Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Les petits interprètes

Ils sont nos auxiliaires dévoués, mais ils s’en passeraient bien, les petits interprètes. À leur âge, on aspire plutôt à jouer dans le parc avec ses copains de l’école, ou à regarder Shrek à la télévision.

Le plus jeune que j’aie vu avait 5 ans. J’avais un enfant de cet âge là, ça m’a marqué. Le plus vieux, 17 ans. L’innocence envolée, car il réalise que son anniversaire qui arrive va signifier le début de ses ennuis. Les mêmes que ses parents.

Les mineurs étrangers en France ne sont pas soumis à l’obligation de détenir un titre de séjour. Dit autrement, un enfant ne peut pas être en situation irrégulière. Ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas être expulsé : l’administration, la main sur le cœur, nous explique qu’il est hors de question de séparer les familles. Donc si papa et maman s’en vont, hop, dans l’avion. Les centres de rétention administrative, dans lesquels on peut enfermer des étrangers en attente de reconduite à la frontière jusqu’à 32 jours, et bientôt 45 avec la loi immigration en cours de discussion, voire 18 mois dans certains cas, sont désormais équipés de nurseries, et certains ont même quelques balançoires, dehors. À côté des grilles surmontées de caméras et de barbelés.

Ils sont arrivés en France très jeunes, ils le sont encore. L’obligation de scolarité s’applique à eux et ils sont accueillis dans des écoles maternelles ou élémentaires. Et la magie de leur jeunesse fait le reste : en un an d’immersion, ils deviennent presque bilingues, en tout cas bien meilleurs que leurs parents. Ils s’occupent des démarches administratives, rédigent des courriers — j’en ai plein, de ces lettres à l’écriture d’enfant, je les imagine tirant la langue et s’appliquant pour écrire correctement des mots compliqués comme “centre de rétention” et “récépissé”. Il faut dire que les sans-papiers n’ont pas droit à l’aide juridictionnelle du fait de leur situation irrégulière, donc pas d’interprète, sauf à en payer un. Souvent, la solidarité joue, des naturalisés ou des régularisés aident bénévolement des compatriotes qui sont là où eux furent il n’y a pas assez longtemps pour qu’ils aient oublié.

Mais certains sont tellement isolés qu’ils n’ont que leurs enfants, et on assiste à cet écrasant renversement des choses, où des enfants se retrouvent soudain responsables de leurs parents, qui ne peuvent rien faire sans eux.

Et ils se retrouvent un jour dans notre bureau, assis sur une chaise trop haute, leurs pieds balançant dans le vide, à écouter leurs parents, souvent bouleversés, expliquer leur angoisse et leurs difficultés à un avocat, et à répéter leurs mots en français, le regard perdu vers la fenêtre, vers ce ciel bleu… comme il doit faire bon dans le parc, comme ce serait amusant de faire du toboggan plutôt qu’être là…

Je me souviens du regard de cette petite fille de 7 ans, née dans un lointain pays d’Asie dont elle n’a aucun souvenir, soudain arrachée à ses rêveries par sa mère qui éclate en sanglot à côté d’elle. Elle a l’air de ne pas comprendre, elle se demande si elle a dit une bêtise, si elle a mal traduit. Tandis que je tends à sa mère la boîte de mouchoirs en papier que tout avocat garde à portée de la main, elle fronce les sourcils et réfléchit à ce qu’elle a dit. Non, elle ne s’est pas trompée. Sa mère a bien dit que depuis que son mari avait pris l’avion avec les policiers pour ce pays, il y a un mois, elle était sans nouvelles de lui. C’est bien ce qu’elle a répété au monsieur à la boîte de mouchoirs. D’ailleurs, elle sait que c’est vrai, elle se souvient que la dernière fois qu’elle avait vu son papa, c’est quand il l’avait laissé à l’école, et qu’il n’était pas venu la chercher comme prévu le soir. Elle avait attendu longtemps, elle avait un peu pleuré, mais la dame de l’école a été très gentille, elle ne l’a pas grondée et elle l’a gardée jusqu’à ce que sa mère arrive. Et c’était il y a un mois. Elle le sait bien, elle est la meilleure de sa classe pour l’exercice du calendrier.

Rassurée, son visage se détend. Sa mère a fini de pleurer, elle va recommencer à parler.

Ses yeux se tournent vers la fenêtre, elle fixe le ciel, ses pieds recommencent à se balancer, et elle attend.

Commentaires

1. Le vendredi 4 février 2011 à 18:53 par L-observateur

Voilà, c’est gagné, j’ai le moral à zéro. Le souvenir de mes parents étrangers qui ne comprenaient rien à l’administration française dont je remplissais les formulaires…

2. Le vendredi 4 février 2011 à 18:54 par eBlacksheep

En droit des étrangers, les enfants sont les accessoires juridiques de leurs parents et l’accessoire suit le principal… raisonnement soutenu par un représentant du Préfet en audience TA.

3. Le vendredi 4 février 2011 à 18:57 par Benoit

+1000

J’ajouterais que ce “renversement des rôles” parents-enfants peut aussi se trouver dans toute forme de misère sociale.

4. Le vendredi 4 février 2011 à 19:09 par durobois

Coquillette au jambon: ” Les centres de rétention administrative(s), dans lesquel(le)s”.

Bien à vous.

5. Le vendredi 4 février 2011 à 19:15 par Louis

OUCH, ça fait mal. Le ton de ce récit me fait beaucoup penser à ceux écrits par Maitre Mô : beau mais poignant.

6. Le vendredi 4 février 2011 à 19:19 par Lilys

J’en pleure encore…

7. Le vendredi 4 février 2011 à 19:22 par Cams

Maître, vous êtes ému de ces tous jeunes enfants sur les épaules de qui pèsent tant de responsabilités. Votre texte est fort touchant. Mais prenez-vous parfois le RER, là où l’on peut croiser ces enfants de mendiants qui suivent sagement leurs soi-disant parents qui les empruntent pour la journée ? De 1 à 3 ans ils sont dans une bandoulière. Au-delà, ils ont intérêt à savoir marcher, sinon c’est mauvais pour les affaires… Où doit-on les situer dans la hiérarchie des enfants malheureux ?

Eolas:
Je suis nul en mesure de malheur.

8. Le vendredi 4 février 2011 à 19:22 par Charles

Merci pour cette piqûre de rappel.

« voire 18 mois dans certains cas » : lesquels ?

Eolas:
Soupçon de terrorisme, soupçon étant à comprendre : y’avait même pas de quoi motiver un juge d’instruction. Qui a dit Guantanamo ?

9. Le vendredi 4 février 2011 à 19:23 par Romain

Voilà que Maître Éolas nous fait du maître Mô… émouvant, et poignant.

10. Le vendredi 4 février 2011 à 19:27 par Plume

@cams 7
Et voilà un inculte qui nous fait l’amalgame de service.. Les mouvements politiques à un seul neurone ont une seule pensée. ( Cams pour camés ? )

11. Le vendredi 4 février 2011 à 19:29 par Captp

“Où doit-on les situer dans la hiérarchie des enfants malheureux ?”

On vous a prévenu que c’était pas un concours ?

12. Le vendredi 4 février 2011 à 19:31 par Orabh

@ Cams
Je ne crois pas que Maitre Eolas tenait à créer une échelle dans la misère infantile. Il parlait d’une situation qui n’a pas forcément besoin d’être opposée à d’autre pour, normalement, interpeller les êtres dits évolués et civilisés que nous sommes.
Car toute misère doit être combattue, tant celle de ces jeunes mendiants (par ailleurs souvent en situation irrégulière, tout du moins leurs parents) que celle de ces enfants-traducteurs, aucune n’est pire, aucune ne saurait être plus tolérable que l’autre, toutes doivent être combattues.

Et vous savez quoi? Il existe un tas d’avocat qui prennent le RER, si! Ils ne sont pas tous en Cadillac car malheureusement pour eux tous les truands ne sont pas riches (saleté de police …)

13. Le vendredi 4 février 2011 à 19:31 par phideliane

MERCI.
Je vous lis depuis quelques mois maintenant. Et je voulais vous dire merci pour tout. Vous m’apprennez la confiance en la justice et en les avocats.
Et là, vous m’avez touchée. En plein coeur.
Merci, donc.

14. Le vendredi 4 février 2011 à 19:42 par Elodie

Très beau billet. Si je pouvais arrêter de pleurer ce serait encore mieux.

15. Le vendredi 4 février 2011 à 19:46 par July

Saisissant mais ce qu’il y a en sous-entendu est effroyable… Qu’est fait chaque jour des principes au sein desquels nous espérions évolués ?
Maître Éolas, en ayant lu ce billet, il est à espérer qu’il y en est plus comme vous.

16. Le vendredi 4 février 2011 à 19:49 par Cams

@Plume, 10 :
Pourquoi ne pas développer un argumentaire plutôt que de me traiter d’inculte ? Car peut-être qu’un mouvement politique (auquel je n’appartiens pas) n’a qu’une seule idée, mais dans votre commentaire, j’ai même du mal à en trouver un commencement…

@Orabh, 12 :
Je suis bien conscient du niveau de vie des avocats, ma question de savoir si Maître Eolas prenait le RER portait plus sur le point de savoir s’il était amené à le prendre compte tenu de son lieu de résidence, plutôt que de ses moyens financiers. Inutile donc de prendre la mouche…
Quant à moi, je ne faisais que rappeler qu’il n’y a pas besoin d’être avocat pour se rendre compte de la misère infantile. Sortir dans la rue suffit. Mais peut-être que les critiques sont mal venues sur ce blog…

17. Le vendredi 4 février 2011 à 20:13 par Orabh

@ Cams
J’ai simplement répondu avec ironie à votre dernière phrase qui, pour moi, en était également remplie. Je n’ai donc pas pris la mouche, c’est vous qui la prenez désormais en prétendant que la critique est ici malvenue, ce qui n’est pas le cas.

Ensuite, vous changer de sujet. Vous avez questionné Maitre Eolas à propos d’une échelle de la misère, alors qu’il n’en est nullement question ici. Ensuite vous me parlez du fait qu’il n’y a pas besoin d’être avocat pour voir la misère qui nous entoure, encore une fois je ne vois nul part où il aurait été écrit le contraire, et ce n’est toujours pas le sujet.

Donc, où voulez-vous en venir avec vos interventions?

18. Le vendredi 4 février 2011 à 20:17 par vvillenave

@Cams On vous parle “étrangers en situation de détresse” et vous répondez “mendiants”. Curieux comme cette association d’idées vous semble naturelle.

19. Le vendredi 4 février 2011 à 20:19 par Llyuba

Ce texte ne rappelle que trop de mauvais souvenirs pour ceux qui l’ont vécu…

Pour vous répondre Cams, il me semble que la teneur principale de la réponse de Orabh portait sur le fait qu’il était étrange de comparer 2 situations aussi intolérables l’une que l’autre, davantage que sur une éventuelle critique du niveau de vie. Cela est dit clairement: “toute misère doit être combattue

Ici ce n’est pas la censure, je ne pense pas que les critiques soient mal venues. Mais les critiques mal placées peuvent être mal prises, effectivement. Vous critiquez un témoignage, reconnaissez que c’est étrange. Un témoignage, ce n’est pas une idée, c’est juste là pour montrer/dénoncer à son échelle ce qui est vécu. Les débats à leur propos (ainsi que les comparaisons un peu… mal venues dirons-nous) peuvent effectivement être étrangement interprétées ;)

20. Le vendredi 4 février 2011 à 20:38 par Zythom

Encore un billet émouvant sur ce thème qui vous tient à cœur et sur lequel tant de personnes ferment le leur.

21. Le vendredi 4 février 2011 à 20:49 par Charles

Merci pour votre réponse. Dois-je comprendre qu’en cas de soupçon de terrorisme-parce-qu’un-procureur-l’a-dit, on risque une GAV à rallonge de 72 heures, mais si en outre on est étranger sans titre de séjour, alors on risque une GAV Canada Dry de 18 mois en Centre de Rétention ? Le ceseda est plein de ressources.

22. Le vendredi 4 février 2011 à 20:57 par lela

mais,
à cet âge on comprend ces mots difficiles ?
(ou j’étais une mioche vraiment nulle ?)

23. Le vendredi 4 février 2011 à 21:03 par AJ devant le TA

Il faut dire que les sans-papiers n’ont pas droit à l’aide juridictionnelle du fait de leur situation irrégulière

Ah ? Ce n’est pas parce que vous refusez de prendre ces clients à l’AJ qu’ils n’y ont pas droit… ;-)

Article 3, alinéa 4 de la loi du n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : ” L’aide juridictionnelle est accordée sans condition de résidence aux étrangers lorsqu’ils sont mineurs, témoins assistés, inculpés, prévenus, accusés, condamnés ou parties civiles, lorsqu’ils bénéficient d’une ordonnance de protection en vertu de l’article 515-9 du code civil ou ou lorsqu’ils font l’objet de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ainsi qu’aux personnes faisant l’objet de l’une des procédures prévues aux articles L. 222-1 à L. 222-6, L. 312-2, L. 511-1, L. 512-1 à L. 512-4, L. 522-1, L. 522-2 et L. 552-1 à L. 552-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ou lorsqu’il est fait appel des décisions mentionnées aux articles L. 512-1 à L. 512-4 du même code.”

Cet article vise bien l’article L. 511-1 du CESEDA (relatif aux OQTF et aux APRF) et couvre donc l’essentiel du contentieux administratif des étrangers.

Quel BAJ a réussi à vous faire croire le contraire ?

Bien à vous,

Eolas:
Ceux qui viennent nous voir pour monter un dossier de régularisation n’entrent dans aucun de ces cas. Et à Paris du moins, cette AJ prend uniquement la forme de permanences. (traiter une demande d’AJ en moins de 48h pour le 35bis et 72h pour le TA, surtout quand ça tombe les weekends, ben c’est juste pas possible). L’AJ ordinaire concerne surtout les appels devant la CAA. 

24. Le vendredi 4 février 2011 à 21:24 par Yaume

@lela
oh, vous n’étiez probablement pas une mioche nulle, juste que vous n’aviez pas un besoin vital de ces mots-là, et vos parents n’avaient peut-être tout simplement pas l’occasion d’utiliser des mots tels que “centre de rétention” avec vous ^^.
Certaines situations font grandir trop vite, ou en tout cas modifient grandement le rythme d’évolution des enfants (et toutes sortes de situations différentes ont toutes sortes d’effets différents)

25. Le vendredi 4 février 2011 à 21:30 par Ibn Salah

J’aime.

C’est du vécu pour moi aussi. Les lettres rédigées au nom de mes parents…

Aujourd’hui, j’essaye d’être du côté des avocats humanistes. Apporter un peu d’espoir…

26. Le vendredi 4 février 2011 à 21:49 par lela

@ Yaume
mais le truc, c’est que le gamin, même si on lui explique en français ces mots là, est ce qu’il les connaitra dans son autre langue pour le redire à ses parents ?

c’est à tellement de lieues de ma vie que j’en ai vraiment beaucoup de mal à comprendre ou même imaginer que ça existe :s

27. Le vendredi 4 février 2011 à 22:08 par villiv

Pour cela aussi Jaimerai être solidaire… (rapport a mon commentaire sous le billet précédent )

Mais comment ???

Tiens, je vais y réfléchir, a tout chose malheur etc etc. ,mais c’est dur !

Merci en tout cas de nous rappeler si souvent tant de dure réalité

28. Le vendredi 4 février 2011 à 22:09 par Alpha

A propos du fait que les mineurs n’ont pas à détenir de papiers : que proposez-vous pour que les gamines qui ont voulu voler les miens sur la ligne 1 soient mises hors d’état de nuire ?

29. Le vendredi 4 février 2011 à 22:27 par mariaker

Nous sommes tous amenés un jour à devenir les parents de nos parents pour cela, en principe, il suffit de vieillir de quelques dizaines d’années…ce n’est pas plus facile pour autant.
Personnellement je déplore qu’on mélange à tout bout de champ, la politique et les bons sentiments faciles qui nous font pleurnicher sur des gens que nous ne connaissons pas, qui n’existent peut-être même pas et sur la vie de qui nous n’avons aucun pouvoir, en nous faisant croire qu’un simple bulletin de vote à gauche renverserait leur vie dans le bon sens.

Arrêtez, arrêtez un peu de vous prendre pour des dieux descendus de leurs piédestal à qui on empêcherait d’appliquer leurs solutions si faciles pour le monde. Commençons par faire ce que nous avons chacun à faire à notre niveau et arrêtons de jouer les frères prêcheurs, merci de nous laisser travailler sereinement, quel que soit notre travail….

30. Le vendredi 4 février 2011 à 22:40 par Vivien

@28 Alpha :
Fermons tout de suite la ligne 1 du métro ! Où réservons la aux inscrits sur les listes électorales payant des impôts, ce qui vous épargnera les conséquences de la promiscuité des misérables. N’étais-ce pas ce que vous désiriez ?

‘don’t feed ze troll’, je sais….. trop tentant :)

31. Le vendredi 4 février 2011 à 22:43 par Circé

Malheuresement c’est un problème qui touche beaucoup d’enfants. Encore ici il s’agit d’une situation grave où les parents sont en situation irrégulière, mais il y a aussi beaucoup de cas où les parents ne sont pas en situation irrégulière mais les enfants aident/traduisent pour leurs parents dans la vie de tous les jours, à l’école pour les bulletins scolaires, pour les papiers… C’est beaucoup de responsabilités pour un jeune enfant, et en même temps il ne faut pas croire que les parents ne sont pas en situation de détresse eux aussi, être à ce point dépendant de son enfant ce n’est pas évident à gérer.
Ce qui met hors de moi, c’est le raisonnement de certaines personnes qui considèrent que les enfants ne sont que des outils utilisés égoïstement par leurs mauvais parents dans l’unique but d’obtenir un titre de séjour. Ceux là souvent ne connaissent AUCUNE personne dans une telle situation et ses bases sur beaucoup de préjugés. Il n’y a qu’à voir le commentaire de comparaison sur les enfants qui mendient avec leurs parents.
Il y a des dérives cela doit exister sans aucune doute mais de là à faire des généralités.. Les parents pensent avant tout à leurs enfants, ils veulent pour eux ce qu’ils n’ont pas pu avoir eux, et vicier comme cela leurs intention je trouve ça vraiment plus que pitoyable.

@ AJ devant le TA: le texte que vous citez parle d’étrangers mais pas d’étrangers en situation irrégulière, je crois que c’est là (comme la dis Maitre Eolas) que tout ce joue. ;)

32. Le vendredi 4 février 2011 à 22:46 par Oulipia

pleurnicher sur des gens que nous ne connaissons pas, qui n’existent peut-être même pas et sur la vie de qui nous n’avons aucun pouvoir
“Je suis homme, rien de ce qui est humain ne m’est étranger”, a écrit à peu près Térence.
Vous appelez cela “pleurnicher”…
D’autres disent “solidarité”.
Chacun choisit, en effet, son camp.

33. Le vendredi 4 février 2011 à 23:06 par Yank

Vous avez engagé Me Mô ?!

34. Le vendredi 4 février 2011 à 23:08 par Teejee (mékeskidi de base)

Vous n’avez pas honte de ruiner la com’ gouvernementale ?
Non ?
Vous avez bien raison…

35. Le vendredi 4 février 2011 à 23:12 par O_o

Je me demande si il faut en rire ou pleurer de voir des mecs qui perdent leur temps pour déverser leur bile dans des comms sur un blog alors qu’ils savent pertinemment qu’ils pisseront dans un violon : ça me dépasse.

36. Le vendredi 4 février 2011 à 23:21 par Carolina

Quand je lis certains commentaires, je me rends compte que l’empathie n’a plus la cote… On se ferme de plus en plus à la souffrance d’autrui, on la diminue, la méprise, quand on ne la nie pas carrément.
En tout cas, merci à Maître Eolas pour ce texte.

37. Le vendredi 4 février 2011 à 23:23 par Teejee (mékeskidi de base)

“On se ferme de plus en plus à la souffrance d’autrui, on la diminue, la méprise, quand on ne la nie pas carrément.” On en a peur. Et on a peur.

38. Le vendredi 4 février 2011 à 23:25 par paravent

C’est sur, c’est emouvant, surtout que c’est bien ecrit. Et vous connaissez l’histoire de ces enfants francais qui font des intoxications au plomb dans des logements minuscules et malsains ? Ou celle de l’enfant qui mourra aux urgences de l’hopital pour n’avoir pas eu la chance de voir a temps un medecin deborde ? Ou celle de cette petite fille qui se fera violer par un recidiviste libere par une administration judiciaire en manque de moyens ?

Vous imaginez la rage des parents lorsqu’ils voient qu’on distribue au monde entier l’argent qui aurait pu sauver leur enfant ? Apparemment non, et c’est bien dommage.

39. Le vendredi 4 février 2011 à 23:34 par John

C’est triste certes, mais il ne faut pas oublier à cause de qui cet enfant est dans cette situation.

Les choses sont loin d’être simple, mais être solidaire ne veut pas dire être idiot et manquer de critique.

L’émotion est une chose mais la raison reste ce qui doit nous guider.

40. Le samedi 5 février 2011 à 00:21 par Paco Necté

Je suis désolé de sortir du poignant sujet proposé par notre hôte, mais nous sommes invités par @paravavent #38 à lui faire remarquer que les souffrances que vivent également “les enfants Français” ne sont pas liées au fait qu’ils soient Français mais au fait que l’état n’a pas (et/ou ne se donne pas) les moyens d’assurer les missions auxquelles l’engageait la déclaration universelle des droits de l’homme annexée à la constitution de la république.
Je ne crois pas que les quelques centaines de milliers d’€uros “récupérables” dans l’hypothèse où l’état français porterait “encore moins” assistance aux ressortissants étrangers changeraient grand chose à ces dramatiques problèmes.
J’ai cru lire quelque part que chacun devait contribuer au budget de la république et des nobles principes qu’elle est supposée porter (parmi lesquels on ne fait pas la distinction entre les enfants Français et ceux qui ne le seraient pas… d’où le qualificatif “universelle”) au pro-rata de ses moyens.
Si la république manque d’argent, il doit y avoir des raisons beaucoup plus flagrantes que ce que lui coûte cette “charité” minimaliste !?!

41. Le samedi 5 février 2011 à 00:32 par Narduk

C’est beau et triste comme du Marc Levy…

Mais ça ne parle pas de toutes les absurdités de l’immigration clandestine et de sa répression/promotion.

42. Le samedi 5 février 2011 à 00:51 par pigeon vole

aux guichets de l’espoir
les petits gars perdus,
et toutes ces vies gâchées
garce de vie

43. Le samedi 5 février 2011 à 01:46 par Eos talium est enim regnum Dei

Tout jeune fonctionnaire en préfecture, j’en fait mon principe (qui est celui de la personne qui me forme): “l’intérêt des enfants d’abord!”… hélas, des parents “utilisent” leurs enfants pour obtenir un titre de séjour, contre les intérêts mêmes de leurs propres enfants.

44. Le samedi 5 février 2011 à 02:03 par Algernon

Il conviendrait d’ajouter que dans cette situation de détresse que vivent les parents et comme ici le parent isolé, le petit enfant grandit trop vite, brutalement tiré de son innocence, qu’il ne retrouvera plus. Généralement l’on trouve une grande satisfaction a aider ses parents, à commencer par apprendre le français; généralement six mois suffisent; puis l’on est attentive à l’école.

Le droit des étrangers est-il une spécialisation pour un avocat?

45. Le samedi 5 février 2011 à 07:00 par Yacine

@ paravent 38

“Vous imaginez la rage des parents lorsqu’ils voient qu’on distribue au monde entier l’argent qui aurait pu sauver leur enfant ? Apparemment non, et c’est bien dommage.”

Rassurez vous la France est loin de distribuer cet argent au monde entier.
Un détail par ailleurs a dû vous échapper: les étrangers paient des impôts et plus particulièrement les sans papiers paient aussi des impôts, ne serait-ce qu’en l’occurrence la TVA (qui est le premier impôt en terme de recettes fiscales…)

46. Le samedi 5 février 2011 à 09:01 par Anne de B.

Les enfants son tellement plus intelligents et adaptables que les adultes. 10 de travail éducatif avec des familles, 10 ans que les enfants me scotchent, m’émerveillent, me stupéfient et parfois m’effarent…Ces enfants dont vous parlez si bien, si tendrement aussi, Maitre, n’ont pas d’autre choix, pour vivre, que d’être hyper adaptés. Ceci est vrai pour les enfants de parents étrangers que vous rencontrez, c’est vrai aussi, dans la campagne où je travaille, pour les enfants de parents illettrés ou analphabètes, les enfants “entendants” de parents sourds, les enfants de parents ayant des déficiences intellectuelles,…
Merci Maitre de les rendre si réels aux yeux de ceux qui ne les “connaissaient” pas.

47. Le samedi 5 février 2011 à 10:03 par Alpha

@30 Vivien

Votre réponse est inutilement méprisante et complètement à côté du problème. Rien ne vous permet de penser que je sois contre des mesures sociales pour les passagers du métro. Mon intervention voulait simplement attirer l’attention sur des problèmes quasi-insolubles en l’état du droit, car des failles sont exploitées par des réseaux criminels bien déterminés, mais également bien connus. Or si j’apprécie les exposés d’Eolas, je suis agacé de voir que certains n’envisagent pas les choses de façon globale et, en faisant pleurer sur des situations pénibles, réelles, ne disent rien des problèmes a priori connexes, de sorte que la réflexion s’en trouve amoindrie. C’est tout.

48. Le samedi 5 février 2011 à 10:09 par alternative justice

Bonjour ,

Je vais faire le salop de service. Oui c’est émouvant . Mais que proposez vous non pas en matière d’utilisation de tous les recours contre le CESE et la politique en la métiére , non as en matiére de désobéissance civile . Mais en terme de politique globale ?
Je peux vous racontez des histoires d’enfants dans le divorce qui glaceraient le sang et pourtant le droit de la famille aprés 10 soi disant réformes et cent mille débat continue de “tourner” . L’émotion ( malsaine et jouee ) de Sarko et l’métion ( saine et sincére) de eolas ne font pas des politiques judiciaires.

J’ai discuté CRA et campements sauvages avec des gens du calaisis ce qui était intéressant c’est que les MEMES qui étaient émus voulaient aussi aprfois “qu’on arrête tout ca ” alors on fait quoi pour éviter de faire d ‘êtres humains les jetons d’un jeu de croupier démagos ?

49. Le samedi 5 février 2011 à 10:35 par Yaume

@lela (si tu reviens par ici ^^)
je n’ai jamais été personnellement dans ce cas, mais je suppose que quand il y a dialogue avec un interlocuteur francophone, il essaie d’expliquer avec des mots plus simples, et que l’enfant traduit les explications et que les parents comprenant de quoi il est question disent le mot dans leur langue (ou au moins la meilleure approximation qu’ils trouvent pour les explications données).

et éventuellement si l’entretien se fait dans le bureau de l’avocat, il a peut-être un ordinateur relié à internet et donc à plein de dictionnaires de langues pour trouver une traduction :D (mais comme j’ai dit, en vrai j’en sais rien ^^)

50. Le samedi 5 février 2011 à 11:21 par villiv

@ Carolina #36

@ teejee (mékeskidi de base) #37

En lisant vos commentaires, je réalise que vous avez pour moi raison tous les 2

Je m’étonne moi meme de ne plus éprouver autant d’empathie que je le souhaiterais (notamment dans le RER cité ci-dessus aussi pour les parisiens… )

C’est que ca fait d’autant plus peur… On est jamais loin de passer de ce cote là…

Sincèrement, j’y pense assez régulièrement, ce qui touche encore plus lorsqu’on est sollicité 3 ou 4 fois par jour …

Et si on était le 5eme a utiliser cette méthode ultime ???!!! (Perso je ne suis pas a plaindre je pense mais si je perds mon job, j’ai 3 mois d’avance … Apres je suis dehors concrètement… Sauf que moi jai la chance de pouvoir dire “Vive la famille et les amis” !!!!!! Quand on en a….)

Bon allez, j’arrete là au risque de confirmer les sondages de fin 2010 disant que les français sont les plus pessimistes du monde de la terre intersptatio’temporelle ;-) (bah oui faut bien rigoler un peu quand meme, c’est le week’end…)

51. Le samedi 5 février 2011 à 11:27 par Charles - @mariaker en 29

“Commençons par faire ce que nous avons chacun à faire à notre niveau et arrêtons de jouer les frères prêcheurs,”

Où Eolas prêche-t-il ? Il relate un fait. C’est vous qui y entendez un prêche. Pour quelle raison, à vous de voir.

” je déplore qu’on mélange à tout bout de champ, la politique et les bons sentiments faciles qui nous font pleurnicher sur des gens que nous ne connaissons pas, qui n’existent peut-être même pas et sur la vie de qui nous n’avons aucun pouvoir”

Evidemment, si vous vous voilez les yeux aux faits, ces “personnes que vous ne connaissez pas” continueront de “ne pas exister” pour vous. Le propre de la politique est justement de prendre, collectivement, des décisions qui affectent la collectivité : donc des décisions qui, du point de vue de chacun, affectent des inconnus. Consultez-vous les médias ? Si oui, c’est autant de temps passé à s’informer sur des inconnus.

En l’occurrence, le fait relaté par Eolas me concerne doublement :

- parce que “rien de ce qui est humain ne m’est étranger” comme disait un commentateur plus haut,

- parce que ce qui est accompli l’est en mon nom. Ce n’est pas un malheur privé.

“en nous faisant croire qu’un simple bulletin de vote à gauche renverserait leur vie dans le bon sens.”

Je ne vois pas le rapport entre ce billet et le clivage droite/gauche. Les responsables politiques sont notre émanation. Quels qu’ils soient, ils ne mènent pas de politique importante qui ne soit au moins tacitement acceptée par l’opinion.
Si donc les Français deviennent clairement conscients du traitement inhumain appliqué par l’Etat aux étrangers à qu’elle déclare irréguliers, et s’ils n’acceptent clairement pas ce traitement, cette situation cessera, que le pouvoir soit de droite ou de gauche.

Et je n’ai aucune “solution facile”. Le monde est terriblement complexe, je suis plutôt désemparé. Simplement il m’est impossible de me voiler les yeux.

52. Le samedi 5 février 2011 à 11:57 par Holmes

Eolas : “Rassurée, son visage se détend. Sa mère a fini de pleurer, elle va recommencer à parler.”

  • Le lait de la mort - Marguerite Yourcenar - (“Il y a mères et mères.”)

Petite histoire orientale digne d’inspirer aux lecteurs autant de larmes que celle d’Andromaque..ou d’Eolas.

53. Le samedi 5 février 2011 à 13:01 par Delio

Pour “durobois” (commentaire #4), un petit cours d’analyse grammaticale :
Les CENTRES de RÉTENTION ADMINISTRATIVE dans LESQUELS
C’est la rétention qui est administrative, donc au singulier. Par contre lesquels fait référence aux centres, donc au masculin.
Et encore une belle occasion de se taire de perdue. Rien sur le fond, bourde sur la forme !

54. Le samedi 5 février 2011 à 13:12 par Callixte

Douloureux… malheureusement, ces enfants ont à porter leur famille dans un ensemble de circonstances de la vie dont on souhaiterait pouvoir préserver leur jeune âge. Bien que je ne sois pas juriste, les missions de l’équipement culturel que je dirige m’amène également à rencontrer de ces enfants. Pour ne citer qu’un exemple, en 6 mois, j’ai vu une petite fille resplendissante et qui irradiait la joie de vivre, au sourire malicieux et aux yeux toujours rieurs, se transformer peu à peu en l’ombre d’elle-même après l’éloignement de son père qui était le seul adulte à parler français à la maison… Devant accompagner sa mère dans toutes les démarches administratives et judiciaires auxquelles la famille est confrontée, elle est immergée quotidiennement dans des réalités choquantes (même pour un adulte), d’une violence psychologique incroyable…

55. Le samedi 5 février 2011 à 14:57 par Cams

@ 47, Alpha :

Houla, malheur à vous qui essayez d’élargir le sujet… C’est drôle que certains semblent tout d’un coup prendre conscience, à travers un récit fort poignant, de la souffrance des enfants de familles en difficultés, mais qu’en même temps, personne ne semble disposé à replacer le sujet dans un contexte plus vaste. Vous voulez parler des enfants malheureux ? Je rappelle quand même qu’il existe une convention internationale destinée à protéger les enfants, la convention de New York, et que celle-ci est quotidiennement remise en cause, en infime partie seulement à travers toutes les situations évoquées plus haut et qui ne concernent pas forcément les enfants évoqués par Me Eolas.

Alors oui, on est peut-être pas sur le même aspect du sujet. Mais bien hypocrite est celui qui va me reprocher de réagir froidement sur ce témoignage alors que j’essaye simplement d’attirer l’attention sur le fait que ce problème est supporté par de nombreux enfants, et peut prendre des formes très diverses. J’aurais peut-être dû commencer par cela, avant même de citer l’exemple sans doute trop “banalisant”, je le conçois, du RER (cf #7). Mais un enfant reste un enfant, qu’il soit issu de la rue, de l’immigration, ou même du 100 m² en plein Paris occupé par la famille de bourges installé juste en face de chez vous. Dans tous les cas, il est susceptible, pour mille raisons différentes, d’être plongé dans une situation difficile.

Ca me fait juste bondir de voir que certaines personnes (qui par ailleurs ne comprennent pas le second degré) semblent tout d’un coup se rappeler de l’existence de la misère infantile, et que ces mêmes personnes ne supportent pas qu’on compare deux cas de figure dans lesquels juridiquement, pourtant (on est bien sur un blog juridique non ? On est pas là pour plaindre la mère Michel), il en va toujours au final de la même question : l’intérêt de l’enfant, sans cesse remis en question.

A la base, je me permets de critiquer, non pas un témoignage (je suis d’accord qu’il n’y a pas lieu à cela), mais simplement la forme que Me Eolas a décidé d’employer pour rappeler l’existence de la misère infantile, fortement réductrice à mon goût. Et je le fais car personnellement, je ne l’avais jamais oublié et ne l’ai pas redécouverte à travers ce sujet, comme cela semble être le cas parfois. J’ai donc la conscience tranquille.

D’un autre côté, il n’y a que les imbéciles qui changent pas d’avis. Et à la lecture des réactions, je commence désormais à comprendre la nécessité de ce type de témoignage, mais de la part d’un blog juridique, je regrette simplement l’absence d’élargissement du sujet et de réflexion plus générale sur l’intérêt de l’enfant. Maître Eolas, laissez donc à Maître Mô le soin de faire du Maître Mô et faites donc ce pour quoi j’ai tant d’intérêt pour ce blog, du juridique ! J’ai le droit de critiquer ça ?? Ou on va encore me dire que gnagna c’est un témoignage poignant toussa ?

56. Le samedi 5 février 2011 à 14:59 par Cams

Petite précision, pour qu’Alpha ne se sente pas attaqué : seul l’incipit de mon intervention vous concernait, le reste étant un coup de gueule qui ne vous est pas adressé.

57. Le samedi 5 février 2011 à 15:09 par paravent

@Yacine : “les sans papiers paient aussi des impôts, ne serait-ce qu’en l’occurrence la TVA”

La bonne blague ! Une entreprise n’a pas de droit d’employer un sans papier. Les sans papiers peuvent uniquement travailler au noir, permettant ainsi aux patrons de s’enrichir sans payer de cotisations sociales. Mais imaginons un instant qu’ils obtiennent des papiers : comment vont-ils pouvoir s’inserer dans l’economie francaise s’ils ne parlent pas francais ? Certes ils peuvent trouver des petits jobs, pas ce n’est pas avec ca qu’ils vont financer les chirurgiens des hopitaux. Par contre ils vont occuper des logements de maniere a accentuer la crise de l’immobilier.

Les seuls gagnants sont :
- les patrons (plus de concurrence sur le marche du travail)
- les proprietaires (plus de concurrence sur le marche du logement)
Et comme il s’agit des francais les plus puissants, ils vont tout faire pour que ca continue.

Si vous voulez aidez les pauvres, eh bien payez vos impots, donnez de l’argent (votre heritage par exemple) aux associations, creez des emplois (ouh la! c’est dur ca), allez donner des cours particuliers aux enfants des cites, et s’il vous plait arretez d’etre genereux avec l’argent des autres en laissant rentrer des sans papiers.

58. Le samedi 5 février 2011 à 15:22 par tibère

@paravent (57)
Vous plaisantez j’espère
Sans récidiviste et sans sans-papiers comment voulez vous que les avocats se gavent? C’est la mort du petit cheval….
Et puis vous avez raison, la crise de l’immobilière des logements insalubres, ça inquiète sérieusement les marchands de sommeil. On devrait peut être envisager une souscription nationale??
Ca fait donc cet effet de raconter n’importe quoi….

59. Le samedi 5 février 2011 à 15:46 par Yacine

@58
C’est certainement pas avec les sans papiers et les récidivistes que les avocats se gavent (le droit pénal et le droit des étrangers sont sans doute les domaines qui rapportent le moins)

60. Le samedi 5 février 2011 à 16:36 par junior-mekeskidis

Cela n’a rien à voir avec le sujet, mais puisque vous m’avez l’air quand même tous assez renseignés: qui se cache derrière le pseudo “Felix Rome” dans les éditos du Recueil Dalloz?

Pour en avoir lu quelques-uns, je trouve ça assez médiocre. Ni vraiment drôle, ni vraiment juridique (bref rien à voir avec les aricles de Maître Éolas). Mais peut-être est-ce là la subtilité qui m’échappe…

61. Le samedi 5 février 2011 à 16:36 par Yacine

@paravent57

Toujours les mêmes bêtises…

“Une entreprise n’a pas de droit d’employer un sans papier. Les sans papiers peuvent uniquement travailler au noir, permettant ainsi aux patrons de s’enrichir sans payer de cotisations sociales.”

Justement c’est aussi pour cela qu’il faut les régulariser et ce que vous dites est inexact, renseignez vous: nombre de sans papiers font du travail déclaré, leur employeur et eux même paient des cotisations sociales…

“Mais imaginons un instant qu’ils obtiennent des papiers : comment vont-ils pouvoir s’inserer dans l’economie francaise s’ils ne parlent pas francais ?”

D’une part en apprenant le français (pour ceux d’entre eux qui ne le parlent pas déjà ce que vous préjugez un peu vite) d’autre part en continuant à travailler dans des domaines où cela n’a jamais tellement posé problème qu’ils ne parlent pas français

“Certes ils peuvent trouver des petits jobs, pas ce n’est pas avec ca qu’ils vont financer les chirurgiens des hopitaux. Par contre ils vont occuper des logements de maniere a accentuer la crise de l’immobilier.”

N’importe quoi! Une fois pour toute: les étrangers rapportent à l’Etat davantage qu’ils ne coûtent et en plus ils consomment utilement dans des domaines où il est particulièrement important pour l’économie française qu’il y ait un maximum de consommateurs (transport en commun par exemple) Si les étrangers partent c’est la faillite économique. Non pas une récession, mais une crise sans précédant, avec des déficits colossaux (tickets de métros, manque à gagner etc…) Arrêtez de faire comme si la France leur faisait l’aumône! La réalité c’est que leur caisse de sécurité sociale est excédentaire et qu’ils renflouent le déficit des nationaux. Il y a un manque de main d’oeuvre dans le bâtiment (entre autres) et ce malgré une hausse importante des salaires dans ce secteur (laquelle peut se traduire soit dit au passage par une augmentation des loyers dans la mesure où ces derniers sont souvent indexés sur l’indice du coût de la construction) : Bref vous n’allez pas avoir le culot de rendre les travailleurs immigrés responsables des problèmes de logement, tout de même!!! C’est quand même incroyable, c’est certainement pas eux qui sont responsables de la spéculation immobilière et vous le savez très bien.

””Les seuls gagnants sont :
- les patrons (plus de concurrence sur le marche du travail)
- les proprietaires (plus de concurrence sur le marche du logement)
Et comme il s’agit des francais les plus puissants, ils vont tout faire pour que ca continue.””

Les seuls gagnants de la non régularisation des sans papiers sont en effet la mafia d’entrepreneurs qui exploitent des travailleurs clandestins pour les payer au lance pierre et les actionnaires qui raflent la plus value, mais aussi les xénophobes qui tirent une crédibilité inespérée d’une politique aussi lamentable qui tend à associer chômage et immigration, comme s’il existait un lien entre l’un et l’autre.

“Si vous voulez aidez les pauvres, eh bien payez vos impots, donnez de l’argent (votre heritage par exemple) aux associations, creez des emplois (ouh la! c’est dur ca), allez donner des cours particuliers aux enfants des cites, et s’il vous plait arretez d’etre genereux avec l’argent des autres en laissant rentrer des sans papiers.”

Il ne s’agit pas d’être généreux mais d’être juste. Or le statut quo actuel est particulièrement injuste.
Je suis fatigué de lire toujours les mêmes âneries, les mêmes mensonges inlassablement répétés: c’est toujours les mêmes bêtises et la même rengaine.

62. Le samedi 5 février 2011 à 17:51 par jean marcel

@ eloas

@ aide juridictionnelle

à ma connaissance l’AJ n’a jamais couvert le conseil juridique pour personne… conseil juridique prodigué lorsqu’il s’agit de monter un dossier de régularisation.

la situation est la même qu’il s’agisse des sans papiers, des étrangers en situation régulière ou des ressortissants français ou de l’UE.

la fin de justifie pas toujours les moyens Me Eolas,

63. Le samedi 5 février 2011 à 19:46 par Winston Wolf

Voici en lien le documentaire d’un ami, Stanislas Zambeaux, qui représente bien ce billet

64. Le samedi 5 février 2011 à 20:49 par jugemilie

C’est poignant et tellement vrai. L’école de mes enfants accueille de nombreux enfants tchétchènes qui apprennent notre langue à une vitesse fulgurante.
Un jour, pour faire plaisir à la classe de moyenne section de notre fille, mon mari a proposé à la maîtresse d’aller visiter le bateau sur lequel il est officier (Feu la Jeanne d’Arc ). Enthousiasme de la maîtresse et de tous les enfants sauf Elvira qui vient d’arriver de Tchétchénie et qui n’a pas encore appris le français. J’accompagne la visite. Je garderais enconre longtemps en mémoire le visage d’Elvira littéralement décomposé, les larmes aux yeux et ne pouvant rien dire puisque personne ne la comprend. La seule vue de marin en uniforme réveillait manifestement les souvenirs des atrocités vécues dans son pays.

Je revois le même visage effrayé d’Elvira et de sa maman alors que cette dernière tentait d’expliquer quelquechose à la maîtresse. Ne comprenant pas, la maîtresse, avec une maladresse certaine, avait demandé à une maman russophone de tenter de faire l’interprête. Les visages décomposés de la mère et la fille rien qu’à entendre parler russe étaient plus éloquents que tous les commentaires sur la guerre en Tchéchénie.

Aujourd’hui, Elvira est en CP avec ma fille, elle parle parfaitement le français, à appris à lire avant même certains petits français et doit traduire les conversations de sa maman avec la maîtresse.

Elle ignore toujours, tout comme sa mère, où se trouve son père et doute qu’il puisse être encore vivant….

65. Le samedi 5 février 2011 à 20:59 par ✌✌✌

Enfants et personnes du grand âge, d’un point à l’autre du segment vie,
ceux qui subissent, sans que cela n’affecte grand-monde dans notre société civilisée,
ou barbare plutôt, lorsqu’il s’agit des enfants, comme, et voire encore plus, des ” anciens “…

66. Le samedi 5 février 2011 à 21:32 par Katrina

Il me semble que ce ne sont pas les migrations avec clandestins ou non qui sont une menace pour la société française.

Société française qui, depuis toujours, est le fruit d’un étonnant mélange, ainsi que l’a rappelé François Mitterrand dans un discours resté célèbre. En dehors des vingt-deux régions, plus d’une centaine de nations, et d’ethnies, sans doute, ont contribué et contribuent toujours à la richesse de l’Hexagone.

Le racisme ou la discrimination sont par conséquent des sentiments qui me sont… “étrangers” (sic)…

Par contre, si menaces il devait y avoir, actuellement et pour l’avenir, elles proviendraient, me semble-t-il, pour l’essentiel, de deux facteurs principaux : du communautarisme, lorsqu’il est replié sur lui-même à tous points de vue ; ainsi que de l’intégrisme, du fanatisme religieux intolérant, de quelque religion révélée qu’il provienne, d’ailleurs, des évangélistes aux chiites par exemple, à l’opposé des chrétiens et musulmans qui exercent simplement et pacifiquement leur foi.

Le problème n’est donc pas de fermer les frontières, de renvoyer les clandestins chez eux, de définir des quotas, etc., les migrations de populations étant un phénomène, à l’échelle mondiale, qui devrait s’intensifier, par la force des choses, et contre lequel il sera difficile, voire impossible, et stupide, de lutter, mais de rester vigilant quant au communautarisme et à l’intégrisme, ce qui est tout à fait différent.

Enfin, des enfants qui jouent encerclés de barbelés : non.

67. Le samedi 5 février 2011 à 22:31 par Hub

Elle est arrivée en France en 1938 à l’âge de dix ans. Elle a obtenu la nationalité française en 1946. On ne veut pas renouveler sa carte d’identité nationale. Il faudrait maintenant qu’elle fournisse un acte de naissance de son pays natal avec lequel elle n’a eu aucune relation depuis 1938. Bon, cette grand-mère “étrangère” n’est pas trop à plaindre. Elle a un fils qui mouille sa chemise en démarches pour cette fichue carte. Et une fille, fonctionnaire territoriale, qui épluche la législation sur le sujet. Une pièce de plus à verser au dossier “Y’en a marre de ces étrangers qui viennent en France.”

68. Le samedi 5 février 2011 à 23:14 par paravent

@Yacine 61: “aneries” ? “mensonges” ? “betises” ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que vous semblez confiant dans vos capacites intellectuelles. Alors voyons ce qu’il en est :

1/ Vous ne connaissez pas la loi : “L’employeur personne physique qui fait travailler des étrangers sans papiers, encourt 5 ans d’emprisonnement et 15000 € d’amendes par étranger.” Donc arretez de dire qu’un sans papier peut travailler legalement.

2/ Vous avez oublie le sujet du debat : les enfants qui jouent les interpretes pour leurs parents sans papiers. Donc quand je dis qu’ils ne parlent pas francais, ce n’est pas un prejuge, c’est la realite dont nous debattons.

3/ Vous n’etes pas honnete : vous essayez sournoisement de deplacer le debat vers les “immigres” et les “etrangers” pour esquiver une realite toute simple qui vous derange : les sans papiers qui ne parlent pas francais representent un cout pour la societe francaise.

Cependant, vous avez aussi des qualites :

1/ Vous etes drole : “une crise sans précédant, avec des déficits colossaux (tickets de métros…”. Ah le terrible deficit des tickets de metro, ca fait trembler Wall Street !

2/ Vous etes lucides : “Je suis fatigue …”. Dans ce cas la je vous conseille de vous reposer, cela vous redonnera le sens des realites.

Donc au bilan, je pense que vous devriez utiliser les mots “aneries” et “betises” avec parcimonie car votre position dans le debat semble assez fragile.

PS: il n’y a pas de “t” a “statu quo”.

69. Le dimanche 6 février 2011 à 00:30 par Pierre

” soudain arrachée à ses rêveries par sa mère qui éclate en sanglot à côté d’elle “

Ce n’est pas evident de voir sa mère pleurer. Merci pour ce billet.
(ou le père eventuellement).

70. Le dimanche 6 février 2011 à 07:35 par Jordan

Incroyable. Comment un témoignage / billet sur la place et le rôle des mineurs dans la vie de parents étrangers/immigrés me fait penser à :

- “l’accessoire”. “L’enfant est l’accessoire juridique de leurs parents et l’accessoire suit le principal”… Vrai ou pas, Fou ! Que répondre sinon : la loi et les Préfectures françaises en sont le vecteur. L’Etat français vous déconsidère lorsque vous demandez un titre de séjour et que (sic) “considérant que l’intéressé est célibataire (évidemment c’est un objectif dans la vie), s a n s c h a r g e d e f a m i l l e (cela se décrète!) et ne justifie pas être démuni d’attaches familiales dans son pays d’origine où réside son frère (tuez vos familles en partant)”. Conclusion : Lois et pratiques préfectorales iniques & insultantes. Mieux vaut être marié, pacsé, et muni d’accessoires, scolarisés si possibles, lorsque vous demandez des TS. Etant entendu que Marine Lepen et bien d’autres vous le reprocheront, car “c’est un moyen de bénéficier des allocs!”. Racismes et complexes de supériorité. Tout s’emboite.

- ILLEGAL (http://www.illegal-lefilm.fr/dessou…)
Hantant, ce film. On imagine toujours, mais pas la moindre idée que cela peut se dérouler pareil ou pire.
Tenté de dire que les enfants et les ados n’ont rien à faire et à vivre dans les CRA. Les séparer de leurs parents ? Les renvoyer dans un pays dont ils ne savent rien ? Les libérer !? Kafkaien ? Non. Résultats de politiques incohérentes.
D’où quelle soit, la Politique est censée donner quelques moyens pour vivre mieux ici ou ailleurs, et non servir à se servir soit et sa clique. Je ne pense pas que subir l’exploitation, la condescendance et la frustration soient la vie rêvée de maliens, chinois etc.. lorsqu’ils étaient sur le départ et vivent en France.

- Quelle politique d’immigration (non instrumentalisée!) pour la France ? Enième loi à venir sur l’entrée et le séjour des étrangers.. Pff. http://www.mediapart.fr/content/imm…)
Le Vivre (s o s, ensemble !) se construit, avec l’autre, pas contre l’autre. Une évidence, pour beaucoup. Pas pour Nicolas Sarkozy et les 53% de français qui l’ont voulu en 2007, et voudront le remettre en 2012, outre les scandales à répétition… Masos ? Veaux / cons ? Non. Médiocres, c’est pire.

- le regard porté par la Droite sur les étrangers en France.
Quand est ce que l’immigré va il être accueilli, comme il se doit (Droits et devoirs) et valorisé dans ce pays  ?
Et non présenté, en permanence par les apôtres de la Xénophobie (Nicolas Sarkozy en tête) comme “une menace” (http://www.lexpress.fr/actualites/2…), “l’immigré clandestin”, “celui qui veut toucher les allocs”, “celui qui prend le travail des français”, etc.. la liste est longue.

On ne parle jamais de ceux et celles qui en IDF, nettoient vos bureaux à pas d’heure (personnels stés de nettoyage), gardent vos enfants (nounous), ramassent vos poubelles, vous servent (en arrière salle de cuisine) vos viandes rosées à point, vous encaissent (aux supermarchés), et enfin ceux et celles dont on ponctionne allègrement les bulletins de salaire et qui craignent l’expulsion (En quoi leur régularisation serait-il un “appel d’air” ? Pénètre t-on en france comme dans un self ? Ou aurait-on peur qu’ils aient femmes et enfants ? Cynique. Il faudrait, dès lors, fermer les consulats français dans le monde et ne plus donner 1 visa.)
2011. Et on ne voit jamais dans les pubs des asiat, des arabes, des noirs ? Le communautarisme ? on le construit, aussi. Avec dérives à la clé, pour mieux stigmatiser ces populations, que “l’on ne peut pas intégrer” et qu’il faut “renvoyer”.

Entièrement d’accord avec toi Yacine. Marre des mensonges et des bêtises inlassablement répétés, et qui font des mentalités, transmises, nourries et créant du Rejet et de la Haine.

71. Le dimanche 6 février 2011 à 09:39 par Luc89

Commentaire de Michel sur le site de Maître Mô (à propos du classement Wikio : http://maitremo.fr/2011/02/04/nimpo…) :
“Eolas commence à s’inquiéter pour sa place de Premier, la preuve il vient de publier un texte dans la Mô-tradition (comment embarrasser ses lecteurs en les faisant pleurer au travail quand ils lisent ce blog).”
ce qui enlève rien au plaisir de vous lire…tous les deux

72. Le dimanche 6 février 2011 à 09:56 par Akefal Hacker

Monstrueusement émouvant…

73. Le dimanche 6 février 2011 à 10:47 par Stef

Oui, j’exagère, mes ces gosses à ce moment là semblent porter toute la misère du monde et sa violence.

http://www.google.fr/imgres?imgurl=…

74. Le dimanche 6 février 2011 à 11:52 par Kirawea

Maître, il est absolument injuste que vous vous intéressiez au malheur de ces gens qui n’ont de rapport avec moi que le fait d’être humains, ce qui est bien peu de mon point de vue. Seul mon malheur et celui de mes semblables (voire de mes proches) m’intéresse ; laissez donc ces étrangers se débrouiller et priorisez les sujets qui me regardent, ou bien j’userai de ma liberté d’expression pour vous faire connaître tout mon ressentiment !

Merci de votre témoignage.

75. Le dimanche 6 février 2011 à 14:15 par Aranno

À tous ceux qui se demande si Eolas fait du Mô, je ne peux que conseiller d’aller lire : http://www.maitre-eolas.fr/post/200…
Et à l’époque je ne crois pas que l’excellent Mô fût déjà pris dans la toile…

76. Le dimanche 6 février 2011 à 14:31 par sereatco

bonjour,

Certains commentaires fleurent bon ici la xénophobie basique. Signe des temps…
perso, je me suis retrouvé quelquefois dans ce type de situation (enfant français, enfant pas français, pour ceux que ça intéresse) et à chaque fois, l’impression obsédante d’avoir dépassé les limites de l’acceptable, de l’humainement tolérable.
Pour Paravent, gardez votre pognon, il m’indiffère et comme tout le monde ici, je n’ai aucun pouvoir sur qui rentre en France, sans papiers ou pas. Parlez en à votre député surtout s’il est de la majorité actuelle. C’est lui qui a le pouvoir..
A bientôt.

77. Le dimanche 6 février 2011 à 14:36 par Alex

Au fait, rien au sujet du plat de Haggis devore hier soir ?

78. Le dimanche 6 février 2011 à 15:36 par Yann

Maître, je suis assez surpris de votre incidente sur l’AJ.

le ressort de notre TA de comptant pas de CRA, il est vrai que nous avons rarement d’APRF. Cependant, je n’ai pas connaissance de ce qu’une AJ n’ait pas été attribué à ce titre, comme cela est le plus souvent le cas pour les décisions de refus de titre portant OQTF - mais nous nous situons là au stade contentieux et non du conseil. Il me semble donc que votre expérience ne concerne que les juridictions parisiennes.

S’agissant des enfants, il est exact qu’ils ne peuvent faire l’objet d’une mesure de renvoi à titre personnel, étant dispensés de la détention d’un titre de séjour, mais il est également vrai que lorsque la reconduite des DEUX parents ou du seul parent assurant l’entretien et l’éducation de l’enfant est légale, l’enfant, par suite, est censé suivre le même chemin afin d’assurer l’intégrité de la cellule familiale. Ceci étant dit, la jurisprudence est relativement libérale en matière d’invocation de l’article 3-1 de la convention de New York et, convenablement utilisée, peut faire échec à une procédure de renvoi.

Yacine, les sans-papiers travaillent effectivement souvent, mais il est faux de prétendre que ce travail est accompli dans des conditions régulières, du fait même de l’absence de titre autorisant le titulaire à travailler ; c’est bien ce qui a conduit à mettre en place l’usine à gaz de la régularisation par le travail fondée sur la combinaison des articles L. 313-10 et L. 313-14 du CESEDA. Que l’employeur accomplisse ses obligations fiscales et sociales est une autre question (ils y ont d’ailleurs tout intérêt s’ils veulent éviter que l’administration ne s’intéresse de trop près et trop vite à eux).

En revanche et c’est là que l’argument de Paravent est mal fondé, je suis d’accord avec vous pour dire que les sans-papiers ne représentent un poids si élevé pour l’économie française, en tous cas en ce qui concerne les questions d’immobilier et d’emploi (je suis moins affirmatif sur les prestations sociales d’urgence et l’accès aux soins). Prétendre que la population étrangère en situation irrégulière soit à l’origine de la crise du logement, c’est oublier qu’elle est, le plus souvent, hébergée dans ce qu’il convient d’appeler l’habitat indigne, c’est à dire une partie du parc immobilier tellement dégradé que, sans cette population captive, il ne serait même pas mis sur le marché, ni sur celui de la location, ni sur celui de la vente. Ceci étant, si Paravent estime qu’exposer des Bons Français (TM.) au saturnisme, aux émanations de monoxyde de carbone, et autres joyeusetés permettrait de résorber la crise du logement, c’est sont droit. On peut plutôt penser, selon moi, que le manque de foncier dû à la préférence collective pour le modèle pavillonnaire, l’évolution sociologique de la taille des ménages, un effet de captation de richesse patrimoniale entretenue par une préférence française pour la rente et une politique publique erratique contribuant à alimenter artificiellement des prix élevés contribuent plus à ladite crise.

Sur l’emploi, soyons clairs : le recours aux travailleurs irréguliers permet une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail et alimente effectivement un volant de chômage, mais qui concerne des secteurs bien particuliers (le bâtiment et la restauration et l’hôtellerie, évidemment, mais également des secteurs plus restreints comme le nettoyage industriel ou même la sécurité privée), où les principaux compétiteurs sur le marché du travail sont… les Français les moins éduqués, souvent d’origine étrangère,et les travailleurs étrangers en situation régulière. Qu’une politique libérale en matière d’accès des sans-papiers au travail pose un vrai problème d’équilibre social, je pense que ce n’est pas contestable, mais que ce soit au détriment des Bons Français (TM), cela me paraît en désaccord avec les faits. Pour paraphraser Coluche, c’est plutôt “Qu’est-ce que c’est que ces Pakistanais qui viennent manger le pain de nos Arabes ?”.

79. Le dimanche 6 février 2011 à 16:53 par Mona

merci Maître… Un post qui m’a rappelé le temps du collège (pas si vieux quand même) et de ma camarade Sri Lankaise. Elle et sa famille avaient fui la rébellion des tigres tamouls, et ils avaient obtenu le titre de réfugiés. Ma camarade était l’interprète : factures, rdv en préfecture… Je me rappelle aussi du jour où son père a eu un accident de travail. la encore, elle a dû quitter le collège pour l’hôpital, et expliquer à son père qu’on devait l’amputer de la main. Le lendemain, elle me racontait en riant qu’elle avait juste eu le temps de traduire avant de s’évanouir…

80. Le dimanche 6 février 2011 à 18:02 par Uty

Dès que j’ai su parler je me suis occupée de mes parents : traduire, remplir des formulaires, écrire des lettres.
Nous n’étions pas en situation irrégulière car nous étions réfugiés politiques à la suite du génocide des khmers rouges.

J’ai maintenant 21 ans naturalisée française à mes 4 ans.

Merci pour ceux qui ont eu, et qui ont, encore plus de difficultés que nous.

81. Le dimanche 6 février 2011 à 19:18 par Yacine

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

82. Le dimanche 6 février 2011 à 20:52 par PMB

Ce que Cams voulait dire, heu, suggérer, c’est qu’il y a des vilains parents pas “de souche” qui obligent leurs enfants à mendier.

Va-t-il jusqu’à suggérer que ces vilains parents sont très riches, aussi riches que Bettencourt ou Moubarak ?

Ou veut-il faire oublier que cette mise à la rue, choquante certes, est d’abord le fruit de la misère ?

Carolina, pour l’empathie, il y a des restes. La preuve. J’étais hier à Rétromobile. J’ai voulu sortir le midi pour déjeuner comme je le fais d’habitude. Blocage : toute sortie est définitive. Je fulmine : c’est nouveau etc. Le vigile*, un tout jeune homme, m’explique que c’est pour éviter la revente des billets par des “personnes étrangères à l’organisation”. Mais il ajoute toui bas : ils font ça pour manger. Après mon reps je suis repasé pour, tout bas égalment, el féliciter pour sa compassion.

* Comme tout le personnel, toilettes comprises : des rebeus et des blackos. les gens qui s’opposent à l’émigration doivent, s’ils sont cohérents, s ‘imposer de nettoyer eux-mêmes leur pisse.

83. Le dimanche 6 février 2011 à 21:00 par nosalito

Merci de parler de cet bizzaritude qui fait que des enfants ne figurant sur aucun documents d’expulsion,…sont expulsés.

84. Le dimanche 6 février 2011 à 22:24 par André Lavigne

Ho peuchère ! Bravo, quelle plume, je suis ému pfouya !!

85. Le dimanche 6 février 2011 à 23:06 par Leo

@Paravent, 68 : “2/ Vous avez oublie le sujet du debat : les enfants qui jouent les interpretes pour leurs parents sans papiers. Donc quand je dis qu’ils ne parlent pas francais, ce n’est pas un prejuge, c’est la realite dont nous debattons.”

Et ca vous choque tant que ca ? Et vous, au bout de combien de temps dans un pays, sans aucun apprentissage préalable, en parlez vous parfaitement la langue ? Une langue à la grammaire compliquée comme le francais ? Et en étant en situation irrégulière, donc vous n’avez pas accès à des cours, vous êtes toujours sur le qui-vive, vous ne pouvez pas forcément vous risquer à adresser la parole à n’importe qui, etc.

Pendant ce temps, des enfants, dont on sait que le cerveau est très plastique, vont à l’école, et donc deviennent billingues en un an, DANS N’IMPORTE QUELLE LANGUE.

Ben oui, il faut du temps et un certain niveau de confort (cad ne plus être préoccupé par des besoins vitaux et la menace qu’une expulsion violente à tout instant, pour pouvoir consacrer son énergie à cet apprentissage) pour apprendre une langue, il est déplorable que ce détail vous ait échappé;

86. Le dimanche 6 février 2011 à 23:23 par jor

Très beau texte, Maître.
Courage, ce gouvernement ne sera pas éternel, et ses abominations non plus.

87. Le dimanche 6 février 2011 à 23:52 par Hypocondriaque

Merci Maître, de faire ainsi pleurer dans les chaumières! Il est vrai qu’avec du bon pathos, bien lourd, on réfléchit plus clairement et mieux sur les sujets abstraits et généraux. Au passage, félicitations pour votre vertigineuse maîtrise du passage à la ligne et de la phrase nominale, dignes d’un Paul-Loup Sulitzer. Quelle intensité! Quelle émotion! Et comment ne pas comprendre que vos postures politiques soient si subtiles, après ça!

88. Le dimanche 6 février 2011 à 23:55 par Elleirame

Bonsoir,
au-delà des discours (et certains ont leur utilité), il y a aussi l’action. Action citoyenne devant les urnes mais aussi pour ceux et celles qui le souhaitent,engagement dans une action à sa portée, en fonction de sa personnalité, de sa disponibilité…etc.
Juste 2 liens
les cercles du silence en France
Réseau Éducation Sans Frontières parce qu’il s’agit ici d’enfants…
Il y a aussi la Cimade, la Ligue des Droits de l’Homme… Stop, je m’arrête. Les liens, chacun peut les trouver facilement sur un des 2 sites en lien ci-dessus.

89. Le lundi 7 février 2011 à 00:01 par Galuchat

Merci d’aider les “petits interprètes” !

90. Le lundi 7 février 2011 à 00:53 par Münchausen

@80 Uty
Bravo pour vos études
Au moment de la chute de Pnomh-Penh, mes parents ont hébergé un cambodgien qui avait notre âge, qui a vécu un an avec nous. Son frère était dans une autre famille d’accueil. Eux et leur famille avaient fui les Khmers Rouges. Ils étaient aussi réfugiés en situation régulière. Leur mère étant d’origine chinoise, elle avait quelques contacts dans la communauté chinoise de Paris. Leur père était chef d’entreprise au Cambodge. Ils ont placé les enfants dans des familles grâce à des associations caritatives françaises, pour avoir les mains libres pour travailler à fond, et sont repartis à zéro en montant un restaurant Sino-Cambodgien. Aujourd’hui les enfants ont une quarantaine d’année, ils sont chefs d’entreprise, soit en France, soit en Asie.
C’était une famille instruite (je crois que les enfants allaient à l’école française à Pnomh-Penh) avec des contacts - seul le père avait des difficultés avec le français - et pourtant ils ont dû repartir vraiment de zéro.
J’imagine même pas ce que ça doit être pour des réfugiés en situation irrégulière, sans papiers, qui ne connaissent ni français ni anglais, et surtout : pour lesquels l’aide caritative est un délit (autrement dit : il leur est interdit de faire pitié).
Ça c’est un scandale absolu : que l’aide rémunérée soit poursuivie afin de contrôler le trafic de personnes, passe. Que l’aide caritative gratuite à des réfugiés soit un délit en France c’est un scandale absolu (i.e. c’est très difficile de faire plus scandaleux - d’ailleurs, ça heurte assez profondément les français musulmans qui ont l’obligation religieuse de donner l’aumône).

91. Le lundi 7 février 2011 à 10:04 par junot

Bouleversant. Merci.

92. Le lundi 7 février 2011 à 15:56 par récap59

Bonjour Alpha

“A propos du fait que les mineurs n’ont pas à détenir de papiers : que proposez-vous pour que les gamines qui ont voulu voler les miens sur la ligne 1 soient mises hors d’état de nuire ?”

Je propose que les adultes aussi n’aient plus à détenir de papiers.

Comme en Angleterre, ou aux USA.

-le citoyen économise du temps et de l’argent,
-il ne se fait pas arrêter dans la rue par la police pour contrôle d’identité,
-il ne risque pas de se faire agresser pour se faire dérober ses papiers,
-la police ne peut plus être accusée de contrôler les identités au faciès,
-elle a plus de temps à consacrer à la lutte contre la délinquance et la criminalité.

Que des avantages, aucun inconvénient.

93. Le lundi 7 février 2011 à 15:57 par Holmes

@ Aranno (75) , on twitter (le réseau social asymétrique)

@ PMB (82) :( “…Blocage : toute sortie est définitive…”)

@ Léo (85) :( “…DANS N’IMPORTE QUELLE LANGUE.. Ben oui, il faut du temps et un certain niveau de confort…”

* “Symétrie est ce qu’on voit d’une vue, fondée sur ce qu’il n’y a pas de raison de faire autrement, et fondée aussi sur la figure de l’homme ; d’où il arrive qu’on ne veut la symétrie qu’en largeur, non en hauteur ni profondeur.” - Pascal, Pensées.

94. Le lundi 7 février 2011 à 16:01 par récap59

Bonjour question voyance (92)

“Bravo votre blog est très bien fait de plus pouvez vous m’informer régulièrement de toutes le nouveautés de votre blog merci par avance.”

Je suis sûr que vous n’en avez pas besoin.

Dans votre boule de cristal, vous pourrez lire les futurs billets de Maître Eolas avant même qu’il les écrive.

95. Le lundi 7 février 2011 à 17:57 par Holmes

@ récap59 (94) - (“Bonjour question voyance (92)…)

  • question voyance est incartable : elle n’apparaît pas (plus) entre le n°..et le n° 94..

96. Le mardi 8 février 2011 à 11:48 par lizavril

J’ai l’occasion de rencontrer des enfants comme eux. Je leur explique pourquoi leur parent ne peuvent plus faire de chèques et qu’ils doivent me rendre leur carte bleue. Après 3 ou 4 rencontres, je ne vois même plus les parents les enfants s’occupent de tout.
Mais ces histoires ont aussi parfois un côté positif comme cet adolescent qui faisait l’intermédiaire entre son père commerçant et le conseiller entreprise. Aujourd’hui, jeune adulte, il continue de venir à la banque entre ses cours à HEC. Et lui c’est de quoi il parle !!!

97. Le mardi 8 février 2011 à 15:42 par Holmes

@ lizavril (96) (“Et lui c’est de quoi il parle !!!”)

Côté pile :

Maître M. Dalmas, enfin, pour le boucher, s’est tourné vers M. Cohard avec la fermeté de Jean Gabin dans “Les Grandes familles” et ses belles intonations à la Raimu : “Monsieur Cohard, je vous ai entendu demander pardon comme un petit garçon. Mais je vous dis que c’est trop tard. Vous avez laissé tomber le boucher comme une vieille chaussette ! Et depuis trois ans, il travaille dix-sept heures par jour parce qu’il a dû payer des taxations d’office ! Heureusement un vrai expert-comptable est intervenu, qui a saisi le fisc, pas si inhumain qu’on le dit, et grâce auquel il y a eu des suspensions !
“C’est grâce à ses trois enfants, une fille enseignante en anglais et en français à Austin aux US, à deux fils, l’un informaticien, l’autre étudiant en droit que le papa a réussi à tenir, et c’est ça monsieur que vous avez fiché en l’air !”

98. Le mardi 8 février 2011 à 18:51 par celegorm

@ maitre Eolas,
merci pour ce témoignage. Si je peux apporter ma maigre contribution à améliorer la situation de ces gens. je ne sais pas si c’est compatible avec la confidentialité que requierent vos entretiens mais j’ai trouvé ce service qui pourrait vous être utile dans la situation que vous décrivez: http://www.new-global.com/fr/phone_… . Deux oreillettes bluetooth et hop c’est réglé. Evidemment, il reste le prix de cette prestation…

99. Le mardi 8 février 2011 à 22:47 par sylvain briant

beau texte, emouvant et poignant. me viennent à l’esprit 2 questions:
qu’en est il des francais et de leurs enfants détenus en centres (voire pire) à l’etranger ?
hormi ne plus voter pour le-petit-nicolas, que pouvons nous faire (comprendre par nous: simple citoyen)

100. Le mercredi 9 février 2011 à 22:19 par Iguana

Maître,
d’abord merci pour ce blog qui éclaire souvent ma lanterne obscure. Et j’adore votre style.
Je tique sur “Il faut dire que les sans-papiers n’ont pas droit à l’aide juridictionnelle du fait de leur situation irrégulière”. Il y a un peu plus d’un an, la maman malienne que j’accompagnais dans ses démarches l’a demandée, et obtenue - est-ce à dire que la législation a changé de ce point de vue?
(Elle a été régularisée depuis - je rappelle au lecteurs que cela peut intéresser que sur le site de RESF http://www.educationsansfrontieres….
on trouve des guides pour les démarches d’aides aux sans-papiers).
Merci encore de prendre le temps de rédiger les articles de ce blog…

101. Le mercredi 9 février 2011 à 22:37 par Calixte

J’avoue une certaine… surprise, à la lecture de certains commentaires. Parler d’une réalité qui est la plupart du temps passée sous silence, c’est faire du “pathos” et de la “politique” ?

Quand c’est une réalité à laquelle on est confronté dans son quotidien professionnel, ça ressemble surtout à un juste rappel à la réalité. Et encore, pas aussi “pathos” qu’il pourrait l’être…

Parce que derrière toute la dépersonnalisation institutionnelle, c’est d’êtres humains qu’on parle. De gens. Comme vous et moi… Ou en fait non, pas du tout comme vous et moi, parce que le fait que nous soyons en train de dialoguer derrière nos écrans prouve assez que :
1/ nous n’avons pas eu à fuir notre pays natal (quelle qu’en soit la raison, politique ou économique)
2/ nous avons les moyens de nous payer lesdits moyens de communication (et donc pas les 100 € par mois pour nourrir et loger 6 personnes que j’ai pu noter ces derniers mois pour des “étranger en situation irrégulière” qui par ailleurs aimeraient travailler mais ne le peuvent effectivement pas puisque c’est illégal)
3/ nous maîtrisons la langue locale, ce qui nous permet de ne pas être en situation d’analphabétisme quel que soit par ailleurs notre statut dans notre pays d’origine (parce qu’il y a des enseignants, des médecins, des avocats qui se retrouvent analphabètes en arrivant sur le territoire français, faute d’avoir eu le temps d’en maîtriser la langue avant de fuir…), et par conséquent d’épargner à nos enfants d’avoir à parler d’intimité, de mort, de persécutions ou de violences subies devant des inconnus.
Nous ne pourrons jamais pleurer avec eux, souffrir avec eux, parce que nous n’avons aucun moyen de seulement imaginer ce qu’ils vivent… Alors arrêtons de parler de “pathos”… Mais faisons face à ce que nous leur faisons subir : une déshumanisation dans le traitement à laquelle nous faisons se confronter des enfants à un âge où ils sont censés apprendre à faire confiance au monde dans lequel ils vivent pour pouvoir se construire en citoyens autonomes du monde…

102. Le mercredi 9 février 2011 à 23:22 par Apokrif

“Les mineurs étrangers en France ne sont pas soumis à l’obligation de détenir un titre de séjour. Dit autrement, un enfant ne peut pas être en situation irrégulière.”

D’où vient cette règle étrange ?

“Traiter une demande d’AJ en moins de 48h pour le 35bis et 72h pour le TA, surtout quand ça tombe les weekends, ben c’est juste pas possible”

Est-il possible de retarder l’audience en attendant la décision sur l’AJ ?

@Yacine : “les étrangers partent c’est la faillite économique.”

Vous confondez la question de l’apport économique des étrangers en général (sur lequel vous ne donnez d’ailleurs pas votre source), et le cas particulier des étrangers en situation irrégulière.

@Jordan: “On ne parle jamais de ceux et celles qui en IDF, nettoient vos bureaux à pas d’heure

Bien au contraire, ces activités sont en permanence invoquées par les défenseurs des illégaux.

“En quoi leur régularisation serait-il un “appel d’air””

Parce qu’elle serait probablement perçue comme la preuve de l’intérêt qu’il y a à immigrer et travailler illégalement.

103. Le vendredi 11 février 2011 à 16:50 par récap59

Bonjour Apokrif (102)

“Les mineurs étrangers en France ne sont pas soumis à l’obligation de détenir un titre de séjour. Dit autrement, un enfant ne peut pas être en situation irrégulière.”

D’où vient cette règle étrange ?

Vous voulez vraiment que la police contrôle les papiers des bébés, comme pendant l’occupation ?

Il ne vous vient pas à l’esprit que certains policiers pourraient se sentir insultés si on leur demandait de s’en prendre aux plus petits ?

Et blessés dans leur virilité : demandez aux femmes ce qu’elles pensent des “hommes” capables de faire des choses pareilles.

104. Le dimanche 13 février 2011 à 00:10 par Apokrif

@récap59 : cette règle reposerait donc à la fois:
- sur une analogie vaseuse avec les “heures les moins claires de notre histoire”,
- sur l’insulte dont des policiers se sentiraient victimes (pour quelle raison ?)
- sur une histoire de virilité (mais pas de féminité, pourquoi donc ?) et sur l’avis des femmes (pas des hommes ?) sur les hommes (pas sur les femmes ?)

Pouvez-vous donner la source de vos informations ? Par ailleurs, pourquoi les mêmes considérations n’empêchent-elles pas le contrôles de l’identité des mineurs dans d’autres circonstances, par exemple lors du passage des frontières ou dans le cadre de procédures pénales ?

105. Le dimanche 13 février 2011 à 00:12 par Apokrif

D’ailleurs, si on n’exige pas de titre de séjour pour les mineurs en France, pourquoi sont-ils soumis à l’obligation de visa pour entrer sur le territoire ?

106. Le dimanche 13 février 2011 à 14:38 par récap59

Bonjour Apokrif (104, 105)

La carte d’identité a, que vous le vouliez ou non, un rapport avec les heures les plus sombres de notre histoire.

Au Danemark à la Libération, on a brûlé toutes les cartes d’identité (que les danois appellent aujourd’hui encore Ausweis, ils ont toujours refusé de traduire dans leur langue) dans un grand feu de joie.

Quan on leur dit que les cartes d’identité existent encore en France, ils sont très étonnés, comme si nous n’avions jamais été libérés.

Pour le reste, je crois que vous confondez d’une part l’entrée avec le séjour, et d’autre part l’obligation de décliner son identité dans certaines circonstances avec celle de porter sur soi en permanence une autorisation de vivre signée par les autorités.

107. Le lundi 14 février 2011 à 14:12 par Marc

Je travaille dans le milieu de l’animation depuis 10 ans. C’est hélas une situation que l’on côtoie régulièrement pour des tournages ou des publicités.

108. Le lundi 14 février 2011 à 19:28 par Shimrod

Ce billet ne m’a pas tiré une larme. “Margot a l’oeil sec”, comme disait l’autre…

109. Le mardi 15 février 2011 à 05:59 par Fassbinder

@Maître Eolas

Je me souviens du regard de cette petite fille de 7 ans, née dans un lointain pays d’Asie dont elle n’a aucun souvenir, soudain arrachée à ses rêveries par sa mère qui éclate en sanglot à côté d’elle. Elle a l’air de ne pas comprendre, elle se demande si elle a dit une bêtise, si elle a mal traduit. Tandis que je tends à sa mère la boîte de mouchoirs en papier que tout avocat garde à portée de la main

Maître, comme toute personne bonne vous savez bien faire, face au désespoir, impossible de douter de vous !
Merci. :)

J’espère que cette petite et sa famille sont au plus heureux chez nous depuis. ;)

110. Le mardi 15 février 2011 à 22:55 par Apokrif

@récap59: relisez mes commentaires, vous les avez compris de travers et vous avez répondu à côté.

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