Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Le décalogue des avocats

Le hasard de mes lectures m’a fait découvrir un fort beau texte écrit par Eduardo Juan Couture Etcheverry (1906-1956), juriste uruguayen et doyen de l’Udelar, l’Université de Montevideo, qui est le décalogue de la profession d’avocat. Ses conseils sont aussi juste qu’ils l’étaient il y a 60 ans et le seront encore dans mille ans et sont pour la plupart aussi valables pour ceux qui embrassent la profession de magistrat. La traduction est de votre serviteur. Il se compose de 10 verbes à l’impératif. Le tutoiement est d’origine et est naturel en espagnol.

Aime ta profession. Tâche d’exercer le barreau de telle façon que le jour où ton enfant te demandera conseil pour choisir sa future profession, tu considères comme un honneur de lui proposer de devenir avocat.

Étudie. Le Droit se transforme constamment. Si tu ne suis pas son pas, tu seras chaque jour un peu moins avocat.

Combats. Tu dois lutter pour le Droit, mais le jour où il sera en conflit avec la Justice, choisis toujours le camp de la Justice.

Oublie. Le barreau est une lutte de passions. Si à chaque bataille tu chargeais ton âme de rancœur, un jour viendrait où la vie te sera devenue impossible. Une fois le combat achevé, oublie aussi vite ta victoire que ta défaite.

Pense. Le Droit s’apprend en étudiant, mais il se pratique en pensant.

Sois loyal. Loyal avec ton client, que tu ne dois pas abandonner sauf si tu réalises qu’il est indigne de toi. Loyal avec ton adversaire, même s’il est déloyal avec toi. Loyal avec le juge, qui ignore les faits et doit pouvoir se fier à ce que tu lui dis, et qui s’agissant du droit, doit pouvoir se fier à ce que tu invoques. Tâche d’être loyal avec tout le monde et tout le monde tâchera d’être loyal avec toi.

Aie la foi. La foi dans le Droit comme le meilleur instrument pour la cohabitation des humains, dans la Justice, comme destination naturelle du Droit, dans la Paix, comme soutien bienveillant de la Justice ; et surtout aie foi en la liberté, sans laquelle il n’est ni Droit, ni Justice, ni Paix.

Aie patience. Le temps se venge des choses qui se font sans sa collaboration.

Tolère. Tolère la vérité des autres dans la même mesure que celle dont tu souhaites que la tienne soit tolérée.

Travaille. Le barreau est une dure tâche car il est au service de la Justice.

Commentaires

1. Le vendredi 3 juin 2016 à 01:42 par malpa

L’avant-dernière phrase est un peu bancale, j’ai l’impression. Je vous suggère plus simplement : Tolère la vérité des autres dans l’exacte mesure que tu souhaites qu’ils tolèrent la tienne.

2. Le vendredi 3 juin 2016 à 05:48 par B.Ader

Ou bien une formule plus Volteriene comme : Tolère la vérité des autres car chacun a une part de vérité, ou parce que sans tolérance il n’est pas de justice.

3. Le vendredi 3 juin 2016 à 08:15 par le fataliste

Hygiène de vie de l’avocat, la table des 10 lois donc.

« Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité »
5 pieux sur lesquels se construit la maison de chaque avocat dans le marais de sa vie, 5 voeux ….

là, j’ai un doute sur la pertinence réelle :
“Combats. Tu dois lutter pour le Droit, mais le jour où il sera en conflit avec la Justice, choisis toujours le camp de la Justice.” Vous participez à faire le Droit, au quotidien, avec toutes les réalités humaines, alors, simplement un idéal ?

4. Le vendredi 3 juin 2016 à 08:35 par xc

@Eolas, Malpa et B.Ader
Pourquoi “tolérer” plutôt que “écouter” ?
“Tolérer”, c’est laisser être ce avec quoi on n’est pas d’accord mais que l’on préfère, à tout prendre, ne pas empêcher. Mais alors, comment accepter que soient deux “vérités” incompatibles entre elles ? Alors que “écouter” pour ensuite réfuter ou accepter, n’est-ce pas la marque de la Civilisation ?

5. Le vendredi 3 juin 2016 à 08:50 par villiv

il est ou le “bouton” j’AIME  ?
(désolé, c’est vendredi ;-) )

6. Le vendredi 3 juin 2016 à 08:54 par xc

@Eolas, Malpa et B.Ader (suite)
Et pourquoi “tolérer la vérité” et non “écouter les arguments”, tout simplement ?

7. Le vendredi 3 juin 2016 à 10:03 par Fouilloux

Tiens, celui-ci retient mon attention:
Combats. Tu dois lutter pour le Droit, mais le jour où il sera en conflit avec la Justice, choisis toujours le camp de la Justice.

En pratique ça se passe comment? Genre, L’avocat de B. Tapie en ce moment, il est censé faire quoi?

8. Le vendredi 3 juin 2016 à 12:32 par Le fataliste

Deux absents de taille il me semble :
“Aime. On ne peut exercer ce métier sans aimer les gens.”
“Sois modeste. Tu supporteras mieux tes échecs.”
Nous voilà avec un dodécalogue.

9. Le vendredi 3 juin 2016 à 14:00 par Eloy

Maître, merci pour ce texte superbe ! L’amour du Droit y transparaît magnifiquement. Praticien et universitaire, c’est décidément un mélange savoureux.

@xc (#6)
Le terme “vérité” est beaucoup plus fort.
Il véhicule l’idée qu’il n’y aurait pas une vérité que l’on approcherait à travers la confrontation d’arguments antagonistes. Il y aurait des vérités distinctes portant sur un même objet. Chacun perçoit le monde différemment et notre perception n’est ni plus réelle, ni moins exacte que celle d’autrui.
C’est une conception différente de la vérité que propose l’auteur.

10. Le vendredi 3 juin 2016 à 16:22 par villiv

le hasard de lecture me fait également penser au fait que :

ce “billet”, ci-dessous, devrait vous intéresser… car…

il évoque un fait nouveau ( a priori) de la part de la Cour de cassation : elle se cite elle-même ;-)

voici l’ extrait ci-dessous: bonne lecture,

en espérant un billet de votre part :-)

EXTRAIT et source :

“Une nouvelle étape, et non la moindre, est franchie avec l’arrêt de la chambre commerciale en date du 22 mars 2016, n° 14-14218, laquelle va beaucoup plus loin dans l’analyse.

C’est le premier arrêt « marquant une nouvelle ère dans l’accomplissement de (l’)œuvre juridique » de la Cour de cassation, relève le Pr Bruno Dondero dans la Gazette du Palais 3). Ce dernier pointe du doigt avec raison la difficulté, parfois, de comprendre la jurisprudence de la Haute-juridiction. « Au vrai, ce n’est pas seulement le sens exact d’une décision qui peut prêter à interprétation, mais également sa portée et son articulation avec d’autres décisions ».

L’arrêt du 22 mars 2016 innove avec la présentation des différentes étapes du raisonnement des juges et la mise en perspective avec les décisions précédentes :

« Attendu que la Cour de cassation jugeait depuis longtemps que » …
« Attendu que cette solution a toutefois été abandonnée par la troisième chambre civile de cette Cour, qui a récemment jugé que » …
« que pour sa part, la première chambre civile énonce que »…
pour conclure « Attendu qu’il y a lieu d’adopter la même position ; qu’en effet » …

En savoir plus sur http://www.village-justice.com/arti…

11. Le vendredi 3 juin 2016 à 19:11 par Morgan Kane

Intéressante série de conseils.

Le plus problématique est : ” Combats. Tu dois lutter pour le Droit, mais le jour où il sera en conflit avec la Justice, choisis toujours le camp de la Justice.”

Le droit peut être du coté du client, sans que la justice le soit.

Souvent, le juge appliquera la loi qui ne lui laisse pas de marge d’autonomie, même si la solution peut être injuste. En jargon il juge ” contra legem ” Il arrive que le juge décide d’une solution contraire à la lettre de la loi, ce qui est toujours problématique et rare.

Un adage ancien proclamait : ” « Dieu nous protège de l’équité des parlements. »” et il n’était pas injustifié.

12. Le vendredi 3 juin 2016 à 19:21 par Non mais allo quoi !

” Combats. Tu dois lutter pour le Droit, mais le jour où il sera en conflit avec la Justice, choisis toujours le camp de la Justice.”

Dans ce cas, ça ne doit pas être facile tous les jours d’utiliser les vices de formes ou de procédure pour obtenir l’annulation de la procédure et la relaxe d’un client avec pareil sentence…

13. Le vendredi 3 juin 2016 à 23:59 par Salm

Je suis étudiant en droit je pense être avocat plus tard (essayer de l’être en tout cas), et si j’échoue être de toute façon dans le droit, c’est une certitude.

Pourtant même si tous ces conseils sont très gentils, je trouve le 3 utopique parce que ça supposerait qu’une Justice avec un J existe. Donc bon oui si dans un futur lointain une loi passait me disant de contribuer à tuer ou déporter des gens effectivement je pense que (je pense que parce qu’on sait dans les périodes de crise que rares sont les gens qui sont les héros qu’ils croient) je refuserais mais dans la plupart des cas si je trouve que la loi va contre mon sens personnel de le droit j’appliquerais quand même le droit hein…

Et le conseil sur la foi je le trouve peu pertinent aussi. Non j’ai pas foi dans le droit, je pense pas que la justice (avec un petit j) soit juste, je pense que le riche sera toujours mieux loti que le pauvre, je pense que la justice est souvent si ce n’est la plupart du temps injuste, je ne crois pas beaucoup en la réhabilitation et aux secondes chances (quasiment pas en fait), ce qui fait que je ne suis pas d’accord avec la politique pénale actuelle, je trouve que les étrangers en situation illégale ont trop de droits, je suis économiquement libéral, mondialiste, mais j’ai aussi pas mal de points communs avec la droite républicaine et avec le fn, etc etc. Bref au vu de tout ça on comprendra que je suis totalement opposé à moult pans du droit actuel (et à peu près tous les gens qui postent ici mais je dis ça sans acrimonie). Mais pour autant j’aime la technique du droit, son étude, j’aime l’argumentation du droit, l’effort intellectuel que ça demande d’apprendre et de comprendre, donc je veux en faire quand bien même je trouve qu’il n’a pas toujours de sens objectif.

En gros ce conseil revient à conseiller d’avoir des illusions, je pense qu’il y a aucune illusion à se faire sur le droit, qu’il faut pas en faire un totem, mais que c’est pas pour ça qu’on ne doit pas apprécier d’en faire.

(après je suis qu’étudiant, toussa toussa, sans doute que ma perspective changera radicalement dans le futur, je sais je sais)

14. Le samedi 4 juin 2016 à 09:02 par Terence

@Eolas

1. “Aime ta profession. Tâche d’exercer le barreau de telle façon que le jour où ton enfant te demandera conseil pour choisir sa future profession, tu considères comme un honneur de lui proposer de devenir avocat.”

Je ne sais ce que veux dire aimer sa profession. La profession d’avocat n’est pas une essence. On apprécie le confort matériel, statutaire, que peut apporter une position, une situation, au-delà je ne vois pas. On aime la justice, des êtres, son prochain, mais une profession… on aime autre chose au travers de cette profession.

2. Étudie. Le Droit se transforme constamment. Si tu ne suis pas son pas, tu seras chaque jour un peu moins avocat.

Réduction de la profession d’avocat à une fonction technicienne. Il m’est toujours apparu plus essentiel de lire de la philosophie que de passer son temps en mises à jour hebdomadaire. Au fond le droit n’est-il pas ce qui perdure au sein de la règle qui change, le reste n’étant que la technique. En terme de mise à jour, on ne fera jamais mieux qu’une machine à droit, qu’une encyclopédie juridique en ligne.

3. Combats. Tu dois lutter pour le Droit, mais le jour où il sera en conflit avec la Justice, choisis toujours le camp de la Justice.

Hugo a résumé cela par la lutte du droit contre la loi : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_D…
Il y a donc ici à mon sens confusion entre la loi et le droit, confusion à nouveau entre la technique et les principes, voire la justice.

4. Oublie. Le barreau est une lutte de passions. Si à chaque bataille tu chargeais ton âme de rancœur, un jour viendrait où la vie te sera devenue impossible. Une fois le combat achevé, oublie aussi vite ta victoire que ta défaite.

Principe essentiel, parfois (souvent ?) oublié. Un des grands plaisir de cette profession est le fait probablement de pouvoir défendre sans concession, pied à pied, une position, pour en discuter avec distance au café après l’audience. Cette distance est un acte de civilisation.

5. Pense. Le Droit s’apprend en étudiant, mais il se pratique en pensant.

On ne pense pas par la technique, d’où l’indispensable philosophie, voire même la théologie. Penser le droit c’est lire de la philosophie, nécessairement, au moins à titre de préalable.

6. Sois loyal. Loyal avec ton client, que tu ne dois pas abandonner sauf si tu réalises qu’il est indigne de toi. Loyal avec ton adversaire, même s’il est déloyal avec toi. Loyal avec le juge, qui ignore les faits et doit pouvoir se fier à ce que tu lui dis, et qui s’agissant du droit, doit pouvoir se fier à ce que tu invoques. Tâche d’être loyal avec tout le monde et tout le monde tâchera d’être loyal avec toi.

Il n’y a pas d’être indigne pour un autre être. Mais, face à une situation où l’on a le sentiment que quelqu’un se trompe, on reste libre de rompre. Rompre c’est ici rester fidèle à ses principes, sans évoquer le grand mot de dignité.

7. Aie la foi. La foi dans le Droit comme le meilleur instrument pour la cohabitation des humains, dans la Justice, comme destination naturelle du Droit, dans la Paix, comme soutien bienveillant de la Justice ; et surtout aie foi en la liberté, sans laquelle il n’est ni Droit, ni Justice, ni Paix.

Le droit n’est pas une essence. La foi dans le droit n’a pas de sens. La foi relève d’une rationalité supérieure, sans lien à la rationalité propre au droit. On peut croire en des principes, au-dessus du droit, celui-ci permettant de les exprimer, mais aucunement la foi. Sauf foi matérialiste me direz-vous, qui est une contradiction dans les termes.

8. Aie patience. Le temps se venge des choses qui se font sans sa collaboration.

Principe qui n’est pas sans rappeler le stoïcisme “tardif”, recentré sur la morale. “Tout conspire”.

9. Tolère. Tolère la vérité des autres dans la même mesure que celle dont tu souhaites que la tienne soit tolérée.

Si la vérité n’est pas Une elle est n’est plus la Vérité, non ? Raison pour lesquelles nos vérités sont les mêmes et qu’elles ne sont confondent pas avec nos opinions. La vérité se suffit à elle-même non ?

10. Travaille. Le barreau est une dure tâche car il est au service de la Justice.

Faut-il encore démontrer que le travail est une valeur en soi. Le Barreau serait-il l’Alpha et l’Omega ? Je suis au moins autant favorable au travail qu’à la grève, du travail.

Le décalogue c’est le décalogue, soit au-delà des seules règles de la déontologie.

15. Le samedi 4 juin 2016 à 09:32 par Terence

@Salm #13

(après je suis qu’étudiant, toussa toussa, sans doute que ma perspective changera radicalement dans le futur, je sais je sais)

Non, maintenez vos positions !

16. Le samedi 4 juin 2016 à 11:09 par le fataliste

@14 Terence
Ce n’est pas bien, vous et Hugo m’avez fait pleurer …

[Actes et paroles – Avant l’exil
Le Droit et la Loi|https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Droit_et_la_Loi]

I
“ce n’est pas pour rien qu’on appelle la vertu la droiture ; cette rigidité fait partie de la liberté ; “

“L’humanité a deux pôles, le vrai et le beau ; elle sera régie, dans l’un par l’exact, dans l’autre par l’idéal.”

“Une ville, Rome, a été l’égale de l’univers ; qui lui parlait parlait à toute la terre. Urbi et orbi.

Cette grandeur, la France l’a, et l’aura de plus en plus. La France a cela d’admirable qu’elle est destinée à mourir, mais à mourir comme les dieux, par la transfiguration.”

“L’inviolabilité de la vie humaine, la liberté, la paix, rien d’indissoluble, rien d’irrévocable, rien d’irréparable ; tel est le droit.

L’échafaud, le glaive et le sceptre, la guerre, toutes les variétés de joug, depuis le mariage sans le divorce dans la famille jusqu’à l’état de siège dans la cité ; telle est la loi.

Le droit : aller et venir, acheter, vendre, échanger.

La loi : douane, octroi, frontière.

Le droit : l’instruction gratuite et obligatoire, sans empiétement sur la conscience de l’homme, embryonnaire dans l’enfant, c’est-à-dire l’instruction laïque.

La loi : les ignorantins.

Le droit : la croyance libre.

La loi : les religions d’état.

Le suffrage universel, le jury universel, c’est le droit ; le suffrage restreint, le jury trié, c’est la loi.

La chose jugée, c’est la loi ; la justice, c’est le droit.”

“On n’engloutit pas Dieu.”

“La persistance du droit contre l’obstination de la loi ; toute l’agitation sociale vient de là.”

“Pro jure contra legem.

Sa conscience lui a imposé, dans ses fonctions de législateur, une confrontation permanente et perpétuelle de la loi que les hommes font avec le droit qui fait les hommes.

Obéir à sa conscience est sa règle ; règle qui n’admet pas d’exception.”

“Pour lui, il le déclare, car tout esprit doit loyalement indiquer son point de départ, la plus haute expression du droit, c’est la liberté.”

“La formule républicaine a su admirablement ce qu’elle disait et ce qu’elle faisait ; la gradation de l’axiome social est irréprochable. Liberté, Égalité, Fraternité. Rien à ajouter, rien à retrancher. Ce sont les trois marches du perron suprême. La liberté, c’est le droit, l’égalité, c’est le fait, la fraternité, c’est le devoir. Tout l’homme est là.

Nous sommes frères par la vie, égaux par la naissance et par la mort, libres par l’âme.

Ôtez l’âme, plus de liberté.”

“La France grande, c’est bien ; la France libre, c’est mieux.

— La France n’est pas grande si elle n’est pas libre.

— C’est encore vrai. Pour revoir la France libre, je donnerais ma fortune. Et toi ?

— Ma vie, dit l’inconnu.”

“Il ne faut pas rendre la mort inutile. L’homme ne sera complet qu’après la vie.

Approcher toujours, n’arriver jamais ; telle est la loi. La civilisation est une asymptote.”

“Que conclure ? Une seule chose. En présence de cet ouragan énorme, pas encore fini, entr’aidons-nous les uns les autres.

Nous ne sommes pas assez hors de danger pour ne point nous tendre la main.

Ô mes frères, réconcilions-nous.

Prenons la route immense de l’apaisement. On s’est assez haï. Trêve. Oui, tendons-nous tous la main. Que les grands aient pitié des petits, et que les petits fassent grâce aux grands. Quand donc comprendra-t-on que nous sommes sur le même navire, et que le naufrage est indivisible ? Cette mer qui nous menace est assez grande pour tous, il y a de l’abîme pour vous comme pour moi. Je l’ai dit déjà ailleurs, et je le répète. Sauver les autres, c’est se sauver soi-même. La solidarité est terrible, mais la fraternité est douce. L’une engendre l’autre. Ô mes frères, soyons frères !

Voulons-nous terminer notre malheur ? renonçons à notre colère. Réconcilions-nous. Vous verrez comme ce sourire sera beau.

Envoyons aux exils lointains la flotte lumineuse du retour, restituons les maris aux femmes, les travailleurs aux ateliers, les familles aux foyers, restituons-nous à nous-mêmes ceux qui ont été nos ennemis. Est-ce qu’il n’est pas enfin temps de s’aimer ? Voulez-vous qu’on ne recommence pas ? finissez. Finir, c’est absoudre. En sévissant, on perpétue. Qui tue son ennemi fait vivre la haine. Il n’y a qu’une façon d’achever les vaincus, leur pardonner. Les guerres civiles s’ouvrent par toutes les portes et se ferment par une seule, la clémence. La plus efficace des répressions, c’est l’amnistie. Ô femmes qui pleurez, je voudrais vous rendre vos enfants.”

“je l’attesterai, je l’écrirai, et je le dirai sans cesse : il faut s’aimer, s’aimer, s’aimer ! Les heureux doivent avoir pour malheur les malheureux. L’égoïsme social est un commencement de sépulcre. Voulons-nous vivre, mêlons nos cœurs, et soyons l’immense genre humain. Marchons en avant, remorquons en arrière. La prospérité matérielle n’est pas la félicité morale, l’étourdissement n’est pas la guérison, l’oubli n’est pas le paiement. Aidons, protégeons, secourons, avouons la faute publique et réparons-la. Tout ce qui souffre accuse, tout ce qui pleure dans l’individu saigne dans la société, personne n’est tout seul, toutes les fibres vivantes tressaillent ensemble et se confondent, les petits doivent être sacrés aux grands, et c’est du droit de tous les faibles que se compose le devoir de tous les forts. J’ai dit.”

17. Le lundi 6 juin 2016 à 07:20 par Armand017

Après plus de deux mois de silence bloggesque, est-ce la seule chose à écrire ? La vie du droit est-elle devenue si morne ? Pas de politique ou de manifestant de la Manif pour Tous à étriller en cadence ?

Vous permettrez ma déception devant cette accumulation de bons sentiments, transposables à la plupart des emplois. J’ai regardé pour les profs : on remplace “droit” par “programme de l’EN” et ça colle.

18. Le lundi 6 juin 2016 à 09:50 par Ianus

Au §6 (Sois loyal), il est dit d’être loyal avec son client sauf si tu réalises qu’il est indigne de toi.

N’étant pas du monde (professionnel) de la justice, je m’interroge: qui serait un client indigne de son avocat ? Pourquoi et comment le serait-il ?

Pour tout vous dire, je suis quelque peu mal à l’aise avec la formule “sois loyal, sauf si…”

19. Le lundi 6 juin 2016 à 14:02 par Marc

Amusant la partie sur la loyauté, rien sur la déontologie et l’éthique qui devrait apparaitre non ?
L’Avocat agit dans le cadre de la loi et le respect des personnes.
Il doit maintenir sa position de tiers et vérifier, en permanence, que les conditions éthiques et déontologiques soient respectées.

20. Le lundi 6 juin 2016 à 17:08 par @SColligo

8,5: ¡ Aie caramba !

Pardon.

21. Le lundi 6 juin 2016 à 18:20 par H20

La curiosité de l’humain et la capacité de voir l’autre en soi. Du moins dans les matières humanisantes (famille, pénal …). Cela permettra peut-être de trouver plus souvent le juste dans le droit.
Par exemple: de voir la part guerre de boutons franchouillardissime dans la descente des “grands” de Mantes sur les “grands” de Limay (qui a finalement tourné court), bien que ces gens là ressemblent davantage à une publicité de cacao de petit déjeuner d’antan qu’au français de l’image d’Epinal de l’époque des images d’Epinal.

22. Le lundi 6 juin 2016 à 20:50 par Augustissime

Aime ta profession. Tâche d’exercer le barreau de telle façon que le jour où ton enfant te demandera conseil pour choisir sa future profession, tu considères comme un honneur de lui proposer de devenir avocat.

Mon père me conseille de faire son boulot sous prétexte qu’il l’aurait exercé de manière à ce que ce soit un honneur de me faire ce conseil. Je plains ses clients s’il utilise des arguments aussi tordus au tribunal.

Étudie. Le Droit se transforme constamment. Si tu ne suis pas son pas, tu seras chaque jour un peu moins avocat.

Les médecins ont maintenant des obligations en matière de formation professionnelle continue. Pas les avocats.

Combats. Tu dois lutter pour le Droit, mais le jour où il sera en conflit avec la Justice, choisis toujours le camp de la Justice.

Et perds ton affaire.

Oublie. Le barreau est une lutte de passions. Si à chaque bataille tu chargeais ton âme de rancœur, un jour viendrait où la vie te sera devenue impossible. Une fois le combat achevé, oublie aussi vite ta victoire que ta défaite.

J’avais à l’esprit un commentaire élogieux pour ce commandement, mais je viens de l’oublier.

Pense. Le Droit s’apprend en étudiant, mais il se pratique en pensant.

Et il se pense en pérorant.

Sois loyal. Loyal avec ton client, que tu ne dois pas abandonner sauf si tu réalises qu’il est indigne de toi. Loyal avec ton adversaire, même s’il est déloyal avec toi. Loyal avec le juge, qui ignore les faits et doit pouvoir se fier à ce que tu lui dis, et qui s’agissant du droit, doit pouvoir se fier à ce que tu invoques. Tâche d’être loyal avec tout le monde et tout le monde tâchera d’être loyal avec toi.

D’ailleurs il ne devrait y avoir qu’un seul avocat dans chaque affaire, sinon le juge ne sait pas auquel se fier.

Aie la foi. La foi dans le Droit comme le meilleur instrument pour la cohabitation des humains, dans la Justice, comme destination naturelle du Droit, dans la Paix, comme soutien bienveillant de la Justice ; et surtout aie foi en la liberté, sans laquelle il n’est ni Droit, ni Justice, ni Paix.

Le Droit est une simple création humaine faite pour réguler les sociétés, il ne faut pas qu’il s’imagine jouer dans la cour de la Justice et de la Liberté. Retourne dans ton bac à sable, mon petit.

Aie patience. Le temps se venge des choses qui se font sans sa collaboration.

Au vu des délais de la justice en France, la collaboration avec le temps pour une même affaire concerne même souvent plusieurs générations.

Tolère. Tolère la vérité des autres dans la même mesure que celle dont tu souhaites que la tienne soit tolérée.

La vérité est une, seul le mensonge est pluriel.

Travaille. Le barreau est une dure tâche car il est au service de la Justice.

Bienheureux Eduardo, qui est mort avant d’avoir découvert la vérité.

23. Le mardi 7 juin 2016 à 11:35 par Eloy

@ Augustissime (#22)

Les avocats ont une obligation de formation continue, tout comme les médecins.
Et j’ai comme l’impression que l’aspect “serment d’Hippocrate” de ce texte vous a échappé.

24. Le mardi 7 juin 2016 à 11:36 par Salah

Le Calife Omar Ibn El Khattab, il y a 14 siècles, avait adressé une lettre à un nouveau Juge et Gouverneur ( les 2 fonctions s’exerçaient par la même personne), qu’il venait de nommer dans une province du royaume. Dans cette lettre, il lui a fait état de ses recommandations sur sa nouvelle fonction de juge. En la lisant dans sa version originale, l’arabe, sa traduction s’imposait.

25. Le mardi 7 juin 2016 à 11:41 par Dommage

@Armand017 #17

J’imagine que les démêlés avec la justice pour des propos sur twitter du Maître des lieux ne sont pas étrangers à son assourdissant silence. C’est ça aussi le droit, une capacité à étouffer les individus pour qu’ils rentrent dans le rang… Un petit dérapage, une petite erreur et hop, on contraint un libre penseur à se taire.

http://justice.cloppy.net/index.php…
“Il a peut-être également craint une audience disciplinaire devant le Conseil de l’ordre de Paris, ose une autre robe noire. C’est souvent le cas lorsqu’un avocat est condamné pénalement. Il risque un blâme, une suspension provisoire ou, dans les cas les plus graves, une interdiction d’exercer. Éolas est une grande gueule. Il parle de tous les sujets, y compris politiques. Il s’est fait de nombreux ennemis…”

Après seul le maître des lieux pourrait dire précisément de quoi il retourne. Il y a quelques années c’est twitter aussi qui avait perdu un autre habitué des lieux. Au final, twitter (mais c’est probablement vrai pour d’autres supports comme périscope), son instantanéité, et le caractère grisant d’un lien plus direct sont probablement plus facilement source de dérapage que le support originel qu’était le blog et qui permettait une pensée plus construite… Tout le monde est faillible et peut avoir une parole malheureuse un jour. Parole qui peut reposer sur un fond, une vérité, des mois de constats mais qui pour rentrer dans les 140 caractères se transforme en une petite phrase sous forme de blague potache. Petite phrase séparée du contexte et qui donne un point d’entrée pour un bâillon légal…

26. Le mardi 7 juin 2016 à 12:16 par Armand017

@ Dommage

Je suis d’accord avec vous, le problème de fond est Twitter. Quand on peut écrire plus vite qu’on ne pense on se mange des murs.
J’espère seulement que ça ne veut pas dire que les politiques ont appris à faire du droit, ma vie deviendrait beaucoup moins drôle.

27. Le mardi 7 juin 2016 à 18:39 par Tharam

Rien a voir avec le billet.

Bonsoir,

Je suis triste ce soir, je vous lis avec délectation souvent et un peu de stupeur parfois depuis des années, mais ce soir je suis peiné de vous apprendre que lors d’une recherche sur Google maitre Gims apparait avant Maître Eolas. Reprenez vous.

Cordialement

28. Le mercredi 8 juin 2016 à 12:53 par Holmes

Le décalogue…

  • La traduction est nécessaire.
  • Le progrès l’implique.
  • Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.

Isidore Ducasse de Montevideo

29. Le mercredi 8 juin 2016 à 22:42 par cherloc

Cher passe-mots,

“Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.” Comte de Lautréamont

“La transition se perd. L’esprit regimbe contre la ferraille, la mystagogie.”
¿no?

30. Le jeudi 9 juin 2016 à 18:59 par loculus

—> un billet : “Et c’est là que, juridiquement, ça coince sévèrement : « A l’insu de son employeur » vs. « Au courant de longue date ». Juge pénal vs. Juge civil.” ??

Me Eolas, une intervention sur un exemple concret de votre billet, là, là-haut ?
Sujet passionnant ( pas kerviel, je précise).

31. Le samedi 11 juin 2016 à 00:12 par a

Combats. Et gagne.

Ou sinon : http://imgur.com/gallery/2t5Wu

Y a t il des tribunaux français ou on ressort comme ça (moralement tout du moins ) ?

32. Le samedi 11 juin 2016 à 01:28 par a

@Augustissime…

Chère grand-mère à moustaches,

“Les médecins ont maintenant des obligations en matière de formation professionnelle continue. Pas les avocats.”

En cherchant 10 secondes, même un non avocat trouve ceci:

[http://www.avocatparis.org/ma-formation/comprendre-ma-formation/une-obligation-deontologique]
[http://www.efb.fr/formation-continue/FC_obligation_formation.htm]

“Au vu des délais de la justice en France, la collaboration avec le temps pour une même affaire concerne même souvent plusieurs générations.”
Notre pays s’est fait condamner plusieurs fois à ce sujet. Mais ce n’est pas de l’entière faute des avocats (même si certains abusent de reports dilatoires. La mise en place des mesures Magendie au premier août va faire en sorte d’accélérer le mouvement). Le manque de moyens (en personnel, notamment) est du aux gouvernements successifs depuis de longues années.

Je m’en voudrais de continuer à vous répondre, voyant que vous n’évoluez pas depuis des années. Je ne vais donc pas nourrir votre…. trouble.

33. Le samedi 11 juin 2016 à 03:30 par Bruno Kant

Des dix commandements, je n’en ai retenu qu’un unique, “Tu ne tueras point”. Et de ce décalogue, je retiendrais peut être “Travaille. (et tue.)”

34. Le dimanche 12 juin 2016 à 13:29 par Holmes

@ a (31) “Y a t-il des tribunaux français ou on en ressort comme ça (moralement tout du moins ) ?”

- Et se faire roseau pour comprendre (c’est de l’art chinois)…

35. Le dimanche 12 juin 2016 à 15:51 par Augustissime

@a : Votre propension à reprendre les traits d’esprit vaseux des autres me rappelle les mots de Gérard de Nerval : “Le premier qui compara la femme à une rose était un poète, le second un imbécile.”

36. Le dimanche 12 juin 2016 à 18:36 par @tchoum

@35
métaphore attribuée à G de Nerval, mais la source ?
Par étourderie sans doute vous reprenez vous-même le défaut que vous attribuez à votre meilleur ennemi #a.
Vous voilà donc ex-aequo avec #a pour la fabuleuse place de second, bravo !!

37. Le dimanche 12 juin 2016 à 20:18 par Armand017

@tchoum

Ce n’est pas une métaphore mais une sentence.

38. Le dimanche 12 juin 2016 à 21:59 par @tchoum

@37 Armando17
Peut-être monsieur le juge, mais je faisais allusion à l’image.
Le sens du texte serait un avis personnel, repris par notre ami Augustissime, et pour vous donc une sentence : comme vous y allez !
Les belles roses ont des épines, bien heureusement, et un parfum qui vous prend au coeur.
Comment sont vos roses ?

39. Le lundi 13 juin 2016 à 09:09 par Sarah

Bonjour Maitre Eolas,

Je suis votre blog depuis quelques années déjà, je ne suis jamais intervenue aux travers des commentaires, peut être à cause de mes faibles connaissances en la matière et ayant peur de me ridiculiser :)

Une question de me taraude depuis bien longtemps, le décalogue des avocats y fait allusion donc j’en profite pour vous la poser.

Que fait un avocat lorsqu’il sait que son client est coupable mais que ce dernier ne souhaite pas le reconnaitre devant la cours ? L’avocat doit-il le dénoncer ?

Cordialement

Sarah

40. Le lundi 13 juin 2016 à 09:56 par Eloy

@ Sarah (#39)

Vous trouverez sa réponse dans ce billet :
http://www.maitre-eolas.fr/post/200…

41. Le lundi 13 juin 2016 à 10:22 par Armand017

@tchoum

Dans une métaphore, on n’emploie pas le terme “comme” ou “comparer”. Ce qui veut dire que la phrase de Nerval évoque une… comparaison.
Mais je dois dire que je n’aurais pas pinaillé si j’avais compris le sens de votre phrase à ma première lecture. Désolé !

42. Le lundi 13 juin 2016 à 11:05 par @tchoum

@41 Armando17
Objection votre honneur !
“Emploi d’un terme concret pour exprimer une notion abstraite par substitution analogique, sans qu’il y ait d’élément introduisant formellement une comparaison.” dixit le Larousse.
C’est une image, un véhicule.
Et puis, entre nous, une rose et une femme ne sont pas comparables, définitivement.
Une rose, la vraie, se regarde, on en observe chaque forme, chaque courbe, on en touche les délicates pétales, on en sent son parfum, souvent exquis, qui nous enivre et nous évapore l’esprit !
La femme, c’est comme la rose, mais en beaucoup mieux : l’éphémère rose on la met dans un pot, le temps d’un rêve, la femme éternelle elle on la prend dans ses bras et on l’enlace amoureusement, le temps d’une vie !
Holmes va bien nous trouver une citation !?

43. Le lundi 13 juin 2016 à 12:39 par Holmes

@tchoum (42)

- À vos souhaits :

Dans les jardins
De nos instincts,
Allons cueillir
De quoi guérir.

44. Le lundi 13 juin 2016 à 14:21 par @tchoum

Merci Holmes, excellent ! Je ne connaissais pas, je ne suis qu’un nain …

“Ô défaillance universelle !
Mon unique va naître aux moissons mutuelles !
Pour les fortes roses de l’amour
Elle va perdre, lys pubère,
Ses nuances si solitaires,
Pour être, à son tour,
Dame d’atour
De Maïa !”

45. Le lundi 13 juin 2016 à 15:34 par Armand017

@tchoum
“sans qu’il y ait d’élément introduisant formellement une comparaison”

Mais dans la phrase “Le premier qui compara la femme à une rose était un poète, le second un imbécile.” il y a un élément qui introduit formellement une comparaison, le verbe… comparer.

46. Le lundi 13 juin 2016 à 16:03 par @tchoum

@45
“rien ne sert de tenter de convaincre quelqu’un qui a toutes les raisons de penser que vous avez tord”
partie nulle
Après tout je m’en fous.
Je vais gougeuliser jules lafforgue.

47. Le lundi 13 juin 2016 à 16:50 par @tchoum

oups !!
“rien ne sert de tenter de convaincre quelqu’un qui a toutes les raisons de penser que vous avez torT
partie nulle
Après tout je m’en fous.
Je vais gougUeuliser jules lafforgue.”
Désolé, l’âge …

48. Le lundi 13 juin 2016 à 17:14 par Armand017

La morale est, je crois, que ce billet manque nettement d’intérêt, pour qu’on perde notre temps à une affaire aussi futile. Hélas pour le Maître des lieux.

49. Le lundi 13 juin 2016 à 18:32 par @tchoum

@48 Armando17
Non, nous sommes des ‘trolls’, et sans les trolls ici, ceux que le Maître des lieux se fait un malin plaisir d’euthanasier sur twiter et qu’ici délicatement il passe au trol detector, ça ne marcherait pas, nous sommes un mal nécessaire car comment connaître le beau si ne voit pas le laid …

Une complainte, le spleen de Jules
” Tu verras, c’est un rêve. Et tu t’éveilleras
Guérie enfin du mal de pousser solitaire.
Puis, ma fine convalescente du mystère,
On vous soignera bien, nuit et jour, seuls sur terre.
Tu verras ? “

50. Le mercredi 15 juin 2016 à 21:46 par Prudhomes

Très intéressant Maître Eolas… mais ce qui serait encore plus intéressant serait vos 10 conseils personnels !

Au plaisir de vous lire très prochainement sur ce sujet.

Bien à vous.

51. Le vendredi 17 juin 2016 à 17:34 par @tchoum

“@Maitre_Eolas
JE VEUX plaider un jour devant une présidente Rrom. Tous mes vœux de réussite à elle.”
Quel enthousiasme ! partagé aussi d’ailleurs. ( lien Eolas http://www.dna.fr/societe/2013/03/2… )
Cette jeune femme, Rom, exemple superbe de la réussite de l’école républicaine, veut devenir magistrate.
Suivant le billet du maître des lieux et cet exemple, comment faire cohabiter la raison et le coeur, le droit et la Justice , Maître Eolas ?

52. Le vendredi 17 juin 2016 à 21:38 par cherlock

“”Mais voici qu’aujourd’hui le respect de l’homme, condition de
notre ascension, est en péril. Les craquements du monde moderne
nous ont engagés dans les ténèbres. Les problèmes sont
incohérents, les solutions contradictoires. La vérité d’hier est
morte, celle de demain est encore à bâtir. Aucune synthèse valable
n’est entrevue, et chacun d’entre nous ne détient qu’une parcelle
de la vérité. Faute d’évidence qui les impose, les religions
politiques font appel à la violence. Et voici qu’à nous diviser sur les
méthodes, nous risquons de ne plus reconnaître que nous nous
hâtons vers le même but.”

“Je suis si las des polémiques, des exclusives, des fanatismes !
Je puis entrer chez toi sans m’habiller d’un uniforme, sans me
soumettre à la récitation d’un Coran, sans renoncer à quoi que ce
soit de ma patrie intérieure. Auprès de toi je n’ai pas à me
disculper, je n’ai pas à plaider, je n’ai pas à prouver ; je trouve la
paix, comme à Tournus. Au-dessus de mes mots maladroits, au dessus
des raisonnements qui me peuvent tromper, tu considères
en moi simplement l’Homme. Tu honores en moi l’ambassadeur
de croyances, de coutumes, d’amours particulières. Si je diffère de
toi, loin de te léser, je t’augmente. Tu m’interroges comme l’on interroge
le voyageur.”
St Exupery Lettre à un otage (1943)

53. Le jeudi 23 juin 2016 à 22:17 par StéphaneTahiti

L’exercice de la profession d’avocat au quotidien … ou l’école de la modestie.

Les succès du jour ne sauraient éviter les désillusions du lendemain.

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