royal a très vivement critiqué les propos d’Orelsan. Est-ce que le fait que sa Région finance le festival lui interdit d’avoir un avis sur les propos d’Orelsan ?

Eolas:
Votre préférence est en tout cas déjà choisie. « en tant que présidente de la région, je n’ai pas envie de subventionner Orelsan ». Ce n’est pas une critique. C’est une menace. Votre aveuglement est attendrissant.

110. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:20 par Solo

@Babouchka (95) : Pauvre chérie, persécutée. La France est un pays très dur pour la condition des femmes, on le sait tous. Permettez moi de pouffer, si ce verbe est autorisé par la ligue des chiennes bien pensantes. Cayenne est fermé depuis longtemps, mais on collectionne toujours un nombre impressionnant de boulets dans ce pays.

Eolas, le problème n’est pas la liberté d’expression mais le politiquement correct, ce qui est légèrement différent. Comme vous le dites très bien dans la note et plus loin en commentaire, ça dépend du camp dans lequel on se trouve :

…tous les moyens sont bons pour par­ti­ci­per au triom­phe du poli­ti­que­ment cor­rect.

(même Isabelle Alonso, sacré moyen idiot…)

C’est la naissance qui détermine ce camp. Orelsan a le mauvais goût d’être né mâle à la fin du XXème, il ne peut éructer ce qu’il veut sans risquer la censure et l’opprobre des bien-pensants, le doigt sur la couture du pantalon, terrorisés à l’idée d’être confondus avec des hommes virils.
Fin XXème, début XXIème, la société pense que certains sont solides et peuvent supporter toutes les accusations. Mâle blanc hétérosexuel ont abandonné l’égalité avec les autres groupes de pression de la République divisible et multiple.

“J’ai envie de dégainer sur des faces de craie” chante le groupe de rap Ministère Amer en 1991. Je n’ai pas le droit d’écrire le négatif de ces paroles ici.

Eolas : “Quant à la critique que vous citez, exprimer sa haine à l’encontre d’une personne en faisant référence de manière désobligeante à sa race, ethnie, religion, nationalité et depuis peu orientation sexuelle tombe sous le coup de la loi, en effet.

La justice ne veut plus être aveugle et fait bien la différence entre des couleurs de peau.

Eolas : La loi pénale est d’interprétation stricte : le législateur a entendu défendre certaines catégories restreintes de la population. Toutes les catégories rêvent de faire partie de ces happy fews dont la seule évocation fait trembler et lie les langues. C’est pour ça qu’il faut veiller à ce que ces catégories restent rares.

C’est un plaidoyer contre la croissance de ces “catégories” ?

111. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:21 par Clems

Son clip est franchement drôle, je ne sais pas si c’est volontaire, mais le voir avec sa tête de jeunot se lamenter. PTDR

112. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:22 par Groquick

J’ajouterai qu’en plus de ce festival, Orelsan a été censuré dans les bibliothèques de la ville de Paris, ce qui a été condamné par l’Association des Bibliothécaires de France.

cf http://abfblog.wordpress.com/2009/0… et http://www.liberation.fr/musique/01…

Mais cela a fait moins de bruit qu’à l’époque des censures des bibliothèques des villes tenues par le FN…

113. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:23 par haha

“Eolas:Au lieu de faire des insinuations hypocrites, faites des recherches.”

Certes, http://www.lepost.fr/article/2009/0…

Même date que le lien de votre article . Et ce n’est pas “hypocrite” que de se demander si oui où non toute cette histoire est dû où non à Royal ou bien si c’est un fantasme faisant passer la déprogramation d’un artiste bas de gamme (subjectif, soit) pour un acte de censure avérée par les médias.

“Eolas:
Quand j’en parle, je suis suspect. Quand je n’en parle pas, je suis suspect. La police politique est prête, visiblement. Et je suppose que quand je critique les mensonges d’Éric Besson et la politique d’immigration initiée par Nicolas Sarkozy, je suis tout à coup quelqu’un de formidable ? Oh, si vous saviez combien de méprise les hypocrites comme vous, vous trouveriez finalement qu’Orelsan est bien modéré.”

Pas mal le coup de la “police politique”. En mettant en avant vos articles critiques sur la politiques de l’immigration voulez vous dire que cela vous exempt de toute critiques sur votre estocade opportuniste, virtuelle et voltairienne contre la censure? A vrai dire c’est la conclusion à la terminator qui m’a vraiment déplu “Qu’ils sachent qu’ils me trouveront toujours sur leur chemin pour leur barrer la route.”.

Pardonnez-moi d’avoir de serieux doutes aux sujet de cette histoire qui aura en tout cas été un fameux coup de pub à l’artiste en question.

Eolas:
Mais précisément, je n’ai rien à vous permettre puisque vous êtes libre de vous exprimer. Ah, c’est dur, quand on a l’habitude de ramper, de se remettre debout, n’est-ce pas ?

114. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:25 par Leon

Suite de mon message 103,
@Eolas 109,
Ses déclarations sous-tendent clairement une menace mais n’est-ce pas aller un peu vite en besogne -et risqué pour vous- d’écrire , en gros, qu’elle sucrera les subventions au festival si Oreslan s’y produit ?

Eolas:
Non. Quand un politique s’exprime en précisant qu’il le fait en tant que chef d’un exécutif local autant que comme personne s’estimant à titre personnel visé par ce texte, dit à un journaliste qu’il n’a pas envie de sponsoriser ça sur SON territoire, il n’y a pas la moindre ambiguïté. Celui qui a des oreilles, qu’il entende.

115. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:26 par Bertrand

@Grunt² en 97

Ca fait beaucoup d’interdiction, pour une liberté…

116. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:29 par Leon

erratum
qu’elle a menacé de sucrer les 400.000 euros, pas ” qu’elle sucrera”

117. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:32 par André Lavigne

Tant qu’il n’y a pas atteinte légale à la liberté d’expression le débat a la droit de cité, quels que soient les positions des différents camps. C’est cette même liberté qui autorise les chiennes de gardes et autres goupes/blogs à souhaiter la déprogrammation de ce chanteur voire l’interdiction de telles paroles. C’est toujours cette liberté qui permet à Eolas de soutenir Oreslan. Ce qui est gênant c’est quand l’un des deux camps voudrait faire taire l’autre au nom de son principe et cela devient particulièrement ironique quand ledit principe est la liberté d’expression

Si Ségolène Royal a vraiment fait pression pour l’annulation de ce concert, elle peut avoir le rouge au front. Je ne pense pas qu’il soit possible d’en être jamais certain toutefois. Quant aux politiques qui s’emparent de tout ce qui leur tombe sur le prompteur afp pour proposer une loi c’est pathétique mais banal.

118. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:32 par Leon

D’accord avec vous, c’était juste pour pinailler…

119. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:33 par Solo

@113 : Pardonnez-moi d’avoir de serieux doutes aux sujet de cette histoire qui aura en tout cas été un fameux coup de pub à l’artiste en question.

Tant mieux pour cet artiste. Je suis content que Yelle, Orelsan, TTC, etc existent, tant pis pour les pères/mères la morale (il y a en effet une confusion des sexes dans leurs esprits). Enlevez vos sous-pulls, vous allez étouffer.

120. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:38 par Lucca Clermont

Vous écoutez du rap ? Qui écoute du rap ? Pour partie de jeunes mâles qui vivent dans des territoires où les jeunes femmes ont beaucoup de problèmes pour faire respecter leurs libertés individuelles et parfois y renoncent. Vous croyez que ces jeunes mâles sont capables de poser le raisonnement : c’est l’expression d’une souffrance, il ne faut pas prendre au pied de la lettre la violence des propos ? Il faut se garder du point de vue de la personne éduquée qui vit dans un quartier sûr et qui oublie que la société n’est pas homogène. La liberté d’expression des jeunes femmes m’importe tout autant ; quand l’État français sera en mesure de la leur assurer, alors on pourra se payer le luxe de gaspiller des subventions publiques pour que n’importe qui puisse chanter n’importe quoi.

À mon grand regret cette affaire bénéficie d’une trop grande publicité — hélas liée à l’interdiction — et permet de conférer à Orelsan une image positive ; pensez : il est victime d’une entrave à la liberté d’expression. Ce rappeur aura au moins servi à ce que l’on s’interroge sur la liberté d’expression.

Une question de droit : pourquoi en cas de procès « la décision du Conseil régional de ne pas renouveler les subventions (serait annulée) pour détournement de pouvoir. Le jugement donnera raison au festival quelques mois après sa liquidation judiciaire pour faillite» (je vous cite). Est-ce que justement cela aurait à voir avec l’entrave à la liberté d’expression ?

121. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:41 par non-non

{{La rumeur dit que la rappeuse pitbulle serait son ex.

Et elle lui fait trois réponses sur le site des chiennes de garde :
http://chiennesdegarde.com/ActionMa…
}}

A lire les paroles ce n’est pas le cas:

“Si tu baises comme t’écris, y a pas d’quoi la ram’ner :”

122. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:41 par Leon le pinailleur

Je reviens à la charge (après 103 et 114). Je suis d’accord avec vous sur le fond, mais sur la forme, il y a quand même une différence entre dire que Ségolène a fait pression sur les organisateurs en déclarant “je n’ai pas envie de subventionner ça sur mon territoire” et affirmer qu’elle a menacé les organisateurs de supprimer ou réduire leurs subventions s’ils avaient eu l’outrecuidance de maintenir le concert d’Orselan sur “son” territoire…

123. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:42 par Tom-

{{Eolas:
Votre préférence est en tout cas déjà choisie. « en tant que présidente de la région, je n’ai pas envie de subventionner Orelsan ». Ce n’est pas une critique. C’est une menace. Votre aveuglement est attendrissant.
}}
Non, ça n’est pas une menace, c’est le commentaire d’une décision qui a déjà été prise.
Bien sûr que ma préférence est assumée. J’ai tendance à croire Royal plus que Foulquier. Qu’on nous apporte la preuve de ces menaces.

Communiqué de presse de Royal :
Toutes les affirmations de menace pour obtenir la déprogrammation du rappeur, de même que toutes les allégations de chantage à la subvention sont fausses et diffamatoires.
Elle devrait faire bien gaffe avant d’employer le terme “diffamatoire”. En attendant, pour l’instant, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre.

124. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:50 par olympe

question au juriste émerite. Si au lieu de chanter “je vais te marietrintigner” il disait “je vais te ilanhalimiser” le défendriez vous toujours avec autant de conviction ?

125. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:53 par haha

“Eolas:
Mais précisément, je n’ai rien à vous permettre puisque vous êtes libre de vous exprimer. Ah, c’est dur, quand on a l’habitude de ramper, de se remettre debout, n’est-ce pas ?”

De la même façon qu’il est dur, parfois, d’être debout et de marcher dedans, n’est-ce pas? Vous entendez “censure” alors que des déclarations contradictoires mettent en doute le fond de l’histoire (comme en 114 et les liens postés plus haut) et c’est en cela que votre conclusion m’apparaît franchement hors de propos.

126. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:54 par turquoise

bravo pour ce billet empreint de sensibilité et dont la démonstration est d’autant plus forte qu’il est évident que les chansons d’ Orelsan sont loin d’être votre tasse de thé. vous illustrez bien le propos de Voltaire. mon “féminisme ordinaire” ne m’empêche pas de m’insurger contre ce lynchage en règle. ce n’est pas tant les critiques qui me gênent (justement au nom de la liberté d’expression et pour qu’il y ait débat), que leurs conséquences: l’autocensure par les organisateurs de spectacles et expositions de part l’Europe devient de plus en plus fréquente; pour prévenir les ennuis potentiels ou pour caresser l’opinion dans le sens du poil, on déprogramme. qu’il s’agisse de ménager les puritains, les religieux, les communautaires, les féministes etc., cela conduit au même résultat. la conséquence est sûrement insidieuse, après les programmateurs, ce seront les artistes qui pratiqueront l’auto-censure…
et enfin, je déplore qu’aucune femme politique visible n’ait eu le courage ou la volonté de défendre Orelsan.

127. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:54 par gwynplaine

@Brigadier-chef Harald en 100 :
Je vous réponds à vous, mais cette réponse s’adresse à tous ceux qui pensent de même, à savoir que puisqu’on subventionne on a bien le droit de regard sur l’utilisation de cette subvention. C’est vrai, mais uniquement en ce qui concerne ce pourquoi la subvention a été attribuée.

Comme le dit Piedo en 89, il ne faut pas confondre subvention et “sponsoring” ou mécénat. L’attribution d’une subvention se fait sur demande, avec dossier de présentation à la clé, et donne lieu à une convention (toutes les parties à une convention ont des obligations, le subventionneur - donner ce qu’il a promis - comme le subventionné - respecter l’utilisation convenue). Cette convention est là pour délimiter le cadre d’attribution et d’utilisation de cette subvention (qui ne peut être utilisée que dans le but précis de ce pourquoi elle a été allouée), et à mon avis la convention pour un festival ne recouvre jamais la programmation de celui-ci (mais je ne peux pas en jurer). En conditionnant l’attribution d’une subvention à quelque chose qui n’entre pas dans le cadre de son attribution c’est ne pas respecter les termes de la convention : c’est illégal. (Enfin je pense, des personnes mieux au fait que moi sur ces sujets me corrigeront si je dis des conneries.)
Sinon pourquoi, puisqu’on donne de l’argent, ne pas choisir les dirigeants du festival, et les changer quand on n’en est pas content ?

Il ne faut pas confondre avec le mécénat, où un organisme privée “s’associe” à un évènement dans l’espoir que son “image” s’en trouve améliorée.

(P.S. : je me place dans un cadre général, pas dans le celui de savoir ou non s’il y a eu chantage à la subvention pour Les Francofolies. C’est le principe dont je parle, même si j’ai mon opinion dans le cas présent.)

@ Ah ah en 71 : il n’y a pas eu de polémique sur la censure lors de la déprogrammation d’Orelsan au Printemps de Bourges (encore que - notez bien les mots “polémique” et “censure” qui figurent dans cet article) parce que déprogrammation il n’y a pas eu, le directeur dudit festival n’ayant pas cédé au chantage à la subvention.

128. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:57 par anto

Je suis assez effaré des commentaires qui me sont donnés à lire en réponse à ce billet.Le texte de ce garçon n’est certes pas très élégant, mais de là à en faire la promotion de la censure et du chantage, m’effraie. Ce qui me choque le plus, c’est que finalement c’est le peuple ( à l’exception d’une minorité de politique ( tous de gauche, soit dit en passant )) qui encourage ce jugement.

129. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:58 par françois

Aux admirables admirateurs du doux poète Orelsan:
Que répondez-vous à Olympe (124) ??

130. Le Mardi 21 juillet 2009 à 12:58 par FB

C’est un petit peu hors sujet par rapport au fond du billet, mais suis-je le seul à trouver qu’Orelsan a du talent?
Qui ici a écouté l’album?
Personnellement je note deux choses sur ce rappeur, qui sont des caractéristiques extrêmement originales dans le monde du hip-hop. Premièrement une forme d’auto-dénigrement constante (il se définit lui-même comme ayant 14 ans d’âge mental, comme étant un loseur etc. ). Cela implique qu’il ne se pose absolument pas en modèle, ce qui change énormément la perspective dans laquelle sont reçues ses chansons par son public, et également explique aussi pourquoi ce rappeur rencontre ce succès. Cette originalité dans la représentation de lui-même lui permet d’aborder des sujets originaux (deuxième point) et - je trouve - assez positifs. Dans “50 pour cents” il met en garde contre les rapports sexuels non protégés et surtout irréfléchis, dans “petits poissons dans une grosse mare” il critique le manque d’humilité de certains et les violences psychologiques que subissent les faibles dans le monde du travail, dans “Jimmy Punchline” il se moque de ceux qui ont quitté l’école trop tôt pour de mauvaises raisons.
Il y a une valeur chez Orelsan, c’est la responsabilité: qd quelqu’un fait une bêtise ou agît de manière stupide il doit l’assumer. C’est sûr que ce n’est pas chez Michel Sardou qu’on trouvera ça.
Mais évidemment pour l’entendre il faudrait déjà pouvoir l’écouter: ce n’est déjà plus possible dans les bibliothèques municipales parisiennes.

PS : j’aimerais fortement entendre une battle entre Orelsan et Eolas, ça pourrait vraiment bien donner… Le mauvais esprit contre la mauvaise foi… j’adore!

131. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:04 par niodayoda

@ Olympe en 124 (non je ne me sens pas visé par l’expression juriste émérite !!) : Je crois que le principal problème d’un point de vue juridique se situe justement sur cette expression, et je pense qu’il serait intéressant d’un strict point de vue juridique que la famille de Marie Trintignant intente une action contre Orelsan pour cette expression, s’il y a une action possible bien sûr.

Action en réparation d’un préjudice moral pour atteinte à l’honneur de Marie Trintignant en leur qualité d’ayant-droit ?
@ Eolas : une petite aide serait la bienvenue pour cette entreprise de fiction juridique ! Y-aurait-il une action possible et si oui sur quel fondement ? quelles sont les conditions de cette hypothétique action ? est-elle prescrite ?

Sans avoir répondu à cette question, on ne peut pas répondre à votre question un tantinet provocatrice… Vous savez que le Maître de céans apprécie les commentaires quand ils sont frais non ?

132. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:05 par Loulou

“Eolas:
Non, non, NON, NON ! Comment pouvez-vous écrire qu’il faille protéger qui que ce soit des chanteurs ? Vous connaissez une personne morte sous les coups des douze pieds d’un alexandrins ? Assommée par une rime ? Occise par un sonnet, mutilée par par une allitération ? “

ou Assommée par un quatrain ?

ah non, ça ne marche pas, il y a eu Jean Fréron …

133. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:05 par Trotsky tue le ski

Quoi? On a accusé S. Royal d’avoir usé de son pouvoir pour influencer une (dé)programmation artistique?
Je la connais bien, impossible. La preuve, je vote pour elle.

-Allons zi y faire sa fête à l'Eolas qui ose rapporter des citations de la patronne qui mettent en doute sa version des faits!
Et c'est parti voilà la curée des militants, à grand coup de pseudo voltairisme contre l'avocat nécessairement opportuniste.

Heureux hasard pour celle qui n’a passé aucun coup de fil en ce sens:
Je ne sais pas ce qui les a conduits à reprogrammer ce rappeur. En tant que femme et présidente de la région Poitou-Charentes, je n’ai absolument pas envie de sponsoriser sur mon territoire une personne qui vante les violences faites aux femmes (…) Même si je n’ai pas à me mêler des choix artistiques, j’assume, et je me réjouis qu’il ne chante pas ses paroles de haine et de meurtre aux Francofolies
Bien mal embouchées les trompettes de la susnommée…
1. Ce n’est pas “son” territoire, la sémantique est consternante
2. Sa fonction l’incline à un devoir de réserve sur les contenus programmatiques qui pourrait sinon être interprété comme “un conseil” relevant de l’abus de pouvoir.
3. Qu’elle soit votre Madonne ne lui confère aucun droit supplémentaire à celui contenu dans le CGCT.
4. Que l’UMP saute sur l’occasion est un truisme.

Attaques stériles. Le commentaire public et l’orientation sur le contenu est DEJA un problème pour un représentant public. Propension des élus à influer sur les contenus, ont a déjà vu ce genre de cas où un groupe, malgré son contrat, a été annulé. C’était avec l’UMP. Ca vous soulage?

Moi ça m’inquiète.

134. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:06 par raven-hs

C’est ça qui est marrant avec la liberté d’expression, c’est certainement la liberté qui est la plus à géométrie variable, elle est souvent prise à tort comme : la liberté de dire tout ce qui ne ME choque pas.

Et comme il y aura toujours quelqu’un pour être choqué quelque soit les mots, il faudra tout interdire.

Les associations telles que les chiennes de garde par exemple, sont dans leur rôle en voulant combattre de telle manifestations de la liberté d’expression. Mais ce faisant elle se tirent, à mon sens, une balle dans le pied. Puisque soit on crie Haro sur le chanteur soit on est un mysogine accompli. Et comme il faut choisir un camp : je suis fier d’être mysogine.

135. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:06 par patrons-voyous

Marie-Ségolène Royal n’a pas eu le courage d’annoncer elle même qu’elle avait demandé le retrait du rappeur de ce festival. Nous n’avons eu l’information que par l’organisateur.

C’est un manque de courage de la part d’une responsable politique.

Le rappeur Orelsan s’est rattrapé depuis avec une chanson assez réaliste sur le comportement masculin : http://www.youtube.com/watch?v=IkFm…

Les francofolies ont abdiqué devant la pression financière. Nous venons d’assister à un précédent fâcheux. Les artistes ayant soutenu le festival et le rappeur sont peu nombreux, c’est de la lâcheté.

Qui paye décide, et cela pose la question du financement d’un festival par une pouvoir politique.
Les organisateurs de festivals devraient augmenter le prix des billets ou se faire soutenir par un mécène apolitique, qui changerait chaque année.

Comme dans certains pays, il existe l’art officiel, en France, dans la région Poitou-Charente, il existe l’art officiel, bien pensant

J’attends des artistes que j’aime qu’ils acceptent un cachet moindre pour nous faire plaisir dans des festivals ‘libres’ ( libérés des politiques ) plutôt que de continuer à faire le relevé des compteurs dans les usines à fric.

J’ai été heureux de voir et d’entendre Orelsan au Rock Dans Tous Ses Etats, à Evreux.

136. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:06 par Nicolas`

Tout à fait d’accord avec Eolas.

Deux petite remarque tout de même :

.J’ai écouté l’album d’Orelsan, et la comparaison avec le Death Metal me semble pas très pertinante. Le rap met en avant celle-ci, à l’inverse du death ou elle sont “growler” (hurler) de façon quasi imcrompréhensible, si bien qu’on cromprend souvent rien même après 50 écoutes…

.J’ai l’impression que tout est bon pour faire parler de la causes féministes…Pourtant pas sûre, que cette polémique ne donne une bonne image des associations qui soutienne la censure d’Orelsan et en plus généralement que cette polémique fera avancer la cause légitime qu’elles soutiennent.

137. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:09 par Véronique

S. Royal est dans le droit-fil des politiques qui ne sont inspirés que par les injonctions des groupes de pression.

C’est la médiocrité de leur culture intellectuelle et politique que cette affaire de chantage aux subventions révèle.

Ce sont des primaires dans la gestion de la chose publique.

138. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:10 par Leslie

Je suis assez partagée. Déchirée, même. Je suis artiste et je suis femme. Ce qu’écrit ce garçon (qui ne l’assume pas des masses, soit dit en passant) est épouvantable. De vrais appels au crime.

Mais comment légiférer là dessus ? Ou mettre la limite sans attenter à la liberté d’expression qui, en tant qu’artiste et citoyenne, me protège aussi du poids de la société, laquelle bascule vite dans l’opression de l’individu si on n’y prend garde.

J’entends ceux qui invoquent la liberté d’expression : Ils ont raison.
J’entends ceux qui veulenqu’on cesse de prendre les femmes pour des “trous à bittes”. Ils ont raison aussi.

Tout le monde a raison. Et en prenant position d’un coté ou de l’autre, immédiatement, on nous fiche, nous colle l’étiquette. Soit nous devenons à ses yeux les tenants d’un ordre moral réactionnaire, soit nous sommes des laxistes complices de crimes insupportables. La discussion vire à l’empoignade. Ce n’est pas d’elle que jaillira la lumière.

Que fallait il faire ? Personnellement, je suis perdue.

139. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:14 par niodayoda

@ Trotsky tue le ski en 133 : {{1. Ce n’est pas “son” territoire, la sémantique est consternante
2. Sa fonction l’incline à un devoir de réserve sur les contenus programmatiques qui pourrait sinon être interprété comme “un conseil” relevant de l’abus de pouvoir.}}

Sur le 1, même si cet emploi du possessif me choque, il ne faudrait pas se focaliser dessus parce que c’est Ségolène Royal qui l’emploie, tous les hommes et femmes politiques de gauche comme de droite parle ainsi : ma ville/mes électeurs (jamais mes citoyens vous remarquerez…)

Sur le 2 : d’où sort-il ce devoir de réserve ? de quel texte ?
Elle n’est pas fonctionnaire si ?

140. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:18 par Ferdydurke

@ François en 39

Ouch, beau retour de volée reçu en plein ventre justifié par mon sarcasme qui, pour le coup, tombe à plat. Re-ouch et merci pour la précision ;-)

Tout est dit… sur le registre utilisé par Orelsan et la nature de ses textes, en effet. Rien de plus. L’emploi de “marietrintigner” est de très mauvais goût mais ne constitue ni un crime ni un délit.

Je confirme donc mon point de vue. Je trouve cette chanson de mauvais goût et insultante vis-à-vis de la femme l’ayant “inspirée”, laquelle s’en est peut-être même inquiétée. C’est tout à fait concevable et compréhensible. A supposer que cela soit possible, ce serait plutôt à elle d’agir. Or Eolas répond à cette interrogation en 11 :

Une telle plainte n’aurait aucune chance d’aboutir, aucun élément ne permettant d’identifier cette jeune fille, le fait que les menaces, à supposer qu’elles fussent réelles, la visassent elle n’est pas établi.

Si Aurélien Cotentin avait adressé par mail à l’intéressée les mêmes propos que ceux de la chanson de son double Orelsan, il y aurait eu matière à agir. En l’état, ce n’est pas le cas. Il est libre de chanter, chacun est libre d’avoir son opinion et nul n’est autorisé à interdire l’expression de l’un ou de l’autre tant qu’elle ne franchit pas le cadre légal.

C’est toute la logique des condamnations de J.M. Le Pen : elles portaient non sur le fait qu’il s’est exprimé mais sur le contenu qu’il a exprimé, lequel était répréhensible.

Je vous renvoie enfin à la réponse de Me Eolas en 28 qui me semble une précision utile, en particulier sur le point “ce qui vaut pour l’un vaut pour l’autre”.

A titre d’exemple, interdire Orelsan n’amènerait-il pas à censurer La Marseillaise autrement plus violente et menaçante (voire xénophobe) que l’hymne de son voisin allemand? Vous noterez d’ailleurs qu’il est apporté dans l’article une saine précision : “über alles” se traduit par “avant tout” et non “avant tous” (über allem). L’hymne allemand n’est pas un chant visant à la domination mais à l’unité de l’Allemagne, loin d’être à l’époque de la création de l’hymne. Soit dit en passant…

141. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:19 par Exequatur

Sans vouloir le moins du monde comparer le talent d’Orelsan avec ceux des auteurs qui suivent: Ségolène Royal fera-elle pression pour couper les subventions aux bibliothèques de sa région qui organiseraient des conférences sur Apollinaire lorsqu’elle découvrira les « Les onze mille verges” ou aux universités qui enseignerait la littérature du XVIIIe siècle au prétexte de Sade? Parce que pour le coup… Les textes d’Orelsan sont beaucoup moins choquant!

142. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:22 par Ferdydurke

@ Leslie en 138

Certes, certes… mais n’exagérons rien : “trous à bittes” est sans doute un petit peu… démesuré, non? ;-)

143. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:33 par Babouchka

@ Leslie - 138
Vous soulevez effectivement le vrai problème.
Normalement, dans un monde “civilisé” -où le respect est la règle-, l’autocensure se pratique normalement et les pulsions violentes sont réfrénées par tout un chacun. Le respect de soi implique, n’est-ce pas, le respect de l’autre, des autres, et réciproquement…
Mais dans le cas contraire, la loi devrait empêcher de sortir n’importe quoi en public (en privé, on s’en fout). Un concert étant une chose publique, cela me semble tout à fait normal que les pouvoirs publics ne laissent pas faire n’importe quoi, sous prétexte de “chose artistique”.
Par exemple, si quelqu’un déféquait en public en disant c’est ma liberté d’expression, est-ce que tous ces défenseurs du “chanteur” seraient contre le fait de censurer une merde au sens propre sur une scène publique?
A mon avis, ce devrait être au cas par cas que l’on devrait se prononcer avec un jury de citoyens choisis par hasard…

144. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:34 par Marco

Je n’aime pas particulièrement le rap (mais Johnny non plus, chez moi c’est quasiment un réflexe immunitaire) mais votre billet est encore une fois d’une lumineuse justesse. Que dire de plus sinon merci, cher maître, pour ce rappel indispensable et salutaire.

145. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:36 par Harald

Cher maître,

Vous évoquez l’état de dépendance des artistes français. C’est vrai, cela fait d’ailleurs partie de cette exception française que le monde entier est censé nous envier. Il serait cependant honnête de reconnaître que la majorité des artistes français la désirent cette dépendance car, bons ou mauvais, elle leur permet de remplir la marmite. On ne saurait exiger une totale liberté de la part de celui qui assure vos fins de mois.

Si je suis plutôt d’accord avec vous sur la liberté d’expression, je ne puis m’empêcher de penser que lorsque l’on veut pouvoir s’exprimer librement il convient en premier lieu de s’assurer que l’on ne dépend de personne pour vivre. Ceci dit, si la Ségolène avait voulu la jouer fine elle aurait dû attaquer en faisant savoir qu’elle désapprouvait, sur le plan moral, la venue de ce soi-disant chanteur.

Quant à moi, il me semble qu’il y a certainement de meilleures causes à défendre au nom de la liberté d’expression que celle d’un type qui a accouché d’une immondice comme “sale pute”. La violence, même verbale, des neuneus de cités fascine certainement le bourgeois comme celle des apaches fascinait auparavant. Lorsqu’on y est confronté en live, c’est autre chose. Tout est question de vocabulaire. Brassens dans “L’hécatombe” évoquait le gendarmicide, le verbe était truculent et l’auditoire savait illico qu’il ne s’agissait pas d’un appel au raccourcissement des pandores. Aujourd’hui les mots ont changé et l’entendement du public auquel s’adresse Orelsan n’a rien à voir avec celui de Brassens. La “culture” non plus pour peu que l’on veuille bien se rappeler qu’il n’est pas dans nos moeurs de crâmer celles qui nous quittent.

A chacun ses combats.

146. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:39 par Koon

Je propose de former un recueil de tout les pires textes jamais publiés et d’en envoyer des copie à toutes ces personnes rageant contre Orelsan. On a une bonne liste déjà établie dans tout les commentaires.

Ça risque de couter cher en frais de port.

147. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:39 par Grunt²

@Bertrand, 115
Je suis bien d’accord. Raison de plus pour ne pas censurer quelqu’un dont les propos n’entrent pas dans les interdits définis par la loi.

148. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:44 par Trotsky tue le ski

@ niodayoda 139

Sur le 1. elle n’est pas visée en particulier. J’y relève une citation ayant valeur de métonymie et cela me dérange.
Sur le 2. c’est sur que si la phrase est coupée en 4 …

Influencer ou tenter d’influencer un contenu culturel subventionné grâce à une fonction élective est peut-être possible en droit.

Mais politiquement et médiatiquement en tout cas, ce sera commenté comme un abus de pouvoir ou une censure c’est selon.

Utiliser son mandat pour modifier la “qualité” d’un contenu culturel collectivisé revient quand même à amalgamer la gestion de bien public à sa propriété individuelle.

En droit je ne sais pas, mais en fait c’est pas terrible dans le calendrier électoral…

149. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:44 par Yann

Cher Maître,

Le fait que vous évoquiez cette affaire me donne l’occasion de porter à votre connaissance des évènements similaires (sauf à ce que je me fourvoie) se produisant dans notre ville de NICE, dont vous n’ignorez pas l’identité du Maire en exercice…

Le 11 juin dernier, un arrêté municipal a entrepris, sous couvert de promouvoir la tranquillité de nos rues ainsi que la qualité des numéros d’artistes s’y produisant, d’instituer à leur égard une procédure de validation par le biais d’un formulaire dont vous trouverez pour votre information un exemplaire sur le site suivant :

http://www.nice.fr/Culture/Les-arti…

Il est notamment précisé que toute demande doit être envoyée au minimum un mois à l’avance et fera l’objet d’une réponse dans les 20 jours suivant la réception, soit 50 jours de délai pour une personne qui ne peut qu’espérer plaire à la municipalité pour pouvoir se produire en fin d’été.

Je précise à cet égard que nos rues ne font pas l’objet de concerts de hard rock improvisés (un concert étant rarement improvisé, son organisation relèverait d’une toute autre procédure d’obtention par son organisateur de l’autorisation municipale d’avoir à tenir une manifestation), puisque vous pouvez quotidiennement croiser à NICE des peintres à la bombe (toujours très populaires parmi les touristes), un dresseur de chats, un homme statue, une guitariste folk, un pianiste, un imitateur de Mickael Jackson, un groupe de jazz itinérant, etc.

Outre, je suppose, la manifeste censure que représente cette procédure dont l’objet n’est que de permettre de contrôler la création et la pratique artistique des rues selon des critères éminemment obscurs (cf “renforcer la qualité à l’intérieur d’un périmètre dit “d’excellence touristique”), je m’interroge sur la validité d’une telle démarche au regard de la liberté d’expression que vous évoquez dans votre billet, dans la mesure où la qualité artistique (au sens juridique) de l’oeuvre et sa protection par la Déclaration des Droits de l’Homme & du Citoyen me semblent indépendantes de l’appréciation subjective que peut en avoir une administration.

Quant à l’argument de la tranquillité, et pour avoir, à mon faible niveau, géré des dossiers “trouble anormal du voisinage”, il me semble que l’adoption d’un tel texte, outre qu’il ne pourrait (à mon sens) être moins coercitif que la réglementation du tapage nocturne énoncée à l’article R623-2 du Code Pénal, ne ferait pas obstacle à ce que les voisins se prévalent de la responsabilité sans faute du trouble anormal pour obtenir dédommagement du préjudice que leur feraient subir des artistes, même validés par la Municipalité?

D’où l’impossibilité pour la Mairie de se raccrocher à cet argument aux fins d’expliquer sa censure, puisqu’une activité artistique générerant un trouble objectif était d’ores et déjà sanctionnée par la réglementation existante? Dès lors quel intérêt à valider l’activité des artistes, surtout selon des modalités ne leur laissant que peu de chance de pouvoir se produire eu égard aux délais de réponse, sauf à leur faire le procès d’intention que ceux-ci génèreront un trouble? Je n’y vois par conséquent, peut être à tort, qu’une tentative de contrôle de leur liberté d’expression par le biais de la censure…

Ainsi donc cet arrêté me parait-il être d’une totale inutilité en ce qu’il me semblerait hasardeux que l’artiste mis en cause puisse s’en prévaloir pour obtenir de bénéficier d’une forme de “régime dérogatoire”, et également attentatoire aux libertés que vous évoquez dans l’affaire Orelsan, ce qui me semble bien plus grave…

Vous souhaitant bonne réception de la présente,

Cordialement.

150. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:49 par Natoussia

@ Eolas

Je ne suis pas l’ennemi des féministes, mais des enragés, les deux n’étant hélas pas incompatible.

Le problème est que bien souvent,-je ne parle pas de vous, en tout cas pas dans ce billet- certains assimilent les unes et les autres, alors qu’il existe des féministes qui, malgré leurs hormones qui les rendent, comme chacun sait, dépendantes de leurs émotions, arrivent à réfléchir et argumenter de façon modérée et intelligible… Et ce, même parmi celles qui militent pour l’interdiction à Orelsan de se produire sur scène ! Et il est souvent pénible d’avoir sans cesse à se justifier lorsqu’on se dit féministe, de rassurer tout le monde en assurant que oui, on aime les hommes, et non, on ne nie pas toute forme de différence entre les deux sexes. C’est lourd, à la fin. Mais passons.

Dire qu’en changeant le texte, il aurait commis un délit ne démontre rien. La loi pénale est d’interprétation stricte : le législateur a entendu défendre certaines catégories restreintes de la population. Toutes les catégories rêvent de faire partie de ces happy fews dont la seule évocation fait trembler et lie les langues. C’est pour ça qu’il faut veiller à ce que ces catégories restent rares. Et les femmes, c’est la moitié de la population.

Permettez moi de jouer les naïves, maître, mais si je vous suis, le problème ici ne tient pas à l’attaque elle-même ou à l’incitation à la violence, mais bien à la taille de la catégorie, c’est bien cela? Mais si un jour, la prophétie de bien des lepénistes se réalise, et qu’on se retrouve en France avec, par exemple, 50% de population d’origine maghrébine, dans ce cas là dire publiquement que “l’arabe est fourbe et voleur” reviendra à insulter la moitié de la population, tout comme dire, maintenant, que les femmes sont des putes finalement… Dans ce cas là, on fera quoi? On changera la loi, en considérant que le racisme n’est plus une circonstance aggravante car il ne s’agit plus d’une minorité? Ne peut on pas considérer que la loi cherche à protéger, non pas les catégories restreintes, mais les catégories fragiles, souvent attaquées? N’est-ce pas, quelque part, le cas des femmes?

J’ajouterais qu’interdire l’injure sexiste, ce serait exposer bien des féministes à des poursuites judiciaires. Dame ! Ça marche dans les deux sens : fini les termes de phallocrate qui pense avec ses gonades, resté au stade d’homme des cavernes, etc.

Mais je suis la première à dire que ce serait normal de l’interdire ! Après tout, pourquoi aurait-on le droit d’insulter les hommes en tant que genre, alors qu’on lutte tellement pour éviter de se faire insulter parce qu’on est des femmes?

151. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:50 par niodayoda

Cher maître,

“Quant à moi, il me semble qu’il y a certainement de meilleures causes à défendre au nom de la liberté d’expression que celle d’un type qui a accouché d’une immondice comme “sale pute”. La violence, même verbale, des neuneus de cités fascine certainement le bourgeois comme celle des apaches fascinait auparavant”. Lorsqu’on y est confronté en live, c’est autre chose. Tout est question de vocabulaire. Brassens dans “L’hécatombe” évoquait le gendarmicide, le verbe était truculent et l’auditoire savait illico qu’il ne s’agissait pas d’un appel au raccourcissement des pandores. “Aujourd’hui les mots ont changé et l’entendement du public auquel s’adresse Orelsan n’a rien à voir avec celui de Brassens.”

J’aime beaucoup votre opinion selon laquelle il faudrait être un bourgeois (encore une étiquette aussi fumeuse aujourd’hui que gauchiste ou l’expression multi-protéiformes (c’est volontaire) “banlieues” pour vouloir défendre cette chanson, ou plus précisément le principe de son existence, pour dire ensuite que le public auquel elle s’adresse n’a pas les mêmes capacités d’entendement…

Quelle mépris ignoble !! Parce que vous Môssieur vous pouvez comprendre du Brassens, et comprendre qu’Orelsan ne s’exprime pas au 1er degré, son public, “naturel” pour ainsi dire ne pourrait pas le comprendre ?

Alors :

  • 1/ Je ne crois pas qu’une le public d’un artiste puisse être délimité à une catégorie de population particulière en fonction de critères géographiques, sociologiques, sexuels ou quelque critère que ce soit. Comme disaient les anciens, de gustibus et coloribus non disputandum (je vous passe la traduction, vous n’en avez certainement pas besoin…)
  • 2/ Conséquence du 1 : vous ne pouvez pas être à mes yeux plus méprisable que le texte incriminé d’Orelsan affirmer que son public ne comprend pas qu’elle se situe sur un plan imaginaire, un 2e ou 3e degré, qui est d’ailleurs il me semble présumé dans une oeuvre musicale.
  • 3/ Vous n’avez pas entendu Christian Estrosi (à moins que ce ne soit Frédéric Lefebvre, un doute m’habite) parler des jeunes de banlieue qui connaissent parfaitement les lois et s’y adaptent, raison pour laquelle il faut changer la loi afin que ces jeunes juristes-délinquants en herbe soient punis ? Vous imaginez qu’ils puissent connaître et comprendre la loi pénale mais ne pas deviner le 2e degré d’une chanson ?

152. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:55 par niodayoda

Petite précision pour le commentaire précédent, le début est une citation du commentaire de Harald en 145

153. Le Mardi 21 juillet 2009 à 13:57 par Jordi

Maître Eolas :

“Il ne dit pas que tou­tes les fem­mes sont des sales putes, mais que la copine ima­gi­naire du per­son­nage tout aussi ima­gi­naire qui chante en est une car elle le trompe.”

Vous utilisez le caractère imaginaire des personnages de la chanson comme un argument en faveur de la liberté d’expression d’Orelsan. Qu’en serait-il d’un point de vue juridique si un personnage fictif s’adressait en des termes aussi crus, non pas à un personnage fictif, mais, par exemple, à l’ensemble des femmes, ou des noirs, ou des juifs, ou des homosexuels ? Le chanteur serait-il dans ce cas passible de poursuites, ou pourrait-il s’abriter derrière l’argument : “C’est moi qui chante mais ce n’est pas moi qui parle, c’est mon personnage” ?

Et si effectivement il est passible de poursuite, alors que penser, par exemple, d’une comédie musicale mettant en scène un personnage raciste débitant au cours d’une chanson des insanités racistes ? Je suppose (et j’espère) que l’acteur ne risque rien. Mais si dans ce cas l’acteur ne risque rien, est-ce que celui qui chanterait une chanson semblable mais de façon isolée, c’est-à-dire sans la comédie musicale qui va avec, serait quand même punissable ? Le serait-il aussi s’il précisait que sa chanson est une fiction et qu’il ne pense pas ce qu’il chante ?

154. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:01 par alexandre

{{Mais invoquer le non respect de la liberté d’expression est, à mon avis, sans fondement. Si c’était le cas, un procès devrait être possible.

Eolas:
Oui, annuler la décision du Conseil régionnal de ne pas renouveler les subventions pour détournement de pouvoir. Le jugement donnera raison au festival quelques mois après sa liquidation judiciaire pour faillite.}}

Vous êtes l’expert, et je ne vai pas contester cette démolition complète de mon argumentaire. Cependant, votre réponse me laisse avec quelques interrogations.

Je lis sur Wikipedia (désolé je ne suis pas juriste, je ne sais pas où chercher) : Le détournement de pouvoir consiste en une utilisation par une autorité publique de ses pouvoirs à des fins autres que celle pour laquelle ces pouvoirs lui ont été confiés.

- A quelles fins le conseil régional octroie des subventions ?
- Quel serait un motif légitime de suppression d’une subvention ?
- Est ce que la mairie d’Orange a été condamnée pour la suppression de la subvention aux Chorégies ?
- Quel rapport avec la liberté d’expression ?

155. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:01 par Un fourbe

Ce qui est intéressant, c’est que dans un monde parfait, la liberté d’expression serait totale, et lorsque quelqu’un tiendrait des propos comme ce bon rappeur, et bien les gens s’en désintéresseraient vite.

Le meilleur moyen de lutter contre ce genre de propos, ce n’est pas l’interdiction, c’est l’éducation. Me semble t-il en tout cas.

Par ailleurs, la chanson n’a pas grand chose de choquant une fois comparée au reste du répertoire de l’artiste, qui n’a pas beaucoup varié les thèmes et les paroles. Comme quoi, la provocation, ça marche.

Sur le sujet du “Tout le monde tombe dans le panneau” :
http://odieuxconnard.wordpress.com/…

156. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:04 par Chopinhauer

Votre plaidoirie, cher Maître, est comme d’habitude très convaincante.

Cependant j’aimerais bien savoir, si lors dès l’attribution des subvention publiques les organisateurs n’ont-ils pas dû soumettre les propos et buts de ce Festival et se mettre d’accord sur les règles de sélection des artistes ?

Si j’obtenais une subvention pour l’organisation d’un festival de “musique populaire”, je verrais surement ma subvention disparaître si je mettais dans le programme uniquement de la musique romantique du XIX-ème siècle. Et cela pour avoir menti sur les propos du festival.

Donc si la présence de Orelsan viole le règles établies (à priori) par le festival Francofolies, le pouvoir public aurait bien le droit d’enlever leur soutien.

Je me rends compte que rien n’indique qu’on soit dans cette situation et ma question est purement hypothétique. Comme j’ai déjà dit, étant donné les informations à notre disposition, je suis d’accord sur votre position.

157. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:05 par mylifeforaiur

@ Babouchka 95 ainsi que tous ceux qui citent la chanson pour démontrer la violence de ce rappeur: il interprète dans cette chanson un PERSONNAGE, pas forcément une opinion. Regardez la vidéo, qui montre un mec bourré, la bouteille de vodka ou de whisky à la main, ayant passé une nuit blanche à se lamenter sur son sort de cocu, et vous comprendrez qu’il ne s’agit pas de menaces, mais simplement d’élucubrations faites sous l’influence de l’alcool. Où sont les menaces? Où est-il question d’un passage à l’acte?
Cette chanson ne décrit pas la réalité, mais des pensées noires, un point c’est tout.

@olzmpe 124 : quel est le rapport entre la torture et le meurtre d’Ilan, prémédités par un fanatique; et l’affaire Trintignant, absence de préméditation, influence de l’alcool, aucune volonté de causer la mort? Si vous aussi aviez regardé le clip vous verriez qu’il y a un rapport entre la situation du personnage de la chanson et celle de Cantat: il sont tous deux totalement bourrés.

158. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:07 par Malavita

@ Eugène (107) : “Ce que je lis surtout dans cette déclaration, c’est qu’il y a eu d’abord une demande (assumée) de clarification aux organisateurs”

Mais au nom de quoi ? Quelle est la légitimité de Ségolène Royal pour intervenir dans la programmation des Francofolies ?

“Au final, on ne se situe pas ici dans le registre juridique, mais bien dans le culturel et dans le politique.”

Et l’intervention du politique dans le culturel, ça porte un nom : jdanovisme.

159. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:12 par Ferdydurke

@ François en 129 “Aux admirables admirateurs du doux poète Orelsan: Que répondez-vous à Olympe (124) ??

Comme vous l’aurez constaté, je ne suis pas un admirateur, etc. mais je répondrai ceci :

1/ Marie Trintignant n’a pas été tuée en raison de son sexe alors que le mobile raciste/antisémite est fondamental dans l’affaire du “gang des barbares”. Ilan Halimi a été tué parce qu’il était juif. Y. Fofana a d’ailleurs été condamné pour assassinat à caractère antisémite.

2/Le tribunal de Vilnius n’a pas retenu l’intention homicide et a condamné B. Cantat pour “meurtre commis en cas d’intention indirecte indéterminée” contrairement au “gang des barbares” (assassinat).

3/ Sous réserve que cela soit possible, d’éventuelles poursuites des ayant-droits de Marie Trintignant ou d’Ilan Halimi porteraient sur une atteinte à la mémoire/réputation/honneur de…

4/ Les incitations à la discrimination, à la haine, ou à la violence contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur lieu d’origine, de leur ethnie ou absence d’ethnie, de la nationalité, de la race ou d’une religion spécifique ainsi que l’incitation à la discrimination, la haine, la violence contre les personnes en raison de leur sexe, orientation sexuelle, ou leur handicap sont prohibées.

Est-il nécessaire, fondé et sain d’en appeler à Ilan Halimi pour discuter de l’affaire Orelsan? Ou sont les plaintes contre Orelsan?

160. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:15 par caline fourchon

@ Dadouche/62

Quand on pense qu’on a laissé un dangereux individu chanter pour le 14 juillet et qu’on l’a même payé (fort cher paraît-il) pour ça ! Et ça fait des années que ça dure sans que personne ne s’en émeuve…

Incitation publique à l’allumage de feux en été en bande organisée ça va chercher dans les combien ? ;-) si c’est bien suivi de voitures brulées ;-)

161. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:16 par niodayoda

@ mylifeforaiur en 156 : Je n’avais effectivement pas vu les choses sous cet angle par rapport à Bertrand Cantat, et la bouteille de whisky plaide en la faveur d’Orelsan.
Mais en sa défaveur, si vous suivez le lien donné par un fourbe en 154, vous trouverez les paroles d’une autre chanson d’Orelsan, “Saint Valentin” dans laquelle il emploi déjà l’expression de marietrintigner et pas dans ce contexte d’abus d’alcool…

@ Malavita en 157 : Et l’intervention du politique dans le culturel, ça porte un nom : jdanovisme. tout de suite les grands mots !

162. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:18 par Gilles

Je me permet de citer IAM, dans le titre “Dangerous”, sorti en 1997 sur l’album “L’école du micro d’argent” :

”Ce que le cinéma se permet, la télé, les livres
Et les magazines, pour nous c’est prohibé
Incitation à la violence
C’est comme si pour chaque meurtre on inculpait Jack Palance

Bon, on aurait pu citer Al Pacino aussi (Tunisiano, ex-Sniper, l’a fait dans une interview quand on lui a parlé de cette affaire), et tellement d’autres, abonnés aux rôles des méchantes ordures.

Je finirais par quelques mots chantés par le très (aujourd’hui) politiquement correct Michel Sardou :

”J’ai envie de violer des femmes
De les forcer à m’admirer
Envie de boire toutes leurs larmes
Et de disparaître en fumée”

1973 - Les villes de solitude
Un texte de Pierre Dalanoë (qui, pour l’anecdote, disait à Abd Al Malik : “Pour moi c’est pas de la musique, c’est des vociférations, des éructations (…) J’admets que le rap soit une forme d’expression pour des gens primitifs qui ne sont pas capables de faire de la musique, qui ne savent pas ce qu’est la musique (…)” France inter, juillet 2006)

163. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:20 par Jdieten

J’avoue ne pas avoir lu tout le fil de discussion mais je suis de ceux qui ne parviennent pas à trancher.

Je ne suis pas favorable aux mesures préventives (le répressif (le pénal pour les mékeskidis) vous le dites est inapplicable puisqu’il n’y a pas d’injure faute d’avoir un injurié). Il y a quelques mois, la question était celle de l’interdiction de l’exposition our body (finalement interdite par la Cour d’appel de Paris au motif, tout à fait légitime pour le coup, que l’organisateur ne disposait pas des autorisations des exposés) : dans ce cas également, appeler à la censure parce que c’était amoral d’exposer un cadavre ou encore parce que ce n’était pas de la science paraît absurde (qui détermine ce qui est de la science ou de l’art et que veulent dire ces deux mots sortis d’un contexte)…

Reste que l’outrecuidance des propos heurte. Bien sûr qu’il n’y a pas de différence de nature entre le gorille de Brassens et le macaque d’Oreslan. Mais enfin, il y a, convenez-en, une différence de degré remarquable entre une “suite qui serait délectable mais qu’on ne peut malheureusement dire” et “la pénétrer pour lui déchirer l’abdomen”.

Toute la question est qui évalue la différence de degré (ce ne devrait certainement pas être Ségolène Royal mais est-ce que cela peut être une commission, un juge…?) et quelles sont les conséquences qui s’y attachent (“parental advisory”, limitation des subventions publiques pourquoi pas, l’interdiction a un fort relent…).

Et permettez-moi de disconvenir fermement avec votre réponse sous le commentaire 22. Evidemment, les mots peuvent tuer (attention : synecdoque). Je vais prendre un point godwin mais je pense que le TPI d’Arusha a démontré suffisamment que Radio milles collines avait bien travaillé.

Je ne dis pas qu’Oreslan propage la haine, je dis que vous êtes parfois plus royaliste (non je ne parle pas de l’autre) que la Cour de Strasbourg…Peut-être cela devrait-il vous alarmer.

La démocratie est un funambule sur une corde et tous les citoyens tirent à chaque instant de tous les côtés. Pourvu qu’aucun ne soit plus fort…

164. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:21 par jdieten

Il fallait bien sûr lire l’outrance des propos…

165. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:25 par vishnoo

Ceci, avec d’autres faits à la gare Saint-Charles et ailleurs, confirme pour moi les propos que je viens de lire de Chomsky disant que la France n’a pas pour tradition de défendre la liberté d’expression.

Chomsky dit par ailleurs que la liberté d’expression n’est devenue acceptable aux États Unis qu’en 1964 avec l’abolition du Sedition Act, et effective en 1969 quand la Cour Suprême a rejeté le motif du “danger clair et imminent” (1) que semblent voir certains commentateurs ici.

Si jamais dans votre série américaine vous nous concoctez un petit parallèle sur la liberté d’expression là-bas avec un titre alléchant, Maître, nous serons encore plus vos admirateurs hystériques!

1 Je me réfère à “Comprendre le Pouvoir”, chapitre 8.

166. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:27 par Nikko

Personnellement, je partage l’avis de Maître Eolas.

Mais pourquoi tant de monde parle de cette affaire ? Car si Orelsan a écrit cette chanson, ce sont les associations qui la trouve choquante qui en a fait la promotion …

Comme le dit si bien Maître Eolas “Per­sonne ne vous oblige à l’écou­ter.”, laissons à l’oublie le rôle de la censure … Malheureusement, l’oublie ne pourra plus faire son travail, les associations ont immortalisé cette chanson …

167. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:28 par Sissinet

@Cyd 70

   Vous pouvez me décerner un point Godwin si cela vous chante, mais répondez donc à la question
   Ais je vraiment le droit de tout dire pourvu que je me drape de ma qualité d’artiste ?

-> Oui, en dehors des cas prévus par la loi. Donc la réponse est non.

   Si oui, qui ou quoi définie la qualité d’artiste ?

-> C’est non donc cette question est sans objet.

Je comprend Maître Eolas lorsqu’il refuse de vous répondre car vous n’avez pas l’élémentaire politesse de lire correctement le billet et les commentaires qui le suivent. Je le trouve encore trop bon de ne pas vous avoir asséné un coup de massue mais dans un billet parlant de censure je suppose que le maître des lieux a voulu nous montrer la patience qui est nécessaire a celui qui prône la liberté d’expression. Cela pourrait se résumer dans la défense du “Droit inaliénable de l’homme à dire des conneries et donc à être un con”.

168. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:28 par Harald

Niodayoda, seriez-vous aussi éloquent si le titre de la chanson avait été “sales nègres” ou “sales pédés” ? J’ai comme dans l’idée qu’il y a comme une certaine forme de snobisme parisien à défendre ce qui normalement ne devrait pas l’être. Notez bien que je ne défend pas l’interdiction mais que je porte un jugement moral particulièrement négatif sur ce texte, comme j’en porte un sur ce que les folliculaires appellent pompeusement depuis ce cher Jack la “culture rap”. A moins bien sûr que ce ne soit dans une optique ethnologique comme lorsque l’on disserte sur les cultures primitives, pudiquement appelées “premières” parce qu’il faut de nos jours appeler un chat, un chien.

Vous évoquez mon mépris pour les rappeurs et leur public. Oui, certainement. Mais j’avoue ne pas arriver à trouver quelque indulgence pour une faune que je côtoie professionnellement depuis 20 ans et qui ne brille pas particulièrement dans ses divers modes d’expression. Vous pouvez tourner et retourner vos 3 points d’argumentation dans tous les sens, les faits ne mentent pas. Qui tabasse les jeunes filles qu’elles soient soeurs, copines et ex-copines ? Qui passe sa vie l’insulte à la bouche ? Vous me direz que c’est du troisième degré, moi je vois au quotidien les ravages de cette “culture” si riche à ce que l’on dit.

169. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:29 par yelrah

@106-Porte du ciel
Clap ! Clap ! Clap !

170. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:39 par Gilles

Maintenant que j’y pense (et surtout parce que ça vient de passer dans ma playlist - je travaille en musique), NTm, 1998, on est encore là :

Retour en force de l’ordre moral
J’veux surtout pas t’casser ton moral
Mais, c’est le bordel
Quand t’entres pas dans leur panel
J’suis formel et reste formé pour ça
Nique le CSA
C’est pour ça qu’j’ai gardé ma tenue de combat
Que j’lâcherai pas mon “ton-ba”
Fais gaffe à ton dos, protège tes abdos
Si tu parles cash de leurs vices, ils te f’ront pas de cadeaux

171. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:39 par Piedo

@ 106 - Porte du ciel.
Je me joins aux applaudissements lancés ci-dessus par Yelrah. Excellent post, je trouve.

172. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:42 par niodayoda

@ Harald en 167 :

Je ne vois vraiment pas ce que le snobisme parisien apporte à votre argumentation… Pour info j’habite effectivement à Paris, depuis octobre dernier… sinon je suis né et ai habité longtemps dans le centre de la France, puis vécu 5 ans dans le Sud, je ne crois pas que le lieu dans lequel je me trouvais ait eu une influence sur mes pensées, seulement l’âge !
niodayoda, seriez-vous aussi éloquent si le titre de la chanson avait été “sales nègres” ou “sales pédés” ?  : ça n’a rien n’a voir !!! Là, au pluriel de surcroît, cela s’adresse directement à une catégorie de population en fonction respectivement de son origine ethnique ou de son orientation sexuelle !!
Donc là il est déjà plus difficile d’affirmer que ces propos ne tombent pas sous le coup de la loi sur la liberté de la presse !
J’essaie autant que le sujet le permette de me situer sur le terrain du droit, ce n’est que la réaction à vos propos qui m’a fait entrer dans le champ moral.

Et si vous travaillez en banlieue en tant que travailleur social, je peux vous assurer que bien que plus discrètes les violences faites aux femmes sont nombreuses en campagne ! dans
le milieu paysan ou ouvrier par exemple.

Et je tiens également à vous dire que je n’aime pas le rap non plus, mais j’essaie de me forcer parfois à écouter tous les styles musicaux afin de ne pas rester sectaire.

Donc je ne défend pas le rap, je m’insurge simplement par le fait que vous affirmiez les gens qui en écoutent ne sont pas capables d’entendement, pas capable de comprendre qu’il ne s’agit que d’une histoire et vont immédiatement reproduire ce que dit le texte ! Il n’y a pas que des personnes des cités qui ont cette attitude, et je serais attentif aux arguments que vous pourriez produire pour démontrer un lien de causalité entre la violence homme-femme et le rap…

173. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:43 par niodayoda

@ Harald : au passage merci d’estimer que je suis éloquent !

174. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:48 par noface

+1 Maitre :)

J’en reviens pas des commentaires que je lis ici.Entre la liberté d’expression et la censure la frontière est vraiment tenu.
Est ce que les des gens qui sont outré (ce que je comprends) par les paroles de cette chanson, ne s’aperçoivent pas que leurs commentaires sont parfois pire que les paroles d’Orelsan ?

Il n’y pas besoins de mettre “pute” ou “batard” tout les trois mots pour qu’un texte soit violent ou dangereux.

le classique: ” le remède est pire que le mal”

175. Le Mardi 21 juillet 2009 à 14:52 par benoit

tout cela me ramène à la citation de Benjamin Franklin

“Any society that would give up a little liberty to gain a little security will deserve neither and lose both. “
Benjamin Franklin

176. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:03 par Mascaret

Merci pour ce post.

On se sent moins seul.

M.

177. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:04 par Le_Pompiste

Vous êtes trop jeunes pour vous en souvenir, mais il y a quelques années un ministre de la culture souleva un tollé en stigmatisant ceux qui venaient “la sébille d’une main et le cocktail molotov dans l’autre”. La gauche de l’époque avait protesté… autre temps, autres moeurs…
Pour ce qui me concerne, il me semble qu’il faut distinguer le Verbe et l’Action.
Sade fut un grand écrivain quoi qu’il décrive dans ses romans, et un sale individu quand il mit en pratique ses fantasmes.
Les lois françaises qui s’attaquent à la liberté de parole sont contre-productrices, les négationistes sont des salopards dont on doit démonter le discours, alors que les baillonner en fait des martyrs.
Une fois n’est pas coutume, les mœurs étasuniennes me semblent sur ce point bien plus avancées que les nôtres : il est loisible à tout citoyen étasunien de comparer son Président à un chimpanzé -ce qui,il faut le reconnaître, ne fait pas avancer le débat politique d’un inch- quand le nôtre s’offusque d’une pancarte reprenant ses propres paroles.
Certes la France n’est pas le Maroc
mais on s’en approche…

178. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:14 par DMonodBroca

La censure a parfois du bon.

Il semble que Déserteur, dans sa première version, se terminait par :
“Que je tiendrai une arme
Et que je sais tirer”

Et que Mouloudji, avec l’accord de Vian, avant de la chanter pour la 1ère fois, ait remplacé ces 2 derniers vers par :
“Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer”

On aimerait que la chanson d’Orelsan soit censurée de la même façon.

179. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:25 par Rizgar Amin

Ah, pour une fois, je trouve quelque chose de bien gênant dans votre post.
Je ne connais rien à la musique rap (ni à la musique techno), et je pense moi aussi que les chanteurs ont le droit de chanter ce qu’ils veulent sous réserve de respecter les lois qui organisent et encadrent la liberté d’expression.

Pour autant, je crains que votre sympathique fougue à défendre cette liberté d’expression ne vous ait amenée à occulter, ou au moins à minimiser, certains aspects importants de cette histoire.

D’abord, et d’autres commentateurs l’ont relevé avant moi, il est un peu surprenant pour les lecteurs habitués de vous voir affirmer sur des bases aussi légères qu’il y aurait eu “chantage aux subventions”, faisant fi sans apporter de preuve contraire des démentis des intéressés. De même, le terme de censure parait inapproprié et quelque peu excessif, Monsieur Orelsan restant habile à chanter où il le voudra, sauf à organiser lui-même ses prestations sur ses deniers ou ceux de son producteur, et pas sur ceux des contribuables poitevino-charentais.

Surtout, je déplore quelque peu que, pour les besoins de votre démonstration, vous ayez très vite glissé sur le vrai problème de fond, qu’on pourrait résumer par une question : que peut-on faire contre l’intolérable banalisation de la violence envers les femmes ?

Est-ce, comme la mienne, votre pratique professionnelle de pénaliste ne vous a pas confronté ces dernières années à une multiplication des violences, physiques (coups, blessures, voire homicide), morales (harcèlement par lettres ou, plus moderne, appels téléphoniques injurieux et menaçants, et diffusion sur le Net d’insanités accompagnées de photos intimes, etc…), et matérielles (pneus crevés pour les plus timorés, voiture brulée pour les autres) de la part de petits amis et autres amants éconduits ? Et qui n’acceptent tout simplement pas de l’être ! Après tout, une “Sale Pute” est bien là pour satisfaire leurs petits besoins, non ?
Chez moi, il n’y a pas de semaine sans quelques affaires de ce type aux comparutions immédiates.

N’avez-vous pas vu “Le Jour de la Jupe”, film poignant et bien loin de l’angélisme de mise dès qu’on évoque les “quartiers difficiles”, superbement bien joué par Isabelle Adjani et une brochette de jeunes comédiens formidables, tous plus vrais que nature ? Pour résumer, c’est la révolte, la réaction et la mort d’une prof de lycée ulcérée qu’elle et les jeunes filles de sa classe ne puissent plus porter une jupe sans se faire traiter de “Pute” (tiens donc…).

N’entendez-vous pas les préoccupations suscitées par la montée de l’obligation faite aux seules femmes de porter au nom de soit-disant préceptes religieux des vêtements d’exclusion sociale, de plus en plus contraires aux us et coutumes d’Europe Occidentale ? Et les témoignages de celles qui disent que si elles ne s’y plient pas, elles se font traiter de “Putes” dans leur charmant quartier (tiens donc…)

Alors, comment pourrait-on dire ? Est-il vraiment illégitime pour celles et ceux que cette montée du mépris et de la violence envers les femmes inquiète de dénoncer cette pierre supplémentaire à l’édifice que Monsieur Orelsan a jugé utile d’ajouter ?

Ne peut-on pas estimer qu’il pourrait lui être demandé de faire preuve d’un minimum de discernement et de responsabilité morale dans sa démarche artistique, plutôt que de flatter les bas instinct d’une partie de son public ? Une chanson n’a certes jamais tué personne (du moins directement), mais comment mesurer sa contribution à la banalisation de l’inacceptable auprès d’esprits faibles ?

Et, dans ces conditions, Monsieur Orelsan aurait-il, au nom de la liberté d’expression, le droit imprescriptible d’être invité à se produire dans un festival financé sur fonds publics ? Ou bien les décideurs et bailleurs de ces fonds publics peuvent-ils décider de n’y retenir que des artistes qui font montrent d’un minimum de cette responsabilité morale ?

Poser ces questions, c’est à mon avis y répondre.

180. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:32 par yelrah

D’accord, et à partir de maintenant les artistes seront des fonctionnaires dépendant de la préfecture….

181. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:34 par Amisphère sud

Merci maître pour ce post.

@106: Pour compléter, à une époque les jeux de rôles furent aussi accusés de bien des maux (aussi bien en france qu’outre atlantique)…

Et si l’on regarde des textes que l’on pourrait qualifier de choquants, n’existe-til pas une chanson fameuse qui parle d’abreuver des sillons de sang impur… Sans être d’une vulgarité extrême, il n’en demeure que cela évoquerait violence et discrimination non ?

Alors prêts pour la censure ??

182. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:34 par Trotsky tue le ski

@ Harald 167

Et oui Harald, Le barbare, c’est l’autre. C. Lévy-Strauss était-il assez blanc, poli, éduqué et non primitif, pour vous convaincre de la pertinence de sa phrase?
La violence des groupes qui agitent les cités sont donc l’expression d’un atavisme primitif, concrétisé dans le fourvoiement d’une pseudo culture ayant plus à voir avec l’état de Nature?
Regardez les chinois, certains groupes sont dans la misère totale. Incendient-ils des voitures? Non, alors ce n’est pas le contexte qui induit le comportement, mais c’est bien l’inné qui dirige là une part des actions. Et si ce n’est l’inné, c’est quand même que la violence est inscrite dans leur culture bon sang.
Fichtre alors, appelons un chat un chat Harald et arrêtons de nous voiler la face avec de la pommade expiatoire post-coloniale de bobo parisien.
Reconnaissons qu’il y a bien des cultures mais aussi des sous cultures, sinon des pré cultures. Le rap en montre la flagrance n’est-ce pas?
Une autre preuve. Quand vous, vous écoutez les paroles d’Orelsan, vous ne courez pas tabasser votre femme n’est-ce pas? Mais eux, c’est différent. A l’évocation de ces textes, un magnétisme primitif se déclenche et ils passent naturellement à l’acte. Avouez Harald que c’est pertinent non ?
Alors que faire. Nous essayons bien de les éduquer et de leur transmettre nos valeurs de civilisation, mais soyons réalistes, c’est au moins un semi échec. Est-ce notre faute ? Non, car il y a un stade où il ne suffit plus d’éduquer, il faudrait être généticien.
Et bien je vous le dis, quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, et bien on a raison de penser ce qu’on pense. Voilà!
C’est pas pour dire, mais Michel Sardou, c’était quand même autre chose que ces sauvages qui éructent leur incapacité à rentrer pleinement dans l’histoire.
C’est comme ça que voulez-vous, on peut le vouloir, mais en vérité, dans la vie, on n’est pas tous égaux.
Merci Harald, vous m’avez donné le courage de me lancer.

183. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:37 par yelrah

Du haut de la falaise avec un peu de chance …

184. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:47 par makemeunsee

C’est tellement désolant… Un bel exemple de cette tendance à utiliser un statut de martyrs ou de défenseurs des martyrs pour devenir soi-même oppresseur, pour gagner en pouvoir de coercition, pour faire des exemples, pour piétiner les droits quelques individus (peut être idiots, provocateurs, dénués de talent, mais au fond juste des individus) avec tous les moyens disponibles, et surtout avec l’aval de la démocratie (enfin ce truc qu’on pratique en France là, plutôt “l’opinion la plus médiatisée a raison”).
Et passons sur les politiques opportunistes qui se noient le ridicule (depuis moult) à force de vouloir surfer sur toutes les vagues (médiatiques justement ; zont compris le principe mais ont pas encore la technique).
Orelsan et sa sale pute méritent sans doute de rester oubliés dans les bas fonds de youtube, parmi ces milliers de vidéos inutiles qui ont fait rire / outré / blasé leurs visionneurs. Mais si on veut être pragmatique, laissons de côté ce rappeur (après tout ce qu’il a perdu en liberté, il l’a gagné en renommée), et ouvrons les yeux : le danger, le vrai, il vient de ceux qui veulent écrire le respect dans les lois, quand il devrait être inscrit dans les moeurs !

185. Le Mardi 21 juillet 2009 à 15:59 par Leon

@Trotsky tue le ski 180

“Reconnaissons qu’il y a bien des cultures mais aussi des sous cultures, sinon des pré cultures. Le rap en montre la flagrance n’est-ce pas?”

Quel argument ! En tout cas, on sent que vous avez déjà pris la peine d’écouter les textes de groupes mythiques comme NTM, IAM ou ASSASSINS… mais au fait, ces gens-là sont lettrés ?

Une autre preuve. Quand vous, vous écoutez les paroles d’Orelsan, vous ne courez pas tabasser votre femme n’est-ce pas? Mais eux, c’est différent.

C’est vrai, “eux” c’est des sauvages. D’ailleurs quand ils voient une jeune femme, ils savent seulement dire “ouesh t’es bonne, suce-moi sale pute”.

J’avais sélectionné la fin de votre post mais je n’ose même pas reproduire de telles immondices, fut-ce pour les démonter

186. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:01 par gao-qiu

@106
Il me semble que ce commentaire résume bien le fond du problème: au nom de la tutelle de groupes jugés trop faibles, trop peu éduqués (stupides?) pour réfléchir par eux-memes (enfants, “jeunes des banlieues”), on commence par critiquer des créations n’ayant d’artistique que le nom et portant une réelle violence, avant d’étendre la critique (et la demande de censure) à des oeuvres tout à fait innofensives.
Généralement, les critiques en question visent les médias “jeunes” (j’entends par là récents et non-institutionnalisés).
Pour reprendre l’exemple du jeu vidéo, c’est ainsi que l’on commença par les cris d’allarme des parents contre des “jeux” comme Carmageddon, GTA (qui sont en effet problématiques d’un point de vue social), ou encore les FPS (évidemment violents), avant d’aboutir à la superbe campagne de désinformation de 2007 où, après un meurtre (en Belgique, me semble-t-il), Final Fantasy VII fut étiqueté par les médias comme “jeu tueur”…

@175
“la sébille ou le coctail molotov”
C’est en effet ce que certains des commentaires m’ont évoqué sur-le-champ; je ne suis pourtant pas de la génération concernée.

@ dadouche en 62
Merci pour le lien, très amusant. Cela permet d’acquérir un certain recul. Les commentaires suscités par le billet sont toutefois affligeants de manque d’humour.

187. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:04 par niodayoda

@ Trostsky tue le ski en 180 : vous êtes vraiment sur le fil du rasoir là vous savez ? Je sens l’ironie, le second degré, mais je ne le vois pas tellement il est ténu ! C’est bien du second degré n’est-ce pas ?

@ makemeunsee en 182 : le danger, le vrai, il vient de ceux qui veulent écrire le respect dans les lois, quand il devrait être inscrit dans les moeurs !

Je vous remercie sincèrement pour cette très jolie phrase ! elle mérite selon moi de passer à la postérité !

188. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:05 par Statler

@92
Ou dans des banlieues un peu “différentes”.
http://www.youtube.com/watch?v=TEet…

189. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:10 par Cedric

Merci pour ce billet !

190. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:10 par Blogueur influent

En passant : la chanson n’a été diffusée que sur Youtube, elle n’est pas dans l’album et le jeune homme n’allait pas la chanter à Bourges. Il est alors puni, interdit de scène, et non empêché de proférer des paroles jugées scandaleuses. Il sert d’agneau sacrificiel à deux balles sur l’autel de la peur des jeunes et de la misogynie, ce qui est d’autant plus facile qu’il est un petit blanc normand, permettant de parer d’avance aux accusations de stigmatisation raciste, religieuse ou banlieusarde…
Mouais.
Pour moi, empêcher quelqu’un de travailler (car faire un concert aux francopholies c’est du travail et c’est même quelque chose d’important dans une carrière naissante) n’est pas une mesure de rétorsion à employer à la légère, sans jugement et sans raison.

191. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:11 par questiondemeskeskidit

Question sur la liberté d’expression. j’avais cru comprendre que l’humoriste Timsit avait été condamné pour ses propos sur les trisomiques qu’il comparaît à des crevettes. (sans revenir sur le bon gout ou le mauvais gout de cette humour):
A-t-il réellement été condamné?
Si oui, pourquoi (au sens quelle différence par rapport à sujet actuel)?

192. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:13 par Lorem-ipsum

J’ai écouté le début de la chanson, je n’ai pas résisté longtemps ; effectivement, c’est très mauvais. Je ne connais pas assez le rap pour estimer la place de Monsieur Orelsan parmi ses pairs, mais je connais assez de musique pour le situer dans la hiérarchie musicale, et son rang n’est pas bien haut.

Le problème, maintenant, c’est que je suis obligé de me ranger à ses côtés, pour défendre son droit de diffuser de piètres chansons. J’ignore si j’en veux davantage à ses censeurs de le réprimer ou de me forcer à prendre cette pose insatisfaisante. Le monde serait tellement plus confortable si les méchants étaient toujours dans le camp du mauvais goût.

193. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:16 par Rhizome

Morale morale, morale.
ça ne tombe pas sous le coup de la loi, cette incitation à la haine?
ça n’en est pas une? (vous n’avez pas l’air sûr de vous)
C’est tout ce que je veux savoir.
Votre avis, comme ceux des pro- et des anti- je m’en cogne.
Je veux la lettre de la loi et son esprit, les abus des plaignants et ceux des magistrats, point.

Votre blog commence à ne plus ressembler à rien. Heureusement que vous déléguez certains billets à d’autres blogueurs de talent. Ou alors, peut-être que ce n’est plus le vrai maître Eolas, mais un pâle ersatz qui occupe votre place pendant que vous êtes au soleil.
Pitié, que le vieil Eolas revienne…

194. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:25 par alexandre

@189 questiondemeskeskidit

Timsit a été condamné pour son sketch sur les trisomiques. Orelsan n’est pas trainé en justice pour ses chansons.

L’affaire Timsit est vraiment un cas où il est légitime d’invoquer une atteinte à la liberté d’expression. Pour Orelsan, ça me semble beaucoup moins évident.

195. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:25 par yves

Je n’aime pas du tout vos chansons mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous ayez le droit de chanter…

196. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:27 par Nagli

Et pour en revenir au droit, une question à Eolas et aux pénalistes de tous bords :

Eolas indique que s’agissant de l’incrimination d’insultes, il appartient à la victime de porter plainte (et pas à la présidente du Conseil général de faire de la censure par la menace au retrait de subventions). Soit, la victime ne semble pas l’avoir fait.

De nombreux commentaires font (en résumant) la comparaison avec d’autres hypothèses où la liberté d’expression peut être l’objet de limitation (les incitations à la haine raciale et autres …). Soit toujours, ce n’est pas le cas de la chanson d’Orelsan.

Moi je me demande quelle est la différence de régime entre l’insulte et les autres infractions qui peuvent justifier une atteinte à la liberté d’expression ?
La poursuite des infractions dont la sanction justifie une atteinte à la liberté sont-elles soumises au même régime de poursuite (initiative des poursuites) ?

Que ce soit sous la qualification d’insultes (mais manquerait l’identification de la victime selon Eolas), ou sous celle de discrimination à raison du sexe (ça existe ?), l’action n’est-elle ouverte qu’à la victime directe ? Le Ministère Public (qui-veut-tellement-défendre-les-victimes) a-t-il la possibilité d’agir ? (il me semble que oui), L’association chiennes de garde (à voir selon son objet) ne peut-elle aussi agir au pénal ?

… ce qui ne change rien au fait que participer à un concert où l’on a promis de ne pas chanter la chanson décriée, ça relève difficilement de quoi que ce soit.

197. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:27 par Unmeskeskidit

@Rhizome

“Votre avis, comme ceux des pro- et des anti- je m’en cogne.
Je veux la lettre de la loi et son esprit, les abus des plaignants et ceux des magistrats, point.”

Vous avez envisagé de faire un recours pour que le service attendu sur ce blog revienne à la normale?

En tout cas, pour quelqu’un qui s’en cogne vous faites un bon pro-censure:
“Morale morale, morale.
ça ne tombe pas sous le coup de la loi, cette incitation à la haine?”

198. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:31 par Leon

@Rhizome 191
Quelle “incitation à la haine” ?!
Vous pensez réellement qu’un pauvre type risque d’aller avorter son ex à l’opinel après avoir entendu la chanson d’Orselan ?
Personnellement, j’avais 12 ans quand j’ai vu orange mécanique, je n’en ai pas pour autant revêtu une combinaison blanche et un chapeau melon pour aller violer et tabasser à tout va…

199. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:31 par Mon avocat m'a conseillé de changer d'avocat

Éolas :
La liberté d’expression n’impose rien, elle interdit d’interdire.

C’est beau comme un slogan. Serait-ce trop vous demander que d’argumenter un minimum un aphorisme aussi simpliste que péremptoire ?
Non seulement il n’existe pas de liberté sans interdit, mais il ne peut en exister. À commencer par la liberté d’expression telle qu’elle apparaît au regard du législateur. D’ailleurs, je ne sache pas que vous vous interdisiez à vous-même d’interdire telles ou telles formes d’expression en ces lieux où la liberté d’expression est permise. Je ne vois donc pas pourquoi il devrait en être autrement ailleurs, ou par quelle contradiction vous appliquez, ici-même, le contraire du principe que vous soutenez.
Libre à vous de défendre benoîtement l’idée selon laquelle, par on ne sait quel mystère, la liberté d’expression serait ou même devrait être la seule liberté à ne connaître aucun interdit. Mais ne vous réclamez pas des révolutionnaires, qui disent précisément le contraire, ne serait-ce que parce que leur concept de liberté est issu d’une réflexion dont la longueur et la profondeur dépassent légèrement celles d’une formule à l’emporte-pièce, qui est qui plus est une contradictio in adjecto.

200. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:32 par questiondemeskeskidit

@192 alexandre
“Timsit a été condamné pour son sketch sur les trisomiques. Orelsan n’est pas trainé en justice pour ses chansons.
L’affaire Timsit est vraiment un cas où il est légitime d’invoquer une atteinte à la liberté d’expression. Pour Orelsan, ça me semble beaucoup moins évident.”

D’où ma question, pourquoi a-t-on condamné Timsit? (même si Orelsan n’a pas trainé en justice)

201. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:33 par Tom75

Comme M. Sardou a été cité plusieurs fois, il faut rappeler que le chanteur a lui-même vu sa chanson “Les Ricains” censurée. C’est même ça qui l’a lancé. Il sera amusant de voir si Orelsan se reconvertit lui aussi en chanteur à mémés.

Sinon, un alexandrin n’a pas douze pieds mais douze syllabes.

202. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:35 par Leon

@alexandre 192
je voudrais pas dire une connerie, mais il me semble bien que Timsit n’a pas été condamné ni même jugé. Par contre il avait fait amende honorable et présenté ses excuses aux associations…

203. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:36 par LeCheikh

Oh ! Lisant le commentaire #177, je découvre avec émerveillement un emploi correct de l’expression “sauf à” ! Je n’en crois pas mes yeux et salue bien bas l’auteur de ces lignes.

204. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:39 par mon chien aussi

Orelsan est un médiocre chanteur de rap, un petit-bourgeois fils de médecins, et qui s’encanaille avec pour seul objectif de faire parler de lui. La comparaison avec Vian est plus que facile, elle est fausse. Orelsan ne risque rien avec sa chanson. Vian y a laissé une partie de sa santé déjà flageolante. On était en pleine guerre d’Indochine.
On a déprogrammé Orelsan des Francofolies ? Et alors ? Les Francofolies ne sont pas obligées de l’accueillir. L’a-t-on censuré? Non. L’a-t-on foutu en taule ? Non. Rien de rien. Il a été déprogrammé. Y en a plein qui sont déprogrammés tous les jours, sous les motifs les plus divers. Et que ce soit une autorité publique qui le déprogramme, il devrait s’en féliciter. En tout cas, si j’étais lui, chanteur rap révolté (de pacotille à mon avis), je n’aurais jamais accepté d’aller aux Francofolies qui sont quand même la chose la plus convenue pour la Chanson Phrançaise. Sauf, si comme Orelsan, on veut faire carrière dans le circuit commercial de Diam’s et Grand Corps Malade. Si c’est ça, il est juste un petit chanteur de variétoche. Et faire appel aux grands principes pour un petit chanteur de variétoche… Bof… Qu’il se démerde. En fait, il est aussi con que ceux des Francofolies.

205. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:39 par mylifeforaiur

@198 questiondemeskeskidit

je suis profane, mais il me semble que le sketch en question généralise , devenant ainsi une offense à tous les trisomiques. C’est caractéristique des minorités : le pas entre le cas spécifique et la généralisation est très vite franchi.
Tandis que même avec la plus grande mauvaise foi du monde il est difficile de démontrer que le texte d’Orelsan insulte toutes les femmes. Même si certains pensent que cela porte atteinte à la dignité de la femme (et là, ne me demandez pas les critères).

C’est ce qu’Eolas explique dans son billet : Il ne dit pas que tou­tes les fem­mes sont des sales putes, mais que la copine ima­gi­naire du per­son­nage tout aussi ima­gi­naire qui chante en est une car elle le trompe.

206. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:39 par Minsk

Mais laissez ce pauvre Trotsky tranquille, il flaire bon le second degré son poste 180.
C’est plutôt le poste d’Harald en 167 qui est bien puant (ces gens des cités c’est tous des barbares et compagnie qui passent leurs journées à se taper dessus et à s’insulter, de la sous-humanité je vous dis !).

A part ça le Death Métal c’est très bien et pas violent du tout, y’a pire (essayez le Grind pour voir).

207. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:40 par Leon

En fait j’ai dit une connerie, il a effectivement été jugé et condamné (pour injure ?)

208. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:40 par niodayoda

@197 Mon avocat m’a conseillé de changer d’avocat : Non seulement il n’existe pas de liberté sans interdit, mais il ne peut en exister.

Ah bon il n’existe pas de liberté sans interdit ? Vous contredisez directement ce que j’ai appris en cours de droit international des droits de l’homme ou de droit européen des droits de l’homme, où l’on m’a expliqué qu’il existait des droits dits indérogeables comme par exemple l’interdiction de la torture, de traitements cruels, inhumains ou dégradants (CEDH, CIADH, Charte africaine des droits de l’homme, …).

Que la torture se pratique c’est un fait, qu’elle soit universellement interdite en est un autre.

209. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:53 par Suvann

Comme disais Voltaire: “Je hais vos idées, mais je me ferai tuer pour que vous ayez le droit de les exprimer”

Merci maître & 106

Sinon je rejoins un précédent message sur la méconnaissance de maître Eolas sur le Rap.
Ce style musical est né dans les années soixante dix (vers le début de celle-ci), il est loin d’avoir comme influence uniquement le Blues et la musique n’est pas qu’un simple support ou le texte est l’élément central.

Pour tout ceux qui voudrait découvrir l’histoire de ce style musical je conseil vivement ce livre: “The New Beats” de S.H. Fernando Jr. qui officie comme compositeur (Spectre), dans un style à mi-chemin entre l’éléctro et le hip-hop, son premier album est la preuve que le texte n’est pas l’élément central et peu même être parfois supprimé.

210. Le Mardi 21 juillet 2009 à 16:55 par greg971

votre article déchaine les passions!!
Même si je peux apprécier cette chanson je ne souhaite pas que ma fille et mon fils de 8 ans regardent ou écoutent ce clip.
Les parents doivent protéger leurs enfants, mais l’instrumentalisation de la liberté pour camoufler une vraie démarche commerciale conduit à des abus.

211. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:07 par yelrah

Il a raison Minsk, lu trop vite le post de Trotsky, mea culpa .

212. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:16 par Petruk

@Merci! Après la lecture 174 commentaires assez déprimants en me disant qu’heureusement que l’Europe est là pour maintenir un minimum de droits dans ce pays, votre lien vers une comparaison quasi scientifique m’a bien remonté le moral.

213. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:19 par Mon avocat m'a conseillé de changer d'avocat

@niodayoda

tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

J’ai déjà essayé de répondre en #43.
Au fond, la question - que l’article d’Éolas commence par fermer avant même de l’avoir ouverte - est de savoir si on veut vraiment lire un texte tel que celui-ci et être interrogés dans notre conception actuelle de la liberté, ou bien si l’on veut se contenter d’une satisfaction à la petite semaine en y plaquant nos propres certitudes au sujet de ce que signifie “liberté” et “librement”, en s’imaginant que c’est élever la liberté que de ne pas la juger digne d’être responsable, c’est-à-dire limitée, et de la confondre à la licence de faire et de dire tout et n’importe quoi selon son bon plaisir - tout en se gardant évidemment bien de vivre la “liberté” dont on parle d’une manière aussi puérile.

214. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:20 par Kaneda

Un humble merci pour cet article et tous les autres cher Maître. Grâce à vous je réfléchis plus et surtout mieux.

215. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:22 par totoro

“@14 Eolas: Je crois que ce n’est pas demain qu’un rappeur narrera sa rupture avec son petit ami. “

Et bien figurez-vous que les rappeurs gays (et meme transsexuels) qui revendiquent clairement leur sexualité dans leurs textes (et au dela…), non seulement ça existe, mais la scène est meme reconnue depuis une dizaine d’années, affublée du charmant sobriquet de “Sissy Rap” :)

http://blog.nola.com/keithspera/200…
http://www.amoeba.com/blog/2008/04/…

216. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:27 par Brigadier-chef Harald

@ Minsk en 204 :

Je suis désolé d’avoir froissé votre amour inconditionnel pour l’humanité y compris ceux qui nient celle des autres. Face à vos bons sentiments je ne puis qu’aligner 20 ans de carrière dans de “jolies bourgades” de la banlieue parisienne. Accessoirement, la jeune Sohane était ma voisine. Ces jeunes gens qu’il ne faut surtout pas stigmatiser ont accueilli en héros celui qui l’avait brûlée vive et craché sur les parents de la jeune fille lors de la reconstitution des faits. Une broutille qui ne mérite pas d’être relevée. Ils ont également brisé à plusieurs reprises la plaque commémorative placée devant l’immeuble.

Posez-vous la question de savoir pourquoi les médecins de nuit ne se déplacent plus dans ces riants quartiers. Demandez-vous pourquoi les pompiers ne se déplacent plus sans escorte policière. Demandez donc à l’équipe qui devait tourner un documentaire sur la vie des banlieues, dont le but était justement de briser l’image qu’ils véhiculent, pourquoi ils ont tourné rapidement casaque, estimant qu’il était plus facile de travailler à Beyrouth que dans le 9-5.

Si vous êtes incapable de voir qu’une certaine culture véhicule la violence et que cette violence on la retrouve dans les rues, qu’y puis-je ? Si à l’instar de Voltaire vous voulez vous battre pour que ces individus puissent continuer à “chanter” des textes qui nient toutes les valeurs qui ont fait l’occident et qui vous permettent de déblatérer sans être inquiété, libre à vous. Un jour, vous vous réveillerez comme les jeunes citoyens festifs qui se sont fait tabasser et dépouiller lors des manifs anti-CPE.

Ah oui, j’allais oublier ! Vous vivez où ?

217. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:33 par Jlo

Je ne sais pas si Ségolène Royal a provoqué ou non la censure dont a été victime Orelsan.

Cela dit, ce qui est certain, c’est que Ségolène Royal a déjà démontré une propension à vouloir contrôler le programme tv, il s’agissait à l’époque de la programmation destinée aux enfants et plus particulièrement l’animation japonaise qui a depuis disparu des grandes chaîne (même si elle s’est considérablement développée par ailleurs).

On peut trouver des extraits de son livre sur la question “le raz le bol des bébés zappeurs sur ce sité (qui n’est pas le mien et dont je ne me porte en rien garant dans la mesure où je l’ai trouvé il ya 5 minutes en googlisant)

http://xerbias.free.fr/?page=0

218. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:33 par Jlo

Je ne sais pas si Ségolène Royal a provoqué ou non la censure dont a été victime Orelsan.

Cela dit, ce qui est certain, c’est que Ségolène Royal a déjà démontré une propension à vouloir contrôler le programme tv, il s’agissait à l’époque de la programmation destinée aux enfants et plus particulièrement l’animation japonaise qui a depuis disparu des grandes chaîne (même si elle s’est considérablement développée par ailleurs).

On peut trouver des extraits de son livre sur la question “le raz le bol des bébés zappeurs sur ce sité (qui n’est pas le mien et dont je ne me porte en rien garant dans la mesure où je l’ai trouvé il ya 5 minutes en googlisant)

http://xerbias.free.fr/?page=0

219. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:34 par Switz

@201 LeCheikh:

Le gros problème est que l’usage erroné de l’expression est devenu tellement commun, qu’il existe un risque presque certain d’incompréhension, lorsque “sauf à” est employé correctement

Autre question qui me chiffonne: Voltaire a-t-il réellement dit “je ne partage pas votre opinion etc etc etc…..”. Je croyais qu’il s’agissait d’une citation apocryphe comme le fameux mot de Malraux connu de tous sur le 21ème siècle et le religieux

220. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:34 par niodayoda

@ Mon avocat m’a conseillé de changer d’avocat :

je persiste tout de même, vous disiez qu’il n’existe pas de liberté sans interdit et qu’il ne peut y avoir, je vous cite un contre-exemple, mais je n’en cite qu’un parce que j’ai voulu le faire de mémoire, si je recherchais quelques minutes je vous en citerais un ou deux autres (il n’y en a pas non plus des dizaines des droits indérogeables ! il me semble qu’il y en a 3).
Tapez “droits indérogeables” dans google et suivez le 3e lien (doc PDF), page 16 sur 27 vous trouverez un comparatif des droits indérogeables selon 3 textes de protection des droits fondamentaux.

Après plus directement sur votre post, vous faites “dire” au débat ce que vous voulez qu’il dise, alors qu’il me semble que c’est à l’auteur de ce blog de fixer le cadre du débat par ce billet, enfin c’est le principe !!

221. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:40 par Brigadier-chef Harald

Ceci dit, je réitère, je ne suis pas favorable à la censure. En revanche, si la réprobation morale était clairement manifestée à chaque fois qu’il en est besoin, je pense que comme autrefois lorsque le contrôle social informel jouait à plein avant d’être dénoncé comme l’odieuse contrainte d’un ordre moral vu comme réactionnaire, les zartistes zengagés zet citoyens réfléchiraient à 2 fois avant de vomir sur les ondes tout ce qui leur passe par la tête.

222. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:43 par lnk

Légèrement hors sujet, mais pas tant que cela puisqu’il s’agit de censure :
http://www.ecrans.fr/Big-Brother-Amazon-la-surprise,7766.html
Je trouve excellence cette histoire “orwellienne”.

223. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:49 par H.

@ 189 : Si oui, pourquoi (au sens quelle différence par rapport à sujet actuel)?

quelle différence? euh… les femmes ne sont pas nécessairement trisomiques? Orelsan n’a comparé personne à une crevette? Chez les femmes, la tête peut être pas mal aussi ? (c’était ça, la blague de Timsit).

Plus sérieusement : plutôt que “quelle différence”, la question serait plutôt : “quel rapport” ? En effet, les deux situations n’ont strictement rien à voir…

-Timsit DIT une saloperie sur les trisomiques EN GENERAL.
-Orelsan FAIT INTERVENIR un personnage fictif, dans le cadre d’une situation fictive, disant des saloperies sur UNE femme en particulier, laquelle, quand bien même elle existerait réellement, n’est pas identifiable.

Donc rien à voir.

Cela dit, je trouve tout aussi regrettable la condamnation de Timsit…

Sinon, je trouve les textes d’Orelsan plutôt bien foutus, pas mal de punchlines sympas, des rimes pas trop à chier, et perso ça me fait plutôt marrer; bah ouais, les paroles de Saint-Valentin sont trash, mais sont à prendre au 15ème degré… de la provoc’, ni plus ni moins. Cela dit, ma passion (de plus de dix ans désormais) pour le metal extreme n’est peut-être pas pour rien dans ma façon de voir les choses; quand on lit les paroles de “Zero Tolerance” d’Impaled Nazarene ou “Skinned and Sodomized” de Prostitute Disfigurement, vaut mieux pas les prendre au sérieux…

A part ça, y’en a ici qui font exprès de ne pas vouloir comprendre, c’est assez sidérant… des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être, des propos déformés (par exemple, msieur 197… Eolas n’a jamais prétendu que la liberté d’expression ne devait pas être illimitée; il a juste affirmé que contrairement aux propos tenus précédemment, on ne saurait se baser sur elle pour imposer quoi que ce soit). Bref, assez chiant à lire, mais bon, je crois qu’il serait assez inopportun de réclamer un peu de censure…

224. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:54 par Arthur

Et que dire des Doors dont de nombreux textes considéraient clairement la femme comme l’esclave sexuel de l’homme.

Quelques extraits typiques :
The End :
””Father, I want to kill you,
Mother, I want to… (Fuck you)

Light My Fire :
“Come on baby, light my fire”
“Viens me tailler une pipe, bébé”

Riders on the Storm
“Girl ya gotta love your man
Girl ya gotta love your man
Take him by the hand
Make him understand
The world on you depends
Our life will never end
Gotta love your man, yeah””

Et pourtant, à l’époque, elles adoraient toutes Jim Morrison

http://www.youtube.com/watch?v=6O6x_m4zvFs

225. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:56 par alexandre

C’est marrant que ceux qui sont d’accord avec Eolas qualifient les autres de bien-pensants alors qu’ils sont, à vue de nez, largement majoritaires.

Et puis comme apparemment on aime bien raisonner par slogans et citations ici, hop :

“Le jour du vote de la loi sur la sécurité intérieure, j’ai pleuré comme un môme. Alors que - c’est curieux - mais, le jour de la déprogrammation d’Orelsan, j’ai repris deux fois des moules”

226. Le Mardi 21 juillet 2009 à 17:57 par Mon avocat m'a conseillé de changer d'avocat

@niodayoda

Excusez-moi, j’ai toujours peine à voir en quoi l’interdiction de la torture, de traitements cruels, inhumains ou dégradants constitue un “contre-exemple” à l’idée selon laquelle il n’y a pas de liberté sans… interdiction. Par ailleurs, je n’ai pas écrit qu’il n’existait pas de droits indérogeables, j’ai écrit qu’il n’existe pas de liberté qui ne soit limitée. J’ai comme le sentiment que ce sont deux choses différentes, là aussi.

Euh, sinon, à propos du fait que je ne m’en serais pas tenu au cadre du débat fixé en principe par l’auteur de ce blog,… je vous avoue que je suis vraiment confus. Mince alors. Bougez-pas, je m’en vais chercher le pot de peinture blanche et le pinceau pour bien marquer les lignes que je n’ai pas la liberté de franchir.

227. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:09 par Leon

@Trostky
Mea culpa, j’ai lu votre post 180 trop vite et je n’avais pas vu le second degré (trop subtil pour moi qui suis un jeune impulsif qui aime le rap)

228. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:13 par niodayoda

@ Mon avocat m’a conseillé de changer d’avocat :

Bon ok je me suis peut-être un peu emballé et il est probable que j’ai éventuellement fait un raccourci rapide entre libertés et droits fondamentaux et donc confondu liberté avec interdiction d’agir…

Si je confond obligation de faire et obligation de ne pas faire alors !!

Mea culpa maxima.

En ce qui concerne le “cadre du débat”, ne faites pas semblant de n’avoir pas compris mes propos s’il vous plaît, je n’ai pas dit que votre parole ne devait pas être libre, ou qu’on ne devait parler que d’une seule chose !!

Vous disiez :

{{tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

J’ai déjà essayé de répondre en #43.
Au fond, la question - que l’article d’Éolas commence par fermer avant même de l’avoir ouverte - est de savoir si on veut vraiment lire un texte tel que celui-ci et être interrogés dans notre conception actuelle de la liberté, ou bien si l’on veut se contenter d’une satisfaction à la petite semaine en y plaquant nos propres certitudes au sujet de ce que signifie “liberté” et “librement” }}

C’est votre opinion sur ce qui est essentiel dans cette “affaire”, et je ne juge pas de sa valeur ici mais c’est votre opinion, rien d’autre.

Inutile de se fâcher ! par ailleurs essayer de ne pas trop décortiquer les citations s’il vous plaît !

vous faites “dire” au débat ce que vous voulez qu’il dise, alors qu’il me semble que c’est à l’auteur de ce blog de fixer le cadre du débat par ce billet, enfin c’est le principe !!

ce n’est pas tout à fait pareil que

euh, sinon, à propos du fait que je ne m’en serais pas tenu au cadre du débat fixé en principe par l’auteur de ce blog,… je vous avoue que je suis vraiment confus.

Cordialement quand même !

229. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:15 par mylifeforaiur

@213 totoro

Et en France? Ça me semble moins répandu (attention, litote)…

230. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:16 par Sylvie Maroni

Je comprends à présent pourquoi le toujours très courtois et souriant Frédéric Lefebvre défend ce pauvre enfant. Ce n’est pas un gosse paumé comme celui-là qui va voter l’occupation de son lycée à la rentrée!
Sylvie Maroni

231. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:38 par totoro

@ 227 : un indice chez vous
http://www.lillelanuit.com/photos/p…

mais c’est comme tout, la France duplique tout ce qui se fait aux U.S. avec un ptit décalage de 10 ans, faut laisser le temps au temps comme chante un certain “créateur” dégarni de notre beau pays..

pour finir, un ptit clip de Deadlee rap gay plein de tendresse (si si) qui avait eu un certain impact il y a 3 ans, meme si musicalement, ben euh, c’est pas passionnant on va dire :)

[http://www.dailymotion.com/video/k32SuqCAg3Mdan22Xw]

232. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:42 par Delusive

Le rap est sexiste, sans nul doute. Mais il n’est, comme tout art, que le reflet de la vie. Et surtout, surtout, le rap repose sur de la provocation.
Je n’ose pas croire que vous parliez du rap en général, mais dans la triste hypothèse où c’était bien votre intention, je vous suggère d’élargir vos sources en la matière, avant de poser ce genre de déclaration, qui ne feraient soi disant aucun doute.

Ainsi, Skyrock et MTV ne sont pas une référence pour parler du rap sur un ton vaguement encyclopédique. Ce ne sont peut-être pas vos sources, mais c’est ce que ces déclarations définitives laissent penser.

Si vous vous contentiez de parler du rap de ce gars là, alors soit.

233. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:46 par undoc

La censure la plus fréquente est l’autocensure: pour ne pas déplaire à son chef (à un élu, au chef de l’état, etc) on évite de dire, de faire ce qui pourrait lui déplaire afin de s’assurer ses faveurs futurs. C’est le fruit de l’autocensure que je lis dans notre presse quotidienne bien plus forte qu’en Angleterre ou aux Etats-Unis. Mais aussi les associations culturelles, les petits festivals y sont contraints pour continuer à toucher les subventions. Cela ne favorise malheureusement pas l’expérimentation, la créativité, l’insolence. Alors lorsqu’un politique se vante de pouvoir influer sur la programmation d’un festival, il est regrettable de trouver autant de personnes à défendre cette attitude. triste.

234. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:46 par alexandre

@H.

“-Timsit DIT une saloperie sur les trisomiques EN GENERAL.
-Orelsan FAIT INTERVENIR un personnage fictif, dans le cadre d’une situation fictive, disant des saloperies sur UNE femme en particulier, laquelle, quand bien même elle existerait réellement, n’est pas identifiable.”

Timsit fait dire une saloperie par un personnage fictif.

Donc la différence est la quantité. Prenons un exemple, si je dis :

“Mon voisin est homosexuel, ce porc me dégoute, on verra s’il aime toujours se faire enculer quand je lui aurai démolit le fion à coups de tronçonneuse.”

Pas de problème, mon voisin est un personnage fictif. Tandis que si je dis :

“L’homosexualité est inférieure moralement à l’hétérosexualité.”

C’est un crime affreux car je stigmatise l’ensemble des homosexuels ?

Attention, il y a un piège dans la question. Sinon, je suis assez fier d’être un nouveau Rimbaud grâce à ma première tirade.

235. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:47 par Le Chevalier Bayard

Bon sang quel chenapan petit Orelsan
Ta scansion nous glace le sang
Tu nous bouscules petit malin
Mais on en redemande à la St Valentin

236. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:56 par wiwiwi

Merci pour ce billet, maître. Votre précision et votre connaissance des textes était plus que nécessaire.

237. Le Mardi 21 juillet 2009 à 18:57 par Anonyme de passage

« Son rôle de surveillance commande à la Cour de prêter une extrême attention aux principes propres à une “société démocratique”.

La liberté d’expression constitue l’un des fondements essentiels de pareille société, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun. Sous réserve du paragraphe 2 de l’article 10, elle vaut non seulement pour les “informations” ou “idées” accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population.

Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de “société démocratique”.

Il en découle notamment que toute “formalité”, “condition”, “restriction” ou “sanction” imposée en la matière doit être proportionnée au but légitime poursuivi. »

C.E.D.H., 7 décembre 1976, HANDYSIDE c. ROYAUME-UNI, Req. 5493/72, § 49.

238. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:03 par Mon avocat m'a conseillé de changer d'avocat

@niodayoda

Je ne me fâche pas :)
Je me suis certainement mal exprimé. Loin de moi l’idée qu’il n’y a qu’une seule question essentielle.
À la lecture de l’article d’Éolas, j’ai eu l’impression (peut être fausse ?…) qu’il se situait en plein dans une vulgate actuelle du concept de liberté qui oppose une liberté a priori incontestable d’une part, à toute forme de restriction, considérée a priori comme injustifiable d’autre part. Or je n’ai pas vu grand monde défendre la censure, et je ne la défend pas non plus du reste.

Je vais vous dire le fond de ma pensée. Disons que j’aurais aimé le lire à nouveau dans son rôle habituel consistant à remettre en cause la perspective et les raisonnements spontanés de ses lecteurs - y compris les miens, évidemment -, même si ou lorsque je ne partage pas certaines de ses lectures à contre-courant. Bref, pour le coup, à remettre un peu en question l’idée qu’on se fait de la “liberté d’expression”, à envisager ce qu’elle peut avoir de réellement problématique au lieu d’en faire une énième apologie. À quoi bon une apologie ? Eolas répond que la liberté d’expression est fragile. (notez que les révolutionnaires ne disaient pas, même à l’époque, “fragile” mais “précieuse”, nuance…). Elle est peut-être menacée et même attaquée, mais ça ne signifie pas pour autant qu’elle soit fragile, ni même fragilisée. On pourrait même faire une lecture inverse du même phénomène en disant que les attaques contre elle ne font que la renforcer, et qu’elle est l’une, si ce n’est la liberté qui est le moins susceptible d’être remise en cause par la modernité. Donc…

239. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:05 par binoute

petite question mékeskeldi:
si le litre de la dite chanson, aul ieu de sale p… avait été sale j… (adjectif relatif à une religion symbolisé par une étoile) ou même sale a….. (ethnie d’afrique du nord…) le problème ne tombait-il pas sous le coup de la Loi pour injures racistes? J’ose éspérer que votre réponse sera négative…

240. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:13 par Sha

@ binoute tu devrais lire le commentaire d’éolas sur le billet numéro 28.

241. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:20 par niodayoda

On pourrait même faire une lecture inverse du même phénomène en disant que les attaques contre elle ne font que la renforcer, et qu’elle est l’une, si ce n’est la liberté qui est le moins susceptible d’être remise en cause par la modernité :

Vous êtes bien optimiste ma parole !! Ou alors peut-être avez-vous raison concernant la modernité mais que la post-modernité (pas vraiment celle rêvée par Jacques Chevallier) risque de l’achever !

Je vous accorde et d’autres commentaires vont dans ce sens (ils ne sont d’ailleurs pas très tendre envers le maître des lieux) qu’Eolas n’a pas écrit ce billet dans la même tonalité que la majorité d’entre eux.

J’ai l’impression de retrouver le ton du coup de gueule sur facebook face aux personnes crachant sur Michael Jackson à peine sa mort annoncée, faisant des blagues impliquant qu’il soit pédophile alors même qu’il a été acquitté de toutes les charges retenues contre lui (mais ce n’est pas le débat ici, je ne souhaite certainement pas le ramener…A bon entendeur).

Et personnellement, je suis plutôt d’accord avec lui et je comprend sa position, toute restriction/limitation à la liberté d’expression doit être prise la main tremblante, d’ailleurs l’extrait de l’arrêt Handyside c/ Royaume-Uni le résume bien.
Et si c’est un principe général du droit que toute limitation à un principe/une liberté ne doit être que strictement nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi, il semble qu’Eolas soit du même avis que la Cour : ce principe de proportionnalité et d’adéquation doit être appliqué encore plus rigoureusement pour la liberté d’expression, car effectivement, qu’on le veuille ou non, elle est plus “essentielle” que d’autre !

En tout cas je suis rassuré que vous ne soyez pas fâché !

P.S. : comment vous faites le smiley en html ? la réponse à ma requête google doit se trouver dans les méandres du web !

242. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:23 par Mon avocat m'a conseillé de changer d'avocat

@niodayoda

Pour le dire autrement, ça n’est pas seulement une question de “goût” ou de “regret” par rapport à la perspective adopté par son article. C’est que je suis plutôt enclin à contester la soi-disante fragilité de la liberté d’expression qu’affirme Éolas, et même plus largement, à me demander si la lecture de l’histoire du droit depuis la révolution française ne démontrerait pas à l’inverse que les libertés n’ont fait que progresser et se renforcer. Bref, que si la liberté d’expression doit être défendue, il importe tout autant si ce n’est plus d’en faire une lecture critique.

243. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:23 par Brigadier-chef Harald

Cela ne favorise malheureusement pas l’expérimentation, la créativité, l’insolence.

Comme si la nécessaire transgression de toutes les valeurs héritées ainsi que la sacralisation de cette dernière (saints artistes intouchables) avait avoir avec la créativité et la valeur artistique.

244. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:39 par vag

Merci infiniment pour ce billet, quand on parle d’Orelsan je suis toujours abasourdi par la quantité de personnes (respectables) qui pensent que la liberté d’expression est fondamentale mais que “là quand même c’est pas possible il va trop loin blabla”
fondamental c’est fondamental il n’y a aucune digression à accepter.

J’ai l’impression que le tort c’est également que ça soit du rap … Le rap c’est pour les jeunes écervelés, et vu qu’ils n’ont pas de cerveau il ne faut pas leur donner de mauvaise idée ils pourraient faire des conneries … C’est un peu le même réflexe salvateur que celui d’interdire à des enfants d’utiliser des ciseaux …

245. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:40 par chris

Madame Madona et Monsieur Orelsan
devraient se produire sur la même scène, il n’y aurait point de jaloux! Vous imaginez les dividendes!

246. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:47 par bayonne

personnellement et puisqe que personne ne le mentionne Rimbaud c’est bien mais Paul Verlaine c’est mieux

comme le sonnet au trou du cul :

Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu’au bord de son ourlet.

247. Le Mardi 21 juillet 2009 à 19:48 par H.

@alexandre (232)

Tiens, quand je parlais de ceux qui ne veulent pas comprendre… la nature des propos est évidemment à prendre en compte.

D’où l’emploi du mot “saloperies” pour qualifier les paroles des deux individus.

Et quand bien même, tes citations sont un peu hors sujet… pour la première, si effectivement ton voisin est fictif, je ne vois pas en quoi tu pourrais être condamné… injure et menaces sur une personne qui n’existe pas, euh… quant à la seconde, elle constitue une opinion (dont on pense ce qu’on veut) et non une injure, comme l’a bien compris la Cour de cassation.

248. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:06 par GroToTo

Bonsoir,

Quand ce bien-aimé Sardou chante cette saloperie de “Je suis pour”, j’ai un million de fois plus peur pour notre démocratie (déjà fébrile) que lorsqu’Orelsan chante son titre ou qu’MC Jean Gab’1 me dit 90 fois de suite qu’il m’emmerde…

Mais bon, le Diable avance masqué…

PS : l’une de mes dernières grosses baffes musicales fut Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade… Le rap ou le slam sont pourtant loin d’être ma tasse de thé, mais quand le talent est là, il n’y a rien à faire…qu’à écouter.

GroToTo

249. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:13 par Ferdydurke

@ Brigadier-chef Harald

Ce que vous relatez est indéniable et ne peut être ni ignoré ni excusé mais de quelle culture parlez-vous? Soyez explicite. D’ailleurs cette violence dont vous parlez n’est-elle pas plus urbaine et sociale que domestique? N’est-elle pas plutôt liée à un contexte économique, social, relationnel voire familial plutôt que culturel, contexte dont cette culture que je vous prie de définir ne serait que l’expression, tout comme le blues est né dans les champs de coton des Etats du sud des Etats-Unis au XIXe siècle?

Je crois qu’il faut voir, quels que soient l’opinion qu’on en a et leur éventuel caractère répréhensible, des textes comme celui d’Orelsan non comme une cause mais comme une conséquence : l’expression d’une réalité.

Demandez-vous à votre tour s’il n’existe pas une violence domestique dans des milieux où on ne l’imagine pas possible, laquelle est sans doute moins visible car moins médiatisée et beaucoup plus discrète, parfois du fait de l’entourage. Combien d’hommes violents fans de musique classique dans les beaux quartiers? Peut-être serez-vous un jour (ou avez-vous été) confronté au simple cas d’un collègue surmené professionnellement, en proie à des difficultés personnelles pas forcément liées à sa vie conjugale qui, lors d’une dispute comme il en survient parfois (souvent? toujours?) dans un couple, frappe sa conjointe.

Fondamentalement, la violence faite aux femmes est-elle un problème de quartier ou les zones de banlieue ne sont-elles que le lieu où elle s’exprime le plus aisément, surtout en raison de leur côté zone de non-droit et également comme vous le rappelez, où le rapport de force dominant/dominé est quasiment le seul référentiel?

Je vous mets en lien un rapport public relatif aux auteurs de violence au sein du couple et vous y lirez que la violence est tout sauf une question de culture. Il est écrit en toutes lettres que “‘Les auteurs de violences conjugales et leurs victimes ont intégré les “schémas de pensée dominants sur les relations hommes-femmes et sont issus de tout milieu socio-économique, de tout groupe ethnique.

—-

Enfin, au jeu des comparaisons, une rappeuse dénommée Anaïs prit la défense d’Orelsan en prenant pour référence sa chanson Christina dont le texte rejoint les propos tenus par Orelsan sur le sexe opposé suite à une tromperie :

“Oh l’enfoiré m’annoncer ça comme ça de but en blanc
J’ sais même pas qui c’est
cette foutue Christina cette pute en blanc…
Une infirmière nan mais j’ te jure
Bah faut qu’on t’opère ça c’est sûr
Je verrais bien une ablation
Sans tes couilles tu seras p’têt moins con…”

Je n’ai pas le souvenir d’une levée de bouclier…

Orelsan n’est rien d’autre qu’une cible idéale et facile pour un lynchage médiatique/politique/militant à bon compte. Rappeur, texte violent, homme… La cible est idéale. Ce n’est certainement pas la légitimité et la grandeur de la cause qui justifie ce lynchage.

Pourquoi donc MAM si prompte et apte à faire passer un coup de fil pour obtenir l’appel d’une condamnation ne l’est-elle pas pour demander des poursuites contre Orelsan? Peut-être un procès en bonne et due forme serait-il moins efficace qu’un lynchage, qui sait?

Valérie Létard considéra que cette chanson “appelle au viol, au meurtre et à l’incitation à la haine envers les femmes.” et annonça mi-avril 2009 avoir saisi avoir saisi le procureur de la République de Paris pour savoir si des chansons comprenant des insultes sexistes pouvait “faire l’objet d’une qualification pénale”. Trois mois plus tard, qu’en est-il?

Personnellement, ce que j’attends d’une personne comme Valérie Létard (sans considération d’appartenance politique) ce ne sont pas des sorties médiatiques mais une action concrète comme cette évaluation du plan global 2005-2007 de lutte contre les violences faites aux femmes - 10 mesures pour l’autonomie des femmes dont elle est à l’origine et dont les annexes regorgent de données et de pistes d’action bien plus utiles que le battage autour de cette chanson.

Là, je dis oui. Oui et merci.

250. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:25 par @H.

La question de départ était de déterminer ce qu’il y avait de différent dans l’affaire Timsit et dans l’affaire Orelsan.

D’après votre réponse, je pense que c’est le caractère injurieux des propos beaucoup plus que le fait qu’il vise un groupe ou une personne en particulier, et le fait que dans le cas d’Orelsan cette personne soit fictive, alors que le groupe des trisomiques est bien réel.

Ce qui me gène c’est qu’Orelsan lui même, en essayant de s’expliquer, dit “cette œuvre de fic­tion a été créée dans des con­di­tions très spé­ci­fi­ques rela­ti­ves à une rup­ture sen­ti­men­tale”.
Bref cette oeuvre lui a été inspirée par son ex-copine, tout le monde comprend que c’est elle la sale pute, et en cherchant bien, on pourrait l’identifier.

C’est tiré par les cheuveux vous me direz, la loi n’a pas à suivre un raisonnement pareil.
D’accord, mais que pensez vous de cette tirade issue de la même chanson : “J’déteste les petites putes genre Paris Hilton”

Est ce que Paris Hilton est un personnage fictif ?
Malgré son style de vie, est ce que dire qu’elle est une petite pute n’est pas une injure ?

251. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:30 par PrometheeFeu

Je pense que certains commentateurs ne réalisent pas le fait que la censure d’État ne prend pas que la forme d’une interdiction. Ici, il est explicite que l’on utilise le pouvoir de l’État (son pouvoir d’attribution de subventions) pour réduire l’expression d’une personne. C’est de la censure. Je ne sais pas si c’est illégal, mais c’est inacceptable. Imaginez un instant que Sarkozy demande aux librairies de l’Etat de retirer les livres de Thierry Messan (ce monsieur qui sait tout mieux que tout le monde sur le 11 Septembre) au nom de l’insulte aux victimes des attaques terroristes… Serait-ce acceptable? Bien sur que non. Et pourtant, il ne s’agirait pas d’une loi de censure.

252. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:39 par chris

Pour Ferdydurke : “Combien d’hommes violents fans de musique classique, dans les beaux quartiers?” J’ai donné, sans une psy d’hôpital qui m’a portée à bout de bras plus dix ans, je ne ferais point la causette , ici ce soir. Elle commence à me lâcher progressivement. Dans l’ex belle-famille personne , personne ne voulait savoir; ça dérangeait.

253. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:52 par Trotsky tue le ski

Bémol sur le rap; précisions à ceux qui n’y entendent rien.
Si le rap transgressait aux USA, c’était dans la lignée du blues, du jazz et de la soul. Le flow comme le solo de saxophone projetait à la face du puritanisme blanc l’affirmation d’une identité noire perpétuellement niée, jusqu’en ses droits les plus fondamentaux.
On retrouve ces thèmes idéalement décrits par Leroi Jones dans le Peuple du Blues par exemple ou même dans le travail d’ethno-musicologie d’Alan Lomax.
Il faut remonter à Gill Scott-Heron ou au trio Last Poets dans les années 70’, pour voir des musiciens noirs adapter le principe du flow, tradition duelliste et verbale des quartiers pauvres, où se mêlent technique vocale et capacité d’improvisation.
Comparaison n’est pas raison. Les rappeurs se sont par la suite mis à vendre des savonnettes ou des chaussures de sport dès que leur premier succès leur permettait de monter une société commerciale.
La surenchère mercantile a voulu, comme dans la mise en scène Est/West, (morts à la clef), que l’on aille le plus loin possible dans la provocation et l’injure, le sexe et la débauche.
C’est dans ce large contexte que le rap français est au rap US ce que Johnny Halliday est au Rock & Roll international. Cela n’empêche ni les tubes ni les courants, ni quelques exceptions.
N’assimilez surtout donc pas ce monsieur Orelsan avec le rap en général. Par comparaison toujours, le Wu Tang (ex. Ghost Dog) était bien plus proche par exemple d’un Charles Mingus que ce Orelsan ne l’est du rap.
Quand à Paris le rap se découvrait au Globo, il avait encore ce ferment insurrectionnel et contestataire issu des inégalités sociales et de la politique de reconstruction après guerre. Les générations d’immigrés suivantes ne pouvaient que constater les défaillances d’un Etat dit de Droit à leur égard.
Aujourd’hui un “chanteur” comme Orelsan trouve davantage sa réussite sur Skyrock ou NRJ et dans les buz qu’il suscite sur la toile que par l’intensité de son message. Ce dernier se réduit à :”tout est bon pour ma notoriété”.
Sa violence n’est plus sociale ou identitaire, elle est psychiatrique. Et son style n’est pas musical, il correspond à un “coeur de cible”.
C’est pourquoi je vous prie, vous qui n’écoutez point de rap, de ne pas faire l’amalgame entre ce qu’on dit sur ce “chanteur de rap” et ce qui fut à l’origine de ce courant musical.
Il n’y aurait rien de plus insultant à notre égard européen que d’associer, dans notre culture musicale classique, Jean Sébastien Bach et André Rieu.
Et je pèse mes mots. Car si ce Oreslan est bien en droit de ridiculiser un courant musical assez caricatural ainsi, aux moins que ceux qui voient “rap” et “Oreslan” soient prévenus de ce mariage forcé par les lois du marketing .
A rabâcher “sale pute” en boucle, il aura réussi à se faire connaître, c’est là sa plus grande victoire.
A titre personnel, il me semble que si tous les adultères se concluaient par ce type de déclamation, la fidélité serait une astreinte légale.

254. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:54 par coco

Oh maître quel billet démagogique!! Je suis déçu… La censure c’est pas bien!!La liberté d’expression est au dessus de tout!
En gros voilà ce que vous dites…
Sans partir sur le débat féministe ni politique je vous réponds que sous couvert de la liberté d’expression on ne peut pas tout se permettre. D’ailleurs l’arrêt Clément du Conseil d’Etat a consacré la notion d‘“abus de droit”. Il en est de même pour la liberté: on peut en abuser. Tout droit ou liberté n’est pas absolu!
La liberté d’expression ne peut pas être un alibi à toutes les dérives. Moi je propose dans ce cas là de supprimer l’infraction d’injure, de menace de mort ou encore de diffamation ou d’incitation à la haine raciale du Code pénal puisque ces infractions tombent en désuétude si le fait de chanter donc de faire valoir la liberté d’expression “efface” toute infraction. ALLONS-Y créons même un fait justificatif en Droit pénal qui porterait sur l’expression artistique…

NON non et NON maître!! Pas de démagogie et de caricature (la censure NON, la liberté d’expression OUI)
Sa chanson allait plus loin qu’une simple provocation de rappeur, elle visait une personne en particulier.

De plus, cette polémique met en exergue un autre fait: le féminisme est ,en France, considéré comme ringard et défendre les femmes n’est pas “à la mode”… c’es dommage

255. Le Mardi 21 juillet 2009 à 20:55 par Bardamu

Il me semble erroné de voir dans cette affaire un cas de censure : nul n’a interdit à ce chanteur de chanter ce qu’il veut. Il s’agit de son retrait de la programmation d’un festival : à partir du moment où l’Etat le subventionne, il promeut une politique culturelle, qui n’a pas à se justifier devant la liberté d’expression mais devant ses électeurs. On croit souvent que la rue de Valois est là pour chanter les louages de l’art et que son locataire est le VRP de l’exception française. Il convient de ne pas oublier que ce ministère détermine la politique qui mérite ses subsides : il est libre de refuser une tribune à un chanteur. Partant, le terme de censure est impropre ici : Orelsan n’a pas été interdit de dire ce qu’il voulait, il a été recalé comme bénéficiaire de l’argent public. Ce qui est gênant, j’en conviens enfin, est la manière dont cette sélection a été faitee, ce qui d’ailleurs n’a pas été tiré au clair (probablement ex post).

256. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:09 par Terence

1. Est-ce que Orelsan est un bon musicien ? Non !

2. Est-ce que les qualités littéraires des textes de rap sont quasi inexistante ? Oui !

3. Est-ce qu’il est acceptable que cet “artiste” soit censuré ? Non !

4. C’est comme pour les idéaux politiques, les pires ont droit de cité dès lors qu’aucun texte n’est violé, et quand bien même il y a violation de la loi, seul un juge peut décider de mettre un terme (condamnation de l’auteur, retrait des ouvrages par voie de référé…) aux réjouissances.

5. Orelsan, Brassens de l’homme de rien, ne méritait pas tant de publicité, quant aux trisotins qui veulent l’interdire et ce, au nom d’une petite moraline de cour très “gauche bises et champagne”, ils valent encore moins que le musicien dont il est ici question.

6. Je retourne au droit des sociétés : une Slam Session sur les comptes sociaux with Francis Lefebvre on stage with platine and microphone. Le bonheur, c’est simple comme un Mémento (et je ne vous parle pas même du Mémento comptable…).

7. Paraît même qu’y aurait Cozian (Rap East Cost - Easy Listening) en guest… je file…

257. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:11 par Trotsky tue le ski

@ Bardamu 253

Eolas: La nou­veauté est que cette fois, c’est l’État décen­tra­lisé qui est inter­venu pour obte­nir cette cen­sure alors que

1. Le texte parle bien de censure
2. Le financement provient de la Région, non de l’Etat (fut-il décentralisé vs Valois)
3. “Libre de refuser une tribune à un chanteur”: à trancher par le droit selon “abus de pouvoir” ou compétence
4. L’argument de l’électeur a été écarté dans l’affaire d’un contrat cassé entre un groupe non désiré par une mairie engagée, (ai oublié les noms des protagonistes)

258. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:12 par C'est pas moi, c'est Shawn

“C’est pas moi, c’est Shawn” (référence l’île de la tentation!hihi!!)voilà en gros ce que vous dites pour explique que orelsan peut se cacher derrière son personnage de rappeur pour pouvoir sortir tout ce qu’il veut!

259. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:12 par vag

J’ai envie de dire à tous ceux que ça fait chier que leurs impôts servent à (indirectement) rémunérer un artiste dont ils détestent certaines oeuvres ; que moi ça me fait encore + chier que mes impôts servent à rémunérer des politiciens qui font fi des libertés fondamentales des citoyens !!

Je rajouterai que, de même que Mickael Jackson n’a pas chanté que “Beat it” (c’est violent comme chanson), il ne faut pas réduire Orelsan à 3 chansons, il en a fait bien d’autres qui n’ont RIEN à voir avec la violence, mais ça on dirait qu’on ne veut pas le savoir, il est labelisé “rap misogyne de banlieue” … Un débat sur le fait qu’il puisse ou pas chanter “sale pute” en concert me paraitrait bien moins malsain qu’un débat sur la légitimité de sa présence sur la scène artistique française ! (car attention il y a même des disquaires qui ne veulent pas mettre son CD en rayon ! et là c’est pas la faute de Ségo c’est la faute de la connerie humaine)

Heureusement que Frédéric Miterrand a la tête sur les épaules mais malheureusement le mal est fait

260. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:14 par Eugène

@Malavita 157
__@ Eugène (107) : “Ce que je lis surtout dans cette déclaration, c’est qu’il y a eu d’abord une demande (assumée) de clarification aux organisateurs”

Mais au nom de quoi ? Quelle est la légitimité de Ségolène Royal pour intervenir dans la programmation des Francofolies ?__

En tant qu’élue, démocratiquement élue, et donc en tant que responsable politique interpellée sur cette question par ses électeurs, elle a toute légitimité pour demander des explications aux responsables d’une manifestation publique sur le ressort de la collectivité territoriale dont elle a la responsabilité. Sauf à la réduire à une sous-citoyenneté aveugle, sourde et muette.

__“Au final, on ne se situe pas ici dans le registre juridique, mais bien dans le culturel et dans le politique.”

Et l’intervention du politique dans le culturel, ça porte un nom : jdanovisme.
__
Et ce genre de réplique n’est jamais qu’un effet de rhétorique pour le fun. Culture, politique et argent sont intimement liés dans notre civilisation, que cela plaise ou non.
Il n’en demeure pas moins que ce buzz est d’abord et avant tout un épiphénomène culturel et politique. Il n’a aucune épaisseur juridique, n’en déplaise à l’hôte de ces lieux que j’apprécie énormément. Quant à crier à la censure… Ici ? Mieux vaut en rire. Voltaire n’aurait même pas levé le petit doigt pour une faribole pareille. Il aurait certainement mieux à faire, notamment du côté d’Hadopi (entre autres).

261. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:16 par vag

“C’est pas moi, c’est Shawn” (référence l’île de la tentation!hihi!!)voilà en gros ce que vous dites pour explique que orelsan peut se cacher derrière son personnage de rappeur pour pouvoir sortir tout ce qu’il veut!

ça a déjà été dit, OUI il peut sortir tout ce qu’il veut, avec ou sans mise en scène, du moment qu’il respecte la loi, et la loi a été respectée, alors où est le problème ?

262. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:19 par C'est pas moi, c'est Shawn

@vag: la loi a été respecté ah bon il y a eu un jugement qui a affirmé que les propos ne tombaient sous le coup d’aucune infraction pénale?

263. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:26 par Bardamu

Que les choses soient claires, s’il l’on ne peut en toute rigueur parler de censure, je soutiens qu’il y a eu ingérence dans la programmation d’un festival : son directeur eût dû faire valoir la liberté dont la Région le garantissait (si c’est le cas…) par delà le fait de bénéficier de ses subventions. Parler d’art d’Etat est exagéré puisque les artistes ne sont pas agents publiques, mais il ne faut pas oublier que sans l’Etat certains arts ou festivals péricliteraient.

La déclaration de Mme Royal n’est pas choquante, pourvue qu’elle fût prononcée avant la décision d’écarter Orelsan (disons que ça ferait une - grotesque - déclaration de politique culturelle : en Poitou-Charente, les artistes n’ont qu’à bien se tenir ! (s’ils veulent des sous…)). C’est bien le coeur du problème - je suis donc tout à fait ‘Mon avocat m’a conseillé de changer d’avocat’ lorsqu’il indique qu’il ne faut pas s’effaroucher lorsqu’on interdit une manifestation de cette sorte : ce n’est pas le bâton qu’on sort, mais la carotte qu’on enlève (de manière déloyale).

264. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:30 par Bardamu

Merci de vos remarques Trotsky, mais je maintiens que la censure est un foulard trop grand pour cette affaire où il s’agit d’une question d’abus de pouvoir comme vous le soulignez (mais comme dit infra, that’t the point, et ce qu’il reste à démontrer !)

265. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:32 par Mon avocat m'a conseillé de changer d'avocat

@Ferdydurke

Je crois qu’il faut voir, quels que soient l’opinion qu’on en a et leur éventuel caractère répréhensible, des textes comme celui d’Orelsan non comme une cause mais comme une conséquence : l’expression d’une réalité.

Pourquoi ne pas plutôt les considérer comme une conséquence et comme une cause elle-même susceptible d’avoir des conséquences ? Ou plutôt, les concepts de “cause” et de “conséquence” sont vraiment adaptés ? Si les oeuvres artistiques sont bien, dans une certaine mesure, des expressions d’une réalité de leurs temps, elles résultent aussi, précisément, de la liberté des artistes, et sont donc indissociables de leur responsabilité, non seulement envers la manière dont l’oeuvre qu’il créée exprime une réalité, mais aussi envers la portée que son oeuvre est susceptible d’avoir. Orelsan est libre d’exprimer toute la violence qu’il veut et même toute la réalité d’un sexisme et d’une misogynie. Il est aussi libre de ne pas leur apporter une caution ou une aura en les exprimant, de les exprimer de telles ou telles manières et non de telles autres. S’il ne s’agit pas d’édulcorer la réalité qu’on prend la responsabilité d’exprimer, il me semble que la liberté de l’artiste exige de lui-même bien autre chose que de faire de son expression un pur et simple décalque.

266. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:36 par Bardamu

Cher Trotsy, je parcours vos posts avec délectation, toutefois affirmer que “Sa violence n’est plus sociale ou identitaire, elle est psychiatrique.” n’est pas votre remarque la plus fondée (quand bien même fussiez-vous psychiatre, il eût fallu parler de ‘pathologique’, ce qui est de surcroît bien difficile à établir !)

267. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:40 par binoute

@sha, 238: merci… j’avoue que la seule fois où je ne lis pas tous les commentaire…ben je me fais attraper.

Bref, je comprends l’explication, le raisonnement, mais je ne comprends pas pourquoi (et je précise d’ores et déjà que les chiennes de gardes…pfff) un texte qui insulterait une personne sur son origine, ethnie, religion tomberait sous la Loi, mais pas si l’insulte est relative à son sexe. Et dans la même veine je ne cautionne pas les expressions citées par le Me des lieux (phallocrate, et autres joyeusestés), ni les disquaires qui refuse la mise en rayon (quoique?); Mais enfin, si encore la musique était belle….

268. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:43 par Bardamu

Cher Trotsy, votre post numéroté 180 est consternant, à moins qu’il ne fût ironique : “Non, car il y a un stade où il ne suffit plus d’éduquer, il faudrait être généticien.”, c’est une blague d’eugéniste j’imagine ?

269. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:46 par Trotsky tue le ski

@ Bardamu 264

J’en conviens; l’élan m’a emporté, les doigts ont fait le reste.
Ce n’est pas la plus fondée, certes, mais ce n’est malheureusement pas la plus approximative non plus.

270. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:49 par Trotsky tue le ski

@ Bardamu 266
J’espère que vous en aurez au moins souri c’était le but.
Rien ne va mieux à la caricature qu’une plus ample caricature.

271. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:50 par juju

hahaha

Trop bon la référence au Death Métal !
Sauf que nous les métalleux, nous sommes plus voyant individuellement que les rappeurs, mais moins nombreux, du coup on nous fiche la paix. Enfin…sauf un certain évêque près de Clisson y’a un an, mais il a perdu !
Personnellement je connais des personnes qui portent des t shirt avec marqué en gros “Fuck Me Jesus” et un dessin représentant une nonne faisant des trucs avec son crucifix. C’est d’un bon gout relatif pour les grenouilles de bénitiers, toujours est-il que personne n’a protesté en voyant ça (en tout cas pas en France).
Donc pour ceux que ça intéresse le Death Métal et le Black Métal prônent (en général) l’anéantissement de l’espèce humaine, le suicide, la guerre, la résurrection de la bête immonde dont le chiffre est 666, l’individualisme etc…donc c’est un peu plus “méchant” qu’une insulte sexiste.

272. Le Mardi 21 juillet 2009 à 21:57 par Le Chevalier Bayard

@ 251 Trotsky tue le ski

Votre synthétique “sociologie du rap” est assez juste. Merci !

Pour autant, j’ajouterai que si vous citez Gill Scott-Heron il faut alors parler de Grandmaster Flash & the Furious Five (ils s’en sont inspirés) et c’est le titre “The Message” qui en 1982 est le véritable hymne historique du hip-hop.

Le morceau est l’un des premiers (en tout cas le premier à être diffusé sur support discographique) à introduire un discours politiquement et socialement engagé, au travers du récit par un habitant du Bronx de ses frustrations et combats au quotidien et influencera durablement une large frange de la production hip-hop.

Le magazine Rolling Stone a placé “The Message” au 51e rang de son classement des 500 plus grandes chansons de tous les temps; il s’agit de la chanson des années 1980 la mieux placée, et du plus haut rang pour une chanson de hip-hop.

273. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:14 par vag

@C’est pas moi, c’est Shawn

@vag: la loi a été respecté ah bon il y a eu un jugement qui a affirmé que les propos ne tombaient sous le coup d’aucune infraction pénale?

Pas besoin, ça s’appelle la présomption d’innocence :)

Sinon pour en revenir au droit j’ai appris dans wikipedia que François Bonneau (président PS du conseil régional du Centre) après avoir menacé le festival du printemps de bourges de représailles financières a retiré le montant du cachet du chanteur (soit 1 500€) de la subvention totale de 360 000€
http://www.lepoint.fr/culture/2009-…

C’est légal ça ??? Et moi j’ai le droit de retirer de mes impôts le montant du salaire des administrés que je ne peux pas saquer ?

Je suppose qu’on ne saura jamais si c’est légal car le printemps ne va pas faire d’action en justice au risque de se voir attribuer un euro symbolique en guise de subvention l’année suivante …

274. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:15 par Ferdydurke

@ coco “De plus, cette polémique met en exergue un autre fait: le féminisme est ,en France, considéré comme ringard et défendre les femmes n’est pas “à la mode”… c’est dommage”

C’est une interprétation un peu excessive. Je n’ai lu nulle part la moindre critique du féminisme, sauf dans sa version enragée, guère productive et du même niveau que ce qu’elle reproche à l’autre partie.

Féministe, machiste, macho-féministe, bof… La lutte contre la violence est censée être l’affaire de tous et j’ai du mal à croire que cette lutte puisse être efficace sans la contribution effective des deux sexes. J’espère donc pouvoir continuer à penser qu’elle n’est pas réservée à un groupe particulier qui se serait accordé le droit d’être le seul acteur de cette lutte qui ne doit pas être menée contre mais avecl’autre.

Comme disait Martin Luther King : “Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères si nous ne voulons pas mourir ensemble comme des idiots“…

De fait, tout cela m’inspire plutôt ce qui suit :

Surveillant à X (comme le chromosome) : Pourquoi pleures-tu? Qu’est-ce qu’il t’arrive?

X : Elle m’a donné deux gifles.

Surveillant à Y (comme l’autre chromosome) : Pourquoi l’as-tu giflé? Ce n’est pas bien!

Y : Il m’a donné un coup de poing dans le ventre. Ça fait mal!

Surveillant à X : Faut pas faire ça! On ne frappe pas les gens. Pourquoi as-tu fait cela?

X : Elle a dit que j’étais nul et moche. C’est pas vrai!

Surveillant à X : Elle n’a pas tout à fait to… Hum.

Surveillant à Y : Pourquoi lui as-tu dit cela?

Y : Il a dit que j’étais conne et grosse!

Surveillant à Y : Meuh non, juste env… Ahem… Gnnnnn… Et mer…!

Surveillant aux deux après une profonde et salvatrice séquence inspiration/expiration : Puisque c’est comme cela… Tout le monde au coin! Sofort! Schneller! (Immédiatement! Plus vite!)

Du coup, plus je nous observe (le nous m’incluant), moins je suis misandre ou misogyne… et plus je suis directement misanthrope. Comme quoi les différences s’aplanissent. Surtout par le bas.

275. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:16 par moddeur

Certains voient en ce texte d’Orelsan un appel à la haine, interdit par la législation.
De la même manière, on pouvait voir en “gare au gorille” un outrage à magistrat.
Tout est question d’appréciation de l’intention de l’auteur …

Intention, dans le cas d’Orelsan, et comme l’indique Master Ventoux, décelable à travers le contexte social dont le rap tire son origine.
Intention, dans le cas de Brassens, décelable dans le militantisme avéré de l’auteur.

Mais à un niveau fondamental, la liberté d’expression ne peut pas être un rempart absolu contre les tentacules de la censure. The 1st amendment par-dessus tout? Cela ne me semble pas défendable.

Sinon il suffirait de chanter le négationnisme ou d’appeler à la ratonnade par envolées mélodiques, et prétendre que l’intention n’était pas celle-ci.

276. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:22 par justiciable ( en mode death metal )

Oh que oui Maitre :

1] les saintes marie mère de Dieu -Sainte Anasthasie qu’elles aillent se défouler en iran !

2] Orelsan a eu bien tort de baisser son..euh pavillon



3] Gainsbourg ils l’ont écouté ces cons la ?

4] et Vian ? vous l’imaginez ? mais leur indignation est jouée l’essentiel est de faire parler de soi ( comme quand le cran s’en prenait à Napoléon ! )

5] Orelsan l ‘a bien dit et bien écrit :

”Les vieux comprennent pas c’qu’il s’passe dans la tête des jeunes
Ils sont pas élevés par la télé, par la PlayStation
Ils comprennent pas à quel point on est fêlés
Ils connaissent pas Internet, les boîtes, les grecs, les DVD
Les vieux comprennent pas c’qu’il s’passe dans la tête des jeunes
Ils sont pas élevés par la télé, par la PlayStation
Ils comprennent pas à quel point on est fêlés
Ils connaissent pas l’rap, les portables, le shit, la Despe”

Orelsan en passant il est souvent drôle ( bon d’accord son humour c’est du gros lourd ).

6] comme toute liberté la liberté d’expression trouve ses limites face à la loi comme exemple de condamnation récent:

En juin 2000, Matmatah comparait devant le tribunal correctionnel de Nantes, pour « provocation à l’usage de stupéfiants » et « présentation sous un jour favorable de l’usage du cannabis ». Aprés un concert à Nantes en 1998, où la brigade des stupéfiants, présente parmi le public est intervenue pour constater que le public fumait du cannabis, et à cause des paroles de deux de leurs chansons: L’Apologie (Un pétard ou un Ricard, si t’as vraiment le cafard, à choisir y’a pas photo, moi je choisis le marocco. Les alcools ont leurs soûlards, le canna c’est le panard. Y’en a qui le mystifient, moi je fais son apologie.) et Lambé An Dro (Si t’as d’la beuh à partager, viens donc faire un tour à Lambé). La peine encourue était de 5 ans de prison et 500 000 francs d’amende: prononcé 15 000 francs d’amende chacun. Cet épisode leur inspirera la chanson “Quelques sourires” sur l’album suivant.

7] Quand les Américains conservateurs ont inventé le merveilleux “Parental Advise : explicit lyrics” ils en ont fait un argument commercial de vente de premier choix.
Les ventes de Death-black-satanic-funeral-gothic metal ont explosé. Ecoutez SLAYER !!!! ( pub ) ou CONVERGE.

Malcom Mac Laren le manager des Sex Pistols avait érigé le scandale et la provocation en moyen de promotion d’ou la première tournée dans les sex shops et les bars à putes, le concert le jour du jubilé de la reine, les tee shirt à croix gammée … ( pas du meilleur gout ) .

Toute l’histoire du rock pourait être convoquée ici ….

Bref on a bien fait de voter comme on a voté en 2007 .
Que Sarko écoute Johnny et Chimene badi , c’est son probléme .
Vouloir Interdire un concert d’Orelsan ou pire le faire hypocritement ca montre à quoi on a échappé …

Par contre ca me revient aussi y a Doc gyneco qu’est Sarko-compatible , je vous conseille d’aller écouter “BRigitte Femme de Flic” de feu le Ministère Amer et vous verrez que le Pauvre Orelsan c’est vraiment un bouc émissaire. Un enfançon.

Merci Maitre de prendre sa défense .

“C’est le propre de la censure violente d’accréditer les opinions qu’elle attaque.”
( Voltaire )
Extrait du Poème sur le désastre de Lisbonne

277. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:24 par Brigadier-chef Harald

@ Ferdydurke en 247 :

La culture dont je parle, je devrais plutôt parler de sous-culture, est bien évidemment celle des banlieues sanctifiée en son temps par le divin Jack. Rap, tags, graphs, etc. expressions d’une manière de retour à l’état tribal où l’expression de la violence rejoint le besoin atavique de marquer son territoire. Des siècles de culture balayés par les éructations de Joey Starr et de ses suiveurs. On notera d’ailleurs qu’une fois arrivés là où ces messieurs le désiraient ils ont vite fait d’oublier leurs “frères”, ce qui occasionne parfois une mise au poing.

Je sais qu’il est d’usage de fustiger la société occidentale, de la rendre coupable de l’état de misère, toute relative d’ailleurs, dans laquelle ses jeunes se trouvent. Cependant, je ne puis m’empêcher de penser que nous arrivons à la 3ème génération et qu’ils en sont toujours au même point. Et que l’on ne me parle pas de la xénophobie et autres billevesées du même ordre. Les polonais, les italiens pour ne parler que d’eux étaient largement aussi mal vus que les français d’origine afro-maghrébine aujourd’hui. Ils étaient eux aussi relégués dans de vrais bidonvilles aux périphéries, l’époque n’étant pas au politiquement correct on appelait ces zones des “villages nègres”. Les ouvriers leur reprochait le fait de ne vivre qu’entre eux, de baragouiner leur sabir et d’être de foutues grenouilles de bénitier toujours fourrées dans les églises. En une ou deux génération leurs enfants étaient devenus de bons français. Plus près de nous les boat people ne font pas parler d’eux, pas plus que leurs rejetons qui sont largement dotés de prénoms occidentaux. Preuve que l’on peut assimiler une culture tout en gardant la sienne. Encore faut-il pour cela le vouloir !

Pour le reste, merci, je m’intéresse depuis longtemps au phénomène des violences intra-familiales. Bien sûr qu’il existe des cas de violences qui se manifestent dans divers milieux socio-culturels. Cependant je pense que vous conviendrez avec moi que dans les autres couches de la société c’est vécu plutôt de manière honteuse au lieu d’être revendiqué comme un lifestyle tout à fait honorable. Ce qui est somme toute assez logique pour peu que l’on veuille bien se rendre compte que ces jeunes gens n’entrevoient pas les rapports humains autrement qu’à travers le prisme de la loi du plus fort. Le caïd met sa mère au bâtard de bolosse, le djeunz met sa mère à sa sale pute de sœur, de copine, etc.

Ne comptez pas sur moi pour encenser le retour à l’animalité. Maintenant je le répète, je reste persuadé que l’on aurait tout intérêt à porter la contestation sur le plan moral que sur le plan juridique ou à travers une action en justice. Travail de longue haleine compte tenu de l’état de déliquescence actuel.

278. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:26 par Düs

Merci, Maître. Ce genre de billets me met de bonne humeur.

279. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:37 par H.

@248 Bref cette oeuvre lui a été inspirée par son ex-copine, tout le monde comprend que c’est elle la sale pute, et en cherchant bien, on pourrait l’identifier.

“en cherchant un peu”, oui… et c’est bien là le “problème”. Pour que le délit d’injure soit constitué, s’il n’est pas nécessaire que la personne ou le groupe visé soit expressément nommé, il faut néanmoins qu’il soit clairement identifiable. Ce qui n’est pas le cas en l’espèce.

Malgré son style de vie, est ce que dire qu’elle est une petite pute n’est pas une injure ?

Si, ç’en est probablement une (voire pourquoi pas une allégation diffamatoire, prétendre qu’elle exerce cette profession pouvant éventuellement être considérer comme une imputation d’un fait précis)… reste à Paris Hilton à porter plainte, ce qu’elle devra faire devant le tribunal correctionnel du lieu de l’infraction… peu de chances que ça arrive, hein?

280. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:47 par Nichevo

Clin d’œil à Brassens; sans rancune mesdames…
Misogynie à part, le sage avait raison
Il y a les emmerdantes, on en trouve à foison
En foule elles se pressent
Il y a les emmerdeuses, un peu plus raffinées
Et puis, très nettement au-dessus du panier
Y a les emmerderesses

La mienne, à elle seule, sur toutes surenchérit
Elle relève à la fois des trois catégories
Véritable prodige
Emmerdante, emmerdeuse, emmerderesse itou
Elle passe, elle dépasse, elle surpasse tout
Elle m’emmerde, vous dis-je

Mon Dieu, pardonnez-moi ces propos bien amers
Elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmerde, elle m’emmer-
de, elle abuse, elle attige
Elle m’emmerde et j’regrette mes belles amours avec
La p’tite enfant d’Marie que m’a soufflée l’évêque
Elle m’emmerde, vous dis-je

Elle m’emmerde, elle m’emmerde, et m’oblige à me cu-
rer les ongles avant de confirmer son cul
Or, c’est pas callipyge
Et la charité seule pousse ma main résignée
Vers ce cul rabat-joie, conique, renfrogné
Elle m’emmerde, vous dis-je

Elle m’emmerde, elle m’emmerde, je le répète et quand
Elle me tape sur le ventre, elle garde ses gants
Et ça me désoblige
Outre que ça dénote un grand manque de tact
Ça n’favorise pas tellement le contact
Elle m’emmerde, vous dis-je

Elle m’emmerde, elle m’emmerde , quand je tombe à genoux
Pour certaines dévotions qui sont bien de chez nous
Et qui donnent le vertige
Croyant l’heure venue de chanter le credo
Elle m’ouvre tout grand son missel sur le dos
Elle m’emmerde, vous dis-je

Elle m’emmerde, elle m’emmerde, à la fornication
Elle s’emmerde, elle s’emmerde avec ostentation
Elle s’emmerde, vous dis-je
Au lieu de s’écrier: ” Encor ! Hardi ! Hardi ! “
Elle déclame du Claudel, du Claudel, j’ai bien dit
Alors ça, ça me fige !

Elle m’emmerde, elle m’emmerde, j’admets que ce Claudel
Soit un homme de génie, un poète immortel
J’reconnais son prestige
Mais qu’on aille chercher dedans son ?uvre pie
Un aphrodisiaque, non, ça, c’est d’l’utopie
Elle m’emmerde, vous dis-je

281. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:50 par Ferdydurke comme l'excellent roman du même nom dont Witold Gombrowicz est l'auteur

@ Mon avocat m’a conseillé de changer d’avocat

Moi aussi, je peux avoir un long pseudo, si je veux. ;-)

J’en conviens : J’aurais du mal du à nier qu’une conséquence soit la cause d’une autre conséquence et cela depuis la première cause qui ne fut pas la conséquence d’une cause, faute de quoi elle n’aurait pas été la première. Je vous laisse imaginer ce qu’il advient quand une cause entraîne plusieurs conséquences en étant elle-même la conséquence de plusieurs causes.

Plus sérieusement… pour préciser ma réflexion, j’ai utilisé les termes cause et conséquence rapportés à une réalité prise en instantané, pour fixer une situation.

Je suis évidemment d’accord avec vous sur le principe que la liberté est indissociable de la responsabilité et doit conduire chacun à faire preuve de sens des responsabilités, en mesurant la portée de ses actes et de ses propos avant leur réalisation et en allant à la rencontre de ses obligations une fois ceux-ci réalisés. Cela va de soi, me semble-t-il.

Je crois que c’est bien ce qu’Orelsan a fait comme l’indique son communiqué : “Cette œuvre de fic­tion a été créée dans des con­di­tions très spé­ci­fi­ques rela­ti­ves à une rup­ture sen­ti­men­tale : En aucun cas ce texte n’est une let­tre de mena­ces, une pro­messe de vio­lence ou une apo­lo­gie du pas­sage à l’acte, pour­suit le com­mu­ni­qué. Cons­cient que cette chan­son puisse heur­ter, Orel­san a décidé il y a quel­ques mois de ne pas la faire figu­rer dans son album ni dans ses con­certs, ne sou­hai­tant l’impo­ser à per­sonne

Bien évidemment, il se trouvera toujours quelque esprit râleur pour déclarer qu’il ne devait même pas l’écrire car il aurait du savoir quelles conséquences elle aurait… Le monde est rempli de devins qui savent déjà tout sur tout, avant tout le monde et mieux que tout le monde….

Je crois aussi que si tout ce barnum n’avait pas été déclenché, on n’aurait pas entendu parler de cette chanson. Du moins pas autant. Si Orelsan est responsable de ce que sa liberté d’expression lui permet de faire, beaucoup de ces beaux esprits si prompts à hurler au loup sont aussi responsables de ce que leurs libertés d’opinion et d’expression leur permettent de faire. En ont-ils mesuré les conséquences, eux? Y font-ils face?

282. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:53 par beldeche

En voilà, une façon de tester la robustesse de votre nouveau moteur.

Néanmoins, je suis heureux que vous ayez fini par aborder ce sujet, il était temps que quelqu’un vienne éclairer cette polémique.

283. Le Mardi 21 juillet 2009 à 22:57 par Brigadier-chef Harald

Bravo Nichevo. On peut également faire assaut de goujaterie pour peu que l’on y mette les formes. Le vieux Corneille en avait fait la preuve :

Marquise si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits
On m’a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis.

Cependant j’ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n’avoir pas trop d’alarmes
De ces ravages du temps.
Vous en avez qu’on adore;
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu’il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle,
Où j’aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu’autant que je l’aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise.
Quoiqu’un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu’on le courtise,
Quand il est fait comme moi.

Ce n’est pas très reluisant mais outre la qualité du verbe l’auteur ne se sent pas obligé de recourir aux clichés venus du caniveau pour exprimer sa déconvenue.

284. Le Mardi 21 juillet 2009 à 23:01 par niodayoda

à Trotsky tue le ski : Je reviens sur ces commentaires sur votre commentaire 180 : vous étiez très très bon mais très sur le fil du rasoir !

Impressionnant ! Mais n’ayant pas en mémoire vos précédents commentaires sur d’autres sujets, j’ai eu une hésitation sur l’interprétation à y donner !

285. Le Mardi 21 juillet 2009 à 23:23 par Harald

Juste en passant Trotsky tue le ski et niodayoda, vous accepteriez que votre fille fasse sa vie avec un de vos petits protégés si gentils ?

286. Le Mardi 21 juillet 2009 à 23:31 par Gabriel

@ Brigadier-chef Harald (283)

   « Peut-être que je serai vieille,
   Répond Marquise, cependant
   J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
   Et je t'emmerde en attendant. »

(Tristan Bernard)

287. Le Mardi 21 juillet 2009 à 23:48 par Ferdydurke

@ Brigadier-chef Harald

Cependant je pense que vous conviendrez avec moi que dans les autres couches de la société c’est vécu plutôt de manière honteuse au lieu d’être revendiqué comme un lifestyle tout à fait honorable. Ce qui est somme toute assez logique pour peu que l’on veuille bien se rendre compte que ces jeunes gens n’entrevoient pas les rapports humains autrement qu’à travers le prisme de la loi du plus fort.

J’en conviens d’autant plus aisément que je n’ai pas dit autre chose et je ne crois pas vous avoir suggéré un quelconque retour à l’animalité mais plutôt à diversifier votre approche.

Je vous laisse cependant la responsabilité du terme de sous-culture.

S’agissant de l’origine afro-maghrébine que vous évoquez comme motif, ayant eu à plusieurs reprises (pas assez à mon goût) la chance de me déplacer dans des pays où vous entendez s’élever la voix du muezzin (un enregistrement pour être exact) à l’heure des prières, j’ai rarement constaté l’expression d’une violence similaire. Je précise : Je ne dis pas qu’il n’y a aucune violence dans ces pays mais que je ne l’ai jamais vue s’exprimer de la même manière qu’en France et d’autres nations, disons de l’hémisphère Nord. Pourtant, en périphérie des métropoles arabes, les coins bien plus pauvres qu’une banlieue parisienne ne manquent pas! Certes, dans ces zones déshéritées, les gens ont d’autres priorités, bien plus vitales, que d’écrire une chanson de rap…

Est-ce donc un phénomène lié à une origine afro-maghrébine? Je fais plus qu’en douter. J’irais plus en chercher l’origine de l’autre côté de l’Atlantique, pas vous? Surtout s’agissant de la culture musicale et vestimentaire qui y est associée. J’ai souvent eu l’impression, pour en avoir encadré par le passé, que ces jeunes dont vous décrivez la violence trouvaient leurs modèles et leurs références à l’ouest. Exclusivement.
Ce, avec d’autant plus de facilité que la musique - pour prendre cet exemple - correspondant à la culture d’origine était écoutée par leurs parents dont ils jugeaient la vie indigne et servile au point d’en rejeter tous les aspects, sans exception. J’ai aussi régulièrement constaté que ces jeunes gens, qui montrait une opposition si farouche à la culture de leurs parents, par révolte, la redécouvraient plus tard. A l’âge adulte, du moins pour ceux qui surent échapper à l’engrenage de la violence et ses effets. L’argument “afro-maghrébin” me semble donc irrecevable. J’opterai plutôt pour l’argument “contexte social et urbain où tout se règle par la force” qui dépasse les cultures et les origines tout comme la violence domestique n’a pas de fondement ethnique.

Enfin, sur la comparaison avec le passé que vous faites, je me contenterai de vous signaler que ces phénomènes de violence existaient déjà et qu’à l’époque le style musical honni c’était le rock… la musique des blousons noirs. Nous pourrions même remonter au temps des apaches, de l’argot et de Casque d’or… n’est-ce pas?

288. Le Mardi 21 juillet 2009 à 23:59 par Oneo

Je me permet d’ ajouter une chose. Il me semble que la liberté d’ expression est limite par la protection de l’enfance. Une des chanson d’ orelsan cite dans les commentaires dit: petite filles , faut pas me fréquenter si tu veux pas te faire depuceller avant de perdre tes dents de lait. Je ne suis pas sur que la sucitation de la pédophilie sur des bébés soient protéger par la liberté d’ expression.

Eolas:
Vous voyez : on trouve toujours une noble cause pour mettre la liberté d’expression à la poubelle. Si c’est pas les femmes, c’est les enfants.

Rassurez-vous Orelsan ou quiconque a le droit de chanter ça. Les juges, eux, savent lire et reconnaître une métaphore.

289. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 00:02 par Derek

@Harald 285

Juste en passant Trotsky tue le ski et niodayoda, vous accepteriez que votre fille fasse sa vie avec un de vos petits protégés si gentils ?

Je rêve ou vous considérez que c’est au père de décider de la vie sexuelle de sa fille?

290. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 00:02 par Suvann

@ Brigadier-chef Harald en 277:

Alain Finkielkraut sort de ce corps!

291. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 00:12 par Blair

Je serais curieuse de savoir ce que vous pensez, Maître, de l’interdiction faite à Dieudonné de se produire dans des salles de théâtres publics..

Eolas:
Vous avez des sources ?

292. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 00:21 par Oneiros

Merci mon cher Maître de trouver la force encore et toujours de prendre les armes pour toutes ces choses qu’on nous impose, jour après jour, et qui, si personne ne fait rien, nous mèneront vers des jours moins heureux.
Je suis d’accord avec vous sur toute la ligne et espère que la censure n’aura pas à nous trouver sur sa route.
Je rajouterai seulement, après avoir lu la prose dudit chanteur, qu’à mon sens, c’est juste un pauvre mec et que, malheureusement, il y a des cons partout (y compris dans vos lecteurs à en lire certains commentaires). Il faut vraiment que nos politiques n’aient pas grand chose à faire pour se préoccuper de tels sujets.
Votre bien dévouée.

293. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 00:38 par Joel

@130 C’est un petit peu hors sujet par rapport au fond du billet, mais suis-je le seul à trouver qu’Orelsan a du talent?

Non.

294. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 00:40 par niodayoda

@ Harald en 285 :

Juste en passant Trotsky tue le ski et niodayoda, vous accepteriez que votre fille fasse sa vie avec un de vos petits protégés si gentils ? :

Vous aurez mis longtemps à tirer sur la corde sentimentale !!

Quelle résistance !

Alors primo ce sera tout à fait virtuel puisque bien qu’ayant nièces, filleule et neveu, je n’ai pas d’enfant.

Si j’en avais je ne vous affirmerais pas que je ne serais pas circonspect devant un tel choix, mais j’ose espérer que je prendrais le temps d’apprendre à le connaître plutôt que de le juger sur un écrit qui relate une histoire IMAGINAIRE

Et puisque vous partez sur un terrain plus que glissant, je dirais que votre pseudonyme n’est pas franchement faire honneur à votre uniforme, et bien que je ne nie absolument pas la difficulté de votre métier dans certaines conditions, je ne justifie pas et ne justifierai jamais toutes les bavures policières incidents devant faire l’objet d’une enquête de l’IGS !!
Et franchement la “sous-culture des banlieues”, si le point Godwin n’était pas réservé au nazisme je vous en aurai volontiers attribué un !!

295. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 00:46 par Libérus

@ 89 piedo, qui a écrit :
“”La confusion lexicale entre “subventionner” et “sponsoriser” est d’ailleurs particulièrement gênante. Tout comme le fait qu’elle parle de son territoire.

Et oui, c’est tout bête, mais en France, les institutions et collectivités subventionnent un projet là où Coca-Cola sponsorise une manifestation.””

Si l’on veut être libre, on ne demande pas de subvention à quiconque, ni à la Région Poitou-Charentes , ni à Coca-Cola.

Imagine-t-on Sade demandant une subvention à la Manufacture des Gobelins pour écrire qu’il a écrit ?

Résumons-nous.

1) Orelsan doit être LIBRE de chanter ses chansons (d’ailleurs il ne manque pas de nombreux canaux pour le faire).

2) Le Conseil Général de Poitou-Charentes doit être LIBRE de subventionner les manifestations culturelles qui lui agréent.

3) L’organisateur du festival de la Rochelle doit être LIBRE de choisir les artistes qu’il veut (je suis sûr que des milliers d’artistes ont postulé et ont été rejetés).

Si l’on m’oppose l’objection (marxiste) que l’organisateur ne serait plus LIBRE si le Conseil coupait (ou menaçait de couper, ou envisageait de menacer de couper) sa subvention , je réponds qu’il est LIBRE de chercher d’autres subventions, par exemple du côté de la National Rifle Association.

296. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 01:16 par Cordozar Calvin Broadus Jr.

Merci Maître pour ce billet très intéressant.

@ 253

Complètement d’accord, aucun rappeur n’irait se produire aux francofolies de toute façon.

Il existe des titres d’une misogynie (et d’une qualité) sans commune mesure qui n’ont jamais provoqué un tel tollé.

Par exemple: http://www.wideo.fr/video/iLyROoaft…

Orlesan exprime ses émotions à sa manière, mais au fond il parle d’un amour déçu et la violence de ses propos n’est que le reflet de sa douleur.

D’autres assimilent les femmes en général à de simples objets destinés à assouvir leurs besoins.

Cette polémique au sujet d’Orlésan, dont la chanson est ridicule, est donc incompréhensible.

297. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 01:35 par niodayoda

C’est marrant, au moment où une fenêtre entière de mon navigateur est consacré à ce blog, je viens d’assister de la fenêtre de mon appartement de bobo parisien pas riche dans le quartier de Bastille à une scène où un jeune homme blanc comme un cul pour reprendre l’expression (spéciale dédicace au brigadier-chef) écoutant du rap peu mélodique entendu de chez moi, à traiter une fille passant dans la rue devant lui de “pute”, lui disant de “montrer sa chatte”…

Mais attention, ne lisez pas de travers et ne déformez pas ma pensée : je ne stigmatise pas le rap et cet abr***, cet en**** aurait écouté du Rameau, ça n’aurait été qu’un abr***, un en**** mélomane !

298. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 01:40 par Vivien

De nombreux arguments pro-censure postés ci-dessus sont vraiment situés au niveau du ressentie:
résumé: “ca me plait pas, je suis contre, ségo pareil, elle a usé de son influence, comme je suis d’accord c’est morale”

Face à ce genre de refus de réflexion sur le droit, vous, Eolas, continuer à répondre, infatigable !
Votre abnégation est impressionnante, bravo.

299. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 03:17 par PrometheeFeu

@moddeur: L’incitation a la haine n’est pas illégale. Sinon, je vais bien m’amuser a faire des procès a tous les politiques qui incitent a la haine contre les libéraux… Cela dit, cela fait un petit moment que j’ai envie d’aller trouver d’autres libéraux et de revendiquer le statut de religion pour bénéficier de la loi sur l’incitation a la haine raciale. Il me semble qu’il faut que l’association soit formée depuis 3 ans… Je m’en vais aller former l’association en question. On se revois dans 3 ans pour démontrer le ridicule de cette loi dans une République laïque.

300. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 06:46 par moddeur

Me semblait que l’incitation à la haine (en vague) était bel et bien punie, mais vous avez raison, je ne trouve qu’une contravention de 5ème classe, et encore, pour “provocation non-publique à la haine à l’égard de … à raison de leu…” (CP R625-7).
Haïssons les législateurs!

301. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 06:49 par moddeur

Mon lien ci-dessus est complètement invalide, haïssons les informaticiens! (dont je suis):
http://www.legifrance.gouv.fr/affic…

302. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 07:20 par alexandre

{{“Malgré son style de vie, est ce que dire qu’elle (Paris Hilton) est une petite pute n’est pas une injure ?”

Si, ç’en est probablement une (voire pourquoi pas une allégation diffamatoire, prétendre qu’elle exerce cette profession pouvant éventuellement être considérer comme une imputation d’un fait précis)… reste à Paris Hilton à porter plainte, ce qu’elle devra faire devant le tribunal correctionnel du lieu de l’infraction… peu de chances que ça arrive, hein?}}

Oui, aucune chance. Comme il n’y a aucune chance que Ségolène Royale soit poursuivie pour détournement de pouvoir selon Eolas. Mais ça n’empêche pas de parler, hein ?

303. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 07:28 par Véronique

Je veux juste proposer aux lecteurs du blog d’Eolas ce texte d’Alain Finkielkraut paru en octobre 2007 qui m’a beaucoup impressionnée au sujet de cette grande question qu’est la liberté d’expression:

”L’affaire Redeker et la blessure de la liberté”

Et plus particulièrement ce paragraphe.

Et puis, on l’oublie trop souvent : la liberté d’expression n’est pas une sinécure. Ce droit de l’homme n’est pas seulement mon droit. L’homme, c’est moi, mais ce n’est pas que moi. L’homme, c’est aussi les autres hommes et leur droit insupportable de dire des choses que je n’ai pas envie d’entendre, des choses qui m’énervent, qui m’effraient, qui me blessent, qui m’accablent, qui m’écorchent vif, qui me font mal. Dans une société ouverte, aucune conviction n’est souveraine, ce qui fait qu’elles sont toutes en colère. « Ma liberté n’a pas le dernier mot, je ne suis pas seul », écrit Emmanuel Lévinas.

304. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 09:00 par alexandre

@Véronique

Quand on voit ce que pense Finkielkraut par ailleurs, on comprend que la liberté d’expression n’est pas une sinécure pour lui :

”Et il y a aussi les paroles des chansons de rap, des paroles très préoccupantes, de véritables appels à la révolte, je crois qu’il y en a un qui s’appelle docteur R qui chante « je pisse sur la France je pisse sur de Gaulle » etc. Ce sont des déclarations très violentes de haine de la France.

Toute cette haine et cette violence s’expriment maintenant dans les émeutes, y voir une réponse au racisme français c’est être aveugle à une haine plus large : la haine de l’Occident qui est responsable de tous les crimes. La France découvre cela aujourd’hui.”

Dans l’article que vous citez, il se sert de la liberté d’expression pour défendre quelqu’un qui a critiqué l’islam. C’est totalement légitime, mais il y perd un peu en crédibilité car les idées de cette personne sont totalement compatibles avec les siennes.

305. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 09:08 par Ferdydurke

@ niodayoda en 297

En banlieue, c’est plutôt Marivaux qui a eu la cote, il y a quelques années de cela ;-)

306. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 09:26 par Véronique

@ alexandre

Ce que je pense intéressant dans le paragraphe que j’ai cité d’AF, c’est l’idée que le droit à la liberté d’expression que je reconnais à autrui est un dépassement de moi. L’autre peut me faire mal, me blesser, heurter violemment ce auquel je crois et les causes que je défends.

C’est une tension entre moi et moi à surmonter. Une déchirure à dépasser.

307. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 09:40 par villiv

argh, la connexion sur le site est désormais presque impossible via Black-berry (rapport aux récents changements de… je ne sais trop en réalité, sur le blog?)

en tout cas, entendu hier soir sur France info, un peu avant 20H :

- un compte rendu d’audience : une personne comparaissait hier pour le fameux délit imaginaire ; d’après le journaliste, le parquet a requis la dispense de peine mais demandé à ce que la culpabilité soit prononcée (il s’agissait d’une dame qui avait recueilli un mineur apparemment…) ; j’imagine que M. Besson dira que tout ceci n’est qu’imagination justement

- un mini reportage (quoique à la Radio, 2 ou 3 minutes, c’est long) au sujet du blog de Maître Mô … déjà que les compteurs avaient sauté grace à vous, Eolas (vous avez d’ailleurs été cité), j’imagine que Me Mô devra aussi changer un peu la structure d’accueil de son site (genre multiplié les possibilités d’accueil non as des sans papiers, mais des internautes)

voila voila,

a suivre

308. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 09:44 par villiv - correcteur

le correcteur de villiv vous informe qu’il a lui-même vu les fautes, mais les maintiendra : ce ne sont que des fautes imaginaires ! ;-)

309. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 09:44 par alexandre

@Véronique

Je comprends bien, c’est une idée que je partage mais qui somme toute assez banale. Je dis juste que vous auriez pu trouver un meilleur exemple que Finkielkraut pour l’exprimer, car ce dernier n’est pas sans parti pris et a parfois du mal à dépasser cette déchirure. Par exemple ici :

http://www.numerama.com/magazine/13…

310. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:07 par Blair

@ Eolas, sous 291:
http://www.libeorleans.fr/libe/2009…
http://www.liberation.fr/societe/01…
http://www.lefigaro.fr/politique/20…

311. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:10 par Solo

Une trentaine d’organisations, dont le Syndicat de la magistrature et la Ligue des droits de l’homme, dénoncent dans un communiqué “l’alarmante banalisation des atteintes aux droits et libertés” en France.

Suite au buzz généré par cet article. Comment, non ?

312. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:17 par chris

Nous ne pouvons pas, éternellement revendiquer un droit qui nous arrange, et piétiner un autre droit qui nous dérange. Faudra-t-il tenir une comptabilité du genre, les jours pairs les dominants décident, les jours impairs les dominés
peuvent se rebiffer ?

313. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:19 par CMN

Je ne connais Orelsan que par la “polémique” qu’il a provoqué, mais je ne peux qu’applaudir votre argumentation que je rejoins en tout point.
La liberté d’expression, malmenée en permanence sous couvert de bons sentiments est sans doute ce que nous avons de plus précieux à protéger.

314. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:29 par Solo

@chris : Vous suivez, c’est bien une histoire de domination non consentie par le dominant habituel. Les femmes n’ont aucun droit à ne pas être des personnages de fiction. On croit rêver…

315. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:33 par toto

Complètement hors-sujet :

Existe-t-il un bilan de fait sur la loi des « peines plancher » ? Sait-on si la récidive a diminué, si la délinquance a baissé ?

Je pose ces questions suite à la lecture de ce billet : http://www.publications-justice.fr/…

Auquel le Maître de ces lieux pourrait d’ailleurs répondre …

316. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:40 par Lucca Clermont

@ Véronique
«L’autre peut me faire mal, me blesser, heurter violemment…»

On peut dire que vos métaphores sont particulièrement bien choisies et posent le problème : d’un côté les personnes qui fantasment la violence, de l’autre les jeunes femmes qui la vivent au quotidien, sous toutes les formes.

Défendre Orelsan et grand nombre de rappeurs aux textes insupportables c’est laisser croire à leurs auteurs que leur production a quelque valeur ; c’est aussi faire une propagande séduisante pour des valeurs rétrogrades, archaïques, machistes, violentes, antisociales, etc. Rien de tout cela n’a à voir avec la liberté d’expression.

Eolas:
Tenter de disqualifier l’expression pour dire qu’elle ne relève pas de la liberté est habile mais revient au même : c’est faire reculer la liberté d’expression. La société doit sanctionner les comportements violents en général, et plus sévèrement celles commises dans le cadre familial. Je suis entièrement d’accord sur le principe.

Reste que personne ne démontre ni même prétend qu’Orelsan ait jamais frappé qui que ce soit, et notamment une ex petite amie. La chanson ne dit ni ne laisse entendre que c’est ce qu’il faut faire en cas de rupture. En mettnt en mot crus la colère, la rage, la haine que peut ressentir l’amoureux éconduit, il ne fait pas l’apologie de cette violence. Il se contente de la montrer. Des mots aussi durs que cela peuvent venir à l’esprit, être prononcés, et même des pires (vous m’entendriez quand je me cogne l’orteil en sortant de la douche ou quand une voiture me fait une queue de poisson, je ferais rougir Orelsan et Joey Starr). Mettre des mots sur un sentiment est oeuvre de poète, mais pas forcément d’apologiste.

J’ajoute que l’énergie, le temps, l’argent, les moyens judiciaires consacrés à poursuivre des Orelsan sont autant de moins utilisés pour lutter ontre les violences, les vrais. On perd sur tous les tableaux.

317. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 10:45 par Piedo

Eh ben, 315 commentaires sur un tel sujet !

Pourtant, combien de ces commentateurs connaissent le rap ?

Combien savent que le rap est une musique de combat et qu’Orelsan n’en est qu’un minable épiphénomène (dont on ne parlera plus dans six mois) ?

Combien ont écouté La Rumeur, Psykick Lyrikah, La Caution, NTM (en dépassant les éructations de Joey Starr comme j’ai pu le lire plus haut), Assassins, Public Enemy, Jedi Mind Tricks, RZA ou le Wu-Tang-Clan (il y en a temps qui mériteraient d’être cités) ?
Combien de vrais connaisseurs de cette musique contre combien de farouches contempteurs de ce qu’ils ne considèrent pas autrement qu’une sous-culture post-coloniale ?

318. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 11:02 par Trotsky tue le ski

@ Harald 285
vous accepteriez que votre fille fasse sa vie avec un de vos petits protégés si gentils ?”
Harald, pour ultime précision, ce blog n’est pas un site de rencontre; réorganisez vos favoris.

319. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 11:05 par Nicolas

Est-ce que Orelesan pourrait porter plainte pour chantage contre Ségolène Royal qui a utilisé pour ça une moyen illégal, le chantage au subvention dont elle n’a normalement pas le pouvoir de changer ? (cf l’histoire du chantage pour tricherie par internet et le chantage qui suit)

320. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 11:06 par padawan

Je suis heureuse qu’il puisse chanter “Sale Pute”,

Et je suis heureuse de pouvoir dire que ces paroles fleurent bon la fosse d’aisance tout comme les ânes capables d’y apporter quelque crédit que ce soit…

La liberté d’expression est essentielle, et la censure n’empêchera jamais les abrutis de penser des saloperies, encore moins les passages à l’acte…

Quand à Madame Royal, quand on se rappelle qu’elle avait à l’époque mené sa bataille publicitaire contre la très subservive Dorothée et ses croissants, franchement, elle est d’un ridicule à pleurer…

Comme dirait l’autre en direct de l’île de Ré, ou plutot son illustre marionnette, “Pays de M…..”!!!!

321. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 11:21 par niodayoda

@Trotsky tue le ski : Votre réponse à notre cher camarade (sic) Harald est brillante, rien à dire, sinon que j’essaierais de faire mieux dans la mienne la prochaine fois, plus détaché !

J’essaierais d’attendre un peu pour répondre ^^

@ Piedo : ce billet ou ses commentaires ne sont pas là pour faire l’apologie du rap ou en faire son procès !
Je n’y connais rien en rap, je n’aime pas vraiment ça, mais je ne juge pas sans connaître en affirmant qu’il s’agit d’une sous -culture coloniale (bon d’accord certains l’ont écrit…).

Mais il faut reconnaître que cette “affaire” démontre aussi un lot de préjugés sur le rap d’une grande partie de la population.
Même Eolas semble être certain que le rap est violent même s’il prend sa défense, alors que je suppute que ce n’est pas toujours le cas !

322. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 11:54 par Petruk

@Véronique en 303
Vous amenez le débat sur un autre terrain.

De plus lorsque l’on remplace dans le texte de Redeker “musulman” par “juif” et “islam” par “judaisme” on obtiend quelque chose qui ne déparerait pas dans la bouche d’Ahmadinejad. Or je n’ai pas l’impression que Finkielkraut défende la liberté d’expression du “président” iranien avec la même conviction.

Pour ma part je considère tous ces individus avec un mépris sensiblement égal mais en ce qui concerne l’application de la Loi, je ne suis pas convaincu qu’il soit pertinent de faire le parallèle avec l’affaire Redeker.

323. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 12:08 par Véronique

@ Petruk

Je n’entraîne pas le débat sur un autre terrain. Ce n’est absolument pas mon intention de reparler de l’affaire Redeker.

Ce qui m’intéresse ici, c’est le paragraphe que j’ai cité

Si j’ai mis le lien avec la tribune, c’est par souci de donner aux lecteurs du blog d’Eolas intéressés par le paragraphe d’AF la totalité du texte d’où il était extrait.

324. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 12:34 par alexandre

@padawan

La liberté d’expression est essentielle, et la censure n’empêchera jamais les abrutis de penser des saloperies

Pur slogan, si la censure était inefficace ce ne serait pas l’arme préférée des dictatures.

Je dirais au contraire que la liberté d’expression est essentielle car la censure peut empêcher les abrutis de penser des saloperies.

Sachant que je suis surement l’abruti de quelqu’un d’autre qui considère que ce que je pense est des saloperies.

Sachant également que dans un régime de censure généralisée, le débat d’idée s’appauvrit, et, par conséquence, la pensée même de ses citoyens.

Mais j’avoue que penser par soi même n’est pas quelque chose de facile, même dans un pays qui respecte la liberté d’expression.

Eolas:
La censure n’est pas l’arme préférée des dictatures. C’est la propagande (en démocratie, on dit la comm’). La censure ne sert qu’à éviter les messages parasites et à empêcher l’opposition de réaliser qu’elle est majoritaire.

325. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 12:35 par Véronique

@ Lucca Clermont (post 316)

Je conteste totalement à une Ségolène Royal ou à une Nadine Morano la latitude et le droit de me dire ce qu’il convient que je pense et ce qu’il convient que j’exprime.

Désolée, des politiques et des élus genre ces deux-là, autant dire la majorité du personnel politique aujourd’hui , n’ont pas à se transformer en auxilliaires des polices de la pensée.

326. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 12:49 par la guiche

Oserais-je exprimer que tant d’avis sur la liberté d’expression me laissent sans voix…

Tout sujet est susceptible d’être débattu, toute conviction peut être contredite, combattue, c’est entendu.

Pas la liberté d’expression, dont découle d’ailleurs les droits précités.

Nous en sommes pourtant à 323 commentaires. Je suis desespéré…

“la la la La société, elle a plein de problème, la société, elle a mauvaise haleine la la la”

327. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 12:58 par suzan

Je pense, comme vous et comme la majorité de ceux qui sont intervenus, que la liberté d’expression est fondamentale et votre démonstration extrêmement convaincante. Il est absurde d’interdir de “chanteur” , ce qui serait de mon point de vue lui faire trop d’honneur. Quoi qu’il en soit, mise à part la pauverté des paroles et la nullité du contenu ( une haine mal digérée et balancée au hasard de pauvres rimes sur du papier recyclé …) et les comparaisons hasardeuses , voire comiques, avec des artistes tel que Rimbaud, je m’interroge sur l’impact de ces paroles sur les garçons et les jeunes filles qui vivent dans ces banlieues où il ne fait pas bon vivre. Sur le fait qu’elles peuvent cautionner (malgé elles ?) et conforter tous ceux qui pensent que battre une femme n’est que la liberté d’expression (corporelle) de certains hommes. En dénonçant ces paroles , sans les censurer, on peut dire à ces jeunes filles que la violence n’est pas banale et doit être combattue. Ce point de détail ne peut être oublié.
Je note, en passant, que les rimes des rapeuses, si pauvres soit-elles, ne visent qu’à ridiculiser l’attribut masculin et ne font guère état d’une volonté de violence atroce comme on peut l’écouter chez Orlesan. la comparaison des chansons me semble être sur ce point très exagérée ..

328. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 13:16 par alexandre

@ la guiche

Je pense au contraire qu’il est nécessaire de débattre de la liberté d’expression.

Une fois qu’on a dit que c’était quelque chose de fondamental, d’intangible, un sujet tabou, je suis désolé, mais on n’a rien dit du tout.

Dans notre société actuelle, il y a des restrictions à la liberté d’expression que tout le monde trouve normales, par exemple l’interdiction de diffamer, ou l’obligation au secret professionnel. Pourquoi ?

“FREE SPEECH IS THE RIGHT TO SHOUT ‘THEATER’ IN A CROWDED FIRE.”
Abbie Hoffman - Steal This Book

329. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 13:26 par Ferdydurke

@ Trotsky tue le ski en 318

Surveillez vos arrières. Il semble qu’Harald se soit muni d’un piolet. ;-)

330. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 13:40 par Ferdydurke

@ Suzan

Je ne suis en désaccord qu’avec la dernière phrase de votre commentaire :

Je note, en passant, que les rimes des rapeuses, si pauvres soit-elles, ne visent qu’à ridiculiser l’attribut masculin et ne font guère état d’une volonté de violence atroce comme on peut l’écouter chez Orlesan. la comparaison des chansons me semble être sur ce point très exagérée

Voir la réponse riposte des Chiennes de garde mise en lien dans le billet de Me Eolas.

Nul ne me convaincra qu’une violence en légitime une autre (sauf éventuellement dans un cas de force majeure : imprévisible, irrésistible et extérieur)

331. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 13:55 par Lumina

Je pensais avoir posé quelques questions pas trop inintéressantes en #98, mais elles sont malheureusement restées sans réponse.

332. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:12 par DM

Une petite analyse politico-sociologique:
http://david.monniaux.free.fr/dotcl…

333. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:14 par Maitre capello

@niodayoda en 294:

Je tiens à rectifier une erreur commune quand au point Godwin:

Un point Godwin ne s’attribue pas, il s’atteind.

Sur ce, je vous attribue un point de nom retour.

334. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:19 par DM

@suzan: Je pense que vous apprécierez mon billet (commentaire 332), vu comme vous vous interrogez sur l’impact d’Orelsan sur les jeunes gens des « banlieues ».

335. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:19 par Lagos

Cher maître, je ne comprends pas très bien votre indignation.

Orelsan n’a pas fait l’objet de poursuites judiciaires et il n’est même pas besoin dans son cas de faire appel à la CEDH. Il n’y a pas si longtemps il aurait certainement été poursuivi pour autant qu’il ait trouvé quelqu’un pour diffuser son oeuvre. Ceux qui en appelle à Sade, Rimbaud, Verlaine ou Apollinaire semblent oublier que leurs écrits n’étaient pas publiés et parfois n’avaient même pas vocation l’être dans l’esprit de leur auteur.

Vu la médiocrité des textes d’Orelsan cités dans les commentaires on pourrait dire que le niveau baisse et la liberté d’expression progresse.

Quand aux réactions de Ségolène Royal et autres elles me semblent rester à la mesure de la violence des propos d’Orelsan, sachant que ses œuvres continuent à être diffusées et qu’il y a gagné un net supplément de notoriété.

Le Monde rapporte que dans une décision concernant l’interdiction du port du foulard à l’école la CEDH rappelle aux plaignants déboutés “l’esprit de compromis nécessaire de la part d’individus pour sauvegarder les valeurs d’une société démocratique”. Un artiste reste un individu, il est en droit de ne pas vouloir faire de compromis et il n’est pas anormal qu’il en subisse quelques conséquences négatives.

336. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:33 par nicolas

J’ai trois remarques :

1) Je ne comprend pas le débat “Orelsan était-il éffectivement programmé ou pas”  : Tous les artistes (et notament pour des festivals de cette taille) signent des contrats en bonne et due forme. Alors de deux choses l’une : Où le contrat est signé par les deux parties et la discussion est close, où ce n’est pas le cas et Orelsan n’a qu’à s’en prendre à lui même (ou à son producteur) puisque sans contrat, il s’expose de fait à un tel revirement de situation.
Je ne puis quand même me résoudre à penser que l’organisation du festival ne l’ai pas fait signer à moins de douze jours de la prestation, c’est s’exposer à d’énormes risques.

2) S’ il y a matière à polémiquer, c’est qu’Orelsan à signé un contrat (dans le cas contraire, le festival n’a aucune obligation en vers ce dernier et fait ce que bon lui semble).
Dans ce cas précis pourquoi n’attaque-il pas le festival en justice? (La présence d’une clause prévoyant l’indemnisation de l’artiste en cas d’annulation de la part de l’organisation du festival ne fait aucun doute.)

3) Je ne suis pas un spécialiste en matière de subventions, mais j’ai du mal à croire qu’elles puissent encore être annulées à deux semaines de l’évenement.
Une subvention fait obligatoirement l’objet d’une convention,( Ordonnance n°45-2339 du 13 octobre 1945 relative aux spectacles,article 1-2 : “Sous réserve des dispositions du premier alinéa de l’article 4, les entreprises de spectacles vivants peuvent être subventionnées par l’Etat, les collectivités territoriales et leurs groupements et établissements publics dans le cadre de conventions.” le maitre des lieux me corrigera si cette loi ne s’applique pas en l’espèce… (en tout cas “Francofolies” est bien une SAS) . Hors ces conventions ne peuvent être modifiées que par avenant, et donc par le consentement des DEUX parties. Il en résulterai donc, que n’en déplaise à madame Royale, celle-ci n’ai pas le pouvoir de retirer “ses” subventions sans l’accord de l’entreprise Francofolies.
Bref si mon raisonnement est bon, alors:
1) Mme Royale s’octroye un pouvoir qu’elle n’a pas, donc elle ferait mieux de se taire ça lui éviterait une publicité quelque peu désagréable.
2) Les déclarations du directeur des francofolies deviennent crédibles (sur le fait qu’il n’a pas subit de pression). En conséquence, la censure ne vient donc pas de Mme Royale, mais bien du directeur.CQFD
3) Nos journalistes sont toujours aussi nuls .

En esperant une réponse à mes interrogations!

nota : Qui a dit : ” Je combattrais les idées du FN de toutes mes forces mais je combattrais avec encore plus de tenacité pour que celui-ci garde le droit de s’exprimer.” (ou quelque chose dans le genre)? je n’arrive pas à retrouver dans ma petite mémoire de piaf. En tout cas ça résume bien ce que je pense de cette affaire.

337. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:34 par niodayoda

@ Maitre capello en 333 :

{{@niodayoda en 294:

Je tiens à rectifier une erreur commune quand au point Godwin:

Un point Godwin ne s’attribue pas, il s’atteind.

Sur ce, je vous attribue un point de nom retour.}}

Vous vouliez écrire un point de non retour nom ? ^^

Permettez-moi Maître Capello de vous reprendre, mais avec un tel pseudonyme mieux vaut être irréprochable !!

D’autant que j’ai beaucoup de mal à comprendre le sens de votre intervention, car si l’on attribue pas de point Godwin mais qu’on l’atteint comme vous le dîtes, de quelle manière sait-on que celui-ci a été atteint ? N’y a-t-il besoin d’aucune intervention de quiconque pour que le point Godwin soit atteint ?

Votre réponse à cette question présentera plus d’intérêt que votre précédent commentaire.

Bien cordialement.

338. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:44 par binoute

@CMN, 313 La liberté d’expression, malmenée en permanence sous couvert de bons sentiments est sans doute ce que nous avons de plus précieux à protéger.
de même, la liberté d’expression peut-elle servir, sous couvert de faire parler un personnage fictif trompé par sa petite amie…, a chanter tous les noms d’oiseaux mots d’amour rappeux?? Certes, la Loi est là, mais autant sur d’autres billets mon idée a été éclaircie ou a évolué mais là, je ne comprends toujours pas.

339. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:47 par niodayoda

@ nicolas en 336 :

nota : Qui a dit : ” Je combattrais les idées du FN de toutes mes forces mais je combattrais avec encore plus de tenacité pour que celui-ci garde le droit de s’exprimer.” (ou quelque chose dans le genre)? je n’arrive pas à retrouver dans ma petite mémoire de piaf. En tout cas ça résume bien ce que je pense de cette affaire.

Euh cette phrase là je sais pas mais ça me semble une adaptation de la citation apocryphe attribuée à Voltaire, “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.”

Une subvention fait obligatoirement l’objet d’une convention

Attention, je ne l’affirmerai pas à 100% mais je ne crois pas prendre trop de risques en vous signalant qu’une convention pour une subvention est un contrat administratif, dont le régime est bien différent du contrat classique !

340. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:49 par Maître capello

@niodayoda en 337:

Permettez-moi Maître Capello de vous reprendre, mais avec un tel pseudonyme mieux vaut être irréprochable !!

J’ai choisi ce pseudo uniquement pour souligner le côté chipoteur… je n’arrive pas à être irréprochable, même en me relisant plusieurs fois ;-)

D’autant que j’ai beaucoup de mal à comprendre le sens de votre intervention, car si l’on attribue pas de point Godwin mais qu’on l’atteint comme vous le dîtes, de quelle manière sait-on que celui-ci a été atteint ? N’y a-t-il besoin d’aucune intervention de quiconque pour que le point Godwin soit atteint ?

« Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. »
Loi de Godwin:
« Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1. »

Votre réponse à cette question présentera plus d’intérêt que votre précédent commentaire.

Excusez-moi de ne pas avoir été plus précis la première fois, j’ai naïvement pensé qu’il vous serait possible de lire l’article Wikipedia que vous avez vous même mis en référence !!

Cordialement de même.

341. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 14:57 par jflaloue

Je ne suis pas d’accord avec vous. Si je ne l’aime pas, je ne l’écoute pas dites vous. Mais la grande différence avec Vian ou Brassens, c’est qu’aujourd’hui, Internet véhicule cette chanson, encore aujourd’hui, auprès des jeunes gens de 11-12 ans… qui n’ont pas le recul nécessaire…

Eolas:
Vous parlez du Déserteur ?

342. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 15:04 par Anais007

@210
Si tout ce qu’un parent ne voulait pas faire voir à son enfant devait être interdit, je suis favorable au peuplement de la lune dans les plus brefs délais…

Quant à Mr 324, empêcher quelqu’un de penser me semble malheureusement techniquement impossible, notre inconscient ayant entre autres pour caractéristiques de ne pas tenir compte du code pénal.

343. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 15:04 par niodayoda

@ Maître Capello : Aïe ça fait mal ! Oui c’est vrai que j’avais survolé l’article de wikipedia que je citais en référence, mais apparemment vous aussi…

“Les francophones jouent souvent sur deux sens du mot « point » : il peut désigner soit le moment de la discussion auquel le dérapage survient – dans ce sens du terme, on atteint le point Godwin – soit le point en tant que récompense. Ainsi, un point Godwin est un point (en langage scolaire, on dirait un mauvais point) attribué au participant qui aura permis de vérifier la loi de Godwin en venant mêler Adolf Hitler, le nazisme ou toute idéologie extrémiste à une discussion dont ce n’est pas le sujet ; dans ce sens du terme, on marque ou gagne un point Godwin.”

hé hé hé !

344. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 15:07 par Libérus

@ 337 niodayoda
“D’autant que j’ai beaucoup de mal à comprendre le sens de votre intervention, car si l’on attribue pas de point Godwin mais qu’on l’atteint comme vous le dîtes, de quelle manière sait-on que celui-ci a été atteint ? N’y a-t-il besoin d’aucune intervention de quiconque pour que le point Godwin soit atteint ?”

Oui. Le point Godwin, c’est comme le point G.

345. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 15:14 par niodayoda

@ Eolas: Je vois que vous laissez des commentaires,

je relance donc mon appel à contribution de mon commentaire n°131 :

“je pense qu’il serait intéressant d’un strict point de vue juridique que la famille de Marie Trintignant intente une action contre Orelsan pour cette expression, s’il y a une action possible bien sûr.

Action en réparation d’un préjudice moral pour atteinte à l’honneur de Marie Trintignant en leur qualité d’ayant-droit ?
@ Eolas : une petite aide serait la bienvenue pour cette entreprise de fiction juridique ! Y-aurait-il une action possible et si oui sur quel fondement ? quelles sont les conditions de cette hypothétique action ? est-elle prescrite ?

D’avance merci Maître de prendre un peu de temps pour répondre à cette question.

346. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 15:17 par Maître Capello

@niodayoda 343:

Retournez voir la page wikipedia dans quelques minutes, j’aurai rectifié cette erreur grossière !!!

Ce n’est pas la première fois que vous, les Français, traduisez mal l’anglais pour honteusement asseoir votre argumentaire !!

HA, HA

347. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 15:59 par DM

@jflaloue: Ces enfants de 11-12 ans ne vivent pas en couple et n’ont donc pas de compagne à battre. Voulez-vous dire que parce qu’ils auront entendu une chanson à 11 ans, une fois en couple à plus de 20 ans ils seront violents?

348. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 16:21 par Lucca Clermont

@ Eolas
J’ajoute que l’énergie, le temps, l’argent, les moyens judiciaires consacrés à poursuivre des Orelsan sont autant de moins utilisés pour lutter ontre les violences, les vrais. On perd sur tous les tableaux.

Et bien non pas dans ce cas. La méthode est parfaite et nous fait gagner beaucoup d’argent. Rien d’illégal — jusqu’à preuve du contraire — et une médiocre représentation de propagande pour des valeurs archaïques évitée.

Et finalement cette publicité ce n’est pas mal : je pense par exemple à des femmes qui peuvent entendre que l’on trouve malsain ce type de propos, d’attitudes. Pour lutter contre les violences de genre, les vraies, c’est une bonne méthode de dénoncer la prose d’Orelsan au lieu de rester dans le cadre de cette permissivité générale qui transforme des quartiers entiers en zones de non-droit. De non droit en particulier pour les plus faibles. Les premières victimes de la bonne conscience ou du confort des uns, bien évidemment ce sont les plus faibles. Et l’enjeu c’est celui de l’éducation, qui est d’ailleurs le principal fondement de la liberté individuelle.

De toute façon, Orelsan est libre de s’exprimer ailleurs !

349. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 16:47 par Satan m'habite

Pour le métal, c’est déjà à l’oeuvre:
http://e-deo.typepad.fr/mon_weblog/…

350. Le Mercredi 22 juillet 2009 à 17:16 par