Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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Pourquoi être avocat ?

Alors que mon ordre, et celui de beaucoup de mes confrères (plus de 40, dont tous les plus gros, semble-t-il) entame un mouvement de colère sur le sujet, récurent, de l’aide juridictionnelle, et au milieu du concert continu de plaintes sur la lourdeur des charges qui pèse sur nous (et ce n’est pas de la radinerie de nantis, cette angoisse permanente de savoir comment on va payer le prochain appel de cotisation d’un organisme est une vraie plaie), une question peut venir à l’esprit du public : qu’est-ce qui nous prend ? Pourquoi continuons-nous à faire ce métier qui nous fait tant de mal et nous apporte si peu de reconnaissance, hormis de nos mamans si fières de nous ?

Étant en ce moment dans un état d’esprit propice à ce genre d’interrogations, je me la suis posée comme jamais je ne me l’étais posée depuis ma prestation de serment. Tout cela en vaut-il vraiment la peine ? Pourquoi, après tant d’années de barre, continuer à plaider pour les pauvres, les réprouvés, les “sans” : sans domicile, sans papiers, sans avenir, sans argent, sans dent. Tous ne nous disent même pas merci (la plupart si, tout de même, mais certains quittent l’audience en nous tournant le dos sans même un regard ni un mot), sans avoir conscience de la masse de travail abattue pour eux, sans réaliser la décision parfois miraculeuse qu’on a obtenue pour eux. Pourquoi diable s’entêter à défendre ces clients dont il nous faut d’entrée de jeu gagner la confiance, eux qui nous voient comme des moins que rien parce que commis d’office, donc là parce qu’obligés de les défendre ?

Cette question, je l’ai tournée et retournée dans ma tête, jusqu’à ce que la réponse me saute au visage, en pleine audience.

On le fait à cause du moment où on se lève.

Ce moment où celui ou celle que nous défendons est à terre, s’est fait bousculer par la partie adverse (ou au pénal par le président), dans le cadre du débat, rude mais légitime, qui a lieu dans un prétoire. Il a perdu ses moyens car il n’a pas l’habitude de cette tension et est personnellement touché par le conflit qui vient ici pour connaitre son dénouement. Que ce soit le salarié licencié, bousculé par le conseil de l’employeur qui l’a renvoyé, le parent anéanti par une séparation qui s’entend qualifier de danger pour ses enfants pour justifier une demande de changement de résidence, l’étranger qui est parti pour le pays de cocagne pour échanger pour ses enfants la présence d’un père contre une chance pour eux d’avoir un avenir. La femme qui fuit un frère qui veut la tuer pour restaurer l’honneur de la famille et à qui la France refuse sa protection. La mère qui s’endette au-delà du raisonnable pour acheter des vêtements corrects à ses enfants dont le père refuse de payer la pension pour lui faire payer son départ. Le père qui n’a pas vu ses enfants depuis plus d’un an. Pour la femme à la carte orange. Pour Eduardo et ses parents. Pour les Martine et les Yuliana. Pour les papys. Pour La Petite Fille En Rétention. Pour les migrants. Et pour les prévenus aussi, ces voleurs de sac à main, de téléphone, de vélo, ces vendeurs de shit, ces conducteurs qui ont trop bu ou pas assez de permis pour conduire. Et même, et surtout, pour tous ceux qui n’ont rien pour eux et que vous haïssez, que tout le monde hait si aisément sans les connaître, les frotteurs du métro, les collectionneurs d’image pédopornographiques, les conjoints violents.

Ils s’en sont pris plein la figure, et certains ne l’ont même pas réalisé. Eux n’ont pas fait des études supérieures, n’ont pu passer des heures à disséquer les textes, les phrases, les mots, pour apprendre à maitriser le langage, ce lien qui unit les sensations aux mots, et qui permet de faire passer des pensées par la parole, plutôt que les évacuer par la violence, la déviation ou la névrose. Chaque phrase qui sortait de leur bouche était maladroite, comment pourrait-il en être autrement, et une personne en robe en a profité, s’en est amusé, et leur a renvoyé leurs propres mots dans la figure afin d’ajouter une ultime couche à l’humiliation et leur faire croire qu’ils s’accablaient eux-même en voulant se défendre.

Et vient le moment où on se lève.

Le tumulte s’est apaisé. Par la force des choses. Personne d’autre n’a plus le droit de parler que nous. Enfin, dans le silence, s’élève une voix, qui n’a que quelques minutes pour rendre leur dignité à ceux qui n’ont plus rien, pour renvoyer à leur inhumanité ceux dont les mots ont rabaissé l’homme plutôt qu’élever le tribunal, pour réfuter les arguments qui accablent, contester les preuves qui en disent tellement moins quand on les analyse. Cette voix, c’est la nôtre, et on ne l’entend même pas, concentré sur le cheminement du raisonnement. Et voir le doute, l’intérêt, et parfois, oui, le regret s’installer dans le regard du magistrat devant qui on plaide, pour qui on plaide, car c’est à lui qu’on s’adresse, que l’on souhaite éclairer dans sa tâche après un débat qui a parfois tant fait pour lui troubler la vision, dans une société qui fait tant pour lui donner peur de sa liberté de juger en conscience. Le voir prendre des notes quand on propose une alternative à la catastrophe. Sentir qu’on réussit à faire vaciller l’audience, chanceler les convictions, faire germer des questions nouvelles au milieu des réponses toutes trouvées. Et se rasseoir en voyant du coin de l’œil que celui pour qui on a parlé est un peu moins courbé.

La violence de ces moments est difficile à décrire quand on ne les a pas vécus. Les colères à la barre sont rarement simulées. Mais la sérénité qui nous étreint si on sort du prétoire en ayant la conviction qu’on a fait notre possible, qu’on a contré les vents mauvais et que le juge ira délibérer en se disant que décidément, ce dossier est plus compliqué qu’il n’y paraissait, est encore plus difficile à décrire. Une drogue, mais la drogue la plus légale qui soit.

Et le niveau misérable de l’aide juridictionnelle, qui remet en cause la viabilité d’assurer cette défense, menace notre approvisionnement.

Alors, amis de Bercy qui négociez le dossier de l’aide juridictionnelle, puisqu’il a été retiré à la Chancellerie, prenez garde. C’est une armée de junkies qui se dresse face à vous dans toute la France. Et le manque va s’aggraver de jour en jour.

Commentaires

1. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:28 par Erigeish

Très beau billet, ça fait du bien de vous lire, Maître, dans la droite lignée de ce pour quoi j’ai suivi votre blog !

2. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:31 par Aragon

Merci beaucoup pour ce billet, comme d’habitude.

3. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:35 par Com Gloglo

Vous me donneriez presque l’envie de devenir avocat. C’est fourbe !

Mais, merci

4. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:42 par VILO

En pleine période d’examens du CAPA et après près de 7 années d’études, certains doutes peuvent légitimement surgir! Votre billet ne peut que confirmer qu’elle belle profession est celle d’avocat. Merci pour ce billet.

5. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:46 par Alex

Maitre,
un plaisir de vous relire, moins de plaisir sur le sujet. Bon courage.

Un petit mot pour vous dire que vous manquez a vos Twittos, même si vous n’avez pas prévu de faire de commentaires…

6. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:51 par Pré-padawan

19h29: “Marre du pénal, si j’allais faire un tour sur Me Eolas, paraît qu’il a posté de nouveau”
19h30: Infusion de Yin Zhen
19h50, après lecture du post: “Retour au pénal, il faut que je devienne avocat.”
Merci pour tout.

7. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:53 par Laevquost

Maître,

Cela fait un certain temps que je vous lit attentivement, depuis 5 ans en fait, 5 ans de fac de droit. Je vous ai découvert en 1ère année et je ne vous ai jamais lâché, au grand dam d’un certain nombre de chargés de TD qui n’ont pas réussi à rattraper la vision profondément humaine du droit qui émane de vos texte et qui s’est enfoncé en moi comme le coin qui fait exploser la pierre.

Je ne me destine pas à la carrière d’avocat, ce métier ne m’a jamais attiré, pour une raison bassement matérielle, je l’avoue, fils de pharmacien, j’ai trop vu mes parents courir derrière les clients, nécessaires à leurs revenus, après des études bien trop longue pour mériter d’être traiter comme ils le sont.
Mais chaque fois que je lis vos ligne je doute, je me demande si je n’aiderais pas plus les autres en restant de votre côté de la barre… C’est vers la magistrature que va mon cœur, de manière absolue, mais, grâce à vous, j’ai acquis un profond respect pour la profession d’avocat en général et pour ses membres en particulier et j’espère ne jamais oublier cet humanisme et ne jamais devenir ce président ou ce procureur qui “ont rabaissé l’homme plutôt qu’élever le tribunal”.

Pour tous ça et pour bien plus encore (notamment un certain nombre de phrases d’accroche et d’explications bien plus claires que celles des profs),

Merci Maître,

8. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:53 par Wiesel

Avocat honoraire et ancien Bâtonnier, j’ai eu souvent l’occasion de citer votre blog dans le cadre de la formation en déontologie des élèves- avocats, non pas par opposition, mais pour compléter les “grands auteurs”(ou considérés comme tels, en tout cas)
J’espère que mes successeurs dans cette tâche magnifique auront la même intelligence pour ce billet admirable, qui rappelle l’essentiel, même si rien ne peut se faire sans le minimum de moyens!
Merci de l’avoir écrit, surtout en ce moment!

9. Le mardi 13 octobre 2015 à 19:54 par Lolo Irie

Je n’ai jamais eu besoin des services d’avocats, mais pour tous ceux qui ont pu oublier de vous le dire… Merci !!! Et accessoirement bravo pour votre blog et par le passé vos tweets…

10. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:01 par Zozo

Ce matin, jai conseillé à mes étudiants de 1ère année de lire votre blog régulièrement. En vous lisant ce soir, je sais que j’avais raison… Votre vieux prof de naguère…

Eolas:
Mais non vous n’êtes pas mon vieux prof de naguère, vous êtes mon jeune prof d’hier. Car sinon, cela voudrait dire que nous avons…

Oh mon Dieu.

11. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:31 par TheForeignAgent

Tout est dit, ou presque, car faire ce métier c’est plus qu’en avoir la vocation, c’est le sentiment de Justice qui anime vos pensées, le sentiment de Justice qui vous pousse à vous battre, à faire pour ceux dont vous parlez, ces “sans”, ce qu’ils n’auraient jamais pu faire, par manque de moyens, d’instruction, d’éducation, de volonté, car ils sont “accusés”, et dans leur tête c’est être coupable, être coupable d’être “sans” tels que la société par le truchement de leur vie les a façonné. Cet art que vous consommez, c’est pour beaucoup l’ultime rempart contre l’inhumanité qui les touche, contre le mépris dont ils sont victimes, contre l’oubli dont nous faisons preuve en les ignorant alors qu’ils sont là, devant nous. Votre Art, Monsieur, vous le faites par amour de la Justice, la vraie, celle qui libère, qui élève, comme vous le dites si bien, lorsque vous vous levez pour déclamer cette défense de vos mots empruntés à la pensée de ceux que vous défendez, et pour cela, Cher Maître Eolas, les “sans”, eux et moi (car nous sommes tous le “sans” de quelqu’un dans cette société, hélas) nous vous en remercions, et vous souhaitons de belles victoires, pour vous-même (votre actualité ne nous étant pas étrangère) mais aussi pour tous ceux que votre Amour de la Justice accueille dans vos bras…

12. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:32 par Eloy

Merci maître.
Jeune enseignant d’aujourd’hui, je conseille également à mes étudiants de vous lire et vous démontrez à chaque fois que ce conseil est justifié.
Merci, il n’y a rien à ajouter.

13. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:41 par xiawi

Étant en ce moment dans un état d’esprit propice à ce genre d’interrogations (…)

Je vous suis exclusivement sur ce blog mais, ayant lu la presse, je vous envoie tout mon soutien pour cette passe éprouvante.

14. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:44 par éconoclaste-stéphane

Bon, je préfère que ce soit toi que moi qui fasses ces conneries. Mais continue, l’ami…

15. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:48 par Enthymene

Je souscris à chacun des mots de votre article.

C’est étrange, mais c’est bon de vous (re)lire.

The show must go on !

16. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:52 par Lili

Merci car grâce à vous, j’ai un certain regard sur les avocats, même si je ne suis pas toujours d’accord avec vous (ce que je trouve intéressant, si nous étions tous d’accord quel ennui…).

Merci car ce regard est différent, et bien plus optimiste, que celui que j’ai pu avoir pendant mon 1er stage en cabinet, alors que mon “maitre de stage” nous demandait de nous laver les mains après avoir rencontré un client, noir et accusé de viol (je ne sais pas ce qui était le plus grave pour lui), qui me laissait seule assurer un RDV client alors que j’avais tout juste ma licence parce que “c’est moi qui avait lu le dossier” (et lui non a priori). Merci de me montrer qu’un avocat ne traite pas juste “des dossiers” mais qu’il s’occupe des personnes, demandeur, défendeur, victime, mis en cause…

17. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:53 par Della

140 caractères ne peuvent pas rendre hommage à votre talent. Je vous perdais de vue dans ce brouhaha ultra violent que devient le petit oiseau bleu. Je suis bien aise de choisir le moment, d’ouvrir votre blog et de m’offrir une lecture de cette qualité, de retenir un léger sanglot à la conclusion, de la partager avec les initiés, de me sentir une meilleure personne à la fin de cette lecture et d’être fière de pouvoir vous appeler Confrère.
Merci.

18. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:56 par Jalmad

hey hey <3

Et moi j’aime être ce magistrat troublé par une plaidoirie qui fait vaciller ma vision trop simpliste d’un dossier et qui fait de moi sans doute un moins mauvais juge.
MERCI.

19. Le mardi 13 octobre 2015 à 20:57 par avocablabla

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

20. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:05 par le fataliste

Très content de vous lire de nouveau ici. Twitter c’est pas mon truc …

En espérant votre réussite personnelle dans votre combat personnel et celui des autres.
Votre témoignage de ce soir est une profession de foi, la manifestation d’un idéal trouvé et vécu, bienheureux que vous êtes donc.
Continuez ! Yalla !! comme disait une petite soeur des chiffonniers du Caire.
Continuez, avec énergie, chaleur, compétence et efficacité, mais aussi avec l’apaisement et la tranquillité de celui qui connaît sa force, la sérénité de celui qui connait le chemin et voit la lumière là-bas tout au bout.

Dommage que tous vos collègues n’aient sans doute pas cette beauté du coeur.

Merci en tout cas.

21. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:13 par Lancelot

Merci pour ce article car j’étais dans un état de manque avancé depuis la fermeture de votre compte Twitter.

Y a-t-il quelque chose qu’un quidam sensible à votre combat puisse faire pour aider ? Une pétition à signer ? Une association à soutenir ?

22. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:22 par Franck Sjoerdsma

Merci, cher Confrère, de mettre en mot ce moment si précieux qui nous anime tous…. Notre drogue, envers et contre tout !!!

23. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:26 par Datamoc

Il manque toujours un compteur sur votre page !
Bien à vos côté, merci.

24. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:34 par Teejee

Rien à dire, si ce n’est que je vous soutiens.

25. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:37 par Alex

C’est en lisant ce blog que j’ai toujours nourri l’espoir de devenir avocat, surtout après quelques stages.

Je révise justement le droit des étrangers ces derniers jours pour le Grand Oral. Petite (ou grande) pensée à vous.

Et même si le chemin sera long, ce que j’envie cette liberté de parole et de pensée.

26. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:45 par Zythom

Bravo !
<3

27. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:56 par anne-so1985

Mille mercis cher Confrère. Nul doute que nous faisons le même métier, avec la meme passion, la meme volonté, quel que soit notre domaine d’intervention. Nul doute aussi que nous aspirons encore a l’exercer dans des conditions acceptables pour que les “sans” bénéficient d’un Conseil de qualité a leur côté…

28. Le mardi 13 octobre 2015 à 21:57 par Mik

Beau billet, Chris écrivait un billet récemment, intitulé : “du tréfond de notre âme”, je crois que le vôtre vient aussi de la !
Je vois souvent la technique à la lecture de votre blog, ce soir je vois les tripes et c’est plaisant.
Continuez à vous lever. Au plaisir d’être à nouveau en désaccord…ou pas avec vous sur l’oiseau bleu.

29. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:15 par Tus

Merci.

30. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:23 par c_pages

Je ne suis pas avocat, ni même juriste, mais je suis d’accord avec vous.

J’en profite d’ailleurs pour faire remarquer que votre profession n’est pas du tout la seule à être dans cette situation dramatique : les enseignants de notre pays sont toujours aussi mal payés pour des conditions de travail souvent compliquées. C’est pareil dans le monde de la santé : de nombreux soignants voient leurs diplômes sous-estimés, par exemple les psychomotriciens, dont la formation dure 3 ans et reconnue bac+2, et dont les soins ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. Mais aussi les infirmiers de l’assistance publique, les policiers, et plein d’autres gens cruciaux pour le bon fonctionnement de la collectivité.

Pensons également à eux.

31. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:27 par Steve

A tous ceux qui doutent et aux cyniques, je prescris ce billet d’humeur. J’ajoute un extrait tiré de l’excellent livre “Global Burn-OUt” du philosophe Pascal Chabot (PUF 2013) :

C’est pourquoi un nouveau pacte est nécessaire afin de protéger l’humanité de ses potentialités autodestructrices, de même qu’au XVIIIème siècle l’idée d’un contrat social servit à défendre la société de risques endogènes d’implosion.
Seul un pacte de cette nature permettra d’enrayer l’épidémie de découragement que connaissent certains métiers de l’aide. Si Freud a raison en disant que soigner, éduquer et gouverner sont des activités “impossibles”, il faut aussi ajouter que c’est cette difficulté qui fait la liberté et la grandeur humaines. Plutôt que de la congédier, il convient de faire de ces impossibilités un lieu de créativité et de plaisir, car c’est là le plus précieux. C’est contre elle-même que l’humanité doit être protégée, en faveur de la perpétuation de l’étrange équilibre dont elle est capable entre le fragile et le puissant, le subtil et l’utile.”

Page 80.

32. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:31 par Chantal

Merci. Grâce à vous je viens de revivre 34 ans de barre…. Avec un gout doux-amer entre la certitude d’avoir fait son travail mais était ce suffisant ?
Continuez !

33. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:32 par Chris

Magnifique, poignant, et criant de vérité et de sincérité.

34. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:48 par récap59

L’aide juridictionnelle est l’argument traditionnellement utilisé pour soutenir l’allégation selon laquelle tous les citoyens seraient égaux devant la justice. Elle tombe si le montant de l’aide juridictionnelle devient négligeable.

35. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:49 par meta_lex

Ce billet d’humeur me fait songer à un “détricotage” de chemise, par les mots.

Courage.

36. Le mardi 13 octobre 2015 à 22:52 par Me Tobak Eboa

Je découvre tout à fait par hasard un lien posté par Me Créhange ,Avocat à Strasbourg…je décide de le suivre et je tombe sur votre billet…il est tout simplement intéressant, il ranime mon sentiment de justice et me fait croire que je ne me suis pas trompée sur ma vocation, car je suis Avocate au même titre que vous,exerçant au CAMEROUN.

En ce moment je suis votre actualité s’agissant des commissions d’office et l’aide juridictionnelle. .je suis de tout coeur avec tous les confrères Français car nous partageons les mêmes préoccupations

37. Le mardi 13 octobre 2015 à 23:02 par Jerome

Je vous préfère ici que sur twitter, vous me manquiez !
Merci

38. Le mardi 13 octobre 2015 à 23:06 par Pris

Les larmes me sont venues.
Merci

39. Le mardi 13 octobre 2015 à 23:08 par VaeVix

Maitre je vous retrouve et j’en suis fort aise, j’ajouterais que la misère de l’aide juridictionnelle se fait sentir dans certains états américains, et que les conséquences y sont la bas encore plus visibles qu’elles ne le sont aujourd’hui en France, au point que la réalité du droit à une défense est parfois questionnée. Les conséquences d’un démantèlement de l’AJ y sont visibles à l’avance, et elles sont laides, en particulier parce qu’elles montrent à quel point les plus faibles en souffrent. Il serait utile de s’inspirer de cette expérience pour en éviter les travers. Ce néanmoins beau pays étant varié et parfois très pragmatique, j’ai aussi découvert que certains états s’obligent à réserver à la défense des plus pauvres une proportion (plus ou moins importante) des montants alloués à l’équivalent du parquet. Ce qui est est une belle façon d’assurer un minimum d’égalité et pourrait utilement être mis à profit en France, dont le budget de la justice est (siège, parquet et AJ compris) dans la moyenne très basse en Europe. Une idée à lancer, peut être, pour que la prochaine loi-fait divers profite aussi à la défense ?

Enfin, et de manière plus personnelle, j’ai appris les bases du droit (je suis un “presque” mekeskidi, le presque est grace à vous) avec vous il y a longtemps , ai toujours apprécié vos explications détaillées sur ce blog. J’ai eu, comme beaucoup, des désaccords avec vous (du haut de mes 100 followers…), des querelles en 140 caractères, des définitions raccourcies, des discussions incomplètes, des reply qui arrivent surement au milieu d’un torrent d’insultes provoqué par un tweet engagé et qui poussent à la défense (ce qui est de circonstance), je ne vous en soutiens pas moins. Par contre ressuscitez @Eolas_rugby d’ici samedi, il le faut.

Tout mon soutien.

40. Le mardi 13 octobre 2015 à 23:51 par Julien Mucchielli

Comme le dit Mik, c’est un plaisir de voir ici le bagou sincère qui parfois emporte la parole de l’avocat et étouffe l’audience par un cri sublime.

Ceci est un beau cri. Criez ainsi dans le prétoire, on vous écoutera (peut-être même le tribunal).

J’ai fait dansé deux de vos trolls favoris tout l’après-midi. J’ai tenté de les séduire, rien à faire, ils n’avaient d’yeux que pour vous. Alors on bloque.

Et la 23/1, on bloque ? En lisant votre billet et ce passage sur les magistrats qui “en profitent pour balancer” aux prévenus leurs mots à la gueule, les rudoyer, je n’ai pu m’empêcher de penser à elle, dont la chronique ci-dessous (premier et unique dropping de papier, promis) est un festival de ce qui, justement, doit faire qu’un avocat se lève. Va-t-elle, comme Jalmad, vous remercier ?

Peut-être.

Bonne grève.

http://epris-de-justice.info/transp…

41. Le mardi 13 octobre 2015 à 23:57 par Steph / Polyb

Juste : merci. Vraiment.

42. Le mardi 13 octobre 2015 à 23:59 par Antoine

Merci,

Merci d’apporter enfin une réponse à toutes les questions qui nous sont posées. “Comment peux-tu défendre une telle personne?” “Finalement, est ce que tu ne fais pas ça que pour l’argent?”,
Merci de mettre des mots sur ce qui fait notre métier,
Merci de continuer à porter la flamme de ceux qui voient encore cette profession comme une vocation profondément humaine avant tout.

En espérant relire bientôt vos tweets, car il faut bien l’avouer, j’ai appris pas mal de chose et j’ai eu de grands éclats de rire en vous suivant ces deux dernières années.

J’ai envie de finir ce message avec cette citation de Murakami, un auteur qui m’est très cher… Peut-être vous aidera t’elle à y voir un peu plus clair!

“Chacun souffre à sa façon et ses cicatrices lui sont personnelles. Je pense que j’ai soif d’égalité et de justice plus que n’importe qui. Mais je déteste par-dessus tout les gens qui manquent d’imagination. Ceux que T.S. Eliot appelait « les hommes vides ». Ils bouchent leur vide avec des brins de paille qu’ils ne sentent pas, et ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Et avec leurs mots creux, ils essaient d’imposer leur propre insensibilité aux autres.”

Ne vous laissez pas imposer un comportement par des hommes vides. Tenez vous droit face à eux, et continuez à défendre VOTRE vision de l’égalité et de la justice à votre façon.

Confraternellement,
Antoine

43. Le mercredi 14 octobre 2015 à 00:15 par FERRY

Tout simplement merci de donner bien plus que de la dignité à vos clients, merci de leur “redonner” de la valeur.

44. Le mercredi 14 octobre 2015 à 02:22 par elu_local

Un commentaire juste pour rappeler à l’auteur qu’il sera lu avec intérêt et gratitude, peu importe le média qu’il choisisse. <3

45. Le mercredi 14 octobre 2015 à 07:22 par dan

Bravo et merci pour ce beau texte.

46. Le mercredi 14 octobre 2015 à 07:47 par Yovo

Élève avocate et attendant les résultats du CAPA qui tombent aujourd’hui, ce billet tombe a pic et sa lecture me réconforte!

Aux vues des études interminables et difficiles, des rétrocessions insuffisantes et du débat actuel sur l`AJ, des questions insupportables posées en entretien a la recherche d`une collab du genre ” souhaitez vous avoir des enfants dans un futur proche?”…je me suis beaucoup posée cette question ces derniers jours. ” Pourquoi devenir avocat?”

Merci de nous rappeler que c`est une vocation, souvent un rêve de gosse, le mien en tout cas.

En espérant pouvoir dans quelques semaines prêter serment et a mon tour remplir les rangs de cette armée de junkies.

47. Le mercredi 14 octobre 2015 à 08:03 par Jean

Oui, parfois on se demande pourquoi on continue, en dépit du bon sens, en apparence.
C’est bien quand, dans le silence de nos doutes une fragile raison vient encore justifier les sacrifices, les peines, la solitude de l’engagement.

Fragile raison.

C’est amusant, les policiers sont dans le même état d’esprit que vous, Eolas, ces jours-ci.

48. Le mercredi 14 octobre 2015 à 08:46 par Sylviane

contente de vous revoir ! Géophysicienne lyrique je ne connais rien au droit
mais grâce à vous j’apprends : merci

49. Le mercredi 14 octobre 2015 à 09:05 par Cathy

Tout simplement magnifique, vrai, touchant et encourageant. Merci.

50. Le mercredi 14 octobre 2015 à 09:08 par jérémie

Cher Eolas,
L’exacte justesse du propos est chose rare.
Tu as ce talent, Camarade.
Continues, encore et toujours, envers et contre tous (j’en ris encore).
A tout le moins pour booster la foule anonyme de tes confrères que tu remotives à coup de billet talentueux.
TBD

51. Le mercredi 14 octobre 2015 à 09:19 par Pachy

Merci pour ce billet qui me fait (presque) regretter d’avoir abandonné notre belle profession, usé par la course aux honoraires pour payer les échéances, l’indifférence trop fréquente de clients pour lesquels on n’a pas compté ses heures et facturé en fonction de ce qu’il peut payer et de non du travail effectué, le manque de soutien de nos ordres et institutions représentatives et la dégradation continue des moyens de la justice qui fait que les audiences correctionnelles sont surchargées (six minutes royalement et mathématiquement allouées à chaque dossier inscrit au rôle pour juger des personnes passibles en moyenne de trois ans de prison), qu’une affaire de droit de visite et d’hébergement d’un père fraichement séparé peut être audiencée à quatorze mois et aboutir à des visites en centre de médiation pour que l’enfant se réhabitue à lui ou que le président d’un tribunal autorise un référé d’heure à heure pour faire cesser des travaux litigieux en fixant l’audience à six semaines sans rire, ni d’ailleurs pleurer comme je le fais en finissant ces quelques lignes…

52. Le mercredi 14 octobre 2015 à 09:36 par mulojpb

C’est la 1re fois que je commente et cela sera sur votre site, comme vous avez été le premier twitter que j’ai suivi (c’est à vrai dire à cause de, ou grâce à ? vous que je me suis mise sur twitter parce que vous ne bloguiez plus très souvent…). Je ne suis pas avocate, juste juriste qui a pu encore plus apprécier le droit avec vos explications claires et argumentées. Merci pour tout cela.

53. Le mercredi 14 octobre 2015 à 10:20 par Narduk

Les charges s’appellent des cotisations sociales. Merci d’éviter la novlangue néo-libérale, les mots ont un sens cher avocat…

Eolas:
En fait, charge est un simple terme de comptabilité, qui s’oppose à immobilisation : les charges sont intégralement déductible sur le résultat de l’exercice, les immobilisation sont déductibles sur plusieurs exercices. Les cotisations sociales, que j’appelle ainsi quand je parle d’appel de cotisation d’un organisme, sont déductibles de notre bénéfice net imposable. Je vous laisse la responsabilité de votre jugement qui qualifie le plan comptable général de novlangue néo-libérale.

54. Le mercredi 14 octobre 2015 à 10:32 par Narduk

Malheureusement toujours ce côté, c’est pas de leur faute, c’est la société !

Eolas:
Si on fait abstraction du fait que je ne dis ça à aucun moment, vous avez bien raison.

55. Le mercredi 14 octobre 2015 à 10:49 par DomreiRoam

Merci pour ce post.
Un autre point de vue sur l’importance de cette aide mais au USA: Last Week Tonight with John Oliver: Public Defenders (HBO)

56. Le mercredi 14 octobre 2015 à 11:56 par Houria

Mon Cher Confrère,

En ces temps troubles où je tente de faire survivre mon petit cabinet artisanal malgré les charges qui m’accablent, la lecture de votre billet m’a rappelé ce qui m’animait lorsque j’ai décidé de poser ma plaque il y a cinq ans maintenant.

Cela fait déjà plusieurs mois que germe en moi l’idée de tout arrêter.

La fatigue, l’incompréhension face à certaines décisions, ces heures non facturées, et surtout cet entourage qui ne comprend pas comment on en vient à travailler comme ça.

Vous m’avez rappelé que c’est ce moment où l’on se lève où les doutes s’estompent, où la certitude nous enveloppe et nous rappelle qu’à ce moment précis : “je suis à ma place”.

Merci pour ce rappel.

57. Le mercredi 14 octobre 2015 à 12:14 par Narduk

@ Eolas en 53

Mes excuses pour cette mauvaise interprétation

58. Le mercredi 14 octobre 2015 à 13:23 par Vlavv

Merci, c’est bon de vous lire de nouveau. Twitter est un peu triste sans vous. Vos tweets n’ont pas la même forme, mais ils ont bien le même esprit.

59. Le mercredi 14 octobre 2015 à 13:23 par Max Himus

Merci. Tout simplement.

60. Le mercredi 14 octobre 2015 à 13:33 par Mohamed

Nul n’est censé ignorer la Loi dit l’adage. Cette fiction garantit l’ordre social, l’Avocat en est le garant.

Merci de continuer à vous exprimer, à défendre dans de telles conditions (permanences GAV, clients parfois ingrats, AJ dérisoires, RSI dont vous n’êtes pas les seuls détracteurs…)

61. Le mercredi 14 octobre 2015 à 13:36 par jojojo

Bravo, Maître, merci à vous et aux autres qui mènent le même combat. Vous devez en être épuisé - votre orthographe s’en pâtit et ça ne vous ressemble pas (récurrent, un organisme et d’autres encore). N’hésitez pas à effacer ce message une fois ces erreurs réparées. Ah si, une chose : on a l’habitude d’écrire “sans-papierS” pour désigner plusieurs “personnes étrangères en situation irrégulière” (voire même parfois une seule), par contre on écrit bien “sans domicile fixe”, invariablement, qu’ils soient un ou plusieurs à dormir dehors. N’est-ce pas étrange ?

62. Le mercredi 14 octobre 2015 à 14:54 par If

Je me place du côté des mères, fière, bien que ce ne soit pas dans ma nature, je dirais plutôt surprise du choix de ses enfants. Votre billet reçu en partage m’a profondément émue. J’ai vécu dans des tribunaux ces répétitions symboliques et souvent inconscientes des violences subies; nourrissant mes incompréhensions. Aujourd’hui grâce à vous j’ai un autre éclairage. Je me suis aussi levée, en blouse blanche et non en robe noire. Le sentiment que vous décrivez est le même. Il m’a fait tenir quand j’étais découragée. C’est lui qui me motive encore à poursuivre. Vous avez raison c’est une drogue puissante. Et encore plus puissante quand elle est partagée.
Merci

63. Le mercredi 14 octobre 2015 à 15:04 par Barbara

Que de mots justes…Merci confrère.

64. Le mercredi 14 octobre 2015 à 15:27 par Un provincial…

Merci pour tout ce que vous nous donnez sur ce blog : infos, techniques, courage, stratégie… tout !
Alors merci pour ce beau travail, et merci pour continuer à nous encourager !
(et bravo à Zozo (10) aussi !!!)
Prenez soins de vous et ne perdez pas courage !

65. Le mercredi 14 octobre 2015 à 15:47 par Oriane

En Belgique aussi, même combat, mais le constat que beaucoup commencent à baisser les bras. Et on en est presque à s’excuser d’oser revendiquer une rémunération décente pour un travail qu’on estime être de qualité… Merci pour votre blog. Une consoeur de Belgique.

66. Le mercredi 14 octobre 2015 à 16:40 par ajpourtous

Je propose que l’AJ soit supportée par tous les membre du corps judiciaire : notaire, magistrats, huissiers et avocats..

On en dispense les greffiers car elle sont (presque) toujours souriantes.

67. Le mercredi 14 octobre 2015 à 17:29 par récap59

Pourquoi être avocat ?

Par exemple parce que “En matière de stupéfiants, entre 70 et 80 % des procès-verbaux en France sont faux et tout le monde le sait dans la police !”

http://www.planet.fr/societe-drogue…Planet-a-la-Une-20151014

68. Le mercredi 14 octobre 2015 à 18:21 par Jean

le retour de la vie sur ce blog, merci.

69. Le mercredi 14 octobre 2015 à 18:24 par STREIFF

Merci,

Nous partageons la même addiction.

Plus une sans doute, celle de la plume.

Votre dévoué

Formule ici simple, sincère, reconnaissante.

70. Le mercredi 14 octobre 2015 à 18:48 par Guillaume

Merci pour ce billet.
Personnellement , si la conséquence de votre décision de quitter Twitter est votre réapparition régulière du coté du blog, très égoïstement, je compte ça comme un bénéfice net, le format long vous seyant, a mon gout, bien mieux, vous permettant d’approfondir sur des sujets complexes et d’éclairer du point de vue du juriste des décisions absconses ou des commentaires approximatifs.
Au plaisir de vous lire.
Bon courage pour le reste.

71. Le mercredi 14 octobre 2015 à 19:19 par Jackie

Je tenais à vous remercier Confrère pour ces quelques mots sur une question que nous finissons tous par nous poser.

A la nuance près que ce métier, à mon sens, ne se résume pas au moment où l’on se lève.

Il commence déjà au sein de chacun de nos cabinets, lorsque le client se présente et nous demande de l’accompagner sur ces chemins de traverse que sont ceux de la Justice.

Il se poursuit au Tribunal, lorsqu’il nous attend et nous guette parfois.

Il continue encore lorsque chaque Avocat se lève et prend la parole pour porter celle de son client.

Il se finit enfin lorsque le verdict tombe et qu’il nous appartient de l’expliquer à notre client.

Avec le temps, je réalise que nous ne sommes que pour permettre à nos clients de prendre leurs responsabilités. Pas moins. Pas plus.

Finalement, il s’agit d’une quête de justesse au-delà même d’une quête de Justice.

Et c’est aussi par ce que cette quête de justesse est souvent longue et fastidieuse, qu’elle dépasse les heures passées à user nos robes sur les bancs, qu’elle devrait être rémunérée justement.

72. Le mercredi 14 octobre 2015 à 19:20 par Catlord

Que vous ne soyez plus sur twitter personnellement je m’en fout je n’étais pas abonné à vos tweets. Mais j’ai entendu parler de vous comme de quelqu’un sur qui la démocratie pouvait compter. Tenez bon on vous lit, çà et là.

73. Le mercredi 14 octobre 2015 à 21:06 par Michèle

J’aime ce que vous écrivez et qui est vrai également dans bien d’autres domaines;
Melville écrivait: “j’aime tous les hommes qui plongent”, et j’aime ceux, probablement les même, qui sont debout.
Avec tout ma sympathie

74. Le mercredi 14 octobre 2015 à 22:00 par Mumut

Humbles remerciements et félicitations mékeskidiennes.

Votre blog est, avec quelques autres, l’un des rares éclairages humanistes sur la justice dans le brouillard (parfois brunâtre) des ´idées´préconçues et autres lieux communs. Je lui souhaite (très égoïstement) longue vie et activité soutenue.

Si je devais un jour entrer dans un prétoire, j’aimerais que ce soit épaulé par quelqu’un de votre acabit. Et vous remercie pour cette contribution si importante aux jugements qui, après tout, sont aussi rendus en mon nom.

75. Le mercredi 14 octobre 2015 à 22:01 par baleine

Merci cher maître. Qu’il est réconfortant de comprendre que l’exercice de votre profession a des ressorts si solides.

Signé : un mékeskidi accro à vos billets et à vos gazouillis.

76. Le mercredi 14 octobre 2015 à 22:26 par Monde à part @monde74000

Maître,
Je reviens sur mon message Twitter où je vous disais adieu car vous m’aviez répondu qu’ il valait mieux ne pas en faire la demande.
Probablement par amertume. Ou pas.
Ça fait du bien, votre billet. Ça m’a fait pleurer.
Sauf que 99% des avocats ne le pensent pas.
Bon courage.
L’AJitée

77. Le mercredi 14 octobre 2015 à 22:29 par Bruno KANT

J’envoie une correspondance à Metz, à l’ordre, et j’en envoie des copies ailleurs, dont à Macron. Pour ouvrir un peu les yeux à ce dernier :-)

78. Le mercredi 14 octobre 2015 à 22:45 par le fataliste

En 10. par EOLAS
“Oh mon Dieu.”

Ciel ! lux perpetua luceat ei !

Mais non, vous êtes dans la fleur de l’âge, un peu bedonnant certes paraît-il, mais cela nous arrive à tous …

https://www.youtube.com/watch?v=XHM…

Quant à l’aide judiciaire, quand on ne garde que les sots, on ne fait que des sottises, c’est plus facile.
Il ne vous reste plus qu’à montrer votre colère, vous aussi, et informer les électeurs, car sans Eolas, je n’aurais pas su qu’une arnaque de plus était en cours.

79. Le mercredi 14 octobre 2015 à 22:57 par Lozdacode

Remarquable.
Ce “moment où on se lève”, ces secondes suspendues… Quelle extase instantanée !

80. Le mercredi 14 octobre 2015 à 23:22 par Holmes

Grands faits divers.*

“Si je dois laisser une trace dans l’histoire…”

Au gré, selon la disposition, hâte.
Ton acte toujours s’applique à du papier ; car méditer, sans traces, devient évanescent, ni que s’exalte l’instinct en quelque geste véhément et perdu que tu cherchas.

“…et une personne en robe en a profité, s’en est amusé…afin d’ajouter une ultime couche à l’humiliation.”

Disséquer -

Le verbe répercuté et vain désormais s’exhale par la chimère orchestrale.

Un léger parfum de Swift -

Une salle, il se célèbre, anonyme, dans le héros.

  • Mallarmé

81. Le mercredi 14 octobre 2015 à 23:46 par Vil Coyote

Pourquoi être avocat ? Mais, enfin, pour l’argent facile, la drogue, l’alcool et les filles, voyons. Enfin, moi, c’est pour ça.

82. Le jeudi 15 octobre 2015 à 00:27 par Clydeb

merci.
merci de m’avoir fait découvrir ces hommes et femmes de justice à travers votre blog et ses commentaires.
Vos billets me manquaient…

83. Le jeudi 15 octobre 2015 à 00:29 par JustSisterAnne

Envie d’écrire en écho à votre voix, à cette voix qui se lève…

Pourquoi rester dans la prison, à vouloir soigner les gens qui sont là, au milieu du bruit, des cris, des odeurs ? Pourquoi rester là, à tenter d’être une présence médicale auprès de personnes qui ont d’autres préoccupations, qui s’en fichent un peu, qui nous utilisent, souvent ? Pourquoi rester là et travailler la nuit, dans des conditions inimaginables parfois, pourquoi ?

Parce qu’une fois sur dix mille, on voit quelque chose, un signe, un essoufflement, un petit quelque chose d’inhabituel qui fait faire la prise de sang ou l’examen tout simple qui sauve la vie de quelqu’un ?
Parce qu’un jour, (pourquoi ce jour là ?), on est présent à la parole de l’autre, et qu’enfin, on l’entend pour ce qu’elle est, avec son poids de vérité ?
Parce qu’un jour, en traversant la rue, une personne nous saute au cou en criant “c’est mon docteur de la prison” et qu’elle vous claque quatre bises sonores sur les joues ?

Pas seulement.

J’y reste pour fermer les yeux et fermer la bouche.
J’y reste pour me taire.
Qu’il y ait encore un lieu où quelqu’un fermera les yeux sur la misère, ne la proclamera pas, mais la protégera et se taira.
J’y reste pour jeter un voile sur ce qui arrive à ceux dont la vie à été mise à nue.
En silence.

Et que d’autres, ailleurs, se lèvent et parlent pour défendre la complexité de l’existence de mon patient.
Cette poche de silence, j’espère, lui permet de respirer un peu…

Amicalement, et merci !

84. Le jeudi 15 octobre 2015 à 01:34 par furtive

Ben voilà, vous reconnaissez, vous le reconnaissez ce foutu pouvoir des mots. Pour l’attendrir votre juge, il en faudra des caractères, et c’est ici que vous saurez mieux qu’ailleurs nous exposer l’affaire, toutes les affaires, et exposer votre humanité par la même occasion.
Welcome back.

85. Le jeudi 15 octobre 2015 à 01:49 par Gilbert Duroux

Maître Éolas, est-ce que vous persistez à dire, comme vous l’avez toujours fait, qu’il n’y a pas de justice de classe ? Alors que le simple fait de poser la question du niveau de l’aide juridictionnelle pour les démunis, comparativement à la batterie d’avocats spécialisés (et notamment en procédure pénale) que peuvent s’offrir les puissants, suffit à démontrer qu’il y a bien une justice à plusieurs vitesses.

86. Le jeudi 15 octobre 2015 à 02:27 par Aurore

Merci.
De la justesse de vos propos.
De l’humanité qui les imprègnent.
Chaque lecture pousse à la réflexion et au débat.
Des petits moments de lumière où je me sens poussée vers plus haut.
Vos mots touchent, se propagent et créent des liens.
A nouveau merci.

De générer chez celui qui vous lit l’incVos propos sont juste

87. Le jeudi 15 octobre 2015 à 10:35 par Me XD

Merci Confrère,

Vous venez de répondre à mon interrogation de ces derniers jours, et à mon souhait soudain de lâcher la robe pour aller élever des chèvres et faire du fromage!

VBD

88. Le jeudi 15 octobre 2015 à 12:36 par LathamBaby

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

89. Le jeudi 15 octobre 2015 à 13:00 par wontSay

Merci maitre.

Comme toujours vous vous dépassez.
Parce que cela vous dépasse. La justice (à défaut d’équité) est un idéal qui vous porte et pour lequel vous pourriez mour.. vous donner à fond.

Informaticien de profession je ressens la même chose et vous rend grace de me le rappeler (je fais de l’Open Source - l’équivalent du commis-d-office-et-il-le-faut)

Merci enfin pour ce plaisir de vous lire depuis longtemps. Continuez.
PS1: Mauvaise nouvelle: Une *vocation* n’apporte pas le bonheur - au quotidien
PS2: Bonne nouvelle: Une vocation apporte *des* bonheurs - jusque dans la tombe - et croyez-moi, au-delà :)

90. Le jeudi 15 octobre 2015 à 13:07 par alice

Cette question, je crois, nous nous la posons tous. Comment expliquer cette joie qui nous habite quand on rentre à minuit d’une comparution immédiate ?

Vocation est certainement une réponse.

Merci Confrère pour ce billet.

Alice

91. Le jeudi 15 octobre 2015 à 13:13 par Blablateam

Il est revenu !

92. Le jeudi 15 octobre 2015 à 15:20 par H2O

Confrère,
Horrible plaideur, je prends ma dose par écrit. La lecture, le tourner en rond, le doute et puis, tout un coup, la lumière, on sait qu’on la tient la partie adverse et c’est tout aussi grisant qu’avant télérecours, j’ai dû faire un tour dans la salle de convivialité après avoir déposé un mémoire pour me calmer et retrouver un état qui me permette de conduire.
Mais ce n’est pas ça qui justifie le combat pour l’AJ et qui me met très à mal - je n’ose même pas avouer que les urgences garantissent mes charges courantes bien que je ne sois peut-être pas seul(e).
Je défends l’honneur de la France, en majuscules et avec trémolos. Oui Môssieur. Oui, l’hauteur de l’opinion que j’ai de moi-même égale celle d’un champion de boxe. Car, qu’est-ce qui distingue la FRANCE des personnes qu’elle poursuit, des autres pays où on embastille pour un oui, un non, un envie de pouvoir? Ce n’est ni le magistrat, ni le policier, ni l’expert, c’est de ne pas les obliger au dédoublement de personnalité, c’est l’institutionnalisation de l’audi et altera pars.

93. Le jeudi 15 octobre 2015 à 15:55 par Riloute

Avocat depuis 5 ans, l’aide juridictionnelle représente 38 % de mon chiffre d’affaire annuel….

A peine au SMIC; une fois que j’ai retiré toutes les charges : RSI, URSSAF, CNBF, cotisation annuelle, électricité, fournitures, frais de déplacement, assurance responsabilité pro….

Pourtant, cette deuxième vie professionnelle, je l’ai voulue et l’ai embrassée avec passion.

Je ne savais pas alors que ce serait dur…après une reprise d’études et le diplôme en poche, je m’imaginais que tout coulerait de source…

Ce n’est pas le cas.

Mais le serment que j’ai prêté, la robe que j’ai enfilée, le rôle que je joue chaque jour pour ceux qui ont besoin de mon aide, qu’ils me payent ou qu’ils bénéficient de l’aide juridictionnelle m’incitent à continuer, toujours avec cette passion du premier jour.

Car c’est vrai que nous avons l’honneur d’exercer une belle profession.

C’est un honneur de pouvoir prendre la parole pour expliquer et convaincre le magistrat pourquoi celui là mérite qu’on le prenne en considération en tant que personne, au delà de l’acte qu’il a commis, que cette femme apeurée mérite d’être protégée de son mari violent, que cet enfant a le droit d’être considéré comme une personne et pas comme un enjeu pour ces parents, que cette vieille femme un peu revêche a le droit d’être tranquille chez elle sans que ses voisins ne la harcèlent, que cet homme qui a souffert, mérite une juste indemnisation à cause de cette souffrance, que celui-ci qui vient de passer quelques années en prison mérite pourtant de sortir un peu plus tôt et qu’il a prouvé qu’il pouvait se réinsérer et faire autre chose de sa vie que cambrioleur professionnel, que ces parents qui n’ont pas eu la chance de recevoir une éducation et qui se débrouillent comme ils peuvent avec les bagages qu’ils ont reçus ont le droit de garder leur enfant avec eux, qu’il ne soit pas placé, même si cela signifie qu’il ne fera pas polytechnique, mais qu’il pourra néanmoins continuer de grandir auprès de parents aimants…

Se lever et prendre la parole pour tous ceux là, c’est notre fierté.

94. Le jeudi 15 octobre 2015 à 16:07 par Holmes

@ LathamBaby (88) (“ca discrédite vraiment le sérieux présumé de notre profession.”)

Çà sert d’os…

Ce jeune Baby qui mord sa grille, la bouche écumante, “et qui vide son pot de chambre à la face des spectateurs.”

95. Le jeudi 15 octobre 2015 à 19:26 par Bill

Le maître du barreau ne boude plus et s’est donc remis en selle…enfin, si je puis me permettre.

96. Le jeudi 15 octobre 2015 à 21:21 par récap59

@Narduk

La condamnation de la société du travail est inscrite dans le plan comptable général. Tout le salaire brut y figure en compte de charge, qu’on oppose souvent aux comptes de produits. Pas seulement les cotisations patronales.

http://www.plancomptable.com/titre-…

97. Le jeudi 15 octobre 2015 à 22:05 par raven-hs

@ Vil coyote (81)

Moi c’est juste pour avoir le droit de porter une robe, en semaine, sans qu’on me regarde de travers.

98. Le vendredi 16 octobre 2015 à 00:05 par CM

Un confrère qui nous fait, quand on risque de l’oublier, réaliser que ce métier est beau et que ce choix avait et a en encore du sens. Merci.

99. Le vendredi 16 octobre 2015 à 01:59 par ThreeSwords

Oui, l’aide juridictionnelle.

La vérité ?

Beaucoup de gens ne deviennent ou ne sont devenu avocats que parce que cette profession a été promue par les médias « ally mcbeal » « Je parle bien, j’ai de l’argent, je suis craint et admiré, j’ai une belle robe et le journaliste me tend le micro » « j’suis un salaud lumineux et j’ai de la caillasse », et par des Eolas.

Parce que pour beaucoup elle est synonyme d’argent et de prestige.

Le monsieur ou la dame devenant avocat voudra un bureau en plein centre ville ou dans l’une de ses artères. Avec une ou plusieurs secrétaires. Il faut que ça en jette et si on doit crier ou se montrer intimidant avec un type auquel on avait pourtant affirmé que l’on prenait l’AJ, et bien on le fait(je suis déjà tombé sur ce genre d’énergumènes à Rouen).

Argent, pouvoir, reconnaissance et prestige.

Le pire étant qu’ils ne sont pas tous très compétents et honnêtes.

Eolas ne vous le dira jamais lui qui passe son temps à flatter la magistrature qui dernièrement ne le lui a pas rendu ; il en a fermé son twitter. En espérant que cette décision soit confirmée en appel si appel il y a.

A le lire tout ce qui appartient à l’ordre des avocats ou à la magistrature est « grandiose » voire « magique »(Harry Potter).

Et si vous vous posez des questions au sujet de la décision du juge alors Eolas vous dira que c’est parce que vous avez perdu.

Méfiez vous de ces gens qui dépeignent une trop belle image d’eux-mêmes(les juges ne se trompent pas ou rarement), surtout si ils le font aux dépends d’autres personnes ou d’entités.

Qui sont en perpétuelle quête d’attention sur des forums Internet ou dans la vraie vie.

Qui entretiennent l’image de leur false-self grandiose.

Il y a des professions dans lesquelles les narcissiques et les psychopathes sont sur-représentés.

Et j’ai déjà croisé plusieurs grands malades chez les avocats. Dans la magistrature aussi.

Evidement il y en a qui sont honnêtes mais méfiez vous et ne buvez pas ces couleuvres faisant état d’ordre magique parce que sinon vous allez tomber de haut ; souffrir du syndrome de Parisパリ症候群 même si vous y avez toujours vécu.

Eolas:
.

100. Le vendredi 16 octobre 2015 à 10:30 par Blabla45

Très juste et bravo.

Mais alors comment on la finance cette aide juridictionnelle ?

101. Le vendredi 16 octobre 2015 à 13:43 par sitro

Bravo,bravo,

Félicitation maître. Ce billet est une jolie plaidoirie pour votre propre cause et celle de tous les baveux qui mendient l’aumône de l’état.

102. Le vendredi 16 octobre 2015 à 15:31 par H2O

Three Swords, en connaissez-vous beaucoup d’avocats à deux secrétaires et des locaux somptueux dans les artères qui font de l’AJ? Eux n’ont pas la liberté financière d’en faire beaucoup. L’AJ, c’est pour les gus qui voyagent léger.

L’AJ, on la paiera des impôts. C’est un honneur républicain que de contribuer à la dépense publique (bon, revenons sur terre, ça fait partie de la vie). L’AJ, permet aussi une certaine police, car cela permet de plaider ces petits dossier qui, économiquement ne sont pas raisonnable pour le plaideur mais dont le nombre détruit l’ordre républicain, exemple: la restitution des dépôts de garantie. L’accès au droit permet d’éviter le recours aux grands frères, cousins, potes de la salle de boxe. La dépense publique, je ne la jalouse pas aux magistrats, aux policiers (hommage aux pj qui avaient décoré un bureau, d’un côté à la gloire de l’OM, en face à celle du PSG et sur la porte une plage du nord pour cacher la misère du budget qui ne permet pas de repeindre les murs), aux profs, aux agents de la voirie et j’en oublie. Mais, au budget de l’AJ je participe déjà en acceptant de travailler pour des décotes énormes (60/100 pour un recours droit administratif standard par exemple) sachant que pour le tarif normal, je peux même pas faire réparer une fuite sur un radiateur dans un immeuble d’habitation parisien. Mais en deçà cela devient dur, même pour ceux qui réduisent leurs frais au minimum toléré par les ordres.

Eolas:
Panneau : Don't Feed The Troll

103. Le vendredi 16 octobre 2015 à 16:38 par ThreeSwords

@H2O

Vous faites dans le misérabilisme. Vous nous parlez de machin républicain, d’honneur, des pauvres petits profs, des policiers ect
dans le but de nous émouvoir et de nous embrouiller.

Le montant de l’AJ n’est pas fixé au hasard et il a été estimé qu’il était suffisant.

La plupart des avocats veulent un bureau en plein centre ville. Avec une ou plusieurs secrétaires, jeunes et jolies.

Eolas ne nous dira pas le contraire lui qui depuis des années s’active sur Internet pour y glaner de l’attention et de la reconnaissance.
Qui s’y construit une image grandiose par ricochet. Parce que oui, quand il dépeint une très belle image du métier d’avocat il s’agit pour lui de se valoriser puisqu’il en est un.
Quand il casse de « l’institut pour la justice » tout en se sur-valorisant.
Quand il fait du pied à magistrature. Qu’il se fait systématiquement son avocat, la présentant comme infaillible et raillant ceux se présentant comme ses victimes.

L’avocat n’a pas choisi son métier par amour de la justice mais bien parce que cette profession évoquait pour beaucoup d’argent et de prestige.

Mais il y a trop d’avocats, surtout des pénalistes. Ce n’est donc pas tant que le montant de l’AJ est trop peu élevé mais que beaucoup d’entre eux sont incapables de revoir leurs prétentions à la baisse parce que l’on les aura fait rêver.

Eolas:
Ici la jeune et jolie secrétaire d’Eolas qui vous écrit depuis son cabinet en centre-ville. Il est indisponible car il regarde l’intégrale d’Ally McBeal sur Netflix et me fait vous dire que son blog n’a pas vocation a être le dépotoir de votre bile et de vos clichés et ajoute “au revoir”. Merci de votre attention.

104. Le vendredi 16 octobre 2015 à 16:59 par Holmes

@ sitro (102)

La joie de certains de retrouver leur maître…..

“Comme ses yeux se révulsaient, K. vit encore les deux messieurs, tout près de son visage, observant joue contre joue la conclusion.
- Comme un chien ! dit K.
C’était comme si la honte allait lui survivre.”

105. Le vendredi 16 octobre 2015 à 17:43 par Albert ARIBAUD

@ThreeSwords / 104

L’avocat n’a pas choisi son métier par amour de la justice mais bien parce que cette profession évoquait pour beaucoup d’argent et de prestige

J’avoue être peu enclin à croire que notre pays compterait un véritable télépathe et qui se serait donné la peine de sonder individuellement plus de 60.000 esprits, et moins encore à croire qu’il existerait une parfaite unité d’intention chez les dits 60.000 esprits. :)

106. Le vendredi 16 octobre 2015 à 18:15 par Gurdil57

ThreeSwords

Je vous remercie. Je vous remercie de nous rappeler à nous, les « avocats de base », comme s’est plu à nous qualifier hier encore le garde des sceaux, qu’en plus de l’incompréhension et l’acharnement du pouvoir exécutif et législatif actuel à l’égard de notre profession (et de bien d’autres d’ailleurs), nous devons composer avec les gens comme vous.

Vous croyez peut être faire dans l’originalité mais vous êtes en fait plutôt banal. Nous en croisons souvent des gens comme vous, avec vos aprioris et vos certitudes, vos généralisations et vos amalgames, et parfois votre rancœur et votre jalousie mal dirigée.

Nous vous croisons dans notre vie privée, lorsque nous avons le malheur d’admettre, sur interrogations, le métier que nous faisons et que l’un de vos pairs nous prend à partie avec un discours ressemblant au votre.

Nous vous croisons dans notre vie professionnelle, en la personne de l’adversaire de notre client qui n’a pas apprécié notre plaidoirie, en la personne de notre client qui s’estime (à tort ou à raison), ou parfois même en la personne de notre client pour qui nous avons obtenu gain de cause mais qui soudainement se trouve bien réticent à nous régler l’honoraire auquel il avait pourtant consenti.

Malheureusement, nous vous croisons parfois dans la peau de magistrat qui ne comprend pas les frais et les charges auxquels une activité libérale est en générale soumise et qui pense, comme vous, que toute somme que nous percevons pour notre activité professionnelle va directement dans notre poche.

D’ailleurs cette vision à l’emporte-pièce ne nous est, en général, pas réservée. Elle vise en général toutes les professions libérales du droit, les notaires, les huissiers, les mandataires et administrateurs judiciaires…. Et parfois même, elle s’étend à d’autres professions libérales, les médecins, les pharmaciens, les dentistes…

Avec vous, il ne sert à rien de raisonner. Votre opinion est faite. Les chiffres que nous vous présenterions seraient, selon vous, forcément bidons, voire bidonnés. Nos motifs et nos convictions ne seraient, selon vous, que des mots, des prétextes, ou des postures.

Néanmoins, tant d’abjects préjugés mal dirigés, de rancœur, et de haine appellent une réponse, ne serait-ce que pour ceux, pas encore comme vous, qui se demanderaient à la lecture de vos commentaires, si vous n’auriez pas un tout petit peu raison.

Tout d’abord, si nous exerçons une activité professionnelle, ce n’est pas pour la reconnaissance, c’est pour gagner de l’argent, qui, s’il n’apporte pas le bonheur, permet au moins de mettre à manger sur la table de nos enfants.

Si nous faisons au moins 6 ans d’études pour obtenir un diplôme et si nous travaillons de très nombreuses heures par semaines, c’est parce que nous espérons gagner un petit peu plus que le salaire minimum. Cela est-il condamnable ?

Je vous entends déjà invoquer le montant de nos honoraires. Je n’épiloguerai pas. Je me contenterai de rappeler que d’après les chiffres des organismes professionnels chargés de notre comptabilité, seuls 20 à 30% de ce que nous facturons hors TVA fini dans notre poche.

Vous estimez que l’honoraire est trop élevé ? Plaigniez-vous au gouvernement qui taxe notre activité, et donc nos services presque autant qu’il taxe l’essence.

Et le fait que nous travaillions pour gagner notre vie, comme tout un chacun, nous empêche-t-il d’avoir des idéaux, d’être passionnés, d’avoir des principes ?

Disqualifier notre engagement personnel parce que nous avons, en plus, l’outrecuidance de vouloir en vivre n’est-il pas un peu puéril ?

Ensuite, vous nous reprochez de n’être attirés que par la célébrité, la quête d’attention, et la reconnaissance. Je suis au regret de vous informer que la plupart d’entre nous qui ne sont attirés, le plus souvent par cynisme pur, par de telles chimères ont déjà rejoint la politique.

Au-delà du trait d’humour, bien sûr que certains avocats sont déplaisants. Bien sûr que quelques-uns d’entre nous ne sont poussés que par l’appât du gain ou la soif de célébrité. Mais tous nous mettre dans le même sac serait aller un peu vite en besogne.

Je comprends à la lecture de votre commentaire que vous seriez tombé sur un de ceux-là. Vous prendriez donc votre expérience d’une profession qui compte plus de 60.000 membres pour une généralité.

Enfin sur l’Aide Juridictionnelle.

L’Aide Juridictionnelle est un financement que l’Etat accorde au justiciable pour lui permettre l’accès au droit. Concrètement, cette aide, constitue le financement du service public qu’est l’accès au droit et qui est assuré par les avocats.

En théorie, les avocats qui acceptent d’intervenir au titre de l’aide juridictionnelle acceptent de participer à une mission de service public.

Il ne s’agit donc pas de charité. La charité nous l’exerçons lorsque nous acceptons de prendre un dossier dont l’honoraire ne dépasse pas notre seuil de rentabilité, ou lorsque nous acceptons de défendre quelqu’un gratuitement, sans être payé, ce qui est bien plus fréquent que vous ne semblez le penser.

Néanmoins, en intervenant à l’Aide Juridictionnelle, nous acceptons de travailler pour un honoraire largement minoré, et parfois à perte.

Or, il se trouve que l’Aide Juridictionnelle n’a pas été revalorisée depuis 2007. Et qu’aujourd’hui le projet de réforme que nous contestons entend baisser la rémunération au titre de celle-ci.

Si vous estimez que si « Le montant de l’AJ n’est pas fixé au hasard et il a été estimé qu’il était suffisant » comment expliquez-vous que la plupart des missions exercées au titre de l’Aide Juridictionnelle soit brutalement diminué de 40 à 60 % ?

De fait, le gouvernement nous fait discours similaire à celui que tiens UBER à ses employés en France : on vous baisse le montant de la rémunération de la mission, mais comme on élargit l’assiette des bénéficiaires, vous vous y retrouverez par le nombre.

On nous demande donc de faire de l’abatage, ou de travailler à perte. Aucune de ces deux solutions ne nous conviens.
Par ailleurs, le financement de l’Aide Juridictionnelle tel qu’il est prévu ne nous convient pas non plus : On nous demande à présent de financer le service public que nous exerçons. On demande aux avocats de financer l’Aide Juridictionnelle. Et comment ? Par le prélèvement d’une nouvelle taxe, par le prélèvement des ressources financières de nos ordres, qui sont aujourd’hui affectées à la gestion de ceux-ci (et notamment du traitement de l’Aide Juridictionnelle), et à notre caisse de retraite.

Cela reviendrait à demander aux médecins de contribuer directement par leur activité au financement de la CMU.

Cette situation est inacceptable pour nous, à tel point que le Barreau de Paris, pour la première fois de son histoire, s’est mis en grève.

Il ne faut dont pas tout mélanger. Et je vous prie de croire que la plupart d’entre nous sont passionnés. Mais notre passion, qui parfois vacille, et qu’Eolas a exprimé si justement dans son billet, ne nous nourris pas et ne nourris pas notre famille.
Ne vous inquiétez pas ThreeSwords, je n’entends pas élaborer un débat avec vous. Et je ne doute pas que la réponse que vous me ferez sera cinglante et pleine d’autosatisfaction.

Vous répondant, j’oubliais presque qu’argumenter avec des gens comme vous, c’est comme jouer aux échecs avec un pigeon. Peu importe votre niveau, le pigeon va juste renverser toutes les pièces, chier sur le plateau et se pavaner fièrement comme si il avait gagné.

107. Le vendredi 16 octobre 2015 à 18:47 par ThreeSwords

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

108. Le vendredi 16 octobre 2015 à 19:09 par Gurdil57

ThreeSwords

Je vous remercie de m’avoir donné raison.

Bonne soirée.

109. Le vendredi 16 octobre 2015 à 19:19 par le fataliste

Il me semble reconnaitre le baratin de ThreeSwords, par ailleurs totalement inintéressant, je l’ai déjà lu, mais sous un autre pseudo, je n’en suis pas sûr.
Ce monsieur est à plaindre, sa thérapie ne peut se faire ici.
Bon, quand je verrai ThreeSwords, je zappe.

110. Le vendredi 16 octobre 2015 à 19:37 par ThreeSwords

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

111. Le vendredi 16 octobre 2015 à 19:38 par Ajax

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

112. Le vendredi 16 octobre 2015 à 20:40 par Avocate à strophes

Mon Dieu….. Tant d’ignorance et d’a priori, c’est pathétique… H2O a raison, don’t feed the troll….
Je pense surtout à nos confrères de certains barreaux, dans des secteurs forts pauvres de notre belle contrée, qui travaillent très majoritairement à l’AJ, déjà ils ne bouffaient pas beaucoup, mais là… Pourront-ils avoir encore longtemps le courage de se lever pour défendre celui qui est courbé sous l’humiliation….?

113. Le vendredi 16 octobre 2015 à 21:15 par le fataliste

Dans ce pays, aujourd’hui, tous gueulent ou pleurent. Certains se sentent contraints à la surenchère des extrèmes pour être audibles et visibles …
Si vous, les avocats, les magistrats, les greffiers, vous nous faisiez partager votre vécu de l’aide judiciaire ?
Tout n’est pas blanc, ni noir, ni rose ni bleu ou rouge, mais gris ? Gris comme la vie de beaucoup hélas …
Eolas a commencé, à vous de continuer. Je suis impatient de vous lire. Merci du partage.

114. Le samedi 17 octobre 2015 à 00:42 par john

Et voir le doute, l’intérêt, et parfois, oui, le regret s’installer dans le regard du magistrat devant qui on plaide, pour qui on plaide, car c’est à lui qu’on s’adresse, que l’on souhaite éclairer dans sa tâche après un débat qui a parfois tant fait pour lui troubler la vision, dans une société qui fait tant pour lui donner peur de sa liberté de juger en conscience. Le voir prendre des notes quand on propose une alternative à la catastrophe. Sentir qu’on réussit à faire vaciller l’audience, chanceler les convictions, faire germer des questions nouvelles au milieu des réponses toutes trouvées.

Je pense que sur ce point, beaucoup de confrères du sud-est de la France doivent vous envier.
De tous les procès auxquels j’ai pu assister, l’indifférence des magistrats, voire même leur inattention était de mise. Difficile de rester impassible en voyant ce magistrat regarder le plafond ou tranquillement rigoler avec ses collègues pendant une plaidoirie.

On aura beau avoir la meilleure plaidoirie du monde, face au manque de professionnalisme de certains magistrats, cela ne sert malheureusement à rien.
Il y a de quoi déprimer parfois…

115. Le samedi 17 octobre 2015 à 01:22 par Claude Jardiniais

Trouvant Twitter trop compliqué dans sa grammaire et trop élitiste dans son costume à 140 caractères, je vous avais perdu de vue. Je vous retrouve avec plaisir et vous remercie pour ce beau texte.

Nous avons besoin de sens pour nous lever chaque matin. Et vous, vous en avez.

Claude JARDINIAIS

116. Le samedi 17 octobre 2015 à 09:49 par Gabriel

Merci Maître pour cet émouvant billet. Ravi de savoir que vous êtes encore présent en ligne. Revenez sur Twitter, vous nous manquez !

117. Le samedi 17 octobre 2015 à 10:50 par Socrate

Maître, j’ai eu la chance de passer un peu de temps avec vous au printemps pour les besoins de ma formation ; mais par égard pour vous, je maintiens la fiction selon laquelle je ne vous ai pas identifié sous votre pseudonyme. Je vous dis tout mon soutien dans la période complexe que vous traversez ; et toute mon admiration pour le post remarquable que vous avez signé, et dont je me souviendrai dans les fonctions que j’aurai à exercer plus tard, quel que soit le côté de la barre. Bien à vous.

118. Le samedi 17 octobre 2015 à 11:29 par Xavier

Magnifique et émouvante profession de foi. Si tous partageaient vos opinions, et pas seulement dans les couloirs de la justice, l’humanité ferait un bon en avant. Bravo et merci pour ce que vous faites.

119. Le samedi 17 octobre 2015 à 13:13 par Yacine

Vous faites un métier éprouvant et difficile où vous côtoyez aussi des magistrats pour le moins “pas faciles”.

Souvenons-nous qu’en 1996 un bâtonnier a été condamné par un tribunal correctionnel pour outrage à magistrat, condamnation confirmée l’année suivante par la cour d’appel de Bordeaux et entérinée par un arrêt du 22 juin 1999 de la chambre criminelle de la Cour de cassation http://www.legifrance.gouv.fr/affic…

… et qu’en France un magistrat peut avoir à son palmarès entre autres choses d’avoir mis en grève contre lui pratiquement tout un barreau et rester magistrat, ne pas démissionner…  :

http://www.liberation.fr/france/199…

A l’heure où les islamo-fa.scistes tuent ou menacent des caricaturistes et demandent l’établissement d’un délit de blasphème, il est vraiment temps d’en finir avec les atteintes à la liberté d’expression.

C’est inquiétant qu’il faille s’appeler Henri Guaino ou être parlementaire pour avoir vraiment droit à la liberté d’expression… et encore ce n’est même pas certain, la cour d’appel peut tout à fait infirmer le jugement de relaxe dont il a bénéficié.
Dans une démocratie tout le monde devrait avoir le droit de s’exprimer sans qu’on judiciarise notre moindre soupir.

Tant que les propos tenus ne mettent pas en danger la sécurité des personnes et des biens et qu’ils aboutissent seulement tout au plus à un préjudice moral, la liberté d’expression en particulier sur des sujets qui mettent en jeu les convictions, le ressenti, l’expression des sentiments et la recherche de la vérité ou la conception de la vérité et de la justice devrait évidemment être totale. Tout particulièrement d’ailleurs sur internet qui devrait rester un espace de liberté pour tout un chacun.

Je n’ai jamais voulu utiliser twitter où je ne poste jamais le moindre message mais je vous y lisais néanmoins souvent sans même être sur la liste de vos followers, ce n’était pas inintéressant…

Je ne comprends pas pourquoi un mouvement de fond ne se met pas en place pour l’abrogation des incriminations d’injure, de diffamation, d’atteinte à l’autorité des décisions de justice et d’outrage, etc… qui n’honorent vraiment pas une société dont la devise républicaine commence pourtant bel et bien par le mot “Liberté”.

Comme le dit l’excellent avocat d’Henri Guaino, Me Dupont-Moretti : “On peut insulter Dieu. On peut insulter le pape. On peut dire casse-toi pov’con au Président. Mais on ne peut pas critiquer un juge.” (…) “Sur la base des textes d’aujourd’hui, Emile Zola serait condamné.”

http://www.humanite.fr/le-proces-sp…

http://www.liberation.fr/politiques…

http://www.liberation.fr/societe/20…

120. Le samedi 17 octobre 2015 à 14:04 par Scif

J’ai du mal à comprendre pourquoi les avocats s’opposent si farouchement à la réforme de l’AJ envisagée par le gouvernement, alors que celle-ci prévoit l’augmentation du budget de l’AJ.

Eolas:
Parce que la rémunération des avocats est notoirement insuffisante.Elle l’est depuis des années et a dépassé depuis longtemps le point où l’avocat perd de l’argent à traiter un dossier d’AJ. La réforme proposée prévoit une augmentation du budget par un prélèvement sur les fonds de la profession, et une diminution des rémunérations de l’ordre de 30%, avec un pic à 40% pour les gardes à vue. Pourquoi une augmentation du budget alors ? Parce que le gouvernement entend considérablement relever le plancher de l’AJ, pour augmenter énormément le nombre de gens y étant accessibles. Bref, il offre à l’électorat un accès gratuit à la justice, et le fait financer par les avocats en nous traitant de nantis si nous refusons de nous faire plumer et de dire merci.

121. Le samedi 17 octobre 2015 à 18:57 par Scif

J’ai regardé le financement présenté comme provenant “de la profession” : il s’agit d’un prélèvement sur les produits financiers des CARPA.

Tout d’abord il convient de préciser qu’il s’agit de fonds institutionnels et non pas de fonds pris sur les avocats eux-mêmes.

Les CARPA sont les caisses par lesquelles les avocats opèrent des mouvements de fonds pour le compte de leurs clients, et qui financent l’aide juridictionnelle via une dotation de l’Etat. Ces fonds constituent une trésorerie qui est placée, ce qui génère des produits financiers. A l’heure actuelle l’affectation de ces produits financiers est assez obscure. Apparemment ils abondent les ordres professionnels puisque les avocats considèrent qu’il s’agit de fonds “de la profession”. Mais l’argent des clients et de l’aide juridictionnelle n’a pas vocation à nourrir le bas de laine des avocats. Pour ma part il me semble logique que ces ressources provenant d’institutions dont la vocation est de financer l’accès au droit (selon l’ordre des avocats au barreau de Paris : http://www.avocatparis.org/mon-meti…) contribuent à l’aide juridictionnelle, ce qui n’était apparemment pas le cas avant (?!).

Eolas:
L’affectation de ces produits financiers est effectivement obscure, tellement obscure, qu’elle est publiée chaque année dans les comptes de l’Ordre et de la CARPA, certifiées par un Commissiare aux comptes. On vous cache tout on vous dit rien. Les bas de laine en question est la prévoyance des avocats, notamment la prise en charge des avocates collaboratrices en congé maternité, puisqu’on n’a pas droit à la sécu de droit commun je vous rappelle. Pas d’assurance chômage, pas de risque maternité. Des nantis on vous dit.

Sur la diminution des rémunérations, je n’ai pas trouvé d’où viennent les chiffres que vous citez. Si j’ai bien regardé, il est prévu de passer l’unité de valeur de 22 à 24 euros, je crois, avec un complément qui serait contractualisé.

Eolas:
Oui, l’UV est réévaluée, mais le coefficient, le nombre d’UV, est revu à la baisse. Ainsi, je vous payais 8 fois 10 euros. Je vais réévaluer l’UV à 11 euros, mais je ne vous paierai plus que 5 UV. DE QUOI VOUS PLAIGNEZ-VOUS J’AI AUGMENTÉ L’UV ? Ces chiffres sur les cofficients sont les barèmes transmis par la Chancellerieà l’Ordre.

Vous dites que la rémunération est “notoirement insuffisante”. Je ne sais pas si le “notoire” est suffisant dans le contexte budgétaire actuel pour justifier d’accroître le financement d’un système parfois décrit comme “à bout de souffle”. D’ailleurs chacun voit midi à sa porte et il sera peut-être difficile de trouver un service, une administration ou un groupe d’intérêts qui n’estime pas que les fonds publics qui lui sont accordés sont “notoirement insuffisants”.

Eolas:
Ah ces geux, jamais contents. Envoyez donc nos gens les bastonner d’abondance.

Le système est à bout de souffle à cause de cette rémunération notoirement insuffisante et qui ne cesse de prendre du retard par rapport aux charges qui elles augmentent joyeusement. Défendre des pauvres n’a pas à rendre pauvre ni être du bénévolat. Ou alors que l’Etat arrête de les poursuivre. Et justifier qu’on ne finance pas l’AJ parce que ce système est à bout de souffle parce qu’il n’est pas assez financé est un sophisme qui insulte un peu trop l’intelligence de vos lecteurs sur ce blog.

Un certain nombre de cabinets sont essentiellement financés par l’AJ - 7% des avocats reçoivent 57% du budget si j’ai bien lu. Ceux-là ne travaillent pas à perte puisque l’AJ constitue le coeur de leur modèle économique et qu’ils en vivent. Peut-être pourrait-on les considérer comme des simili-fonctionnaires et qu’ils devraient bénéficier d’une sorte d’augmentation compte tenu de leurs qualités et de leurs efforts méritants, mais cela commence à devenir éloigné de l’organisation libérale de la profession d’avocat. Parfois les avocats (et même les bâtonniers, mais chut ;) !) portent un regard acide sur ces confrères et consoeurs qui n’ont pas su se constituer une clientèle propre solvable au terme de nombreuses années d’exercice, et dont le modèle économique repose sur une clientèle captive (sans jeu de mots) et des ressources publiques.

Eolas:
« Ceux-là ne travaillent pas à perte puisque l’AJ constitue le coeur de leur modèle économique et qu’ils en vivent.» Je sais qu’au fond de vous, tout au fond sans doute, une partie de vous a rougi de honte en écrivant ces lignes. Parce qu’il vous reste un petit bout de conscience quelque part. Parce que vous ne pouvez pas croire sincèrement une telle ânerie au moment où vous l’écrivez. Je crois en l’humain.

122. Le samedi 17 octobre 2015 à 21:58 par Elisabeth Lopvet

Je ne suis pas avocate, je vous ai rencontré par hasard sur Tweeter. Je trouve admirable ce que je viens de lire. Merci pour ce grand moment d’humanité.

123. Le dimanche 18 octobre 2015 à 05:54 par Stephane

Un moyen tres simple sinon, que doivent faire beaucoup de francais: changer de metier….Quand le systeme sera HS alors on refera le ysteme.
Le maintenir ‘avec la foi’ ne fera qu’empirer les choses jusqu’au point de non retour.
C’est la meme chose avec les hopitaux.
Je suis convaincu que l’epuisement du personnel est generateur de bien plus de degat qu’une demission massive qui engendrerait certainement quelques degats chez les malades, mais certainement moins que les degats deja fait.
Seulement, l’homme ne sait pas evaluer le ratio cout benefice, et continue donc de pomper.
La justice est de bas trop chere pour le commun des mortels, le systeme est mort depuis longtemps, et ne s’adresse qu”aux riches.

124. Le dimanche 18 octobre 2015 à 10:39 par Pierre C

Merci pour ce billet d’humanité concentrée !

125. Le dimanche 18 octobre 2015 à 11:37 par Charle Henri

Maitre Eolas cachant une batte de baseball derrière son dos se trouve a coté d'un troll assommé, portant une longue bosse sur le sommet du cuir chevelu. Un texte “Commentaire modéré par troll détector™” surplombe l'image.

126. Le dimanche 18 octobre 2015 à 12:01 par oliezekat

Maitre,

Je commente peu, ni vous lis au quotidien, mais je fais chaque trimestre une revue de vos écrits publics pour recueillir précieusement les conseils que vous partagez gracieusement et que je ne pourrais obtenir autrement par ma situation modeste.

En vous astreignant en partie au silence, même si c’était justifié et régulier au regard de la loi (mais excessif de mon point vue en vous contraignant à la fermeture du compte), ce n’est pas seulement votre parole que l’on étouffe, mais aussi l’oreille des “sans” que l’on bouche.

Puissiez-vous vous convaincre de tout mon soutien, ma gratitude de ce vous avez déjà fait et que vous ferez encore pour nous,
Olivier Duprez
Valenciennes

127. Le dimanche 18 octobre 2015 à 20:36 par zébulon

Yacine et stéphan vous n y connaissez rien : les pompes à chaleur ont été inventées par les Shadocks ; demandez à claude Piéplu

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