Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Prix Busiris pour Éric Raoult

L’Académie Busiris, réunie en sous-section, vient de décerner le prix Busiris à monsieur Éric Raoult, député de la 12e circonscription de Seine Saint Denis et maire du Raincy, dans le même département. Éric Raoult, photo officielle de l'Assemblée nationale, cherchant des yeux une nouvelle occasion d'outrager son devoir d'intelligence.

Les propos primés ont tout particulièrement retenu l’attention de l’Académie car ils ont été publiés au Journal Officiel de la République (dans son édition consacrée aux débats parlementaires) le 10 novembre dernier (question n°63353). Les voici, tels qu’à jamais gravés dans la mémoire de la république, c’est-à-dire avec les approximations grammaticales (et bien sûr juridiques) non corrigées.

M. Éric Raoult attire l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du prix Goncourt. En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française. À ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l’image de notre pays. Les prises de position de Marie Ndiaye, prix Goncourt 2009, qui explique dans une interview parue dans la presse, qu’elle trouve « cette France [de Sarkozy] monstrueuse », et d’ajouter « Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux », sont inacceptables. Ces propos d’une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l’égard de ministres de la République et plus encore du chef de l’État. Il lui semble que le droit d’expression ne peut pas devenir un droit à l’insulte ou au règlement de comptes personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions, et de respecter le rôle et le symbole qu’elle représente. C’est pourquoi il lui paraît utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d’une plus grande exemplarité et responsabilité. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur ce dossier, et ce qu’il compte entreprendre en la matière.

Tout d’abord, et le ministre de la culture et de la communication aura rectifié de lui-même, le devoir de réserve ne peut en tout état de cause être dû aux lauréats mais dû par les lauréats : cette erreur de préposition fait du lauréat le créancier alors que dans l’esprit la tête du député, il en serait évidemment le débiteur. 

Le propos juridiquement aberrant est donc qu’un écrivain serait soumis à un devoir de réserve sous prétexte qu’il aurait été honoré d’un prix littéraire. À cette lecture, et sans violer le secret des délibérations, l’Académie unanime s’est exclamée : « Gné ? » ce qui révèle sa surprise, son désarroi et pour dire le tout, sa détresse face à ce naufrage.

Rappelons les textes applicables en la matière à toute personne, ce qui inclut, vérification faite, les écrivains, mais aussi, même si parfois on en vient à le regretter, les députés.

À tout seigneur tout honneur, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui est en vigueur et a même valeur constitutionnelle, c’est à dire supérieure à la loi, en son article 10 : 

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »

Reconnaissons qu’à l’époque, les députés savaient manier la langue française.

L’Europe est aussi de la partie puisqu’un autre article 10, celui de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales, dite Convention Européenne des Droits de l’Homme brevitatis causa.

« 1. Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations.

 « 2. L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. »

 Et n’en déplaise à monsieur le député, l’expression critique à l’égard du pouvoir en place, si elle peut troubler la digestion d’un député de Seine Saint Denis, ne trouble pas l’ordre public, la sécurité nationale, la sûreté publique, la santé, ou la morale. J’ajouterais même qu’elle est, y compris dans ses excès, nécessaire dans une société démocratique.

Et ce fameux devoir de réserve, alors ?

C’est une création jurisprudentielle du Conseil d’État (CE, Ass., 28 mai 1954, Barel, n° 28238). au domaine très délimité : il frappe les fonctionnaires et agents publics (les magistrats ne sont pas des fonctionnaires au sens strict car ils ont leur statut propre, mais ils sont soumis au devoir de réserve), et eux seulement.

Le statut général des fonctionnaires (loi n° 83-634 du 13 juillet 1983) en son article 6 proclame la liberté d’expression des fonctionnaires, qui sont des citoyens comme les autres. Mais le Conseil d’État a apporté une limite à cette liberté, le devoir de réserve, que le Conseil n’a pas défini (que diantre, il n’est pas législateur) mais qui apparaît au fil des décisions comme une obligation de modération sur la forme, liée à l’obligation de neutralité de l’État qui s’exprime à travers ses agents, et à l’obligation de loyauté de ceux-ci envers l’État dont il se sont faits les serviteurs. Question de cohérence, en somme. Le Conseil d’État ayant précisé que les élus syndicaux sont largement déliés de ce devoir, l’action syndicale s’accompagnant volontiers d’une certaine outrance revendicative.

Le devoir de réserve est souvent invoqué à tort et à travers par des gens qui n’y ont rien compris comme interdisant à un fonctionnaire de s’exprimer, y compris parfois sur des affaires purement privées. Éric Raoult, à son corps défendant, nous en fournit un exemple qui va encore plus loin puisqu’un écrivain, fût-il primé, n’est pas fonctionnaire pour autant, d’autant que le prix Goncourt (d’un montant rappelons-le de dix euros) est remis par la société littéraire des Goncourt, association loi 1901 reconnue d’utilité publique, c’est-à-dire une personne privée.

La question qui a fait débat est celle de la mauvaise foi. Éric Raoult n’est-il pas, au fond, convaincu que les écrivains seraient tenus à un devoir de réserve, et n’est-il pas sincère dans son interpellation, ce qui exclurait le Busiris ?

Plusieurs éléments ont fait opiner en faveur de la mauvaise foi. L’élément essentiel est la publicité donnée par ce député à la question qu’il se préparait à poser, au mépris de la courtoisie élémentaire due à un ministre qui voulait qu’on lui en réservât la primeur. La recherche manifeste de médiatisation crée une présomption de mauvaise foi. 

De plus l’Académie a estimé que s’agissant d’une personne qui a été député depuis 1986 (avec une interruption de 1997 à 2002), deux fois ministre, et aujourd’hui vice président de l’assemblée nationale, une certaine connaissance du droit pouvait sinon s’induire, du moins être exigée.

Ajoutons à cela qu’en 2005, en tant que maire du Raincy, lors des émeutes de l’automne, il fut le premier à proclamer l’état d’urgence dans sa commune pourtant épargnée par les actes de violence afin de griller la politesse au premier ministre, ce qui montre une certaine tendance à la gesticulation inutile pour attirer l’attention sur lui. 

Ce qui établit en même temps le mobile d’opportunité politique, et emporte la décision. 

Le prix lui est donc décerné avec la mention très déshonorable

L’Académie adresse ses félicitations à l’heureux gagnant et remercie ses collègues de l’Académie Goncourt de lui avoir fourni cette occasion de poilade.

La discussion continue ailleurs

1. Le jeudi 12 novembre 2009, 13:20 par 13ZENRV.fr

Raoult, le Ringard du Raincy

Partager sur Facebook L’inénarrable Éric Raoult, le ramollo du bulbe qui rêve de raccourcir la racaille, a remarqué récemment que malgré ses rodomontades répétées, il risquait d’être repris dans l’échappée pour le record de France de ......

2. Le vendredi 13 novembre 2009, 13:03 par sanvin

sanvin's status on Friday, 13-Nov-09 12:03:46 UTC

@raoult et pan dans ta gueule ! http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/11/12/Prix-Busiris-pour-%C3%89ric-Raoult...

3. Le vendredi 13 novembre 2009, 13:03 par sanvin

sanvin's status on Friday, 13-Nov-09 12:03:46 UTC

@raoult et pan dans ta gueule ! http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/11/12/Prix-Busiris-pour-%C3%89ric-Raoult...

Commentaires

1. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:07 par David M.

Il était peut être jaloux de ne pas avoir de prix, le voilà récompensé !

2. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:18 par iPidiblue et le droit de cuissage

Commentaire supprimé

3. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:19 par lalejand

Mauvaise foi …
Autre hypothèse : malgré le fait que sa connaissance présumée du droit devrait être suffisante pour lui interdire ces propos, il les formule tout de même car ce qu’il dénonce lui semble insupportable.

Un cri du cœur en quelques sortes.

Gettons le jour où il proposera d’interdire l’attribution de prix aux auteurs déviants.

4. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:22 par N. Holzschuch

Oui, le fantôme de Louis-Ferdinand Céline (prix Renaudot en 1932 pour le “Voyage au bout de la nuit”) me signale qu’il a aussi été assez surpris d’entendre parler d’un devoir de réserve pour les titulaires d’un prix littéraire. Il dit que si l’on devait enlever de son oeuvre post-1932 les passages critiques envers le pays ou ses gouvernants, il n’en resterait pas grand chose…

5. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:22 par raven-hs

Félicitations au gagnant.

Par charité, il est mieux de penser qu’il y a mauvaise foi dans ces propos car sinon on serait obligé d’en déduire l’incompétence de son auteur. Quitte à choisir, il vaut mieux être de mauvaise foi qu’être incompétent.

6. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:23 par dimip

En même temps il n’en est pas à son coup d’essai dans les déclarations ahurissantes il me semble….
Entre Lefebvre et le gros au cigare (c’est comment déjà son nom à celui-là ?), l’ami Raoult trouve toujours à se démarquer par des déclarations populistes qui laissent à penser qu’il se complairait au ministère de l’immigration et du front de l’identité nationale, si on avait eu l’inconscience de lui en donner la “responsabilité”.

7. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:26 par Petit pois sournois

Ah, grand débat philosophique ainsi ouvert entre Monsieur Arnaud Lagardère (“J’ai le choix entre passer pour quelqu’un de malhonnête ou d’incompétent, qui ne sait pas ce qui s’est passé dans ses usines, j’assume cette deuxième version”) et vous !

8. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:27 par Alex P.

La question qui vient tout naturellement est la suivante :
Sachant que le montant du prix Goncourt est de 10€, de combien est celui du prix Busiris ?

Je pense personnellement que l’honneur et la gloire qui en découle devraient se suffire à eux même.

9. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:30 par Phil

Retour gagnant pour Éric Raoult.
On ne parlait plus beaucoup de lui ces derniers temps. Il a trouvé là un moyen génial de faire le buzz depuis quelques jours.

Parce que ce type n’est pas idiot, il savait très bien que ce qu’il dit est une parfaite idiotie.

Et tous les médias tombent dans le panneau en lui servant de la com à bon marché.

Lefebvre, Raoult et Chouchou, c’est tout Com.

10. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:30 par Gilles

Voilà un prix Busiris bien mérité ! Mais le devoir de réserve a quand même certaines limites reconnues par la CEDH : la Cour a rendu un avis en septembre sur les sanctions de l’officier de gendarmerie, Jean-Hugues Matelly, qui avait critiqué la politique sécuritaire d’un précédent ministre de l’intérieur. Pour la Cour, l’État a eu raison d’ “imposer des restrictions à la liberté d’expression là où existe une menace réelle pour la discipline militaire”.

Par ailleurs, la semaine dernière, le ministre de l’intérieur britannique a viré son conseiller sur les drogues, parce qu’il critiquait la position anti-scientifique du ministre (notamment sur le cannabis). J’en ai parlé sur mon blog, car ça a été un gros scandale dans la communauté scientifique.

Le devoir de réserve a encore de beaux jours devant lui avec l‘ordre juste

11. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:33 par TMF

Bonjour

Il me semble que parmi les critères de prix Busiris, il y avait la contradiction. Si l’individu dit, certes, des sottises, il ne me semble pas qu’il se contredise…

Eolas:
Le critère est : “si possible” contradictoire. Ce n’est pas une obligation, c’est un indice.

12. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:33 par iPidiblue et le charme peu discret des hommes politiques

Ma mémoire s’embrouille, c’était plutôt Elisabeth Guigou qui avait renvoyé dans les cordes le peu charmant Eric Raoult lors de la dégelée électorale des socialistes en 1993.
Si quelqu’un a une meilleure mémoire que moi qu’il se dénonce …

13. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:36 par Tardigradus

N’étant pas juriste, je ne ferai aucun commentaire dans le domaine du droit. Mais sur le plan de la langue, il y a déjà quelques perles à relever, qui mettent M. Raoult à l’abri de tout devoir de réserve par prix littéraire interposé. Deux exemples à la volée :
- “le devoir de réserve, dû aux lauréats du prix Goncourt” signifie que ce sont les autres personnes qui ont un devoir de réserve envers les lauréats. Si vous avez l’occasion d’en fréquenter, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
-“ce prix (…) est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française”. C’est une sorte de spectacle, alors ? Ou peut-être une course, comme le prix de l’Arc de triomphe ?

Remarquez que l’exemple vient de haut, avec un président de la République qui écrit sur sa page Facebook, racontant son équipée héroïque à Berlin : “…Nous filons ensuite vers Check Point Charlie pour passer du côté est de la ville, et enfin confronter ce mur…” Le verbe confronter ne peut pas être employé de la sorte. Il aurait pu dire qu’il se confrontait au mur, ce qui n’aurait eu guère plus de sens mais aurait été au moins grammaticalement correct.

14. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:37 par Florian

Vous pouvez allègrement lui attribuer son prix Busiris, puisque ce bonhomme qui gesticule continue à faire des pieds et des mains pour se faire remarquer en tenant des propos discriminatoires (je crois…) sur une journaliste du Monde. Voici l’adresse de l’article :

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHAT…

15. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:43 par Rubin

Sincèrement, c’est presque trop facile, ce coup-ci. Mais charité bien ordonnée commence par soi-même ; la question se pose dès lors sur le point de savoir si, en tant que lauréat du prix Busiris, Éric Raoult est à présent lui aussi astreint à un devoir de réserve.

16. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:43 par aebischera

Merci !!!

17. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:43 par Fil

Je suis toujours épaté par autant d’incompétence et de manque de discernement par ceux qui nous dirigent. Les mecs croient que des énormités comme ça peuvent passer sans problème… Et s’il y a problème que le buzz leur servira… Affligeant.

18. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:48 par dimip

Maître, je ne résiste pas : L’Académie décerne-t-elle ce Busiris afin que M. Raoult, en tant que récipiendaire, soit à présent tenu à un devoir de réserve qui lui empêche à l’avenir de dire de telles sottises pour préserver la crédibilité de sa majorité ?

19. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:49 par Wyrm

La mauvaise foi n’est pas tellement établie à mes yeux.

La précipitation et la publicité de ses propos me semblent des arguments recevables (bien qu’un peu limite) pour établir le critère “d’opportunité”, mais la connaissance supposée du droit est (hélas) bien souvent absente chez nos ministres et députés. S’ils décident de s’exprimer sans avoir consulté, on arrive souvent à de somptueuses bêtises. Je leur supposerai donc bien une certaine connaissance du droit, mais uniquement sur des sujets dont ils seraient raisonnablement spécialistes.

Il me semble ainsi que la mauvaise foi est possible, peut-être même probable, mais pas certaine.

Notez que, entre la mauvaise foi ou l’incompétence, je préfère ne pas trancher. J’ai de gros doutes sur un certain nombre de nos “responsables”.

20. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:50 par anais

Je deviens une véritable habituée des lieux, à tel point que la philosophie qui anime ce blog m’a gagnée: en entendant cette aberration de la part d’un député je me suis doutée qu’il aurait droit à un petit prix lui aussi! A défaut du Goncourt ce sera le Busiris… largement mérité vu la bêtise des propos tenus!
Merci Maître il est des jours où on rigole bien ici!!!

21. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:50 par Gavot

Il me semble que l’effet recherché par ce briscard de la politique n’est pas exclusivement de faire parler de lui (en rameutant au passage le top 50 des commentateurs LCI ou Figaro) mais aussi, et peut-être surtout, d’embarrasser le Ministre de la Culture en imaginant lui tendre un piège qui, s’il est grossier, n’en constitue pas moins une nouvelle pincée de poil à gratter pour celui-ci.

22. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:51 par Photine

A propos de cette magnifique sortie de Raoult, j’ai souri en reconnaissant dans la réaction lapidaire de F. Chandernagor, l’ancienne membre du Conseil d’Etat. Nette, rapide et précise.
“Retourne jouer dans ton bac à sable” (non, ce n’est pas ce qu’elle a dit, c’est ce qu’elle a pensé)

23. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:52 par Wyrm

PS: Violent, le commentaire de la photo…
XD

24. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:53 par dimip

A noter que le Ministre, en refusant de trancher, a implicitement renvoyé l’hurluberlu dans ses buts…

25. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:55 par Spike

Encore une fois un grand merci à l’Académie…Après la cravate à pois et la chemise rayée, il semble désormais que le drapeau français soit du meilleur effet en étant utilisé comme baillon, Paris est décidemment la Capitale de la Mode…

26. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:56 par ceriselibertaire

Faudrait pas trop tirer sur la Réserve du patron, la pression est trop forte (loi de Raoult)

27. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:57 par Sylvain

Je crois que la mauvaise fois est partielle :
Il sait que un lauréat du prix Goncourt n’a pas de devoir de réserve.
Mais j’ai la net impression qu’il pense qu’il faudrait qu’ils en ait un !! Et c’est au font ca le plus grave, cet homme semble sincèrement pensé que la liberté d’expression devrais s’arrêter avant la critique du gouvernement et des hommes qui le compose !

28. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:58 par Busirons

Bravo Maitre.

Il me semble que le Prix Busiris est amplement mérité, y compris sur le plan de la contradiction. Le lauréat, critiquant un prix Goncourt malgré de devoir de réserve qui lui est dû (selon lui), baigne en pleine contradiction.

La remarque de TMF ci dessus, pour intéressante qu’elle soit, me parait avoir négligé ce point.

29. Le jeudi 12 novembre 2009 à 11:59 par Tendance

Si le droit de réserve est dû par les fonctionnaires, il ne saurait rétroagir à des propos tenus avant que la personne en cause ait acquis la qualité de fonctionnaire.

Les propos incriminés datent du 30 août dernier avant que la qualité de lauréate n’ait été acquise…..

Le prix est ainsi mérité à la puissance 2….

Mais au fond, la réaction de Mr. Raoult ne viendrait-elle pas tout simplement confirmer la pertinence des propos de la (future) lauréate?

30. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:02 par Firken

On pourrait ajouter aussi que les propos reprochés à Marie NDiaye date d’une interview faite en août 2009…. date à laquelle elle n’était pas encore lauréate du prix Goncourt! Donc les plaintes de M. Raoult ne s’adresse pas uniquement aux seuls lauréats mais à tous les écrivains apparemment.

31. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:03 par Le Temps des Fraises

Les déclarations du représentant de la Nation étaient tellement abérrantes que cela en était peut-être trop facile. Le prix n’en est pas moins largement mérité. Je ne sais s’il faut rire ou pleurer. Rire amer…

32. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:08 par irqy

Et Johny Hallyday, cet artiste d’envergure internationale, ne devrait-il pas être soumis à ce même devoir de réserve?

33. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:11 par Veig

Rien de plus rafraîchissant, au lendemain de copieuses célébrations autosatisfaites et asinusasinumfricantes autour de la chute du Mur, que cette douce brise stalino-maccarthyste émanant de la bouche d’un courtisan.

Ah. La Cour William Saurin. Tous les fayots faisant bloc autour de la petite saucisse.

Tous ces abrutis qui viennent de se féliciter bruyamment et à qui mieux mieux d’avoir fait tomber le Mur de leurs propres mains (si si, ils y étaient dès le premier soir, sur la tête de leur mère) et qui, à la première occasion, vont se comporter comme les pires caciques des régimes de l’ancien bloc de l’Est. Et pourtant Marie N’Diaye n’est pas Boris Pasternak ni même Alexander Soljenitsine !

La démocratie UMP : le gouvernement du peuple, par les crétins, pour les crétins.

34. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:14 par Buzet Hilton

Le nom, la “tronche ” et le discour sont à Ch..r!
je n’ose pas imaginer le reste…

35. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:18 par Jean-Jacques

@Wyrm (19)

Même moi qui suis un mékeskidi de première, ça fait quelques années que je sens biens que le “droit de réserve” est brandi à tout bout de champ et à tort à travers par nos politiques pour contrer, avec une parfaite mauvaise foi, tous les propos qui leur déplaisent. Il se servent clairement de cette petite restriction à la liberté d’expression pour les fonctionnaires comme d’un levier pour interdire toute forme de liberté d’expression dès lors qu’elle leur est défavorable. Pas la peine d’être un “expert” en droit pour le constater.

Il s’agit donc bien de mauvaise foi. Pur jus. Ça ne fait pas l’ombre d’un doute.

PS: En revanche, le commentaire de ipidiblue en (2) me semble être dangereusement porteur d’un risque de diffamation. Watch out, Maître.

36. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:19 par Sylvain M

Bravo au lauréat. Remarquable.

37. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:21 par max

Au delà du droit de réserve, inapproprié en l’espèce, la liberté d’expression rencontre des limites dont celle de la diffamation, ce qui devrait inspirer certains commentateurs de cet espace et celui qui les hébergent.

Eolas:
Soyez plus précis ou appliquez vous le devoir de réserve de M. Raoult.

38. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:24 par max

il faut lire “devoir de réserve”

Eolas:
Il faut lire ma réponse à votre commentaire.

39. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:29 par tempus fugit

N’y aurait-il pas aussi moyen d’affecter ce prix Busiris de la mention spéciale “Azimov”, pour avoir introduit une brèche spatio-temporelle ? Les propos de Mme NDiaye datent d’août 2009, et le prix Goncourt du 2 novembre. Comment pourrait-elle être tenue, en vertu d’un prix reçu le 2 novembre 2009 à observer en août 2009 un devoir de réserve ? Rétroactivement ? Si ça se trouve, E Raoult vient de créer la déchirure dans le continuum espace-temps qui va détruire la planète, puis l’univers tout entier, le 21 décembre 2012.

40. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:33 par Bertrand

Donc, d’après Mr Raoult, quelqu’un comme Soljenitsyne aurait du la fermer après son prix Nobel…

(note a Tempus Fugit: c’est “Asimov” (et H.G. Welles a envisagé le voyage temporel avant lui))

41. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:51 par iPidiblue et les soirées télévisées

35 Jean Jacques

La victime d’allégations diffamatoires doit être mise en cause pour un fait précis. Si la liberté d’expression est garantie, il n’en demeure pas moins que des limites ont été posées par le législateur.

L’auteur des allégations incriminées pourra, dans certains cas, se défendre en prouvant, dans un délai très court, la réalité des faits diffamatoires.

Si tu veux dire que l’histoire de la soirée politique (1993?) qui a été filmée où Eric Raoult qui voulait faire un numéro de charme à son adversaire politique socialiste du sexe dit faible et qui a été renvoyé dans les cordes est une diffamation, il faudra le prouver! Mais moi je suis bien sûr que cela a eut lieu et je doute que ce souvenir cuisant où Raoult a été humilié publiquement il ait envie d’en faire de nouveau état devant une juridiction !

42. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:56 par Robi

Il voulait peut-être juste prouver au nouveau partenaire de l’UMP, le Parti Communisme Chinois, leur bonne volonté d’adopter les mêmes principes.
Qui pourrait lui en vouloir ?

43. Le jeudi 12 novembre 2009 à 12:59 par ophise

Etant - moi - soumise au devoir de réserve, je brûle de connaître ses limites histoire de pouvoir commenter en toute sérénité :)

44. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:04 par lnk

Il me semble que le prix Busiris commence à être victime de son succès : son attractivité est telle que les candidats sont non seulement de plus en plus nombreux, mais ne savent plus quelle énormité inventer pour coiffer au poteau les autres. Cette inflation n’est-elle pas inquiétante?

Plus sérieusement : à côté du devoir de réserve, un autre grand thème de busirisade (?? Je ne sais pas si on peut risquer ce néologisme) est la séparation des pouvoirs - par exemple pour soutenir que le Parlement ne peut pas contrôler le budget de l’Elysée. Vous nous feriez un p’tit cours là-dessus un de ces jours, Maître?

45. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:05 par Guillaume

Ce type m’a fait mourir de rire ! vive M. Raoult !

46. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:05 par amra

42
Ou embêter le Parti communiste français qui, lui, défend la liberté d’expression :-)

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2…

47. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:07 par Patos

Merci à l’Académie pour ce prix.

Cependant, je suis obligé de vous désapprouver:
de lui avoir fourni cette occasion de poilade.
Je comprends que le ridicule de ce gesticulateur précoce puisse faire rire, mais personnellement, je ne ris que jaune devant cette stupidité sans limite.

48. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:08 par Zotto

Et si il avait voulu dire : “un devoir à une certaine réserve” plutôt “qu’un devoir de réserve” ?
Ceci dit, je constate que les foules se déchaînent…
Faudrait-il peut être réstaurer les lapidations publiques ??

Eolas:
M. Raoult a dit une sottise. Vous nous dites peut-être voulait-il dire autre chose (bien qu’il ait répété textuellement ses propos devant tous les micros qui se sont présentés).

On en rit et on se moque en lui attribuant un prix de fantaisie. Vous criez à la lapidation publique. 

Votre mépris pour le ridicule vaut bien celui de M. Raoult, assurément.

49. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:15 par Sébastien G

Un beau Busiris, avec une mention très méritée…

Mais l’académie s’est-elle également penchée sur les cas de Michèle Alliot-Marie et de jean-François Copé, pour qui une commission d’enquête parlementaire sur les sondages de l’Elysée est une atteinte grave à la séparation des pouvoirs, voire le début de la dictature (ce dernier point n’étant soutenu que par Copé ) ?

Vu la séparation des pouvoirs telle que la pratique l’UMP il me semble que les conditions sont remplies, particulièrement pour la garde des sceaux qui va superviser la suppression du juge d’instruction…

50. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:17 par Serge Slama

Maître,
L’obligation de réserve est bien une création jurisprudentielle mais pas dans Barel en 1954 mais dans CE, 11 janvier 1935 Bouzanquet, Rec CE, p.44: à propos d’un employé à la chefferie du Génie à Tunis qui a tenu des propos publics jugés trop critiques envers la politique du gouvernement.
Excusez nous d’être perfectionnistes mais après nos étudiants vont recopier, d’un blog de référence, une inexactitude

51. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:25 par villiv

ah oui, c’est vrai, c’est l’époque des prix !
;-)

52. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:27 par Koudou

Réclamer un devoir de réserve aux artistes méritait largement la mention “très déshonorable” qui a été attribuée.

53. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:33 par dimip

Je note que pour tous les Busiris, Me Eolas a le don de trouver la photo qui met bien en valeur la bobine du lauréat…
Suis sûr que c’est à chaque fois des portraits officiels en plus :)

54. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:33 par petit comique

Je dois avouer que la première pensée qui me traversa l’esprit lorsque je découvris la question d’Eric Raoult fut… Tiens, un busirisable.

Merci Maître !

55. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:34 par Axonn

Pour ceux qui ne savent pas encore que les images du Busiris, comme les BD xkcd, ont un gag bonus en texte alternatif :

alt=”Éric Raoult, photo officielle de l’Assemblée nationale, cherchant des yeux une nouvelle occasion d’outrager son devoir d’intelligence.”

56. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:44 par Sylvain

Bonjour,

“une certaine tendance à la gesticulation inutile pour attirer l’attention sur lui. “
N’est-ce pas là le propre de la communication politicienne?.

57. Le jeudi 12 novembre 2009 à 13:50 par Jean Philippe

Lorsque j’ai évoqué cette question sur facebook, les propos me faisaient rire car ils étaient riducles. Toutefois, quand je vois que ce député persiste, je ne rigole plus, j’ai peur. Comment peut on oser remettre en cause une telle liberté ? Je suis d’autant plus choqué que cet homme est un élu de la majorité. Comme quoi, nous devons rester prudents si nous ne voulons pas perdre nos libertés.

A quand un devoir de réserve pour empêcher les politiciens de dire de telles sottises ?

58. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:01 par Nagual

Il est toujours bel et bon de confondre l’indigent devant son inculture crasse, elle ne serait pas si affligeante s’il n’y persistait guère trop. Sieur Raoult étant coutumier du fait, se complaisant à exposer les lamentables turpitudes de son penser goguenot, jusqu’à souhaiter le retour de l’échafaud, voilà un prix qui lui sied à ravir et qu’il pourra épingler à loisir sur l’endroit de son plastron pour appâter les quelques éreintés de l’esprit démocratique. Décidément, plus d’un Eric aura joui d’une telle distinction….

59. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:08 par Ptit Dark

En gros, si j’ai bien suivi l’affaire :
- Marie Ndiaye tient les fameux propos en juillet 2009.
- Elle a le Goncourt en novembre 2009.
- Et une semaine plus tard, on lui reproche des propos émis avant l’obtention du prix, justement parce qu’elle a obtenu le prix…

La chronologie ne choque personne à part moi ?

60. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:09 par Jean-Jacques

@ipidiblue (41)

Je ne parle pas de la soirée filmée mais de l’histoire rapportée par votre cousine jeune et jolie. De toutes façons, offre de preuve ou pas, le problème est que ça engage aussi la responsabilité de Me Eolas. Je constate d’ailleurs que notre hôte a pris les mesures nécessaires.

Sinon, loin de moi toute velléité de défendre notre nouveau busirisé. Je trouve le prix plus que mérité et, plus généralement, je place l’ensemble des interventions de M. Raoult sous la rubrique de la mauvaise foi, de l’amalgame, des contrevérités et de la langue de bois la plus caractérisée.

61. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:13 par jean Meyran

Je suis éminemment surpris que personne jusqu’ici n’ai salué l’admirable courage politique de notre ministre de la Culture chargeant sabre au clair pour défendre la liberté des artistes….
Je paraphrase : ” Houlà, la Marie elle dit ce qu’elle veut mais mon pote Eric (une nouvelle amitié en vue ?) y dit c’qu’il veut aussi, na !”

Une bien belle prestation, non ?

Bonjour chez vous

62. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:16 par iPidiblue

Bah ! Si “Eolas” n’a pas les couilles pour cela je vais de ce pas raconter ma petite anecdote sur mon propre blog …

63. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:25 par Vonric

Ouch! Selon son propre raisonnement, Eric Raoult a maintenant un droit de réserve en vertu de son prix Busiris, grandement célèbre dans la blogosphere.

64. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:25 par Zotto

@ Me Eolas:
J’ai encore une fois pas été précis : je ne cris pas à la lapidation, je dis qu’elle eut été plus efficace qu’un prix satyrique…
Ne m’attribuez pas des propos que je n’ai pas tenus… J’ai simplement noté que plusieurs médias relevaient l’erreur, ce qui est fondé, mais je persiste à croire qu’il y a plus important; aussi bien pour un député, que pour les médias.. (mais là ca redeviens serieux; et ce n’est pas le propos de ce billet !!).

65. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:30 par amra

59
Peut-etre aussi un moyen d’alimenter le débat sur l’identité nationale…Quand on lit les commentaires sous les articles de presse, tout tourne autour de “Mais comment, elle crache dans la soupe du pays qui lui a donné une chance !” ou “cette Africaine qui vit en Allemagne, de quoi se mêle-t-elle ?”…Pitoyable…

La polémique enflant, il semble qu’un nouveau leurre vienne d’être lancé :
http://www.20minutes.fr/article/362…

66. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:50 par Carolina

Quand j’ai entendu la proposition d’Eric Raoult j’ai eu une réaction analogue aux membre de l’Académie Busiris, mais au lieu de dire doctement “Gné ?”, j’ai fait “Cofgrlgrllllargh’ en m’étouffant dans mon thé. Devoir de réserve pour le Goncourt ??
J’ai tout de suite pensé à un écrivain brésilien, Stanislaw Ponte Preta, qui publiait dans les années 60 le Febeapá, qu’on peut traduire par “Festival de Bêtises qui Assaillent le Pays”. Par exemple, une décision de la censure (c’était l’époque de la dictature militaire) d’arrêter Sophocle, l’auteur d’une pièce de théâtre beaucoup trop subversive. Comme quoi, ça peut arriver partout et à n’importe quelle époque !

67. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:50 par Spike

@ipidiblue62,

Voyons, ce n’est pas parce que Monsieur Raoult est fraichement nominé, avec un certain brio je le concède, que nous devons plonger dans la peoplisation avec l’avidité des lecteurs de Voici, de plus la chose amoureuse est par trop aléatoire pour juger un homme à ses échecs et je vous dirai que ce jour là il a eut au moins le mérite d’agir.

Quant à la remarque sur notre hôte, il nous a démontré, et cela à plusieurs reprises, que le fait d’en avoir n’était absolument pas incompatible avec le port de la robe.

Je vous dirai enfin que si vos interventions reviennent à vouloir mettre des couilles sur la table, eh bien nous ne sommes pas là pour faire un snooker.

68. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:51 par TLM

On dirait qu’il est temps de récupérer, ou de réduire, les prix… prix Goncourt, prix Nobel…

69. Le jeudi 12 novembre 2009 à 14:57 par Momo Bardèche

@61,

On n’est plus en 68, même si c’était hier.
Vive la droite décomplexée.

70. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:00 par max

“Eolas:
Soyez plus précis ou appliquez vous le devoir de réserve de M. Raoult”
inutile d’être agressif monsieur, manifestement vous avez compris puisque vous avez remedié à ce qui posait problème.Quant à la liberté d’expression, ne serait-elle pas tolérée ici? je m’interroge à la lecture de votre commentaire, encore une fois inutilement désobligeant.

71. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:02 par iPidiblue, Rodrigue as-tu du coeur ?

Je vais vous dire Spike si un jour j’ai besoin d’un avocat j’en prendrais un qui aura un minimum de courage et qui ne se contentera pas de brandir le code civil et le code pénal à bout de bras !
Je crois - et c’est là ce qui me distingue de beaucoup de mes contemporains - qu’on n’arrive à rien d’éclatant sans coeur à l’ouvrage.

72. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:02 par olivier_m

d’accord avec 61, autant Mr Raoult mérite son prix Busiris pour plusieurs raisons, autant je trouve que Mr Mitterand par son courage à défendre les libertés fondamentales se trouve être un candidat assez potable (je ne boirais pas ses paroles pour autant).
En effet, n’y a t il pas hypocrisie à renvoyer un problème général (la censure et le rappel à l’ordre de toute personne distinguée par une corporation/ académie indépendante) à un simple échange entre deux personnes Raoult/N’Diyae et botter ainsi en touche !
Lui qui fut si prompt à défendre Orelsan, mais aussi à appeler au boycott par les médias de certain auteur de rap (certes violent à l’égard de la police), s’évapore au lieu de renvoyer Mr Raoult à ses études ?

73. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:11 par jpp

Très cher Maître,
Une autre incorrection qui n’a pas été relevée : “le message délivré par les lauréats se doit de respecter”. Comment un message pourrait-il se devoir quelque chose ?

Si vous voulez contribuer encore plus efficacement à nous réjouir, pourquoi ne pas créer une véritable Académie Busiris et inviter tous les lauréats à délibérer sur les cas qui leur seraient soumis par vos soins ? Cela ne manquerait pas d’être pittoresque—et sans aucun doute poilant.
Merci encore pour ce grand moment.

74. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:12 par vieux-têtard

Bravo pour le prix Busiris, mais cette polémique stupide fait un superbe écran de fumée pendant que des choses bien plus sérieuses se préparent dans notre dos :
voir sur Médiapart

75. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:30 par spike

@ipidiblue71

Je préfère de très loin un avocat qui maitrise le code civil et le code pénal car ce ne sont pas les effets de manches qui gagnent les procès, c’est la sagacité et la pertinence associées à une technique sans faille, le reste c’est du théatre.
Alors désolé de défendre une manière d’agir moins éclatante, mais je privilégie l’efficacité car quand on est responsable du sort d’une personne, cela est plus important que son amour propre.

Alors oui ipidiblue, oui nous sommes sales, oui nous sommes moches, mais nous on vous libère.

76. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:33 par Philémon

Eolas, vous faites beaucoup d’honneur à Eric Raoult en lui donnant une place sur votre blog.
Il pourra ranger son Busiris à côté de sa banane d’or.

Il n’en est malheureusement pas à son coup d’essai en matière de questions au gouvernement, la plupart du temps le ministre concerné ne daigne même pas répondre :
http://www.raincy-nono.com/article-…

C’est finalement tout à fait rassurant de voir que la liberté d’expression des députés ne souffre d’aucune entrave !

77. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:35 par Veterini

@ Petit Dark en 59 :

Vous vous souciez de la chronologie… désolé mais vous venez à l’instant de rater votre examen d’entrée au RPR !

78. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:45 par turquoise

M. Raoult s’enfonce tout en essayant de rétropédaler, voir à ce propos un article du Monde de cet après-midi.
je cite “A la question de savoir s’il regrettait son expression “devoir de réserve” des écrivains, vigoureusement rejetée par des membres de l’académie Goncourt, M.Raoult a répondu qu’il avait constaté après vérification qu’elle était “utilisée pour les préfets. Mme Marie NDiaye n’est pas préfet”, a-t-il poursuivi avant de suggérer “un principe de modération”, à la place du “devoir de réserve” qu’il avait suggéré dans un premier temps.”

79. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:47 par Galadan

@ Veterini

Au RPR ? Il n’y aurait pas un anachronisme, là ?

80. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:47 par dimip

Le Point : À la question de savoir s’il regrettait son expression, vigoureusement rejetée par des membres de l’académie Goncourt, le député de Seine-Saint-Denis a répondu qu’il avait constaté après vérification qu’elle était “utilisée pour les préfets”. “Marie NDiaye n’est pas préfet”, a-t-il poursuivi sur Europe 1 avant de suggérer “un principe de modération”, à la place du “devoir de réserve”.

Non décidément, Lefebvre, Santini et Eric Ragoult devraient former un trio comique…. on dépasserait largement le succès d’Objectif Nuls.

81. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:48 par Neville

@ 54 : un candidat busirisable ou … busirisible ?

Je préférerai la seconde expression qui présente une rime particulièrement riche avec “risible”

82. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:54 par Triskael

Bonjour maître,
il me semble que les députés et sénateurs ont une certaine immunité. (Par exemple M. Flosse vient de voir la sienne levée, à son grand déplaisir.) Cette immunité ne couvre-t-elle pas les propos tenus dans l’hémicycle ?

83. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:54 par Salomon Ibn Gabirol

La gesticulation grotesque de M. Raoult est d’autant plus idiote que les propos qu’il reproche a Marie Ndiaye ont ete prononcés bien avant qu’elle ne recoive le Goncourt. Je ne vois pas comment, meme si elle le voulait, elle pourait a posteriori exercer un devoir de reserve. Soit Raoult demande a Ndiaye de ne pas reiterer ses propos (il ne me semble pas, a ce titre, qu’elle ait ni repeté les dits propos (tant depuis l’interview que depuis le Goncourt), ni qu’elle est exprimé l’intention de les réitérer). Soit il lui demande de les retirer, maintenant que et parce qu’elle a recu le Goncourt. @59, la chronologie nechoque pas que vous, mais je n’ai pas l’impression que grand monde l’ai remarquée.

84. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:54 par Bertrand

Je n’ai pas lu dans votre billet de référence au devoir de réserves des salariés du privé.
De nombreuses décisions du conseil des prud’hommes font état du devoir de réserves des salariés.
Il est en effet considéré comme une faute non pas de traiter son patron de c**, mais de traiter son employeur de c**.
Exemple, je travail pour une grosse firme de pétrole, appelons là au hasard “Résultat”, je peux être virer par mon patron car j’aurai défiler à une manifestation contre la marée noire en hurlant mon dégoût de l’entreprise responsable, en montrant de manière ostentatoire mon appartenance à l’entreprise.
Mais dans tout les cas de figures, Madame NDiaye n’est pas salarié de l’état français, donc ranafout’, elle fait keskelveut.

85. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:55 par iPidiblue sous le signe de l'épée

“Alors oui iPidiblue, oui nous sommes sales, oui nous sommes moches, mais nous on vous libère.”

Vous êtes sérieux, Spike, vous pensez que vous me libérez ?
A moins d’être Zorro sous le masque, pour le moment nul n’a eu vent de vos exploits, mais peut-être que comme Bernardo vous vous faites un devoir d’être muet ?

86. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:57 par JULES

Cette intervention mal ficelée dans la forme ressemble à un ballon d’essai : La liberté d’expression est intolérable . On présente au public un fait comme s’il était déjà pénal : cette dame aurait violée l’obligation de réserve.On accrédite ainsi l’idée qu’une obligation (et non un droit) existe et qu’il faut s’y conformer. C’est ce que les sociologues appellent l’effet ‘halo”, et les magistrats des “réquisitions de couloir” et le public “la rumeur”. Grave tout ça.

87. Le jeudi 12 novembre 2009 à 15:59 par mauhiz

@70 : Eolas vous demandait probablement en quoi les propos de la lauréate dépassent les limites de la liberté d’expression… pas spécialement agressif?

Je vous suggère de retirer promptement ce manche à balai qui dépasse de votre séant, même s’il s’agit du même modèle que celui de votre député-maire préféré.

88. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:07 par Augustus

http://www.lepost.fr/article/2009/1…

Le nouveau lauréat semble vouloir rattraper sa bourde en contredisant ses propos.

89. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:22 par Spike

@ipidiblue 85

Il serait cocasse de vous défendre cher ipidiblue, un muet qui défend un sourd devant une déesse aveugle…je vous rappelerai donc la signification des trois singes de la Sagesse« Ne rien voir de mal, ne rien entendre de mal, ne rien dire de mal ». À celui qui suit cette maxime, il n’arrivera que du bien.

Pour conclure je signerai d’un « S » qui signifie Spike, écrit à coup de Code Civil, bien sûr…

90. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:25 par iPidiblue le solitaire

Je ne suis pas sage, Spike, je suis même un peu fou !

91. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:33 par rouly

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

92. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:37 par Nanouchka

Prix amplement mérité, que M.Raoult aurait même pu décrocher honoris causa, au vu de son exceptionnelle production de questions au gouvernement, sur des sujets aussi divers que la tenue vestimentaire des jeunes, ou les femmes “rétives” au football qu’il conviendrait de rééduquer…

Injustement éclipsée par la question sur le “devoir de réserve”, je ne peux résister à la tentation de vous signaler cette autre question, parmi les 13 questions écrites posées par le député Raoult ce même 10/11:
http://questions.assemblee-national…
“M. Éric Raoult attire l’attention de M. le secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie sur l’intérêt que représenterait la création d’un label « Pays amis de la France ». En effet, il peut paraître assez singulier voire très surprenant que l’on puisse constater régulièrement que les médias et certains responsables politiques français s’ingénient à dénigrer certains pays pourtant amis de la France. Cette méthode regrettable est ainsi couramment utilisée à l’encontre de pays comme la Tunisie ou le Gabon par exemple. Alors même que ces « droits de l’hommistes » impénitents voire professionnels oublient les mêmes réclamations pour de nombreux autres pays. Cette action systématique de critique à l’égard de certains pays suscitent parfois tant l’indignation de leur population, que le doute de nos compatriotes sur la réalité politique de ces pays. Une incompréhension peut donc jaillir entre la France et ces états décriés. Dès lors, il pourrait s’avérer intéressant de créer puis de décerner un label « Pays amis de la France » pour les nations étrangères avec lesquelles nous entretenons des relations privilégiées d’amitié et qui sont des clients attitrés pour notre commerce extérieur. Ce label pourrait ainsi symboliser des pays desquels nous voulons défendre la réputation, au regard de la population française, mais aussi pour prouver l’importance que nous attachons aux échanges commerciaux avec ces pays. Il lui demande donc de lui préciser sa position sur cette proposition. “
Ah, un label “ami de la France”, quelle riche idée! Comme le Port Salut, ce serait écrit dessus!

Allez, une petite dernière Busirissable pour la route:
http://questions.assemblee-national…

A ce rythme, le Journal Officiel va détrôner les Brèves de Comptoir dans le florilège du rire français et la bibliothèque de mes toilettes…

93. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:39 par Bertrand Lemaire

J’ai une requête presque de commentateur sportif (alors même que je n’en suis pas un) : pourriez-vous tenir un petit tableau des scores des récipiendaires du Prix Busiris sur une colonne dans le côté de votre blog ? Le record doit être à Rachida Dati et Frédéric Lefebvre pas loin mais suivre la course pourrait être passionnant voire l’objet de paris en ligne…

94. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:50 par lnk

La lecture des questions écrite du nouveau prix Busiris est effectivement édifiante. Il s’en prend régulièrement à la liberté d’expression, qui décidément, le fait tousser. Au bout de quelques-unes, j’ai eu un peu moins envie de rire.

Sa question sur les étrangers, assortie d’une suggestion d’introduire dans la législation une interdiction de « déclarations antifrançaises par des ressortissants étrangers en situation irrégulière », fait froid dans le dos, au-delà de son côté ridicule. La réponse de Pascal Clément, garde des Sceaux de l’époque, qui l’envoie poliment mais fermement sur les roses au lieu de se défiler comme d’autres ministres, mérite un petit coup de chapeau.

95. Le jeudi 12 novembre 2009 à 16:52 par Steve

Il y a quand même quelque chose qui m’échappe. On voudrait instaurer un devoir de réserve pour les lauréats du Goncourt. Soit !
Mais en l’occurrence, les propos que reproche M. Roult à Mme Ndiaye ont été tenus en août, donc avant qu’elle soit primée. Quand bien même on instaurerait un devoir de réserve au lauréat du Goncourt, cela ne pourrait donc s’appliquer ici. Ca renforce encore plus la stupidité des propos du député…

96. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:06 par Obi-Wan Kenobi

Cher Maître,

le lauréat d’un prix Busiris ne devrait-il pas, lui aussi, être tenu à certaine réserve ? Cela aurait l’avantage de ne pas voir des lauréats multi-primés.
(Pardon si cette question a déjà été posée, pas eu le courage de lire tous les commentaires…).

97. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:06 par Veig

  1. 92 et #94 : sidérant, en effet… ô_0

D’un autre côté, je serais curieux de lire la liste des pays qui seraient officiellement “non-amis” de la France ;-)

(au-delà des habituels Cuba, Corée du Nord, Iran, etc.)

98. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:08 par Bôôh

Il y a quelques années, M. Richard Dell’Agnola avait présenté à l’Assemblée Nationale une proposition de loi signée (entre autres) par M. Raoult et “tendant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d’actes de terrorisme” (n°1521).
Cette proposition visait “les auteurs d’actes de terrorisme tels qu’ils sont définis au 1o de l’article 421-1 du code pénal.”

Est-ce que, par hasard, une telle proposition de loi si elle avait été votée à l’époque aurait pu concerner M. Coupat (mis en examen pour “direction d’une association de malfaiteurs et dégradations en relation avec une entreprise terroriste” d’après, on fait ce qu’on peut, wikipedia) et Mlle Lévy (pas trouvé le motif) ? C’est à dire que je n’ai pas bien compris si le motif de la mise en examen de M. Coupat entrait dans le cadre de l’article sus-cité du code pénal.

Question subsidiaire : “code pénal” ou “Code Pénal” ?

99. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:16 par Phil

En tout cas, on notera que Frédéric Mittérand a beaucoup plus de facilité à monter au créneau pour défendre Roman Polanski que lorsqu’il s’agit de Marie Ndiaye.

Dégât collatéral ou billard à trois bandes d’Éric Raoult ?

100. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:21 par Adrien bis

@Veig en 97
S’il se pique de défendre le Gabon, et la Tunisie, la liste des “pays amis risque de pas être triste non plus…

@91
Vous testez troll detector?

101. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:30 par JJ

certains Hommes politiques se moquent de la déclaration des droits de l’homme, de l’avis des internautes éclairés sur les blogs et dans les forums, et des réponses à leur question: ce qui compte, c’est qu’ils passent à la télévision, le media de masse par excellence, à des fins electoralistes et de pouvoir / d’argent. Pourquoi-faire ce pouvoir? Pas pour le bien commun: pour en profiter soi-même et pour le clan …
Le tort n’est t-il pas d’accorder trop d’audience à ce genre de propos/ de comportement ? Comme le Troll, besoin d’exister…

102. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:32 par Sursis à statuer

En fait Eric Raoult voulait préparer les esprits à sa prochaine proposition de loi, que l’UMP devrait adopter par acclamations.

Vu qu’on ne saurait raisonnablement espérer que les écrivains la bouclent préventivement , anticipant l’hypothèse d’un prix Goncourt, la seule manière d’atteindre les objectifs de bienséance que Raoult poursuit à l’évidence est d’interdire l’attribution d’un prix littéraire à tout écrivain qui aurait manqué d’enthousiasme dans ses louanges adressées au pouvoir en général et au président de la république en particulier.

Par extension, évidemment, la même interdiction devrait s’appliquer aux oeuvres musicales, cinématographiques, théâtrales et appartenant aux différentes disciplines des arts plastiques.

Dans un premier temps, et pour convaincre chacun du sérieux de son entreprise, Eric Raoult devrait inclure dans sa proposition la dissolution immédiate de l’Académie Goncourt, organisation manifestement infiltrée par quelques factieux de la pire espèce.

Au cas où la dissolution apparaîtrait comme une mesure trop radicale, il pourrait proposer qu’on en confie la présidence à “Doc Gynéco”, à la fois parfaitement qualifié pour la fonction et tout acquis à la cause sarkozyenne.

103. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:39 par max

@Mauhiz:est-ce que vous consultez?sinon, vous savez, la psychanalyse peut vous aider, notamment à faire émerger le refoulé.

104. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:45 par Teejee

J’adresse mes plus chaleureuses et plus sincères félicitations à l’heureux lauréat, pour ce prix Busiris tant mérité.
Et je remercie l’Académie d’avoir récompensé comme il se doit des propos qui m’ont interpellé, bien que pour des raisons autres que juridiques.
Monsieur Raout, en 1871, aurait rappelé Victor Hugo au devoir de réserve quand il donna l’asile aux Communards. N’ayant jamais eu cette occasion, il se rattrape aujourd’hui avec Marie N’Diaye. Il faut bien remettre au pas ces salauds d’écrivains qui disent ce qui ne plaît pas au pouvoir ! Ceux-là, on ne peut pas les acheter avec une loi Hadopi. Ah ! où sont les Brasillach et Drieu la Rochelle d’antan ?
Pardonnez-moi, Maître, pour ces considérations fort peu juridiques. Mais les propos de monsieur Raout me semblent révélateurs d’une certaine mentalité. Et surtout, ils appartiennent à un autre temps. Que j’aurais voulu croire révolu.

105. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:58 par Teejee

@ Rubin et Dimip
Entièrement d’accord avec vous : il devrait exister un devoir de réserve pour les politiques qui estiment avoir le droit de dire des conneries.
Mais je rappelle l’article 67 de la Constitution.

106. Le jeudi 12 novembre 2009 à 17:59 par Photine

@ 92 et 94 : en lisant la première question copiée par 92, je me disais que les rédacteurs qui recevaient une telle question écrite, devaient vraiment se prendre le chou pour y répondre.

La réponse transmise par 94 montre qu’il existe encore qqs fonctionnaires qui ont le sens de l’a propos (je ne sais pas si “honorable parlementaire” est du foutage de gueule ou une habitude ou une habitude à la chancellerie ; nous, en tout cas, on ne dit pas ca).

107. Le jeudi 12 novembre 2009 à 18:11 par Petit pois sournois

@ Photine

“L’honorable parlementaire” est une formule pratiquement imposée dans les réponses de la Chancellerie aux questions des députés et sénateurs. Une fois respectée cette forme, le fond de la réponse peut parfois, lorsque la question s’y prête, être ironique ou assez sec, selon les tempéraments du rédacteur et du responsable du service chargé de préparer la réponse, et du membre du Cabinet qui la contrôle.

108. Le jeudi 12 novembre 2009 à 18:32 par Axonn

@ Petit Dark

Je ne savais pas que la chronologie était ainsi.

En plus du Busiris, je décerne donc à Raoult le titre de chevalier de la rétrocausalité (qui est également décerné à toutes les banques qui calculent les intérêt que vous percevez en retirant l’argent de votre compte 24h avant la dépense).

109. Le jeudi 12 novembre 2009 à 18:47 par Hello

“La France ets un pays où il n’y a pas de place pour la burka”. A quand un Busiris pour SSarko ?

110. Le jeudi 12 novembre 2009 à 18:51 par Gilles

Et le pire c’est qu’Eric Raoult est diplomé de l’Institut français de presse !!!! il devrait défendre mieux que quiconque la liberté d’expression !
Faire des artistes dont l’expression (coeur de la démocratie) est leur métier des fonctionnaires de l’Etat, c’est digne d’un régime totalitaire. Autant on comprend que le devoir de loyauté des fonctionnaires/militaires justifie des restrictions proportionnées à leur liberté d’expression à travers un certain devoir de réserve…autant la littérature, l’art, n’est pas l’affaire de l’Etat et d’une doctrine officielle dans une démocratie telle que nous nous prévalons à l’étranger (exemple de l’universitaire iranienne que nous défendons)…etc..
L’Assemblée Nationale devrait l’envoyer siéger à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, il ferait peut être des progrès !
Merci Eolas, je savais que vous réagiriez comme votre ombre quand j’ai entendu le député parler… et c’est étonnant mais maintenant il nuance son propos !!!!

111. Le jeudi 12 novembre 2009 à 18:54 par Oxymore

Et un double point Godwin/Eolas pour Hello #108 !

112. Le jeudi 12 novembre 2009 à 19:00 par geka

On n’est parfois pas d’accord avec les prix litteraires, mais comment peut-on ne pas admirer ce magnifique choix pour le Busiris?

J’avoue avoir savoure la reponse de Bernard Pivot, qui a avec beaucoup d’elegance rit au nez du depute…

Peut-etre que les deputes ne comprennent pas que la grandeur de la France, a la base, les lumieres et tout ca, c’est justement la capacite de ses intellectuels a montrer les torts et travers de son fonctionnement…

Certes actuellement, quand on voit les BHL et Finkelkraut qui monopolisent ce role-la… nos deputes n’ont plus vraiment l’habitude des reactions mordantes.

Peut-etre monsieur Raoult devrait-il aussi regarder autre chose que le journal de TF1…

“Monsieur le president, le chomage a augmente de x%, y emplois ont ete perdus ce trimestre, et notre dette publique est de z%. Bon alors, ces vacances, c’etait bien?”

113. Le jeudi 12 novembre 2009 à 19:04 par jalmad

ça m’a bien fait rire jusqu’à la lecture des liens donnés en 92 et 94…..ce type n’est pas juste busirisable et ridicule, je crois qu’on a affaire à un véritable idéologue…..ils sont au courant en Seine St Denis ?

114. Le jeudi 12 novembre 2009 à 19:06 par Veterini

Lu dans l’article du monde où Eric Raoult fait du rétropédalage http://www.lemonde.fr/livres/articl…  :

Dominique Paillé (porte parole de l’UMP): “Je rappelle à Mme NDiaye que tout ce qui est excessif est insignifiant. Et ce qu’elle a écrit ne correspond pas à la France de Nicolas Sarkozy. C’est à cent lieues de la réalité”, a-t-il ajouté, estimant que l’écrivaine avait “entamé sa propre crédibilité”. “Dans la démocratie exemplaire de Nicolas Sarkozy, les écrits sont libres.”

Tu vois Eric, quand on veut faire le fayot, il faut savoir y mettre les formes !

115. Le jeudi 12 novembre 2009 à 19:54 par Réserve protégée

Ce “devoir de réserve”, assimilable au port de muselière, fait bien partie des privilège des membres du gouvernement. Raoult est en plein délire en voulant l’imposer au citoyen primé.
Après les applaudissements suscités en afrique bananière par les exactions de la famille Sarkozy, j’attends les applaudissements des intégristes qui prônent le port du voile.

116. Le jeudi 12 novembre 2009 à 20:10 par anath

Raoult casse les prix,
cela devrait faire plaisir au président du pouvoir d’achat !

117. Le jeudi 12 novembre 2009 à 20:21 par LEF

Moi qui ai lu le Journal des frères Goncourt, je me régale à la lecture de ce billet. En guise de commentaire, je donne la parole à Edmond de Goncourt en personne.

extrait de son testament :

{{__Moi, Edmond Huot de Goncourt, sain d’esprit, réfléchissant à l’ébranlement de ma santé depuis la mort de mon frère, , j’écris et je signe de ma main ce présent testament. Je nomme pour exécuteur testamentaire mon ami Alphonse Daudet, à la charge de lui de constituer, dans l’année de mon décès, à perpétuité, une société littéraire dont la fondation a été, tout le temps de notre vie d’homme de lettres, la pensée de mon frère et la mienne et qui a pour objet la création ci-dessous :
1° D’un prix annuel de 5000 francs à un ouvrage littéraire.
2° D’une rente annuelle de 6000 francs au profit de chacun des membres de la société
Pour avoir l’honneur de faire partie de la société, il sera nécessaire d’être homme de lettres, rien qu’homme de lettres, on n’y recevra ni grands seigneurs ni hommes politiques
Mon voeu suprême , c’est que ce prix soit donné à la jeunesse, à l’originalité de talent, aux tendances nouvelles et hardies de la pensée et de la forme }}__

Extrait de son Journal en date du 25 octobre 1887 :

“Ah ! la vérité ! Que dis-je, la vérité ? Non, mais tant seulement un millionième de vérité, comme c’est difficile à dire, et qu”on vous le fait payer ! Tant pis, je l’aime, cette vérité, et je cherche à la dire, ainsi que c’est permis de son vivant, à la dose d’un granule homéopathique… Eh oui, pour cette vérité telle quelle, s’il le faut, je saurais mourir comme d’autres meurent pour une patrie… Puis vraiment, est ce que nos illustres, nos académiciens, nos membres de l’Institut, se figurent passer aux yeux de la postérité comme de petits bons Dieux en chambre, sans alliage d’humanité aucune ? Allons donc ! Tous ces mensonges et ces hypocrisies de la convention seront percés un jour, un peu plus tôt, un peu plus tard…”

118. Le jeudi 12 novembre 2009 à 20:23 par gail

hé hé, merci pour cette bonne poilade… un peu jaune cependant.
Juste par curiosité, pourquoi “dûs” est au pluriel dans cette phrase “le devoir de réserve ne peut en tout état de cause être dû aux lauréats mais dûs par les lauréats” ?

Eolas:
C’est à cause d’une règle de grammaire souvent ignorée : il faut toujours se relire deux fois.

119. Le jeudi 12 novembre 2009 à 20:24 par Uppereast

Tout été dit sur le triste personnage à qui vient d’être attribué le prix.

Pour ma part, je m’étonne de l’absence de réponse du Ministre de la culture à qui la question était adressée. Son silence va finir par être assourdissant.

Quoiqu’on pense du personnage, il n’a pas à gagner à se taire. Certains, les plus charitables, vont le traiter de lâche.
D’autres, plus fielleux, vont insinuer que c’est l’abstinence qui le rend sourd.

Allez Monsieur le Ministre, vouskiaimezlesartistes, et qui avez besoin de vous refaire: on vous écoute…

Eolas:
Le ministre a deux mois pour répondre par écrit ; mais il n’a pas attendu et l’a gentiment renvoyé dans ses 22 ce matin.

120. Le jeudi 12 novembre 2009 à 20:47 par Baba O'R.

Même si j’ ai une autre compréhension des propos de Raoult, je ne conteste pas son prix. Que nenni.
En effet, je considère que ses propos concernant une femme, de couleur qui plus est n’est qu’une insupportable remontée de bretelles faite à la gent féminine pour ses tentatives de liberté d’expression, après les “dérapages ” de Rama Yade, comme par hasard, de couleur aussi et femme tout pareillement.
On peut (minimum) avoir du respect pour les femmes quand on est député. Il n’est pas obligatoire d’avoir des tentations bessonniques quand c’est tellement facile.
Autrement dit, les machos, à la niche, vite et avec une muselière.

121. Le jeudi 12 novembre 2009 à 20:50 par Clint

Ceci étant, il n’est pas mal non plus quand, en tant que parlementaire, il pose des questions essentielles à la Secrétaire d’Etat chargée des Sports à propos de l’utilisation de Marcoussis, le “Clairefontaine du rugby”

Texte de la question : M. Éric Raoult attire l’attention de Mme la secrétaire d’État chargée des sports sur l’utilisation des enceintes sportives à des fins politiques et partisanes. En effet, l’annonce de l’organisation d’un séminaire du parti socialiste le 7 juillet sur le site de Marcoussis, qui est un centre de préparation sportive dédié au rugby, interpelle de nombreux observateurs de ce secteur. Le rugby doit rester indépendant de toute formation politique : c’est un principe essentiel de l’éthique et des valeurs du sport. Il conviendrait donc de mieux connaître les conditions de réservation et d’utilisation de cet équipement sportif par cette formation politique. D’autre part, il conviendrait également de prendre toutes les dispositions pour éviter que ne se renouvellent d’autres situations semblables pour toute formation politique. Il lui demande donc de lui indiquer les éléments de réponse que le Gouvernement apportera à ces deux interrogations

Etonnant, non, cette propension à tout vouloir étatiser ?…

122. Le jeudi 12 novembre 2009 à 20:58 par Adrien bis

@Clint en 120
Rassurez moi, il a pas posé cette question quand c’était Laporte le secrétaire d’État aux sport quand même?

123. Le jeudi 12 novembre 2009 à 21:01 par lnk

@ 118 Mais le ministre répondra à cette question écrite, n’en doutons pas… Il a en principe deux mois pour répondre. Ce délai est, il est vrai, souvent dépassé du fait de l’inflation des questions écrites (22 299 en 2008-2009, selon le site de l’Assemblée Nationale)

124. Le jeudi 12 novembre 2009 à 21:17 par Blair

Petite correction de rien du tout: “une personne qui a été député” » j’aurais plutôt écrit “une personne qui a été députée”.

125. Le jeudi 12 novembre 2009 à 21:26 par Baleine Verte

Et Eric Raoult n’en est pas à sa première remarque du genre… :

http://tinyurl.com/yd7kyuc

Affolant oO

126. Le jeudi 12 novembre 2009 à 21:38 par Gny Hackman

La loi de Raoult est la suivante : La pression de vapeur d’une solution idéale est dépendante de la pression partielle de chaque constituant et de leurs fractions molaires respectives. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de…)

Question : Faut-il fractionner les molaires d’Eric Raoult pour faire diminuer la pression ?

127. Le jeudi 12 novembre 2009 à 21:48 par Remy

Eric Raoult est vice président de l’Assemblée Nationale ? Horreur…

128. Le jeudi 12 novembre 2009 à 21:48 par IX

Injustice ! J’ai une pensée émue pour ce pauvre JF Copé qui s’était pourtant donné un mal fou pour décrocher le Busiris en affirmant que la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les dépenses de l’Elysée porterait atteinte à la séparation des pouvoirs ; que cela produirait une confusion des pouvoirs, que cela constituerait le premier pas vers la dictature … Etonnant, non ? Tous les critères d’attribution du prestigieux prix ne sont-ils pas réunis ?

129. Le jeudi 12 novembre 2009 à 22:09 par melanqv

“Il était peut être jaloux de ne pas avoir de prix, le voilà récompensé !” <- bien vu ^^
Ca fait du bien de lire ce genre d’article :)

130. Le jeudi 12 novembre 2009 à 22:22 par Naja

Etonnante cette tirade Raoultienne…
En effet, pourquoi invoquer un devoir de réserve hors de propos là où il aurait été plus opportun de parler de diffamation?

Eolas:
Les propos de Mme Ndiaye ne tombent sous le coup ni de la diffamation ni de l’injure : ils sont l’expression d’idées dans un débat public, et donc parfaitement légaux, sans considération pour leur valeur intrinsèque.

Peut-être que le député sera plus à l’aise avec l’expression de son indignation quand le pipo-débat sur l’identité nationale aura permis à notre gouvernement de faire valoir sa conception du nationalisme.

131. Le jeudi 12 novembre 2009 à 22:29 par nicocerise

Si lefebvre c’est l’arme fatale, Raoult c’est le léo Getz de la majorité. A écoutez

132. Le jeudi 12 novembre 2009 à 22:43 par ASHM

peut être pourriez vous aussi distribuer un nouveau prix à notre ex ministre de la Justice entendue sur canal + dimanche dernier ?

133. Le jeudi 12 novembre 2009 à 23:21 par Hello

@oxymore #111 Parce que cette déclaration de Sarkozy ne vous semble pas Busirisable ? Quant à la volontaire faute de frappe à l’initiale, vous ne trouvez pas que c’est tout de même lui-même qui atteint une sorte de point “Badwin” avec son concept nauséeux d’identité nationale, argumenté de la sorte ? Non mais je rêve…

134. Le jeudi 12 novembre 2009 à 23:23 par amra

59 65
Effectivement, la chronologie est suspecte…
Cela dit, je ne me suis pas trompée, tout cela semble bien une manoeuvre pour relancer le débat sur l’identité nationale…
Honteux et affligeant.
http://www.lemonde.fr/politique/art…

135. Le jeudi 12 novembre 2009 à 23:32 par Grabinoulor

Je ne suis pas pressé de rattraper l’Amérique du Nord et son cognitivisme, et si certains secteurs de notre société ne fonctionnent pas encore trop mal, c’est peut-être grâce à notre retard sur eux.
Pour les statistiques sur les couples homosexuels et l’adoption, on peut lire : http://foucart.thierry.free.fr/EPIS…

Je suis surpris de l’intolérance des intervenants, qui réclament le droit d’expression pour Marie Ndiaye et se comportent comme Raoult envers ceux qui n’admettent pas cette adoption.

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